Irak. Il faut garantir que les assassins de la militante des droits des femmes Yanar Mohammed soient traduits en justice

©MARIT HOMMEDAL_AFP via Getty Images

Irak. Il faut garantir que les assassins de la militante des droits des femmes Yanar Mohammed soient traduits en justice

En réaction à l’homicide de Yanar Mohammed, militante irakienne des droits des femmes, abattue par des hommes armés non identifiés circulant à moto devant son domicile dans le nord de Bagdad, Razaw Salihy, chercheuse sur l’Irak à Amnesty International, a déclaré :

« Le meurtre brutal de Yanar Mohammed, qui a consacré sa vie à défendre les droits des femmes, est une attaque calculée visant à museler les défenseur·e·s des droits humains, en particulier celles et ceux qui se battent pour les droits des femmes. Les autorités irakiennes doivent mettre fin à ces attaques ciblées et prendre au sérieux les campagnes acharnées de dénigrement qui visent à discréditer et à mettre en danger les militant·e·s.

« L’homicide de Yanar Mohammed s’inscrit dans une longue série d’assassinats et de tentatives d’assassinat visant spécifiquement des militant·e·s, qu’Amnesty International a relevés pendant et après les manifestations du mouvement Tishreen depuis 2019. Les autorités irakiennes n’ont guère traduit en justice les auteurs d’assassinats commis par le passé, ce qui renforce le climat d’impunité, exposant les militant·e·s à des risques graves et mortels. En Irak, les défenseur·e·s des droits humains, notamment des droits des femmes, doivent être protégés, et non réduits au silence et assassinés.

« Les autorités irakiennes doivent veiller à ce que l’enquête qu’elles ont ordonnée soit rapide, efficace, approfondie, indépendante et impartiale, conformément aux normes internationales. Enfin, elles doivent traduire tous les responsables présumés devant les tribunaux, dans le cadre de procès équitables excluant la peine de mort. »

Contexte

Le 2 mars 2026, Yanar Mohammed, 66 ans, a été abattue devant son domicile, dans le nord de Bagdad. Elle a succombé à ses blessures à l’hôpital. Le même jour, le Premier ministre Mohammed Shia al Sudani a ordonné l’ouverture d’une enquête sur ce meurtre.

Yanar Mohammed avait cofondé et dirigeait l’Organisation pour la liberté des femmes en Irak (OWFI), l’une des principales organisations de défense des droits des femmes du pays. Ces dernières années, les militantes des droits des femmes en Irak sont de plus en plus confrontées à des réactions négatives, notamment à des campagnes de diffamation, en particulier à la suite des manifestations contre les modifications apportées à la Loi relative au statut personnel, qui sont finalement entrées en vigueur en février 2025.

Amnesty International a recensé de nombreux assassinats et tentatives d’assassinat de militant·e·s, et constaté que les enquêtes et les procès ne permettent pas de rendre justice.