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	<title>Communiqués de presse Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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	<title>Communiqués de presse Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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		<title>Inde. La poursuite des exportations d’armes vers Israël entraîne un risque de complicité dans le génocide en cours à Gaza</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/inde-la-poursuite-des-exportations-darmes-vers-israel-entraine-un-risque-de-complicite-dans-le-genocide-en-cours-a-gaza/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jul 2026 03:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Inde. La poursuite des exportations d’armes vers Israël entraîne un risque de complicité dans le génocide en cours à Gaza L’Inde a continué de livrer des armes à Israël malgré le risque substantiel que ce pays les utilise dans son génocide en cours contre la population palestinienne de la bande de Gaza occupée, a déclaré [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Inde. La poursuite des exportations d’armes vers Israël entraîne un risque de complicité dans le génocide en cours à Gaza</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Des munitions, des pièces détachées et des accessoires ont été vendus aux forces israéliennes.</em></li>



<li><em>Au moins 2 596 cargaisons d’armes ont été exportées vers Israël depuis le 7 octobre 2023.</em></li>



<li><em>Amnesty International a identifié des entreprises concernées qui sont directement détenues ou contrôlées par l’État indien.</em></li>
</ul>



<p>L’Inde a continué de livrer des armes à Israël malgré le risque substantiel que ce pays les utilise dans son génocide en cours contre la population palestinienne de la bande de Gaza occupée, a déclaré Amnesty International dans un nouveau rapport.</p>



<p>Intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/ASA2013272026EN.pdf"><strong>Made in India: The Supply of Weapons and Ammunition to Israel</strong></a>, ce rapport montre que le gouvernement indien a établi un partenariat étroit et rentable avec le secteur de la défense israélien et est devenu un fournisseur important de la chaîne d’approvisionnement qui soutient les opérations militaires d’Israël.</p>



<p>S’appuyant sur les données relatives aux expéditions de marchandises entre l’Inde et Israël, ce rapport révèle que des armes, des munitions, des pièces détachées et des composants indiens ont été expédiés à de grandes entreprises israéliennes qui fournissent l’armée d’Israël. Le rapport établit également que des entreprises directement détenues ou contrôlées par l’État indien sont impliquées dans ce commerce.</p>



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</div>



<p>« Nos recherches révèlent un soutien constant de l’Inde à l’armée et au secteur de la défense israéliens malgré le génocide à Gaza, dont il est pourtant question presque quotidiennement dans les médias du monde entier depuis des années, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« L’Inde fabrique et fournit des armes transférées à Israël par le biais des grandes entreprises fournisseuses qu’elle détient et contrôle. Non seulement elle ne réglemente pas les exportations d’armes vers Israël réalisées par des entreprises privées comme le lui imposent le droit international et les normes internationales, mais en outre elle a renforcé son partenariat de défense avec Israël.</p>



<p>« Compte tenu des mesures conservatoires prises par la Cour internationale de justice, qui reconnaissent un risque plausible de génocide contre les Palestinien·ne·s de Gaza, les autorités indiennes ne peuvent pas affirmer de façon crédible qu’elles ne savaient pas que, si elles continuaient d’autoriser et de faciliter les transferts d’armes vers Israël, elles risquaient fortement de contribuer à de graves violations du droit international. Tandis que l’armée israélienne répandait la mort et la destruction à Gaza, infligeant de vastes souffrances à la population palestinienne, les entreprises indiennes ont continué de faire du profit en livrant des composants et des munitions destinés au secteur de la défense israélien.</p>



<p>« Le gouvernement indien doit cesser immédiatement d’autoriser les exportations d’armes, de munitions et de pièces détachées vers Israël. Il doit aussi veiller à ce que les entreprises placées sous son contrôle ne contribuent pas à des crimes de droit international. Toutes les entreprises ont la responsabilité de respecter les droits humains dans le cadre de leurs activités partout dans le monde, ce qui implique notamment qu’elles doivent prendre dès le départ des mesures préventives fermes pour s’assurer que leurs produits ne soient pas utilisés pour commettre de graves violations du droit international. Ces mesures doivent être proportionnées au niveau de risque. »</p>



<p>L’équipe de recherche d’Amnesty International a analysé 2 596 cargaisons d’armes, de munitions, de pièces et de composants expédiées de l’Inde vers Israël depuis le 7 octobre 2023. Les registres indiquent que les entreprises indiennes ont fourni au moins 390 516 pièces détachées d’armes de petit calibre de type militaire, 564 970 composants d’engins explosifs (tels que des ogives pour drones, des douilles d’obus, etc.) et 298 composants de véhicules militaires à de grandes entreprises israéliennes qui fournissent directement l’armée d’Israël.</p>



<p>Amnesty International a systématiquement exclu les données sur les cargaisons pouvant être destinées à un usage civil. Elle a aussi exclu les armes, pièces et munitions susceptibles d’être utilisées pour des technologies de défense antimissile, qui servent souvent à protéger la population civile des attaques menées sans discrimination.</p>



<p>Amnesty International a par ailleurs analysé le cadre juridique national indien relatif aux transferts d’armes et sa conformité avec le droit international et les normes internationales. Elle a constaté de graves lacunes structurelles, notamment l’absence d’obligation explicite de diligence en matière de droits humains afin d’empêcher que des biens militaires soient utilisés pour commettre des violations du droit international relatif aux droits humains ou du droit international humanitaire (DIH), ainsi qu’un manque de transparence qui entraîne une absence d’obligation de rendre des comptes dans le processus d’exportation.</p>



<p>L’Inde s’est abstenue lors du vote pour l’adoption du Traité sur le commerce des armes en avril 2013. Depuis, elle n’a pas ratifié ce traité et n’y a pas non plus adhéré. Il est crucial que l’Inde adhère au Traité sur le commerce des armes à titre de première mesure visant à mettre sa réglementation sur le contrôle des exportations en conformité avec le droit international relatif aux transferts d’armes.</p>



<p>Dans le cadre de leur obligation de respecter et de faire respecter le DIH, tous les États ont l’interdiction de transférer ou d’autoriser des acteurs privés à transférer des armes à une partie à un conflit armé (qu’il s’agisse d’un État ou d’un groupe armé non étatique) dès lors qu&rsquo;il existe un risque manifeste que cela contribue à des violations du droit international humanitaire.</p>



<p>Les entreprises impliquées dans les transferts d’armes à Israël peuvent aussi contribuer à des violations du DIH. En outre, si les entreprises et leur personnel avaient connaissance du risque substantiel que les armes en question soient utilisées pour commettre des crimes de droit international, leur responsabilité pénale peut être engagée.</p>



<p>En juin et en juillet 2026, Amnesty International a écrit au gouvernement indien et aux neuf entreprises citées dans son rapport pour leur faire part de ses conclusions détaillées. Au moment de la publication, elle n’avait pas reçu de réponse.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des armes identifiées</h4>



<p>À la suite des crimes contre l’humanité commis par le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens lors de leurs attaques contre Israël le 7 octobre 2023, Israël s’est engagé dans une campagne violente et destructrice dans la bande de Gaza, s’apparentant à un génocide toujours en cours contre la population palestinienne, et poursuit ses opérations militaires et ses pratiques illégales, notamment son soutien actif à la violence débridée des colons en Cisjordanie. Ces actes se produisent dans le contexte de l’occupation illégale du territoire palestinien par Israël depuis des décennies et du système d’apartheid qu’il impose aux Palestinien·ne·s.</p>



<p>Ces crimes et violations du droit international sont rendus possibles par les livraisons presque ininterrompues d’armes et de munitions à Israël par un certain nombre d’États clés, tels que les États-Unis et l’Allemagne, ainsi que par le transit d’armes à destination d’Israël par la Slovénie et la France, comme l’a montré Amnesty International.</p>



<p>L’organisation a identifié les armes et munitions exportées par l’Inde vers Israël, y compris les pièces et accessoires, comme appartenant aux catégories désignées par les codes 93+ et 8710+ du Système harmonisé, système internationalement reconnu de codification des marchandises.</p>



<p>Le code 93+ désigne une catégorie assez large qui comprend la plupart des types d’armes et de munitions, ainsi que les pièces détachées et accessoires. La catégorie correspondant au code 8710+ contient les véhicules de combat blindés et à chenilles, ainsi que les pièces détachées connexes.</p>



<p>Amnesty International a identifié au moins 2 596 cargaisons d’armes, de pièces détachées et de munitions exportées d’Inde en Israël entre le 7 octobre 2023 et le 30 novembre 2025. Ces cargaisons contenaient notamment des composants d’armes automatiques pour les armes déployées par les forces israéliennes à Gaza ; des obus de 155 millimètres hautement explosifs fournis à Elbit Systems ; des ogives explosives pour les munitions rôdeuses de type Skystriker, semblables à celles identifiées dans les débris à Khan Younès, dans la bande de Gaza ; et des composants de véhicules blindés destinés aux principaux fournisseurs de l’armée israélienne.</p>



<p>Amnesty International estime que certaines entreprises indiennes pourraient être considérées comme complices de crimes de droit international et d’autres graves violations des droits humains commises par Israël du fait de leurs relations commerciales avec des entreprises israéliennes qui fournissent directement l’armée d’Israël.</p>



<p>L’organisation a analysé les exportations de plusieurs entreprises indiennes, parmi lesquelles : PLR Systems Private Limited, qui fabrique des pièces détachées pour armes automatiques et est une entreprise commune d’Adani Defence &amp; Aerospace et d’Israel Weapon Industries ; Indo MIM Private Limited, qui fabrique des composants pour armes à feu ; Kalyani Systems Private Limited, qui fabrique des munitions et des douilles d’artillerie et est une filiale de Bharat Forge ; Munitions India Limited, entreprise publique qui fabrique des munitions d’artillerie hautement explosives ; et Alpha Elsec Defence &amp; Aerospace Systems Private Limited, qui fabrique des ogives explosives et est une entreprise commune d’Alpha Design Technologies et d’Elbit Systems.</p>



<p>Les entreprises israéliennes qui ont commandé et reçu les armes sont notamment Elbit Systems, Rafael Advanced Defense Systems Ltd et Israel Aerospace Industries Ltd, qui sont connues pour leur contribution aux violations du droit international relatif aux droits humains et du DIH commises par Israël. En 2025, Amnesty International a appelé la totalité des États et des entités privées à mettre un terme à toutes leurs activités commerciales avec ces entreprises, « faute de quoi ils risquent de devenir complices des crimes contre l’humanité d’apartheid et de génocide et d’autres crimes de droit international ».</p>



<p>L’organisation demande depuis longtemps un embargo total sur les armes à destination d’Israël, qui couvre la fourniture, la vente ou le transfert, directs ou indirects, d’armes et de matériel militaire, y compris les technologies, pièces et composants, l’assistance technique, la formation et l’aide financière ou autre qui y sont liés, tant que les entreprises concernées ne seront pas en mesure de prouver qu’elles ne contribuent pas à l’occupation israélienne illégale ou aux crimes de droit international commis par Israël.</p>



<p>L’Inde et les entreprises indiennes qui fournissent des armes, des munitions, des pièces ou des composants doivent immédiatement mettre un terme à tous les transferts d’armes et de munitions, y compris de pièces et de composants, à destination d’Israël.</p>



<p>« En autorisant en toute connaissance de cause les transferts d’armes vers Israël, l’Inde bafoue clairement son engagement à prévenir le génocide aux termes de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, ainsi que son obligation de faire respecter les Conventions de Genève, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Toute entreprise qui détermine que les produits qu’elle vend sont susceptibles d’avoir contribué à des atteintes aux droits humains des Palestinien·ne·s à Gaza doit proposer un processus de réparation à toutes les personnes ayant subi un préjudice en conséquence ou coopérer avec un tel processus. »</p>



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		<title>Nigeria. Des documents de Shell révèlent l’existence d’un pipeline « en piteux état », des puits « introuvables » et des coûts de démantèlement s’élevant à 9,5 milliards d’euros, tandis que le scandale lié à la pollution prend de l’ampleur</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/nigeria-des-documents-de-shell-revelent-lexistence-dun-pipeline-en-piteux-etat-des-puits-introuvables-et-des-couts-de-demantelement-selevant-a/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2026 07:55:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Responsabilité des entreprises]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nigeria. Des documents de Shell révèlent l’existence d’un pipeline « en piteux état », des puits « introuvables » et des coûts de démantèlement s’élevant à 9,5 milliards d’euros, tandis que le scandale lié à la pollution prend de l’ampleur Shell doit répondre de décennies de pollution dans le delta du Niger, après que des [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Nigeria. Des documents de Shell révèlent l’existence d’un pipeline « en piteux état », des puits « introuvables » et des coûts de démantèlement s’élevant à 9,5 milliards d’euros, tandis que le scandale lié à la pollution prend de l’ampleur</h2>



<p>Shell doit répondre de décennies de pollution dans le delta du Niger, après que des documents internes de l’entreprise ont révélé des règles bafouées, des infrastructures défaillantes et des coûts de dépollution non couverts qui risquent de faire porter le fardeau aux populations touchées, dénonce une coalition d’organisations de défense des droits humains et de l’environnement, dont Amnesty International, dans un nouveau rapport publié le 29 juillet 2026.</p>



<p>Ce rapport, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/NIGERIA-LIFTING-THE-LID-FINAL.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Nigeria: Lifting the Lid</strong></a>, analyse des documents internes de Shell – courriels, audits, présentations et compte-rendu confidentiels – divulgués dans le cadre d’une procédure judiciaire au Royaume-Uni, qui révèle un scandale plus vaste en termes de droits humains que précédemment dénoncé. Alors que d’après Shell, ses activités respectaient les normes internationales, ces documents mettent en évidence les préoccupations concernant une complicité présumée de l’armée nigériane dans les vols d’hydrocarbures, une collusion présumée entre personnel et sous-traitants, des dérogations aux normes de sécurité, une négligence chronique des risques identifiés concernant l’intégrité des oléoducs, des données manquantes sur les puits, l’absence de détection des fuites et des contrôles déficients des déversements.</p>



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<p>Shell connaissait les risques liés au vieillissement et aux fuites de ses infrastructures, notamment d’un vieil oléoduc qualifié en interne de « cas désespéré », mais les a maintenues en fonction. Elle a par la suite décidé de céder ses activités terrestres plutôt que de faire face aux coûts colossaux liés au nettoyage et au démantèlement, celui-ci ayant été estimé en interne à 9,5 milliards d’euros. D’après une autre présentation interne, la pollution a endommagé 375 km² de mangroves.</p>



<p>Amnesty International a adressé un courrier à Shell le 3 juillet 2026 pour lui faire part de ses conclusions en lien avec les documents divulgués. Shell a répondu au rapport d’Amnesty en ces termes : « Nous ne nous reconnaissons pas dans la description et le portrait que vous faites de Shell. L’entreprise s’engage à faire preuve d’honnêteté, d’intégrité et de respect envers les gens, et à mener ses activités de manière éthique et transparente ». Shell affirme que ces conclusions ne reflètent pas « le contexte opérationnel difficile qui prévalait à l’époque dans le delta du Niger ». Sa réponse complète figure dans le rapport.</p>



<p>« Shell a longtemps pointé du doigt les vols et les actes de sabotage comme cause majeure de la pollution du delta du Niger. Cependant, ces documents coupent court à des années de déni et soulèvent de graves questions : que savait Shell, qu’a-t-elle laissé faire, et a-t-elle par la suite cherché à se soustraire aux coûts liés à son héritage toxique, a déclaré Isa Sanusi, directeur d’Amnesty International Nigeria.</p>



<p>« Ce scandale ne se résume pas à des “détournements” illégaux ou des vols d’hydrocarbures. Le véritable scandale, c’est la quête de profits de Shell au détriment des droits des populations. Shell était prête à accepter</p>



<p>une dégradation de l’environnement au Nigeria qui n’aurait pas été tolérée ailleurs, et ses propres documents viennent aujourd’hui contredire des années de dénégations publiques. » Ce rapport est publié par Amnesty International, en collaboration avec The Corner House, Hawkmoth, HEDA Resource Centre, Kebetkache Women Development &amp; Resource Centre, Miideekor Environmental Development Initiative (MEDI), Recommon et Social Action. Pour les populations touchées, ces conclusions confirment ce que beaucoup clament depuis des décennies : la pollution pétrolière a causé des dégradations au niveau de l’eau, des terres agricoles, des aires de pêche, de la santé et des moyens de subsistance, tandis que les entreprises continuaient d’engranger des bénéfices et de nier toute responsabilité.</p>



<p>« On ne peut pas permettre à Shell d’extraire le pétrole, d’empocher les bénéfices et de laisser la pollution derrière elle. Les habitant·e·s du delta du Niger ont droit à la vérité, à la justice, à des opérations de nettoyage et à des réparations », a déclaré Olanrewaju Suraju, président du HEDA Resource Centre, une ONG nigériane spécialisée dans la gouvernance et la justice environnementale.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Inquiétudes quant à une implication dans les vols de pétrole, les infractions aux règles et les infrastructures défaillantes</h4>



<p>D’après les documents, alors que Shell imputait les vols de pétrole à des gangs criminels, ses responsables autorisaient le maintien de raccordements illégaux sur les oléoducs, car leur retrait aurait « entraîné un temps d’arrêt considérable du réseau », et donc la suspension temporaire de flux rentables de pétrole brut. Un cadre de Shell écrivait en 2013 que cela avait conduit les forces nigérianes chargées de la sécurité des oléoducs à accuser Shell d’être « complice » des vols de pétrole « car nous ne retirons pas les points de détournement ». Cette année-là, une présentation de Shell évoquant les répercussions de ces détournements illégaux, posait la question suivante : « Pouvons-nous continuer à produire en toute bonne conscience, sachant que cela entraînera inévitablement de nouveaux dommages environnementaux ? »</p>



