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	<title>Conflits armés Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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	<title>Conflits armés Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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		<title>Inde. La poursuite des exportations d’armes vers Israël entraîne un risque de complicité dans le génocide en cours à Gaza</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jul 2026 03:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Inde. La poursuite des exportations d’armes vers Israël entraîne un risque de complicité dans le génocide en cours à Gaza L’Inde a continué de livrer des armes à Israël malgré le risque substantiel que ce pays les utilise dans son génocide en cours contre la population palestinienne de la bande de Gaza occupée, a déclaré [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Inde. La poursuite des exportations d’armes vers Israël entraîne un risque de complicité dans le génocide en cours à Gaza</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Des munitions, des pièces détachées et des accessoires ont été vendus aux forces israéliennes.</em></li>



<li><em>Au moins 2 596 cargaisons d’armes ont été exportées vers Israël depuis le 7 octobre 2023.</em></li>



<li><em>Amnesty International a identifié des entreprises concernées qui sont directement détenues ou contrôlées par l’État indien.</em></li>
</ul>



<p>L’Inde a continué de livrer des armes à Israël malgré le risque substantiel que ce pays les utilise dans son génocide en cours contre la population palestinienne de la bande de Gaza occupée, a déclaré Amnesty International dans un nouveau rapport.</p>



<p>Intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/ASA2013272026EN.pdf"><strong>Made in India: The Supply of Weapons and Ammunition to Israel</strong></a>, ce rapport montre que le gouvernement indien a établi un partenariat étroit et rentable avec le secteur de la défense israélien et est devenu un fournisseur important de la chaîne d’approvisionnement qui soutient les opérations militaires d’Israël.</p>



<p>S’appuyant sur les données relatives aux expéditions de marchandises entre l’Inde et Israël, ce rapport révèle que des armes, des munitions, des pièces détachées et des composants indiens ont été expédiés à de grandes entreprises israéliennes qui fournissent l’armée d’Israël. Le rapport établit également que des entreprises directement détenues ou contrôlées par l’État indien sont impliquées dans ce commerce.</p>



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</div>



<p>« Nos recherches révèlent un soutien constant de l’Inde à l’armée et au secteur de la défense israéliens malgré le génocide à Gaza, dont il est pourtant question presque quotidiennement dans les médias du monde entier depuis des années, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« L’Inde fabrique et fournit des armes transférées à Israël par le biais des grandes entreprises fournisseuses qu’elle détient et contrôle. Non seulement elle ne réglemente pas les exportations d’armes vers Israël réalisées par des entreprises privées comme le lui imposent le droit international et les normes internationales, mais en outre elle a renforcé son partenariat de défense avec Israël.</p>



<p>« Compte tenu des mesures conservatoires prises par la Cour internationale de justice, qui reconnaissent un risque plausible de génocide contre les Palestinien·ne·s de Gaza, les autorités indiennes ne peuvent pas affirmer de façon crédible qu’elles ne savaient pas que, si elles continuaient d’autoriser et de faciliter les transferts d’armes vers Israël, elles risquaient fortement de contribuer à de graves violations du droit international. Tandis que l’armée israélienne répandait la mort et la destruction à Gaza, infligeant de vastes souffrances à la population palestinienne, les entreprises indiennes ont continué de faire du profit en livrant des composants et des munitions destinés au secteur de la défense israélien.</p>



<p>« Le gouvernement indien doit cesser immédiatement d’autoriser les exportations d’armes, de munitions et de pièces détachées vers Israël. Il doit aussi veiller à ce que les entreprises placées sous son contrôle ne contribuent pas à des crimes de droit international. Toutes les entreprises ont la responsabilité de respecter les droits humains dans le cadre de leurs activités partout dans le monde, ce qui implique notamment qu’elles doivent prendre dès le départ des mesures préventives fermes pour s’assurer que leurs produits ne soient pas utilisés pour commettre de graves violations du droit international. Ces mesures doivent être proportionnées au niveau de risque. »</p>



<p>L’équipe de recherche d’Amnesty International a analysé 2 596 cargaisons d’armes, de munitions, de pièces et de composants expédiées de l’Inde vers Israël depuis le 7 octobre 2023. Les registres indiquent que les entreprises indiennes ont fourni au moins 390 516 pièces détachées d’armes de petit calibre de type militaire, 564 970 composants d’engins explosifs (tels que des ogives pour drones, des douilles d’obus, etc.) et 298 composants de véhicules militaires à de grandes entreprises israéliennes qui fournissent directement l’armée d’Israël.</p>



<p>Amnesty International a systématiquement exclu les données sur les cargaisons pouvant être destinées à un usage civil. Elle a aussi exclu les armes, pièces et munitions susceptibles d’être utilisées pour des technologies de défense antimissile, qui servent souvent à protéger la population civile des attaques menées sans discrimination.</p>



