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	<title>Pauvreté et droits humains Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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	<title>Pauvreté et droits humains Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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		<title>Israël et territoire palestinien occupé. Le génocide perpétré par Israël à Gaza inflige des préjudices exacerbés aux femmes et aux filles.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2026 16:15:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
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		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Israël et territoire palestinien occupé. Le génocide perpétré par Israël à Gaza inflige des préjudices exacerbés aux femmes et aux filles. Au cours des 29 derniers mois, les conséquences dévastatrices et multiples du génocide perpétré par Israël ont poussé les femmes et les filles dans la bande de Gaza occupée au bord du précipice, a [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Israël et territoire palestinien occupé. Le génocide perpétré par Israël à Gaza inflige des préjudices exacerbés aux femmes et aux filles.</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Les femmes et les filles sont les premières victimes de l’effondrement du système de santé et des déplacements de masse</strong></li>



<li><strong>Le personnel médical fait état d’une hausse exponentielle des pathologies maternelles et néonatales</strong></li>



<li><strong>Les traitements pour les femmes atteintes de cancers ou d’autres maladies mettant leur vie en danger sont interrompus ou inaccessibles</strong></li>



<li><strong>Les fermetures répétées du point de passage de Rafah restreignent encore davantage l’acheminement déjà limité de l’aide humanitaire et les évacuations médicales</strong></li>
</ul>



<p>Au cours des 29 derniers mois, les conséquences dévastatrices et multiples du génocide perpétré par Israël ont poussé les femmes et les filles dans la bande de Gaza occupée au bord du précipice, a déclaré Amnesty International le 10 mars 2026.</p>



<p>Alors qu’Israël impose délibérément des conditions de vie destinées à entraîner la destruction physique des Palestiniens et Palestiniennes à Gaza, les femmes palestiniennes subissent des conséquences aggravées et potentiellement mortelles, notamment des déplacements de masse, l’effondrement des soins de santé reproductive, maternelle et néonatale, des interruptions des traitements de maladies chroniques comme le cancer, une exposition accrue aux maladies et des conditions de vie dangereuses et indignes, ainsi que des préjudices physiques et psychologiques.</p>



<p>Ces préjudices sont exacerbés par les restrictions qu’Israël continue d’imposer à l’acheminement vers Gaza de produits indispensables à la survie de la population civile, notamment une nourriture suffisante, des médicaments, du matériel médical et des dispositifs d’assistance, des matériaux pour les abris et des équipements nécessaires à l’assainissement de l’eau et à l’évacuation des décombres, des munitions non explosées et des déchets. Israël maintient ces restrictions alors que les retards des évacuations médicales mettent des vies en danger et que des organisations humanitaires internationales fournissant des services essentiels à des femmes et des filles ont vu leur agrément suspendu.</p>



<p>Des femmes ont été contraintes d’accoucher sans soins médicaux adaptés, de passer leur grossesse et leur convalescence post-partum dans un contexte de déplacement dans des sites surpeuplés et insalubres, et d’affronter la faim, la maladie et le traumatisme dans un contexte d’intimité et de protection limitées et de restriction de l’accès à des services essentiels, souvent tout en s’occupant d’autres personnes.</p>



<p>« Alors que les tensions au Moyen-Orient s’intensifient gravement au lendemain des attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, nous ne devons pas oublier le génocide qui se poursuit à Gaza et le lourd tribut que paient les femmes et les filles. Pour les femmes enceintes et allaitantes, pour les mères de nourrissons et de jeunes enfants, pour les femmes souffrant de maladies chroniques, en situation de handicap ou se remettant de blessures irrémédiables, pour les veuves et les nombreuses femmes ayant perdu des proches, pour les femmes ayant été déplacées à plusieurs reprises, pour les femmes en période de règles, pour les femmes ayant perdu leur emploi et leur accès à l’éducation, la vie est devenue une lutte quotidienne pour survivre face à des catastrophes en cascade incessantes », a déclaré la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard.</p>



<p>« Les femmes à Gaza sont privées des conditions nécessaires pour vivre et donner la vie en toute sécurité. Cette érosion systématique de leurs droits à la santé, à la sécurité, à la dignité et à un avenir n’est pas une simple conséquence malencontreuse de la guerre : c’est un acte de guerre délibéré visant les femmes et les filles. C’est également la conséquence prévisible de l’imposition par Israël de politiques et pratiques délibérées de déplacements de masse à répétition, de restrictions intentionnelles de l’accès à des biens de première nécessité et de l’aide humanitaire, et de deux années de bombardements incessants qui ont dévasté le système de santé de Gaza et décimé des familles entières. »</p>



<p>Dans son rapport de mars 2025, la Commission chargée d’enquêter dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et en Israël concluait que les autorités israéliennes avaient systématiquement et délibérément détruit le système de santé sexuelle et reproductive à Gaza, ce qui s’apparente à deux types d’actes interdits par la Convention sur le génocide : l’imposition de conditions de vie destinées à entraîner la destruction physique des Palestiniens et Palestiniennes et l’imposition de mesures destinées à empêcher les naissances.</p>



<p>Entre le 5 et le 24 février 2026, Amnesty International s’est entretenue avec 41 femmes, toutes déplacées à l’intérieur du pays, dont huit femmes atteintes de cancers, quatre femmes enceintes et 14 femmes ayant accouché après le « cessez-le-feu ». L’organisation s’est également entretenue avec 26 professionnel·le·s de la santé de six établissements médicaux des municipalités de Gaza et Deir al Balah, ainsi qu’avec quatre membres du personnel d’organisations internationales.</p>



<p>La catastrophe dans la bande de Gaza a des conséquences multiples et est exacerbée par les cataclysmes incessants : les déplacements continus et les frappes aériennes constantes, le système de santé détruit et manquant de ressources et l’effondrement total de l’économie. Le ministère de la Santé de Gaza fait état de 630 mort·e·s palestiniens, dont 202 enfants, 89 femmes et 339 hommes, entre la signature du « cessez-le-feu » en octobre 2025 et fin février 2026, qui s’ajoutent aux plus de 72 000 personnes tuées depuis le 7 octobre 2023. Bien que la menace imminente de famine se soit éloignée, la faim reste critique et la malnutrition persiste, ce qui a des conséquences désastreuses à long terme. Les habitations ayant été pour la plupart détruites ou gravement endommagées, et compte tenu du fait que 60 % de la bande de Gaza se trouve à l&rsquo;est de la « ligne jaune », zone physiquement contrôlée par les autorités israéliennes et des milices locales soutenues par Israël, la majeure partie de la population palestinienne de Gaza reste déplacée et n’a plus accès aux zones agricoles de production alimentaire.</p>



<p>Le 27 février, la Cour suprême israélienne a temporairement suspendu la mise en œuvre d’une décision du gouvernement d’interrompre les activités de 37 organisations internationales d’aide humanitaire travaillant dans le territoire palestinien occupé et dont la licence n’a pas été renouvelée. Cependant, les restrictions et l’incertitude quant à l’acheminement de l’aide humanitaire persistent, ce qui a des conséquences dévastatrices pour la population palestinienne, particulièrement les femmes palestiniennes, à Gaza.</p>



<p>Le 28 février, après avoir lancé son attaque conjointe avec les États-Unis contre l’Iran, Israël a fermé les trois points de passage permettant d’accéder à la bande de Gaza. La fermeture a interrompu l’acheminement déjà limité d’aide humanitaire et de produits commerciaux, ainsi que les évacuations médicales hors de la bande de Gaza. Le 3 mars, Israël a rouvert le point de passage de Kerem Shalom/Karem Abu Salem, autorisant « l’entrée progressive d’aide humanitaire ». Le point de passage de Rafah, entre Gaza et l’Égypte, qui n’avait été que partiellement rouvert début février, reste fermé. Cela intervient alors que les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza, comme le pilonnage, les démolitions militarisées et les frappes aériennes, se sont poursuivies depuis l’accord de cessez-le-feu, infligeant de nouvelles souffrances humaines et endommageant davantage les infrastructures civiles.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Effondrement des services de santé maternelle et néonatale</h4>



<p>Tout au long du génocide, l’accès des femmes aux soins de santé sexuelle et reproductive a été gravement entravé du fait des bombardements, des déplacements, de la destruction des services de santé reproductive et maternelle et des restrictions de l’acheminement de colis vitaux d’aide humanitaire et de produits d’hygiène imposés par Israël, dans un contexte de destruction des systèmes d’eau et d’assainissement de Gaza.</p>



<p>D’après l’OMS et le Groupe sectoriel pour la santé, près de 60 % de tous les points de service de santé sont hors d’usage, ce qui impose une pression considérable aux rares qui restent fonctionnels et à ceux, encore plus rares, qui fournissent des soins obstétricaux d’urgence.</p>



<p>Même après le « cessez-le-feu » et l’amélioration des flux d’aide, environ 46 % des médicaments essentiels sont en rupture de stock, notamment des médicaments pour le déclenchement/la gestion des contractions, le travail et les hémorragies du post-partum, l’anesthésie et la gestion de la douleur, les infections et les problèmes respiratoires, d’après les dernières informations du ministère de la Santé. Depuis le « cessez-le-feu », le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) et ses partenaires ont livré des quantités considérables de médicaments et de fournitures pour la santé maternelle et reproductive. Cependant, les besoins restent immenses et ne sont que partiellement satisfaits. D’après les dernières projections du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, 37 000 femmes enceintes et allaitantes souffriront par ailleurs de malnutrition aiguë et auront besoin de traitements avant mi-octobre 2026.</p>



<p>Les professionnel·le·s de la santé avec qui Amnesty International s’est entretenue ont déclaré que même après le « cessez-le-feu », les femmes qui ont accouché ont été confrontées à de graves pénuries de nourriture, de médicaments et de compléments nutritionnels pendant une grande partie de leur grossesse et de leur convalescence post-partum. Ils ont déclaré que la plupart des femmes qui venaient accoucher dans des hôpitaux souffraient d’anémie due à la malnutrition et de maladies transmises par l’eau, de vaginites et d’autres infections dues aux eaux polluées et à d’autres situations insalubres. Ils ne peuvent souvent pas mener les dépistages nécessaires pour les femmes en raison du manque d’équipements et ont parfois dû utiliser des médicaments anesthésiques périmés.</p>



<p>D’après des professionnel·le·s de la santé avec qui l’organisation s’est entretenue, le génocide perpétré par Israël a provoqué une augmentation exponentielle des problèmes de santé maternelle et néonatale au cours des 29 derniers mois. Parmi ces problèmes de santé figurent les accouchements prématurés, le faible poids à la naissance, la perte de poids et la malnutrition de femmes enceintes et allaitantes, le stress prénatal et la dépression post-partum, les problèmes respiratoires pendant la grossesse liés à l’exposition au froid et à une pollution accrue, les problèmes respiratoires chez les nouveau-nés liés, entre autres, à des accouchements avant terme, à un développement pulmonaire insuffisant, à des problèmes de santé de la mère pendant la grossesse et aux mauvaises conditions de vie après la naissance, particulièrement pendant les périodes de froid.</p>



<p>Nasser Bulbol, médecin spécialiste de néonatologie du service obstétrique d’al Helou, a déclaré que le nombre de grossesses à haut risque prises en charge par le service avait considérablement augmenté, car les systèmes immunitaires des mères ont été mis à mal par la malnutrition : « Les conditions de déplacement ont causé des maladies infectieuses et la plupart des femmes qui viennent ici sont en situation de stress, de traumatisme et d’incertitude, car elles ont été déplacées à plusieurs reprises, ont perdu des proches et ne parviennent pas à se procurer des aliments adaptés à leurs besoins nutritionnels. »</p>



<p>L’hôpital dispose de 12 couveuses, dont six destinées aux soins intensifs néonatals, mais aucune n’est équipée des moniteurs cardiorespiratoires nécessaires.</p>



<p>Partout à Gaza, les unités de soins néonatals sont confrontées à des difficultés similaires. Le responsable des soins infirmiers du service de soins intensifs et néonatologie de l’hôpital Shuhada Al Aqsa, à Deir al Balah, qui dispose de 24 couveuses en état de fonctionnement, a notamment déclaré à Amnesty qu’ils avaient dû réutiliser des fournitures médicales à usage unique, notamment des tubes ondulés pour les ventilateurs mécaniques.</p>



<p>D’après le FNUAP, dans l’ensemble de la bande de Gaza, les unités néonatales fonctionnent à 150-170 % de leurs capacités, avec des couveuses parfois partagées par trois nouveau-nés.</p>



<p>L’obstruction et la possible suspension des activités d’organisations humanitaires internationales auront des conséquences dévastatrices pour les soins de santé reproductive et néonatale. Médecins Sans Frontières, l’une des organisations humanitaires concernées, a par exemple fourni aux services de maternité et de néonatologie en milieu hospitalier un soutien et des services essentiels en matière de soins prénataux et post-partum ambulatoires dont ont bénéficié des dizaines de milliers de femmes et de nourrissons depuis le début du génocide, ainsi qu’une aide nutritionnelle à de nombreuses femmes souffrant de malnutrition, et des traitements et un soutien à des victimes de violences liées au genre. Medical Aid for Palestinians fournit des soins néonatals, des soins néonatals intensifs, des soins de santé reproductive et obstétriques et des soins de suivi dans deux hôpitaux de la ville de Gaza (al Sahaba et Patient Friends Benevolent Society) et à l’hôpital al Nasser, à Khan Younès. L’organisation offre également un service de soutien psychologique et d’aide aux victimes de violences fondées sur le genre. Il sera très difficile pour le système de santé déjà anéanti de prendre en charge les services essentiels fournis par des organisations humanitaires, ce qui aura des conséquences pour des dizaines de milliers de femmes qui risquent d’en souffrir et de voir la continuité et la qualité des soins qu’elles reçoivent se dégrader encore davantage.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les rêves de maternité sûre et digne anéantis</h4>



<p>Amnesty International s’est entretenue avec des femmes enceintes et allaitantes vivant dans des sites pour personnes déplacées dans la ville de Gaza, à al Mawasi, dans la ville de Deir al Balah et dans le camp de Nuseirat. Si l’accès à la nourriture et aux produits d’hygiène personnelle, comme les serviettes hygiéniques, le shampoing et le savon, s’est amélioré dans une certaine mesure depuis janvier 2026, certaines femmes n’ont toujours pas les moyens de se procurer ces produits. Leur accès à de l’eau potable ou à l’eau courante est également très limité.</p>



<p>La plupart des jeunes mères avec lesquelles Amnesty International s’est entretenue ont déclaré qu’elles avaient activement cherché à obtenir des compléments nutritionnels pendant la grossesse, mais avaient eu du mal à se les procurer. Nombre d’entre elles avaient perdu beaucoup de poids, certaines ayant reçu un diagnostic de malnutrition et/ou d’anémie.</p>



<p>Hind*, 22 ans, qui vivait dans le camp pour personnes réfugiées de Jabalia, aujourd’hui presque entièrement détruit, et se trouve actuellement déplacée à al Mawasi, a donné naissance à un garçon le 19 janvier 2026. Elle a déclaré à l’organisation : « J’ai perdu beaucoup de poids. Je pesais seulement 43 kilos et à l’hôpital de campagne où j’ai accouché, ils m’ont dit que je souffrais de malnutrition. Mon bébé est né avec une double infection pulmonaire, il a passé plusieurs jours dans l’unité de soins intensifs et va maintenant un peu mieux, mais il ne peut toujours pas respirer correctement tout seul et est dans une couveuse. J’ai peur qu’il tombe encore plus malade parce que je vis dans une tente près de la mer et il a fait très froid et il n’y a pas de moyen de le garder au chaud. J’ai aussi un bébé de 18 mois qui a également été malade à cause du froid. »</p>



<p>Mariam*, une femme de 22 ans également déplacée à Deir al Balah, est une jeune mère en insuffisance pondérale souffrant de malnutrition et d’anémie, qui a accouché de son premier fils prématuré en décembre 2025. Elle ne produit pas suffisamment de lait pour allaiter et lutte maintenant pour pouvoir acheter du lait maternisé et garder son bébé au chaud dans une tente sans chauffage.</p>