<p>En outre, ce rapport révèle que Shell a exempté sa filiale nigériane, la Shell Petroleum Development Company (SPDC), de certains aspects clés de ses normes mondiales en matière de santé et de sécurité, afin que le pétrole puisse continuer de circuler dans des oléoducs endommagés, lors même qu’ils n’étaient pas jugés sûrs au regard des règles de sécurité de Shell. Cette approche, d’après un haut responsable de Shell, n’aurait pas été acceptée ailleurs. Des documents internes indiquent que les dirigeants soupçonnaient des membres du personnel et des sous-traitants d’être impliqués dans des vols d’hydrocarbures ; un courriel contenait d’ailleurs cet avertissement : « Nous devons partir du principe que les voleurs ont facilement accès aux données de planification de la SPDC. »</p>



<p>Des audits internes ont révélé de graves lacunes dans la gestion des pipelines de Shell, notamment un important retard dans les travaux de maintenance, des systèmes de surveillance défaillants et un suivi insuffisant des colliers de fixation que Shell avait autorisés en tant que réparations permanentes sur des pipelines présentant des fuites. Plus de 1 600 colliers ont été comptabilisés, y compris des vieux dont on ignorait l’emplacement.</p>



<p>Enfin, une étude technique réalisée en 2012 a révélé que les conduites de la Shell Petroleum Development Company (SPDC) étaient censées être remplacées tous les 15 ans, mais que cette consigne « n’était pas respectée » et que seules des « interventions de dépannage » étaient réalisées.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Puits de pétrole « introuvables », surveillance lacunaire et contrôles déficients des déversements</h4>



<p>En 2014, un rapport interne adressé au PDG de Shell de l’époque indiquait que « des centaines » de puits terrestres de la SPDC ne figuraient pas dans son système de suivi électronique des puits, ou que leur état n’avait pas pu être vérifié. Shell a par la suite lancé « une campagne de recherche de puits », qui a permis de recenser 750 interventions de maintenance en retard et contribué à une note d’audit « non satisfaisante ». Un rapport de 2013 a également conclu que les pipelines de la SPDC ne disposaient d’aucun système de surveillance en temps réel, alors que la détection précoce des déversements et la limitation de la contamination sont essentielles pour réduire la pollution. Sans cette surveillance, les fuites – hormis les ruptures majeures – peuvent passer sous les radars.</p>



<p>« Un géant des énergies fossiles incapable de vérifier l’emplacement et l’intégrité de centaines de puits et de colliers de fixation des pipelines, et qui ne se dote pas d’un système efficace de détection des fuites, perd toute crédibilité lorsqu’il affirme que la pollution est sous contrôle. Shell doit cesser de se soustraire à ses responsabilités », a déclaré Emem Okon, de l’association Kebetkache Women Development &amp; Resource Centre, basée au Nigeria, qui œuvre en faveur des droits des femmes et de la justice environnementale.</p>



<p>Shell martèle que la pollution est principalement due aux vols d’hydrocarbures, mais ses documents le contredisent et montrent que le personnel n’était pas dûment équipé pour déterminer si les déversements étaient dus à la corrosion ou à l’intervention de tiers. Ce qui a son importance : en effet, les entreprises sont tenues de nettoyer les déversements quelles qu’en soient les causes, mais la législation nigériane dispose que les populations touchées n’ont droit à une indemnisation que si les déversements sont classés comme découlant des activités et non d’un sabotage ou d’un vol.</p>



<p>« Pour les habitant·e·s qui réclament justice, les contrôles déficients des déversements réalisés par Shell peuvent faire la différence : être indemnisés ou abandonnés à leur sort », a déclaré Celestine Akpobari de MEDI, une ONG impliquée dans la lutte du peuple ogoni qui milite pour la restauration de l’environnement et la justice.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Un pipeline « en piteux état » est resté rempli de pétrole brut</h4>



<p>Le rapport explique que Shell n’a pas dûment procédé à la mise hors service de l’ancien oléoduc principal de Nembe Creek après son remplacement en 2010. Selon un courriel interne datant de 2014, environ 80 km de l’ancien pipeline étaient encore remplis de pétrole brut stagnant, on recensait six fuites opérationnelles depuis 2010 et les contraintes budgétaires empêchaient son démantèlement. D’après ce courriel, le pipeline était « en piteux état » et, si des mesures n’étaient pas prises d’urgence, d’autres fuites se produiraient. La réponse semblait confirmer que l’absence de démantèlement était principalement due à des raisons financières, tout en reconnaissant la nécessité d’agir pour réduire l’impact environnemental et la responsabilité.</p>



<p>« Shell savait que ses infrastructures vieillissantes présentaient des fuites et devaient être mises hors service, mais les documents laissent à penser que les mesures ont été retardées pour des raisons financières. Les habitant·e·s n’auraient jamais dû être contraints de vivre dans la pollution simplement parce qu’une entreprise ne voulait pas payer pour nettoyer les dégâts qu’elle avait causés », a déclaré Simon Taylor, cofondateur de Hawkmoth, une ONG basée aux Pays-Bas qui milite pour une transition juste et responsable vers l’abandon des combustibles fossiles, en s’appuyant sur son expérience dans la lutte contre les violations commises par les industries pétrolières et gazières, notamment au Nigeria.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><div style="position:relative"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="800" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-1024x800.jpg" alt="" class="aiic-ignore wp-image-36772" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-1024x800.jpg 1024w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-300x234.jpg 300w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-768x600.jpg 768w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-1536x1200.jpg 1536w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-2048x1600.jpg 2048w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-734x574.jpg 734w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-92x72.jpg 92w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-184x144.jpg 184w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-60x47.jpg 60w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-120x94.jpg 120w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-200x156.jpg 200w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-400x313.jpg 400w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-260x203.jpg 260w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-520x406.jpg 520w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-325x254.jpg 325w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-650x508.jpg 650w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-600x469.jpg 600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></div></figure>



<h4 class="wp-block-heading">Cession et coûts de démantèlement non couverts s’élevant à 9,5 milliards d’euros</h4>



<p>Un rapport interne adressé en 2014 au PDG de l’époque de Shell estimait que le démantèlement de l’ensemble des installations existantes de la Shell Petroleum Development Company (SPDC) pourrait prendre des</p>



<p>décennies et coûter 9,5 milliards d’euros, soit l’équivalent de 12 milliards d’euros aujourd’hui, visiblement sans compter les coûts de nettoyage. Une autre présentation interne sur les déversements d’hydrocarbures passés recensait 375 km² de mangroves touchées et se demandait si Shell avait « l’envie » de s’attaquer à ce « problème à durée indéterminée ». Shell a ensuite vendu la SPDC à Renaissance Africa Energy en 2025, malgré les inquiétudes quant aux capacités de la nouvelle société, le manque d’informations financières publiques et la nécessité de recourir à des prêts garantis de Shell à hauteur de 1 milliard d’euros pour financer l’acquisition.</p>



<p>« La cession opérée par Shell ne doit pas devenir une issue de secours pour l’entreprise. Après avoir tiré profit pendant des décennies du pétrole du delta du Niger, Shell ne doit pas transférer les risques liés au vieillissement des infrastructures et à la pollution historique aux populations ou à un acquéreur dont la capacité reste incertaine. Elle doit payer sa juste part, qu’elle ait ou non “l’envie” d’assumer ses responsabilités », a déclaré Isaac Osuoka, directeur de Social Action, une organisation qui milite en faveur de la justice environnementale, des droits des populations et de l’obligation de rendre des comptes dans le delta du Niger.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Dépollution, réparations et réforme</h4>



<p>Amnesty International et ses organisations partenaires engagent les autorités nigérianes à remanier en profondeur le système de contrôle de leur industrie pétrolière, à réclamer des audits accessibles de toutes les infrastructures en service et désaffectées, et à créer un fonds de réserve doté de ressources suffisantes pour dépolluer le delta du Niger.</p>



<p>« Shell compte parmi les plus grandes entreprises du monde appartenant à des investisseurs privés dans le secteur des énergies fossiles. Ses documents sont désormais publics. La question est de savoir si les gouvernements en prendront acte, a déclaré Isa Sanusi. Les Nigérian·e·s, outre cette pollution pétrolière inacceptable, sont confrontés à une chaleur extrême, à des inondations meurtrières et à des phénomènes météorologiques extrêmes liés au réchauffement climatique induit par l’utilisation du produit phare de Shell : les combustibles fossiles. Le Nigeria doit restructurer la surveillance de l’industrie pétrolière, tandis que les autorités britanniques et néerlandaises doivent enquêter afin de déterminer si Shell a induit en erreur ses actionnaires, les autorités de régulation et les populations touchées quant à la réalité de ses activités et de ses responsabilités. Shell doit cesser de se retrancher derrière la vente, révéler la vérité, financer les opérations de dépollution et les réparations, et veiller à ce que les habitant·e·s concernés obtiennent enfin justice. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>En 2015, les communautés Ogale et Bille ont intenté une action en justice au Royaume-Uni à l’encontre de Shell Plc et de la SPDC en raison de la grave pollution pétrolière. L’affaire de la communauté de Bille doit passer en jugement en mars 2027.</p>



<p>Le rapport intitulé Nigeria: Lifting the Lid analyse des documents de Shell, datant de 2008 à 2014, dont 27 documents expurgés rendus publics en avril 2026 après que les ONG Hawkmoth, Heda Resource Centre et Oil Change International – Royaume-Uni en aient fait la demande dans l’intérêt général, ainsi que d’autres informations issues d’une affaire judiciaire de mai 2026.</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/nigeria-des-documents-de-shell-revelent-lexistence-dun-pipeline-en-piteux-etat-des-puits-introuvables-et-des-couts-de-demantelement-selevant-a/">Nigeria. Des documents de Shell révèlent l’existence d’un pipeline « en piteux état », des puits « introuvables » et des coûts de démantèlement s’élevant à 9,5 milliards d’euros, tandis que le scandale lié à la pollution prend de l’ampleur</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>Iran. Il faut mettre un terme à la campagne d’exécutions et de condamnations à mort arbitraires de manifestant·e·s</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/iran-il-faut-mettre-un-terme-a-la-campagne-dexecutions-et-de-condamnations-a-mort-arbitraires-de-manifestant%c2%b7e%c2%b7s/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 12:56:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Peine de mort]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Iran. Il faut mettre un terme à la campagne d’exécutions et de condamnations à mort arbitraires de manifestant·e·s L’exécution publique de deux manifestants mardi 28 juillet 2026, après celle d’au moins trois autres la semaine précédente, marque une nouvelle escalade dans le recours à la peine capitale par les autorités pour étouffer la dissidence, a [&#8230;]</p>
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<h4 class="wp-block-heading">Iran. Il faut mettre un terme à la campagne d’exécutions et de condamnations à mort arbitraires de manifestant·e·s</h4>



<p>L’exécution publique de deux manifestants mardi 28 juillet 2026, après celle d’au moins trois autres la semaine précédente, marque une nouvelle escalade dans le recours à la peine capitale par les autorités pour étouffer la dissidence, a déclaré Amnesty International. L’organisation craint qu’au moins 60 autres personnes, dont trois arrêtées alors qu’elles étaient mineures, soient sous la menace d’une exécution après leur condamnation à mort, tandis que de nombreuses autres font encore l’objet de poursuites pour des infractions passibles de la peine capitale en lien avec les manifestations.</p>



<p>Durant le premier semestre de 2026, les autorités iraniennes ont de plus en plus utilisé des accusations liées à la sécurité nationale formulées en des termes vagues, telles que l’espionnage et la collaboration avec des États hostiles, pour condamner à mort des personnes arrêtées dans le contexte des manifestations de janvier 2026. Depuis le début de l’année, elles ont exécuté arbitrairement au moins 26 personnes déclarées coupables d’infractions en lien avec ces manifestations, à l’issue de procès manifestement iniques, entachés de torture, tenus devant des tribunaux révolutionnaires. Outre les personnes prises pour cible dans le contexte des manifestations, les autorités ont exécuté arbitrairement au moins 26 autres personnes pour des motifs politiques, tout en continuant de procéder à des centaines d’exécutions pour des infractions à la législation sur les stupéfiants et d’autres crimes.</p>



<p>« Les autorités iraniennes ont déclenché une vague effroyable d’exécutions et de condamnations à mort pour punir et réprimer la dissidence et donner une image de force et de contrôle absolu à la suite du soulèvement populaire de janvier et sur fond d’attaques des forces états-uniennes et israéliennes, a déclaré Heba Morayef, directrice régionale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.</p>



<p>« Le silence de la communauté internationale encourage les autorités iraniennes à poursuivre leur massacre. Les États membres de l’ONU doivent prendre de toute urgence des mesures diplomatiques coordonnées pour faire pression sur elles afin que les exécutions cessent. Ils doivent considérer la résolution de la crise des droits humains et de l’impunité en Iran comme une priorité, soutenir la création d’un mécanisme indépendant de justice internationale pour l’Iran et exhorter le Conseil de sécurité de l’ONU à saisir la Cour pénale internationale de la situation dans ce pays. »</p>



<p>Amnesty International s’est entretenue avec 10 sources bien informées, dont des familles de victimes en dehors de l’Iran et des avocat·e·s à l’intérieur du pays. Elle a aussi examiné des déclarations officielles des autorités iraniennes, ainsi que des informations parues dans les médias d’État et des rapports d’organisations de défense des droits humains basées à l’étranger.</p>



<p>Dans les affaires que l’organisation a étudiées, les personnes arbitrairement exécutées ou condamnées à mort ont été déclarées coupables des chefs d’accusation vagues et excessivement larges d’« inimitié à l&rsquo;égard de Dieu » (mohareb) et de « corruption sur terre » (ifsad fil arz). Parmi ces personnes figurent des individus exécutés pour leur participation présumée à des incendies volontaires, des atteintes aux biens, des blocages de routes ou des troubles à l’ordre public – autant d’actes n’entrant pas dans la catégorie des « crimes les plus graves » selon les termes du droit international et des normes connexes concernant l’application de la peine capitale, qui limitent le recours à ce châtiment aux seuls actes impliquant un homicide volontaire.</p>



<p>D’autres ont été poursuivis en vertu de la Loi visant à alourdir les peines pour les activités d’espionnage et de collaboration avec le régime sioniste et les États hostiles au détriment de la sécurité et des intérêts nationaux (loi sur l’espionnage), adoptée à la suite de la guerre de 12 jours de juin 2025. Cette loi érige en infractions des actes protégés par le droit international relatif aux droits humains, tels que la participation pacifique à des manifestations et la communication d’informations aux médias.</p>



<p>Étant donné que des milliers de personnes ont été arrêtées dans le contexte des manifestations de janvier 2026 et que les familles s’abstiennent généralement de signaler les condamnations à mort par crainte des représailles, Amnesty International est convaincue que de nombreux autres manifestant·e·s risquent de subir ce châtiment.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Exécutions arbitraires liées aux manifestations de janvier 2026</h4>



<p>Depuis les attaques illégales menées par Israël et les États-Unis contre l’Iran le 28 février 2026, les autorités iraniennes ont intensifié le recours à la peine de mort contre les personnes arrêtées dans le contexte du soulèvement de janvier 2026. </p>



<p>Le 28 juillet 2026, les autorités ont exécuté  arbitrairement Amir Hossein Safari et Abolfazl Sepahi en public. Tous deux avaient été arrêtés pendant les manifestations à Ispahan le 8 janvier 2026 et condamnés à mort à l’issue d’un procès collectif manifestement inéquitable concernant des dizaines d’accusé·e·s. Ce procès collectif portait sur la mort de quatre policiers tués pendant les manifestations de la place Alikhani à Ispahan, ainsi que sur des accusations de détention d’armes, de dommages à des biens publics et d’incendies volontaires de bâtiments. Ces mises à mort font suite à l’exécution arbitraire, le 19 juillet 2026, de deux autres manifestants condamnés dans la même affaire : Erfan Esfandiari et Gol-Mohammad Mohammadi. Selon l’agence de presse Mizan, ces hommes ont été condamnés sur la base de leurs « aveux » faits en détention.</p>



<p>Huit autres personnes condamnées à mort dans la même affaire risquent d’être exécutées à tout moment : Ali Dashti, Alireza Raisi, Abolfazl Ebrahimi, Alireza Sepahi, Amirhossein Ebrahimi, Amirhossein Maleki, Ghaem Hosseini et Shervin Bagherian. Une source bien informée a dit à Amnesty International que l’un de ces jeunes hommes, Shervin Bagherian, avait été soumis à une disparition forcée pendant 21 jours ainsi qu’à la torture et à d’autres mauvais traitements, dont des coups. Ses « aveux » forcés ont été diffusés dans une vidéo de propagande le 25 janvier 2026, avant le procès, et il n’a pas eu le droit de consulter un·e avocat·e pendant toute la phase d’enquête.</p>



<p>Mehdi Khaneki, Mohammad Amini Dehaghani, Javad Zamani, Abolfazl Saedi, Ashkan Maleki et Mehrdad Mohammadinia font partie de ceux qui ont été arbitrairement exécutés à la suite de condamnations pour des actes n’impliquant aucun « homicide volontaire », en violation du droit international et des normes connexes. </p>



