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	<title>Liberté d’expression Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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	<title>Liberté d’expression Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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		<title>Russie. Les écoles sont devenues des « fabriques de la docilité », par le biais de l’endoctrinement et de la surveillance des enfants par l&#8217;État</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 16:25:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Russie. Les écoles sont devenues des « fabriques de la docilité », par le biais de l’endoctrinement et de la surveillance des enfants par l&#8217;État Les autorités russes privent les enfants du droit à une éducation de qualité, en utilisant des manuels et des cours saturés de propagande, dans le but d’endoctriner les élèves et [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Russie. Les écoles sont devenues des « fabriques de la docilité », par le biais de l’endoctrinement et de la surveillance des enfants par l&rsquo;État</h2>



<p>Les autorités russes privent les enfants du droit à une éducation de qualité, en utilisant des manuels et des cours saturés de propagande, dans le but d’endoctriner les élèves et de justifier la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, tout en réprimant la liberté d’expression, la réflexion indépendante et l’accès à l’information, a déclaré Amnesty International lundi 1er juin.</p>



<p>Une nouvelle synthèse, intitulée <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/EUR4609562026ENGLISH.pdf"><em><strong>“Only Official Sources”: Indoctrination in the Russian Educational System</strong></em></a>, décrit comment des enfants, à travers la Russie et les zones occupées par la Russie en Ukraine, sont soumis à une idéologie oppressive d’État au moyen d’un programme scolaire contrôlé de manière centralisée. Elle explique aussi que les enseignant·e·s sont chargés d’effectuer un suivi de leurs élèves en ligne, de compiler des fichiers contenant des informations sur leurs opinions, et de signaler aux autorités les points de vue dissidents sur des questions politiques et sociales.</p>



<p>« Jadis temples du savoir, les écoles russes sont en passe d’être converties en fabriques de la docilité. C’est l’État russe lui-même qui définit ce que les enfants doivent apprendre au sujet de la Russie, des pays voisins et du reste du monde. Si l’utilisation de l’école à des fins de propagande politique n’est pas spécifique à la Russie, l’intensité et l’ampleur des efforts déployés par le Kremlin afin de placer l’endoctrinement au cœur du système éducatif sont systémiques », a déclaré Marie Struthers, directrice pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale à Amnesty International.</p>



<p>« Les manuels scolaires russes présentent une vision univoque de l’histoire, qui justifie toutes les décisions de Moscou d’employer la force contre les nations voisines. Ils présentent les agressions russes contre l’Ukraine comme une nécessité historique et une question de survie nationale, tandis que toute opinion s’écartant de cette perspective est qualifiée d’ »hostile » ou de « destructrice » ».</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Une vision du monde, un enseignement uniforme</h4>



<p>Depuis 2023, le ministère russe de l&rsquo;Éducation a introduit une série unique de manuels d’histoire et de supports éducatifs obligatoires comparant la Russie à une « forteresse assiégée », niant ou minimisant l’identité et la souveraineté ukrainiennes, et présentant toutes les interventions militaires soviétiques et russes comme nécessaires ou légitimes.</p>



<p>L’éducation ne peut respecter le droit relatif aux droits humains et normes associées lorsqu&rsquo;elle est conçue pour priver les enfants de la possibilité de se forger une opinion propre et d’apprendre à réfléchir de manière indépendante et critique durant leurs années de formation. La démarche de la Russie est contraire à ses obligations en vertu d’un certain nombre de traités internationaux relatifs aux droits humains, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant, qui prévoit que l’éducation a pour objectif d’« [i]nculquer à l’enfant le respect des droits de l&rsquo;homme et des libertés fondamentales » et prépare les enfants à assumer les responsabilités de la vie au sein d’une société libre, dans un esprit « de compréhension, de paix, de tolérance, d&rsquo;égalité entre les sexes et d&rsquo;amitié entre tous les peuples ».</p>



<p>Les tentatives de la Russie de préparer une population étudiante à une obéissance inconditionnelle sont renforcées au moyen de la coercition, du suivi et du profilage.</p>



<p>« Les autorités russes introduisent des mesures dites de profilaktika, qui impliquent à la fois de répandre leur propagande et de soumettre les élèves à une surveillance clandestine constante, à l’école et en dehors, notamment en ligne. Si cela est accompli dans le but affiché de prévenir l’ »extrémisme », le « terrorisme » et les « idéologies destructrices », ces consignes encouragent dans les faits le passage au crible des opinions politiques, religieuses et personnelles de mineur·e·s », a déclaré Marie Struthers.</p>



<h4 class="wp-block-heading">De la protection à la surveillance</h4>



<p>Les écoles sont encouragées à identifier les élèves et les membres du personnel dont les opinions, l’activité en ligne et les associations illustrent leur déloyauté ou leur vulnérabilité face à des influences « destructrices » &#8211; dont la définition est si vague qu’elles incluent les groupes d’opposition pacifique et de la société civile. Figurent parmi elles la Fondation anticorruption d’Alexeï Navalny, mort en détention, le mouvement de protestation de jeunesse Vesna et le « mouvement international LGBT » &#8211; qui n’existe pas, puisqu’il s’agit d’une invention judiciaire employée pour criminaliser le militantisme en faveur des droits des personnes LGBTI -, qui ont tous été visés par des poursuites pour s’être seulement exprimés en faveur des droits humains.</p>



<p>Même afficher des formes d’opposition qui ne sont pas officiellement interdites en Russie, telles que le fait d’évoquer l’impact négatif sur le niveau de vie de la guerre en Ukraine, pourrait être perçu comme un signal d’alarme, à la suite duquel les élèves concernés sont considérés comme « à risque », leurs opinions sur la guerre, les « valeurs traditionnelles » et la politique gouvernementale étant alors enregistrées et transmises à l’administration scolaire, à la police ou aux services de sécurité.</p>



<p>« Les autorités russes ont montré qu’elles ne reculeront devant rien pour imposer leur discours profondément politisé et idéologique à la prochaine génération, et garantir que celles et ceux qui ne se plient pas à ces règles soient détectés et sanctionnés. Cela porte atteinte aux droits des enfants à la vie privée et à la liberté d’expression et d’association, sape la confiance à l’intérieur des établissements scolaires et prive les enfants de leur individualité », a déclaré Marie Struthers.</p>



<p>« L’esprit d’un enfant n’appartient pas à l’État. Il semble pourtant que les autorités russes traitent les classes comme un terreau que l’on doit inspecter afin de pouvoir détecter les jeunes pousses de l’opposition civique, et les arracher avant qu’elles ne se développent. »</p>



<p>Amnesty International demande aux autorités russes de veiller à ce que le programme scolaire, les manuels et les autres supports éducatifs n’étouffent pas, ni ne préviennent, la libre expression et le libre échange d’opinions, ne contiennent pas de désinformation, et ne compromettent pas le respect des droits humains. Les élèves et enseignant·e·s doivent se voir accorder l’accès à un large éventail de sources et être en mesure de parler librement d’histoire et de l’actualité sans craintes de représailles.</p>



<p>Les autorités doivent : abroger les lois et règlements qui punissent l’expression pacifique ou excluent les voix dissidentes de l’éducation ; faire cesser immédiatement la surveillance et le profilage illégaux d’élèves et d’enseignant·e·s ; détruire les données obtenues illégalement ; proposer des recours utiles et des réparations aux personnes affectées, et amener les responsables présumés de violations à rendre des comptes.</p>



<p>Amnesty International demande également à la communauté internationale : de soulever ces questions avec les autorités russes dans toutes les instances ; de soutenir le travail indépendant effectué par la société civile afin de combattre la propagande et la persécution dans l’enseignement ; d’aider les personnes victimes de telles persécutions, notamment en leur accordant des visas lorsque cela est nécessaire ; et de garantir que l’aide au développement ne soit pas utilisée pour perpétuer ces violations.</p>



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		<title>États du Golfe. Plus de 1 000 personnes arrêtées dans le cadre d’une vague de répression contre la liberté d’expression en lien avec la guerre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 15:33:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>États du Golfe. Plus de 1 000 personnes arrêtées dans le cadre d’une vague de répression contre la liberté d’expression en lien avec la guerre Dans les États du Golfe, plus de 1 000 personnes ont été arrêtées dans le cadre d’une vaste campagne de répression contre la liberté d’expression en lien avec la guerre, [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">États du Golfe. Plus de 1 000 personnes arrêtées dans le cadre d’une vague de répression contre la liberté d’expression en lien avec la guerre</h2>



<p>Dans les États du Golfe, plus de 1 000 personnes ont été arrêtées dans le cadre d’une vaste campagne de répression contre la liberté d’expression en lien avec la guerre, notamment pour avoir relayé des contenus en ligne ou exprimé des opinions sur l’offensive menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran et sur les attaques de l’Iran contre les pays du Golfe, a déclaré Amnesty International le 1er juin 2026. Au Koweït et à Bahreïn, des citoyens ont également été déchus de leur nationalité, notamment à titre de représailles pour leurs propos.</p>



<p>Lorsque la guerre a éclaté, invoquant des préoccupations liées à la sécurité nationale, les autorités des pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) – le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Qatar, l’Arabie saoudite et Oman – ont émis des avertissements généraux contre le partage de contenus en ligne diffusant des « rumeurs » ou de « fausses informations » sur la guerre, ou provenant de « sources inconnues ». Peu après, plusieurs États du Golfe ont annoncé des arrestations massives.</p>



<p>« Si les États du Golfe peuvent prendre des mesures pour lutter contre la désinformation et protéger la sécurité nationale, et déroger à certains droits en cas de conflit armé, toute restriction à la liberté d’expression doit respecter des normes internationales strictes en matière de droits humains. Ces dérogations doivent être prévues de manière claire et précise par la loi, poursuivre un but légitime, et s’avérer strictement nécessaires et proportionnées. Les restrictions globales et la criminalisation généralisée du partage d’informations ne satisfont pas à ces critères, a déclaré Heba Morayef, directrice du programme régional Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.</p>



<p>« Afin de préserver leur belle image de lieux sûrs, les États du Golfe recourent à leur autoritarisme habituel pour contrôler l&rsquo;information et instrumentalisent des dispositions formulées en termes vagues et généraux issues des lois sur la cybercriminalité, la lutte contre le terrorisme et la sécurité nationale. Cela va bien au-delà de ce que prévoit le droit international. »</p>



<p>Amnesty International s&rsquo;est entretenue avec 16 personnes, parmi lesquelles un journaliste, des militant·e·s associatifs, des citoyen·ne·s et des habitant·e·s des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), ainsi que des proches de personnes détenues, dont la plupart ont souhaité conserver l&rsquo;anonymat par crainte des représailles. Elle a recensé huit cas d&rsquo;arrestations liées à l&rsquo;expression d’opinions.</p>



<p>En outre, elle a examiné les déclarations officielles des autorités du CCG, notamment les mises en garde générales et les annonces faisant état de centaines d&rsquo;arrestations liées à la liberté d&rsquo;expression, et passé en revue les cas rapportés par des médias locaux et des ambassades étrangères, ainsi que ceux recensés par des organisations locales de défense des droits humains.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Répression régionale contre l’expression d’opinions liées à la guerre</h4>



<p>Au Koweït, à Bahreïn, aux Émirats arabes unis et au Qatar, les autorités ont publié des déclarations officielles annonçant l&rsquo;arrestation de centaines de personnes ayant filmé et partagé des vidéos, diffusé des images montrant l&rsquo;interception de missiles ou publié des photos des dégâts causés par ces projectiles.</p>



<p>Dans plusieurs cas, des personnes ont été arrêtées pour avoir « glorifié » un État hostile et ses dirigeants militaires, semble-t-il en référence au fait d’exprimer de la sympathie envers l’Iran, de republier des contenus en ligne marquant sa solidarité avec le peuple iranien ou de rendre hommage au défunt Guide suprême et commandant en chef de l’Iran, Ali Khamenei.</p>



<p>Dans certains États du Conseil de coopération du Golfe (CCG), des enquêtes ou des poursuites ont été diligentées contre des personnes accusées d&rsquo;avoir diffusé des « informations trompeuses » ou des « fausses nouvelles, rumeurs ou propagande provocatrice », y compris des contenus générés par l’intelligence artificielle ou des vidéos prétendant à tort que des incidents s&rsquo;étaient produits.</p>



<p>Au Koweït et à Bahreïn, les tribunaux pénaux ont prononcé des peines de prison comprises entre trois et 10 ans à l&rsquo;encontre de dizaines de personnes à l&rsquo;issue de procès menés à la hâte pour publication ou partage de contenus liés à la guerre. Après le début de la guerre, les autorités d’Oman, à l&rsquo;instar d’autres États du CCG, ont averti le 3 mars que les personnes ayant diffusé « des rumeurs et des informations non vérifiées » devraient rendre des comptes au regard de la loi. Par la suite, elles n&rsquo;ont annoncé aucune arrestation liée à la liberté d&rsquo;expression.</p>



<p>« Depuis le début de la guerre, les informations rendues publiques par les États du Golfe sont extrêmement limitées, ces derniers cherchant à contrôler le discours sur l’impact des attaques iraniennes sur la vie quotidienne dans ces pays. Cette mainmise sur l’information, tout particulièrement en temps de guerre, contribue au climat de confusion et il devient difficile pour les citoyen·ne·s d’avoir accès aux informations dont ils ont besoin. En outre, cela complexifie le recensement des dégâts causés par les frappes iraniennes », a déclaré Heba Morayef.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Koweït</h4>



<p>Entre le 1er et le 30 mars, le gouvernement koweïtien a annoncé l&rsquo;arrestation de 33 personnes, dont au moins trois femmes et un étranger. Selon le ministère de l&rsquo;Intérieur, parmi les personnes arrêtées depuis le début de la guerre, certaines sont accusées d&rsquo;avoir publié des contenus soutenant des « groupes terroristes », partagé des vidéos jugées préjudiciables à la sécurité nationale ou « se moquant des services de sécurité », « diffusé de fausses informations » ou utilisé des drones pour filmer sans autorisation.</p>