<p>Toutes les femmes enceintes avec qui Amnesty International s’est entretenue ont déclaré qu’elles n’avaient reçu des soins prénataux que de manière sporadique et nombre d’entre elles n’avaient pas été en mesure de se protéger et de protéger leur nouveau-né du froid exceptionnellement rude et des pluies torrentielles de ces derniers mois d’hiver. La plupart des femmes ont également déclaré que, pendant leur grossesse, elles avaient été exposées à des niveaux élevés de pollution, et particulièrement à une fumée très polluante provenant de l’incinération de plastique et d’autres matériaux, car elles ne disposaient pas d’autres combustibles pour cuisiner ou faire chauffer de l’eau pour se laver. Pendant les derniers mois de leur grossesse et après leur accouchement, elles ont eu des difficultés à supporter les toilettes de fortune surpeuplées et insalubres des camps de personnes déplacées où elles s’abritent.</p>



<p>Une infirmière diplômée de 24 ans enceinte de huit mois a déclaré à Amnesty International que, bien qu’étant anémiée, elle n’avait pas pu obtenir l’infusion de fer dont elle avait besoin ou se procurer des aliments riches en fer ou d’autres vitamines pendant sa grossesse. Elle a déclaré que, mi-2024, elle avait perdu son bébé, mort d’une infection car il n’avait pas obtenu de traitement médical adapté, et que son mari avait été tué dans une attaque près de leur domicile juste avant qu’elle n’apprenne sa grossesse actuelle. Elle a décrit la souffrance de vivre sa grossesse dans une tente, d’être constamment malade à cause du froid et de lutter pour accéder aux toilettes. Elle craint de ne pas pouvoir protéger le bébé des virus dans sa tente pleine de sable et d’insectes et de ne pas avoir les moyens d’acheter des couches, des vêtements pour bébé et des serviettes hygiéniques pour elle-même après l’accouchement.</p>



<p>Maysoun Abu Bureik, une sage-femme expérimentée de l’hôpital al Awda, a également évoqué les conséquences psychologiques pour les jeunes mères :</p>



<p>« Le pire, c’est quand on doit aider une mère qui a perdu son mari ou sa famille. Rien que l’on puisse dire ou faire ne peut l’aider. Elle doit gérer son foyer, elle doit assurer le soutien émotionnel de son bébé alors qu’elle en a elle-même désespérément besoin, et elle n’a généralement pas de logement auquel retourner. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Interruptions des traitements contre le cancer et des évacuations médicales</h4>



<p>Les autorités israéliennes continuent de contrôler et de sévèrement entraver le processus d’évacuation médicale alors même que plus de 18 500 Palestiniens et Palestiniennes à Gaza ont besoin de traitements urgents qui n’y sont pas disponibles, en raison principalement de la destruction du système de santé par Israël. Les évacuations médicales vers la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, sont presque complètement interdites depuis le 7 octobre 2023.</p>



<p>Depuis la réouverture partielle du point de passage de Rafah le 2 février 2026, l’ONU et des partenaires avaient contribué à l’évacuation médicale de 289 Palestiniens et Palestiniennes, accompagnés de leur famille, par les points de passage de Rafah et de Kerem Shalom. Si une masse de facteurs bureaucratiques et procéduraux peuvent ralentir le processus d’évacuation médicale, les sévères restrictions et délais imposés par les autorités israéliennes en restent des causes majeures, notamment le processus d’approbation arbitraire, vague et long, qui a entraîné des morts évitables et causé des souffrances énormes. Ce processus est complètement arrêté depuis le début de l’offensive conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.</p>



<p>Les femmes atteintes de cancers sont parmi les plus gravement affectées par l’obstruction des évacuations médicales. Les huit femmes atteintes de cancers avec qui Amnesty International s’est entretenue ont déclaré que leur traitement avait été affecté par des pénuries de fournitures médicales, notamment de médicaments de chimiothérapie. Pendant les périodes de bombardements intenses, les hôpitaux ont par ailleurs dû traiter en priorité les lésions traumatiques urgentes.</p>



<p>Une infirmière a déclaré à Amnesty International : « Aucun hôpital de Gaza n’offre actuellement de radiothérapie. Nous subissons également de graves pénuries d’équipement de diagnostic. Il n’y a pas une seule machine d’IRM en état de marche sur le territoire de Gaza. En l’absence de diagnostic initial, nous sommes par ailleurs contraints de continuer de deviner, ce qui met en danger la vie des patients et réduit l’efficacité de nos traitements. »</p>



<p>Dans son analyse de la réponse humanitaire, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a confirmé que certains des équipements de laboratoire et produits nécessaires aux diagnostics et à l’imagerie avaient été considérés comme des biens « à double usage » et interdits par les autorités israéliennes.</p>



<p>Une personne travaillant pour l’une des 37 organisations internationales d’aide humanitaire ayant été radiées a déclaré à Amnesty International fin février 2026 que plus de 1 000 patient·e·s souffrant de maladies non contagieuses, comme des cancers, n’avaient pas pu être traités, car l’organisation n’avait pas été autorisée à faire entrer de fournitures médicales à Gaza depuis le début de l’année.</p>



<p>Iman*, une femme recevant un traitement contre le cancer à l’hôpital al Helou, dans la ville de Gaza, a déclaré que ses séances de chimiothérapie avaient été repoussées à deux reprises, car les médicaments nécessaires n’étaient pas disponibles : « Lorsque j’ai la chance de recevoir la chimiothérapie, je dors ici un ou deux jours pour me rétablir, mais après, je dois retourner dans ma tente, où je dois boire de l’eau qui n’est pas propre, me laver avec de l’eau qui n’est pas propre, mais surtout, où je ne peux ni dormir ni me reposer. J’ai appris l’année dernière que je souffrais d’un cancer du sein et depuis, j’ai été déplacée à quatre reprises. Je pouvais à peine bouger, mais je devais aussi porter mes enfants. Le déplacement associé à la maladie vous tue. Je suis inscrite sur la liste des personnes attendant une évacuation médicale, donc j’attends. »</p>



<p>Nisrine, 49 ans, mère de sept enfants souffrant d’une tumeur du lobe frontal, a expliqué à Amnesty International qu’en plus d’avoir reçu un diagnostic de cancer, elle avait perdu sa mère et ses frères, tués par une frappe aérienne israélienne, et que son logement à Shuja&rsquo;iya avait été détruit : « J’ai sombré dans une grave dépression. Les déplacements constants vous vident de toute vie, cela vous épuise. Le plus difficile est de recommencer à zéro à chaque fois. Pour nous, c’est encore pire, car nous sommes déjà physiquement vidés. »</p>



<p>Hani Ayyash, ancien directeur du service de consultations externes de l’Hôpital de l’amitié turco-palestinienne, dans la ville de Gaza, qui était le seul établissement de toute la bande de Gaza spécialisé dans le traitement du cancer, a été obligé de quitter son hôpital en octobre 2023 après des bombardements intenses. L’armée israélienne a ensuite utilisé cet hôpital comme base militaire et a fait exploser une partie de ses infrastructures en mars 2025.</p>



<p>« Perdre l’Hôpital de l’amitié turco-palestinienne a été très dur pour nous, car c’était de loin le centre de traitement du cancer le plus avancé de Gaza. Nous n’avons par ailleurs pu récupérer aucun des équipements de l’hôpital », a déclaré Hani Ayyash.</p>



<p>Les autorités israéliennes doivent lever les restrictions illégales et arbitraires qu’elles imposent à l’aide humanitaire, notamment aux médicaments et aux équipements médicaux, aux biens et aux services de première nécessité, et cesser leur obstruction des évacuations médicales. Elles doivent veiller à ce qu’une voie d’évacuation efficace et fiable vers d’autres parties du territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et vers Israël soit en place. Le gouvernement israélien doit en outre lever les restrictions des évacuations médicales hors du TPO, le cas échéant, et garantir la possibilité pour les personnes évacuées de revenir après avoir terminé leur traitement si elles le souhaitent. Il doit également autoriser l’entrée immédiate de fournitures et équipements d’imagerie diagnostique et de laboratoire, particulièrement ceux nécessaires pour le dépistage précoce de cancers et d’autres maladies.</p>



<p>« Les femmes à Gaza maintiennent les familles et communautés à flot dans des conditions conçues pour les détruire. Elles sont les enseignantes fournissant une éducation aux enfants dans des tentes, les médecins et les infirmières travaillant dans des hôpitaux de campagne sans être payées, et les garde-malades luttant sans relâche pour garder espoir dans ce contexte de génocide. Leur courage impose un immense respect et est une source d’inspiration pour toute l’humanité », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Cette catastrophe d’origine humaine, que nous avons toutes et tous vue se dérouler sur nos écrans, a causé des souffrances énormes. Notre action et notre soutien n’ont que trop tardé ! Nous devons afficher une solidarité sans faille avec les femmes et les filles palestiniennes à Gaza et appeler de nouveau les États à prendre des mesures concrètes pour mettre fin au génocide perpétré par Israël et à l’occupation illégale imposée par le pays, notamment en veillant à ce que les femmes et les filles puissent bénéficier de leurs droits fondamentaux et en assurant un avenir dans lequel tous les Palestiniens et Palestiniennes peuvent vivre dans la dignité. »</p>



<p>Les États doivent prendre des mesures pratiques pour exercer une pression diplomatique et économique afin de pousser Israël à mettre un terme à ses attaques, à lever entièrement son blocus illégal et à autoriser les organisations humanitaires à mener leurs activités librement et en toute sécurité. Ils doivent assurer l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive essentiels et renforcer le soutien et les financements accordés aux services de protection des droits économiques et sociaux des femmes et aux organisations dirigées par des femmes à Gaza.<br></p>



<p class="has-text-align-right"><em>*Les noms de certaines des femmes ont été remplacés par des pseudonymes à leur demande</em></p>




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		<title>Appel urgent à protéger les civil·e·s et à respecter le droit international face à l’escalade du conflit régional faisant suite aux attaques des États-Unis et d’Israël contre l’Iran</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/appel-urgent-a-proteger-les-civil%c2%b7e%c2%b7s-et-a-respecter-le-droit-international-face-a-lescalade-du-conflit-regional-faisant-suite-aux-attaques-des-etats-unis-et-disrael-contre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 16:13:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
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		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=35860</guid>

					<description><![CDATA[<p>Appel urgent à protéger les civil·e·s et à respecter le droit international face à l’escalade du conflit régional faisant suite aux attaques des États-Unis et d’Israël contre l’Iran Face à la propagation rapide des hostilités régionales au Moyen-Orient faisant suite aux attaques menées conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran et à la vague [&#8230;]</p>
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<h3 class="wp-block-heading">Appel urgent à protéger les civil·e·s et à respecter le droit international face à l’escalade du conflit régional faisant suite aux attaques des États-Unis et d’Israël contre l’Iran</h3>



<p>Face à la propagation rapide des hostilités régionales au Moyen-Orient faisant suite aux attaques menées conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran et à la vague de représailles iraniennes dans la région, Amnesty International lance un appel urgent à toutes les parties pour qu’elles protègent les civil·e·s et respectent le droit international humanitaire, en particulier en cessant leurs attaques illégales, notamment les attaques délibérées, aveugles ou disproportionnées contre les populations et les infrastructures civiles.</p>



<p>Les opérations militaires se sont propagées à travers la région et concernent maintenant plus de 10 pays. Elles ont déjà fait de nombreuses victimes civiles et détruit des biens de caractère civil. Israël a renforcé ses attaques contre le Liban ces dernières 24 heures en réponse aux attaques du Hezbollah. Les États-Unis ont déclaré que « les frappes les plus dures rest[ai]ent à venir ». L’Iran a prévenu que toute la région allait connaître une intensification du conflit et une hausse de l’insécurité à la suite de l’assassinat du Guide suprême et commandant en chef iranien, Ali Khamenei.</p>



<p>« Les civil·e·s ne doivent pas payer le prix des actes illégaux et irresponsables commis par les parties au conflit, qui réduisent à néant les principes d’humanité et de distinction figurant au cœur du droit international humanitaire et menacent les fondements mêmes de la paix et de la sécurité internationales. Les enjeux n’ont jamais été aussi forts. Les populations civiles de la région ont déjà enduré des cycles successifs de conflits et de violations massives, ainsi que des crimes de droit international. Leur protection doit maintenant être la première des priorités. Or, elles sont au contraire confrontées à encore plus de violence mortelle et de répression gratuites », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« Les parties au conflit doivent immédiatement cesser de commettre des attaques illégales, qu’il s’agisse d’attaques directes contre des civil·e·s, d’attaques aveugles ou d’attaques menées de façon disproportionnée, ou encore de l’utilisation d’armes explosives à large rayon d’impact dans des zones densément peuplées. Elles doivent prendre toutes les précautions possibles pour éviter les dommages civils.</p>



<p>« Face à la menace croissante d’un conflit international de longue durée, le respect du droit international humanitaire et relatif aux droits humains est plus urgent que jamais. Le non-respect de ces obligations ne fera qu’aggraver le bilan humain déjà très lourd et entraîner la région vers une nouvelle catastrophe sur le plan humanitaire et relatif aux droits humains. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Attaques contre l’Iran et riposte iranienne</h4>



<p>La Société du Croissant-Rouge iranien a indiqué le 3 mars 2026 que 787 personnes avaient été tuées en Iran depuis le début des attaques. Le 28 février, selon les autorités iraniennes, 165 personnes, dont environ 150 écolières, ont été tuées par une frappe qui a touché une école de la ville de Minab, dans le sud du pays (province du Hormozgan). L’UNESCO a qualifié le bombardement de cette école de « grave violation du droit humanitaire » et a alerté sur le fait que les attaques contre des établissements scolaires mettaient en danger les élèves et les enseignant·e·s et nuisaient aux protections garanties par le droit international humanitaire. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a réclamé une enquête rapide, impartiale et approfondie sur cette « horrible » tragédie.</p>



<p>Amnesty International a vérifié six vidéos enregistrées à la suite de cette frappe contre une école. Celles-ci montrent une fumée noire qui s’élève au-dessus du bâtiment partiellement effondré et des sauveteurs équipés de pelleteuses recherchant des victimes dans les ruines. Les images filmées depuis l’entrée de l’école montrent les murs d’enceinte entourant la cour et le bâtiment, tandis que de la fumée est visible en arrière-plan, dans la direction d’un complexe des gardiens de la révolution situé à proximité.</p>



<p>Selon le responsable du Conseil médical d’Iran, 10 établissements de santé ont été endommagés par les attaques israéliennes et états-uniennes. Les hôpitaux iraniens avaient déjà été la cible d’opérations militaires des forces de sécurité iraniennes, qui ont commis des violations généralisées des droits humains contre des manifestant·e·s blessés et du personnel médical pendant et après les massacres perpétrés en réponse aux manifestations de janvier 2026.</p>



<p>Les autorités iraniennes ont de nouveau coupé l’accès à Internet le 28 février, empêchant des millions de personnes d’obtenir des informations essentielles sur les hostilités armées et de communiquer avec leurs proches dans le pays et à l’étranger, et interrompant le flux d’informations sur les violations du droit international humanitaire et relatif aux droits humains.</p>



<p>Le conflit armé a accru les inquiétudes quant au sort et à la sécurité des prisonniers et prisonnières en Iran, dont les milliers de manifestant·e·s et de dissident·e·s arrêtés en lien avec le soulèvement de janvier 2026. En effet, des défenseur·e·s des droits humains ont fait état d’explosions à proximité de prisons et d’autres lieux où des personnes sont détenues, comme lors de la guerre des 12 jours quand Israël avait frappé la prison d’Evin, à Téhéran.</p>