<p>Mizan, l’agence de presse du pouvoir judiciaire, a annoncé l’exécution de Mehdi Khaneki à Karadj, dans la province d’Alborz, le 22 juillet 2026. Elle a indiqué que cet homme avait été condamné à mort en vertu de la loi sur l’espionnage après avoir été déclaré coupable sur la base des « aveux » qu’il avait faits en détention. Il avait été accusé d’entretenir des liens avec un groupe armé d’opposition interdit, de détenir des armes et des explosifs, et d’avoir mené des « actions opérationnelles » pour Israël, les États-Unis et des « groupes hostiles ». </p>



<p>Le 15 juillet 2026, les autorités ont exécuté arbitrairement Mohammad Amini Dehaghani après sa condamnation par un tribunal révolutionnaire de la province d’Ispahan pour « inimitié à l’égard de Dieu » (mohareb) et « corruption sur terre » (ifsad fil arz) en lien avec les manifestations du 9 janvier 2026 dans la ville d’Ispahan. L’agence de presse Mizan a indiqué que cet homme avait aussi été condamné sur la base des « aveux » qu’il avait faits en détention. Elle a précisé que la condamnation à mort avait été prononcée pour de nombreux actes, tels que le fait d’avoir « perturbé l’opinion publique », « cherché à entrer en contact avec des comptes en ligne affiliés à des groupes contre-révolutionnaires », bloqué des routes et endommagé des biens publics. </p>



<p>Le 16 juin 2026, les autorités ont exécuté arbitrairement Javad Zamani et Abolfazl Saedi, accusés de s’être rendus coupables d’« inimitié à l’égard de Dieu » (mohareb) et de « corruption sur terre » (ifsad fil arz) en participant à des « troubles à l’ordre public », à « un rassemblement et une collusion contre la sécurité nationale » et à des incendies volontaires en lien avec les manifestations à Shahroud, dans la province de Semnan. Le pouvoir judiciaire a diffusé leurs « aveux » forcés le jour de leur exécution.</p>



<p>Ashkan Maleki et Mehrdad Mohammadinia, membres de la minorité kurde opprimée d’Iran, ont été exécutés arbitrairement en secret le 1er juin 2026 dans la province d’Alborz, sans que leurs familles et leurs avocat·e·s n’aient été préalablement prévenus. La 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran les avait condamnés à la peine capitale pour « inimitié à l’égard de Dieu » (mohareb), les accusant d’avoir incendié une mosquée et un séminaire à Téhéran. Selon l’agence de presse Mizan, ils avaient été déclarés coupables et condamnés à mort en vertu de la loi sur l’espionnage, notamment sur la base de leurs « aveux » en détention, qui ont été diffusés à la télévision d’État avant leur procès, en violation du droit à la présomption d’innocence.</p>



<p>Leur coaccusé, Arman Marefati, risque d’être exécuté d’un moment à l’autre à la prison de Ghezel Hesar, située à Karadj, dans la province d’Alborz. Le pouvoir judiciaire et les médias d’État qualifient régulièrement les manifestants exécutés de « fantassins de l’ennemi », « assassins maniant l’épée à la solde du Mossad » et « agents de l’ennemi se faisant passer pour des manifestants ».</p>



<h4 class="wp-block-heading">Multiplication des condamnations à mort arbitraires liées aux manifestations de janvier 2026</h4>



<p>Depuis que l’accès à Internet a été rétabli en Iran le 26 mai 2026, après une coupure nationale qui a duré trois mois, Amnesty International a enregistré une escalade dans le recours à la peine capitale en lien avec les manifestations de janvier 2026. Il a été fait état d’au moins 15 condamnations à mort prononcées par des tribunaux révolutionnaires et 13 confirmées par la Cour suprême dans les provinces d’Alborz, d’Ispahan, du Fars, de Hamedan, de Qazvin, de Markazi, de Semnan, de Téhéran et de Yazd.</p>



<p>Amnesty International pense que le nombre réel de sentences capitales prononcées en lien avec les manifestations de janvier 2026 est bien plus élevé. Selon Iran Human Rights, une organisation de défense des droits humains basée en dehors d’Iran, plus de 70 personnes arrêtées en lien avec ces manifestations ont été condamnées à mort rien que dans une seule prison de la province d’Ispahan.</p>



<p>L’augmentation du recours à la peine capitale s’accompagne d’une multiplication des déclarations officielles et des messages dans les médias d’État décrivant systématiquement les manifestations de janvier 2026 comme une « conspiration terroriste américano-sioniste » ou un « coup d’État ». De hauts responsables du pouvoir judiciaire et d’autres membres des autorités continuent de promettre publiquement des procédures accélérées et l’imposition de peines très lourdes contre les manifestant·e·s. </p>



<p>Selon les informations recueillies par Amnesty International, des manifestant·e·s ont été condamnés à mort à l’issue de procès manifestement iniques tenus à huis clos, marqués par des disparitions forcées, des actes de torture et d’autres mauvais traitements, l’interdiction de consulter un·e avocat·e pendant la phase d’enquête, la privation du droit d’être défendu·e par l’avocat·e de son choix pendant le procès, et l’utilisation d’« aveux » forcés, en violation du droit à la présomption d’innocence, du droit d’être protégé·e de la torture et des autres mauvais traitements, du droit de ne pas être obligé·e de s’accuser soi-même et du droit de ne pas être privé·e arbitrairement de la vie. La Cour suprême a aussi confirmé des condamnations à mort sans réel réexamen des dossiers, privant les accusé·e·s de leur droit à un recours équitable et effectif.</p>



<p>Les autorités ont en outre créé un climat de peur en utilisant de plus en plus la loi sur l’espionnage. Ce texte érige en infractions des activités pacifiques protégées par le droit international relatif aux droits humains, comme le fait de transmettre des informations sur les manifestations et les violations des droits humains à des médias étrangers lorsque les autorités jugent ce comportement contraire à la sécurité nationale, et prévoit la peine capitale pour des actes qualifiés d’« activités de renseignement » ou d’espionnage à la solde d’Israël, des États-Unis ou d’un autre État ou groupe désigné comme « hostile ». Dans une nouvelle escalade, le ministère du Renseignement a publié le 14 juillet 2026 une liste de plus de 400 personnes et entités, dont des organisations de défense des droits humains et des médias indépendants basés en dehors du pays, considérées comme « hostiles » en vertu de la loi sur l’espionnage. Les personnes en Iran qui communiquent avec les individus ou entités de cette liste risquent des poursuites et pourraient être condamnées à mort si les autorités qualifiaient cette conduite d’« activité de renseignement » ou d’espionnage.</p>



<p>Parmi les personnes menacées d’exécution figure Benyamin Naghdi, athlète spécialiste des arts martiaux, qui a été arrêté le 3 janvier 2026 pendant les manifestations à Shiraz, dans la province du Fars, et accusé d’avoir lancé un extincteur sur les forces de sécurité. Il a fait l’objet d’une disparition forcée pendant plus de 50 jours et ses « aveux » forcés ont été diffusés à la télévision d’État le lendemain de son arrestation et avant son procès. Selon les informations recueillies par Amnesty International, la première chambre du tribunal révolutionnaire de Shiraz l’a condamné à mort pour « corruption sur terre » (ifsad fil arz) en mai 2026 à l’issue d’un procès d’une iniquité flagrante, mais il n’a été informé de sa peine qu’en juillet 2026.</p>



<p>Peyman Ganji est aussi menacé d’exécution. Les forces de sécurité l’ont arrêté à Téhéran au début de février 2026. La 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran l’a condamné à mort en mai 2026, et il a été officiellement informé du verdict le 26 juillet 2026. Il a été déclaré coupable d’« inimitié à l’égard de Dieu » (mohareb) pour son implication présumée dans l’incendie d’une mosquée et pour avoir fabriqué des cocktails Molotov – des accusations qu’il a toujours niées. Selon une source bien informée, il a « avoué » sous la torture et d’autres mauvais traitements et est revenu sur ses « aveux » pendant le procès.</p>



<p>Ni Benyamin Naghdi, ni Peyman Gaji n’ont été accusés d’avoir été impliqués dans la mort de membres des forces de sécurité.</p>



<p>Au moins trois personnes qui étaient mineures lors de l’infraction présumée – Erfan Amiri, Mansour Jafari et Matin Mohammadi – risquent aussi d’être exécutées. Le droit international relatif aux droits humains interdit formellement de recourir à la peine de mort contre une personne qui était âgée de moins de 18 ans au moment des faits qui lui sont reprochés.</p>



<p>Les autorités iraniennes doivent immédiatement renoncer à toutes les mises à mort programmées et instaurer un moratoire officiel sur toutes les exécutions en vue d’abolir totalement la peine de mort.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Les autorités iraniennes ont réagi aux manifestations qui ont éclaté dans tout le pays le 28 décembre 2025 par une répression militarisée sans précédent. Elles ont utilisé massivement des armes à feu et d’autres formes de force létale en violation du droit international, tuant des milliers de manifestant·e·s et de passant·e·s les 8 et 9 janvier 2026 et arrêtant des dizaines de milliers de personnes. À la suite des attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février 2026, l’État a intensifié la répression dans le pays au prétexte de la « situation de guerre », exécutant au moins 52 personnes pour des motifs politiques, dont des manifestant·e·s et des dissident·e·s.</p>



<p>Amnesty International s’oppose catégoriquement à la peine de mort dans tous les cas et en toutes circonstances. Ce châtiment viole le droit à la vie et est le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit.</p>




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		<title>Europe/TPO : Les États membres de l&#8217;UE qui autorisent la vente d&#8217;« Israel Bonds » en Europe risquent de se rendre complices du génocide en cours à Gaza</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/europe-tpo-les-etats-membres-de-lue-qui-autorisent-la-vente-d-israel-bonds-en-europe-risquent-de-se-rendre-complices-du-genocide-en-cours-a-gaza/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jul 2026 22:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Europe/TPO : Les États membres de l&#8217;UE qui autorisent la vente d&#8217;« Israel Bonds » en Europe risquent de se rendre complices du génocide en cours à Gaza Le Luxembourg, l&#8217;Irlande et tous les États membres de l&#8217;Union européenne (UE) doivent mettre fin à la vente des « Israel Bonds » au sein de l&#8217;UE, [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Europe/TPO : Les États membres de l&rsquo;UE qui autorisent la vente d&rsquo;« Israel Bonds » en Europe risquent de se rendre complices du génocide en cours à Gaza</h2>



<p>Le Luxembourg, l&rsquo;Irlande et tous les États membres de l&rsquo;Union européenne (UE) doivent mettre fin à la vente des « Israel Bonds » au sein de l&rsquo;UE, sous peine de se rendre complices du génocide que commet actuellement Israël à l&rsquo;encontre des Palestinien·ne·s de la bande de Gaza, a déclaré Amnesty International dans un communiqué publié aujourd&rsquo;hui.</p>



<p>« Israël dépend de plus en plus des investissements étrangers pour financer son génocide, son régime d’apartheid et son occupation illégale, ainsi que pour financer ses crimes contre les Palestinien·ne·s. Les « Israel Bonds » augmentent les fonds dont dispose le gouvernement et contribuent ainsi à financer le génocide perpétré par Israël contre les Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza occupée, qui a anéanti des familles entières, rasé des infrastructures civiles, notamment des hôpitaux et des écoles, et contraint 90 % de la population à se déplacer, leurs maisons étant en ruines », a déclaré Steve Cockburn, directeur régional pour l’Europe à Amnesty International.&nbsp;</p>



<p>« Autoriser la vente de ces obligations sur les marchés de l&rsquo;UE entraîne un coût éthique et juridique considérable. Le droit international est clair : tous les États ont l&rsquo;obligation de ne pas aider ni contribuer à un génocide, et l&rsquo;obligation de le prévenir. »</p>



<p>Selon le gouvernement israélien, Israël a considérablement accru, depuis le 7 octobre 2023, l’émission d’« Israel Bonds », un instrument financier émis par l’État pour lever des fonds auprès des particuliers et des petits investisseurs, « en raison de la situation sécuritaire d’Israël » dans la bande de Gaza. Le produit de ces obligations est versé au budget général de l’État israélien et, comme l’annoncent les autorités, contribue à maintenir sa capacité militaire.</p>



<p>L&rsquo;autorisation accordée par un État membre de l&rsquo;UE de commercialiser les « Israel Bonds » sur le marché financier européen constitue un exemple manifeste de facilitation financière, ce qui pourrait équivaloir, au regard du droit international, à un manquement à l&rsquo;obligation de prévenir un génocide et comporte même le risque de contribuer ou de faciliter un génocide.</p>



<p>Pour négocier ces obligations en Europe, Israël doit s’appuyer sur un État membre de l’UE qui serve de « pays d’accueil » au programme. Depuis 2021, après la sortie du Royaume-Uni de l’UE, la Banque centrale d’Irlande jouait le rôle de « pays d’accueil », permettant ainsi à Israël d’accéder au marché européen. En 2025, en Irlande, à la suite d’une pression publique et de manifestations contre le génocide perpétré par Israël à l’encontre des Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza, Israël a demandé le transfert de ces obligations vers le Luxembourg, qui a approuvé le prospectus, c’est-à-dire le document juridique autorisant la vente de ces obligations aux résident·e·s de l’UE pour une année supplémentaire.</p>



<p>Depuis septembre 2025, les « Israel Bonds » sont donc réglementés dans l&rsquo;Union européenne par l&rsquo;autorité de régulation financière luxembourgeoise, la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF), et proposés au public en Autriche, en France, en Allemagne, au Luxembourg et aux Pays-Bas.</p>



<p>Le 31 août, le prospectus du Luxembourg arrivera à échéance. Amnesty International appelle l’État luxembourgeois à rejeter tout nouveau prospectus concernant les « Israel Bonds ». En tant qu’État membre de l’UE hôte de ces obligations, l’Irlande devrait également refuser le transfert et rejeter l’approbation d’un nouveau prospectus. L’organisation appelle également tous les États membres de l’UE à s’abstenir d’accepter le transfert ou d’approuver un nouveau prospectus.</p>



<p>« Autoriser la vente de ces obligations en Europe relève d’un choix politique. L’un des moyens les plus évidents et les plus efficaces de mettre fin au génocide perpétré par Israël contre les Palestinien·ne·s de la bande de Gaza consiste à cesser de le financer. En continuant à faciliter la vente de ces obligations, les États membres de l’UE s’exposent à une complicité dans les crimes internationaux commis par Israël à l’encontre des Palestinien·ne·s », a déclaré Steve Cockburn.</p>



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</div>



<p><strong>Complément d’information&nbsp;</strong></p>



<p>De 2022 à 2024, le budget militaire israélien est passé de 4,2 % à 8,3 % de son produit intérieur brut (PIB), les « Israel Bonds » ayant permis de lever en moyenne 2,4 milliards de dollars par an entre 2023 et 2025. Après le 7 octobre 2023, le gouvernement israélien a augmenté le financement de ses activités militaires. Les « Israel Bonds » ont été proposés en 2023 comme un moyen de « soutenir Israël en guerre ».</p>



<p>En janvier 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) a estimé qu’il existait un risque plausible de génocide à l’encontre des Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza occupée, et a ordonné à Israël de prendre des mesures efficaces pour l’empêcher. La CIJ a ensuite rendu des ordonnances provisoires en mars et en mai 2024, réaffirmant notamment ces mesures. À la lumière de la décision de la CIJ, tous les États parties à la Convention sur le génocide sont soumis à des obligations renforcées, ce qui impose à tout acteur de l’UE – ou à tout autre État partie – qui facilite les flux financiers permettant de renforcer la capacité militaire d’Israël d’évaluer son rôle au regard de l’obligation de prévenir le génocide.  Depuis que le Luxembourg a autorisé la négociation des « Israel Bonds » en 2025, la société civile ainsi que des experts juridiques se sont mobilisés contre cette mesure et ont publié des études pour étayer leur appel aux autorités visant à y mettre&nbsp;fin. </p>
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		<title>Déclaration urgente sur la permacrise du logement au Luxembourg : « Déclaration pour le droit à un toit »</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/declaration-urgente-sur-la-permacrise-du-logement-au-luxembourg-declaration-pour-le-droit-a-un-toit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 09:32:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Luxembourg]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Déclaration urgente sur la permacrise du logement au Luxembourg : « Déclaration pour le droit à un toit » Le Luxembourg, pays le plus riche d’Europe, est confronté à une réalité choquante : une permacrise du logement. Si la question figure, sur le papier, parmi les priorités affichées par le Gouvernement, les difficultés d&#8217;accès à [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Déclaration urgente sur la permacrise du logement au Luxembourg : « Déclaration pour le droit à un toit »</h2>



<p><strong>Le Luxembourg, pays le plus riche d’Europe, est confronté à une réalité choquante : une permacrise du logement. Si la question figure, sur le papier, parmi les priorités affichées par le Gouvernement, les difficultés d&rsquo;accès à un logement social/abordable demeurent une réalité quotidienne pour une part croissante de la population. Un contexte suffisant pour qualifier ce problème de « permacrise » et pour attirer l’attention de nombreuses associations du pays.</strong></p>



<p>Depuis novembre 2025, à l’initiative d’Amnesty International Luxembourg et de Solidaritéit mat den Heescherten, un groupe d’ONGs et d’associations de terrain se sont réunies régulièrement afin de discuter des thématiques de la pauvreté et de l’exclusion au Luxembourg. Dès la première rencontre de ce groupe, le logement a été identifié comme une thématique cruciale. La <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Declaration-pour-le-droit-a-un-toit-3.pdf">« Déclaration pour le droit à un toit »</a> s’inscrit donc dans le cadre des travaux de ce groupe et elle est un document rappelant le contexte de la crise du logement, l’importance de garantir le droit au logement pour toutes et tous, et proposant 10 recommandations concrètes à destination des pouvoirs publics pour aider à garantir à chacun·e un logement digne et abordable.</p>