<p>Au Koweït, le nombre de poursuites judiciaires signalées dépasse largement le nombre d&rsquo;arrestations signalées. Le 23 avril, et les 1er et 7 mai, un tribunal de sûreté de l’État de première instance, mis sur pied début avril et doté d’une compétence exclusive pour les infractions liées à la sécurité intérieure et extérieure de l’État, a rendu des jugements à l’encontre de 204 prévenus pour avoir exprimé leur sympathie envers « l’agression iranienne », « incité au conflit sectaire » et « diffusé de fausses informations », selon les médias locaux.</p>



<p>La plupart des accusés ont écopé de peines avec sursis, certains ont été acquittés, tandis que 23 ont été condamnés à trois ans de prison, un à cinq ans et un autre à 10 ans.</p>



<p>Parmi les personnes arrêtées et jugées figurait le journaliste de premier plan Ahmed Shihab Eldin, interpellé le 3 mars par des agents en civil sans mandat, au seul motif qu’il avait relayé des images liées à la guerre mises en ligne par des médias internationaux. Il a été détenu pendant 52 jours, puis traduit en justice pour diffusion de fausses informations, atteinte à la sécurité nationale et utilisation abusive de son téléphone portable. Le 23 avril, il a été acquitté pour un chef d&rsquo;accusation et condamné à du sursis pour les deux autres.</p>



<p>Début mars, un autre homme a été interpellé pour avoir publié des messages rendant hommage au défunt Guide suprême et commandant en chef de l’Iran, Ali Khamenei. Il a été détenu au secret pendant cinq jours, pendant lesquels il a été retenu dans les locaux des services de la Sûreté de l&rsquo;État, où il a été interrogé en l’absence d’un avocat. Par la suite, le procureur a ouvert une enquête à son encontre pour « atteinte aux intérêts nationaux », « mauvaise utilisation d&rsquo;un téléphone portable », « incitation au conflit sectaire » et « entrave à l’unité nationale ».</p>



<p>Depuis le début de la guerre, le Koweït a adopté une série de mesures législatives et judiciaires de grande envergure qui élargissent considérablement les pouvoirs de l&rsquo;État au nom de la « lutte contre le terrorisme » et de la protection de la sécurité nationale. Le 15 mars, le Conseil des ministres a promulgué la Loi n° 47 de 2026 relative à la lutte contre le terrorisme, qui donne une définition large des « actes terroristes » afin d’englober les actes visant à « contraindre une autorité publique à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque », par exemple des actions à caractère politique visant à influencer les décisions du gouvernement, et qui remplace la peine de réclusion à perpétuité par la peine de mort. Le même jour a été promulguée la Loi n° 13 de 2026, qui érige en infraction la diffusion de « fausses rumeurs » concernant des structures militaires, passible d&rsquo;une peine pouvant aller jusqu&rsquo;à 10 ans de prison.</p>



<p>Le 13 avril, le Koweït a adopté des modifications à la Loi sur la nationalité koweïtienne, qui permettent de retirer la nationalité à des individus « si les intérêts suprêmes de l’État ou sa sécurité extérieure l’exigent » ou si les autorités disposent de « preuves solides attestant qu’une personne promeut des principes susceptibles de porter atteinte au système économique, social ou politique du pays, ou qu’elle appartient à une organisation politique étrangère ».</p>



<p>Le 26 avril, les autorités ont annoncé avoir déchu plus de 1 200 personnes de leur nationalité en vertu d’un décret émis par l’émir, sans plus de précisions. Selon deux personnes vivant au Koweït, ces décisions de déchéance de nationalité instaurent un climat de peur et dissuadent les gens d’exercer leur droit à la liberté d’expression. Le Koweït avait déjà déchu de leur nationalité certains détracteurs du pouvoir en 2024.</p>



<p>Le 7 mai, le père de Fawaz Al Kathiri, un Koweïtien installé au Royaume-Uni qui critique le gouvernement, a été déchu de sa nationalité, ainsi que toutes les personnes ayant acquis la nationalité grâce à lui. Avant cette mesure, Fawaz Al Kathiri avait publié des vidéos mettant en cause la réponse du Koweït aux attaques iraniennes et les arrestations en raison de publications liées à la guerre sur les réseaux sociaux, parmi d&rsquo;autres vidéos critiquant le gouvernement. Le décret pris par l&rsquo;émir ne précisait pas les motifs de cette déchéance. En juillet 2025, les autorités avaient déjà déchu Fawaz Al Kathiri de sa nationalité, ainsi que ses enfants, sans fournir de justification.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Bahreïn</h4>



<p>Entre le 1er et le 14 mars, les autorités bahreïnites ont annoncé l&rsquo;arrestation de 47 personnes – dont six étrangers – pour des contenus en ligne liés aux attaques iraniennes. Le 1er mars, elles avaient mis en garde la population contre la publication ou la diffusion de rumeurs, d&rsquo;informations ou d&rsquo;actualités « n’émanant pas des autorités officielles du Royaume ».</p>



<p>D’après des documents rassemblés par plusieurs organisations et défenseur·e·s des droits humains bahreïnites, notamment le Centre Al Amal pour les droits humains et la justice et l&rsquo;Institut de Bahreïn pour les droits et la démocratie, et transmis à Amnesty International, le nombre d’arrestations dans le cadre de la répression liée au conflit est bien plus élevé.</p>



<p>Selon ces documents, au 5 mai, plus de 303 personnes avaient été interpellées à Bahreïn, notamment à la suite des manifestations organisées en hommage à l&rsquo;ancien Guide suprême et commandant en chef de l&rsquo;Iran, Ali Khamenei. Au moins 38 d&rsquo;entre elles ont ensuite été libérées, d’après des organisations et des militant·e·s qui défendent les droits humains.</p>



<p>D’après un avocat représentant plusieurs détenus, au moins six d&rsquo;entre eux n’avaient pas pu consulter d’avocat au moment des interrogatoires et les avocats n’avaient pas pu entrer dans les bâtiments du parquet.</p>



<p>Parmi les personnes arrêtées figurait Mansour Yassin, un artiste de 26 ans, au motif qu’il avait réalisé une illustration représentant la main de l&rsquo;ancien Guide suprême et commandant en chef de l&rsquo;Iran. Aux côtés de cinq personnes, il a été accusé d&rsquo;avoir « exprimé de la sympathie » et « glorifié les actes hostiles » de l&rsquo;Iran. Il a été détenu pendant environ un mois avant d&rsquo;être remis en liberté.</p>



<p>Les 28 avril et 12 mai, le ministère public a annoncé dans deux communiqués distincts qu’un tribunal pénal avait condamné 34 personnes à des amendes et à des peines allant d’un à 10 ans de prison pour avoir soutenu et approuvé « les attaques terroristes de l’Iran contre le Royaume », « obtenu et diffusé des données sensibles interdites », « photographié des lieux soumis à des restrictions d’accès » et « diffusé de fausses informations et des rumeurs sur les réseaux sociaux ».</p>



<p>Le 27 avril, les autorités avaient annoncé retirer la nationalité à 69 personnes, ainsi qu’à leurs familles, au motif qu’elles avaient exprimé leur sympathie ou glorifié « les actes criminels et hostiles de l’Iran » ou « s’étaient rendues complices de parties externes ». Le lendemain, le Parlement bahreïnite a adopté un décret royal afin de modifier la loi régissant le système judiciaire, qui supprime le réexamen des questions de citoyenneté et interdit de contester ou de faire appel des décisions de déchéance de nationalité.</p>



<p>Amnesty International a recensé le cas d’une personne déchue de sa nationalité, tout comme un membre de sa famille. Aucun des deux n’a été officiellement inculpé. Le 18 mars, Ali a été convoqué par téléphone à la Direction générale de la police chargée de la cybercriminalité, sans être informé du motif. Il s&rsquo;est rendu le jour même au Bureau de la cybercriminalité, où des agents l&rsquo;ont interrogé au sujet d&rsquo;une vidéo qu&rsquo;il avait relayée sur les réseaux sociaux le 28 février, montrant une attaque iranienne contre une base américaine à Bahreïn.</p>



<p>Ali a expliqué avoir informé les policiers qu’il avait supprimé la vidéo environ trois heures après l’avoir republiée, et qu’il avait ensuite partagé un communiqué du ministère de l’Intérieur enjoignant de ne pas diffuser de vidéos des attaques. Les policiers ont examiné son téléphone portable et confirmé son témoignage. Ils ont alors expliqué qu’il s’agissait d’un malentendu et que, son casier judiciaire étant vierge, il lui suffisait de signer un engagement confirmant sa loyauté envers Bahreïn et promettant de ne pas publier de contenu susceptible de nuire au pays, ce qu’il a fait.</p>



<p>Le 27 avril, les services bahreïnites de l’immigration ont convoqué Ali et lui ont demandé de remettre sa carte d’identité nationale ainsi que celles des membres de sa famille, l’informant que leur nationalité avait été révoquée. Il a remis les documents le lendemain. Lorsqu’il a demandé quels étaient les motifs, les employés lui ont répondu qu’il s’agissait de « décisions souveraines » et qu’ils « ne faisaient qu’obéir aux ordres ».</p>



<p>Le 9 mai, les autorités bahreïnites ont expulsé Ali et un membre de sa famille vers un autre pays après leur avoir délivré des passeports valables un an portant la lettre « R », qui pourrait signifier « Révoqué ».</p>



<p>Le droit international relatif aux droits humains interdit formellement toute privation arbitraire de la nationalité, et les États ne sauraient priver des individus ou leurs familles de leur citoyenneté pour les punir d’avoir exprimé pacifiquement des opinions politiques ou des sympathies présumées. Lorsque les autorités invoquent une implication dans des actes hostiles ou violents, la révocation de la nationalité doit malgré tout reposer sur des preuves claires et individualisées, respecter la procédure régulière et satisfaire aux critères de légalité, d’objectif légitime, de nécessité et de proportionnalité.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Émirats arabes unis</h4>



<p>Le 3 mars, la Direction de la sûreté de l’État des Émirats arabes unis a publié des directives interdisant aux habitant·e·s de photographier, de publier ou de diffuser des contenus non confirmés ou inventés, pour des raisons de sécurité. Du 3 mars au 8 avril, les autorités émiriennes ont annoncé avoir interpellé et placé en détention au moins 375 personnes. Selon les déclarations officielles, elles sont accusées d&rsquo;avoir commis des actes tels que la publication et la diffusion de vidéos ou d&rsquo;autres contenus visuels, réels ou fabriqués de toutes pièces, qui ne constituent pas des infractions reconnues par le droit international. Lors d&rsquo;un incident survenu le 20 mars, la police d&rsquo;Abou Dhabi a annoncé l&rsquo;arrestation de 109 ressortissants de différents pays ayant « filmé des lieux et des événements et diffusé de fausses informations via les plateformes de réseaux sociaux », ce qui pourrait « influencer l&rsquo;opinion publique et propager des rumeurs ». Des communiqués officiels ont précisé qu’elles avaient été arrêtées pour avoir « publié des contenus glorifiant un État hostile ainsi que ses dirigeants politiques et militaires ».</p>



<p>En vertu du droit international, le fait de filmer une zone touchée par une frappe aérienne et de diffuser des vidéos, des reportages ou des opinions en lien avec un conflit est protégé de façon générale par le droit à la liberté d’expression et ne saurait constituer un motif d’arrestation ou de poursuites pénales. Une arrestation ou des poursuites pour ce type d’activités doit respecter les principes de légalité, d’objectif légitime, de nécessité et de proportionnalité. </p>



<p>Fin mars, des médias ont relaté que des dizaines de ressortissants britanniques avaient été placés en détention aux Émirats arabes unis pour avoir photographié ou filmé les attaques iraniennes, que la police procédait à des inspections systématiques des téléphones dans les zones touchées par les frappes de drones, et que des dizaines de comptes de médias influents ayant partagé des vidéos des attaques n&rsquo;étaient plus accessibles aux utilisateurs des Émirats arabes unis.</p>



<p>En mars 2026, les autorités émiriennes ont demandé à Meta de restreindre l&rsquo;accès à 18 comptes Facebook et Instagram au motif qu&rsquo;ils « rendaient compte de conflits géopolitiques régionaux et de l&rsquo;évolution de la situation en matière de sécurité ». Meta a conclu que ces contenus ne violaient pas les Règles de sa communauté, mais a néanmoins restreint l&rsquo;accès à ces comptes.</p>



<p>Aux Émirats arabes unis, la loi relative à la cybercriminalité, la Loi fédérale n° 34 de 2021, interdit de partager des informations jugées « trompeuses » ou préjudiciables à la « réputation de l&rsquo;État ». Elle s&rsquo;applique en parallèle du Code pénal et d&rsquo;autres lois relatives à la sécurité nationale qui criminalisent la critique des autorités, la diffusion d&rsquo;informations sensibles et toute expression considérée comme sapant les institutions de l&rsquo;État.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Qatar</h4>



<p>Le 28 février, les autorités qatariennes ont lancé un avertissement général, enjoignant à la population de s&rsquo;abstenir de donner crédit aux rumeurs, de relayer des vidéos non vérifiées ou de partager des contenus sensibles. Elles ont ensuite annoncé l&rsquo;arrestation de 313 ressortissants de différents pays entre le 28 février et le 9 mars. Ils sont accusés d’avoir filmé et partagé des vidéos, et diffusé des « informations trompeuses » et des rumeurs susceptibles d’« agiter l&rsquo;opinion publique », ce qui ne constitue pas des infractions reconnues par le droit international.</p>



<p>En vertu de la loi qatarienne de 2014 relative à la cybercriminalité, les autorités érigent en infractions la création ou la diffusion de contenus en ligne jugés contraires aux « valeurs sociales », à « l&rsquo;ordre public » et à d’autres dispositions générales et vagues qui permettent aux autorités de restreindre le droit à la liberté d&rsquo;expression, y compris la dissidence pacifique.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Arabie saoudite</h4>