<p>Amnesty International a par ailleurs analysé le cadre juridique national indien relatif aux transferts d’armes et sa conformité avec le droit international et les normes internationales. Elle a constaté de graves lacunes structurelles, notamment l’absence d’obligation explicite de diligence en matière de droits humains afin d’empêcher que des biens militaires soient utilisés pour commettre des violations du droit international relatif aux droits humains ou du droit international humanitaire (DIH), ainsi qu’un manque de transparence qui entraîne une absence d’obligation de rendre des comptes dans le processus d’exportation.</p>



<p>L’Inde s’est abstenue lors du vote pour l’adoption du Traité sur le commerce des armes en avril 2013. Depuis, elle n’a pas ratifié ce traité et n’y a pas non plus adhéré. Il est crucial que l’Inde adhère au Traité sur le commerce des armes à titre de première mesure visant à mettre sa réglementation sur le contrôle des exportations en conformité avec le droit international relatif aux transferts d’armes.</p>



<p>Dans le cadre de leur obligation de respecter et de faire respecter le DIH, tous les États ont l’interdiction de transférer ou d’autoriser des acteurs privés à transférer des armes à une partie à un conflit armé (qu’il s’agisse d’un État ou d’un groupe armé non étatique) dès lors qu&rsquo;il existe un risque manifeste que cela contribue à des violations du droit international humanitaire.</p>



<p>Les entreprises impliquées dans les transferts d’armes à Israël peuvent aussi contribuer à des violations du DIH. En outre, si les entreprises et leur personnel avaient connaissance du risque substantiel que les armes en question soient utilisées pour commettre des crimes de droit international, leur responsabilité pénale peut être engagée.</p>



<p>En juin et en juillet 2026, Amnesty International a écrit au gouvernement indien et aux neuf entreprises citées dans son rapport pour leur faire part de ses conclusions détaillées. Au moment de la publication, elle n’avait pas reçu de réponse.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des armes identifiées</h4>



<p>À la suite des crimes contre l’humanité commis par le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens lors de leurs attaques contre Israël le 7 octobre 2023, Israël s’est engagé dans une campagne violente et destructrice dans la bande de Gaza, s’apparentant à un génocide toujours en cours contre la population palestinienne, et poursuit ses opérations militaires et ses pratiques illégales, notamment son soutien actif à la violence débridée des colons en Cisjordanie. Ces actes se produisent dans le contexte de l’occupation illégale du territoire palestinien par Israël depuis des décennies et du système d’apartheid qu’il impose aux Palestinien·ne·s.</p>



<p>Ces crimes et violations du droit international sont rendus possibles par les livraisons presque ininterrompues d’armes et de munitions à Israël par un certain nombre d’États clés, tels que les États-Unis et l’Allemagne, ainsi que par le transit d’armes à destination d’Israël par la Slovénie et la France, comme l’a montré Amnesty International.</p>



<p>L’organisation a identifié les armes et munitions exportées par l’Inde vers Israël, y compris les pièces et accessoires, comme appartenant aux catégories désignées par les codes 93+ et 8710+ du Système harmonisé, système internationalement reconnu de codification des marchandises.</p>



<p>Le code 93+ désigne une catégorie assez large qui comprend la plupart des types d’armes et de munitions, ainsi que les pièces détachées et accessoires. La catégorie correspondant au code 8710+ contient les véhicules de combat blindés et à chenilles, ainsi que les pièces détachées connexes.</p>



<p>Amnesty International a identifié au moins 2 596 cargaisons d’armes, de pièces détachées et de munitions exportées d’Inde en Israël entre le 7 octobre 2023 et le 30 novembre 2025. Ces cargaisons contenaient notamment des composants d’armes automatiques pour les armes déployées par les forces israéliennes à Gaza ; des obus de 155 millimètres hautement explosifs fournis à Elbit Systems ; des ogives explosives pour les munitions rôdeuses de type Skystriker, semblables à celles identifiées dans les débris à Khan Younès, dans la bande de Gaza ; et des composants de véhicules blindés destinés aux principaux fournisseurs de l’armée israélienne.</p>



<p>Amnesty International estime que certaines entreprises indiennes pourraient être considérées comme complices de crimes de droit international et d’autres graves violations des droits humains commises par Israël du fait de leurs relations commerciales avec des entreprises israéliennes qui fournissent directement l’armée d’Israël.</p>