<p>Ces défenseur·e·s s’inquiètent également du fait que les autorités iraniennes prennent souvent les conflits armés comme prétexte pour soumettre les opposant·e·s à encore plus de torture et d’autres mauvais traitements, ainsi qu’à des exécutions sommaires, arbitraires ou extrajudiciaires. Amnesty International appelle les autorités iraniennes à libérer immédiatement toutes les personnes détenues arbitrairement et à prendre des mesures efficaces pour garantir la sécurité de tous les autres prisonniers·ères, notamment en procédant à des remises en liberté provisoire à titre humanitaire. Les inquiétudes pour les droits de la population iranienne sont d’autant plus fortes qu’il est largement établi que les autorités iraniennes ont commis par le passé, à maintes reprises, des crimes de droit international et d’autres graves violations des droits humains, notamment durant des vagues successives de répression mortelle de la dissidence. Les 8 et 9 janvier, elles ont perpétré un massacre sans précédent, tuant des milliers de manifestant·e·s et de passant·e·s pendant des manifestations contre le régime qui appelaient à la fin de la République islamique.</p>



<p>Les autorités iraniennes ont riposté aux attaques états-uniennes et israéliennes par des tirs de missiles et des attaques de drones contre Israël et dans toute la région du Golfe, notamment aux Émirats arabes unis, au Qatar, à Bahreïn, au Koweït, à Oman et en Arabie saoudite.</p>



<p>Selon des médias et des déclarations gouvernementales officielles, certaines de ces attaques ont provoqué des morts, des blessés et des dommages aux infrastructures civiles, dus entre autres à des chutes de débris de missiles ou de drones interceptés. D’après les autorités d’Abou Dhabi, un drone iranien qui visait l’aéroport international Zayed a été intercepté et, en tombant, ses débris ont tué une personne et en ont blessé sept autres. Le 2 mars, les autorités du Qatar et celles d’Arabie saoudite ont affirmé que leurs infrastructures pétrolières avaient été visées par l’Iran, et une déclaration du Conseil de coopération du Golfe a condamné « les attaques aveugles et irresponsables de missiles et de drones ».</p>



<p>En Israël, selon les médias et les services de secours, les attaques iraniennes ont fait au moins 10 morts et plusieurs dizaines de blessés. Parmi ces victimes, neuf ont été tuées et plus de 20 autres blessées par une frappe de missile balistique iranienne à Beit Shemesh, et une femme a été mortellement touchée par la chute d’un éclat d’obus dans la région de Tel-Aviv. Les frappes iraniennes ont aussi endommagé au moins 40 bâtiments à Tel-Aviv, d’après les autorités locales.</p>



<p>Israël a encore durci les sévères restrictions de la liberté de mouvement dans le Territoire palestinien occupé (TPO), bloquant de facto tout déplacement entre les villages et villes de la Cisjordanie occupée, dont Jérusalem-Est. Les autorités ont aussi fermé tous les points de passage extérieurs permettant d’entrer dans le TPO ou d’en sortir, notamment ceux de Kerem Shalom/Karem Abu Salem et de Rafah, empêchant l’acheminement d’une aide vitale et plaçant de fait toute la Bande de Gaza en état de siège. Le point de passage de Kerem Shalom/Karem Abu Salem a été rouvert le 3 mars.</p>



<p>Ces mesures arbitraires exacerbent gravement les souffrances des Palestinien·ne·s qui vivent sous l’occupation illégale et l’apartheid imposés par Israël, et ne font qu’aggraver encore davantage la crise humanitaire multidimensionnelle à Gaza, où la population palestinienne subit toujours le génocide israélien en cours.</p>



<p>En Irak, une faction (Saraya Awliya Al Dam) de la coalition de milices pro-iraniennes autoproclamée Résistance islamique a revendiqué plusieurs attaques de drones contre Erbil, dans la région du Kurdistan irakien, puis contre la capitale, Bagdad. Ces frappes visaient principalement des installations militaires états-uniennes. Des groupes d’opposition kurdes d’Iran ont par ailleurs indiqué que leurs positions au Kurdistan irakien avaient été visées par des drones à la suite d’avertissements émis par le Corps des gardiens de la révolution islamique.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Escalade entre le Hezbollah et Israël au Liban</h4>



<p>Après des tirs de roquette menés dans le nord d’Israël par le Hezbollah, selon lui en représailles de la mort d’Ali Khamenei, l’armée israélienne a fortement intensifié ses attaques au Liban, y compris dans la banlieue de Beyrouth, dans la nuit du 2 mars. Au 3 mars, les frappes aériennes israéliennes avaient fait au moins 40 morts et 246 blessés, d’après les autorités libanaises. Avant la récente escalade et depuis l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, Israël procédait presque quotidiennement à des attaques dans le sud du Liban. Celles-ci ont tué plus de 380 personnes, dont 127 civil·e·s.</p>



<p>Un nouvel ordre d’« évacuation » massive émis par les autorités israéliennes le 2 mars après minuit a de nouveau déplacé des centaines de milliers de civil·e·s au Liban. L’avertissement, vague et excessivement large, concernait plus de 50 villages du sud et de l’est du pays et a créé un mouvement de panique et des embouteillages monstres, tandis que de nombreux habitant·e·s étaient confrontés à un énième déplacement. D’autres avis d’évacuation de grande ampleur ont été émis le matin du 3 mars. Ils ont élargi la zone menacée en ordonnant aux habitant·e·s de dizaines de villages supplémentaires du sud du Liban de partir de chez eux.</p>



<p>Le 2 mars, l’armée israélienne a annoncé qu’elle allait frapper des institutions financières affiliées au Hezbollah à divers endroits du Liban, ce qu’elle a fait. Israël avait déjà pris pour cible des succursales d’une institution financière affiliée au Hezbollah en octobre 2024. Amnesty International avait alors qualifié ces attaques de possibles violations du droit international humanitaire, demandant l’ouverture d’une enquête pour crimes de guerre.</p>



<p>Le droit international humanitaire interdit strictement les attaques directes contre la population civile et des biens de caractère civil, les frappes aveugles qui n’opèrent pas de distinction entre les personnes et biens civils et les combattants et objectifs militaires, ainsi que les attaques menées de façon disproportionnée. Les frappes aériennes touchant des écoles, des établissements médicaux ou des bâtiments résidentiels, ainsi que les tirs de missiles balistiques et d’autres armes explosives à large rayon d’impact dans des zones densément peuplées, sont source de graves préoccupations car elles peuvent donner lieu à des violations du droit international humanitaire.</p>



<p>Amnesty International suit attentivement la situation et appelle toutes les parties à respecter le droit international humanitaire. Chaque fois que des civil·e·s sont tués ou blessés ou des infrastructures civiles endommagées, les parties doivent ouvrir immédiatement une enquête et demander des comptes à toute personne responsable de violations du droit international.</p>



<p>« L’escalade de la crise au Moyen-Orient constitue une grave menace pour le multilatéralisme et pour l’intégrité de l’ordre juridique international. Non seulement les actes illégaux commis par les parties au conflit, et en particulier par des États influents, mettent en danger les civil·e·s dans de nombreux pays, mais ils accélèrent aussi l’érosion des normes internationales, qui sont indispensables pour la protection des droits humains ainsi que pour la paix et la sécurité mondiales, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Il est impératif que l’ensemble des parties prennent de toute urgence des mesures pour protéger les populations et les infrastructures civiles, notamment les aéroports, les hôpitaux, les immeubles d’habitation, les établissements scolaires et les prisons. Elles doivent aussi garantir l’acheminement en toute sécurité et sans entraves de l’aide humanitaire dans toutes les zones touchées et permettre une surveillance internationale indépendante.</p>



<p>« Nous appelons la communauté internationale à intensifier ses efforts diplomatiques pour empêcher une nouvelle escalade militaire, éviter de nouvelles pertes civiles et faire cesser les crimes de droit international contre des populations qui ont déjà subi des décennies de répression. Conformément au droit international, les États doivent faire preuve de la plus grande modération, s’abstenir de tout comportement susceptible d’alimenter de nouvelles violations, et ne pas oublier qu’ils ont l’obligation claire de ne pas soutenir ou contribuer à des actes illégaux, ainsi que le devoir de coopérer pour faire cesser ces violations. »</p>
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		<title>Liban. Les victimes de crimes de guerre doivent obtenir justice, vérité et réparations</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/liban-les-victimes-de-crimes-de-guerre-doivent-obtenir-justice-verite-et-reparations/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 08:55:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Liban. Les victimes de crimes de guerre doivent obtenir justice, vérité et réparations Lettre ouverte au ministre de la Justice et au vice-Premier ministre du Liban Le gouvernement libanais doit prendre des mesures immédiates et concrètes afin de garantir l’accès à la justice, à la vérité et à des réparations pour les milliers de civil·e·s [&#8230;]</p>
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<h3 class="wp-block-heading">Liban. Les victimes de crimes de guerre doivent obtenir justice, vérité et réparations</h3>



<h5 class="wp-block-heading"><em>Lettre ouverte au ministre de la Justice et au vice-Premier ministre du Liban</em></h5>



<p>Le gouvernement libanais doit prendre des mesures immédiates et concrètes afin de garantir l’accès à la justice, à la vérité et à des réparations pour les milliers de civil·e·s victimes d’atteintes aux droits humains commises dans le cadre du conflit armé avec Israël, ont déclaré le 25 février 2026 cinq organisations libanaises et internationales de défense des droits humains dans une lettre adressée au ministre de la Justice et au vice-Premier ministre du Liban, qui préside le Comité national pour le droit international humanitaire.</p>



<p>Ces cinq organisations sont Amnesty International, Human Rights Watch, Legal Agenda, le Syndicat des journalistes du Liban et Reporters sans frontières.</p>



<p>Un an après la date limite fixée pour le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban, les attaques israéliennes qui se poursuivent et la destruction massive des infrastructures empêchent des dizaines de milliers de personnes de rentrer chez elles ou de reconstruire leur vie. Depuis l&rsquo;entrée en vigueur de l&rsquo;accord de cessez-le-feu, Israël a mené des attaques quasi quotidiennes au Liban, tuant plus de 380 personnes, dont au moins 127 civil·e·s. L&rsquo;armée israélienne reste présente dans certaines zones du territoire libanais et poursuit la destruction massive des infrastructures civiles le long de la frontière, laissant des villages entiers aux prises avec le néant et la perte.</p>



<p>Le gouvernement libanais fait fi d’un ensemble concret de mesures judiciaires qu&rsquo;il aurait pu prendre au cours de l&rsquo;année écoulée, à savoir diligenter des enquêtes nationales et accepter la compétence de la Cour pénale internationale (CPI) sur les crimes internationaux commis au Liban. Il doit désormais agir de toute urgence.</p>



<p>Israël doit permettre le retour en toute sécurité des Libanais·e·s qui ont dû fuir leurs villages et accorder des réparations complètes, effectives et adéquates pour toutes les graves violations du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits humains imputables à son armée. Pour des milliers de familles, « l&rsquo;après-cessez-le-feu » n&rsquo;est pas synonyme de sécurité ni de stabilité, mais de déplacement prolongé, de moyens de subsistance dévastés et d&rsquo;angoisse liée à l&rsquo;incertitude, sans aucune perspective d’obligation de rendre des comptes ni d’octroi de réparations.</p>



<p>Les organisations engagent le gouvernement libanais à explorer tous les recours légaux disponibles, tant au niveau national qu&rsquo;international, en vue de garantir que les crimes relevant du droit international donnent lieu à des enquêtes et des poursuites. Il pourrait dès à présent prendre une mesure cruciale et déposer une déclaration auprès de la CPI reconnaissant sa compétence en vertu de l&rsquo;article 12(3) du traité de la Cour, le Statut de Rome, afin d’enquêter et d’engager des poursuites pour les crimes relevant du droit international commis sur le territoire libanais depuis au moins le 7 octobre 2023. Il doit aussi envisager de ratifier le Statut de Rome.</p>



<p>Le gouvernement doit soutenir la mise en place d&rsquo;enquêtes judiciaires nationales rapides, approfondies, indépendantes et impartiales sur les crimes de guerre commis sur le territoire libanais, ont déclaré les organisations. Cela implique de doter les enquêteurs judiciaires des pouvoirs, de la protection et des ressources nécessaires pour mener à bien leur travail de manière efficace et impartiale. Afin de fournir un cadre législatif à ces initiatives, il doit présenter d&rsquo;urgence au Parlement une loi érigeant en infractions les crimes de guerre et les actes constituant des crimes de droit international.</p>



<p>Le gouvernement libanais doit mettre en place un registre afin de consigner tous les homicides, blessures et autres dommages causés aux civils, et inviter le le rapporteur spécial des Nations unies sur la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition à se rendre au Liban, afin qu’il préconise des mesures permettant de défendre les droits des victimes et engage Israël, le Hezbollah et le gouvernement à les appliquer.</p>



<p>Le gouvernement libanais a l&rsquo;occasion de prendre des mesures historiques pour mettre un terme à l&rsquo;impunité bien ancrée qui a caractérisé les précédents conflits armés dans le pays. Ce qui lui offre la possibilité de commencer à jeter les bases permettant aux victimes et aux communautés touchées d’exercer pleinement leurs droits à la justice, à la vérité et à des réparations, et de reconstruire leur vie.</p>



<p>Les autres pays, en particulier les États-Unis, doivent suspendre immédiatement tous les transferts d&rsquo;armes et toute autre forme d&rsquo;aide militaire à Israël, en raison du risque élevé que ces armes soient utilisées pour commettre ou faciliter de graves violations du droit international.</p>



<p>Les forces israéliennes sont coutumières de la pratique qui consiste à commettre des violations graves du droit international humanitaire au Liban et ailleurs ; les pays tiers doivent donc redoubler d’efforts pour garantir l’obligation de rendre des comptes, notamment en exerçant leur compétence universelle ou d&rsquo;autres formes de compétence extraterritoriale afin d&rsquo;enquêter sur les violations constituant de graves crimes internationaux et, lorsque des preuves suffisantes existent, d&rsquo;engager des poursuites. Le gouvernement libanais se doit de coopérer pleinement à ces efforts.</p>


<section id="section-75fe41e3" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack" style=""><div class="container">

<h4 class="wp-block-heading">Contexte</h4>



<p>L&rsquo;accord de cessez-le-feu conclu entre le Liban et Israël est entré en vigueur en novembre 2024 et prévoyait le retrait de l&rsquo;armée israélienne du sud du Liban dans un délai de 60 jours. Cependant, le 18 février 2025, Israël a annoncé qu&rsquo;il maintiendrait une présence militaire et contrôlerait temporairement cinq « points stratégiques » dans le sud du Liban.</p>



<p>Le 27 février, le ministre de la Défense a indiqué que les forces israéliennes resteraient « indéfiniment » dans la zone tampon à la frontière libanaise. En août, le Premier ministre israélien a conditionné la « réduction progressive » des troupes au désarmement du Hezbollah.</p>



<p>Des organisations libanaises et internationales de défense des droits humains ont déjà fait état des conséquences dévastatrices des hostilités entre Israël et le Hezbollah sur la population civile, notamment l&rsquo;utilisation par l&rsquo;armée israélienne de phosphore blanc, les explosions de masse simultanées et aveugles par l’intermédiaire d’appareils électroniques, ainsi que les attaques contre des journalistes, des établissements de santé, des ambulances et des secouristes.</p>



<p>D&rsquo;autres informations ont fait état de frappes aériennes illégales contre des civil·e·s et des biens à caractère civil, de la destruction massive et continue de villages frontaliers au Liban, même après le cessez-le-feu, ainsi que de salves répétées de roquettes non guidées tirées par le Hezbollah sur des zones civiles densément peuplées en Israël.</p>