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</div>



<p>Le logement est un droit humain, indissociable de la dignité et de la sécurité de chaque individu. Celui-ci est largement corrélé avec les thématiques de la lutte contre la pauvreté, des droits à la santé ou à l’éducation par exemple. Entre la croissance de la population, plus importante que celle du nombre de logements, et l’augmentation des loyers, la permacrise du logement tend à renforcer les inégalités existantes et à affecter davantage les personnes étant dans une situation vulnérable, comme par exemple les familles monoparentales, les enfants et les jeunes, les personnes issues de pays tiers, ou encore les sans-abris.</p>



<p>Les recommandations de la déclaration soutiennent d’abord la création de nouveaux logements, notamment via le développement d’un véritable parc locatif public et abordable. En effet, le Luxembourg se situe largement en dessous des autres pays européens en matière de logement social, à peine 2% du parc résidentiel y étant consacré. La création de nouveaux logements pourrait également se faire via des dispositifs d’imposition foncière progressive et d’imposition sur la succession en ligne directe pour dissuader la rétention de terres constructibles et financer le logement public.</p>



<p>Le deuxième volet des recommandations de cette déclaration concerne le marché locatif existant et la protection des ménages. Il s’agit d’abord d’assurer un plafonnement effectif et juste des loyers pour éviter la surchauffe spéculative. Il faut également développer davantage de structures d’hébergement d’urgence et renforcer la protection des locataires, en étant particulièrement attentif aux plus vulnérables, face aux expulsions et hausses de loyer. Une autre mesure clé pour mobiliser le parc immobilier existant consiste à réduire le nombre de logements vacants, via un inventaire précis, des soutiens à la rénovation, et d’éventuelles mesures dissuadant les propriétaires à laisser leurs logements vacants.</p>



<p>Ensuite, le manque de données en matière de logement, et un accès à l’information limité ont été identifiés comme des facteurs importants. À l’heure actuelle, les données sur les logements vacants, les nouveaux ménages, ou encore les nouveaux logements font défaut. Il faut urgemment lancer un recensement complet afin d’optimiser les politiques sur le logement. La déclaration propose également de simplifier l’accès aux subventions de loyer pour réduire le non-recours, ainsi que de renforcer la connaissance générale de la population sur le droit au logement et l&rsquo;accès à l&rsquo;assistance judiciaire.</p>



<p>Enfin, de nombreuses solutions innovantes pourraient faire avancer la question du logement. Il s’agit notamment des logements intergénérationnels, des habitats participatifs, des coopératives de logement, et d’autres. Il faudrait étudier ces différents modèles et s’assurer qu’ils bénéficient de soutiens, mais aussi d’un encadrement adéquat. De plus, il existe des pistes pour augmenter à court terme l’offre de logements de qualité, comme par exemple la réaffectation de surfaces construites ou de terrains, la mise en œuvre de certains plans d’aménagement particuliers, et d’autres.</p>



<p>La démarche initiée par<strong> Amnesty International Luxembourg</strong> et de <strong>Solidaritéit mat den Heescherten</strong> a donc donné lieu à cette « Déclaration pour le droit à un toit » qui est actuellement ouverte à signature auprès de la société civile et qui a déjà récolté le soutien de plusieurs autres organisations ou associations : <strong>ASTI, CELL, Frères des Hommes Luxembourg, Friddens- a Solidaritéitsplattform asbl, Innocence en Danger Luxembourg, Passerell, UNICEF Luxembourg ainsi que d’une trentaine de personnalités.</strong></p>



<p><strong>Organisations signataires* : </strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Amnesty International Luxembourg</li>



<li>Asociación Manos Abiertas</li>



<li>ASK AVOCATS</li>



<li>ASTI</li>



<li>CELL</li>



<li>Eritrean Community Association in Luxembourg (ECAL)</li>



<li>Frères des Hommes Luxembourg</li>



<li>Friddens- a Solidaritéitsplattform asbl</li>



<li>Global Sumud Luxembourg</li>



<li>Innocence en Danger Luxembourg</li>



<li>Le Soleil dans la Main A.S.B.L.</li>



<li>LIFE ASBL</li>



<li>Passerell asbl</li>



<li>Premier secours de l&rsquo;Ordre de Malte asbl</li>



<li>RYSE asbl</li>



<li>SINGA Luxembourg</li>



<li>Solidaritéit mat den Heescherten</li>



<li>UNICEF Luxembourg</li>
</ul>



<p><strong>Signataires individuels* :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Abrahaley Yonas</li>



<li>Baldanza Roberto</li>



<li>Bednarz Lucie</li>



<li>Bellardinelli Anna Maria</li>



<li>Berhe Yordanos</li>



<li>Bertrand Coralie</li>



<li>Binsfeld Françoise</li>



<li>Bonato Sophie</li>



<li>Burggraff Marc</li>



<li>Delvingt Bernard</li>



<li>Diderich Gary</li>



<li>Dupret François-Xavier</li>



<li>Ehlinger Aude</li>



<li>El Gazi Faiza</li>



<li>Feghoul Ouahab</li>



<li>Pregno Gilbert</li>



<li>Flammang Manou</li>



<li>Gannard Julien</li>



<li>Genet Michel</li>



<li>Groos Camille</li>



<li>Hempel Gilles</li>



<li>Hoelpes Claudine</li>



<li>Hoffmann David</li>



<li>Kollwelter Serge</li>



<li>Lambotte Morgan</li>



<li>Lefèvre Elisabeth</li>



<li>Margue Charles</li>



<li>Marques André</li>



<li>Messembourg Olivier</li>



<li>Messelmani Farah</li>



<li>Mineiro Tiago</li>



<li>Nawaz Naheeda</li>



<li>Oé Julie</li>



<li>Paccoud Antoine</li>



<li>Perraudeau Stéphane</li>



<li>Pinto Lara</li>



<li>Pregno Gilbert</li>



<li>Rees Tom</li>



<li>Reichling Letty</li>



<li>Reuter André</li>



<li>Ries Marie-Christine</li>



<li>Shaikh Memouna</li>



<li>Schon Marie Jeanne</li>



<li>Si Abdallah Shana</li>



<li>Thoma Carole</li>



<li>Thomas Guy</li>



<li>Tonnar Serge</li>



<li>Turquin Xavier</li>



<li>Uyttebrouck Constance</li>



<li>Wagener Yolande</li>



<li>Wies Frank</li>



<li>Winandy Chantal</li>



<li>Zogo Alice</li>



<li>Zuccoli Laura</li>
</ul>



<p><strong><mark>Il est encore possible de signer la déclaration, à titre individuel ou d&rsquo;une organisation, jusqu&rsquo;au 31/08/2026 : </mark></strong></p>



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</div>



<p class="has-text-align-right"><em> * Dernère mise à jour le 15/07/2026 à 16:17</em></p>
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		<title>Liban. Les attaques israéliennes tuant des enfants et anéantissant des familles doivent faire l’objet d’enquêtes pour crimes de guerre</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/liban-les-attaques-israeliennes-tuant-des-enfants-et-aneantissant-des-familles-doivent-faire-lobjet-denquetes-pour-crimes-de-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 09:24:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Liban. Les attaques israéliennes tuant des enfants et anéantissant des familles doivent faire l’objet d’enquêtes pour crimes de guerre Trois frappes aériennes israéliennes menées contre le sud du Liban en mars 2026, qui ont tué 24 civil·e·s &#8211; dont 12 enfants &#8211; et anéanti des familles, doivent faire l’objet d’enquêtes pour crimes de guerre, a [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Liban. Les attaques israéliennes tuant des enfants et anéantissant des familles doivent faire l’objet d’enquêtes pour crimes de guerre</h2>



<p>Trois frappes aériennes israéliennes menées contre le sud du Liban en mars 2026, qui ont tué 24 civil·e·s &#8211; dont 12 enfants &#8211; et anéanti des familles, doivent faire l’objet d’enquêtes pour crimes de guerre, a déclaré Amnesty International jeudi 9 juillet.</p>



<p>L’organisation a enquêté sur trois attaques israéliennes qui ont détruit des habitations civiles du quartier d’al Thakana (district de Tyr), du village d’Irkay (district de Saïda), et du quartier d’al Rahbat (district de Nabatiyé), respectivement les 6, 12 et 13 mars. Parmi les personnes tuées figuraient 12 enfants, âgés de cinq à 16 ans, six femmes &#8211; dont une femme enceinte &#8211; et six hommes. Au moins 18 autres personnes ont également été blessées.</p>



<p>Sur la base des éléments de preuve recueillis, Amnesty International a des motifs raisonnables de conclure que, lors de chacune de ces frappes aériennes, les forces israéliennes ont commis des violations du droit international humanitaire, notamment en n’établissant pas de distinction entre civil·e·s et objectifs militaires, en menant des attaques visant des civil·e·s ou des biens de caractère civil, ou en ne prenant pas toutes les précautions possibles pour réduire au maximum les préjudices causés aux civil·e·s.</p>



<p>« En l’espace d’une semaine seulement, l’armée israélienne a anéanti des familles entières, dont une douzaine d’enfants, au Liban, faisant preuve d’un mépris flagrant pour la vie des civil·e·s. Combien d’autres familles devront encore extraire les restes de leurs enfants des décombres avant que ce cycle dévastateur de crimes de guerre ne prenne fin ? La communauté internationale doit agir maintenant : les États doivent immédiatement imposer un embargo complet sur les armes contre Israël, et invoquer la compétence universelle et extraterritoriale dans le but d’enquêter sur les responsables présumés et de les poursuivre », a déclaré Kristine Beckerle, directrice régionale adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.</p>



<p>« On craint de plus en plus que l’accord le plus récent entre Israël et le Liban, négocié par les États-Unis, ne devienne encore un nouvel obstacle à la justice, privant ainsi les victimes de toute possibilité d’obtenir des comptes. Les récits poignants de rescapé·e·s et de témoins de ces attaques donnent un aperçu effrayant de ce que signifie concrètement l’impunité totale dont bénéficie Israël pour ses attaques illégales.</p>



<p>« Les autorités libanaises doivent agir de manière décisive et conférer à la Cour pénale internationale la compétence requise pour enquêter sur les crimes commis sur leur territoire, en soutenant les efforts de la justice internationale et en ouvrant des enquêtes nationales crédibles et indépendantes sur les crimes relevant du droit international. Faute d’action coordonnée &#8211; tant au niveau national qu’international -, le cycle des crimes de guerre et de l’impunité se poursuivra, sans aucune issue en vue. »</p>



<p>Entre le 2 mars, date à laquelle le conflit s’est intensifié, et le 29 juin, 4 257 personnes ont été tuées au Liban, dont plus de 250 enfants, selon le gouvernement libanais. Au moins deux civil·e·s ont été tués en Israël et au moins 39 soldats dans le sud du Liban selon des informations relayées par les médias israéliens.</p>



<p>Dans le cadre de cette enquête, Amnesty International a recueilli les propos de 15 personnes, parmi lesquelles des rescapé·e·s, des proches de victimes, des secouristes, des journalistes qui se sont rendus sur les lieux des attaques et des responsables locaux. Le Laboratoire de preuves d’Amnesty International a analysé des images satellite et vérifié 20 photos et 11 vidéos partagées directement par des sources ou publiées sur les réseaux sociaux. Les chercheurs ont également passé en revue les réseaux sociaux israéliens et libanais afin de comprendre le contexte dans lequel chaque frappe a eu lieu, et de chercher d’éventuels éléments attestant de possibles liens entre les victimes et le Hezbollah.</p>



<p>Amnesty International a écrit aux autorités israéliennes le 12 juin pour leur demander des informations sur neuf attaques au Liban, dont ces trois-là, dans le but d’obtenir des éclaircissements sur les objectifs militaires visés et les mesures prises pour prévenir, réduire le plus possible, examiner ou réparer les dommages causés aux civil·e·s. Dans leur réponse du 22 juin, les autorités israéliennes ont déclaré avoir « examiné les allégations présentées », précisant que certaines attaques « avaient été menées contre des objectifs militaires du Hezbollah », tandis que d’autres cas avaient été « transmis pour examen ». Elles ont affirmé qu’elles sont « déterminées à atténuer les dommages causés aux civil·e·s lors d’activités opérationnelles » et que le Hezbollah « exploite systématiquement les infrastructures civiles à des fins militaires ». Malgré un suivi, l’armée israélienne n’a fourni aucune information précise concernant les trois attaques décrites ci-dessous, notamment sur les possibles cibles.</p>



<p>Le droit international humanitaire impose aux parties d’effectuer à tout moment une distinction entre objectifs militaires et civil·e·s ou biens de caractère civil, et de ne diriger leurs attaques que contre des objectifs militaires. Outre l’interdiction des attaques directes contre la population civile ou des biens de caractère civil, le droit international humanitaire interdit les attaques sans discernement, qui ne font pas la distinction entre les objectifs militaires et les civil·e·s ou les biens de caractère civil. Les parties à un conflit doivent également veiller à épargner les civil·e·s et les biens de caractère civil, notamment en prenant toutes les précautions possibles pour réduire au maximum les dommages accidentels causés aux civil·e·s et aux biens de caractère civil. Cela implique de tout mettre en œuvre pour vérifier que les cibles sont bien des objectifs militaires, et d’interrompre les attaques s’il s’avère qu’elles ne sont pas dirigées contre la bonne cible ou disproportionnées.</p>



<h4 class="wp-block-heading">« J’ai passé trois jours à ramasser des corps en morceaux »</h4>



<p>Le 6 mars, vers 15 h 50 heure locale, une frappe aérienne israélienne a touché la maison de Hassan Saleh dans le quartier d’al Thakana, dans le district de Tyr, sur la côte sud du Liban. La frappe a détruit la maison et tué huit membres de la famille, tous civil·e·s, dont trois enfants, qui se trouvaient sur place. Elle a également blessé six autres civil·e·s, dont trois grièvement, parmi lesquels des membres de la famille élargie et une employée de maison migrante, dans une maison voisine.</p>



<p>Cette frappe, menée sans avertissement, a tué Hassan Saleh – un retraité d’une soixantaine d’années qui suivait un traitement contre le cancer –, son épouse Fatimah Saleh et leurs deux enfants : Zein al Abidin, 14 ans, et Roqaya, 11 ans. Elle a également coûté la vie à la sœur de Fatimah, Haniya, enceinte de trois mois, ainsi qu’à sa fille Sara, âgée de cinq ans. Les deux tantes de Fatimah et Haniya, Khadija et Samira, ont également été tuées.</p>



<p>Hussein Saleh, seul membre survivant de la famille, n’était pas chez lui au moment de l’attaque. Il a déclaré à Amnesty International que lui-même, sa femme, Haniya, et leur fille, Sara, s’étaient réfugiés dans la maison familiale, pensant qu’elle était sûre. Les habitant·e·s de la maison n’avaient pas reçu d’avertissement leur demandant d’évacuer, contrairement à de nombreuses autres habitations du quartier où il vivait à Tyr.</p>



<p>La veille, le 5 mars, l’armée israélienne avait émis des ordres d’« évacuation » générale, enjoignant tous les habitant·e·s du sud du Liban, notamment ceux de la ville de Tyr, à quitter les lieux – afin de « garantir [leur] sécurité ». Selon ces ordres, toute personne se rendant vers le sud « mettait [sa] vie en danger ». Hussein a expliqué que sa famille n’avait pas pu évacuer immédiatement la ville de Tyr, car six de ses proches avaient des problèmes chroniques de santé ou d’autres maladies.</p>



<p>Ces ordres d’évacuation de masse, qui sont trop généraux et ne fournissent pas d’informations claires sur les itinéraires et destinations sûrs, le début et la durée des attaques, ni d’explications sur la manière de s’éloigner des cibles militaires visées par les frappes, ne constituent pas des avertissements efficaces. La diffusion de ces avertissements ne donne pas à l’armée israélienne le droit de traiter ces secteurs comme des zones de tir, ni ne dispense Israël de ses obligations de respecter le droit international humanitaire, de faire la distinction entre cibles militaires et civiles, et de prendre toutes les précautions possibles pour limiter les dommages causés aux civil·e·s.</p>



<p>Hussein s’était rendu au marché pour faire des courses avant l’iftar lorsque l’attaque a eu lieu. Il s’est précipité vers la maison familiale après avoir entendu la frappe et vu d’où provenait la fumée. Il a décrit la scène à son arrivée :</p>



<p>« Il ne restait plus aucune trace de la maison, ni murs, ni parpaings, et des fragments de corps étaient éparpillés sur le sol […] J’ai passé trois jours à rassembler ces morceaux […] Il n’y avait absolument aucune cible militaire. Il n’y avait que des femmes et des enfants […] Ils ont détruit toute ma vie. Pourquoi ne nous ont-ils pas prévenus ? […] Sara, ma fille, était tout pour moi. »</p>



<p>Le Laboratoire des preuves d’Amnesty International a confirmé l’authenticité de deux vidéos partagées par des témoins. L’une d’elles montrait des secouristes transportant un sac mortuaire au milieu des décombres, et l’autre montrait le terrain vide où se dressait auparavant la maison familiale. Une photo rendue publique par les médias montre un cratère à cet endroit. L’analyse d’images satellite confirme que le bâtiment a été détruit entre le matin du 6 et celui du 8 mars 2026. Le cratère et les dégâts visibles correspondent tous deux à une frappe aérienne.</p>