<p>L’organisation a analysé les exportations de plusieurs entreprises indiennes, parmi lesquelles : PLR Systems Private Limited, qui fabrique des pièces détachées pour armes automatiques et est une entreprise commune d’Adani Defence &amp; Aerospace et d’Israel Weapon Industries ; Indo MIM Private Limited, qui fabrique des composants pour armes à feu ; Kalyani Systems Private Limited, qui fabrique des munitions et des douilles d’artillerie et est une filiale de Bharat Forge ; Munitions India Limited, entreprise publique qui fabrique des munitions d’artillerie hautement explosives ; et Alpha Elsec Defence &amp; Aerospace Systems Private Limited, qui fabrique des ogives explosives et est une entreprise commune d’Alpha Design Technologies et d’Elbit Systems.</p>



<p>Les entreprises israéliennes qui ont commandé et reçu les armes sont notamment Elbit Systems, Rafael Advanced Defense Systems Ltd et Israel Aerospace Industries Ltd, qui sont connues pour leur contribution aux violations du droit international relatif aux droits humains et du DIH commises par Israël. En 2025, Amnesty International a appelé la totalité des États et des entités privées à mettre un terme à toutes leurs activités commerciales avec ces entreprises, « faute de quoi ils risquent de devenir complices des crimes contre l’humanité d’apartheid et de génocide et d’autres crimes de droit international ».</p>



<p>L’organisation demande depuis longtemps un embargo total sur les armes à destination d’Israël, qui couvre la fourniture, la vente ou le transfert, directs ou indirects, d’armes et de matériel militaire, y compris les technologies, pièces et composants, l’assistance technique, la formation et l’aide financière ou autre qui y sont liés, tant que les entreprises concernées ne seront pas en mesure de prouver qu’elles ne contribuent pas à l’occupation israélienne illégale ou aux crimes de droit international commis par Israël.</p>



<p>L’Inde et les entreprises indiennes qui fournissent des armes, des munitions, des pièces ou des composants doivent immédiatement mettre un terme à tous les transferts d’armes et de munitions, y compris de pièces et de composants, à destination d’Israël.</p>



<p>« En autorisant en toute connaissance de cause les transferts d’armes vers Israël, l’Inde bafoue clairement son engagement à prévenir le génocide aux termes de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, ainsi que son obligation de faire respecter les Conventions de Genève, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Toute entreprise qui détermine que les produits qu’elle vend sont susceptibles d’avoir contribué à des atteintes aux droits humains des Palestinien·ne·s à Gaza doit proposer un processus de réparation à toutes les personnes ayant subi un préjudice en conséquence ou coopérer avec un tel processus. »</p>



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		<item>
		<title>Europe/TPO : Les États membres de l&#8217;UE qui autorisent la vente d&#8217;« Israel Bonds » en Europe risquent de se rendre complices du génocide en cours à Gaza</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jul 2026 22:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Europe/TPO : Les États membres de l&#8217;UE qui autorisent la vente d&#8217;« Israel Bonds » en Europe risquent de se rendre complices du génocide en cours à Gaza Le Luxembourg, l&#8217;Irlande et tous les États membres de l&#8217;Union européenne (UE) doivent mettre fin à la vente des « Israel Bonds » au sein de l&#8217;UE, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Europe/TPO : Les États membres de l&rsquo;UE qui autorisent la vente d&rsquo;« Israel Bonds » en Europe risquent de se rendre complices du génocide en cours à Gaza</h2>



<p>Le Luxembourg, l&rsquo;Irlande et tous les États membres de l&rsquo;Union européenne (UE) doivent mettre fin à la vente des « Israel Bonds » au sein de l&rsquo;UE, sous peine de se rendre complices du génocide que commet actuellement Israël à l&rsquo;encontre des Palestinien·ne·s de la bande de Gaza, a déclaré Amnesty International dans un communiqué publié aujourd&rsquo;hui.</p>



<p>« Israël dépend de plus en plus des investissements étrangers pour financer son génocide, son régime d’apartheid et son occupation illégale, ainsi que pour financer ses crimes contre les Palestinien·ne·s. Les « Israel Bonds » augmentent les fonds dont dispose le gouvernement et contribuent ainsi à financer le génocide perpétré par Israël contre les Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza occupée, qui a anéanti des familles entières, rasé des infrastructures civiles, notamment des hôpitaux et des écoles, et contraint 90 % de la population à se déplacer, leurs maisons étant en ruines », a déclaré Steve Cockburn, directeur régional pour l’Europe à Amnesty International.&nbsp;</p>



<p>« Autoriser la vente de ces obligations sur les marchés de l&rsquo;UE entraîne un coût éthique et juridique considérable. Le droit international est clair : tous les États ont l&rsquo;obligation de ne pas aider ni contribuer à un génocide, et l&rsquo;obligation de le prévenir. »</p>



<p>Selon le gouvernement israélien, Israël a considérablement accru, depuis le 7 octobre 2023, l’émission d’« Israel Bonds », un instrument financier émis par l’État pour lever des fonds auprès des particuliers et des petits investisseurs, « en raison de la situation sécuritaire d’Israël » dans la bande de Gaza. Le produit de ces obligations est versé au budget général de l’État israélien et, comme l’annoncent les autorités, contribue à maintenir sa capacité militaire.</p>