<p>Le 2 mars, le ministère saoudien de l&rsquo;Intérieur a publié une mise en garde d’ordre général, enjoignant à la population de se fier exclusivement aux sources officielles pour s&rsquo;informer. Contrairement à d&rsquo;autres États du Conseil de coopération du Golfe (CCG), il n’a pas annoncé par la suite d’arrestation liée à la liberté d&rsquo;expression.</p>



<p>Toutefois, Amnesty International a constaté qu&rsquo;au moins trois étrangers en Arabie saoudite avaient été placés en détention en raison de publications en ligne liées à la guerre. En mars, des sources diplomatiques ont fait état de l&rsquo;arrestation de ressortissants de leur pays dans deux affaires concernant le Népal et les Philippines, tandis qu’Amnesty International a recensé une arrestation liée à des propos sur la guerre.</p>



<p>Une personne a été placée en détention après avoir partagé des vidéos de frappes aériennes, et une autre pour avoir diffusé des vidéos et d&rsquo;autres contenus jugés « trompeurs » par les autorités au sujet de la guerre. Une troisième a été arrêtée après avoir exprimé sa sympathie envers d&rsquo;autres parties au conflit.</p>



<p>Selon Meta, en avril 2026, l&rsquo;Arabie saoudite lui a demandé de restreindre l&rsquo;accès à 144 comptes et pages sur les réseaux sociaux en raison de contenus liés à « des conflits géopolitiques régionaux, l’évolution de la situation en matière de sécurité, la satire politique » ou « jugés contraires aux sensibilités religieuses », en invoquant la loi relative à la lutte contre la cybercriminalité. Meta a supprimé ces contenus ou en a restreint l&rsquo;accès.</p>



<p>Ces restrictions alimentent un climat de peur. Ainsi, après une frappe contre un complexe pétrochimique, un ouvrier a partagé des photos des dégâts, mais les a supprimées presque immédiatement par crainte des représailles. Alors qu’il quittait son dortoir, des responsables ont fouillé son téléphone et ceux de ses collègues pour s’assurer qu’aucune information n’avait été relayée.</p>



<p>Un journaliste basé à Riyadh, s&rsquo;exprimant sous couvert d&rsquo;anonymat, a confié que ces restrictions entravent considérablement leur capacité à identifier des témoins et à recueillir des informations : « Personne ne parle ouvertement de ce qui se passe ni de ce qu’il ressent. On ne peut pas savoir ce que les gens pensent de ces restrictions, en raison du climat de méfiance qui s’ajoute à la peur des frappes. » </p>



<p>En Arabie saoudite, de nombreuses formes d&rsquo;expression, notamment en ligne, sont érigées en infractions car perçues comme critiques à l&rsquo;égard des politiques et des pratiques des dirigeants. Émerge ainsi un environnement informatif extrêmement restrictif, où le journalisme indépendant est bridé et où les sources officielles proches du pouvoir dominent.</p>
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		<title>Monde. Les énormes pipelines de données qui alimentent les principaux systèmes d’IA générative reposent intrinsèquement sur des intrusions massives dans la vie privée</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/monde-les-enormes-pipelines-de-donnees-qui-alimentent-les-principaux-systemes-dia-generative-reposent-intrinsequement-sur-des-intrusions-massives-dans-la-vie-privee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 16:26:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Responsabilité des entreprises]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Monde. Les énormes pipelines de données qui alimentent les principaux systèmes d’IA générative reposent intrinsèquement sur des intrusions massives dans la vie privée Des entreprises extraient des quantités astronomiques de précieuses données en ligne en moissonnant illégalement le web pour élaborer leurs produits d’intelligence artificielle (IA) générative, ce d’une manière qui permet des intrusions massives [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Monde. Les énormes pipelines de données qui alimentent les principaux systèmes d’IA générative reposent intrinsèquement sur des intrusions massives dans la vie privée</h2>



<p>Des entreprises extraient des quantités astronomiques de précieuses données en ligne en moissonnant illégalement le web pour élaborer leurs produits d’intelligence artificielle (IA) générative, ce d’une manière qui permet des intrusions massives dans la vie privée, rendant ces systèmes illégaux par leur conception même, a déclaré Amnesty International dans un nouveau rapport ce jeudi 28 mai.</p>



<p>Ce rapport, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/POL-40_0996_2026-English.pdf"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Unlawful by Design: Exposing the Human Rights Costs of Generative AI</strong></em></span></a>, fait état des graves risques liés au moissonnage et au traitement de données à grande échelle qui servent à mettre au point et entraîner ces systèmes, notamment les atteintes au droit à la vie privée inhérentes à la conception des outils concernés et les conséquences négatives pour l’environnement et les populations marginalisées de longue date.</p>



<p>« Des entreprises du monde entier proposent des produits d’IA générative mais, derrière l’image d’efficacité et de modernité qui est mise en avant, ces systèmes perpétuent les intrusions massives dans la vie privée par le moissonnage illégal de données sur le web – processus automatisé qui consiste à extraire des données, y compris personnelles, à partir de sites Internet, notamment des images et des traces laissées par les activités sur les réseaux sociaux, pour entraîner les modèles d’IA, a déclaré Likhita Banerji, responsable de l’Algorithmic Accountability Lab (Laboratoire pour la reddition de comptes quant à l’utilisation des algorithmes).</p>



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<p>« Les pipelines de données d’extraction, les choix inhérents à la conception faits par les entreprises technologiques et les chaînes d’approvisionnement reposant sur l’exploitation qui servent à élaborer les systèmes d’IA générative ont permis la création d’un modèle de développement technologique qui s’accompagne d’un risque d’atteintes massives aux droits humains. »</p>



<p>Amnesty International a mené des recherches sur les modèles qui alimentent certains des outils autonomes d’IA générative les plus prisés du grand public, dont GPT 3 (OpenAI), Gemini (Google), Llam (Meta), DeepSeek et les outils mis au point par Midjourney et Stable Diffusion.</p>



<p>Ces systèmes reposent sur l’extraction d’informations issues de milliards de messages et d’images publics en ligne, souvent sans le consentement explicite des personnes qui apparaissent dans ces contenus ou en sont à l’origine. Non seulement cela porte intrinsèquement atteinte au droit à la vie privée mais, à mesure que les ensembles de données alimentant les modèles d’IA se développent, les contenus haineux et discriminatoires qui figurent dans leurs résultats s’en trouvent également amplifiés, de même que les stéréotypes et les préjugés négatifs, en particulier ceux fondés sur la race ou le genre.</p>



<p>Les biais liés à la race, au genre et à la culture sont des caractéristiques récurrentes des systèmes d’IA générative ; ils découlent du fait que les données d’entraînement sont extraites en grande partie du web et sont par conséquent polluées par les préjugés réels que subissent les populations marginalisées de longue date. En outre, les systèmes d’IA générative comportent des risques pour le droit à la liberté de pensée car ils sont capables d’influencer les opinions des utilisateurs·trices et de façonner leurs convictions personnelles au moyen de suggestions prédictives. Cela est d’autant plus vrai pour les modèles de grande ampleur, qui reposent sur un énorme volume de données d’entraînement.</p>



<p>« Ces choix ne sont pas une fatalité. Nous devons remettre en cause les choix de conception faits par les entreprises qui élaborent des systèmes d’IA générative à partir de données d’entraînement, notamment de données personnelles, qui sont extraites sans le consentement des personnes intéressées et à grande échelle, a déclaré Likhita Banerji.</p>



<p>« Il s’agit de l’une des pratiques les plus scandaleuses des entreprises d’IA qui agissent au mépris des droits humains, et ce problème doit être pris à bras-le-corps sans tarder. Il est encore possible d’impulser une autre trajectoire au développement technologique si les autorités prennent de toute urgence des mesures correctives. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Un coût environnemental élevé</h4>



<p>Le développement des entreprises d’IA générative s’amplifie et s’accélère, de même que les besoins en matière d’infrastructures et les coûts environnementaux qui en découlent.</p>



<p>Pour fonctionner, les modèles à grande échelle ont des besoins de traitement élevés qui nécessitent des puces à plus forte concentration d’énergie, des centres de données de plus grande envergure et, par conséquent, davantage d’énergie et d’eau. La production d’IA générative a souvent des conséquences néfastes pour les populations marginalisées de longue date étant donné que les terres et les ressources qui leur appartiennent sont exploitées pour construire des centres de données et satisfaire les besoins de traitement.</p>



<p>Le rapport sur la durabilité publié par l’entreprise Google elle-même en 2024 indiquait une hausse stupéfiante de 48 % de ses émissions de gaz à effet de serre depuis 2019, imputable aux centres de données et aux chaînes d’approvisionnement. De même, les émissions de Microsoft ont augmenté de 29 % entre 2020 et 2024 du fait des processus opérés par les centres de données à l’appui de l’IA.</p>



<p>L’utilisation intensive de ressources pour la production d’IA générative a amené plusieurs communautés, de Cerrillos (Chili) à Querétaro (Mexique), en passant par l’Arizona (États-Unis d’Amérique), à s’opposer à l’installation de centres de données dans des zones déjà gravement touchées par des sécheresses et des pénuries d’électricité.</p>



<p>Dans le cadre de son processus de recherche, Amnesty International a écrit à Google, OpenAI, Meta, Stability AI, Midjourney et DeepSeek pour que ces entreprises puissent exercer leur droit de réponse face aux conclusions du rapport de recherche, selon lequel leurs modèles reposent sur le moissonnage illégal de données en ligne, outre de nombreuses autres préoccupations quant aux droits humains.</p>



<p>Amnesty International a également écrit à Intel et VMware à propos des risques de discrimination et à Google, Microsoft et Amazon au sujet des préjudices environnementaux associés à leurs systèmes d’IA générative et aux infrastructures sur lesquelles ils s’appuient. Au moment de la publication du rapport, seuls Microsoft, Amazon, Intel, OpenAI et Meta avaient répondu à Amnesty International. Leurs réponses sont résumées dans le rapport.</p>



<p>Amnesty International appelle les États à interdire les systèmes autonomes d’IA générative dont la création repose sur le moissonnage illégal de données en ligne – activité qui consiste à collecter en bloc et à grande échelle des données d’entraînement sur Internet. Les entreprises doivent cesser sans délai de moissonner illégalement et sans le consentement des personnes concernées des données personnelles sur le web aux fins de l’entraînement de l’IA, et les États doivent amener les entreprises à répondre de leur participation à de quelconques atteintes aux droits humains liées à leurs choix de conception et leur modèle d’activité.</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Le rapport fournit une analyse, sous l’angle des droits humains, des pipelines de données qui alimentent les produits d’IA générative, notamment les étapes de collecte, d’analyse et de traitement des données, qui sont cruciales pour le fonctionnement général de ces systèmes. Plus particulièrement, il décrit dans le détail les paramètres et les incidences des choix de conception liés aux données d’entraînement des modèles d’IA générative, en mettant l’accent sur les méthodes et les sources concernant la collecte et le traitement des données, la transposition du modèle à plus grande échelle et les résultats issus des données.</p>



<p>Amnesty International entend par outils autonomes d’IA générative les produits conçus, déployés et commercialisés exclusivement et spécifiquement dans l’optique de leurs capacités d’IA générative, comme les robots conversationnels, les générateurs d’image/de vidéo/d’audio/de texte, etc. Elle n’y inclut pas les suites de produits dans lesquelles l’IA générative n’est qu’une caractéristique ou une fonctionnalité additionnelle, telles que les logiciels de traitement de texte comprenant une option d’IA générative.</p>
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		<title>Iran. Des arrestations arbitraires et des exécutions politiques de masse témoignent de l’intensification de la répression</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/iran-des-arrestations-arbitraires-et-des-executions-politiques-de-masse-temoignent-de-lintensification-de-la-repression/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 15:24:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Peine de mort]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Iran. Des arrestations arbitraires et des exécutions politiques de masse témoignent de l’intensification de la répression Les autorités iraniennes prétextent des « conditions de guerre » pour intensifier leur répression de la dissidence par des arrestations arbitraires de masse, des procédures judiciaires accélérées et manifestement iniques, des exécutions motivées par des considérations politiques, de lourdes [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Iran. Des arrestations arbitraires et des exécutions politiques de masse témoignent de l’intensification de la répression</h2>



<p>Les autorités iraniennes prétextent des « conditions de guerre » pour intensifier leur répression de la dissidence par des arrestations arbitraires de masse, des procédures judiciaires accélérées et manifestement iniques, des exécutions motivées par des considérations politiques, de lourdes peines d’emprisonnement et des saisies de biens, a déclaré Amnesty International ce jeudi 28 mai.</p>



<p>Depuis l’attaque militaire illégale lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février 2026, les autorités iraniennes ont arrêté arbitrairement plus de 6 000 personnes, notamment des manifestant·e·s, des journalistes, des avocat·e·s, des défenseur·e·s des droits humains, des dissident·e·s et des membres de minorités ethniques et religieuses. Des responsables du système judiciaire ont ordonné des procédures accélérées contre les personnes arrêtées, y compris pour des charges passibles de la peine capitale, sur fond de préoccupations généralisées quant aux disparitions forcées, aux actes de torture et autres mauvais traitements, ainsi qu’au recours aux « aveux » forcés dans le cadre de simulacres de procès manifestement iniques. Au cours de la même période, les autorités ont infligé des peines d’emprisonnement de plusieurs décennies et procédé à 39 exécutions politiques au moins.</p>



<p>Les autorités ont isolé de manière systématique plus de 90 millions de personnes en bloquant l’accès à Internet, violant ainsi le droit à la liberté d’information pendant cette coupure de 88 jours, la plus longue et la plus étouffante jamais enregistrée jusqu’à présent, tout en érigeant en infraction l’activité en ligne sous prétexte d’« espionnage », charge passible de la peine de mort. L’accès à Internet a été rétabli, avec des restrictions, le 26 mai 2026.</p>



<p>« Les autorités iraniennes exploitent la crise pour mettre encore plus à mal les droits humains du peuple iranien, qui subit déjà les conséquences dévastatrices des frappes aériennes illégales menées par les forces états-uniennes et israéliennes, ainsi que de plusieurs décennies de crimes de droit international imputables à la République islamique, a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice générale de la recherche, des politiques, du travail de plaidoyer et des campagnes à Amnesty International.</p>