<p>Les recherches effectuées par Amnesty International n’ont pas permis de trouver de preuves indiquant la présence d’objectifs militaires au moment de l’attaque. Moussa Chaalan, ambulancier, qui a été parmi les premiers à arriver sur les lieux après l’attaque, a déclaré :</p>



<p>« C’est un quartier civil […] il ne restait plus rien de la maison. Des fragments de corps étaient éparpillés jusqu’à 200 mètres du lieu d’impact. »</p>



<p>Un responsable local a également indiqué que les membres de la famille Saleh étaient des civil·e·s, que la zone visée était un quartier civil et qu’il n’y avait aucune activité militaire ni aucun objectif militaire dans la zone.</p>



<p>La frappe a détruit une habitation civile et tué huit civil·e·s, dont quatre femmes et trois enfants, sans avertissement. Au vu des éléments de preuve, Amnesty International dispose de motifs raisonnables de conclure que cette attaque constituait soit une attaque directe contre des civil·e·s ou un objectif civil, soit une attaque sans discernement, et qu’elle doit faire l’objet d’une enquête en tant que crime de guerre.</p>



<p>Hormis le fait d’avoir ordonné une évacuation de masse la veille de l’attaque, les autorités israéliennes n’ont ni confirmé ni nié avoir mené cette attaque, et n’ont publié aucune déclaration fournissant une explication. Dans leurs réponses à Amnesty International, les autorités israéliennes ont indiqué que « ces allégations ont été transmises pour examen ».</p>



<h4 class="wp-block-heading">« Quatre filles tuées »</h4>



<p>Le 12 mars, vers 14 h 20, une frappe aérienne israélienne sur le village d’Irkay, dans le district de Saïda, qui marque l’entrée du sud du Liban, a détruit la maison de Rida Taqi, tuant sept membres de sa famille, dont quatre enfants, et en blessant cinq autres, dont un enfant. Cette frappe, lancée sans avertissement, a également endommagé la maison voisine, celle de la fille de Rida Taqi, blessant cette femme ainsi que son beau-frère, et tuant son mari et son fils de 12 ans, tous civil·e·s.</p>



<p>Mohamad Taqi, 54 ans, qui a survécu à l’attaque, a perdu ses quatre filles : Zeinab, 14 ans, Zahraa, 12 ans, Malika, neuf ans, et Yasmina, six ans. La frappe a également tué sa mère, Zeinab Nasser, 78 ans, son père, Rida Taqi, 83 ans, et son frère Ahmad Taqi, 52 ans.</p>



<p>Mohamad Taqi travaille au port de Beyrouth et s’occupait de l’élevage de bétail de la famille avec son frère Ahmad dans le village d’Irkay. Après l’intensification du conflit, il s’est installé avec sa famille dans la maison de son père, pensant qu’elle serait plus sûre, car située au centre du village.</p>



<p>Au moment de l’attaque, Mohamad se trouvait sur le porche avec des membres de sa famille, tandis que ses quatre filles, leur cousine de 11 ans et leur grand-mère (la mère de Mohamad) étaient à l’intérieur de la maison.</p>



<p>Après l’attaque, dès qu’il a pu bouger, a-t-il dit, il s’est mis à chercher les membres de sa famille sous les décombres :</p>



<p>« Quand j’ai pu me relever, j’ai commencé à chercher les filles et mes parents (…) J’ai trouvé Yasmina. Elle était encore vivante. Sa respiration était lente. Les ambulanciers l’ont emmenée à l’hôpital. Malika n’était plus en vie. Les secours l’ont également sortie [des décombres].</p>



<p>« Dans la chambre sur laquelle le missile s’était abattu, je n’ai trouvé aucune trace de Zeinab et Zahraa. Les secouristes ont plus tard retrouvé des restes de leurs corps et les ont rassemblés. Quand j’ai perdu tout espoir de les retrouver vivantes, je me suis rendu à l’hôpital. J’étais blessé à la tête, à l’œil et au visage. »</p>



<p>Mohamad Chakaroun, un secouriste local, a déclaré que dès que son équipe s’était rendu compte que la frappe aérienne avait touché le centre du village, elle avait compris qu’il y aurait un nombre élevé de victimes civiles. Ils sont arrivés sur les lieux environ cinq minutes après la frappe :</p>



<p>« Nous avons trouvé le corps de la grand-mère [Zeinab Nasser] au-dessus de celui de sa petite-fille. Elle était morte, mais sa petite-fille [de onze ans] avait survécu, grièvement blessée. Nous avons dégagé la fillette et l’avons emmenée à l’hôpital […] En avançant d’un pas, nous avons trouvé le fils de Zeinab [Ahmad Taqi], mort. Il présentait une blessure à la tête […]. Les quatre filles de Mohamad Taqi ont été tuées. Nous avons retrouvé des fragments de corps d’enfants. »</p>



<p>Le Laboratoire de preuves d’Amnesty a vérifié sept vidéos partagées par des sources, qui montraient le bâtiment détruit et les structures endommagées à proximité. Les images satellite confirment qu’il a été détruit entre le matin du 10 et celui du 17 mars 2026. Les dégâts visibles correspondent à ceux causés par une frappe aérienne.</p>



<p>Après l’attaque, l’armée israélienne a déclaré au journal The Observer qu’elle avait frappé des « agents terroristes du Hezbollah » à Irkay le 12 mars, et a accusé le Hezbollah d’utiliser des boucliers humains, sans toutefois fournir la moindre preuve à l’appui de ses allégations. Amnesty International a écrit à l’armée israélienne pour obtenir des informations sur cette attaque en particulier, notamment les éventuelles cibles présumées. Dans leur réponse, les autorités israéliennes ont indiqué que cette allégation avait été transmise pour examen.</p>



<p>Même si les autorités israéliennes avaient l’intention de viser une personne qu’elles considéraient comme une cible militaire, les moyens et la méthode utilisés pour cette attaque contre une habitation civile remplie de civil·e·s en feraient une attaque aveugle.</p>



<p>Les recherches effectuées par Amnesty International n’ont révélé aucune preuve de la présence de cibles militaires au moment de l’attaque. La frappe a détruit une habitation civile, en a endommagé une autre et a tué neuf civil·e·s, dont cinq enfants, sans avertissement préalable.</p>



<p>Au vu des éléments de preuve, Amnesty International dispose de motifs raisonnables de conclure que cette frappe constituait soit une attaque directe contre des civil·e·s ou un bien civil, soit une attaque menée sans discernement. Dans les deux cas, elle doit faire l’objet d’une enquête en tant que crime de guerre.</p>



<h4 class="wp-block-heading">« Une famille entière a disparu, comme si elle n’avait jamais existé »</h4>



<p>Le 13 mars, entre 20 heures et 20 h 30 heure locale, une frappe aérienne israélienne sur une maison du quartier d’al Rahbat, dans le district de Nabatiyé, a tué sept civil·e·s, dont Qais Basma, son épouse Blandine Jaber et leurs quatre enfants : Hassan, Hussein, Abbas et Helene, âgés de sept à 16 ans. Cette frappe, qui n’a pas été précédée d’un avertissement, a également coûté la vie à leur voisin, Hussein Mohamad Bitar, et a blessé au moins cinq personnes dans des bâtiments voisins.</p>



<p>Une parente de Qais Basma, Tahiya Basma, a déclaré à Amnesty International que Qais était peintre en bâtiment, un homme travailleur qui arrivait à peine à joindre les deux bouts :</p>



<p>« Il était père de quatre enfants qui allaient encore à l’école […] Notre perte est immense. Une famille entière a disparu, comme si elle n’avait jamais existé. Il ne reste plus personne. La nouvelle a été un véritable choc. La maison familiale où il vivait a également été détruite. C’était une maison libanaise traditionnelle appartenant à ses grands-parents, où des générations d’enfants avaient été élevés. »</p>



<p>Abdul Latif Bitar, un mukhtar (représentant des autorités locales), également secouriste au sein des Scouts d’al Risala et cousin de Hussein Mohamed Bitar, tué lors de l’attaque, a déclaré s’être rendu sur les lieux après avoir entendu la frappe et vu de la fumée s’élever :</p>



<p>« Nous avons entendu des avions de combat et des drones – une présence constante dans notre ciel. Puis nous avons entendu l’explosion ; nous attendons généralement trois minutes avant de nous rendre sur les lieux, par crainte d’un éventuel deuxième raid ou d’un barrage de tirs de type “ceinture de feu”.</p>



<p>« La maison, qui comptait deux étages, était réduite à un tas de ruines […] Le premier corps que nous avons dégagé était un de ses fils […] Puis nous avons retrouvé les corps de deux autres enfants, mais ils étaient en morceaux. Les corps de Qais et de sa femme étaient intacts […] Nous avons également sorti […] Hussein […] Il était en vie, mais il est mort à l’hôpital une heure plus tard. »</p>



<p>Un parent de Hussein Mohamad Bitar, également ami proche de Qais, a déclaré que Hussein était électricien et qu’il habitait lui aussi dans le quartier d’al Rahbat, à seulement quelques rues de la maison de Qais.</p>



<p>Trois des personnes ayant parlé à l’organisation ont déclaré avoir entendu des drones et le bruit d’avions avant que la frappe n’ait lieu.</p>



<p>Le Laboratoire des preuves d’Amnesty a vérifié 19 photos et deux vidéos montrant le bâtiment détruit et les structures endommagées à proximité. Des images satellite à plus faible résolution montrent que le bâtiment a été réduit à néant entre le 10 et le 17 mars 2026. Les images des dégâts correspondent à ceux causés par une frappe aérienne.</p>



<p>Les autorités israéliennes n’ont ni confirmé, ni nié avoir mené cette attaque, et n’ont fait aucune déclaration fournissant une explication. Dans leurs réponses à Amnesty International, les autorités israéliennes ont indiqué que cette allégation avait été transmise pour examen.</p>



<p>Les recherches menées par Amnesty International n’ont pas révélé d’éléments attestant la présence d’objectifs militaires au moment de l’attaque. Toutes les personnes dont Amnesty International a recueilli les propos, y compris les deux mukhtars de la ville de Nabatiyé, ont déclaré à l’organisation que l’ensemble des personnes présentes dans la maison au moment de l’attaque étaient des civil·e·s. Le mukhtar local, Abdul Latif Bitar, a déclaré : « Il n’y a absolument aucune présence militaire dans cette zone ; c’est un quartier résidentiel, et il n’y avait pas d’armes sur le site de la maison visée. »</p>



<p>Cette frappe a détruit une habitation civile, endommagé d’autres domiciles à proximité et tué sept civil·e·s, dont quatre enfants, sans avertissement préalable.</p>



<p>Au vu des éléments de preuve, cette attaque constituait soit une attaque directe contre des civil·e·s ou des biens de caractère civil, soit une attaque sans discernement, et doit faire l’objet d’une enquête en tant que crime de guerre.</p>



<p>« Ces trois attaques dévastatrices s’inscrivent dans un schéma bien établi d’attaques illégales menées par Israël au Liban, dans un contexte d’absence totale d’obligation de rendre des comptes. L’impunité persistante dont bénéficient ces attaques illégales risque de normaliser des violations graves du droit international humanitaire et envoie un message dangereux selon lequel les forces israéliennes peuvent continuer à tuer et blesser illégalement des civil·e·s en toute impunité, sans aucune perspective de justice ni de réparation », a déclaré Kristine Beckerle.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Le 8 octobre 2023, le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël, ce qui a été suivi d’opérations aériennes et terrestres israéliennes qui se sont considérablement intensifiées en septembre 2024. Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 27 novembre 2024, mais Israël a continué à mener des attaques quasi quotidiennes et à détruire de manière massive des biens civils au Liban le long de la frontière. Le 2 mars 2026, le Hezbollah a repris ses attaques à la suite d’une frappe américano-israélienne en Iran qui a coûté la vie au Guide suprême iranien et commandant en chef Ali Khamenei. Israël a riposté par une vague d’attaques à travers tout le Liban. Les hostilités se sont poursuivies malgré plusieurs annonces relatives à un cessez-le-feu.</p>



<p>Depuis octobre 2023, Amnesty International a recueilli des informations sur une série d’attaques illégales menées par Israël au Liban, notamment certaines ayant causé la mort de civil·e·s, de journalistes et de professionnel·le·s de santé, et qui ont endommagé ou détruit des biens de caractère civil. L’organisation a également souligné à plusieurs reprises que l’impunité persistante pour ces violations encourage les forces israéliennes à poursuivre leurs attaques illégales sans craindre d’être amenées à rendre des comptes.</p>



<p>Amnesty International a également recueilli des informations sur le lancement illégal par le Hezbollah de roquettes non guidées contre des zones civiles peuplées en Israël, faisant des morts et des blessés parmi la population civile, et causant la destruction de logements civils et le déplacement de civil·e·s.</p>




<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/liban-les-attaques-israeliennes-tuant-des-enfants-et-aneantissant-des-familles-doivent-faire-lobjet-denquetes-pour-crimes-de-guerre/">Liban. Les attaques israéliennes tuant des enfants et anéantissant des familles doivent faire l’objet d’enquêtes pour crimes de guerre</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>Israel/ TPO. Craintes de plus en plus vives pour le médecin palestinien Hussam Abu Safiya, en détention, dont la vie serait en danger imminent</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/israel-tpo-craintes-de-plus-en-plus-vives-pour-le-medecin-palestinien-hussam-abu-safiya-en-detention-dont-la-vie-serait-en-danger-imminent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 09:35:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Israel/ TPO. Craintes de plus en plus vives pour le médecin palestinien Hussam Abu Safiya, en détention, dont la vie serait en danger imminent Les autorités israéliennes doivent libérer immédiatement Hussam Abu Safiya, pédiatre palestinien et directeur de l&#8217;hôpital Kamal Adwan, détenu de manière arbitraire, a déclaré Amnesty International le 6 juillet 2026 : l’avocat [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Israel/ TPO. Craintes de plus en plus vives pour le médecin palestinien Hussam Abu Safiya, en détention, dont la vie serait en danger imminent</h2>



<p>Les autorités israéliennes doivent libérer immédiatement Hussam Abu Safiya, pédiatre palestinien et directeur de l&rsquo;hôpital Kamal Adwan, détenu de manière arbitraire, a déclaré Amnesty International le 6 juillet 2026 : l’avocat qui lui a rendu visite a indiqué que sa vie est en grave péril en raison des actes de torture et des mauvais traitements qu&rsquo;il subit depuis son placement en détention.</p>



<p>Hussam Abu Safiya est détenu arbitrairement dans les prisons israéliennes, sans inculpation ni procès, depuis plus de 18 mois, depuis le 27 décembre 2024, lorsqu’il a été interpellé pendant son service à l’hôpital Kamal Adwan, dans la ville de Gaza.</p>



<p>« Les informations qui nous parviennent concernant la détérioration des conditions de détention d’Hussam Abu Safiya font froid dans le dos. Les déclarations de son avocat, selon lesquelles sa vie est en danger imminent alors qu’il est toujours détenu illégalement, ne font qu’aviver nos inquiétudes à son sujet. Il est inadmissible qu’un pédiatre, qui a consacré sa vie à sauver celle des autres dans la bande de Gaza occupée, soit soumis à la torture et aux mauvais traitements – notamment de graves violences physiques et psychologiques et un placement à l’isolement prolongé – alors qu’il est incarcéré sans aucune justification, a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice générale des recherches, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnesty International.</p>



<p>« Les autorités israéliennes doivent libérer Hussam Abu Safiya immédiatement et sans condition. Dans l’intervalle, les Services pénitentiaires israéliens doivent veiller à ce qu’il soit pleinement protégé contre les mauvais traitements, bénéficie de soins médicaux adéquats et puisse rencontrer sans délai des observateurs indépendants, notamment le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui doit pouvoir entrer en contact avec tous les autres détenu·e·s palestiniens. »</p>



<p>En violation flagrante de ses obligations découlant du droit international, Israël refuse depuis octobre 2023 que le CICR rende visite aux prisonniers·ères et détenu·e·s palestiniens. C’est à la suite d’une visite effectuée le 2 juillet 2026 par un avocat de Médecins pour les droits humains &#8211; Israël que l’on a appris la détérioration de l’état de santé d’Hussam Abu Safiya et les graves sévices qu’il endure aux mains des Services pénitentiaires israéliens. Selon cet avocat, Nasser Odeh, depuis qu’Hussam Abu Safiya a été transféré dans la partie souterraine du centre de détention de Rakefet, il subit quotidiennement coups, menaces et autres formes de mauvais traitements.</p>



<p>Nasser Odeh a déclaré avoir observé des ecchymoses récentes et des traces de torture sur la tête et le corps d’Hussam Abu Safiya, à tel point qu’il était méconnaissable. Il a ajouté qu’il s&rsquo;était présenté à leur rencontre les mains et les pieds entravés. Dans son récit inquiétant, Nasser Odeh l’a décrit comme affaibli et sur le point de perdre connaissance. Il a en outre rapporté les propos d’Hussam Abu Safiya : « C’est la dernière fois que tu me vois… Ils m’ont amené ici pour me tuer. »</p>