<p>L&rsquo;autorisation accordée par un État membre de l&rsquo;UE de commercialiser les « Israel Bonds » sur le marché financier européen constitue un exemple manifeste de facilitation financière, ce qui pourrait équivaloir, au regard du droit international, à un manquement à l&rsquo;obligation de prévenir un génocide et comporte même le risque de contribuer ou de faciliter un génocide.</p>



<p>Pour négocier ces obligations en Europe, Israël doit s’appuyer sur un État membre de l’UE qui serve de « pays d’accueil » au programme. Depuis 2021, après la sortie du Royaume-Uni de l’UE, la Banque centrale d’Irlande jouait le rôle de « pays d’accueil », permettant ainsi à Israël d’accéder au marché européen. En 2025, en Irlande, à la suite d’une pression publique et de manifestations contre le génocide perpétré par Israël à l’encontre des Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza, Israël a demandé le transfert de ces obligations vers le Luxembourg, qui a approuvé le prospectus, c’est-à-dire le document juridique autorisant la vente de ces obligations aux résident·e·s de l’UE pour une année supplémentaire.</p>



<p>Depuis septembre 2025, les « Israel Bonds » sont donc réglementés dans l&rsquo;Union européenne par l&rsquo;autorité de régulation financière luxembourgeoise, la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF), et proposés au public en Autriche, en France, en Allemagne, au Luxembourg et aux Pays-Bas.</p>



<p>Le 31 août, le prospectus du Luxembourg arrivera à échéance. Amnesty International appelle l’État luxembourgeois à rejeter tout nouveau prospectus concernant les « Israel Bonds ». En tant qu’État membre de l’UE hôte de ces obligations, l’Irlande devrait également refuser le transfert et rejeter l’approbation d’un nouveau prospectus. L’organisation appelle également tous les États membres de l’UE à s’abstenir d’accepter le transfert ou d’approuver un nouveau prospectus.</p>



<p>« Autoriser la vente de ces obligations en Europe relève d’un choix politique. L’un des moyens les plus évidents et les plus efficaces de mettre fin au génocide perpétré par Israël contre les Palestinien·ne·s de la bande de Gaza consiste à cesser de le financer. En continuant à faciliter la vente de ces obligations, les États membres de l’UE s’exposent à une complicité dans les crimes internationaux commis par Israël à l’encontre des Palestinien·ne·s », a déclaré Steve Cockburn.</p>



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</div>



<p><strong>Complément d’information&nbsp;</strong></p>



<p>De 2022 à 2024, le budget militaire israélien est passé de 4,2 % à 8,3 % de son produit intérieur brut (PIB), les « Israel Bonds » ayant permis de lever en moyenne 2,4 milliards de dollars par an entre 2023 et 2025. Après le 7 octobre 2023, le gouvernement israélien a augmenté le financement de ses activités militaires. Les « Israel Bonds » ont été proposés en 2023 comme un moyen de « soutenir Israël en guerre ».</p>



<p>En janvier 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) a estimé qu’il existait un risque plausible de génocide à l’encontre des Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza occupée, et a ordonné à Israël de prendre des mesures efficaces pour l’empêcher. La CIJ a ensuite rendu des ordonnances provisoires en mars et en mai 2024, réaffirmant notamment ces mesures. À la lumière de la décision de la CIJ, tous les États parties à la Convention sur le génocide sont soumis à des obligations renforcées, ce qui impose à tout acteur de l’UE – ou à tout autre État partie – qui facilite les flux financiers permettant de renforcer la capacité militaire d’Israël d’évaluer son rôle au regard de l’obligation de prévenir le génocide.  Depuis que le Luxembourg a autorisé la négociation des « Israel Bonds » en 2025, la société civile ainsi que des experts juridiques se sont mobilisés contre cette mesure et ont publié des études pour étayer leur appel aux autorités visant à y mettre&nbsp;fin. </p>
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		<title>UE/Israël. Face au refus persistant de l’UE de suspendre l&#8217;accord d&#8217;association, les États membres doivent agir de manière unilatérale</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/ue-israel-face-au-refus-persistant-de-lue-de-suspendre-laccord-dassociation-les-etats-membres-doivent-agir-de-maniere-unilaterale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 14:51:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Responsabilité des entreprises]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=36707</guid>

