Europe. La participation d’Israël à la Ligue des nations de l’UEFA est une trahison envers les Palestiniens, les propres règles du football et les droits humains

Europe. La participation d’Israël à la Ligue des nations de l’UEFA est une trahison envers les Palestiniens, les propres règles du football et les droits humains

À l’approche des premiers matchs de la phase de groupes de la Ligue des nations masculine de l’UEFA 2026-2027, au cours desquels l’Autriche, l’Irlande et le Kosovo affronteront Israël pendant la fenêtre internationale du 24 septembre au 6 octobre, Steve Cockburn, directeur régional d’Amnesty International pour l’Europe, a déclaré :

« Il est inconcevable que l’équipe nationale masculine de football d’Israël participe à la Ligue des nations de l’UEFA cet automne, malgré les preuves évidentes que la fédération israélienne de football continue de soutenir des colonies illégales.

« Au lieu d’envoyer un message clair indiquant que l’occupation illégale du Territoire palestinien occupé (TPO) par Israël et les crimes atroces commis contre les Palestiniens ont un coût, l’UEFA offre à Israël une tribune internationale alors qu’il maintient son occupation brutale du TPO, son système d’apartheid à l’encontre de l’ensemble des Palestiniens et son génocide en cours contre les Palestiniens dans la bande de Gaza.

« L’UEFA et la FIFA auraient dû suspendre depuis longtemps la Fédération israélienne de football (IFA), en raison de son refus d’exclure les clubs établis dans des colonies illégales situées dans le TPO. Leur participation continue aux championnats israéliens constitue une violation flagrante des statuts de la FIFA et est contraire au droit international. Alors que des fonds continuent d’être versés par la FIFA et l’UEFA à l’IFA, ces organisations risquent de contribuer au maintien des colonies illégales et de l’occupation illégale du TPO par Israël et, par conséquent, aux violations des droits humains des Palestiniens commises par Israël.

« Au cours des dernières décennies, les décisions et avis des juridictions internationales ainsi que les résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations unies ont condamné à plusieurs reprises Israël pour ses multiples et graves violations.

« Le sport ne devrait jamais être utilisé comme une vitrine de relations publiques pour des États qui commettent des atrocités.

Alors que l’équipe israélienne se rend en Europe, des familles palestiniennes sont déplacées et dépossédées, leurs terres sont volées, leurs oliviers déracinés et leur histoire effacée par des colons avec le soutien de l’armée israélienne. Le beau jeu devrait rassembler les gens, pas légitimer l’apartheid.

Steve Cockburn, directeur régional d’Amnesty International pour l’Europe

« Alors que les dirigeants politiques et les autorités sportives choisissent de rester sur la touche, alimentant l’impunité d’Israël, les supporters entrent sur le terrain pour exiger que les responsables rendent des comptes, ainsi que justice et respect des règles du jeu. Lorsque les règles sont enfreintes, lorsque l’occupation, l’apartheid et le génocide se poursuivent, nous ne pouvons pas détourner le regard. »

Contexte

L’équipe nationale masculine de football d’Israël participera à la prochaine phase de groupes de la cinquième édition de la Ligue des nations de l’UEFA. Les matchs de la phase de groupes se dérouleront en deux séries de rencontres : les quatre premiers matchs auront lieu entre le 24 septembre et le 6 octobre, puis deux autres matchs se joueront entre le 12 et le 17 novembre 2026. Israël évolue dans la Ligue B, aux côtés de l’Autriche, de l’Irlande et du Kosovo.

Une forte opposition à la participation d’Israël aux compétitions de football en Irlande s’est exprimée dans le cadre de la campagne « Stop the Game ». Plusieurs fédérations de football, joueurs et joueuses, militants et militantes, syndicats, artistes et responsables politiques ont appelé à des sanctions, au boycott ou à la suspension des prochains matchs entre l’Irlande et Israël, prévus les 27 septembre et 4 octobre.

La Fédération irlandaise de football (FAI) a officiellement demandé à l’UEFA d’examiner la possibilité de suspendre Israël de ses compétitions. L’UEFA a néanmoins approuvé les rencontres de la Ligue des nations ainsi que le recours à des « terrains neutres » lorsque cela est nécessaire, dans des pays autres qu’Israël et l’Irlande. Les matchs entre l’Irlande et Israël doivent se dérouler sur des « terrains neutres », en Hongrie et en Serbie, à huis clos et sans supporters dans les stades.

En octobre 2025, Amnesty International a écrit à la FIFA et à l’UEFA pour demander la suspension de l’IFA, à moins que les clubs établis dans des colonies illégales situées dans le TPO ne soient immédiatement exclus des championnats nationaux israéliens.

En mars 2026, la FIFA a annoncé qu’aucune mesure ne serait prise à l’encontre de l’IFA concernant la participation de clubs établis dans des colonies illégales aux championnats israéliens. Par cette position, la FIFA légitime indirectement l’occupation illégale du territoire palestinien par Israël et risque de contribuer à sa perpétuation ainsi qu’aux graves violations des droits humains commises contre les Palestiniens, notamment le crime contre l’humanité d’apartheid, tout en ignorant l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice en 2024.

À la suite de la décision de la FIFA de rejeter ses plaintes concernant les clubs établis dans les colonies israéliennes, la Fédération palestinienne de football a saisi le Tribunal arbitral du sport.

Le récent rapport d’Amnesty International, « Effacer tout ce qui est palestinien : le nettoyage ethnique de la Cisjordanie par Israël », montre comment le gouvernement israélien actuel a fait de l’annexion formelle, dans le droit israélien, de terres palestiniennes situées dans le territoire palestinien occupé illégalement une politique officielle de l’État. Sa mise en œuvre s’est accélérée, notamment par le biais de violences commises par des colons soutenus par l’État.