États-Unis. L’attaque de Donald Trump contre la CPI requiert une réaction mondiale de résistance et de protection

États-Unis. L’attaque de Donald Trump contre la CPI requiert une réaction mondiale de résistance et de protection
En lançant des sanctions contre la Cour pénale internationale (CPI) en tant qu’institution, le gouvernement des États-Unis cherche à détruire la Cour et à éliminer toute possibilité que les auteurs de crime de droit international soient traduits en justice, a déclaré Amnesty International vendredi 9 octobre. Les États doivent prendre toutes les mesures appropriées afin de contrer cette attaque et de protéger activement la Cour.
« Les sanctions prises par le président Trump sont conçues pour isoler et, au bout du compte, détruire la Cour pénale internationale. Cette attaque existentielle doit échouer. Les États doivent prendre des mesures concrètes pour résister à l’imposition de ces mesures et protéger la Cour de manière active », a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice générale des recherches, de l’élaboration des lignes de conduite, du travail de plaidoyer et des campagnes à Amnesty International.
« La timidité des États, leurs efforts d’apaisement et leur réticence à bloquer les attaques contre la justice internationale ont enhardi les acteurs cherchant à la fragiliser. Ce moment décisif requiert courage, solidarité et action. Le combat pour la CPI est un terrain d’affrontement crucial entre ceux qui affirment que le droit doit s’incliner devant le pouvoir et que l’impunité doit être garantie aux criminels de guerre et auteurs de génocide, et ceux qui luttent pour préserver l’obligation de rendre des comptes, l’égalité face à la loi et la justice pour les victimes. Le futur de la CPI, et de la justice internationale elle-même, dépendra de la volonté des gouvernements et des peuples de la défendre.
« La Cour pénale internationale représente un des succès les plus important de l’ordre mondial d’après-guerre. Elle incarne une promesse simple mais vitale : que les responsables de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre puissent être amenés à rendre des comptes, indépendamment de leur pouvoir, de leur position ou de leur nationalité. La Cour n’est pas parfaite, mais elle constitue une voie essentielle, parfois la seule, vers l’obtention de la vérité, de la justice et de réparations.
« Ces dernières années, la CPI a délivré des mandats d’arrêt contre le président russe, Vladimir Poutine, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou. Le procès de Rodrigo Duterte, ancien président des Philippines, s’ouvrira le mois prochain.
« La CPI compte 125 États membres. Ils doivent prendre des mesures concrètes pour défendre la Cour. Cela inclut un soutien politique et financier, l’adoption de « lois de blocage » nationales et régionales afin de garantir que la CPI puisse bénéficier de certains services et systèmes essentiels, la résistance face aux tentatives d’entraves à son travail, et une pleine collaboration avec ses enquêtes et ses mandats d’arrêt.
« Une dernière limite a été franchie. Ceci est une attaque contre la possibilité même d’amener les personnes responsables des crimes les plus graves à répondre de leurs actes en vertu du droit international, aussi puissantes soient-elles. Il en va non seulement du futur de la Cour, mais aussi du futur de la justice internationale elle-même. De nouvelles limites doivent désormais être fixées et défendues par celles et ceux qui croient aux droits humains, au droit international et à une justice égale pour tous.