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		<title>Liban. L’effondrement meurtrier d’un immeuble à Tripoli appelle des mesures concrètes du gouvernement en termes de prévention et d&#8217;indemnisation</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/liban-leffondrement-meurtrier-dun-immeuble-a-tripoli-appelle-des-mesures-concretes-du-gouvernement-en-termes-de-prevention-et-dindemnisation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Feb 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après l&#8217;effondrement d&#8217;un immeuble résidentiel à Bab al Tabbaneh, à Tripoli, le 8 février, qui a fait 14 morts et huit blessés, le gouvernement doit prendre des mesures afin d’indemniser ceux qui ont perdu leur logement et de protéger ceux qui vivent encore dans des bâtiments dangereux, a déclaré Amnesty International le 10 février 2026. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Après l&rsquo;effondrement d&rsquo;un immeuble résidentiel à Bab al Tabbaneh, à Tripoli, le 8 février, qui a fait 14 morts et huit blessés, le gouvernement doit prendre des mesures afin d’indemniser ceux qui ont perdu leur logement et de protéger ceux qui vivent encore dans des bâtiments dangereux, a déclaré Amnesty International le 10 février 2026. Cet immeuble est le dernier d&rsquo;une série d&rsquo;au moins quatre bâtiments qui se sont effondrés au cours des cinq premières semaines de l&rsquo;année 2026.</p>



<p>« Cet effondrement mortel d&rsquo;un immeuble à Tripoli est une tragédie qui aurait pu être évitée et qui résulte directement d&rsquo;années de mauvaise gestion de la part de l&rsquo;État, de la corruption endémique et de l&rsquo;absence de protection sociale efficace, lors même qu’une crise économique dévastatrice a accentué la pauvreté dans le pays, a déclaré Sahar Mandour, chercheuse sur le Liban à Amnesty International.</p>



<p>« Le gouvernement doit passer à l’action et mettre en œuvre ses promesses, à savoir protéger la vie et les droits au logement de ceux qui vivent dans des bâtiments dangereux : il doit notamment garantir le versement en temps voulu des allocations logement, rénover les logements endommagés et reloger ceux qui n’arrivent pas trouver un abri sûr, en lançant un processus de consultation les impliquant. Il doit instaurer et étendre ces mesures afin qu&rsquo;aucune autre vie ne soit mise en péril. »</p>



<p>À la suite de l&rsquo;effondrement du 8 février, le conseil municipal de Tripoli a présenté sa démission au ministre de l&rsquo;Intérieur. Le président du conseil, Abdel Hamid Karimeh, a déclaré la ville « zone sinistrée », invoquant une négligence chronique, la détérioration des infrastructures et l&rsquo;incapacité de la municipalité à gérer la crise.</p>



<p>Face aux récents effondrements de bâtiments à Tripoli, les autorités ont réagi rapidement et promis des enquêtes nationales, le versement d&rsquo;allocations logement et des solutions de relogement.</p>



<p>À l’issue d’une réunion d&rsquo;urgence le 9 février, le gouvernement a annoncé des mesures pour faire face à la crise des effondrements d’immeubles à Tripoli, notamment l&rsquo;évacuation de 114 bâtiments dangereux dans un délai d&rsquo;un mois et la prise en charge des frais de logement temporaire. Il a déclaré que des abris d&rsquo;urgence étaient prêts, que d&rsquo;autres seraient ouverts si nécessaire, et que le ministère des Affaires sociales inscrirait les familles touchées au programme d&rsquo;aide sociale Aman. Il s&rsquo;est également engagé à ce que le ministère de la Santé publique réponde aux besoins médicaux et à ce que la Haute Commission de secours renforce les structures pouvant être réhabilitées, démolisse celles qui présentent un risque imminent et collabore avec les organismes d&rsquo;ingénierie en vue de réaliser un inventaire des bâtiments et des infrastructures essentielles.</p>



<p>Toutefois, un an après les tremblements de terre qui ont frappé la Turquie, la Syrie et le nord du Liban en février 2023, des familles habitant des immeubles à haut risque ont déclaré à Amnesty International que les plans d&rsquo;urgence du gouvernement n&rsquo;avaient pas été concrétisés et n&rsquo;étaient guère plus que des paroles en l&rsquo;air. Elles continuent de vivre dans des structures officiellement classées comme présentant un risque d&rsquo;effondrement, car elles n&rsquo;ont pas les moyens de financer des réparations ni de se reloger.</p>



<p>Le gouvernement actuel a promis à plusieurs reprises des réformes et des recours afin de remédier aux violations persistantes des droits socio-économiques. Ses récents engagements s’agissant d’évacuer les bâtiments dangereux, de fournir des logements temporaires et une aide médicale, et de commencer à renforcer les structures à risque sont des mesures importantes en ce sens. Cependant, ses prédécesseurs avaient fait les mêmes promesses, sans les traduire en actions concrètes. Des années de programmes non réalisés, le manque chronique d&rsquo;investissements dans la sécurité publique et l&rsquo;absence de stratégie nationale pour les bâtiments risquant de s’effondrer exposent les habitant·e·s aux mêmes risques structurels et à des violations de leurs droits.</p>



<p>Le Liban est tenu, en vertu du droit international relatif aux droits humains, notamment de l&rsquo;article 11 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), de garantir l&rsquo;accès à un logement sûr, sécurisé et convenable, et de prendre des mesures efficaces afin de parer aux menaces prévisibles qui pèsent sur la vie et le bien-être des habitant·e·s. Dans un rapport publié en 2024, Amnesty International démontrait que les manquements des autorités libanaises ont contraint les Tripolitain·e·s à continuer de vivre dans des logements dangereux, risquant de s&rsquo;effondrer au lendemain des séismes qui ont frappé la Turquie, la Syrie et le nord du Liban en février 2023.</p>
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		<title>Israël et Territoire palestinien occupé. Une crise sanitaire négligée touche les personnes âgées à Gaza dans le contexte du blocus maintenu par Israël sur l’aide et les médicaments</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/israel-et-territoire-palestinien-occupe-une-crise-sanitaire-negligee-touche-les-personnes-agees-a-gaza-dans-le-contexte-du-blocus-maintenu-par-israel-sur-laide-et-les-medicaments/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une enquête de HelpAge International révèle l’impact sur la santé physique et mentale des personnes âgées Une grave pénurie d’aliments nutritifs, de médicaments et d’hébergements contribue à des conditions de vie inhumaines « Les droits et les besoins des personnes âgées à Gaza ne doivent pas être ignorés » – Erika Guevara-Rosas À Gaza, les [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list"><li><strong>Une enquête de HelpAge International révèle l’impact sur la santé physique et mentale des personnes âgées</strong></li><li><strong>Une grave pénurie d’aliments nutritifs, de médicaments et d’hébergements contribue à des conditions de vie inhumaines</strong></li><li><strong>« Les droits et les besoins des personnes âgées à Gaza ne doivent pas être ignorés » – Erika Guevara-Rosas</strong></li></ul>



<p>À Gaza, les personnes âgées subissent une crise négligée concernant leur santé physique et mentale dans le contexte du blocus maintenu par Israël sur l’aide et les médicaments essentiels et de la récente interdiction de certaines organisations humanitaires, révèlent les recherches de HelpAge International et d’Amnesty International.</p>



<p>Lors d<a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/02/Pushed-Beyond-Their-Limits-The-survival-of-older-people-in-Gaza.pdf">’une enquête</a> sur la santé menée par HelpAge International, des personnes âgées ont déclaré que la pénurie de nourriture les avait amenées à sauter des repas, notamment pour que d’autres membres de leur famille puissent manger, et d’autres ont indiqué devoir rationner leurs médicaments pour de graves problèmes médicaux car elles ne pouvaient pas s’en procurer suffisamment.</p>



<p>Des personnes âgées déplacées ont par ailleurs expliqué à Amnesty International que leurs difficultés d’accès à des aliments nutritifs, à un hébergement adapté et aux soins médicaux en raison du blocus maintenu par les autorités israéliennes avaient de très graves conséquences. Les personnes interrogées par l’organisation avaient été déplacées à de multiples reprises depuis octobre 2023.</p>



<p>« Pendant les conflits armés, les besoins des personnes âgées sont souvent négligés. À Gaza, elles subissent une dégradation sans précédent de leur état de santé physique et mentale directement liée aux conditions de vie qui leur sont délibérément imposées par Israël pour aboutir à la destruction physique de la population palestinienne sur ce territoire, a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice générale de la recherche, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnesty International.</p>



<p>« L’enquête de HelpAge International révèle que les restrictions illégales, cruelles et inhumaines qu’Israël maintient à l’entrée de l’aide vitale ont un impact sur la capacité des personnes âgées à obtenir des soins et des médicaments essentiels pour elles et limitent leur accès à des aliments nutritifs et des hébergements adaptés.</p>



<p>« Les droits et les besoins des personnes âgées à Gaza ne doivent pas être ignorés. Beaucoup continuent d’endurer des conditions de vie dégradantes et une situation humanitaire dramatique à la suite de la destruction de leurs logements et des déplacements répétés. Les autorités israéliennes doivent lever leur blocus immédiatement et sans condition pour permettre d’acheminer librement des produits essentiels, y compris des médicaments et des matériaux pour construire des abris.</p>



<p>Durant les mois d’hiver, les Palestinien·ne·s de Gaza – qui vivent pour la plupart dans des tentes délabrées ou des abris de fortune – ont également subi des débordements d’eaux usées et d’eaux de pluie tout en étant exposés à des vents violents. Israël a en outre suspendu les autorisations de 37 ONG présentes à Gaza et en Cisjordanie à partir du 1er janvier, en leur ordonnant de cesser leurs activités sous 60 jours.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Conclusions de l’enquête de HelpAge International</h3>



<p>HelpAge International a interrogé 416 personnes âgées à Gaza et publié ses conclusions le 5 février dans un nouveau rapport intitulé<em><span style="text-decoration: underline"><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/02/Pushed-Beyond-Their-Limits-The-survival-of-older-people-in-Gaza.pdf"> Pushed Beyond Their Limits: The survival of older people in Gaza</a></span></em>. Dans un contexte de grave privation alimentaire et d’effondrement des services essentiels, les personnes âgées sont confrontées à des risques spécifiques et souvent négligés. Leurs besoins demeurent majoritairement invisibles. Parmi les principales conclusions du rapport figurent les suivantes :</p>



<ul class="wp-block-list"><li><strong>Les personnes âgées vivent dans des conditions extrêmes de privation de logement :</strong></li></ul>



<p>76 % de celles interrogées vivaient dans des tentes, qui étaient souvent gravement surpeuplées, et 84 % ont déclaré que leurs conditions de vie actuelles nuisaient à leur santé et à leur intimité.</p>



<ul class="wp-block-list"><li><strong>Les déplacements sont incessants et déstabilisants :</strong></li></ul>



<p>79 % ont été déplacées plus de trois fois depuis octobre 2023, ce qui a perturbé le soutien apporté par leur famille et augmenté leur isolement.</p>



<ul class="wp-block-list"><li><strong>Les problèmes de santé sont courants et majoritairement non pris en charge :</strong></li></ul>



<p>Malgré la prévalence élevée des douleurs et maladies chroniques, l’accès aux médicaments était extrêmement limité ; 42 % des personnes interrogées parvenaient à s’en procurer « parfois » et 18 % « rarement », tandis que 68 % avaient réduit ou arrêté leur traitement en raison du manque de stock. L’accès aux soins en général restait à un niveau très bas ; seulement 17 % des personnes ont fait état d’une pleine disponibilité des soins médicaux, et la prise en charge des maladies chroniques était le service qui manquait le plus souvent (dans 31 % des cas).</p>



<ul class="wp-block-list"><li><strong>L’insécurité alimentaire est élevée et peut mettre leur vie en danger :</strong></li></ul>



<p>La moitié des personnes interrogées ont déclaré que l’accès à l’aide était plus facile depuis le cessez-le-feu, mais encore 11 % n’avaient pas mangé au cours des dernières 24 heures et 48 % avaient réduit leur ration pour que d’autres personnes puissent manger.</p>



<ul class="wp-block-list"><li><strong>La santé mentale est mise à rude épreuve et a des effets directs sur l’alimentation :</strong></li></ul>



<p>77 % des personnes ont déclaré que la tristesse, l’anxiété, la solitude ou les insomnies avaient diminué leur appétit et nui à leur bien-être.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« La vie est devenue encore plus difficile. »</h3>



<p>Ces conclusions ont été corroborées par les recherches d’Amnesty International, qui s’est entretenue avec 12 personnes âgées originaires de plusieurs régions de la bande de Gaza occupée vivant toujours dans des tentes au sein de camps pour personnes déplacées à proximité de la ville de Zawaida, où les conditions de vie sont extrêmement dures. Dans la plupart des cas, un membre de leur famille a facilité la communication avec la personne âgée, beaucoup d’entre elles ayant un handicap ou nécessitant une aide pour utiliser un smartphone.</p>



<p>Les personnes interrogées ont déclaré avoir été contraintes d’arrêter ou de rationner leurs médicaments pour des maladies chroniques, car soit ils étaient devenus indisponibles, soit leur prix avait triplé voire quadruplé. D’après l’Organisation mondiale de la santé, au mois d’octobre 2025, moins de 14 des 36 hôpitaux de Gaza fonctionnaient partiellement et moins d’un tiers des services de rééducation étaient ouverts, ce qui limitait fortement l’accès aux soins des personnes âgées.</p>



<p>Certaines personnes âgées avaient perdu beaucoup de poids et la plupart étaient dépendantes des cantines communautaires, qui ne fournissaient pas toujours des aliments adaptés à leurs besoins nutritionnels. Le terrain des camps pour personnes déplacées, souvent irrégulier et sablonneux, empêchait les personnes utilisant des fauteuils roulants ou des déambulateurs de se déplacer librement, ce qui les rendait totalement dépendantes de leurs proches.</p>



<p>Mohammed Bili, 61 ans, a été déplacé sept fois depuis octobre 2023. Il a besoin d’une dialyse trois fois par semaine. Cependant, la structure où il se rendait auparavant a été détruite et il ne reçoit plus que deux dialyses par semaine, qui durent moins longtemps. Il peine à circuler en fauteuil roulant dans le camp et a perdu près de 20 kilos.</p>



<p>Il a déclaré à Amnesty International : « Je souffre de raideur extrême dans les bras et de faiblesse musculaire en raison du fait que je ne peux pas accéder à la dialyse aussi fréquemment qu’il le faudrait. »</p>



<p>Samira Al Shawa, 88 ans, utilisait un déambulateur pour se déplacer de manière autonome. Elle vit aujourd’hui dans un camp pour personnes déplacées, où elle ne peut plus marcher du tout sur le terrain sablonneux. Elle passe la plupart du temps allongée sur un lit improvisé dans sa tente. Des cantines communautaires fournissent de la nourriture à sa famille, mais celle-ci est insuffisante et ne couvre pas ses besoins nutritionnels. Elle a perdu une vingtaine de kilos depuis octobre 2023.</p>



<p>Sadiqa Al Barrawi, environ 90 ans, a été déplacée trois fois depuis octobre 2023. Elle vit actuellement dans une tente au sein du camp pour personnes déplacées d’Al Salam avec son fils, sa belle-fille et leurs quatre enfants. En allant aux toilettes une nuit de janvier 2025, elle est tombée et s’est blessée. À présent, elle ne peut plus se tenir debout ni marcher. Elle a déclaré à Amnesty International : « La vie est devenue encore plus difficile depuis. »</p>



<p>Sadiqa souffre de diabète et d’hypertension. Elle a perdu environ 25 kilos et dépend des cantines communautaires pour se nourrir. Elle a ajouté : « Nous sommes des paysans. Dans notre village, nous avions des terres et les meilleurs aliments frais – et maintenant nous n’avons plus rien. »</p>



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</div>


<section id="section-bf693192" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack section--small" style=""><div class="container">

<h3 class="wp-block-heading">Complément d’information</h3>



<p>Les personnes de plus de 60 ans représentent environ 5 % de la population de Gaza. Selon le ministère palestinien de la Santé, début décembre 2025, 4 813 personnes âgées avaient été tuées à Gaza depuis octobre 2023, mais ce chiffre ne comprend pas les décès indirects, par exemple liés à la destruction d’infrastructures médicales. D’après un rapport de l’UNWRA, de nombreuses personnes âgées ont perdu le contact avec les personnes qui s’occupaient d’elles en raison des hostilités ou lors des déplacements. Amnesty International a constaté que les personnes âgées sont exposées à des risques accrus dans les situations de conflit armé et que leurs besoins humanitaires sont systématiquement ignorés.</p>