					<description><![CDATA[<p>UE/Israël. Face au refus persistant de l’UE de suspendre l&#8217;accord d&#8217;association, les États membres doivent agir de manière unilatérale En réaction au refus de l’Union européenne (UE) de suspendre son accord d’association avec Israël, Erika Guevara-Rosas, directrice générale de la recherche, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnesty International, a déclaré : « [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/ue-israel-face-au-refus-persistant-de-lue-de-suspendre-laccord-dassociation-les-etats-membres-doivent-agir-de-maniere-unilaterale/">UE/Israël. Face au refus persistant de l’UE de suspendre l&rsquo;accord d&rsquo;association, les États membres doivent agir de manière unilatérale</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">UE/Israël. Face au refus persistant de l’UE de suspendre l&rsquo;accord d&rsquo;association, les États membres doivent agir de manière unilatérale</h2>



<p>En réaction au refus de l’Union européenne (UE) de suspendre son accord d’association avec Israël, Erika Guevara-Rosas, directrice générale de la recherche, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnesty International, a déclaré :</p>



<p>« Il est tout à fait honteux qu’une majorité d’États membres de l’UE, avec à leur tête l’Allemagne et l’Italie, continuent de faire obstacle à la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël. Les pays s’étant engagés à faire respecter le droit international ne doivent pas garder le silence, tandis que d’autres sapent activement les principes qu’ils prétendent défendre.</p>



<p>« En tant que pays assurant actuellement la présidence du Conseil de l’UE, l’Irlande se trouve dans une position privilégiée pour influencer la ligne de conduite de l’UE vis-à-vis d’Israël. Elle doit saisir cette occasion en vue d’amener les États membres à respecter leurs obligations découlant du droit international. L&rsquo;expérience de l&rsquo;Irlande en matière de colonisation, de famine et de conflits, son rôle de premier plan dans les initiatives internationales visant à mettre fin à l&rsquo;apartheid en Afrique du Sud, ainsi que ses progrès récents, bien que limités, s’agissant d’interdire les importations de produits en provenance des colonies, lui confèrent une perspective et une autorité uniques qu’il convient de mettre à profit pour amener Israël à rendre des comptes au sujet de ses graves violations et ancrer fermement dans la protection des droits humains la politique de l&rsquo;UE concernant le territoire palestinien occupé.</p>



<p>« Si l’UE ne parvient pas à agir de manière coordonnée, les États membres doivent prendre les choses en main individuellement et suspendre unilatéralement toute forme de coopération avec Israël susceptible de contribuer à de graves violations du droit international, notamment en imposant un embargo complet sur les exportations d’armes, d’équipements de surveillance et de technologies associées, ainsi qu’une interdiction totale des relations commerciales et d’investissement avec les colonies illégales israéliennes dans le territoire palestinien occupé.</p>



<p>« L’UE ne doit plus laisser Israël s’en tirer sans réelles conséquences pour le génocide perpétré à l&rsquo;encontre des Palestinien·ne·s à Gaza, le système d&rsquo;apartheid à l&rsquo;encontre des Palestinien·ne·s, y compris la campagne de nettoyage ethnique en Cisjordanie occupée, l’occupation illégale du territoire palestinien et les crimes de guerre commis au Liban.</p>



<p>« Dans les pages de l’histoire, on fera clairement la distinction entre ceux qui sont restés inactifs face au génocide perpétré par Israël contre les Palestinien·ne·s à Gaza et ceux qui se sont battus en faveur de l’humanité. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>La Commission européenne a enfin présenté des propositions visant à restreindre les relations commerciales avec les colonies ; toutefois, aucune n&rsquo;a été adoptée lors du Conseil des Affaires étrangères le 13 juillet. Depuis 25 ans, Amnesty International dénonce les violations commises par Israël à l’aune de l&rsquo;accord d&rsquo;association UE-Israël. Il y a un an, la Commission européenne a tardivement relevé qu&rsquo;Israël enfreignait cet accord.</p>



<p>L&rsquo;Union européenne (UE) et tous ses États membres ont l&rsquo;obligation explicite d&#8217;empêcher les échanges commerciaux et les investissements qui contribuent au maintien de l&rsquo;occupation illégale du territoire palestinien par Israël, y compris la création, l&rsquo;expansion et le maintien de colonies illégales, comme détaillé dans l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice en juillet 2024.</p>



<p>Première mesure visant à faire respecter cette obligation, il faut interdire, à l&rsquo;échelle de l&rsquo;UE, les échanges commerciaux avec les colonies, ce qui englobe les importations et les exportations de biens et de services à destination et en provenance de ces colonies, ainsi que les investissements qui y sont réalisés. Le 1er juillet, l&rsquo;Irlande a pris la Présidence tournante du Conseil de l&rsquo;Union européenne. Elle critique ouvertement les crimes commis par Israël dans le territoire palestinien occupé et au Liban.</p>
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		<title>Liban. Les attaques israéliennes tuant des enfants et anéantissant des familles doivent faire l’objet d’enquêtes pour crimes de guerre</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/liban-les-attaques-israeliennes-tuant-des-enfants-et-aneantissant-des-familles-doivent-faire-lobjet-denquetes-pour-crimes-de-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 09:24:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Liban. Les attaques israéliennes tuant des enfants et anéantissant des familles doivent faire l’objet d’enquêtes pour crimes de guerre Trois frappes aériennes israéliennes menées contre le sud du Liban en mars 2026, qui ont tué 24 civil·e·s &#8211; dont 12 enfants &#8211; et anéanti des familles, doivent faire l’objet d’enquêtes pour crimes de guerre, a [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Liban. Les attaques israéliennes tuant des enfants et anéantissant des familles doivent faire l’objet d’enquêtes pour crimes de guerre</h2>



