En réaction à la décision d’acquitter Seán Binder, sauveteur bénévole, de toutes les accusations pénales portées contre lui, notamment celles d’appartenance à une organisation criminelle, de fraude, de blanchiment d’argent et de trafic d’êtres humains (aide à l’entrée irrégulière), Eve Geddie, directrice du bureau d’Amnesty International auprès des institutions européennes, a déclaré :
« La décision rendue ce jour est un soulagement bienvenu pour Seán Binder, ses amis, sa famille et ses soutiens, mais aussi pour la société civile en Grèce et au-delà. Tout en se félicitant de ce dénouement, Amnesty International rappelle une fois de plus que ces accusations n’auraient jamais dû le conduire devant les tribunaux.
« Les droits fondamentaux de Sean ont été violés et sa vie a été mise entre parenthèses pendant plusieurs années. Nous espérons que cette décision enverra un signal fort à la Grèce et aux pays européens, pour leur faire savoir que la solidarité, la compassion et la défense des droits humains ne doivent pas être sanctionnées, mais protégées et saluées.
« En outre, l’UE doit prendre note de la décision rendue ce jour et adopter des garanties plus solides contre la criminalisation de l’assistance humanitaire dans le droit européen. Nul ne devrait être puni pour avoir tenté d’apporter son aide. »
Seán Binder a déclaré : « Le tribunal a rendu la seule décision qu’il pouvait prendre aujourd’hui, compte tenu du fondement légal bien mince sur lequel reposent les accusations portées à mon encontre et des éléments de preuve bien peu convaincants présentés par le procureur. C’est un immense soulagement de savoir que je ne passerai pas les 20 prochaines années dans une cellule de prison, mais en même temps, je note avec inquiétude que cela a pu être envisagé.
« Aujourd’hui, il a été clairement établi, comme cela aurait toujours dû être le cas, que fournir une aide humanitaire vitale est une obligation et non un crime. Qu’utiliser WhatsApp est normal et ne constitue pas la preuve d’un acte criminel. Que l’achat de machines à laver pour un camp de réfugié·e·s ne fait pas de quelqu’un un expert en blanchiment d’argent. Cet acquittement doit créer un précédent. »
Contexte
Le 15 janvier 2026, Seán Binder a comparu devant la Cour d’appel de Lesbos, en Grèce, aux côtés de 23 autres accusé·e·s. Ce sauveteur bénévole a été acquitté de toutes les charges qui pesaient sur lui.
Une délégation d’Amnesty International était présente au procès de Seán Binder et des porte-parole sont disponibles sur demande