<p>« Pour conserver la mainmise sur le pouvoir, les autorités ont lancé une attaque totale contre la population d’Iran, prenant pour cible toute personne qui ose critiquer la République islamique, partager avec le monde extérieur des informations sur les frappes aériennes états-uniennes ou israéliennes ou sur les violations des droits humains, ou simplement tenter de contourner ce qui est devenu le plus long blocage de l’accès à Internet jamais enregistré pour communiquer avec des proches ou accéder à des informations indépendantes.</p>



<p>« Les autorités iraniennes doivent lever toutes les restrictions qui entravent encore l’accès à Internet et cesser d’imposer de tels blocages à la population iranienne. Elles doivent libérer toute personne détenue arbitrairement, protéger toutes les personnes détenues contre la torture et les autres formes de mauvais traitements, révéler ce qu’il est advenu des victimes de disparition forcée et où elles se trouvent, et cesser immédiatement toutes les exécutions, en vue d’établir un moratoire officiel sur la peine de mort. » Par ailleurs, les autorités ont ouvertement menacé de commettre de nouveaux homicides de masse contre toute personne exprimant une opinion dissidente ou réclamant la chute du régime de la République islamique et accusé les voix critiques de « trahison » et de « collaboration avec l’ennemi ».</p>



<p>Le silence imposé sur Internet par le régime depuis le 28 février 2026 est un obstacle majeur au recueil d’informations concernant des violations des droits humains. Pour les besoins de ce communiqué de presse, Amnesty International s’est entretenue avec 10 sources bien informées en dehors du pays, dont des proches de victimes, des défenseur·e·s des droits humains et des journalistes disposant d’informations sur les violations commises. L’organisation a également analysé des vidéos diffusées en ligne et a examiné des SMS officiels envoyés par les autorités, des déclarations officielles et des articles de médias étatiques, ainsi que des articles de médias indépendants et d’organisations des droits humains basés à l’étranger.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L’utilisation d’Internet érigée en infraction</h4>



<p>La répression généralisée a coïncidé avec un blocage national sans précédent de l’accès au réseau Internet mondial, qui a duré 88 jours. Le 25 mai 2026, le président Masoud Pezeshkian a ordonné au ministère des Technologies de l’information et de la communication de rétablir l’accès au web mondial. Ce rétablissement a débuté le lendemain, malgré le maintien de certaines restrictions, notamment en ce qui concerne l’accès aux applications de réseaux sociaux et le filtrage en place. À ce jour, on ignore si l’accès à Internet sera maintenu, compte tenu des annonces contradictoires des organes officiels, notamment du centre de presse du pouvoir judiciaire, qui semblent remettre en question la légalité de la décision présidentielle concernant le rétablissement de l’accès à Internet. Des inquiétudes demeurent également quant à la censure, à la surveillance et aux poursuites contre les personnes tentant de contourner les restrictions au moyen de VPN.</p>



<p>Le blocage de l’accès à Internet a été l’un des piliers centraux de la stratégie de répression adoptée par les autorités, créant des conditions dans lesquelles des crimes de droit international peuvent être perpétrés en toute impunité.</p>



<p>Les autorités ont introduit un système discriminatoire d’accès à Internet à plusieurs niveaux qui ne permet qu’à une poignée d’utilisateurs·trices préautorisés, y compris celles et ceux appartenant à des institutions étatiques ou à certains secteurs professionnels approuvés, d’accéder de manière moins restreinte à l’Internet mondial au moyen de services « Internet Pro » tout en privant la population générale d’accès à Internet et de moyens de communication en son sein et avec le monde extérieur. Étant donné que l’accès par Internet Pro était lié aux cartes SIM enregistrées par les utilisateurs et aux systèmes de vérification d’identité, de nombreuses personnes se sont dites préoccupées par le fait que l’État pouvait exercer une surveillance.</p>



<p>Les autorités criminalisent activement les efforts déployés par la population pour accéder à Internet.</p>



<p>La police iranienne, connue sous l’acronyme FARAJA, le ministère du Renseignement et le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) ont adressé des avertissements directs par SMS à des particuliers, traitant les activités en ligne ordinaires comme une question de sécurité nationale et menaçant les personnes qui accédaient au réseau Internet mondial au moyen de VPN ou de connexions par satellite d’arrestation, de poursuites, de saisie de biens et d’autres sanctions en vertu de la Loi relative à la lutte contre l’espionnage, qui prévoit la peine de mort.</p>



<p>Les SMS examinés par Amnesty International indiquent que les autorités ont envoyé des messages coercitifs à des personnes, identifiées dans le cadre de leur activité numérique, qui contournent les restrictions concernant le web. Ces messages accusaient explicitement les destinataires d’avoir commis des infractions pénales, en référence à l’utilisation de certaines adresses IP, de VPN ou de l’Internet par satellite. Les autorités ont menacé de prendre des mesures, notamment de bloquer les services de téléphonie mobile et les cartes SIM et de saisir la justice, tout en avertissant que tout lien présumé avec des « États hostiles » ou le « régime sioniste » entraînerait des poursuites en vertu de la Loi relative à la lutte contre l’espionnage.</p>



<p>L’un de ces messages envoyés par la FARAJA, qu’Amnesty International a pu consulter, indiquait à une personne que sa ligne serait bloquée si elle continuait à accéder à Internet. Deux messages adressés à d’autres personnes expliquaient que leur utilisation « non autorisée » et « illégale » d’Internet grâce à des VPN et des proxys constituait « une infraction » et que tous leurs services de communication seraient bloqués. Ces trois messages menaçaient de saisir la justice, ce qui donnerait lieu à des poursuites judiciaires avec le risque de lourdes peines d’emprisonnement, voire de la peine de mort.</p>



<p>Amnesty International a examiné huit autres SMS envoyés par les autorités pour indiquer que le fait de photographier des zones endommagées par des frappes aériennes et de diffuser ces clichés dans des médias ou sur des plateformes en ligne était considéré comme relevant de la « collaboration avec l’ennemi » et aurait des conséquences juridiques. Les messages ordonnaient également aux personnes concernées de donner des informations sur autrui en cas d’« activité suspecte ».</p>



<p>Les autorités ont dépeint l’utilisation de technologies permettant d’accéder à Internet par d’autres moyens en contournant le blocage, en particulier les systèmes satellitaires Starlink, comme une forme d’espionnage ou de « collaboration avec des États hostiles ». Dans une déclaration du 17 mars 2026, le ministère du Renseignement a annoncé que des « centaines » de dispositifs Starlink avaient été saisis et a précisé que l’acquisition ou l’utilisation de tels systèmes était une infraction pénale passible de la peine capitale.</p>



<p>Le blocage prolongé d’Internet a détruit des moyens de subsistance dans tout l’Iran, entraînant l’effondrement de petites entreprises et réduisant à néant les revenus de millions de personnes dépendantes de la connectivité numérique, selon des médias proches du régime basés en Iran.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Arrestations arbitraires massives, poursuites et gels d’actifs</h4>



<p>Les autorités ont arrêté arbitrairement des milliers de personnes, dont des enfants, dans tout le pays au prétexte de la sécurité nationale, y compris pour des actes pacifiques protégés par le droit international relatif aux droits humains. Le 17 mai 2026, le chef de la police iranienne, Ahmadreza Radan, a annoncé que plus de 6 500 « traîtres et espions » avaient été arrêtés depuis le 28 février 2026. Des arrestations de masse ont eu lieu dans différentes provinces du pays, selon des représentants des autorités iraniennes et des médias étatiques, notamment dans les provinces d’Alborz, d’Ardebil, d’Ispahan, du Fars, du Guilan, du Golestan, de Hamedan, d’Ilam, de Kerman, du Khuzestan, du Lorestan, de Markazi, du Khorassan du Nord, de Qazvin, de Qom, de Semnan, de Téhéran, de l’Azerbaïdjan occidental et de Yazd.</p>



<p>Des représentants des autorités et des médias étatiques ont dénigré systématiquement les personnes arrêtées, les qualifiant de « traîtres », de « terroristes », de « mercenaires », de « groupes contre-révolutionnaires », d’« agents de puissances étrangères » et de « collaborateurs ennemis ».</p>



<p>Parmi les accusations portées contre les personnes détenues, telles qu’annoncées par les autorités et relayées par les médias étatiques, figuraient la collaboration présumée avec Israël et/ou les États-Unis, la possession, la vente ou l’utilisation de matériel Starlink, la diffusion de contenu lié au conflit sur les réseaux sociaux, l’expression d’opinions en faveur des frappes aériennes contre la République islamique et/ou le fait de se réjouir de la mort de hauts responsables, l’envoi d’images de sites touchés par les frappes aériennes israéliennes et états-uniennes à des médias « hostiles », y compris des médias de langue persane basés à l’étranger, la diffusion de fausses informations et de rumeurs en vue de perturber l’opinion publique, l’écriture de slogans dans des lieux publics, la coopération avec des médias « terroristes », l’« outrage à l’indépendance et à la liberté de l’Iran et au caractère sacré de l’islam » et les « activités de propagande contre le pays, le drapeau et les symboles nationaux et religieux ». </p>



<p>Les déclarations officielles, les informations recueillies par Amnesty International auprès des familles de victimes et de défenseur·e·s des droits humains, ainsi que les articles publiés par des médias et des organisations de défense des droits humains situés en dehors de l’Iran, indiquent que les autorités se sont également servies de la guerre comme prétexte pour briser la société civile. Les autorités ont arrêté arbitrairement, menacé et/ou convoqué des centaines de manifestant·e·s, de défenseur·e·s des droits humains, d’avocat·es, de journalistes et d’autres professionnel·le·s des médias, de militant·e·s de la société civile, de militant·e·s des droits du travail, d’étudiant·e·s, d’enseignant·e·s, de familles de manifestant·e·s en quête de justice et de passant·e·s tués illégalement ou exécutés arbitrairement, de minorités ethniques, notamment les Arabes ahwazis, les Baloutches et les Kurdes, et de minorités religieuses, dont les baha’i·e·s et les chrétien·ne·s.</p>



<p>Des avocat·e·s représentant des personnes inculpées dans des affaires motivées par des considérations politiques figurent parmi les personnes prises pour cible. Par exemple, selon des groupes de défense des droits humains, le parquet de Téhéran a convoqué Amir Raisian et Milad Panahipour le 29 avril 2026 et les a inculpés de « diffusion de mensonges » et de « propagande contre le régime » pour avoir soulevé publiquement des préoccupations quant au déroulement de la procédure visant leur client, Ehsan Hosseinipour Hesarloo, 18 ans, qui risque d’être exécuté en lien avec les manifestations de janvier 2026.</p>



<p>Dans le cadre de la répression de la dissidence, les autorités judiciaires ont émis des décisions de grande ampleur ordonnant le recensement, le gel et la saisie d’actifs, notamment de comptes bancaires, de biens immobiliers et d’autres actifs financiers, visant des personnes accusées de coopération avec des « États ennemis » ou des « médias hostiles ». En mars 2026, le pouvoir judiciaire a annoncé le déploiement d’un système numérique appelé « Saham » pour permettre le recensement et la saisie rapide des actifs des personnes qu’il qualifiait d’« agents terroristes et mercenaires affiliés à l’ennemi sioniste et à d’autres pays hostiles ». Depuis lors, les autorités ont annoncé avoir saisi les actifs de plus de 750 personnes qu’elles qualifient de « traîtres » et d’« agents ennemis » vivant à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Iran, notamment des journalistes de la diaspora.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Disparitions forcées, torture et « aveux » forcés</h4>



<p>Les autorités ont soumis des personnes à des détentions au secret, des disparitions forcées, des actes de torture et d’autres mauvais traitements, leur ont extorqué des « aveux » forcés et les ont privées d’avocat·e.</p>



<p>Parmi les personnes victimes de disparition forcée figurait l’éminente avocate et défenseure des droits humains Nasrin Sotoudeh, arrêtée arbitrairement à Téhéran le 1er avril 2026 et maintenue en captivité pendant environ six semaines. Selon une source bien informée, les autorités ont privé la famille de toute information sur le sort réservé à Nasrin Sotoudeh et l’endroit où elle se trouvait après son arrestation. Celle-ci a été libérée sous caution le 13 mai 2026.</p>



<p>Deux autres avocates spécialistes des droits humains, Astareh (Maryam) Ansari et Elham Zera’atpisheh, sont aussi victimes de disparition forcée depuis leur arrestation dans la province du Fars les 3 et 4 mai 2026, respectivement.</p>



<p>La journaliste et défenseure des droits humains Mary Mohammadi, convertie au christianisme, est victime d’une disparition forcée depuis fin février 2026. Selon une source bien informée, elle s’était rendue de Téhéran à Ahvaz (province du Khuzestan) et a été en contact avec sa famille jusqu’au 26 février 2026 environ, avant que la communication ne cesse. Les autorités ont refusé de dévoiler à sa famille où elle se trouvait et ce qu’il était advenu d’elle mais, d’après les informations recueillies par Amnesty International, elle a été placée initialement dans un centre de détention du ministère du Renseignement à Ahvaz avant d’être transférée dans un lieu inconnu le 2 avril 2026.</p>



<p>Dans un autre cas étudié par Amnesty International, les autorités ont soumis à une disparition forcée pendant plusieurs semaines un membre de la fratrie d’un défenseur des droits humains et professionnel des médias installé à l’étranger afin de faire pression sur cette personne pour qu’elle cesse de dénoncer les violations des droits humains en Iran.</p>



<p>Amnesty International craint que les personnes interpellées ne courent un grave risque, en particulier compte tenu des signalements d’actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements en détention ainsi que des morts en détention dans des circonstances suspectes.</p>



<p>Amnesty International a recueilli des informations sur des actes de torture et d’autres mauvais traitements infligés à des personnes détenues depuis le 28 février 2026, notamment des simulacres d’exécutions comme des fausses pendaisons et l’insertion d’un pistolet dans la bouche, des passages à tabac, la suspension par les mains et les pieds, la détention prolongée à l’isolement, ainsi que la privation de nourriture et de soins médicaux.</p>