<p>En décembre 2024, Amnesty International a conclu qu’Israël était en train de commettre un génocide à Gaza, après avoir établi que cet État avait perpétré des actes interdits par la Convention sur le génocide avec l’intention spécifique de détruire la population palestinienne de Gaza, en perpétrant des homicides et des atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale ainsi qu’en soumettant délibérément cette population à des conditions de vie destinées à entraîner sa destruction physique.</p>



<p>Malgré une réduction de l’ampleur des attaques depuis l’accord de cessez-le-feu d’octobre 2025, on ne constate aucun changement significatif dans les conditions infligées par Israël aux Palestinien·ne·s à Gaza et rien n’indique que l’intention israélienne de commettre un génocide ait changé.</p>

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		<title>Un an après le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, des pratiques autoritaires érodent les droits humains</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/un-an-apres-le-retour-de-donald-trump-a-la-presidence-des-etats-unis-des-pratiques-autoritaires-erodent-les-droits-humains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jan 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l’occasion du premier anniversaire du retour du président Trump à la tête des États-Unis, Amnesty International a sonné l’alarme face aux pratiques de plus en plus autoritaires employées dans le pays et à l’érosion dévastatrice des droits humains. Dans un nouveau rapport rendu public mardi 20 janvier, intitulé  Ringing the Alarm Bells: Rising Authoritarian [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>À l’occasion du premier anniversaire du retour du président Trump à la tête des États-Unis, Amnesty International a sonné l’alarme face aux pratiques de plus en plus autoritaires employées dans le pays et à l’érosion dévastatrice des droits humains.</p>



<p>Dans un nouveau rapport rendu public mardi 20 janvier, intitulé  <em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/01/Ringing-the-Alarm-Bells.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ringing the Alarm Bells: Rising Authoritarian Practices and Erosion of Human Rights in the United States</a></em>, Amnesty International indique que l’explosion des pratiques autoritaires sous l’administration Trump, notamment la fermeture de l’espace civique et les atteintes à l’état de droit, fragilise les droits humains aux États-Unis et au-delà.</p>



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</div>



<p>« Nous sommes tous témoins d’une dangereuse trajectoire ayant déjà mené à une urgence en matière de droits humains sous la présidence Trump », a déclaré Paul O’Brien, directeur exécutif à Amnesty International États-Unis. « En détruisant les normes et en concentrant les pouvoirs, l’administration essaie d’empêcher qui que ce soit de lui demander des comptes. Il ne fait aucun doute que les pratiques autoritaires de l’administration Trump fragilisent les droits humains et exacerbent les risques auxquels sont exposés les journalistes et les personnes qui s’expriment ou protestent, notamment les manifestant·e·s, les avocat·e·s, les étudiant·e·s et les défenseur·e·s des droits humains. »</p>



<p>Le rapport couvre 12 domaines interconnectés dans lesquels l’administration Trump fissure les pilliers d’une société libre, notamment les attaques contre la liberté de la presse et l’accès à l’information, la liberté d’expression et de réunion pacifique, les organisations de la société civile et les universités, les opposant·e·s politiques et les voix critiques, les juges, les avocat·e·s et le système judiciaire, ainsi que le droit à une procédure régulière. Le rapport recense aussi des attaques contre les droits des personnes réfugiées et migrantes, la désignation de certaines populations comme boucs émissaires et le recul de garanties de non-discrimination, le recours à l’armée sur le territoire national, le démantèlement de mesures de responsabilisation des entreprises et de lutte contre la corruption, et des tentatives d’affaiblissement de systèmes internationaux conçus pour protéger les droits humains.</p>



<p>Comme cela est expliqué dans le rapport, ces tactiques autoritaires se renforcent mutuellement : des étudiant·e·s sont arrêtés et maintenus en détention pour avoir manifesté sur des campus, des agglomérations entières sont envahies et terrorisées par des agents masqués du Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE), et la militarisation dans certaines villes à travers les États-Unis se banalise. Parallèlement, des manœuvres d’intimidation visant la presse compromettent sa capacité à dénoncer violations des droits humains et abus ; les représailles contre les manifestations dissuadent le public de s’exprimer ; l’amplification de la surveillance et de la militarisation alourdit le coût de l’opposition ; et les attaques visant les tribunaux, les avocat·e·s et les organes de suivi rendent l’établissement des responsabilités plus difficile. Ces tactiques portent clairement atteinte aux droits humains, notamment à la liberté d’expression et de réunion pacifique, à la liberté de la presse, à l’accès à l&rsquo;information, à l’égalité et la non-discrimination, au respect des garanties procédurales, à la liberté économique, au droit de ne pas être placé en détention arbitraire, au droit de demander l’asile, au droit à un procès équitable, et même au droit à la vie.</p>



<p>Amnesty International constate de longue date l’emploi systématique de pratiques similaires dans des pays du monde entier. Si les contextes diffèrent, ces gouvernements consolident les pouvoirs, contrôlent l’information, discréditent les voix critiques, sanctionnent l’opposition, réduisent l’espace civique, et affaiblissent des mécanismes censés garantir l’obligation de rendre des comptes.</p>



<p>« Les attaques contre l’espace civique et la primauté du droit, ainsi que l’érosion des droits humains aux États-Unis, reflètent des schémas observés et dénoncés ailleurs dans le monde depuis des décennies par Amnesty International », a déclaré Paul O’Brien. « Il est important de signaler que notre expérience montre que lorsqu’il devient manifeste que les pratiques autoritaires sont pleinement établies, les institutions censées limiter les abus de pouvoir ont déjà été fortement compromises. »</p>



<p>Dans le rapport, Amnesty International présente une liste exhaustive de recommandations – adressée à la branche exécutive des États-Unis, au Congrès, aux gouvernements des États et aux collectivités locales, ainsi qu’aux organes chargés de l’application des lois, à des acteurs internationaux et à d’autres gouvernements, à des entreprises, notamment du secteur des technologies, et au public &#8211; dans le but d’inverser cette tendance à l’acceptation des pratiques autoritaires et de prévenir la normalisation de la répression accrue et des violations des droits humains. L’organisation demande l’adoption en urgence de mesures visant à protéger l’espace civique, à rétablir des garanties relatives à l’état de droit, à renforcer l’obligation de rendre des comptes et à garantir que les violations des droits humains ne soient ni ignorées, ni considérées comme inévitables.</p>



<p>« Nous pouvons, et nous devons, nous forger un chemin différent », a déclaré Paul O’Brien. « Les pratiques autoritaires ne peuvent prendre racine que si on les laisse se banaliser. Nous ne pouvons laisser cela se produire aux États-Unis. Ensemble, nous avons tous et toutes la possibilité et le devoir de nous montrer à la hauteur de ce moment difficile de notre histoire et de protéger les droits humains. »</p>



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		<title>États-Unis. Un nouveau rapport dévoile les violations des droits humains commises dans les centres de détention d’« Alligator Alcatraz » et de Krome en Floride</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/etats-unis-un-nouveau-rapport-devoile-les-violations-des-droits-humains-commises-dans-les-centres-de-detention-d-alligator-alcatraz-et-de-krome-en-floride/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Dec 2025 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Amnesty International publie le 4 décembre 2025 un nouveau rapport recensant les traitements cruels, inhumains et dégradants commis dans deux centres de détention des services de l’immigration en Floride : le centre de détention des Everglades (également connu sous le nom d’« Alligator Alcatraz ») et le centre de traitement des services de Krome Nord [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/etats-unis-un-nouveau-rapport-devoile-les-violations-des-droits-humains-commises-dans-les-centres-de-detention-d-alligator-alcatraz-et-de-krome-en-floride/">États-Unis. Un nouveau rapport dévoile les violations des droits humains commises dans les centres de détention d’« Alligator Alcatraz » et de Krome en Floride</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Amnesty International publie le 4 décembre 2025 un nouveau rapport recensant les traitements cruels, inhumains et dégradants commis dans deux centres de détention des services de l’immigration en Floride : le centre de détention des Everglades (également connu sous le nom d’« Alligator Alcatraz ») et le centre de traitement des services de Krome Nord (appelé Krome).</p>



<p>Ce rapport intitulé <span style="text-decoration: underline"><em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/12/AMR5105112025ENGLISH.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Torture and enforced disappearances in the Sunshine State: Human rights violations at “Alligator Alcatraz” and Krome in Florida,</a></em></span> révèle que des violations des droits humains s’apparentant dans certains cas à de la torture sont perpétrées dans les centres de Krome et d’« Alligator Alcatraz », dans un climat de plus en plus hostile à l’égard des immigrant·e·s en Floride sous la houlette du gouverneur Ron DeSantis, dont l’administration intensifie la criminalisation et la détention massive de personnes migrantes et en quête de sécurité. Ces conclusions ont été recueillies au cours d’une mission de recherche menée en septembre 2025.</p>



<p>« Ces conclusions confirment l&rsquo;existence d&rsquo;un système sciemment instauré pour sanctionner, déshumaniser et cacher les souffrances des personnes placées en détention, a déclaré Ana Piquer, directrice régionale pour les Amériques à Amnesty International. Les services chargés de l&rsquo;application des lois relatives à l&rsquo;immigration ne peuvent pas agir en dehors du cadre légal ni se soustraire aux normes relatives aux droits humains. Ce que nous observons en Floride devrait alerter toute la région. »</p>



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<div class="wp-block-button is-style-dark"><a class="wp-block-button__link" href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/12/AMR5105112025ENGLISH.pdf">lire le rapport (en)</a></div>
</div>



<h3 class="wp-block-heading">« Alligator Alcatraz » : une catastrophe sur le terrain des droits humains cautionnée par l’État de Floride</h3>



<p>Les recherches ont conclu que les personnes détenues arbitrairement au centre d’« Alligator Alcatraz » vivent dans des conditions inhumaines et insalubres : toilettes qui débordent avec des excréments s&rsquo;infiltrant là où les gens dorment, accès limité aux douches, exposition aux insectes sans dispositifs de protection, éclairage allumé 24 heures sur 24, nourriture et eau de mauvaise qualité, et manque d&rsquo;intimité, notamment du fait de la présence de caméras au-dessus des toilettes.</p>



<p>Selon les personnes interrogées, l&rsquo;accès aux soins médicaux est irrégulier, insuffisant, voire inexistant, ce qui les expose à un grave risque de préjudice physique et psychologique. En outre, elles sont toujours menottées lorsqu&rsquo;elles se trouvent à l&rsquo;extérieur de leur cage. Les autres traitements qui sont infligés aux détenus s&rsquo;apparentent à de la torture, notamment le fait d&rsquo;être placés dans la « boîte », une structure en forme de cage de 60 cm par 60 cm dans laquelle ils sont enfermés à titre de punition, parfois pendant des heures d’affilée, exposés aux intempéries et quasiment sans eau, les mains et les pieds attachés à des entraves au sol.</p>



<p>« Alligator Alcatraz » fonctionne en dehors de tout contrôle fédéral et les systèmes élémentaires de suivi mis en œuvre dans les établissements du Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) ne s’appliquent pas. L&rsquo;absence de mécanismes d&rsquo;enregistrement ou de suivi des personnes qui y sont détenues favorise la détention au secret et constitue une disparition forcée lorsque les familles se voient refuser toute possibilité de connaître le lieu de détention et de contacter leur avocat.</p>



<p>« Ces conditions épouvantables et insalubres à Alligator Alcatraz illustrent une pratique de négligence délibérée visant à déshumaniser et sanctionner les personnes qui y sont détenues, a déclaré Amy Fischer, directrice du programme Droits des personnes réfugiées et migrantes à Amnesty International États-Unis. Cette absence totale de contrôle, c&rsquo;est irréel. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Centre de détention de Krome : surpeuplé, chaotique et dangereux</h3>



<p>Au centre de détention de Krome de l’ICE, géré par une société privée à but lucratif, les recherches ont montré que malgré la présence d&rsquo;installations médicales sur place, les détenus ont rapporté de graves négligences médicales, notamment l&rsquo;absence de traitements et d&rsquo;examens. Les personnes détenues à Krome ont confirmé les précédentes informations faisant état de violations des droits humains. Notamment des cas de surpopulation et d&rsquo;isolement cellulaire prolongé et arbitraire, l&rsquo;absence de soins médicaux adéquats, des toilettes qui débordent, l&rsquo;impossibilité d&rsquo;accéder aux douches, l&rsquo;éclairage permanent et la climatisation défectueuse.</p>



<p>Les personnes détenues ont raconté avoir été victimes de violences et de mauvais traitements de la part des gardiens. Des membres du personnel d&rsquo;Amnesty International ont vu un gardien claquer violemment sur la main blessée d&rsquo;un homme le volet métallique de la porte d’une cellule d&rsquo;isolement. D&rsquo;autres détenus ont déclaré avoir été frappés et roués de coups de poing par des gardiens, ajoutant qu’il leur est difficile d’avoir accès à un avocat et qu’ils ignorent combien de temps va durer leur détention et ce qui va leur arriver.</p>



<p>« La surpopulation extrême, la négligence médicale et les rapports faisant état de traitements humiliants et dégradants à Krome brossent un tableau inquiétant marqué par les atteintes aux droits humains », a déclaré Amy Fischer.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Toutes les personnes enfermées dans un centre de détention souffrent » : application des lois relatives à l’immigration et détention en Floride</h3>



<p>En février 2025, la Floride a adopté des lois extrêmes et discriminatoires en matière d&rsquo;immigration qui mettent gravement en péril les communautés immigrées. L&rsquo;extension des accords 287(g), qui habilitent les forces de l&rsquo;ordre locales à agir en tant qu&rsquo;agents de l&rsquo;immigration et à détenir des personnes pour des motifs liés à leur statut migratoire, a conduit à des arrestations injustifiées, à un profilage ethnique et à une peur généralisée qui empêche des familles de se rendre dans les écoles, les hôpitaux et d&rsquo;autres services essentiels.</p>



<p>La Floride est devenue un terrain d&rsquo;essai pour une politique abusive en matière d&rsquo;application des lois relatives à l&rsquo;immigration, étroitement alignées sur le programme raciste et hostile aux immigrés du gouvernement de Donald Trump. Sous la houlette du gouverneur Ron DeSantis, l&rsquo;État a renforcé la criminalisation de l’immigration et s&rsquo;est appuyé sur des pouvoirs d&rsquo;exception étendus pour intensifier les détentions massives. Depuis janvier 2025, la Floride a augmenté de plus de 50 % le nombre de personnes détenues pour des motifs liés à l&rsquo;immigration. Rien qu&rsquo;entre juin et août 2025, l&rsquo;État a attribué 34 contrats sans appel d&rsquo;offres pour un montant total de plus de 310 millions d’euros à « Alligator Alcatraz », dont les coûts de fonctionnement annuels sont estimés à 390 millions d’euros, tout en réduisant de plusieurs milliards d’euros les fonds destinés à des programmes essentiels en matière de soins de santé, de sécurité alimentaire, d&rsquo;aide en cas de catastrophe et de logement.</p>



<p>« Le choix de privilégier la sanction, la déshumanisation et la cruauté au détriment de la protection sociale est aussi irréfléchi que consternant », a déclaré Amy Fischer.</p>



<p>La détention liée à l&rsquo;immigration aux États-Unis présente depuis longtemps un bilan marqué par des violations. Le président Donald Trump a augmenté son utilisation de près de 70 % depuis le début de son second mandat, tandis que les conditions de détention se dégradent fortement. Sur les 24 décès au moins survenus sous la garde de l&rsquo;ICE depuis octobre 2024, six ont eu lieu dans des établissements de Floride, dont quatre à Krome.</p>