<p>Trois frappes aériennes israéliennes menées contre le sud du Liban en mars 2026, qui ont tué 24 civil·e·s &#8211; dont 12 enfants &#8211; et anéanti des familles, doivent faire l’objet d’enquêtes pour crimes de guerre, a déclaré Amnesty International jeudi 9 juillet.</p>



<p>L’organisation a enquêté sur trois attaques israéliennes qui ont détruit des habitations civiles du quartier d’al Thakana (district de Tyr), du village d’Irkay (district de Saïda), et du quartier d’al Rahbat (district de Nabatiyé), respectivement les 6, 12 et 13 mars. Parmi les personnes tuées figuraient 12 enfants, âgés de cinq à 16 ans, six femmes &#8211; dont une femme enceinte &#8211; et six hommes. Au moins 18 autres personnes ont également été blessées.</p>



<p>Sur la base des éléments de preuve recueillis, Amnesty International a des motifs raisonnables de conclure que, lors de chacune de ces frappes aériennes, les forces israéliennes ont commis des violations du droit international humanitaire, notamment en n’établissant pas de distinction entre civil·e·s et objectifs militaires, en menant des attaques visant des civil·e·s ou des biens de caractère civil, ou en ne prenant pas toutes les précautions possibles pour réduire au maximum les préjudices causés aux civil·e·s.</p>



<p>« En l’espace d’une semaine seulement, l’armée israélienne a anéanti des familles entières, dont une douzaine d’enfants, au Liban, faisant preuve d’un mépris flagrant pour la vie des civil·e·s. Combien d’autres familles devront encore extraire les restes de leurs enfants des décombres avant que ce cycle dévastateur de crimes de guerre ne prenne fin ? La communauté internationale doit agir maintenant : les États doivent immédiatement imposer un embargo complet sur les armes contre Israël, et invoquer la compétence universelle et extraterritoriale dans le but d’enquêter sur les responsables présumés et de les poursuivre », a déclaré Kristine Beckerle, directrice régionale adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.</p>



<p>« On craint de plus en plus que l’accord le plus récent entre Israël et le Liban, négocié par les États-Unis, ne devienne encore un nouvel obstacle à la justice, privant ainsi les victimes de toute possibilité d’obtenir des comptes. Les récits poignants de rescapé·e·s et de témoins de ces attaques donnent un aperçu effrayant de ce que signifie concrètement l’impunité totale dont bénéficie Israël pour ses attaques illégales.</p>



<p>« Les autorités libanaises doivent agir de manière décisive et conférer à la Cour pénale internationale la compétence requise pour enquêter sur les crimes commis sur leur territoire, en soutenant les efforts de la justice internationale et en ouvrant des enquêtes nationales crédibles et indépendantes sur les crimes relevant du droit international. Faute d’action coordonnée &#8211; tant au niveau national qu’international -, le cycle des crimes de guerre et de l’impunité se poursuivra, sans aucune issue en vue. »</p>



<p>Entre le 2 mars, date à laquelle le conflit s’est intensifié, et le 29 juin, 4 257 personnes ont été tuées au Liban, dont plus de 250 enfants, selon le gouvernement libanais. Au moins deux civil·e·s ont été tués en Israël et au moins 39 soldats dans le sud du Liban selon des informations relayées par les médias israéliens.</p>



<p>Dans le cadre de cette enquête, Amnesty International a recueilli les propos de 15 personnes, parmi lesquelles des rescapé·e·s, des proches de victimes, des secouristes, des journalistes qui se sont rendus sur les lieux des attaques et des responsables locaux. Le Laboratoire de preuves d’Amnesty International a analysé des images satellite et vérifié 20 photos et 11 vidéos partagées directement par des sources ou publiées sur les réseaux sociaux. Les chercheurs ont également passé en revue les réseaux sociaux israéliens et libanais afin de comprendre le contexte dans lequel chaque frappe a eu lieu, et de chercher d’éventuels éléments attestant de possibles liens entre les victimes et le Hezbollah.</p>