<p>« Le témoignage de cet avocat doit servir d’alerte pour les États du monde entier, en particulier les alliés d’Israël. Il est tout à fait répréhensible qu’un médecin qui a refusé d’abandonner ses patients et est devenu une voix influente dénonçant la destruction du système de santé de Gaza soit maintenu en détention arbitraire et illégale au motif qu’il serait, selon la qualification infondée d’Israël, un  » combattant illégal « . Il est toujours privé de ses droits les plus fondamentaux, notamment les droits d’être protégé contre la torture et les mauvais traitements, et de bénéficier d’un procès équitable et d’une procédure régulière, a déclaré Erika Guevara Rosas.</p>



<p>« Le traitement inhumain infligé par Israël aux professionnel·le·s de santé palestiniens à Gaza, notamment les détentions arbitraires et la torture, est favorisé par l’inaction délibérée des États face à la destruction du système de santé de Gaza et aux agressions visant les professionnels de santé palestiniens. Ces agissements s’inscrivent dans le cadre des leviers constituant le génocide mené par Israël à l’encontre des Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza. Se contenter d’exprimer son inquiétude est une mascarade destinée à masquer l’inaction face aux violations flagrantes des droits des Palestinien·ne·s commises par Israël. Amnesty International, aux côtés d’autres organisations de défense des droits humains, ne réclame pas seulement la libération immédiate d’Hussam Abu Safiya. Il s’agit d’un appel à une intervention urgente et efficace pour lui sauver la vie. »</p>



<p>Le fils d’Hussam Abu Safiya, Elias, qui s’exprime au nom de la famille, a confié à Amnesty International :</p>



<p>« [Mon père] vit actuellement des moments critiques, entre la vie et la mort… [Son] état de santé et sa situation s’aggravent de jour en jour. Nous appelons la communauté internationale, les organisations de défense des droits humains, les médias et toutes les personnes de conscience à prendre des mesures immédiates et urgentes pour réclamer que cessent la torture et toutes les violations infligées à mon père, demander des soins médicaux d’urgence et la possibilité de surveiller son état de santé par le biais d’instances juridiques et humanitaires indépendantes, ainsi que la garantie qu’il sera protégé et que ses droits fondamentaux seront respectés.</p>



<p>« Le silence du monde aujourd’hui pourrait coûter la vie à un innocent. Le temps presse, et nous vous prions instamment d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Hussam Abu Safiya est détenu arbitrairement par les autorités israéliennes depuis décembre 2024, à la suite d&rsquo;une descente effectuée par l&rsquo;armée israélienne à l&rsquo;hôpital Kamal Adwan, dans le gouvernorat de Gaza-Nord. Depuis, il est détenu sans inculpation ni jugement en vertu de la Loi sur l’incarcération des combattants illégaux, un texte cruel et abusif, qui autorise l&rsquo;armée à émettre des ordres de détention indéfiniment renouvelables à l&rsquo;encontre de toute personne originaire de Gaza soupçonnée de représenter une menace pour la sécurité de l&rsquo;État ou de se livrer à des activités hostiles, sur la base d&rsquo;éléments de preuve classifiés et sans obligation de présenter un acte d’accusation.</p>



<p>Le 16 juin 2026, la Cour suprême israélienne a rejeté le recours déposé par Hussam Abu Safiya en faveur de sa libération et a confirmé son maintien en détention au moins jusqu’en octobre prochain. L’organisation Médecins pour les droits humains &#8211; Israël estime que la recrudescence des attaques dont il fait l’objet est liée à ce recours et à ses démarches visant à contester sa détention devant les tribunaux.</p>



<p>Hussam Abu Safiya est incarcéré au centre de Rakefet, une section souterraine située sous le complexe pénitentiaire d’Ayalon, où les détenus, pour la plupart des Palestiniens originaires de la bande de Gaza, sont soumis à des actes de torture systématiques et à des traitements inhumains. Fermé en 1985 en raison de ses conditions de détention inhumaines, ce centre a été rouvert pendant le génocide.</p>




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		<title>Soudan. Les atrocités commises par les Forces d’appui rapide à El Fasher viennent « entacher la conscience de l’humanité »</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/soudan-les-atrocites-commises-par-les-forces-dappui-rapide-a-el-fasher-viennent-entacher-la-conscience-de-lhumanite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 03:10:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Soudan. Les atrocités commises par les Forces d’appui rapide à El Fasher viennent « entacher la conscience de l’humanité » Au Soudan, les Forces d’appui rapide (FAR) ont commis des crimes contre l’humanité et un nettoyage ethnique pendant leur campagne visant à prendre le contrôle de la ville d’El Fasher, dans l’État du Darfour septentrional, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Soudan. Les atrocités commises par les Forces d’appui rapide à El Fasher viennent « entacher la conscience de l’humanité »</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Les FAR se sont rendues coupables de crimes contre l’humanité et de nettoyage ethnique</strong></li>



<li><strong>Des enfants ont été délibérément pris pour cible par les combattants des FAR pendant les attaques</strong></li>



<li><strong>Il est urgent d’instaurer un cessez-le-feu et de déployer une force internationale de protection</strong></li>
</ul>



<p>Au Soudan, les Forces d’appui rapide (FAR) ont commis des crimes contre l’humanité et un nettoyage ethnique pendant leur campagne visant à prendre le contrôle de la ville d’El Fasher, dans l’État du Darfour septentrional, conclut Amnesty International dans un nouveau rapport de première importance. L’organisation appelle maintenant à un cessez-le-feu immédiat au Soudan, ainsi qu’au déploiement de toute urgence d’une force internationale pour protéger les civil·e·s.</p>



<p>Intitulé <em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/AFR5411162026FR.pdf"><span style="text-decoration: underline;">Ville assiégée, enfants attaqués. Les crimes contre l’humanité des Forces d’appui rapide dans le Darfour septentrional</span></a></em>, ce rapport décrit comment, à El Fasher et dans ses environs, des civil·e·s ont été tués, blessés, frappés, torturés et détenus entre début 2024 et octobre 2025 durant les affrontements qui ont opposé les FAR aux Forces armées soudanaises (FAS) et aux forces conjointes qui leur sont alliées, dans le cadre d’une guerre qui a dévasté le Darfour septentrional. Les FAR ont notamment commis les crimes de meurtre, de transfert forcé, d’emprisonnement, de torture, de viol, d’esclavage sexuel, d’autres formes de violence sexuelle, d’asservissement, d’extermination et de persécution.</p>



<div class="wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/AFR5411162026FR.pdf">lire le rapport (fr)</a></div>
</div>



<p>Des centaines de milliers d’enfants ont été déplacés et beaucoup ont été exposés de façon répétée au risque de mort et de blessure au cours des attaques ou pendant leur fuite. Un nombre incalculable d’entre eux ont été rendus orphelin·e·s. Les personnes en situation de handicap et les personnes âgées ont été confrontées à des risques considérables, tels que des attaques ciblées, l’abandon et l’impossibilité de bénéficier de l’aide essentielle dont elles avaient besoin.</p>



<p>Au fil de leurs attaques dans le Darfour septentrional, les combattants des FAR ont couramment utilisé des termes comme falangay (falangayat au pluriel), évoquant l’esclavage ou la servitude, lorsqu’ils s’en prenaient à des civil·e·s appartenant à des groupes ethniques non arabes.</p>



<p>« La guerre au Soudan est une guerre contre les populations civiles. Le monde a été alerté des horreurs que subissaient les civil·e·s à El Fasher tandis que les FAR assiégeaient la ville. Ces atrocités viennent entacher la conscience de l’humanité, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« Les enfants n’ont pas seulement été les dommages collatéraux de cette violence : ils ont souvent été visés de façon délibérée et ont énormément souffert. Ils ont été massivement tués, blessés, violés, enlevés et recrutés de force.</p>



<p>« Un cessez-le-feu immédiat est nécessaire à l’échelle nationale. Une force internationale indépendante et dotée de moyens suffisants doit être déployée au Soudan afin de protéger les populations civiles des crimes commis par toutes les parties au conflit. Si la communauté internationale n’agit pas sans délai, les attaques contre les civil·e·s – et les immenses souffrances et traumatismes infligés aux enfants – vont se poursuivre sans entrave. »</p>



<p>Amnesty International a interrogé pour ce rapport 247 personnes qui avaient subi des exactions liées au conflit ou en avaient été témoin, dont 208 victimes (169 adultes et 39 mineur·e·s). Elle s’est aussi appuyée sur l’analyse d’informations en accès libre, notamment 89 vidéos et l’examen approfondi d’images satellite du Darfour septentrional.</p>



<p>Le 10 juin 2026, Amnesty International a écrit au général Mohamed Hamdan Dagalo, qui dirige les FAR, pour lui faire part des conclusions de son rapport. Au moment de la publication de celui-ci, elle n’avait pas reçu de réponse.</p>



<p>L’analyse des éléments de preuve recueillis à propos de la zone géographique et de la période examinées dans le rapport permet de conclure – sans aucune réserve – à l’existence de persécutions fondées sur l’identité ethnique. Amnesty International pense que les actes dont il est fait état dans ce rapport, ainsi que d’autres crimes présumés sur lesquels elle enquête parallèlement, pourraient être constitutifs du crime de génocide. Son enquête à ce sujet est encore en cours à l’heure de la publication du rapport.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le siège d’El Fasher</h4>



<p>En novembre 2023, les FAR contrôlaient quatre des cinq capitales régionales du Darfour. El Fasher, capitale du Darfour septentrional, était la seule à résister. À partir de 2024, les FAR ont attaqué de façon systématique les villages, les villes et les camps de personnes déplacées aux alentours d’El Fasher, infligeant violences et pillages aux habitant·e·s et incendiant des infrastructures civiles.</p>



<p>Beaucoup de ces localités étaient peuplées majoritairement de membres du groupe ethnique zaghawa. Lors de ces attaques, les combattants des FAR ont incendié des habitations longtemps après la fuite des habitant·e·s, ce qui tend à indiquer qu’ils cherchaient à rendre ces zones inhabitables. Ces actes, associés au fait que les FAR continuent de contrôler ces régions, ce qui empêche les populations déplacées d’y retourner, semblent révélateurs d’une volonté de procéder au nettoyage ethnique des alentours d’El Fasher en en chassant les Zaghawas.</p>



<p>Yagoub*, adolescent zaghawa de 17 ans, se trouvait dans la ferme familiale près de la ville d’Abu Zerega, à 35 kilomètres au sud d’El Fasher, quand les FAR ont attaqué en décembre 2024. Il a essayé de s’enfuir mais a été capturé par les FAR. Il a déclaré à Amnesty International : « Ils m’ont ligoté et frappé avec des bâtons et la crosse d’un AK-47. Ensuite, l’un d’eux s’est approché à dos de dromadaire et a dit : “C’est un fils de falangay” [&#8230;] puis il m’a tiré dans la jambe. »</p>



<p>Yagoub marche aujourd’hui avec des béquilles. Huit de ses cousin·e·s, dont quatre garçons âgés de 11 à 17 ans, ont été tués pendant cette même attaque.</p>



<p>Une fois les habitant·e·s déplacés des villages autour d’El Fasher, les FAR ont soumis la capitale régionale à un siège cruel entre mai 2024 et octobre 2025, limitant les entrées de denrées alimentaires et humanitaires et bombardant la ville presque quotidiennement. La famine s’est propagée, contraignant la population à se nourrir d’ambaz, un sous-produit issu de la production d’huile d’arachide qui sert habituellement à nourrir les animaux. Tous les civil·e·s – mais plus particulièrement encore les enfants, chez qui la maladie et la malnutrition peuvent avoir des effets irréversibles – ont été durement touchés par cette famine délibérément induite.</p>



<p>Des femmes ont raconté avoir accouché dans un contexte de grave privation et de stress élevé : dans des abris antiaériens souterrains étouffants, dans des hôpitaux pilonnés, ou pendant qu’elles fuyaient les violences. Dans l’impossibilité de se procurer pour elles-mêmes une alimentation suffisante, elles n’ont souvent pas eu assez de lait pour nourrir leurs nouveau-nés. Sans autres solutions sûres, beaucoup de femmes ont vu leur bébé dépérir.</p>



<p>Rashida*, une femme de 39 ans, a perdu son dernier né, l’un de ses jumeaux âgés d’un an, en août 2025. Elle a raconté : « [Mon fils] s’affaiblissait beaucoup [et] ne prenait pas le lait. Il est devenu très maigre. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">La prise d’El Fasher</h4>



<p>Le 26 octobre 2025, les FAR ont lancé leur offensive finale contre El Fasher. Quand les civil·e·s ont tenté de fuir, ils se sont heurtés à un réseau de 57 kilomètres de berme (remblais de terre). Il s’en est suivi un massacre : plusieurs centaines de personnes ont été exécutées, et de nombreuses autres ont été torturées ou emmenées en détention.</p>



<p>Amnesty International a mené des entretiens avec 70 rescapé·e·s, et quasiment toutes ces personnes avaient été témoins d’exécutions, de viols, d’actes de torture ou de prises d’otages. Une femme de 58 ans a estimé avoir vu plus d’un millier de cadavres : « Les personnes qui ont été tuées par balles ont été jetées dans la berme [&#8230;] [Les FAR] ont affirmé qu’elles rempliraient la berme des corps. »</p>



<p>Parmi les personnes tuées à la berme figuraient de nombreux enfants. Taiseer*, une femme zaghawa de 68 ans qui fuyait avec ses cinq petits-enfants, a vu les FAR tuer par balles un garçon de 12 ans qui les accompagnait.</p>



<p>Zubeida*, une adolescente de 15 ans, a survécu au massacre d’environ 25 personnes à la berme uniquement car elle s’était présentée comme étant à moitié arabe et avait menti en affirmant que son père faisait partie des FAR. Elle a été témoin de l’exécution d’hommes et de garçons, du meurtre de femmes qui résistaient au viol et de la mort par balles de jeunes enfants. « Je suis la seule survivante. », a-t-elle déclaré.</p>



<p>Les personnes restées à El Fasher ont été témoins d’exactions effroyables. Amnesty International a interrogé 18 personnes qui se trouvaient à l’intérieur de la maternité saoudienne, dont des membres du personnel, des patient·e·s et des proches de patient·e·s, et qui ont vu les FAR y tuer des dizaines de personnes. L’attaque contre cet hôpital, infrastructure protégée aux termes du droit international, est un crime de guerre.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Violences sexuelles, prises d’otages et enrôlement d’enfants</h4>



<p>Les FAR ont commis des viols et d’autres formes de violence sexuelle à très grande échelle et dans de nombreux lieux. Amnesty International a interrogé 26 victimes de violences sexuelles. Parmi elles figuraient 20 femmes victimes de viol, dont trois filles de moins de 18 ans et une jeune femme qui avait 17 ans quand elle avait été violée. Les victimes ont raconté qu’elles avaient subi de graves humiliations et violences ayant entraîné des préjudices physiques et psychologiques durables.</p>



<p>Tasneem*, une fille zaghawa de 13 ans, a été enlevée début avril 2025 quand les FAR ont attaqué son village à l’ouest d’El Fasher. Elle gardait le troupeau de sa famille avec son père lorsque des combattants des FAR se sont approchés. Elle les a vu abattre son père, puis elle a été capturée et emmenée à El Daein, à environ 350 kilomètres.</p>



<p>Elle a raconté à Amnesty International : « [La première fois que j’ai été violée] c’était par trois personnes. J’avais les yeux bandés […] Ils m’ont immobilisée [&#8230;] Ils m’ont dit : “on te fait ça car tes gars nous ont combattus, des gars qui font partie des falangayat”. »</p>



<p>Les FAR ont aussi maintenu illégalement des civil·e·s en détention ; beaucoup ont été retenus en otage dans le but d’obtenir une rançon, souvent dans des conditions abominables. Amnesty International a mené des entretiens avec 45 personnes, dont huit mineur·e·s, qui avaient été détenues illégalement par les FAR entre juillet 2024 et janvier 2026.</p>



<p>Leurs conditions de détention avaient été violentes et dégradantes. Les personnes interrogées, parmi lesquelles des garçons dont certains n’avaient que 13 ans, ont expliqué avoir reçu des coups et subi des insultes à caractère ethnique proférées par des combattants des FAR pendant leur captivité. Ces personnes n’avaient pas assez à manger ni à boire, et étaient détenues dans des pièces étouffantes et surpeuplées. Des maladies se sont propagées : nombre de détenu·e·s ont vu des dizaines, voire des centaines, de personnes mourir de déshydratation ou de maladie.</p>



<p>Amnesty International a réalisé des entretiens avec neuf hommes qui avaient été détenus dans le centre de détention de Mina Al Bari, dans la banlieue est d’El Fasher, pendant des périodes allant jusqu’à cinq mois, entre mi-2024 et début 2026. Ils ont raconté avoir été enfermés dans des conteneurs, qui étaient fermés la plupart du temps. La chaleur étouffante et la mauvaise ventilation faisaient qu’il était difficile de respirer.</p>



<p>Un de ces hommes a déclaré : « On ne pouvait pas étendre nos jambes […] On ne pouvait pas dormir longtemps […] [Les FAR] m’ont dit : “on s’en fiche si tu meurs”. »</p>



<p>Un autre homme détenu lui aussi à Mina Al Bari a raconté avoir été privé d’eau et de nourriture : « Mon corps [s’asséchait] complètement, [nous] avons perdu connaissance. [Les FAR] pensaient qu’on était morts, alors ils nous ont juste jetés hors du conteneur. Au bout d’un moment, ils ont compris qu’on était encore vivants. Ils nous ont torturés à nouveau et nous ont remis dans le conteneur. »</p>



