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Iran. La coupure d’Internet dissimule les violations commises dans le cadre de la répression de plus en plus meurtrière contre les manifestant·e·s

En réaction à la coupure d’Internet et des télécommunications imposée par les autorités iraniennes le 8 janvier 2026, alors que les manifestations d’ampleur nationale qui ont éclaté le 28 décembre 2025 montent en puissance, Rebecca White, chercheuse au Security Lab d’Amnesty International, a déclaré :

« Une nouvelle fois, les autorités iraniennes bloquent délibérément tout accès à Internet à l’intérieur du pays dans le but de passer sous silence l’ampleur des graves violations des droits humains et des crimes de droit international qu’elles commettent pour écraser les plus grandes manifestations nationales depuis le soulèvement  » Femme, vie, liberté  » de 2022. Cette coupure totale de la connexion Internet constitue en soi une grave violation des droits fondamentaux, tout en permettant de dissimuler les violences perpétrées.

« La connexion à Internet est un droit fondamental et indispensable en période de contestation. Il n’est pas rare que les États se servent de coupures en vue de réduire au silence la dissidence et de dissimuler la vérité. Les populations sont alors plongées dans l’obscurité numérique, et ceux qui se trouvent à l’intérieur du pays ne peuvent ni recevoir des informations ni en partager avec le monde extérieur. Cette mesure est tout à fait délibérée. Elle empêche d’avoir connaissance des atteintes aux droits humains, notamment des homicides illégaux imputables aux forces de sécurité, et perpétue l’impunité pour ces crimes d’État. « Les autorités iraniennes ont déjà eu recours à des coupures d’Internet pour étouffer les communications et l’accès à l’information. En novembre 2019, les forces de sécurité ont tué de manière illégale des centaines de manifestant·e·s et de passant·e·s au cours de cinq jours de manifestations, tandis que les autorités imposaient une coupure quasi totale d’Internet. Elles ont récidivé lors du soulèvement  » Femme, Vie, Liberté  » de septembre à décembre 2022, alors que des centaines de manifestant·e·s et de passant·e·s étaient victimes d’homicides illégaux.

« Le droit de manifester s’étend aux espaces numériques. Les coupures générales ou totales de l’accès à Internet sont par nature disproportionnées au regard du droit international relatif aux droits humains et ne doivent jamais être décrétées, même dans des situations d’urgence. Les autorités iraniennes doivent rétablir immédiatement la connexion complète au réseau.

« Alors que le bilan en termes de victimes ne cesse de s’alourdir en Iran, Amnesty International renouvelle son appel en faveur d’une action diplomatique mondiale urgente, mettant en garde contre le risque de nouvelles effusions de sang alors que la coupure d’Internet permet aux forces de sécurité de commettre de graves violations à l’abri des regards. »

Contexte

Les autorités iraniennes mènent depuis le 28 décembre 2025 une répression violente contre les manifestant·e·s à travers le pays, qui se caractérise par un usage illégal de la force et des armes à feu et des arrestations arbitraires massives. Cette répression a entraîné la mort d’au moins 28 manifestants et passants, dont des mineurs, dans 13 villes situées dans huit provinces, entre le 31 décembre 2025 et le 3 janvier 2026. Amnesty International enquête sur des informations selon lesquelles les forces de sécurité ont intensifié leur recours illégal à la force meurtrière depuis qu’Internet est coupé, faisant de nouvelles victimes, morts et blessés.

Les manifestations ont éclaté le 28 décembre 2025 à Téhéran, la capitale iranienne, en réaction à l’effondrement brutal de la monnaie et à l’inflation galopante. Elles se sont depuis étendues à tout le pays, les manifestant·e·s réclamant la chute du système de la République islamique.

Important : vos attestations de dons pour l’année fiscale 2024 seront disponibles jusqu’au 15 décembre 2025.

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