Condamnations à mort et exécutions dans le monde en 2025.

Ensemble, nous pouvons abolir la peine de mort partout dans le monde.

La peine de mort est une violation du droit à la vie et constitue le châtiment cruel, inhumain et dégradant ultime. Amnesty International s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances et sans exception, quels que soient l’accusé·e, la nature du crime, ou l’innocence ou la culpabilité de la personne. Toutes les méthodes d’exécution sont inhumaines et inacceptables. Nous militons pour l’abolition totale de la peine de mort.

Des recherches menées à travers le monde ont démontré que la peine de mort n’est pas plus dissuasive contre la criminalité que d’autres formes de châtiment. Trop souvent, elle est utilisée comme une arme de contrôle étatique, conçue pour étendre les pouvoirs discrétionnaires des autorités et punir la dissidence. La peine de mort peut également s’inscrire dans des discours fallacieux sur la sécurité publique, visant à désigner certains groupes comme des menaces dangereuses à réprimer par toute la force de l’État. Elle ne protège personne et, en réalité, son application fait peser encore plus de risques sur les droits et la sécurité des citoyen·nes.

Mais l’espoir demeure. En 1977, lorsque Amnesty International a lancé sa première campagne contre la peine de mort, seuls 16 pays l’avaient abolie. Ce nombre s’élève aujourd’hui à 113. Au cours de la seule dernière décennie, 14 pays ont concrétisé leur engagement en faveur des droits humains en abolissant totalement la peine de mort, et beaucoup d’autres sont en bonne voie pour le faire.

Pourquoi la peine de mort doit être abolie

  • Elle constitue une violation des droits humains.
  • Elle est utilisée comme un outil pour punir la dissidence, instaurer la peur et exercer un contrôle.
  • Elle est discriminatoire et touche de manière disproportionnée les personnes issues de milieux socio-économiques défavorisés ou appartenant à des minorités.

La peine de mort est une violation des droits humains et son application défie souvent le droit international

Amnesty International soutient que la peine de mort est une violation des droits humains, en particulier du droit à la vie et du droit de vivre à l’abri de la torture et de tout autre traitement ou châtiment cruel, inhumain ou dégradant. Ces droits, entre autres, sont protégés par la Déclaration universelle des droits de l’homme et par d’autres traités internationaux.

Au fil du temps, la communauté internationale a adopté plusieurs instruments qui interdisent le recours à la peine de mort. Parmi ceux-ci figurent :

  • Le Deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à l’abolition de la peine de mort.
  • Le Protocole n° 6 à la Convention européenne des droits de l’homme, concernant l’abolition de la peine de mort, ainsi que le Protocole n° 13 à la Convention européenne des droits de l’homme, relatif à l’abolition de la peine de mort en toutes circonstances.
  • Le Protocole à la Convention américaine relative aux droits de l’homme en vue d’abolir la peine de mort.
Amnesty International activists hold a banner in solidarity with Pannir Selvam, a Malaysian man awaiting execution for drug trafficking, outside Singapore’s embassy in Kuala Lumpur, Malaysia, on May 6, 2025. (Photo by Hari Anggara/NurPhoto via Getty Images)

La peine de mort comme outil de peur et de contrôle

Dans certains pays, la peine de mort est utilisée pour instaurer un climat de peur et étouffer la dissidence. Des gouvernements exécutent leurs opposant·es politiques ou d’autres voix critiques au nom de la sécurité. La peine de mort est également brandie face à des menaces réelles ou perçues contre la sécurité publique, ciblant souvent les groupes marginalisés. Cela crée un climat de terreur où les citoyen·nes craignent de s’exprimer ou de contester les abus de pouvoir, souvent dans un contexte de répression plus large des droits humains.

Ces pratiques autoritaires s’appuient fréquemment sur des systèmes juridiques opaques qui font obstacle à la transparence et à la redevabilité. Les procès peuvent être inéquitables et expéditifs, se dérouler à huis clos ou reposer sur des « aveux » extorqués sous la torture ou d’autres formes de mauvais traitements. De telles pratiques bafouent les garanties internationales qui encadrent le recours à la peine de mort, sapent l’état de droit et permettent aux gouvernements d’utiliser le châtiment suprême comme une arme de contrôle.

Cela produit un effet dissuasif global qui décourage la participation de la société civile et sape les libertés fondamentales.

La peine de mort est discriminatoire

Le poids de la peine de mort pèse de manière disproportionnée sur les personnes issues de milieux socio-économiques défavorisés et sur les minorités.

Bien souvent, les personnes disposant de ressources financières limitées n’ont pas les moyens de s’offrir une représentation juridique efficace, ce qui les rend plus vulnérables aux condamnations injustes. Les minorités raciales, ethniques et religieuses sont également confrontées à un biais systémique au sein du système de justice pénale.