<p>Amnesty International a aussi recueilli des informations faisant état de l’enrôlement et de l’utilisation généralisés de garçons mineurs par les FAR, soit recrutés auprès de groupes ethniques arabes alliés, soit enlevés dans des groupes non arabes au cours d’attaques contre des villages et des camps de personnes déplacées. Ces enfants et adolescents accomplissaient différentes missions pour le groupe, notamment combattre, collecter des renseignements et garder du bétail.</p>



<p>Rashid* a été enlevé par les FAR dans son village vers juillet 2024, à l’âge d’environ 17 ans. Pendant près de neuf mois, il a été retenu dans une zone rurale et forcé à garder des chèvres. Il était surveillé par trois garçons armés, eux-mêmes des recrues des FAR, qui lui ont fait subir ainsi qu’à d’autres personnes détenues des humiliations et des passages à tabac, et qui l’ont privé de nourriture et d’eau. Il a témoigné : « Ils m’observaient et, si j’essayais de me reposer, ils tiraient dans ma direction […] Ils m’ont frappé sur tout le corps. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des commandants identifiés</h4>



<p>Amnesty International a identifié des commandants des FAR responsables de graves violations du droit international.</p>



<p>Des membres des FAR ont filmé et diffusé publiquement des vidéos d’exécutions de masse. Amnesty International a collecté et authentifié 19 vidéos faisant état d’un massacre de grande ampleur près de la berme, à une douzaine de kilomètres au nord-ouest d’El Fasher. Neuf de ces vidéos montrent le commandant des FAR Al Fateh Abdullah Idris, plus connu sous le nom d’« Abu Lulu », en train d’exécuter des prisonniers en tenue civile.</p>



<p>Parmi les hauts responsables du centre de détention de Mina Al Bari figuraient le général de division Gedo Hamdan Ahmed Mohamed (dit « Abu Shouk »), qui a mené des interrogatoires et participé à des actes de torture, et le lieutenant-colonel Abbas Khater Bakhit, qui a été vu en train de donner l’ordre de torturer des prisonniers et d’arranger le versement de rançons.</p>



<p>Ces violations ont été commises de façon répétée et à grande échelle, ce qui laisse à penser que les responsables hiérarchiques étaient au courant de ce qu’il se passait, ou auraient dû l’être, et n’ont rien fait pour l’empêcher ou pour demander des comptes à quiconque.</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Recommandations</h4>



<p>« La communauté internationale doit faire plus que déclarer sa préoccupation et doit prendre des mesures concrètes pour protéger les civil·e·s, de manière à briser le cycle de l’impunité, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Le Soudan est durement touché par les coupes dans le financement de l’aide humanitaire, qui ont exacerbé la crise déjà catastrophique en matière de droits humains pour ces populations qui ont tout perdu. Tous les partenaires internationaux du Soudan doivent veiller à ce qu’une aide suffisante parvienne aux personnes réfugiées et déplacées, notamment des services destinés aux enfants, afin d’aider à atténuer la crise.</p>



<p>« Il faut en outre renforcer l’obligation de rendre des comptes en apportant un soutien suffisant à tous les mécanismes existants en matière d’obligation de rendre des comptes pour le Soudan, notamment la Cour pénale internationale, ainsi que les missions d’établissement des faits soutenues par les Nations unies et l’Union africaine. Les commandants identifiés dans le rapport doivent faire l’objet d’une enquête et, s’il existe suffisamment de preuves recevables, être traduits en justice. »</p>



<p>Tous les pays doivent cesser immédiatement de fournir des armes et des munitions à toutes les parties au conflit au Soudan. Ils doivent en particulier arrêter de livrer des armes aux Émirats arabes unis – principal soutien des FAR – jusqu’à ce que ce pays respecte l’embargo des Nations unies. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit par ailleurs élargir au reste du pays l’embargo actuel sur les armes concernant le Darfour.</p>



<p class="has-text-align-right has-x-small-font-size"><em>*Les prénoms ont été modifiés.</em></p>




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		<title>Arabie saoudite. Des personnes voyageant en Arabie saoudite emprisonnées en raison de publications sur les médias sociaux</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/arabie-saoudite-des-personnes-voyageant-en-arabie-saoudite-emprisonnees-en-raison-de-publications-sur-les-medias-sociaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jun 2026 11:48:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=36655</guid>

					<description><![CDATA[<p>Arabie saoudite. Des personnes voyageant en Arabie saoudite emprisonnées en raison de publications sur les médias sociaux Les personnes qui se rendent en Arabie saoudite, notamment pour le tourisme ou pour des pèlerinages religieux tels que le Hadj et l’Omra, risquent d’être placées en détention, de faire l’objet de procès iniques et d’être condamnées à [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Arabie saoudite. Des personnes voyageant en Arabie saoudite emprisonnées en raison de publications sur les médias sociaux</h2>



<p>Les personnes qui se rendent en Arabie saoudite, notamment pour le tourisme ou pour des pèlerinages religieux tels que le Hadj et l’Omra, risquent d’être placées en détention, de faire l’objet de procès iniques et d’être condamnées à de longues peines d’emprisonnement en raison de leurs activités sur les médias sociaux, y compris pour des publications datant d’avant leur entrée dans le pays, ont déclaré aujourd’hui Amnesty International et ALQST.</p>



<p>Amnesty International et ALQST ont réuni des informations sur neuf cas de personnes, originaires pour la plupart de pays du Sud mondial et du Moyen-Orient, qui ont été arrêtées en Arabie saoudite lors de séjours effectués entre juillet 2022 et fin 2025 en raison de leurs publications sur les médias sociaux. Quatre de ces neuf personnes s’y étaient rendues pour le pèlerinage du Hadj ou de l’Omra, et les cinq autres pour du tourisme ou pour une visite familiale.</p>



<p>Les autorités saoudiennes ont arrêté certains visiteurs.euses peu après leur arrivée dans le pays, d’autres pendant leur séjour et d’autres encore alors qu’ils allaient repartir. Dans les cas étudiés, les autorités saoudiennes ont interrogé les visiteurs·euses au sujet de leurs publications sur les médias sociaux et les ont soumis à une détention arbitraire prolongée, à un procès inique et à un accès retardé à l’assistance consulaire. Dans deux cas, les autorités saoudiennes ont empêché les personnes détenues de communiquer des informations à leurs proches à l’étranger.</p>



<p>« Alors que l’Arabie saoudite se positionne comme une destination touristique internationale et investit massivement dans le tourisme dans le cadre de son programme Vision 2030, elle procède en parallèle à l’arrestation et à la condamnation à de lourdes peines d’emprisonnement de visiteurs·euses qui n’ont pourtant fait qu’exercer leur droit à la liberté d’expression. Des personnes qui se rendent en Arabie saoudite pour un pèlerinage religieux qu’elles n’effectueront qu’une fois dans leur vie ou pour rendre visite à des proches se retrouvent soudainement, sans que rien n&rsquo;ait pu le présager, dans une situation cauchemardesque et arrachées à leur famille, et tout cela uniquement en raison de publications sur les médias sociaux », a déclaré Bissan Fakih, chargée de campagne sur la région MENA à Amnesty International.</p>



<p>« La répression de longue date exercée par les autorités saoudiennes contre la liberté d’expression de leurs propres citoyen·ne·s et résident·e·s s’étend désormais aux visiteurs·euses étrangers. Derrière l’image soigneusement construite par le gouvernement saoudien d’un pays ouvert sur le monde, un climat de peur règne, entretenu par une répression sévère à l’intérieur du pays », a déclaré Nadyeen Abdulaziz, chargée de la surveillance et du plaidoyer à ALQST.</p>



<p>Amnesty International et ALQST appellent les États à faire pression sur l’Arabie saoudite pour qu’elle mette fin à la répression de la liberté d’expression exercée contre celles et ceux qui visitent le pays et qui y vivent, et pour qu’elle libère immédiatement les personnes détenues uniquement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression. Les ministères des Affaires étrangères devraient également veiller à ce que leurs conseils aux voyageurs·euses concernant l’Arabie saoudite soient mis à jour, afin que les voyageurs·euses soient conscients des risques liés à leur activité sur les médias sociaux s’ils se rendent dans le pays, particulièrement alors que celui-ci attire les touristes et se prépare à accueillir l’exposition universelle de 2030 et la Coupe du monde de 2034.</p>



<p>L’Arabie saoudite a pour objectif d’accueillir 150 millions de touristes d’ici 2030 dans le cadre de son programme phare Vision 2030, qui vise à diversifier l’économie du pays, à favoriser une société « dynamique » et à positionner le royaume en tant que destination touristique à l’échelle mondiale. Pourtant, l’Arabie saoudite conserve un cadre législatif extrêmement restrictif qui réprime pénalement avec de lourdes peines des formes d’expression protégées par le droit international relatif aux droits humains. La juridiction antiterroriste saoudienne, le Tribunal pénal spécial, utilise régulièrement des dispositions vagues des lois contre la cybercriminalité et contre le terrorisme qui assimilent des formes d’expression légitimes à du « terrorisme ».</p>



<h4 class="wp-block-heading">Arrestations liées aux médias sociaux, détention provisoire prolongée et procès iniques </h4>



<p>Le Britannique Ahmed al Doush purge une peine de cinq ans d’emprisonnement prononcée contre lui à l’issue d’un procès inéquitable pour des chefs d’accusation basés sur son utilisation des médias sociaux, en violation de son droit à la liberté d’expression. Les autorités saoudiennes ont arrêté Ahmed al Doush, qui était alors analyste commercial senior à la Bank of America, le 31 août 2024 à l’aéroport de Riyad alors qu’il retournait au Royaume-Uni après avoir effectué une visite en Arabie saoudite avec son épouse enceinte et ses deux enfants, en raison de messages qu’il avait publiés sur les réseaux sociaux avant son arrivée en Arabie saoudite. Le 12 mai 2025, le Tribunal pénal spécial l’a condamné à 10 ans d’emprisonnement, cette peine ayant été réduite à cinq ans en appel en avril 2026. Les autorités saoudiennes n’ont pas communiqué à sa famille ni à son avocat britannique les documents judiciaires, notamment les jugements de première instance et d’appel, malgré des demandes répétées. Amr Abdelfattah, un Français père de trois enfants, a été arrêté le 16 juin 2024 alors qu’il se trouvait en Arabie saoudite pour le pèlerinage du Hadj. Amr Abdelfattah a été maintenu en détention pendant plus de 11 mois avant d’être finalement traduit en justice en mai 2025 en lien avec l’expression en ligne d’opinion et un problème de visa, ce dernier donnant généralement lieu à des sanctions sous forme d’amende et d’expulsion du pays. Les autorités ont déclaré que ses propos en ligne « insultaient le gouvernement » et « faisaient l’éloge de personnes poursuivies en justice ».</p>



<p>Les personnes arrêtées ont été victimes de multiples violations des garanties procédurales et des droits liés à la détention. Dans certains cas, des détenus qui ne comprenaient pas l’arabe ont été forcés à signer des documents rédigés en arabe, sans rien savoir de leur teneur. Certains de ceux qui ont finalement été libérés ont déclaré ne pas avoir reçu de vêtements adéquats et avoir été privés d’effets personnels. Dans les cas d’au moins deux des étrangers sur lesquels Amnesty International et ALQST ont rassemblé des informations, les autorités saoudiennes ont restreint les contacts avec leurs proches vivant à l’étranger.</p>



<p>Durant toute sa détention, Amr Abdelfattah s’est vu refuser à plusieurs reprises l’accès à un avocat et à des visites de sa famille, et les représentant·e·s du consulat français se sont vu refuser l’accès au procès. De septembre 2024 au 5 août 2025, il a été autorisé à passer des appels téléphoniques hebdomadaires de 15 minutes à son épouse, mais ces appels étaient coupés dès qu’il tentait de parler de la façon dont il était traité en prison ou de l’avancée de son procès. Les contacts avec sa famille ont été interrompus jusqu’à une date récente et depuis, les communications hebdomadaires sont de nouveau permises. Il n’est pas autorisé à parler en français avec sa famille, mais uniquement en arabe afin que les agents pénitentiaires puissent surveiller la conversation. ALQST a su qu’il avait aussi été violemment frappé par des gardiens de prison.</p>



<p>Les communications entre Ahmed al Doush et sa famille ont également été fortement limitées. En avril 2025, il a dit à son épouse que les autorités pénitentiaires lui avaient ordonné de ne demander des nouvelles que d’elle et de ses enfants lors des appels, et indiqué que s’il abordait le sujet de ses conditions de détention, de sa santé ou de la procédure judiciaire et des chefs d’accusation retenus contre lui, l’appel serait alors coupé et il serait puni. Sa famille a dit qu’il avait récemment été privé de tout contact avec elle pendant près de trois semaines parce qu’il avait utilisé l’anglais pour parler à ses enfants.</p>



<p>Le bien-être et la santé mentale d’Ahmed al Doush et d’Amr Abdelfattah se sont considérablement dégradés au cours de leur détention. De même, les autorités saoudiennes ont arrêté Fahd Ramadhan, ressortissant néerlando-yéménite, le 20 novembre 2023 et l’ont maintenu en détention arbitraire pendant 18 mois. Fahd Ramadhan n’a jamais été officiellement inculpé, mais il a déclaré aux représentant·e·s de l’ambassade des Pays-Bas à Riyad qu’il pensait que sa détention était due à des publications en ligne dans lesquelles il avait exprimé sa sympathie à l’égard d’un détracteur de la famille royale saoudienne. Au cours de sa détention provisoire, les enquêteurs lui avaient demandé de signer un document recensant quatre de ses publications sur X. Il a été libéré en juin 2025.</p>



<p>Un autre homme, dont le nom n’a pas été divulgué pour des raisons de sécurité, a été arrêté à La Mecque alors qu’il effectuait le pèlerinage de l’Omra, quatre heures seulement après avoir partagé sur les médias sociaux une publication critiquant les autorités saoudiennes, qu’il avait supprimée deux heures plus tard. Il a été détenu pendant un an et huit mois sans jugement et a depuis été libéré.</p>



<p>En 2023, les autorités saoudiennes ont arrêté une autre personne effectuant le pèlerinage de l’Oumra parce qu’elle avait montré un bout de papier appelant à la libération d’un prisonnier politique détenu dans un autre pays, sans lien avec l’Arabie saoudite, et elles l’ont maintenue en détention pendant un an. L’Arabie saoudite l’a libérée près d’un an plus tard.</p>



<p>Haidar Slim, de nationalité libanaise, a été placé en détention en 2022 après avoir accompli le pèlerinage du Hadj. Il s’était filmé en train de chanter un chant religieux chiite pendant le pèlerinage, et cette vidéo avait par la suite circulé en ligne. Il a ensuite été poursuivi au titre de la loi sur la cybercriminalité pour « publication de contenus portant atteinte à l’ordre public et aux valeurs religieuses », et condamné à cinq ans d’emprisonnement et à une amende de 10 000 riyals saoudiens. Il a été libéré en mars 2025 à la suite d’une intervention diplomatique, après avoir purgé près de trois ans de sa peine.</p>



<p>Compte tenu du climat de peur et du manque de transparence qui règnent dans le pays, l’ampleur réelle des arrestations liées à l’expression d’opinions est probablement plus importante, certaines informations n’étant révélées qu’après la libération des détenu·e·s et leur départ du pays.</p>



<p>Outre les neuf cas sur lesquels des informations ont été rassemblées, qui comprennent le cas d’un États-Unien détenu pendant deux mois sans inculpation fin 2025 après avoir publié une vidéo TikTok sur son expérience dans le pays, et un Canadien arrêté en avril 2023 et interrogé au sujet de publications et de « likes » sur les réseaux sociaux, Amnesty International et ALQST ont connaissance d’un certain nombre d’autres cas de touristes arrêtés pendant leur séjour en Arabie saoudite en raison de leurs activités sur les médias sociaux, notamment de cas sur lesquels les organisations n’ont pas été en mesure d’enquêter. Parmi les cas signalés par les médias figure celui d’un homme arrêté pendant le pèlerinage du Hadj après avoir critiqué la négligence présumée des autorités saoudiennes à la suite du décès de 1 301 pèlerins lors du Hadj de 2024, décès que le ministère saoudien de la Santé a par la suite attribué principalement au stress thermique.</p>



<p>« Les gouvernements étrangers devraient utiliser les moyens à leur disposition pour protéger les droits de leurs ressortissant·e·s qui voyagent ou vivent à l’étranger, notamment en leur fournissant une assistance consulaire et en suivant le déroulement des procès. Les gouvernements qui se disent attachés aux droits humains universels devraient plaider en faveur de la libération de toutes les personnes détenues arbitrairement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression », a déclaré Nadyeen Abdulaziz.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Amnesty International et ALQST ont réuni des informations sur plusieurs dizaines de cas de Saoudien·ne·s détenus en raison de leurs publications sur les médias sociaux, notamment sur les cas d’Abdulrahman al Sadhan, employé du Croissant-Rouge, qui purge une peine de 20 ans d’emprisonnement et qui est actuellement soumis à une disparition forcée après avoir publié des messages satiriques sur X, et de Manahel al Otaibi, influenceuse dans le domaine du fitness et défenseure des droits des femmes, qui purge une peine de cinq ans d’emprisonnement pour avoir twitté en faveur des droits des femmes, notamment sous le hashtag #EndMaleGuardianship, et publié en ligne une photo d’elle-même dans un centre commercial où elle ne portait pas l’abaya (tunique traditionnelle à manches longues et à la coupe ample). Amnesty International a également observé que les autorités des États du Golfe, notamment en Arabie saoudite, ont intensifié la répression du droit à la liberté d’expression après la guerre américano-israélienne contre l&rsquo;Iran.</p>