<p>Les autorités ont aussi eu recours à des « aveux » forcés comme outils de propagande, diffusant des vidéos dans les médias étatiques avant des procédures judiciaires. Amnesty International a examiné 18 vidéos montrant des dizaines d’« aveux » forcés de personnes visiblement en état de stress « révélant » s’être livrées à des activités pacifiques comme la transmission de vidéos de frappes aériennes à des médias étrangers. Plusieurs vidéos ont été diffusées le jour des exécutions des personnes concernées.</p>



<p>Des personnes seraient également mortes en détention. Dans le cadre d’une affaire signalée à Amnesty International, Hesam Alaeddin est décédé en détention dans des circonstances douteuses. Selon une source bien informée, il avait été arrêté à Téhéran en avril 2026 alors qu’il cherchait des informations sur son frère, interpelé des semaines plus tôt pour possession présumée d’un appareil Starlink. Cette source a indiqué que les autorités avaient téléphoné à sa famille plusieurs semaines après son arrestation pour lui ordonner de récupérer son corps. Amnesty International ignore encore la date et les circonstances de son décès.</p>



<p>Dans une autre affaire, Hossein Ghavi (Silavi), appartenant à la minorité ethnique opprimée des Arabes ahwazis, est mort en détention après son arrestation par les services de renseignements du CGRI à Ahvaz (province du Khuzestan) fin mars 2026. Selon les informations émanant d’organisations de défense des droits humains basées hors d’Iran, les autorités l’avaient accusé d’avoir filmé des zones bombardées et envoyé les images à des médias situés à l’étranger. Le 2 avril 2026, les autorités ont téléphoné à sa famille et indiqué qu’il était mort, sans toutefois préciser la cause du décès.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Procès accélérés, exécutions et lourdes peines d’emprisonnement</h4>



<p>Les autorités ont de plus en plus recours à la peine de mort comme outil d’oppression politique, annonçant ouvertement des procédures judiciaires accélérées dans les affaires où les personnes mises en cause, accusées de collaboration présumée avec Israël et/ou les États-Unis, encourent la peine capitale.</p>



<p>La plus haute autorité judiciaire d’Iran, à savoir le responsable du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, a invoqué à maintes reprises la sécurité nationale et les « conditions de guerre » pour menacer des personnes de lourdes sanctions. Le 4 mars 2026, soit la première semaine des attaques américaines et israéliennes, il a prévenu que toute personne « agissant conformément aux souhaits et aux intérêts illégitimes de l’ennemi agresseur sera[it] traitée avec détermination et sévérité ».</p>



<p>Même après l’annonce d’un fragile cessez-le-feu, le 19 avril 2026, lors d’une réunion avec les membres du Conseil suprême du pouvoir judiciaire et les parquets provinciaux, Gholamhossein Mohseni Ejei a ordonné aux fonctionnaires d’accélérer les poursuites contre les « fantassins et complices de l’ennemi agresseur », soulignant la nécessité d’un traitement extrêmement rapide. D’autres fonctionnaires de justice de tout le pays, y compris les procureurs de Hamedan, du Khuzestan, de Qazvin, du Khorassan-e Razavi, de Semnan et d’autres provinces ont proféré des menaces analogues.</p>



<p>Depuis que le 28 février 2026, les autorités ont exécuté arbitrairement au moins 39 personnes pour des accusations à caractère politique, à l’issue de procès manifestement iniques entachés d’actes de torture. Parmi ces personnes figuraient 16 manifestant·e·s, neuf dissident·e·s, 10 personnes accusées d’espionnage au profit des États-Unis et/ou d’Israël et quatre accusées de « rébellion armée contre l’État » (baghi). De nombreuses autres sont encore en danger.</p>



<p>Les autorités ont aussi infligé de lourdes peines d’emprisonnement. Le 23 mai 2026, par exemple, le chef des services de justice dans la province de Semnan, Mohammad Sadegh Akbari, a annoncé que deux femmes avaient été condamnées à 26 et 27 ans de prison, respectivement, pour « établissement de contacts avec des réseaux hostiles et envoi de contenu visuel et d’informations nécessaires à l’ennemi pour mener des actes de harcèlement contre l’honorable peuple iranien ». Il a ajouté que les lourdes peines d’emprisonnement serviraient de « leçon » à d’autres.</p>



<p>« La communauté internationale ne doit pas laisser les autorités iraniennes utiliser le conflit comme un écran de fumée pour développer leur appareil répressif et perpétrer des crimes de droit international en toute impunité. La crise des droits humains et de l’impunité qui se déroule en Iran requiert de toute urgence une action diplomatique internationale soutenue pour empêcher les autorités de commettre de nouvelles atrocités, ainsi que de prendre des mesures en faveur de la justice internationale, notamment en faisant en sorte que le Conseil de sécurité de l’ONU saisisse la Cour pénale internationale au sujet de la situation en Iran », a déclaré Erika Guevara Rosas.</p>
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		<title>Algérie. Les autorités doivent libérer les journalistes détenus arbitrairement et respecter la liberté de la presse</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/algerie-les-autorites-doivent-liberer-les-journalistes-detenus-arbitrairement-et-respecter-la-liberte-de-la-presse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 08:11:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Algérie. Les autorités doivent libérer les journalistes détenus arbitrairement et respecter la liberté de la presse Les autorités algériennes doivent libérer immédiatement et sans condition tous les journalistes détenus arbitrairement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression, notamment Abdelwakil Blamm, Hassan Bouras et Christophe Gleizes, a déclaré Amnesty International mercredi 13&#160;mai. Cet appel [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading"><strong>Algérie. Les autorités doivent libérer les journalistes détenus arbitrairement et respecter la liberté de la presse</strong></h2>



<p>Les autorités algériennes doivent libérer immédiatement et sans condition tous les journalistes détenus arbitrairement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression, notamment Abdelwakil Blamm, Hassan Bouras et Christophe Gleizes, a déclaré Amnesty International mercredi 13&nbsp;mai. Cet appel est lancé à la veille du procès d’Abdelwakil Blamm, prévu le 14&nbsp;mai, pour de fausses accusations de terrorisme, tandis que les autorités algériennes utilisent le système pénal de manière abusive pour punir les voix critiques et indépendantes dans les médias.</p>



<p>Depuis novembre 2025, les autorités algériennes ont arbitrairement détenu, poursuivi ou condamné sept journalistes et professionnels des médias uniquement en raison de leur travail dans les médias ou parce qu&rsquo;ils avaient exprimé leurs opinions. L’un d’entre eux a été condamné à une peine de prison, trois ont été déclarés coupables et ont bénéficié de peines avec sursis, tandis que trois autres se trouvent toujours en détention provisoire.</p>



<p>Cette vague répressive contraste fortement avec de récentes déclarations du gouvernement. Le 4&nbsp;mai 2026, lors d’une&nbsp;<a href="https://www.aps.dz/fr/algerie/actualite-nationale/morfupo8-le-ministre-de-la-communication-salue-les-efforts-de-la-corporation-dans-l-accompagnement-de-la-dynamique-de-developpement-national-global">cérémonie</a>&nbsp;organisée à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le ministre de la Communication, Zoheir Bouamama, a mis en avant les efforts déployés par le gouvernement pour garantir une liberté d’expression «&nbsp;loin de toute pression ou restriction&nbsp;».</p>



<p>«&nbsp;Alors que de hauts responsables célèbrent la Journée mondiale de la liberté de la presse et s’engagent publiquement à faire respecter la liberté d’expression, la réalité pour les professionnel·le·s des médias formulant des critiques à l’égard des autorités est tout autre. Ils risquent de faire l’objet d’une arrestation, d’une détention arbitraire prolongée, de poursuites pour terrorisme et atteinte à la sécurité nationale, ainsi que d’interdictions de voyager, pour avoir simplement écrit des articles critiques ou communiqué avec d’autres journalistes et militant·e·s&nbsp;», a déclaré Diana Eltahawy, directrice régionale adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.&nbsp;</p>



<p>«&nbsp;Les autorités algériennes doivent cesser d’utiliser le système judiciaire de manière arbitraire pour punir des journalistes au seul motif qu’ils font leur travail ou qu’ils expriment des opinions critiques ou controversées. Elles doivent immédiatement libérer les journalistes injustement détenus et leur permettre d’exprimer leurs opinions sans crainte de harcèlement.&nbsp;»</p>



<p>Abdelwakil Blamm, qui doit comparaître devant le tribunal de Dar El Beida, à Alger, le 14&nbsp;mai, est accusé d’avoir «&nbsp;participé à une organisation terroriste&nbsp;», «&nbsp;diffusé de fausses informations&nbsp;» et «&nbsp;porté atteinte à l’unité nationale&nbsp;». Il a passé plus de 16&nbsp;mois en détention provisoire arbitraire depuis son arrestation en décembre 2024. Pendant une semaine après son arrestation, les autorités ont refusé de fournir à sa famille des informations sur le sort qui lui avait été réservé et le lieu où il se trouvait, le soumettant ainsi à une disparition forcée.</p>



<p>Les forces de sécurité ont arrêté Abdelwakil Blamm dans le cadre d’une&nbsp;<a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/04/algeria-authorities-step-up-crackdown-on-peaceful-dissent-in-the-face-of-new-expressions-of-discontent/">répression plus large</a>&nbsp;contre un mouvement de protestation en ligne réclamant l’amélioration des conditions socio-économiques et la fin de la répression dans le pays. Les autorités le poursuivent pour avoir&nbsp;<a href="https://www.facebook.com/abdelwakil.blamm.7/posts/pfbid02pSz5yiBswF9KePy3Bj6qbkDW1RAdK1zZCfLTNvtMZdyWEwFQzK4Sx8Yf6vtTUDWhl">exprimé son soutien</a>&nbsp;à ce mouvement sur sa page Facebook, qui compte 15&nbsp;000&nbsp;abonnés, et pour avoir communiqué en ligne avec d’autres militants et journalistes, notamment des personnes qualifiées de «&nbsp;terroristes&nbsp;» par les autorités algériennes.</p>



<p>Amnesty International a examiné le dossier et constaté que le parquet n’avait présenté aucun élément prouvant son implication dans des infractions reconnues par le droit international et les normes internationales. Par ailleurs, la procédure de désignation de personnes ou d’organisations comme «&nbsp;terroristes&nbsp;» en Algérie reste contraire au droit international relatif aux droits humains.&nbsp;</p>



<p>La répression contre les voix indépendantes a également visé Hassan Bouras, journaliste et ancien membre de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), organisation&nbsp;<a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2023/02/algeria-reverse-decision-to-dissolve-leading-human-rights-group/">dissoute</a>, qui se trouve en détention provisoire arbitraire depuis le 12&nbsp;avril 2026.&nbsp;</p>



<p>Hassan Bouras a été arrêté devant son domicile familial à El&nbsp;Bayadh, à 400&nbsp;km au sud d’Alger, puis placé en détention sans pouvoir consulter d’avocat, sa famille n’ayant pas pu obtenir d’assistance dans ce domaine, en raison de contraintes financières et géographiques. Il souffre de problèmes cardiaques, de rhumatismes et d’asthme, problème qui s’est aggravé en prison où d’autres détenus fument.&nbsp;</p>



<p>Les autorités doivent veiller à ce qu’Hassan Bouras, qui a entamé une grève de la faim le 3&nbsp;mai pour une durée indéterminée afin de protester contre sa détention arbitraire, ait accès à des soins de santé adéquats, dispensés dans le respect de l’éthique médicale, notamment des principes de confidentialité, d’autonomie et de consentement éclairé.</p>



<p>Hassan Bouras a déjà été&nbsp;<a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2021/09/algeria-stop-using-bogus-terrorism-charges-to-prosecute-peaceful-activists-and-journalists/">détenu</a>&nbsp;et&nbsp;<a href="https://www.amnesty.org/fr/documents/mde28/5570/2017/fr/">condamné</a>&nbsp;à plusieurs reprises pour son travail de journaliste, le plus récemment en&nbsp;<a href="https://shoaa.org/hrd-human-rights-defender-hassan-bouras-sentenced-to-two-years-in-prison/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">novembre 2022</a>.</p>



<p>D&rsquo;autres membres de la presse, dont un journaliste étranger, ont fait l’objet de procès à caractère politique.</p>



<p>En décembre 2025, les autorités ont confirmé une condamnation à sept ans de prison contre le journaliste sportif français&nbsp;<a href="https://rsf.org/fr/petition-nous-appelons-%C3%A0-la-lib%C3%A9ration-imm%C3%A9diate-du-journaliste-sportif-fran%C3%A7ais-christophe-gleizes">Christophe Gleizes</a>, après qu’il a couvert l’actualité d’un club de football de Tizi Ouzou et communiqué avec des personnalités locales du monde du football, notamment des personnes qualifiées de «&nbsp;terroristes&nbsp;» par les autorités algériennes en raison de leur affiliation avec le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie.</p>



<p>L’éditeur de presse et militant Abdelkrim Zeghileche fait l’objet de poursuites dans cinq affaires distinctes pour des chefs d&rsquo;accusation sans fondement, notamment «&nbsp;offense au président&nbsp;» et «&nbsp;publication de contenu susceptible de nuire aux intérêts nationaux&nbsp;», sur la base de publications en ligne protégées par le droit à la liberté d&rsquo;expression, comme un&nbsp;<a href="https://www.facebook.com/Zeghileche/posts/pfbid0kNS9gYVbV47wkw9ZKA4UFQEXtS8UsK5Vkwp3nEPgWHpyLPPX3CV26HTHf7Vrrvu5l">message publié sur Facebook</a>&nbsp;le 6&nbsp;décembre 2025 dans lequel il demandait la libération des prisonniers politiques. Il attend qu’une décision soit rendue le 19&nbsp;mai dans le cadre du premier de ces procès, qui s’est tenu le 5&nbsp;mai, tandis que les audiences prévues les 6 et 7&nbsp;mai ont été reportées respectivement aux 3 et 4&nbsp;juin.&nbsp;</p>