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<div class="wp-block-button is-style-dark"><a class="wp-block-button__link" href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/12/AMR5105112025ENGLISH.pdf">lire le rapport (en)</a></div>
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<section id="section-8e2b362f" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack section--small" style=""><div class="container">

<h3 class="wp-block-heading">Recommandations</h3>



<p>Amnesty International appelle le gouvernement de Floride et le gouvernement fédéral à lutter contre les violations systémiques des droits humains dans les centres de détention des services de l’immigration. Elle engage les autorités de Floride à fermer Alligator Alcatraz et à interdire l’usage des centres de détention pour migrants gérés par l&rsquo;État. L&rsquo;État doit mettre fin au recours abusif à des pouvoirs d&rsquo;exception, suspendre tous les marchés publics sans appel d&rsquo;offres et réorienter les fonds destinés à la détention vers des programmes essentiels en matière de soins de santé, de logement et d&rsquo;aide en cas de catastrophe. Autres recommandations, il faut interdire les entraves, l&rsquo;isolement cellulaire et l’enfermement punitif à l&rsquo;extérieur ; garantir un accès confidentiel à un avocat et à des services d&rsquo;interprétation ; mener des enquêtes transparentes et indépendantes sur les actes de torture et la négligence médicale ; et mettre en œuvre un contrôle indépendant et efficace de tous les centres de détention.</p>



<p>Au niveau fédéral, le gouvernement américain doit mettre fin à son système cruel de détention massive des immigrants, cesser de criminaliser l’immigration et interdire l&rsquo;usage d’établissements publics à des fins de détention par les services fédéraux de l’immigration. Le gouvernement fédéral doit garantir des enquêtes approfondies sur tous les décès, les allégations de torture en détention et autres violations, et se conformer aux normes internationales en matière de droits humains. En outre, il doit procéder à un examen complet des contrats conclus par l&rsquo;ICE avec des acteurs étatiques et privés afin de garantir le respect des droits humains, de rétablir les protections pour les « lieux sensibles » &#8211; écoles, hôpitaux et églises notamment &#8211; et d’augmenter les fonds fédéraux destinés à financer les services de représentation juridique universelle et d&rsquo;interprétation dans les procédures d&rsquo;immigration.</p>



<p>« Les conditions constatées dans les centres d’Alligator Alcatraz et de Krome ne sont pas des cas isolés ; elles illustrent au contraire un système délibérément cruel destiné à punir ceux qui cherchent à se construire une nouvelle vie aux États-Unis, a déclaré Amy Fischer. Nous devons cesser de placer en détention les membres de notre communauté immigrée et les personnes en quête de sécurité, et œuvrer en faveur de politiques migratoires humaines et respectueuses des droits. »</p>

</div></section><p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/etats-unis-un-nouveau-rapport-devoile-les-violations-des-droits-humains-commises-dans-les-centres-de-detention-d-alligator-alcatraz-et-de-krome-en-floride/">États-Unis. Un nouveau rapport dévoile les violations des droits humains commises dans les centres de détention d’« Alligator Alcatraz » et de Krome en Floride</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L’industrie mondiale de l’habillement tire profit du déni du droit de se syndiquer dans les principaux pays de production</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/lindustrie-mondiale-de-lhabillement-tire-profit-du-deni-du-droit-de-se-syndiquer-dans-les-principaux-pays-de-production/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Nov 2025 03:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualite]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Responsabilité des entreprises]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/lindustrie-mondiale-de-lhabillement-tire-profit-du-deni-du-droit-de-se-syndiquer-dans-les-principaux-pays-de-production/">L’industrie mondiale de l’habillement tire profit du déni du droit de se syndiquer dans les principaux pays de production</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<section class="wp-block-amnesty-core-hero aimc-ignore has-dark-background" style="aiic:ignore;background-image:url('https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/304464-1444x710.jpg')"><div class="container"><div class="hero-contentWrapper"><h1 class="hero-title"><span>L’industrie mondiale de l’habillement <br>tire profit du déni du droit de <br>se syndiquer dans les principaux <br>pays de production</span></h1><p class="hero-content">Deux nouveaux rapports révèlent que de grandes enseignes de la mode prospèrent sur le dos d’une main-d’œuvre sous-payée, majoritairement féminine, réduite au silence par la contrainte.</p></div></div><div class="image-metadata is-image"><span class="image-metadataItem image-copyright" aria-hidden="true">© Allison Joyce/Getty Images</span></div></section>

<section id="section-9e84becd" class="section wp-block-amnesty-core-section section--textBlack" style=""><div class="container">

<p>Des gouvernements, des usines et des marques mondiales de mode tirent profit de la répression constante des ouvrières et ouvriers de la confection et des violations de leurs droits du travail au Bangladesh, en Inde, au Pakistan et au Sri Lanka, écrit Amnesty International dans deux rapports complémentaires publiés le 27 novembre 2025.</p>



<p>Ces deux rapports, intitulés <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/Stitched-Up_FINAL-2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Des patrons inflexibles : les ouvrières et ouvriers de l’industrie de l’habillement privés de liberté syndicale au Bangladesh, en Inde, au Pakistan et au Sri Lanka</em></a> et <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/Abandoned-by-Fashion_FINAL.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Les oublié·e·s de la mode : les marques doivent d’urgence défendre les droits des ouvrières et des ouvriers</em></a>, font état de violations généralisées portant atteinte à la liberté syndicale dans l’industrie de l’habillement, qui se manifestent par des atteintes aux droits des travailleurs·euses et par des actes de harcèlement et de violence de la part des employeurs.</p>



<p>« L’alliance détestable entre des marques de mode, des propriétaires d’usines et les gouvernements du Bangladesh, de l’Inde, du Pakistan et du Sri Lanka soutient une industrie connue pour ses violations endémiques des droits humains. En ne respectant pas le droit des ouvrières et ouvriers de la confection à constituer des syndicats et à négocier collectivement, ce secteur prospère depuis des décennies grâce à l’exploitation d’une main-d’œuvre largement sous-payée, surchargée de travail et essentiellement féminine, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>


<section id="section-71a16bea" class="section wp-block-amnesty-core-section section--textBlack section--has-bg-image" style="background-image:url(https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2023/03/fond-jaune-1920x710.jpg);height:auto;"><div class="container">

<ul style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.087), 15px);" class="wp-block-list">
<li><strong>Lire le rapport « <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/Stitched-Up_FINAL-2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Des patrons inflexibles : les ouvrières et ouvriers de l’industrie de l’habillement privés de liberté syndicale au Bangladesh, en Inde, au Pakistan et au Sri Lanka</em></a> » en anglais.</strong></li>
</ul>



<ul style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.087), 15px);" class="wp-block-list">
<li><strong>Lire le rapport « <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/Abandoned-by-Fashion_FINAL.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Les oublié·e·s de la mode : les marques doivent d’urgence défendre les droits des ouvrières et des ouvriers</em></a> » en anglais </strong></li>
</ul>



<ul style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.087), 15px);" class="wp-block-list">
<li><strong>Lire la synthèse du rapport « <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/ASA_04_8929_2025_FR.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Des patrons inflexibles : les ouvrières et ouvriers de l’industrie de l’habillement privés de liberté syndicale au Bangladesh, en Inde, au Pakistan et au Sri Lanka</em> » en français</a></strong></li>
</ul>



<ul style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.087), 15px);" class="wp-block-list">
<li><strong>Lire la synthèse du rapport <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/ASA_04_8930_2025_FR.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« <em>Les oublié·e·s de la mode : les marques doivent d’urgence défendre les droits des ouvrières et des ouvriers</em> » en français</a></strong></li>
</ul>

</div></section>


<p>« Il s’agit d’une mise en accusation de l’ensemble du modèle économique de l’industrie de l’habillement, qui sacrifie les droits des travailleurs·euses au Bangladesh, en Inde, au Pakistan et au Sri Lanka sur l’autel de sa quête incessante de profits pour les actionnaires d’entreprises de la mode majoritairement occidentales. »</p>



<p>Ces deux rapports s’appuient sur des recherches menées par Amnesty International entre septembre 2023 et août 2024, notamment sur 88 entretiens couvrant 20 usines dans les quatre pays. Parmi eux, 64 travailleurs·euses, 12 dirigeant·e·s syndicaux et défenseurs·euses des droits du travail, dont plus de deux tiers de femmes. En novembre 2023, Amnesty International a également envoyé à 21 grandes marques et détaillants basés dans neuf pays, dont l’Allemagne, le Danemark, le Japon, l’Espagne, la Suède, le Royaume-Uni, les États-Unis et la Chine, un questionnaire leur demandant des informations sur leurs politiques en matière de droits humains, le suivi et les actions concrètes liées à la liberté syndicale, à l’égalité des genres et aux pratiques d’achat. Adidas, ASOS, Fast Retailing, Inditex, le Groupe Otto et Primark ont fourni des réponses complètes ; beaucoup ont renvoyé des informations partielles, notamment M&amp;S et Walmart, tandis que d’autres n’ont pas répondu, dont Boohoo, H&amp;M, Desigual, Next et Gap.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Les managers nous crient dessus en nous disant que si nous rejoignons le syndicat, nous serons aussi renvoyés »</h3>



<p>L’industrie mondiale de l’habillement fait depuis longtemps l’objet d’un examen pour les atteintes aux droits humains signalées dans ses chaînes d’approvisionnement et son modèle commercial. En Asie du Sud, les travailleurs·euses, en particulier les femmes, sont systématiquement privés de leurs droits en raison de contrats informels et précaires, de salaires de misère, de discriminations et de conditions de travail précaires.</p>



<p>Dans les quatre pays étudiés, les ouvrières et ouvriers du textile ont déclaré qu’ils n’adhèrent pas à des syndicats par crainte de répercussions de la part des employeurs. Tou·te·s les syndicalistes interrogés par Amnesty International ont décrit un climat de peur dans lequel les contremaîtres et les directeurs d’usine harcèlent, licencient et menacent fréquemment les ouvrières et ouvriers au motif qu’ils fondent un syndicat ou en font partie, en violation flagrante de leur droit à la liberté d’association.</p>



<p>« Lorsque les travailleurs·euses essaient de faire entendre leurs voix, ils sont ignorés. Lorsqu’ils tentent de s’organiser, ils sont menacés et licenciés. Enfin, lorsqu’ils protestent, ils sont battus, on leur tire dessus et on les arrête », a déclaré Taufiq*, employé d’une ONG qui défend les droits du travail au Bangladesh.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Les violations des droits humains sont quotidiennes, dans quasiment chaque usine »</h3>



<p>Les autorités des quatre pays se servent de nombreux moyens pour dissuader les travailleurs·euses de s’organiser ou les priver de leurs droits du travail par des pratiques antisyndicales, en entravant le droit de grève, comme les obstacles spécifiques à l’organisation syndicale dans les zones économiques spéciales (ZES), et en remplaçant les syndicats indépendants par des organes alliés de la direction.</p>



<p>Au Bangladesh, des restrictions juridiques privent les travailleurs et travailleuses du droit à la liberté syndicale dans les nombreuses zones économiques spéciales (ZES) où la majeure partie des vêtements sont confectionnés. Les ouvrières et ouvriers sont encouragés à constituer des associations ou des comités d’aide sociale, dont les moyens d’organisation et de représentation sont limités. Les autorités répriment avec violence les manifestations des travailleurs de l’habillement et instrumentalisent la loi pour sanctionner celles et ceux qui participent à des manifestations largement pacifiques.</p>



<p>En Inde, un grand nombre d’ouvrières à domicile dans l’industrie de l’habillement, qui travaillent en dehors de l’usine à la broderie ou à la finition des vêtements, ne sont pas reconnues comme employées par le droit du travail du pays et ne peuvent donc pas bénéficier d’une retraite, d’allocations de protection sociale liées à l’emploi ou d’une affiliation à un syndicat.</p>



<p>Au Pakistan, les ouvrières et ouvriers de l’industrie textile luttent au quotidien pour obtenir un salaire minimum et des contrats de travail. Le sous-paiement des salaires en raison de l’absence de contrôles et de contrats en bonne et due forme, est endémique. En outre, la décentralisation de l’administration du droit du travail, ainsi que la répression antisyndicale généralisée imputable au gouvernement, ont conduit à un déni effectif du droit à la liberté syndicale pour les travailleurs et travailleuses des zones économiques spéciales (ZES).</p>



<p>Au Sri Lanka, les ouvrières et ouvriers des zones franches d’exportation (ZFE) se voient privés de leur droit à la liberté syndicale par des mesures administratives trop complexes qui dressent des obstacles souvent insurmontables à la formation d’un syndicat. Ceux qui parviennent à se syndiquer subissent harcèlement et intimidation, et sont souvent licenciés, car les autorités de l’État ne les protègent pas contre les représailles des propriétaires d’usines.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les grandes enseignes mondiales de la mode – un allié précieux des gouvernements répressifs</h3>



<p>Les entreprises de la mode contribuent à la vulnérabilité des ouvrières et ouvriers, car elles n’assument pas leurs responsabilités en matière de droits humains, transformant la diligence requise et les codes de conduite en QCM. Elles permettent le développement de chaînes d’approvisionnement opaques et se montrent disposées à se fournir en main-d’œuvre auprès de gouvernements et de partenaires commerciaux qui ne contrôlent pas les mauvaises pratiques au travail et n’y remédient pas, ou répriment activement la liberté syndicale. Du fait de l’absence de législation sur le devoir de diligence dans de nombreux pays, les marques ne sont pas tenues de rendre des comptes sur leurs chaînes d’approvisionnement, ce qui favorise une industrie d’extraction et d’exploitation. Lorsque ces lois existent, leur mise en œuvre et leur portée sont encore en projet.</p>



<p>Aux termes du droit international et des normes internationales, notamment des Principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme et des Principes directeurs à l’intention des entreprises multinationales de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les entreprises de la mode sont tenues d’identifier et de traiter tous les risques et les répercussions de leurs activités sur les droits humains en faisant preuve de la diligence requise à toutes les étapes de leur chaîne d’approvisionnement. Cependant, dans la plupart des États producteurs de vêtements, du fait de l’absence de législation contraignante, les atteintes aux droits des ouvrières et ouvriers s’enracinent dans les chaînes d’approvisionnement, sans que des mesures réelles ne soient prises en vue d’y remédier. En outre, les gouvernements des pays où ces marques mondiales ont leur siège n’ont pas pris de mesures afin d’empêcher les atteintes commises à l’étranger par des entreprises relevant de leur juridiction.</p>



<p>En raison du manque de transparence des chaînes d’approvisionnement mondiales, peu d’éléments permettent de déterminer si les politiques en matière de droits humains sont ou non mises en œuvre au niveau des usines. Les 21 enseignes de mode et détaillants interrogés ont tous des codes de conduite pour les fournisseurs, ou des politiques ou principes liés aux droits humains, qui affirment que l’entreprise s’engage à protéger le droit à la liberté syndicale des ouvrières et ouvriers. Malgré ce soi-disant engagement de la part des marques, Amnesty International a constaté que très peu de syndicats indépendants sont actifs au niveau des chaînes d’approvisionnement des entreprises de mode dans les quatre pays. Ce déni de la liberté syndicale et de négociation collective entrave les initiatives visant à prévenir, atténuer et réparer les violations des droits humains émaillant les chaînes d’approvisionnement.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« L’accès à la justice est généralement très limité pour toutes les femmes… et c’est encore plus vrai pour les femmes dalits »</h3>



<p>En Asie du Sud, la majorité de la main-d’œuvre de l’industrie textile est constituée de femmes, qui sont souvent des migrantes rurales ou des membres de castes marginalisées. Malgré leur nombre, elles sont sous-représentées dans la direction des usines, ce qui reproduit fréquemment le système patriarcal qui règne à l’extérieur, ainsi que les discriminations existantes fondées sur la classe, l’ethnie, la religion et la caste.</p>