L’application de la peine de mort dans le monde

Amnesty International a enregistré 2 334 nouvelles condamnations à mort en 2025. À la fin de cette même année, au moins 25 508 personnes étaient connues pour être sous le coup d’une condamnation à mort.

En 2025, 2 707 exécutions ont été recensées dans 17 pays, soit une augmentation de 78 % par rapport à 2024. Il s’agit du total mondial le plus élevé enregistré par Amnesty International depuis 1981.

Quels pays appliquent encore la peine de mort ?

Chaque année, Amnesty International publie un rapport détaillant le recours à la peine de mort au cours de l’année précédente. En 2025, les pays ayant enregistré le plus grand nombre d’exécutions étaient la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite, le Yémen et les États-Unis – dans cet ordre.

La Chine reste le pays qui exécute le plus de prisonniers au monde, toutefois, l’ampleur réelle du recours à la peine de mort y demeure inconnue, ces données étant classées secret d’État. Le chiffre mondial d’au moins 2 707 exécutions exclut ainsi les milliers d’exécutions que le pays est soupçonné d’avoir appliquées.

Quelles sont les méthodes d’exécution utilisées ?

Les méthodes d’exécution varient selon les pays. Toutes sont intrinsèquement cruelles et dégradantes. Certaines provoquent des souffrances prolongées et ont été jugées par des experts de l’ONU comme contraires à l’interdiction absolue de la torture. Dans certains cas, les exécutions sont pratiquées en secret, empêchant ainsi tout contrôle indépendant.

Parmi ces méthodes d’exécution, on trouve :

  • La décapitation
  • La pendaison
  • L’injection létale
  • Le peloton d’exécution
  • L’asphyxie à l’azote

Leur utilisation continue démontre pourquoi la peine de mort est fondamentalement incompatible avec les principes des droits humains.

La peine de mort pour des crimes non létaux

Toute application de la peine de mort constitue une violation des droits humains. Cependant, son recours pour des crimes autres que l’homicide volontaire est particulièrement flagrant et strictement interdit par le droit international.

On assiste à une augmentation inquiétante de l’application de la peine de mort pour des infractions liées à la législation sur les stupéfiants. Trente pays maintiennent encore la peine capitale pour ces infractions, intégrant ce châtiment dans le cadre de la prétendue « guerre contre la drogue ». Ces dernières années, environ 40 % de l’ensemble des exécutions recensées par Amnesty International concernaient des délits liés à la drogue.

Amnesty International activists hold a banner in solidarity with Pannir Selvam, a Malaysian man awaiting execution for drug trafficking, outside Singapore’s embassy in Kuala Lumpur, Malaysia, on May 6, 2025. (Photo by Hari Anggara/NurPhoto via Getty Images)

Recours à la peine de mort contre des mineur·es

L’application de la peine de mort pour des crimes commis par des personnes de moins de 18 ans est interdite par le droit international des droits humains. Pourtant, certains pays y ont encore recours dans ces situations.

Depuis 2016, Amnesty International a documenté au moins 50 exécutions de personnes mineures au moment des faits dans 4 pays : l’Iran, l’Arabie saoudite, la Somalie et le Soudan du Sud.

À lui seul, l’Iran a exécuté plus de deux fois plus de personnes âgées de moins de 18 ans au moment du crime présumé que les trois autres pays réunis. À la fin de l’année 2025, l’Iran comptait au moins 39 exécutions de mineur·es depuis 2016.

Que fait Amnesty International pour changer les choses ?

Depuis près de 50 ans, Amnesty International fait campagne pour abolir la peine de mort partout dans le monde.

Amnesty International surveille son application par tous les États afin de dénoncer et de demander des comptes aux gouvernements qui continuent d’infliger ce châtiment cruel, inhumain et dégradant ultime. Nous publions chaque année un rapport contenant des chiffres et une analyse des tendances pour chaque pays qui maintient la peine de mort. Le dernier rapport d’Amnesty International, Condamnations à mort et exécutions 2025, a été publié en mai 2026.

Le travail de l’organisation contre la peine de mort prend plusieurs formes : recherche, plaidoyer, campagnes sur le terrain, ainsi que des efforts pour renforcer les normes nationales et internationales contre son application. Lorsque Amnesty International a commencé son combat en 1977, seuls 16 pays avaient totalement aboli la peine de mort. Aujourd’hui, ce nombre est passé à 113, soit plus de la moitié des pays du globe. Plus des deux tiers sont abolitionnistes en droit ou en pratique.

Rejoignez un mouvement mondial de citoyen·nes qui s’engagent pour l’abolition de la peine de mort.

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