<p>Dans une autre affaire, le 30&nbsp;septembre 2025, les autorités l’ont condamné à une peine de prison avec sursis sans qu’il n’ait pu bénéficier de l’assistance d’un avocat, à la suite de la décision d’un procureur de le renvoyer devant un tribunal, immédiatement après un interrogatoire qui ne lui a pas permis d’avoir suffisamment de temps, de moyens et d’accès à l’information pour préparer sa défense.</p>



<p>Le 4&nbsp;décembre 2025, le tribunal de Bir Mourad Raïs à Alger a condamné le journaliste Saad Bouakba à une peine de trois ans de prison avec sursis et à une amende pour «&nbsp;outrage et diffamation à l’encontre des symboles de l’État et de la Révolution&nbsp;» et «&nbsp;diffusion de fausses informations susceptibles de nuire à la sécurité et à l’ordre public&nbsp;», après l’avoir maintenu en détention provisoire de manière arbitraire pendant une semaine. Ce journaliste faisait déjà l’objet d’une interdiction de voyager et souffre d’une maladie chronique.</p>



<p>La condamnation de Saad Bouakba s’appuyait sur un&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/watch?v=kLsIKvZ-IEE">entretien</a>&nbsp;qu’il avait accordé à la chaîne en ligne&nbsp;<a href="https://www.youtube.com/@VisionTVNews1/videos">Vision TV news</a>&nbsp;le 20&nbsp;novembre 2025, dans laquelle il évoquait des allégations de distribution illégale de fonds par Ahmed Ben Bella, premier président de l’Algérie. Son procès en appel doit s’ouvrir le 2&nbsp;juin 2026.</p>



<p>Dans le cadre d’une nouvelle attaque contre les médias indépendants, le directeur de Vision TV a également été poursuivi en tant que complice et condamné à une peine d’un an de prison avec sursis, ainsi qu’à une amende. Le tribunal a aussi ordonné la fermeture de la chaîne et la saisie de son matériel. Après ces poursuites, la chaîne a cessé de diffuser du contenu.&nbsp;</p>



<p>«&nbsp;Les autorités invoquent des chefs d’accusation trop généraux et vagues tels que l’outrage aux « symboles nationaux » &#8211;&nbsp;ce qui porte atteinte au droit à la liberté d’expression&nbsp;&#8211; dans le but de réduire au silence toute opposition. L’outrage n’est pas une infraction reconnue par le droit international relatif aux droits humains et l’emprisonnement n’est jamais une sanction adaptée pour la diffamation&nbsp;», a déclaré Diana Eltahawy.</p>



<p>Les autorités doivent cesser de se servir de la justice pénale pour faire taire les voix critiques.&nbsp;»</p>



<p>Le journaliste Mustapha Bendjama continue par ailleurs à être harcelé par les autorités. Dans deux affaires distinctes, en février et mars 2026, les tribunaux ont prononcé contre lui des peines de prison avec sursis en raison de son travail journalistique et de publications critiques sur les réseaux sociaux, notamment concernant la détention d’Abdelwakil Blamm. Bien qu’un tribunal ait levé son interdiction de voyager, en vigueur depuis quatre ans, en mars 2026, la police des frontières l’a empêché d’effectuer un déplacement le 16&nbsp;avril 2026. Le 21&nbsp;avril 2026, la police l’a brièvement arrêté et a ouvert une enquête préliminaire contre lui après l’avoir interrogé sur ses sources, en relation avec la couverture qu’il avait accordée à la mort d’un homme tué par balle par la police en 2020.&nbsp;</p>
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		<title>Russie. Le Réseau LGBT russe est qualifié d’« extrémiste » tandis que la répression se durcit contre les droits des personnes LGBTI</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/russie-le-reseau-lgbt-russe-est-qualifie-d-extremiste-tandis-que-la-repression-se-durcit-contre-les-droits-des-personnes-lgbti/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Apr 2026 13:51:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=36166</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un tribunal de la deuxième plus grande ville de Russie a décidé de qualifier l’ONG Réseau LGBT russe d’« organisation extrémiste » et d’interdire ses activités sur tout le territoire national, ce qui ne fera qu’accentuer la marginalisation des personnes LGBTI et de leurs droits fondamentaux, a déclaré Amnesty International le 27 avril 2026. Le [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Un tribunal de la deuxième plus grande ville de Russie a décidé de qualifier l’ONG Réseau LGBT russe d’« organisation extrémiste » et d’interdire ses activités sur tout le territoire national, ce qui ne fera qu’accentuer la marginalisation des personnes LGBTI et de leurs droits fondamentaux, a déclaré Amnesty International le 27 avril 2026.</p>



<p>Le tribunal municipal de Saint-Pétersbourg a prononcé son jugement à l&rsquo;issue d&rsquo;audiences à huis clos, ce qu’avait demandé le ministère de la Justice, dans les deux mois qui ont suivi des décisions similaires qualifiant d&rsquo;« organisations extrémistes » quatre autres groupes LGBTI : Vykhod (« Coming out ») à Saint-Pétersbourg, le Centre de ressources LGBT d&rsquo;Ekaterinbourg, le Centre communautaire de Moscou pour les initiatives LGBT+, l’association LGBTI Irida à Samara et Parni+, un projet médiatique orienté sur les thèmes LGBTI.</p>



<p>« Lorsqu’en novembre 2023, la Cour suprême a interdit le “ mouvement LGBT international “ – qui n’existe pas – en le qualifiant d’“ extrémiste ”, il était évident que les autorités ne s’arrêteraient pas là. La désignation du Réseau LGBT russe et d’autres organisations comme “ extrémistes ” est un maillon de la chaîne de persécutions et d’injustices qu’infligent les autorités russes aux personnes LGBTI, a déclaré Marie Struthers, directrice du programme Europe de l’Est et Asie centrale à Amnesty International.</p>



<p>« Depuis près de 20 ans, le Réseau LGBT russe rassemble des militant·e·s de tout le pays, apporte une aide d&rsquo;urgence et mène des recherches essentielles sur la discrimination et la violence à l&rsquo;encontre des personnes LGBTI. L’interdire est un coup dur prémédité porté aux personnes LGBTI et à leurs alliés. »</p>



<p>Les défenseur·e·s des droits, les militant·e·s et les bénévoles de la communauté LGBTI jouent un rôle essentiel en proposant un soutien juridique, psychologique et social, en recensant les violations et en évacuant les personnes en danger. Malgré leur action légitime en faveur des droits humains, un nombre croissant d’organisations sont arbitrairement désignées comme « extrémistes ».</p>



<p>« Les autorités russes doivent cesser de détourner la législation de lutte contre l’extrémisme pour réprimer la communauté LGBTI, mettre fin aux politiques homophobes et garantir aux personnes LGBTI les droits à la liberté d’expression, à la liberté d’association et à la non-discrimination, conformément au droit international relatif aux droits humains. Il faut abroger complètement les lois discriminatoires visant et criminalisant les personnes LGBTI et annuler les décisions judiciaires qualifiant le “ mouvement LGBT international ” et certaines associations d’“ extrémistes ” », a déclaré Marie Struthers.</p>



<h4 class="wp-block-heading">De nouvelles représailles et mesures pour faire taire les personnes LGBTI</h4>



<p>Depuis fin 2025, les autorités ont durci la répression à l&rsquo;encontre des droits des personnes LGBTI par le biais de poursuites pénales, d&rsquo;arrestations et d&rsquo;amendes visant des individus, des rassemblements privés et des plateformes médiatiques.</p>



<p>Le 8 décembre 2025, un tribunal de Tcherkessk a condamné un habitant de la République de Karatchaïevo-Tcherkessie à deux ans et demi de prison pour avoir rejoint un groupe de discussion et publié des commentaires qui, selon les autorités, promeuvent des « relations sexuelles non traditionnelles ». Le 4 décembre 2025, un tribunal d&rsquo;Oulianovsk a assigné à résidence trois habitants accusés d&rsquo;« avoir organisé et participé aux activités d&rsquo;une organisation extrémiste » au motif qu’ils étaient à l’initative de soirées privées sur le thème LGBTI et de spectacles de drag queens, entre janvier 2024 et décembre 2025.</p>



<p>En janvier 2026, l&rsquo;artiste drag Alexandre Kniagine a fui la Russie après avoir été inscrit sur une liste fédérale de personnes recherchées à la suite d&rsquo;une descente de police effectuée le 1er novembre 2025 dans un lieu accueillant un événement LGBTI à Kirov.</p>



<p>Le 18 décembre 2025, Sasha (Alexandra) Kazantseva, intervenante en éducation sexuelle et militante LGBTI, a été condamnée par contumace à neuf ans d’emprisonnement pour, entre autres, diffusion de « fausses informations » sur les forces armées russes et participation présumée à un « mouvement LGBT extrémiste ». À la fin de l’année 2025, au moins 23 procédures pénales avaient été engagées pour « extrémisme » en lien avec des activités LGBTI. Le 23 mars, un tribunal de Tchita, en Sibérie orientale, a condamné Tatiana Zorina, une entrepreneuse de 23 ans, à quatre ans de colonie pénitentiaire pour avoir « organisé des activités d’une organisation extrémiste » dans une discothèque dont elle était copropriétaire.</p>



<p>Les autorités ont également recours à de lourdes amendes pour réprimer le soutien aux droits des personnes LGBT. Le 2 février, trois plaintes pour « propagande LGBT » présumée ont été déposées contre Evgueni Pisemski, fondateur du projet médiatique interdit Parni+ et de l’ONG Phoenix Plus, auparavant qualifiée d’« agent de l’étranger » qui avait ensuite choisi de se dissoudre. Ce même mois, le journaliste Vadim Vaganov a été condamné à une amende de 100 000 roubles (1 135 euros) pour « propagande LGBT » – sa troisième amende de ce type – et a rapidement fait l&rsquo;objet d&rsquo;une quatrième procédure administrative. Les 18 et 25 février, le journaliste Iaroslav Raspoutine a écopé de deux amendes distinctes de 200 000 roubles (2 270 euros) pour des publications sur les réseaux sociaux.</p>



<p>Le 16 avril, un tribunal de Saratov a condamné l&rsquo;agence de presse Saratov Business Consulting à une amende de 500 000 roubles (5 680 euros) pour avoir publié une critique de la série télévisée Heated Rivalry qui, selon les autorités, fait de la « propagande LGBT ».</p>



<p>« Outre les poursuites pénales et les amendes administratives, nous assistons à une exclusion systématique des personnes LGBTI de la vie publique, notamment par le biais de la censure et de mesures visant les institutions culturelles, les éditeurs, les librairies, les plateformes de streaming et les espaces en ligne », a déclaré Marie Struthers.</p>



<p>Le 2 février 2026, un tribunal de Moscou a condamné un haut responsable du service de streaming Wink à une amende de 200 000 roubles (2 270 euros) pour avoir permis l’accès à des films traitant de thèmes LGBTI. Le 11 février, de grandes plateformes – Kinopoisk, Ivi et Wink – ont été condamnées à des amendes comprises entre 3 et 3,5 millions de roubles (34 000 à 39 800 euros) pour la même « infraction ». Le 20 avril, un tribunal a condamné la plateforme de jeux vidéos Roblox à une amende de 8 millions de roubles (90 000 euros).</p>



<p>Le 30 janvier 2026, la maison d&rsquo;édition féministe No Kidding Press, qui avait cessé ses activités, a été condamnée à une amende de 800 000 roubles (90 800 euros) pour avoir publié et distribué la bande dessinéee L&rsquo;Origine du monde, de l&rsquo;auteure suédoise Liv Strömquist. Le même mois, des poursuites ont été engagées contre la chaîne de librairies Chitai-gorod – Bukvoed pour avoir commercialisé différents ouvrages, dont le roman de science-fiction d’Ursula Le Guin, La Main gauche de la nuit. Auparavant, le 26 novembre 2025, le roman de Stephen King Ça avait été retiré de la vente à la suite de plaintes invoquant une « propagande LGBT ».</p>



<p>Le 21 avril 2026, les forces de l&rsquo;ordre ont interpellé le directeur de la maison d&rsquo;édition Eksmo, Evgueni Kapiev, ainsi que plusieurs employé·e·s, dans le cadre d&rsquo;une plainte pour « extrémisme » visant Popcorn Books, une maison d’édition spécialisée dans la littérature sur la thématique LGBTI. Ils ont ensuite été remis en liberté après avoir été interrogés en tant que témoins dans le cadre de cette affaire pénale.</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/russie-le-reseau-lgbt-russe-est-qualifie-d-extremiste-tandis-que-la-repression-se-durcit-contre-les-droits-des-personnes-lgbti/">Russie. Le Réseau LGBT russe est qualifié d’« extrémiste » tandis que la répression se durcit contre les droits des personnes LGBTI</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>France. La décision de refuser l’entrée sur le territoire à un grand défenseur palestinien des droits humains constitue une violation flagrante</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/france-la-decision-de-refuser-lentree-sur-le-territoire-a-un-grand-defenseur-palestinien-des-droits-humains-constitue-une-violation-flagrante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2026 13:25:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>France. La décision de refuser l’entrée sur le territoire à un grand défenseur palestinien des droits humains constitue une violation flagrante La décision des autorités françaises de refuser un visa à Shawan Jabarin, défenseur palestinien des droits humains de premier plan et directeur général d’Al Haq, qui devait se rendre en France cette semaine pour [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">France. La décision de refuser l’entrée sur le territoire à un grand défenseur palestinien des droits humains constitue une violation flagrante</h2>



<p>La décision des autorités françaises de refuser un visa à Shawan Jabarin, défenseur palestinien des droits humains de premier plan et directeur général d’Al Haq, qui devait se rendre en France cette semaine pour mener un travail de plaidoyer, représente un recul alarmant sur le terrain des droits humains.</p>