<p>Les ouvrières du secteur de l’habillement déclarent subir régulièrement des actes de harcèlement, des agressions et des sévices physiques ou sexuels sur leur lieu de travail. Pourtant, elles obtiennent rarement justice. En raison de l’absence de mécanismes efficaces et indépendants pour recevoir leurs plaintes dans les usines dirigées par des hommes, des restrictions cautionnées par l’État en matière d’organisation et des menaces des employeurs vis-à-vis de celles qui se syndiquent, leurs souffrances perdurent.</p>



<p>« J’ai subi des attouchements physiques et des violences verbales. Aucun membre de la direction n’a voulu prêter attention à ma situation, alors j’ai demandé à d’autres femmes de s’organiser. J’ai été menacée de licenciement à de nombreuses reprises », a expliqué Sumaayaa*, une syndicaliste de Lahore, au Pakistan.</p>


<section id="section-76d170e1" class="section wp-block-amnesty-core-section section--textBlack section--has-bg-image" style="background-image:url(https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2023/03/fond-jaune-1920x710.jpg);height:auto;"><div class="container">

<ul style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.087), 15px);" class="wp-block-list">
<li><strong>Lire le rapport « <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/Stitched-Up_FINAL-2.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Des patrons inflexibles : les ouvrières et ouvriers de l’industrie de l’habillement privés de liberté syndicale au Bangladesh, en Inde, au Pakistan et au Sri Lanka</em></a> » en anglais.</strong></li>
</ul>



<ul style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.087), 15px);" class="wp-block-list">
<li><strong>Lire le rapport « <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/Abandoned-by-Fashion_FINAL.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Les oublié·e·s de la mode : les marques doivent d’urgence défendre les droits des ouvrières et des ouvriers</em></a> » en anglais </strong></li>
</ul>



<ul style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.087), 15px);" class="wp-block-list">
<li><strong>Lire la synthèse du rapport « <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/ASA_04_8929_2025_FR.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Des patrons inflexibles : les ouvrières et ouvriers de l’industrie de l’habillement privés de liberté syndicale au Bangladesh, en Inde, au Pakistan et au Sri Lanka</em> » en français</a></strong></li>
</ul>



<ul style="font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.087), 15px);" class="wp-block-list">
<li><strong>Lire la synthèse du rapport <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/ASA_04_8930_2025_FR.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« <em>Les oublié·e·s de la mode : les marques doivent d’urgence défendre les droits des ouvrières et des ouvriers</em> » en français</a></strong></li>
</ul>

</div></section>


<h3 class="wp-block-heading">« La liberté d’association est la clé qui ouvre la porte au changement dans l’industrie »</h3>



<p>Comme l’a résumé le Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit de réunion pacifique et la liberté d’association dans un rapport de 2016, « [L]es travailleurs privés de leurs droits de réunion et de libre association ont peu de moyens d’action pour faire évoluer des situations qui accentuent la pauvreté, creusent les inégalités… » Le Comité du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) indique clairement que « les droits syndicaux, la liberté syndicale et le droit de grève sont déterminants pour l’instauration, la préservation et la défense de conditions de travail justes et favorables ».</p>



<p>Amnesty International demande aux États de veiller à ce que toutes les ouvrières et tous les ouvriers puissent exercer leur droit à la liberté syndicale et à la négociation collective, notamment en ayant la possibilité de constituer des syndicats et d’y adhérer au niveau des usines. Les États doivent aussi enquêter sur toutes les violations éventuelles de la législation relative au travail et d’autres lois pertinentes. En cas d’infraction avérée, ils doivent dûment sanctionner les employeurs, y compris par le biais de poursuites en justice, et accorder des réparations adéquates et en temps voulu aux personnes lésées.</p>



<p>Les entreprises doivent de toute urgence prendre des mesures concrètes afin de protéger les droits des travailleurs·euses dans leurs chaînes d’approvisionnement et de favoriser l’autonomisation des ouvrières. Il importe de mettre en place un système de diligence raisonnable obligatoire afin de garantir que les marques demandent des comptes aux usines sur l’ensemble de leur chaîne d’approvisionnement mondiale et, surtout, qu’elles garantissent des voies de recours aux victimes de violations des droits humains et permettent de prévenir toute violation future.</p>



<p>« L’heure est venue d’élaborer une stratégie d’approvisionnement respectueuse des droits humains pour l’industrie mondiale de l’habillement. Une stratégie qui garantisse une véritable liberté syndicale, sanctionne les entraves à son exercice, interdise les représailles contre les syndicats et réexamine l’approvisionnement auprès de tout site qui priverait les travailleurs et travailleuses du droit à la liberté syndicale et à la négociation collective, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« La réussite économique de l’industrie de l’habillement doit aller de pair avec la réalisation des droits des travailleuses et travailleurs. La liberté syndicale est essentielle pour lutter contre les violations de leurs droits. Elle doit être protégée, promue et défendue. »</p>



<p class="has-text-align-right has-small-font-size">:<em>* Les noms ont été modifiés pour protéger l’identité des personnes interrogées.</em></p>

</div></section>

<section id="section-24054d65" class="section wp-block-amnesty-core-section section--textBlack" style=""><div class="container">
<div class="callToAction" role="note" aria-label="agissez dès maintenant !">
				<h2 class="callToAction-preHeading">Appelez les gouvernements du Bangladesh, de l’Inde, du Pakistan et du Sri Lanka à garantir les droits des travailleuses et travailleurs du secteur textile à un travail décent et à la liberté d’association.</h2>
				<h2 class="callToAction-heading">agissez dès maintenant !</h2>
				<p class="callToAction-content"></p>
        		<div className="innerBlocksContainer">
					

<a href="https://www.amnesty.lu/nos-petitions/rejoignez-la-lutte-pour-les-droits-des-ouvrieres-et-ouvriers-du-textile/" class="btn"><span>je signe</span></a>


        		</div>
      		</div>
</div></section><p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/lindustrie-mondiale-de-lhabillement-tire-profit-du-deni-du-droit-de-se-syndiquer-dans-les-principaux-pays-de-production/">L’industrie mondiale de l’habillement tire profit du déni du droit de se syndiquer dans les principaux pays de production</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Soudan. Homicides délibérés et violences sexuelles commis par les FAR à El Fasher : nouveaux témoignages de victimes</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/soudan-homicides-deliberes-et-violences-sexuelles-commis-par-les-far-a-el-fasher-nouveaux-temoignages-de-victimes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Nov 2025 09:23:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>28 victimes décrivent les homicides, les passages à tabac, les viols et les agressions sexuelles Les combattants des FAR responsables d’attaques contre des civil·e·s doivent répondre de leurs actes Le soutien qu’apportent les Émirats arabes unis aux FAR favorise les violences Des survivant·e·s ayant fui la ville d’El Fasher, dans l’État du Darfour septentrional, au [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list"><li><strong>28 victimes décrivent les homicides, les passages à tabac, les viols et les agressions sexuelles</strong></li><li><strong>Les combattants des FAR responsables d’attaques contre des civil·e·s doivent répondre de leurs actes</strong></li><li><strong>Le soutien qu’apportent les Émirats arabes unis aux FAR favorise les violences</strong></li></ul>



<p>Des survivant·e·s ayant fui la ville d’El Fasher, dans l’État du Darfour septentrional, au Soudan, ont livré à Amnesty International des témoignages relatant que les combattants des Forces d’appui rapide (FAR) ont exécuté un très grand nombre d’hommes non armés et violé des dizaines de femmes et de filles lorsqu’ils se sont emparés de la ville.</p>



<p>Lors d’entretiens avec les chercheurs d&rsquo;Amnesty International, les victimes ont raconté avoir vu des groupes d&rsquo;hommes se faire tirer dessus ou rouer de coups, et être pris en otage contre rançon. Des femmes ont décrit les violences sexuelles que leur ont infligées, ainsi qu’à certaines de leurs filles, les combattants des Forces d’appui rapide (FAR). La plupart des personnes interrogées ont déclaré avoir vu des centaines de cadavres gisant dans les rues d&rsquo;El Fasher et sur les principaux axes permettant de sortir de la ville.</p>



<p>Ces témoignages poignants sont parmi les premiers recueillis auprès de témoins ayant fui El Fasher après la chute de la ville. Amnesty International a interrogé 28 victimes qui ont réussi à se mettre en sécurité dans les villes de Tawila, à l&rsquo;ouest d&rsquo;El Fasher, et de Tina, à la frontière avec le Tchad, après avoir fui lorsque les FAR ont encerclé puis envahi El Fasher le 26 octobre. Trois entretiens ont été menés en personne au Tchad et les autres à distance à l&rsquo;aide d&rsquo;appareils mobiles.</p>



<p>« Le monde ne doit pas détourner le regard tandis que les informations se multiplient au sujet de la violente offensive menée par les FAR contre El Fasher. Les victimes que nous avons interrogées ont raconté les horreurs inimaginables auxquelles elles ont été confrontées lorsqu&rsquo;elles ont fui la ville, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d&rsquo;Amnesty International.</p>



<p>« Dans les semaines à venir, vont émerger d&rsquo;autres preuves des violences commises par les combattants des FAR à El Fasher. Ces violences persistantes et généralisées contre les civil·e·s constituent des crimes de guerre et peuvent constituer d&rsquo;autres crimes au regard du droit international. Tous les responsables doivent rendre compte de leurs actes.</p>



<p>« Les Émirats arabes unis apportent leur soutien aux Forces d’appui rapide (FAR), ce qui favorise ces atrocités et alimente le cycle incessant des violences contre les civil·e·s au Soudan. La communauté internationale et le Conseil de sécurité des Nations unies doivent exiger des Émirats arabes unis qu’ils cessent de soutenir les FAR.</p>



<p>« Il faut que la mission d&rsquo;enquête du Conseil des droits de l&rsquo;homme des Nations unies au Soudan dispose des ressources nécessaires afin de remplir efficacement son mandat et d’enquêter sur les violations et les exactions perpétrées au Soudan, notamment à El Fasher. Le Conseil de sécurité des Nations unies, qui a saisi la Cour pénale internationale (CPI) de la situation au Darfour, doit désormais étendre sa requête au reste du Soudan.</p>



<p>« Amnesty International engage tous les acteurs extérieurs à prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à la vente ou à la fourniture d&rsquo;armes et de matériel connexe à toutes les parties au conflit, conformément à l&#8217;embargo sur les armes instauré par le Conseil de sécurité de l’ONU &#8211; embargo qui doit être étendu à l&rsquo;ensemble du pays. »</p>



<p>Amnesty International appelle également les acteurs internationaux et régionaux – notamment les Émirats arabes unis, l&rsquo;Arabie saoudite, le Conseil de sécurité des Nations unies, l&rsquo;Union européenne et ses États membres, l&rsquo;Union africaine, l&rsquo;Autorité intergouvernementale pour le développement, le Royaume-Uni, les États-Unis, la Russie et la Chine – à exercer une pression diplomatique sur les dirigeants des Forces d’appui rapide (FAR) afin qu&rsquo;ils mettent un terme à leurs attaques contre les civil·e·s, notamment aux violences sexuelles contre les femmes et les filles.</p>



<p>« Tandis que le conflit se poursuit, les récits des survivants illustrent une nouvelle fois l’échec de la communauté internationale au Soudan. Elle doit redoubler d&rsquo;efforts en vue de garantir l’obligation de rendre des comptes, de protéger les personnes en danger et de faire en sorte que tous les États qui soutiennent directement les FAR ou favorisent leurs actions changent immédiatement de cap », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Les FAR tuaient, les gens tombaient comme des mouches »</h3>



<p>Le 26 octobre, jour de la chute d&rsquo;El Fasher, on estime qu’environ 260 000 civil·e·s étaient encore pris au piège dans la ville. Ahmed*, 21 ans, a tenté de s&rsquo;échapper avec sa femme, ses deux jeunes enfants et son frère aîné en suivant un groupe de soldats des Forces armées soudanaises (SAF) qui avaient abandonné leurs postes.</p>



<p>Sa femme a été tuée par des éclats d&rsquo;obus provenant d&rsquo;une explosion à proximité et il a été séparé de ses enfants ; Ahmed* a dû poursuivre son chemin vers le nord avec son frère. En route, ils ont recueilli deux fillettes, âgées de trois et quatre ans, dont les parents avaient apparemment été tués. Lorsque le groupe a atteint Golo, à la périphérie de la ville, en compagnie de trois autres hommes et d&rsquo;une femme plus âgée, ils ont été pris en embuscade par des combattants des FAR.</p>



<p>Ahmed* a déclaré : « Ils nous ont demandé :  » Vous êtes des soldats ou des civils ?  » et nous leur avons répondu que nous étions des civils. Ils ont dit :  » À El Fasher, il n&rsquo;y a pas de civils, tout le monde est soldat.  » » Les combattants des FAR ont alors ordonné à son frère et aux trois autres hommes de s’allonger. « Lorsqu’ils se sont mis à terre, ils les ont exécutés. »</p>



<p>Les combattants ont laissé partir Ahmed*, les deux fillettes et la femme âgée, pour des raisons qu’ils ignorent. Trois jours plus tard, Ahmed* est arrivé à Tawila, à environ 60 km de là, avec les deux fillettes. La femme âgée est morte pendant le trajet, sans doute de déshydratation.</p>



<p>Daoud*, 19 ans, a fui El Fasher en compagnie de sept amis de son quartier. Il a déclaré qu&rsquo;ils ont tous été tués après avoir été capturés par les combattants des FAR à la berme qui entourait la ville : « Ils nous ont tiré dessus de tous les côtés&#8230; J&rsquo;ai vu mes amis mourir devant moi. »</p>



<p>Khalil*, 34 ans, s&rsquo;est échappé d&rsquo;El Fasher le 27 octobre. Il se trouvait avec une vingtaine d’hommes et après avoir réussi à franchir la berme, ils ont rapidement été rattrapés par des combattants des FAR qui circulaient à bord de voitures : « Les combattants des FAR&#8230; nous ont demandé de nous allonger par terre&#8230; Deux d’entre eux nous ont tiré dessus. Ils ont abattu 17 des 20 hommes avec lesquels je fuyais. »</p>



<p>Khalil* a expliqué qu&rsquo;il a survécu parce qu’il a fait le mort : « Les FAR tuaient, les gens tombaient comme des mouches. Un vrai massacre. Parmi les morts que j’ai vus, aucun n&rsquo;était un soldat armé. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Ils prenaient plaisir à le faire, ils riaient »</h3>



<p>Badr*, 26 ans, était resté à El Fasher jusqu&rsquo;au 26 octobre avec son oncle, qui se remettait d&rsquo;une blessure par balle à la jambe au Saudi Hospital. Le 27 octobre, vers 1 heure du matin, il a organisé le transport de son oncle, de deux autres patients âgés et de leurs proches hors de la ville à bord d&rsquo;une charrette tirée par un âne. Lorsqu&rsquo;ils ont atteint le village de Shagara, à une vingtaine de kilomètres à l&rsquo;ouest d&rsquo;El Fasher, des véhicules des FAR les ont encerclés.</p>



<p>Selon le témoignage de Badr*, les combattants des FAR leur ont lié les mains et ont ordonné aux hommes les plus jeunes et indemnes de monter à l&rsquo;arrière de leur pickup. Ils ont ordonné aux trois plus vieux, tous âgés de plus de 50 ans et grièvement blessés, de monter également à bord.</p>



<p>Badr* a raconté : « Ils voyaient bien que ces hommes étaient âgés, qu&rsquo;il fallait les prendre et les faire monter dans le pick-up&#8230; Ils pensaient qu&rsquo;ils perdaient du temps. L&rsquo;un d&rsquo;eux, armé d’une mitrailleuse automatique, est descendu [du pickup] et&#8230; a ouvert le feu. Il les a tués, puis a abattu les ânes&#8230; Ils prenaient plaisir à le faire, ils riaient. »</p>