<p>Amnesty International a écrit aux autorités israéliennes le 12 juin pour leur demander des informations sur neuf attaques au Liban, dont ces trois-là, dans le but d’obtenir des éclaircissements sur les objectifs militaires visés et les mesures prises pour prévenir, réduire le plus possible, examiner ou réparer les dommages causés aux civil·e·s. Dans leur réponse du 22 juin, les autorités israéliennes ont déclaré avoir « examiné les allégations présentées », précisant que certaines attaques « avaient été menées contre des objectifs militaires du Hezbollah », tandis que d’autres cas avaient été « transmis pour examen ». Elles ont affirmé qu’elles sont « déterminées à atténuer les dommages causés aux civil·e·s lors d’activités opérationnelles » et que le Hezbollah « exploite systématiquement les infrastructures civiles à des fins militaires ». Malgré un suivi, l’armée israélienne n’a fourni aucune information précise concernant les trois attaques décrites ci-dessous, notamment sur les possibles cibles.</p>



<p>Le droit international humanitaire impose aux parties d’effectuer à tout moment une distinction entre objectifs militaires et civil·e·s ou biens de caractère civil, et de ne diriger leurs attaques que contre des objectifs militaires. Outre l’interdiction des attaques directes contre la population civile ou des biens de caractère civil, le droit international humanitaire interdit les attaques sans discernement, qui ne font pas la distinction entre les objectifs militaires et les civil·e·s ou les biens de caractère civil. Les parties à un conflit doivent également veiller à épargner les civil·e·s et les biens de caractère civil, notamment en prenant toutes les précautions possibles pour réduire au maximum les dommages accidentels causés aux civil·e·s et aux biens de caractère civil. Cela implique de tout mettre en œuvre pour vérifier que les cibles sont bien des objectifs militaires, et d’interrompre les attaques s’il s’avère qu’elles ne sont pas dirigées contre la bonne cible ou disproportionnées.</p>



<h4 class="wp-block-heading">« J’ai passé trois jours à ramasser des corps en morceaux »</h4>



<p>Le 6 mars, vers 15 h 50 heure locale, une frappe aérienne israélienne a touché la maison de Hassan Saleh dans le quartier d’al Thakana, dans le district de Tyr, sur la côte sud du Liban. La frappe a détruit la maison et tué huit membres de la famille, tous civil·e·s, dont trois enfants, qui se trouvaient sur place. Elle a également blessé six autres civil·e·s, dont trois grièvement, parmi lesquels des membres de la famille élargie et une employée de maison migrante, dans une maison voisine.</p>



<p>Cette frappe, menée sans avertissement, a tué Hassan Saleh – un retraité d’une soixantaine d’années qui suivait un traitement contre le cancer –, son épouse Fatimah Saleh et leurs deux enfants : Zein al Abidin, 14 ans, et Roqaya, 11 ans. Elle a également coûté la vie à la sœur de Fatimah, Haniya, enceinte de trois mois, ainsi qu’à sa fille Sara, âgée de cinq ans. Les deux tantes de Fatimah et Haniya, Khadija et Samira, ont également été tuées.</p>



<p>Hussein Saleh, seul membre survivant de la famille, n’était pas chez lui au moment de l’attaque. Il a déclaré à Amnesty International que lui-même, sa femme, Haniya, et leur fille, Sara, s’étaient réfugiés dans la maison familiale, pensant qu’elle était sûre. Les habitant·e·s de la maison n’avaient pas reçu d’avertissement leur demandant d’évacuer, contrairement à de nombreuses autres habitations du quartier où il vivait à Tyr.</p>



<p>La veille, le 5 mars, l’armée israélienne avait émis des ordres d’« évacuation » générale, enjoignant tous les habitant·e·s du sud du Liban, notamment ceux de la ville de Tyr, à quitter les lieux – afin de « garantir [leur] sécurité ». Selon ces ordres, toute personne se rendant vers le sud « mettait [sa] vie en danger ». Hussein a expliqué que sa famille n’avait pas pu évacuer immédiatement la ville de Tyr, car six de ses proches avaient des problèmes chroniques de santé ou d’autres maladies.</p>



<p>Ces ordres d’évacuation de masse, qui sont trop généraux et ne fournissent pas d’informations claires sur les itinéraires et destinations sûrs, le début et la durée des attaques, ni d’explications sur la manière de s’éloigner des cibles militaires visées par les frappes, ne constituent pas des avertissements efficaces. La diffusion de ces avertissements ne donne pas à l’armée israélienne le droit de traiter ces secteurs comme des zones de tir, ni ne dispense Israël de ses obligations de respecter le droit international humanitaire, de faire la distinction entre cibles militaires et civiles, et de prendre toutes les précautions possibles pour limiter les dommages causés aux civil·e·s.</p>