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		<item>
		<title>RDC. Il faut que les autorités cessent de soutenir un groupe armé soupçonné de crimes de guerre</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/rdc-il-faut-que-les-autorites-cessent-de-soutenir-un-groupe-arme-soupconne-de-crimes-de-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 11:44:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>RDC. Il faut que les autorités cessent de soutenir un groupe armé soupçonné de crimes de guerre Un groupe armé soutenu par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a tué et torturé des civil·e·s, pillé des biens et enlevé des femmes, les réduisant à l’état d’esclaves sexuelles dans le territoire de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">RDC. Il faut que les autorités cessent de soutenir un groupe armé soupçonné de crimes de guerre</h2>



<p>Un groupe armé soutenu par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a tué et torturé des civil·e·s, pillé des biens et enlevé des femmes, les réduisant à l’état d’esclaves sexuelles dans le territoire de Rutshuru, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a déclaré Amnesty International ce 25 juin.</p>



<p>Le Collectif des mouvements pour le changement-Forces de défense du peuple (CMC-FDP) fait partie des Wazalendo (« patriotes », en swahili), une coalition peu structurée de groupes armés que l’armée congolaise utilise comme forces supplétives dans son combat actuel contre le Mouvement du 23 mars (M23), soutenu par le Rwanda. Le CMC-FDP opère principalement dans le groupement de Bukombo (Rutshuru), contrôlé en ce moment par le M23.</p>



<p>Il conserve des bases isolées à Bukombo et prend pour cible des civil·e·s, souvent de nuit ou dans des zones où les combattants du M23 sont moins nombreux. Après des affrontements avec le M23, des combattants du CMC-FDP se sont vengés sur des personnes qui auraient des liens familiaux avec des membres du M23. Ces atteintes aux droits humains visant des civil·e·s bafouent le droit international humanitaire et pourraient constituer des crimes de guerre.</p>



<p>« Les civil·e·s qui vivent à Bukombo ou aux alentours sont pris au piège, entre la brutalité du M23 et celle du CMC-FDP. Ce qu’ils sont contraints à endurer au quotidien est terrible, en particulier dans les zones isolées où le CMC-FDP agit en toute impunité, a déclaré Tigere Chagutah, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnesty International.</p>



<p>« Les autorités de la RDC condamnent souvent les violences du M23, comme il se doit, mais ignorent la violence et les atteintes aux droits humains du même ordre commises par les Wazalendo, y compris le CMC-FDP. En réalité, elles cautionnent ces crimes et s’exonèrent de leur obligation de protéger les civil·e·s et de traduire en justice les combattants wazalendo. La communauté internationale doit faire pression sur le gouvernement de la RDC pour qu’il cesse immédiatement de soutenir ces groupes armés. »</p>



<p>Entre mars et avril 2026, Amnesty International a mené des entretiens à distance, réalisés au moyen d’applications téléphoniques sécurisées, avec 16 victimes, survivantes de viols et agressions sexuelles, et membres de la famille de civil·e·s tués, violés, torturés, enlevés ou soumis à des mauvais traitements par des combattants du CMC-FDP entre juin et décembre 2025. Amnesty International a également reçu des informations crédibles de défenseurs des droits humains faisant état de violences similaires imputables à ce groupe dans la région, notamment d’exécutions sommaires et d’incendies d’habitations.</p>



<p>Le 8 juin 2026, Amnesty International a écrit au CMC-FDP pour faire part de ses constatations et demander des informations sur le comportement des commandants et combattants du groupe à l’égard des civil·e·s dans les régions qu’il contrôle. Le porte-parole du CMC-FDP, Héritier Donald Gashegu, a répondu par écrit le 16 juin 2026. Dans ce courrier, le CMC-FDP nie toute responsabilité concernant les atteintes aux droits humains recensées ici et affirme qu’il « demeure attaché au respect des Droits Humains et à la discipline de ses combattants ».</p>



<h4 class="wp-block-heading">Viols et autres violences sexuelles contre les femmes</h4>



<p>Une femme âgée d’une petite vingtaine d’années a expliqué à Amnesty International que, après que son mari avait rejoint le M23 en mai 2025, des combattants du CMC-FDP l’avaient enlevée à son domicile et maintenue en captivité pendant trois mois. « Ils m’ont donné le choix : soit je partais avec eux, soit ils me tuaient », a-t-elle indiqué.</p>



<p>Elle a déclaré que des combattants du CMC-FDP l’avaient détenue dans une maison sur leur camp et lui avaient présenté un commandant qui allait devenir son « mari ». Chaque jour, les combattants lui donnaient à manger une tasse de taro et de maïs. Elle a ajouté qu’elle avait vu deux autres femmes détenues dans le camp, mais que les combattants avaient menacé de lui tirer dessus si elle leur parlait. Elle a précisé que le commandant l’avait violée à maintes reprises. « Je pensais qu’il me tuerait si je refusais. Il venait tous les soirs [pour avoir des relations sexuelles]. » Cette femme a fui lorsque le M23 a attaqué le camp du CMC-FDP.</p>



<p>Amnesty International s’est également entretenue avec une femme de 22 ans qui a déclaré que des combattants du CMC-FDP l’avaient enlevée en juin 2025, après que son mari avait rejoint le M23. Ils l’avaient emmenée sur leur base de Mudugudu, à Bukombo, où elle a été forcée à devenir la « femme » d’un commandant. « Il a dit : “Si tu ne couches pas avec moi, je te tue.” » Elle a déclaré qu’il y avait quatre autres femmes dans le camp, également forcées à être les « épouses » de combattants.</p>



<p>Elle a ajouté qu’elle avait aussi vu des civil·e·s détenus et maltraités dans le camp. « Ils prenaient des gens et les emmenaient sur la base. Si vous n’aviez rien de valeur, ils vous frappaient. Si vous aviez de la chance, ils vous laissaient tranquilles. Ils mettaient les gens dans des [cellules de détention souterraines]. Ils ont détenu des gens pour gagner de l’argent. » Ces actes s’apparentent au crime de guerre de prise d’otage.</p>



<p>Cette femme a fui en octobre 2025, après que le M23 a attaqué le camp.</p>



<p>Les deux victimes de violences sexuelles avec lesquelles Amnesty International s’est entretenue ont été détenues dans des conditions qui s’apparentent à de l’esclavage sexuel. Elles ont déclaré avoir contracté des infections sexuellement transmissibles à la suite des viols, ce qui leur a causé des douleurs et des souffrances. Ces deux femmes ont été traitées dans des centres de santé, mais de nombreuses victimes de violences sexuelles commises par des groupes armés wazalendo n’ont pas accès à des soins médicaux ou psychologiques adéquats.</p>



<p>L’esclavage sexuel et les autres formes de violences sexuelles perpétrés dans le cadre d’un conflit armé constituent de graves violations du droit international humanitaire qui s’apparentent à des crimes de guerre. Ils bafouent également plusieurs droits humains, notamment le droit à l’égalité et à la non-discrimination, le droit à l’intégrité physique et le droit de ne pas être victime de torture ni d’autres formes de mauvais traitements.</p>



<p>Le CMC-FDP a déclaré qu’il « rejette catégoriquement » les allégations selon lesquelles ses combattants auraient violé, réduit en esclavage sexuel ou forcé des femmes à « épouser » ses commandants. « Aucune plainte, aucun signalement officiel ni aucune saisine n’ont été portés à la connaissance de nos instances disciplinaires ou judiciaires internes concernant les faits évoqués. »</p>



<p>Les dirigeants du CMC-FDP auraient dû avoir connaissance des violences perpétrées par ses commandants. Ils pourraient en être considérés comme complices s’ils savaient que ces violences étaient perpétrées et n’agissaient pas pour les prévenir ou y mettre fin.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mauvais traitements et autres violences faites aux femmes</h4>



<p>Le 20 novembre 2025, huit personnes, dont une femme enceinte et son mari, se sont réfugiées dans une bananeraie à Mashango, un village de Bukombo, lors d’un échange de tirs entre le M23 et des groupes armés locaux, dont probablement le CMC-FDP.</p>



<p>Des combattants armés les ont retrouvées et leur ont demandé de l’huile de cuisson. « Nous leur avons dit que nous n’avions plus d’huile. Ils ont [alors] pillé tout ce qui se trouvait chez nous et ont brûlé nos maisons. L’un [des combattants] a eu pitié de moi. Il a dit : “Cette femme est enceinte et va bientôt accoucher, nous devons l’épargner.” »</p>



<p>Celle-ci a précisé qu’il s’agissait de combattants du CMC-FDP parce que le groupe disposait d’une base à Mashango, dans le groupement de Bukombo, une région qu’il contrôlait.</p>



<p>Les combattants ont emmené son mari et l’ont tué. « Ils l’ont découpé à la machette. Tout le monde a été tué à la machette. Je suis [ensuite] allée à la recherche des corps… quand nous avons retrouvé les corps, ils étaient déjà en décomposition. » Cette femme a donné naissance à un petit garçon, seule dans la forêt, à 17 h 30 ce jour-là.</p>



<p>Une autre femme victime a expliqué à Amnesty International que son mari avait rejoint le M23 en juin 2025 et que des combattants du CMC-FDP étaient venus chez elle le mois suivant. « Quatre d’entre eux [sont arrivés] à midi, a-t-elle indiqué. Deux avaient des pistolets, les deux autres des fouets. Je leur ai demandé d’avoir pitié de moi parce que j’étais enceinte. Ils ont répondu : “Ta grossesse, ce n’est pas notre problème ; on veut voir ton mari.” Ils m’ont rouée de coups. Ils m’ont frappée et blessée avec un couteau. Le lendemain, j’ai fait une fausse couche. »</p>



<p>Le CMC-FDP a nié l’allégation selon laquelle ils auraient pillé et incendié des maisons.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Homicides motivés par la vengeance et exécutions sommaires</h4>



<p>Neuf victimes et survivantes ont indiqué à Amnesty International que des combattants du CMC-FDP avaient tué leurs maris ou les avaient enlevées parce que leurs fils ou leurs maris avaient rejoint le M23.</p>



<p>Une femme de 35 ans a déclaré qu’un commandant et six combattants du CMC-FDP étaient venus chez elle à Kyahemba, un village du groupement de Bukombo, en novembre 2025. Elle a expliqué que le commandant était entré dans la maison et lui avait demandé : « As-tu laissé [le M23] recruter ton enfant ? » Cette femme a indiqué que son fils de 15 ans était parti sans prévenir au début du mois pour rejoindre le M23. « J’ai répondu que je ne savais pas comment il avait été recruté. À ce moment-là, il a commencé à tirer sur mon mari. » Elle a précisé que son mari avait reçu trois balles dans la poitrine sous les yeux de leurs enfants de huit et six ans. Elle a été informée par la suite que son fils était mort alors qu’il faisait partie du M23.</p>



<p>Selon quatre victimes et les informations communiquées par un défenseur des droits humains, un commandant du CMC-FDP basé à Kyahemba était impliqué dans la détention ou l’homicide de leurs proches.</p>



<p>Une autre femme, Elisabeth*, a déclaré que six combattants du CMC-FDP, dont quatre étaient d’anciens voisins, étaient venus chez elle en novembre 2025, à la recherche de son mari. « Ils nous ont dit de quitter la maison. Ils ont dit : “Vous collaborez avec le [M23]…” Ils se sont comportés comme si [mon mari] était de mèche avec le M23. Ils lui ont tiré à trois reprises dans la poitrine et dans les parties génitales. Après l’avoir abattu, ils ont pillé la maison. Ils sont repartis avec quatre chèvres, des vêtements et des marmites. »</p>



<p>Dans sa réponse à Amnesty International, le CMC-FDP n’a pas précisé les mesures qu’il a prises pour enquêter sur les allégations selon lesquelles ses combattants auraient tué des civils. Il a affirmé qu’il ne disposait pas de suffisamment d’informations pour mener des enquêtes.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Extorsion et menaces</h4>



<p>Avant l’arrivée du M23 dans la région, le CMC-FDP prélevait de l’argent auprès des habitant·e·s, une forme d’impôt appelée lala salama (« dormir paisiblement », en swahili). Ces « impôts » sont prétendument destinés à financer la protection des civil·e·s. Une victime a déclaré que son mari avait rejoint le M23 parce qu’il en avait assez de ces extorsions.</p>



<p>Innocent*, qui travaillait à Kyahemba, a indiqué que des combattants du CMC-FDP l’avaient approché à trois reprises depuis que son fils avait rejoint le M23 en août 2025 et lui avaient demandé de l’argent pour ce motif. Il leur a donné 300 dollars des États-Unis. « À chaque fois, ils me disaient de faire en sorte que mon fils rejoigne leur groupe. J’ai dit que ce n’était pas moi qui l’avais emmené là-bas. Comment j’allais le retrouver ? À chaque fois qu’ils venaient, ils me frappaient. Ils ont brûlé trois maisons, la mienne et deux autres. Ils ont dit qu’ils me tueraient si je ne leur donnais pas d’argent. »</p>



<p>Justine*, une femme de 20 ans, a déclaré que son mari avait fui en juillet ou août de l’année dernière, sans prévenir. En septembre, des combattants du CMC-FDP sont venus chez elle. « Je ressemble à une Tutsi. [Les combattants du CMC-FDP] ont forcé la porte, sont entrés et m’ont fouettée une fois dans le dos et une fois sur la poitrine. Ils m’ont attaché les mains. Ils m’ont dit : “Dis-nous où est ton mari.” » Lorsqu’elle a répondu qu’elle l’ignorait, ils lui ont expliqué qu’ils allaient la conduire à l’un des commandants militaires du CMC-FDP et ont laissé entendre que celui-ci l’obligerait à révéler où se trouvait son mari.</p>



<p>Sur le chemin, l’un des combattants l’a aidée à s’échapper. « Je portais un enfant et le combattant a eu pitié du bébé. Il a dit : “Si tu passes par ici, ils vont te tuer.” »</p>



<p>Justine pensait que la peur avait poussé son mari à rejoindre le M23. Elle a expliqué que, en juillet ou août, le M23 avait menacé son mari en ces termes : « [Tu] es un Tutsi du Rwanda, et tous les Tutsis qui ne rejoignent pas le M23 seront décapités. »</p>



<p>Le CMC-FDP a écrit qu’il n’avait « ni politique ni pratique consistant à exiger des rançons ou des paiements auprès des proches de ceux là ayant rejoint le M23 ou d’un quelconque autre mouvement ennemi. Si des cas isolés de comportements contraires à nos principes existaient, nous serions les premiers intéressés à en connaître les auteurs afin que les mesures appropriées soient prises conformément aux règles de discipline et aux exigences de la justice. »</p>



<p>Les dirigeants du CMC-FDP auraient dû savoir que des pratiques d’extorsion et de rançon se déroulaient, et avaient la responsabilité d’enquêter à leur sujet ainsi que d’amener les combattants impliqués à rendre des comptes. S’ils savaient que ces actions avaient lieu et n’ont pas fait le nécessaire pour y mettre fin, ils pourraient en être considérés comme complices.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Appui de l’armée congolaise au CMC-FDP </h4>



<p>En mai 2023, la RDC a adopté une loi portant création de la Réserve armée de la défense qui prévoyait l’intégration de certains groupes armés locaux, dont le CMC-FDP, dans l’armée congolaise, formant ainsi une force supplétive pour combattre le M23.</p>



<p>Les FARDC aident les groupes armés financièrement et en leur fournissant armes et munitions. En décembre 2025, le ministre des Finances de la RDC a indiqué à la Commission Défense et sécurité de l’Assemblée nationale que l’État versait aux groupes wazalendo 4 millions de dollars des États-Unis par mois. </p>



<p>Selon un document interne du gouvernement militaire du Nord-Kivu obtenu par Ebuteli, un groupe de recherche congolais, le CMC-FDP a reçu plus de 100 000 cartouches de munitions et plus de 100 roquettes de 40 millimètres de la part des FARDC fin 2023 et début 2024. </p>



<p>En juillet 2024, l’Union européenne a sanctionné le commandant en chef du CMC-FDP, Dominique « Domi » Kamanzi Ndaruhutse, pour avoir « commis des actes qui constituent de graves violations des droits humains et atteintes à ces droits ». Cet homme a combattu au sein de différents groupes nyatura (« frapper fort », en kinyarwanda) pendant plus de 10 ans et a, selon le Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC, collaboré avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), en particulier dans le groupement de Bwito (territoire de Rutshuru). Les FDLR sont un groupe armé d’opposition opérant dans l’est de la RDC et composé de combattants rwandais et congolais. Elles comptent dans leurs rangs d’anciens membres des Interahamwe et d’anciens soldats rwandais responsables du génocide de 1994, ainsi que des combattants qui n’ont pas participé au génocide.</p>



<p>« Il est inacceptable que l’armée congolaise continue à soutenir les combattants du CMC-FDP en dépit des terribles atteintes aux droits humains qu’ils infligent aux civil·e·s, a déclaré Tigere Chagutah. Le groupe se livre à des violences effrénées depuis des années. Il faut que les autorités congolaises mettent fin immédiatement à la collaboration avec le CMC-FDP et les autres groupes wazalendo commettant des exactions, ainsi qu’à l’appui qu’elles leur prêtent, et qu’elles les amènent à rendre des comptes. »</p>



<p class="has-text-align-right has-x-small-font-size"><em>* Des pseudonymes sont utilisés afin de protéger l’identité des personnes interrogées, pour des raisons de sécurité et de confidentialité</em></p>
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