<p>Ensuite, ils ont bandé les yeux de Badr* et l’ont emmené avec cinq autres captifs dans un village voisin. Au bout de trois jours, ils ont été transférés vers un autre site, à quatre heures de route. Badr* a été autorisé à appeler ses proches, et les FAR ont exigé qu&rsquo;ils paient plus de 20 millions de livres soudanaises (environ 29 000 euros) en échange de sa libération.</p>



<p>Pendant sa captivité, Badr* a vu un soldat des FAR filmer l&rsquo;exécution d&rsquo;un homme qui était en train de téléphoner à sa famille. Cet homme comptait parmi trois frères capturés dont la famille n&rsquo;avait pas encore payé la rançon pour les faire libérer. Badr* a déclaré : « Ils lui ont tiré une balle dans la tête devant la caméra et ont dit [à ses proches] :  » Écoutez, si vous n&rsquo;envoyez pas l&rsquo;argent dès que possible, on tue les deux autres et vous ne serez même pas informés de leur mort « . »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Violences sexuelles contre les femmes et les jeunes filles</h3>



<p>Ibtisam* a quitté le quartier d&rsquo;Abu Shouk à El Fasher avec ses cinq enfants le matin du 27 octobre. Accompagnés d&rsquo;un groupe de voisins, ils se sont dirigés vers l&rsquo;ouest en direction de Golo, où ils ont été arrêtés par trois combattants des FAR.</p>



<p>Ibtisam* a raconté : « L&rsquo;un d&rsquo;eux m&rsquo;a forcée à les accompagner, a déchiré ma Jalabiya [robe traditionnelle] et m&rsquo;a violée. Quand ils sont partis, ma fille de 14 ans est venue me rejoindre.</p>



<p>Alors j’ai vu que ses vêtements étaient tachés de sang et déchirés en lambeaux. Ses cheveux à l&rsquo;arrière de la tête étaient couverts de poussière. »</p>



<p>Ibtisam* a indiqué que sa fille n’a pas dit un mot pendant les heures qui ont suivi, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;elle voie sa mère pleurer : « Elle est venue vers moi et m&rsquo;a dit :  » Maman, ils m&rsquo;ont violée aussi, mais ne le dis à personne.  » Après le viol, ma fille est tombée gravement malade&#8230; Lorsque nous sommes arrivées à Tawila, son état de santé s&rsquo;est détérioré et elle est décédée à la clinique. »</p>



<p>Khaltoum*, 29 ans, a tenté de fuir El Fasher dans l&rsquo;après-midi du 26 octobre avec sa fille de 12 ans. Avec plus de 150 personnes, elles ont atteint la porte Babul Amal du côté ouest de la ville. Des combattants des FAR les ont arrêtés, ont séparé les hommes des femmes, et ont abattu cinq hommes.</p>



<p>Khaltoum* a ensuite été emmenée avec sa fille et une vingtaine de femmes jusqu’au camp pour personnes déplacées de Zamzam, parcourant plus de 10 kilomètres à pied. Là, les combattants des FAR ont mis les plus jeunes à part et leur ont ordonné de faire la queue avant de les fouiller.</p>



<p>Khaltoum* a déclaré : « Ils ont choisi 11 d&rsquo;entre nous… Ils m’ont emmenée dans un Rakuba [abri de fortune], accompagnée d&rsquo;un combattant armé des FAR et d&rsquo;un autre qui n&rsquo;était pas armé. Ils m&rsquo;ont fouillée, puis celui qui n’était pas armé m&rsquo;a violée, pendant que l’autre regardait. Il m&rsquo;a gardée là toute la journée et a abusé de moi à trois reprises. Ma fille a été épargnée, mais les 10 autres sélectionnées pour la fouille ont toutes été violées. »</p>


<section id="section-a1f6bcc3" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack section--small" style=""><div class="container">

<h3 class="wp-block-heading">Complément d’information</h3>



<p>Le conflit en cours au Soudan, qui oppose les Forces d’appui rapide (FAR) aux Forces armées soudanaises (SAF), a débuté en avril 2023. Il a fait des dizaines de milliers de victimes et entraîné le déplacement de plus de 12 millions de personnes, ce qui en fait la plus grande crise humanitaire au monde.</p>



<p>Amnesty International a enquêté sur les crimes de guerre imputables aux FAR et aux milices arabes alliées, qui ont perpétré ensemble des attaques ciblées en fonction de critères ethniques contre les Masalits et d’autres communautés non arabes dans l’État du Darfour occidental. Elle a également recensé les violences sexuelles généralisées perpétrées par les FAR à travers le pays, qui constituent des crimes de guerre et de possibles crimes contre l’humanité.</p>



<p>Enfin, Amnesty International a recueilli des informations démontrant que le conflit au Soudan est alimenté par un afflux constant d&rsquo;armes dans le pays, en violation flagrante de l’embargo sur les armes à destination du Darfour ; les Émirats arabes unis notamment fournissent des armes et des munitions aux FAR.</p>

</div></section>


<p class="has-text-align-right has-small-font-size"><em>*Les prénoms ont été modifiés</em></p>
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		<title>Arabie saoudite. Les migrants ayant travaillé sur le chantier du métro de Riyad ont été soumis à une décennie de violations dévastatrices</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/arabie-saoudite-les-migrants-ayant-travaille-sur-le-chantier-du-metro-de-riyad-ont-ete-soumis-a-une-decennie-de-violations-devastatrices/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Nov 2025 03:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des migrants s’étant rendus en Arabie saoudite pour travailler sur le chantier du métro de Riyad ont été forcés à payer des frais de recrutement exorbitants, ont travaillé par des températures dangereusement élevées et ont perçu des salaires pitoyables pendant une décennie caractérisée par les abus, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Des migrants s’étant rendus en Arabie saoudite pour travailler sur le chantier du métro de Riyad ont été forcés à payer des frais de recrutement exorbitants, ont travaillé par des températures dangereusement élevées et ont perçu des salaires pitoyables pendant une décennie caractérisée par les abus, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public mardi 18 novembre.</p>



<p>Ce rapport, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/EN-_-No-one-wants-to-work-in-these-situations-A-decade-of-abuse-on-the-Riyadh-Metro-project-1.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Dix ans d’exploitation sur le chantier du métro de Riyad, recense des atteintes aux droits des travailleurs sur un des projets d’infrastructure phares en Arabie saoudite.</em></a> Présenté comme le « pilier » du système de transport public de Riyad, le métro récemment inauguré a été construit par des entreprises internationales et saoudiennes de renom sous l’égide du gouvernement, et son expansion est en projet. Un grand nombre des travailleurs dont Amnesty International a recueilli les propos se sont cependant vu facturer des frais illégaux afin de trouver du travail, puis ont dû endurer de longues heures de labeur dans des conditions parfois dangereuses pour un salaire minime et discriminatoire.</p>



<p>« Le métro de Riyad est considéré comme le pilier du système de transport de la capitale. Pourtant, son apparence élégante cache une décennie d’abus permis par un cadre de travail qui sacrifie les droits fondamentaux des travailleurs migrants. Croulant déjà sous des frais de recrutements exorbitants, ces travailleurs ont enduré de longues journées de labeur pour un maigre salaire », a déclaré Marta Schaaf, directrice du programme Climat, justice sociale et économique et responsabilité des entreprises à Amnesty International.</p>



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<p>« À ces épreuves vient s’ajouter l’exposition à une chaleur extrême dans un pays où les températures ne cessent d’augmenter en raison du changement climatique induit par les activités humaines. Le fait que ces abus aient persisté pendant des années à travers de multiples entreprises sur un chantier d’infrastructure phare souligne que le gouvernement a échoué de manière flagrante à faire respecter les garanties de protection et à démanteler un système exposant des travailleurs à un risque élevé d’exploitation. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Exploités avant même de quitter leur pays d’origine</h3>



<p>Amnesty International a parlé avec 38 hommes originaires du Bangladesh, d’Inde et du Népal, qui ont été employés par diverses entreprises étrangères et saoudiennes &#8211; notamment de grandes entreprises de construction, des sous-traitants et des sociétés extérieures de fourniture de main-d’œuvre &#8211; pour bâtir le système de métro de Riyad entre 2014 et 2025. Pour la quasi-totalité d’entre eux, les abus ont commencé avant même qu’ils n’arrivent à Riyad, lorsqu’il leur a été demandé de payer entre 700 et 3 500 dollars des États-Unis en frais de recrutement et coûts associés à des agents dans leur pays d’origine, obligeant nombre d’entre eux à s’endetter fortement et exacerbant le risque d’abus supplémentaires.</p>



<p>Souvent, ces montants étaient bien supérieurs aux limites imposées par leur gouvernement et étaient réclamés à ces hommes malgré l’interdiction, prévue dans la législation saoudienne, de demander aux travailleuses et travailleurs de verser des frais de recrutement.</p>



<p>Suman, originaire du Népal, a été forcé à vendre de l’or emprunté à la famille de sa femme, afin de pouvoir payer des frais excessifs en relation avec un emploi offrant un salaire de base d’un montant de 266 dollars mensuels.</p>



<p>« J’ai payé 100 000 roupies (700 dollars des États-Unis) à l’agent de recrutement. Mais pendant les préparatifs – voyage, visites médicales et autres formalités –, j’ai dépensé un total de 200 000 roupies (1 400 dollars). Je n’avais pas d’argent avec moi à ce moment-là [&#8230;]. J’ai emprunté de l’or aux parents de ma femme, je l’ai vendu et j’ai reçu de l’argent liquide [&#8230;]. Comme le prix de l’or a augmenté, j’ai dû rembourser presque le double de ce que j’ai obtenu. Il m’a fallu six mois pour rembourser les prêts. »</p>



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<h3 class="wp-block-heading">Violations en tous genres en Arabie saoudite</h3>



<p>Une fois en Arabie saoudite, un grand nombre d’entre eux étaient payés moins de 2 dollars des États-Unis par heure, tandis que d’autres gagnaient à peine la moitié de cette somme en tant que manœuvres, agents d’entretien ou travailleurs auxiliaires sur le chantier du métro de Riyad. Presque tous travaillaient plus de 60 heures par semaine. Si la plupart des travailleurs ont déclaré ne pas avoir été directement forcés à faire des heures supplémentaires, leurs salaires de base étaient en réalité si faibles qu’ils avaient l’impression de ne pas avoir d’autre choix. Le fait que le gouvernement n’ait pas fixé de salaire décent universel consacre les salaires de misère pour les travailleurs migrants &#8211; dont la plupart sont racisés -, privant ainsi beaucoup d’entre eux d’un niveau de vie décent.</p>



<p>« En raison de l’inflation au Népal, ce salaire est trop faible pour couvrir les dépenses domestiques. Il part en fumée dès que je paye les frais pour l’éducation de mes enfants et d’autres dépenses. Mais qu’est-ce que je peux faire ? Je dois joindre les deux bouts », a déclaré Nabin à Amnesty International.</p>



<p>Souvent, la chaleur implacable rendait plus difficiles encore les longues journées de travail sur le chantier du métro de Riyad, certains comparant la situation à être « en enfer ». Étant donné que les températures s’élèvent à au moins 40 °C pendant plus de huit heures chaque jour durant les mois d’été, l’interdiction prononcée par le gouvernement sur le travail en extérieur en plein soleil de midi à 15 heures s’est avérée totalement inadaptée pour protéger les travailleurs. Et l’augmentation des températures devrait se poursuivre, l’Arabie saoudite étant confrontée à des chaleurs fréquentes et croissantes, une tendance appelée à s’aggraver, compte tenu du changement climatique planétaire causé par les activités humaines.</p>



<p>« Quand je travaille par une chaleur extrême, j’ai l’impression d’être en enfer. [&#8230;]. Je me demande comment je me suis retrouvé là. Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal pour que</p>



<p>Dieu me punisse ? », a déclaré Indra, du Népal. « Personne ne veut travailler dans de telles conditions par choix. Mais qu’est-ce que je peux faire ? Je n’avais pas de travail au Népal. Je suis venu ici pour soutenir ma famille. C’est pourquoi je dois être prêt à souffrir. »</p>



<p>Janak, venu d’Inde, a déclaré que des supérieurs hiérarchiques, au sein de l’entreprise de sous-traitance qui l’employait, avaient fait pression sur lui pour qu&rsquo;il travaille par des températures extrêmes.</p>



<p>« Les contremaîtres et les ingénieurs nous forçaient à faire des heures supplémentaires même quand il faisait très chaud. Nous leur disions : « On ne peut pas. Il fait extrêmement chaud. » Mais ils répondaient « Continuez à travailler » [&#8230;] Qu&rsquo;est-ce que nous pouvons faire, nous les pauvres ? Nous devons travailler. Nous devons faire un travail difficile. »</p>



<p>De nombreux employés ont également signalé avoir été victimes d’autres abus, tels que la confiscation de leur passeport, des hébergements surpeuplés et insalubres, de la nourriture de mauvaise qualité, et des traitements discriminatoires selon leur rang.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des réformes systématiques et une diligence accrue en matière de droits humains sont requises en urgence</h3>



<p>Les témoignages de ces hommes mettent en évidence non seulement les manquements du gouvernement saoudien, mais aussi l’environnement à haut-risque dans lequel les entreprises &#8211; y compris de grandes multinationales &#8211; opèrent lorsqu’elles décident d’œuvrer sur des projets de construction en Arabie saoudite, secteur tributaire d’un vaste réseau de sous-traitants.</p>



<p>En effet, en dépit de quelques réformes limitées, le système de parrainage (kafala) persiste en pratique. Associé à la faible mise en œuvre de dispositions de protection en faveur des travailleurs &#8211; notamment avec des inspections portant davantage sur le respect par les entreprises de l’effort de nationalisation (« saoudisation ») voulu par le gouvernement et sur la légalité du statut des travailleurs·euses migrants, plutôt que sur la protection de leurs droits &#8211; et à la récente réduction des sanctions pour certaines pratiques abusives au regard du droit du travail, cela crée un climat favorisant l’exploitation. Ce contexte requiert que les entreprises appliquent de manière proactive la diligence requise en matière de droits humains, afin de prévenir la moindre atteinte à ces droits. De telles initiatives sont très limitées en Arabie saoudite, où les droits humains sont systématiquement réprimés, et les libertés d’expression et d’association sont en pratique inexistantes. Si les entreprises ne disposent pas de la capacité ou de la volonté d’évaluer ou d’écarter les risques, elles doivent envisager de renoncer à l’activité concernée.</p>



<p>« Tandis que l’Arabie saoudite poursuit de gigantesques projets très médiatisés, comme la Coupe du monde de 2034, les autorités doivent complètement démanteler le système de kafala et appliquer rigoureusement le droit du travail, conformément aux normes internationales relatives aux droits humains. Renforcer les garanties et veiller à l’obligation de rendre des comptes pour les millions de travailleurs migrants qui rendent ces projets possibles est la seule manière d’assurer qu’ils ne soient plus traités comme si la main-d’œuvre était jetable », a déclaré Marta Schaaf.</p>



<p>« Pour les entreprises établies ou arrivant en Arabie saoudite, ces constats devraient servir de mise en garde claire : suivre une procédure exhaustive de diligence requise en matière de droits humains n’est pas facultatif. Faute de procédures solides en place dès le début et de plan adéquat pour répondre aux problèmes en matière de droits humains, les entreprises risquent d’être directement liées ou de contribuer à des violations systématiques des droits des travailleurs.</p>



<p>« Enfin, les pays d’origine, notamment le Bangladesh, l’Inde et le Népal, doivent assumer leurs responsabilités et protéger leurs ressortissant·e·s en effectuant un suivi de la conduite des agences de recrutement, en enquêtant et en sanctionnant les responsables le cas échéant. Si les responsabilités ne sont pas véritablement établies à travers les pays concernés, le cycle de la violence continuera. »</p>



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<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/arabie-saoudite-les-migrants-ayant-travaille-sur-le-chantier-du-metro-de-riyad-ont-ete-soumis-a-une-decennie-de-violations-devastatrices/">Arabie saoudite. Les migrants ayant travaillé sur le chantier du métro de Riyad ont été soumis à une décennie de violations dévastatrices</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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