<p>Al Haq, plus ancienne organisation palestinienne de défense des droits humains et pionnière du mouvement en faveur de ces droits au Moyen-Orient, fait partie de trois organisations palestiniennes de renom œuvrant pour les droits fondamentaux &#8211; aux côtés d’Al Mezan, basée à Gaza, et du Centre palestinien pour les droits humains (PCHR) &#8211; qui sont visées par des sanctions imposées par le gouvernement des États-Unis en raison de leur travail avec la Cour pénale internationale. En 2021, Al Haq a également fait l’objet de poursuites illégales de la part d’Israël, après des décennies de campagnes de diffamation et d’attaques contre cette organisation et son personnel.</p>



<p>« Il est à la fois honteux et profondément perturbant qu’un défenseur des droits humains, qui a consacré sa vie à obtenir justice pour les victimes de crimes de droit international, se voit interdire l’entrée de la zone Schengen, tandis que des individus recherchés pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité sont en mesure de se déplacer librement. Ce contraste saisissant et absurde devrait amener les États européens à réfléchir de toute urgence à leur engagement en faveur de l’obligation de rendre des comptes et de l’application systématique de la justice internationale », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« La contribution d’Al Haq, d’Al Mezan et du Centre palestinien pour les droits humains au mouvement mondial de défense des droits fondamentaux est immense, ces organisations ayant, avec courage et rigueur, recueilli des informations sur des violations, parlé au nom des victimes, et défendu les valeurs universelles que la France affirme respecter. En 2018, reconnaissant le travail d’Al Haq, la France a décerné à cette organisation le prestigieux prix des droits de l’homme de la République française, que Shawan Jabarin a reçu en personne. Nous exhortons les autorités françaises à revenir immédiatement sur leur décision et à s’engager à accorder un visa à Shawan Jabarin », a déclaré Alexis Deswaef, président de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH).</p>



<p>Outre ces trois organisations palestiniennes, sont également visés par des sanctions étasuniennes huit juges et trois procureur·e·s de la CPI, ainsi que la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés.</p>



<p>« En 2025, le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui fait l’objet d&rsquo;un mandat d’arrêt émis par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Palestine, a été accueilli par la Hongrie, et un ressortissant libyen recherché par la CPI a pu se rendre en Italie et quitter ce pays, entrant et sortant donc de la zone Schengen sans être arrêté et sans qu’un autre État Schengen ne formule d’objection. Pendant ce temps, des défenseur·e·s des droits humains souhaitant soutenir la justice sont punis et empêchés d’accomplir leur travail légitime en faveur des droits humains », a déclaré Alison Smith, directrice du secrétariat de la Coalition pour la CPI.</p>



<p>Plusieurs pays, dont la France, ont publiquement dénoncé ces sanctions, le président français Emmanuel Macron ayant directement demandé au président Trump de lever les sanctions visant le Français Nicolas Guillou, juge à la CPI. Ils ont également condamné la criminalisation par Israël du travail d’organisations de défense des droits humains. La France doit conserver cette position et refuser de donner l’impression d’avoir cédé face aux sanctions des États-Unis ou aux désignations israéliennes.</p>



<p>En octobre 2025, un mois après que les États-Unis ont pointé du doigt ces organisations palestiniennes, la demande de visa Schengen déposée par Shawan Jabarin a été rejetée par « un ou plusieurs États membres de l’UE » au motif qu’il représenterait « une menace pour la politique publique ou la sécurité intérieure ». Le 10 avril 2026, il était prévu que Shawan Jabarin se rende en Europe pour une série de prises de parole publiques au sujet des sanctions et des mesures concrètes que l’UE et ses États membres pourraient adopter afin de soutenir et protéger la CPI et ceux qui coopèrent avec celle-ci. Ces interventions publiques sont menées de concert avec les responsables du Centre palestinien pour les droits humains et d’Al Mezan, ainsi que plusieurs ONG internationales. Compte tenu du rejet de sa précédente demande de visa Schengen, Shawan Jabarin a effectué des démarches afin d’obtenir des visas nationaux pour les pays dans lesquels il était censé se rendre : la Belgique, la France et les Pays-Bas.</p>



<p>Au dernier moment, la France lui a refusé son visa, empêchant sa participation à des séances d’information devant se tenir auprès du Parlement, d’organisations de la société civile et du ministère français des Affaires étrangères. Par ailleurs, la France ayant tardé à fournir une réponse aux autorités belges et néerlandaises, Shawan Jabarin n’a pas pu prendre part à plusieurs engagements programmés au Parlement européen et au ministère belge des Affaires étrangères. Les Pays-Bas et la Belgique lui ont par la suite accordé un visa l’autorisant à participer aux événements restants qui étaient prévus aux Pays-Bas. Le refus de la France a toutefois déjà empêché Shawan Jabarin d’assister à certains événements et a limité sa capacité à effectuer un travail crucial de plaidoyer et de défense des droits humains, notamment au sujet de l’impact des sanctions sur l’écosystème de la justice internationale.</p>



<p>Avec ce refus de lui accorder un visa, le message adressé par la France est alarmant, en particulier dans le contexte de la réduction de l’espace dédié au travail de défense des droits humains dans le monde et des attaques croissantes contre le droit international lui-même. Le refus de délivrer un visa fournit encore un exemple des restrictions visant les défenseur·e·s des droits humains. S’il était lié aux sanctions étasuniennes ou aux désignations israéliennes, cela constituerait une intensification extrêmement inquiétante de l’application extraterritoriale de sanctions contre celles et ceux qui travaillent sur la justice et l’obligation de rendre des comptes.</p>



<p>Signataires :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Amnesty International</li>



<li>Coalition pour la Cour pénale internationale</li>



<li>Fédération internationale pour les droits humains (FIDH)</li>



<li>No Peace Without Justice</li>



<li>Avocats sans frontières</li>



<li>Centre européen pour les droits constitutionnels et humains</li>



<li>EuroMed Droits</li>
</ul>
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		<title>Autriche. La répression contre la solidarité envers les Palestinien·ne·s a un effet dissuasif considérable</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/autriche-la-repression-contre-la-solidarite-envers-les-palestinien%c2%b7ne%c2%b7s-a-un-effet-dissuasif-considerable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 08:17:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Autriche. La répression contre la solidarité envers les Palestinien·ne·s a un effet dissuasif considérable Les mesures prises par les autorités autrichiennes à l’encontre de personnes exprimant leur solidarité avec les Palestinien·ne·s pendant le génocide dont ils sont victimes à Gaza ont un effet dissuasif sur le droit à la liberté d’expression, écrit Amnesty International dans [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Autriche. La répression contre la solidarité envers les Palestinien·ne·s a un effet dissuasif considérable</h2>



<p>Les mesures prises par les autorités autrichiennes à l’encontre de personnes exprimant leur solidarité avec les Palestinien·ne·s pendant le génocide dont ils sont victimes à Gaza ont un effet dissuasif sur le droit à la liberté d’expression, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport. En outre, ces dispositions se traduisent par des violations des droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique.</p>



<p>Intitulé <em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/03/amnesty-bericht_austria_freedom-of-expression-is-highly-selective.pdf">‘Freedom of expression is highly selective’: Austria limits expressions of solidarity with Palestinians,</a></em> ce rapport identifie de multiples facteurs &#8211; notamment des restrictions injustifiées de la liberté d’expression et la crainte suscitée par des accusations générales d’antisémitisme dans un contexte de racisme, y compris d’islamophobie – qui s’entremêlent pour entraver la liberté d’expression en Autriche en ce qui concerne la solidarité avec les Palestinien·ne·s, entre autres parmi les militant·e·s, les ONG et les institutions universitaires.</p>



<div class="wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/03/amnesty-bericht_austria_freedom-of-expression-is-highly-selective.pdf">lire le rapport</a></div>
</div>



<p>« L’effet paralysant s’est installé et affecte grandement la capacité et la volonté des gens d’exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien ou de critiquer les actions du gouvernement israélien à Gaza, a déclaré Shoura Hashemi, directrice d’Amnesty International Autriche.</p>



<p>« En Autriche, comme dans d’autres régions d’Europe, il existe un risque que l’antisémitisme soit instrumentalisé et politisé. Assimiler la critique de l’État d’Israël à de l’antisémitisme peut entraîner des atteintes à la liberté d’expression et rétrécir l’espace dont dispose la société civile pour exprimer des critiques, tout en fragilisant la lutte contre le véritable antisémitisme. »</p>



<p>S’appuyant sur 19 entretiens avec des militant·e·s, des journalistes, des représentant·e·s d&rsquo;ONG et des universitaires, le rapport note que bon nombre de ces personnes et associations de la société civile risquent d&rsquo;être qualifiées d&rsquo;« antisémites » lorsqu&rsquo;elles critiquent les violations du droit international commises par Israël.</p>



<p>Si les préjugés anti-musulmans sont un sujet de préoccupation de longue date en Autriche, des sources gouvernementales et des organisations de la société civile rapportent que, depuis octobre 2023, les incidents racistes ont augmenté à travers le pays, en particulier le racisme anti-palestinien. Une personne austro-palestinienne a décrit cette bascule survenue après octobre 2023 en ces termes : « Il y a eu un énorme changement avec le 7 octobre [2023]… J&rsquo;ai toujours l&rsquo;impression de devoir me justifier quand quelqu&rsquo;un me parle. » Malgré les recommandations d’experts de l&rsquo;ONU, l&rsquo;Autriche n&rsquo;a pas mis en place de plan d&rsquo;action national pour lutter contre le racisme, y compris le racisme anti-musulman.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Répression des manifestations</h4>



<p>Depuis le début du génocide perpétré par Israël contre les Palestiniens à Gaza, ceux qui, en Autriche, ont manifesté pacifiquement contre ce génocide se sont heurtés à de multiples écueils et à de graves restrictions de leurs droits à la liberté d&rsquo;expression et de réunion pacifique.</p>



<p>Par exemple, ce type de restrictions illégales s’appliquent en raison du slogan largement répandu « Du fleuve jusqu’à la mer, la Palestine sera libre » ; les autorités policières ont interdit au moins sept rassemblements à Vienne au motif que ce slogan risquait d’y être scandé. De plus, il fait l’objet d’un décret non public émis par le ministère de la Justice : le simple fait de le scander justifie un soupçon initial d’« approbation d’infractions terroristes » et possiblement l’ouverture d’une enquête. Alors que diverses organisations utilisent ce slogan, qui revêt diverses significations, la Stratégie nationale de lutte contre l’antisémitisme l’assimile à un appel à nier l’existence de l’État d’Israël.</p>



<p>En vertu du droit international relatif aux droits humains, les restrictions du droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique doivent respecter certains critères, notamment être prévues par une loi accessible au public et suffisamment claire et précise. Interdire certaines expressions ne peut se faire que si celles-ci atteignent un seuil élevé et constituent une incitation à la discrimination, à l&rsquo;hostilité ou à la violence contre un groupe donné.</p>



<p>Au cours des dernières années, le Conseil national autrichien, tout comme les conseils municipaux de Vienne et de Graz, a adopté plusieurs résolutions non contraignantes contre le mouvement  Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), certaines le qualifiant d&rsquo;antisémite. Cependant, selon la Cour européenne des droits de l&rsquo;homme, un appel au boycott est protégé au titre du droit à la liberté d&rsquo;expression.</p>



<p>Ces résolutions, qui ne sont pas juridiquement contraignantes, bénéficient toutefois du soutien de tous les partis politiques au Parlement et font office de lignes directrices faisant autorité. En qualifiant d’antisémite le mouvement  Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), elles portent atteinte au droit à la liberté d’expression ; en effet, des militants et des organisations de la société civile ont déclaré à Amnesty International craindre des poursuites judiciaires, des campagnes de dénigrement ou la perte de financements publics s’ils expriment leur soutien au BDS.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Instrumentalisation de la définition de travail de l’antisémitisme par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA)</h4>



<p>La définition de travail de l&rsquo;antisémitisme proposée par l&rsquo;Alliance internationale pour la mémoire de l&rsquo;Holocauste (IHRA) n&rsquo;est pas conforme au droit international relatif aux droits humains ; elle est usitée afin de restreindre les critiques légitimes à l&rsquo;égard des violations des droits des Palestiniens imputables au gouvernement israélien.</p>



<p>Des experts des Nations unies, des universitaires et des organisations de la société civile, dont Amnesty International, ont critiqué cette définition de travail, qui n’est pas compatible avec le droit international relatif aux droits humains. Principale préoccupation, elle assimile critique légitime d&rsquo;Israël et antisémitisme, ce qui risque d&rsquo;avoir un effet dissuasif et de restreindre la liberté d&rsquo;expression et de réunion pacifique. Autre danger, elle limite la politique et les initiatives de l&rsquo;Autriche en matière de lutte contre l&rsquo;antisémitisme sur son territoire.</p>



<p>Bien que cette définition ne soit pas juridiquement contraignante en Autriche, elle a une grande influence sur les politiques et les pratiques. Elle représente la conception de l&rsquo;antisémitisme retenue dans plusieurs documents gouvernementaux, notamment dans les politiques visant à lutter contre l&rsquo;antisémitisme dans le pays.</p>



<p>Parmi les personnes interrogées par Amnesty International, dont des militants juifs, sept ont explicitement pointé l’adoption par l’Autriche de la définition de travail de l&rsquo;antisémitisme proposée par l&rsquo;Alliance internationale pour la mémoire de l&rsquo;Holocauste (IHRA) comme l’une des raisons pour lesquelles les manifestations de solidarité envers les Palestiniens étaient limitées.</p>



<p>« La lutte contre l’antisémitisme est essentielle et doit s’inscrire dans le respect du droit international relatif aux droits humains. C’est le seul moyen de parvenir à une compréhension commune du problème et de ses causes, et à des mesures efficaces afin d’y remédier. Sinon, nous risquons de remplacer la discrimination contre un groupe par la discrimination contre un autre, et d’attiser la haine au lieu de la combattre », a déclaré Shoura Hashemi. </p>



<h4 class="wp-block-heading">Restriction de l’espace pour les expressions de solidarité avec les Palestinien·ne·s</h4>



<p>Ce rapport souligne que les organisations de la société civile et les universitaires disposent d’une marge de manœuvre de plus en plus restreinte pour exprimer leur solidarité avec les Palestinien·ne·s. Deux organisations ont déclaré craindre de perdre leur financement public si elles dénoncent les violations des droits humains commises par les autorités israéliennes à l’encontre des Palestiniens. Dans plusieurs cas, des responsables politiques ont publiquement remis en cause l’éligibilité d’ONG au financement public en raison de leurs prises de positions.</p>



<p>« Les autorités autrichiennes doivent adopter un plan d’action national contre le racisme et ne plus diffuser la définition de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) par le biais de leurs politiques et pratiques. Elles doivent abroger le décret réglementant le slogan  » Du fleuve à la mer  » et aligner toute restriction du droit à la liberté d’expression sur le droit international relatif aux droits humains. Enfin, elles doivent respecter et protéger le droit de défendre le mouvement  Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) en tant que forme légitime d’expression politique », a déclaré Shoura Hashemi.</p>



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</div>


<section id="section-c6eb1f4d" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack" style=""><div class="container">

<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information </h4>



<p>En avril 2023, Amnesty International comptait parmi plus de 100 organisations qui ont appelé les Nations unies à se garder d’approuver ou d’adopter la définition de travail de l’antisémitisme proposée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).</p>

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		<title>Afghanistan. De nouvelles règles pénales prennent les femmes et les minorités pour cible et prévoient des sanctions toujours plus lourdes</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/afghanistan-de-nouvelles-regles-penales-prennent-les-femmes-et-les-minorites-pour-cible-et-prevoient-des-sanctions-toujours-plus-lourdes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 16:28:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=35934</guid>

					<description><![CDATA[<p>Afghanistan. De nouvelles règles pénales prennent les femmes et les minorités pour cible et prévoient des sanctions toujours plus lourdes La nouvelle réglementation pénale récemment promulguée par le chef des talibans consacrera encore davantage les violences et les discriminations contre les femmes, écrit Amnesty International dans une nouvelle analyse juridique faisant état de l’impact rétrograde [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Afghanistan. De nouvelles règles pénales prennent les femmes et les minorités pour cible et prévoient des sanctions toujours plus lourdes</h2>



<p>La nouvelle réglementation pénale récemment promulguée par le chef des talibans consacrera encore davantage les violences et les discriminations contre les femmes, écrit Amnesty International dans une nouvelle analyse juridique faisant état de l’impact rétrograde et de grande ampleur de ces règles sur le terrain des droits humains.</p>



<p>La « Réglementation de procédure pénale des tribunaux », qui dresse la liste des sanctions et des peines pour un ensemble d’infractions définies en termes vagues et d’une trop grande portée, criminalisent les violences domestiques uniquement dans les cas où une femme présente une fracture ou des blessures visibles. Ce décret prévoit aussi une condamnation à trois mois de prison pour toute femme rendant régulièrement visite à des membres de sa famille sans la permission de son mari et refusant d’obéir à une décision de justice lui ordonnant de rentrer chez elle.</p>



<p>Cette réglementation prévoit par ailleurs de lourds châtiments pour non-respect de la religion, ainsi que des sanctions plus graves pour les personnes de statut social inférieur, et reconnaît l’esclavage. D’autres dispositions autorisent la destruction de biens privés comme forme de châtiment, entérinent la torture et d’autres formes de mauvais traitements par le biais de châtiments corporels, et permettent l’application de la peine de mort pour un nombre accru d’infractions.</p>



<p>« La réglementation rend un système de justice déjà répressif encore plus draconien. Les femmes et les filles sont bien entendu parmi les plus affectées, le nouvel ensemble de règles normalisant la violence domestique et restreignant encore davantage leur capacité à se déplacer et leur autonomie », a déclaré Smriti Singh, directrice régionale pour l’Asie du Sud.</p>



<p>« Des dispositions relatives à des pratiques religieuses strictes et au renforcement des sanctions en fonction de la classe sociale consacreront les discriminations et prendront pour cible les personnes les plus marginalisées et désavantagées sur le plan économique. »</p>



<p>« Nous demandons aux talibans d’abroger ou de réviser immédiatement cette réglementation répressive, et de la mettre en conformité avec les normes internationales relatives aux droits humains. Nous encourageons aussi la communauté internationale à condamner sans équivoque cette réglementation, et à faire pression sur les talibans afin de les inciter à mettre fin à leurs violations persistantes, systématiques et étendues des droits humains.</p>



<p>L’analyse met l’accent sur certaines des principales dispositions draconiennes de la réglementation et les problèmes qu’elles posent, ainsi que sur la manière dont elles affecteront les droits humains dans au moins sept domaines. Ces domaines, et certains des problèmes centraux examinés, sont répertoriés ci-après :</p>



<p><strong>Droits des femmes</strong> : La suppression, par le biais des changements décrits ci-dessus, de mécanismes de sécurité essentiels pour les victimes de violations des droits humains.</p>



<p><strong>Liberté de religion, de conviction, de pensée et d’expression </strong>: L’impact sur les minorités religieuses de l’imposition de nouvelles sanctions lourdes contre les pratiques s’écartant des préceptes de l’école hanafite de l’islam sunnite, à laquelle les talibans affirment adhérer, et le fait de qualifier d’hérétiques les convictions contraires à la branche sunnite de l’islam.</p>



<p>T<strong>orture et autres mauvais traitements :</strong> La manière dont des dispositions de la réglementation prévoient l’application de la torture et d’autres formes de mauvais traitements, au moyen de la flagellation, pour un large éventail d’infractions.</p>



<p><strong>Peine de mort </strong>: L’application de la peine de mort pour de nombreuses infractions, parmi lesquelles la « pratique habituelle de la sodomie », sur la base d’un jugement prononcé de manière discrétionnaire par un imam, dans l’« intérêt du public ».</p>



<p><strong>Normes internationales d’équité des procès </strong>: Comment les définitions vagues de certaines infractions permettent aux autorités et aux juges talibans de les interpréter et de les appliquer de manière arbitraire, ce qui affaiblira le processus judiciaire.</p>



<p><strong>Égalité devant la loi : </strong>Répartition des accusés dans quatre catégories déterminant la sévérité des sanctions, en fonction de leur position sociale.</p>



<p><strong>Esclavage </strong>: La formulation de plusieurs dispositions semble reconnaître que certaines personnes sont la propriété d’autres, tandis que l’esclavage est explicitement reconnu.</p>


<section id="section-06f0cee0" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack" style=""><div class="container">

<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Le 5 janvier, le chef des talibans a promulgué cette réglementation et a ordonné sa publication au Journal Officiel, dans lequel paraissent lois et autres textes législatifs, ce qui garantit la possibilité pour le public d’en avoir connaissance et de les consulter. Le 8 janvier, le secrétariat de la Cour suprême des talibans (Dar al Insha) a transmis la réglementation aux membres de la Cour suprême, aux directions nationales et aux tribunaux, pour application. Si le texte n’a pas encore paru au Journal officiel, les talibans ont déclaré le 23 janvier que cela aurait lieu sous peu. Amnesty International a contacté les autorités talibanes de facto le 19 février, afin d’obtenir un exemplaire officiel de la réglementation et des documents susceptibles de l’accompagner, dans le but de les analyser et de déterminer si elle a déjà été mise en œuvre, mais l’organisation n’a reçu aucune réponse.</p>



<p>Le 15 février, un média a signalé que l’entrée en vigueur des nouvelles règles avait mené à l’inculpation d’une personne dans la province de Baghdis pour outrage au chef des talibans.</p>

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		<title>Algérie. Un procès équitable, sans recours à la peine capitale, doit être garanti à plusieurs dizaines de personnes accusées de violences en Kabylie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Feb 2026 08:45:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Algérie. Un procès équitable, sans recours à la peine capitale, doit être garanti à plusieurs dizaines de personnes accusées de violences en Kabylie Les autorités algériennes doivent faire en sorte que le nouveau procès imminent de 94 personnes, en relation avec les événements survenus en août 2021 dans la région de Kabylie (nord-est de l’Algérie), [&#8230;]</p>
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<h3 class="wp-block-heading">Algérie. Un procès équitable, sans recours à la peine capitale, doit être garanti à plusieurs dizaines de personnes accusées de violences en Kabylie</h3>



<p>Les autorités algériennes doivent faire en sorte que le nouveau procès imminent de 94 personnes, en relation avec les événements survenus en août 2021 dans la région de Kabylie (nord-est de l’Algérie), adhère strictement aux normes internationales d’équité des procès, et notamment que la peine de mort ne soit pas requise et que les déclarations entachées de torture ne soient pas retenues à titre de preuve, a déclaré Amnesty International vendredi 27 février.</p>



<p>Le 1er mars 2026, 94 personnes seront de nouveau jugées devant la cour d’appel d’Alger, après que la Cour suprême a annulé un précédent jugement en appel lié au lynchage d’un militant, à des incendies dévastateurs et à d’autres violences commises en Kabylie en août 2021. Le 24 novembre 2022, 56 personnes ont été déclarées coupables de participation à diverses infractions &#8211; appartenance à une organisation commettant des actes de sabotage, meurtre avec préméditation, torture et incendie volontaire, entre autres. Elles ont été condamnées à mort dans le cadre d’une procédure marquée par des accusations à caractère politique et des allégations de torture n’ayant donné lieu à aucune enquête. Au cours du procès initial, au moins cinq accusés ont dit avoir été soumis à la torture et d’autres formes de mauvais traitements en détention, notamment à des décharges électriques, des simulacres de noyade et des menaces de viol, le but étant de leur extorquer des déclarations sous la contrainte, qui ont été utilisées pour les condamner. Malgré cela, le tribunal n’a pas enquêté sur ces allégations, et des juges ont même indiqué aux accusés que c’était à eux que revenait la responsabilité de porter plainte.</p>



<p>« L’enquête entachée d’irrégularités et le procès manifestement inique ayant mené à ces condamnations à mort ternissent le système judiciaire algérien. Ce nouveau procès représente une occasion importante pour les autorités algériennes de mettre fin à cette parodie de justice, d’accorder des réparations et de garantir l’obligation de rendre des comptes sans recourir à la peine de mort », a déclaré Diana Eltahawy, directrice adjointe pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à Amnesty International.</p>



<p>« Rendre justice pour les terribles violences ayant caractérisé les événements d’août 2021 doit passer par un procès équitable, pleinement conforme aux normes internationales. Toutes les allégations de torture et d’autres formes de mauvais traitements doivent donner lieu à une enquête rigoureuse, impartiale, transparente et efficace, et les « aveux » forcés obtenus sous la torture ou la contrainte doivent être exclus des éléments de preuve. Les personnes détenues uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux doivent être immédiatement libérées et les poursuites engagées contre elles abandonnées. »</p>



<p>Amnesty International a analysé la décision de justice initiale et a recueilli les propos de trois avocats et quatre proches ayant demandé à garder l’anonymat. Selon les informations recueillies, les poursuites engagées contre au moins 10 accusés condamnés à mort semblent s’appuyer uniquement sur leur affiliation politique ou leurs liens présumés avec le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), un groupe d’opposition politique désigné comme organisation « terroriste » par les autorités algériennes. Aucun élément présenté par le parquet n’a prouvé qu’ils étaient présents sur la scène du crime ou ont pris part à des actes de violence. Quatre de ces 10 accusés se trouvaient hors du pays lors de ces événements.</p>



<p>Le tribunal n’a en outre pas permis aux avocats de la défense de procéder au contre-interrogatoire des témoins à charge, parmi lesquels des policiers, s’appuyant plutôt sur des déclarations écrites. En août 2021, des chaînes télévisées algériennes ont diffusé des séquences vidéo dans lesquelles 12 des accusés semblaient « avouer » leur participation au lynchage ou leurs liens avec le MAK, ce qui a bafoué leur droit à la présomption d’innocence et leur droit de ne pas contribuer à leur propre incrimination.</p>



<p>Amnesty International demande aux autorités algériennes de garantir le droit à un procès équitable, notamment le droit à des audiences équitables et publiques, le droit à une défense adéquate et le droit de faire interroger les témoins à charge.</p>


<section id="section-f65cb58b" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack" style=""><div class="container">

<h5 class="wp-block-heading">Contexte</h5>



<p>L’Algérie n’a procédé à aucune exécution depuis 1993. Amnesty International s’oppose catégoriquement à la peine de mort dans tous les cas et en toutes circonstances. L’application de la peine de mort à l’issue de procédures iniques rend le recours à ce châtiment arbitraire au regard du droit international.</p>



<p>Depuis avril 2021, les autorités algériennes ont amplement invoqué l’Article 87 bis du Code pénal, ainsi que des charges de terrorisme d’une trop grande portée, dans le but de poursuivre militant·e·s, défenseur·e·s des droits humains et journalistes. Un grand nombre de ces personnes ont été prises pour cibles pour avoir réclamé des changements politiques ou pour leurs liens présumés avec le MAK ou Rachad, deux groupes d’opposition désignés comme « terroristes » en 2022 par le biais d’une procédure contraire aux normes relatives aux droits humains.</p>



<p>L’affaire en cours concerne le lynchage, en août 2021, du militant Djamel Ben Smail à Larbaa Nath Irathen, ainsi que les incendies qui se sont propagés à travers la Kabylie, faisant au moins 90 morts. Le 24 novembre 2022, ainsi que le bureau du procureur général près la cour d’Alger l’a indiqué, un tribunal d’Alger a condamné à mort 49 personnes après les avoir déclarées coupables de terrorisme, de meurtre et d’incendie volontaire, entre autres. Sept autres personnes ont été condamnées à la peine capitale par contumace. Le tribunal a prononcé des condamnations allant de deux à 10 ans de prison contre 28 autres accusés. Dix-sept personnes ont été acquittées. Si la cour d’appel d’Alger a maintenu 38 condamnations à mort en octobre 2023, confirmé des peines de prison pour 30 personnes et acquitté 26 autres, la Cour suprême a annulé ce jugement, rendant un arrêt de cassation le 28 novembre 2024, et a ordonné la tenue d’un nouveau procès. Parmi les accusés, 52 sont actuellement en détention.</p>

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