<p>Hussein s’était rendu au marché pour faire des courses avant l’iftar lorsque l’attaque a eu lieu. Il s’est précipité vers la maison familiale après avoir entendu la frappe et vu d’où provenait la fumée. Il a décrit la scène à son arrivée :</p>



<p>« Il ne restait plus aucune trace de la maison, ni murs, ni parpaings, et des fragments de corps étaient éparpillés sur le sol […] J’ai passé trois jours à rassembler ces morceaux […] Il n’y avait absolument aucune cible militaire. Il n’y avait que des femmes et des enfants […] Ils ont détruit toute ma vie. Pourquoi ne nous ont-ils pas prévenus ? […] Sara, ma fille, était tout pour moi. »</p>



<p>Le Laboratoire des preuves d’Amnesty International a confirmé l’authenticité de deux vidéos partagées par des témoins. L’une d’elles montrait des secouristes transportant un sac mortuaire au milieu des décombres, et l’autre montrait le terrain vide où se dressait auparavant la maison familiale. Une photo rendue publique par les médias montre un cratère à cet endroit. L’analyse d’images satellite confirme que le bâtiment a été détruit entre le matin du 6 et celui du 8 mars 2026. Le cratère et les dégâts visibles correspondent tous deux à une frappe aérienne.</p>



<p>Les recherches effectuées par Amnesty International n’ont pas permis de trouver de preuves indiquant la présence d’objectifs militaires au moment de l’attaque. Moussa Chaalan, ambulancier, qui a été parmi les premiers à arriver sur les lieux après l’attaque, a déclaré :</p>



<p>« C’est un quartier civil […] il ne restait plus rien de la maison. Des fragments de corps étaient éparpillés jusqu’à 200 mètres du lieu d’impact. »</p>



<p>Un responsable local a également indiqué que les membres de la famille Saleh étaient des civil·e·s, que la zone visée était un quartier civil et qu’il n’y avait aucune activité militaire ni aucun objectif militaire dans la zone.</p>



<p>La frappe a détruit une habitation civile et tué huit civil·e·s, dont quatre femmes et trois enfants, sans avertissement. Au vu des éléments de preuve, Amnesty International dispose de motifs raisonnables de conclure que cette attaque constituait soit une attaque directe contre des civil·e·s ou un objectif civil, soit une attaque sans discernement, et qu’elle doit faire l’objet d’une enquête en tant que crime de guerre.</p>



<p>Hormis le fait d’avoir ordonné une évacuation de masse la veille de l’attaque, les autorités israéliennes n’ont ni confirmé ni nié avoir mené cette attaque, et n’ont publié aucune déclaration fournissant une explication. Dans leurs réponses à Amnesty International, les autorités israéliennes ont indiqué que « ces allégations ont été transmises pour examen ».</p>



<h4 class="wp-block-heading">« Quatre filles tuées »</h4>



<p>Le 12 mars, vers 14 h 20, une frappe aérienne israélienne sur le village d’Irkay, dans le district de Saïda, qui marque l’entrée du sud du Liban, a détruit la maison de Rida Taqi, tuant sept membres de sa famille, dont quatre enfants, et en blessant cinq autres, dont un enfant. Cette frappe, lancée sans avertissement, a également endommagé la maison voisine, celle de la fille de Rida Taqi, blessant cette femme ainsi que son beau-frère, et tuant son mari et son fils de 12 ans, tous civil·e·s.</p>



<p>Mohamad Taqi, 54 ans, qui a survécu à l’attaque, a perdu ses quatre filles : Zeinab, 14 ans, Zahraa, 12 ans, Malika, neuf ans, et Yasmina, six ans. La frappe a également tué sa mère, Zeinab Nasser, 78 ans, son père, Rida Taqi, 83 ans, et son frère Ahmad Taqi, 52 ans.</p>



<p>Mohamad Taqi travaille au port de Beyrouth et s’occupait de l’élevage de bétail de la famille avec son frère Ahmad dans le village d’Irkay. Après l’intensification du conflit, il s’est installé avec sa famille dans la maison de son père, pensant qu’elle serait plus sûre, car située au centre du village.</p>



<p>Au moment de l’attaque, Mohamad se trouvait sur le porche avec des membres de sa famille, tandis que ses quatre filles, leur cousine de 11 ans et leur grand-mère (la mère de Mohamad) étaient à l’intérieur de la maison.</p>



<p>Après l’attaque, dès qu’il a pu bouger, a-t-il dit, il s’est mis à chercher les membres de sa famille sous les décombres :</p>



<p>« Quand j’ai pu me relever, j’ai commencé à chercher les filles et mes parents (…) J’ai trouvé Yasmina. Elle était encore vivante. Sa respiration était lente. Les ambulanciers l’ont emmenée à l’hôpital. Malika n’était plus en vie. Les secours l’ont également sortie [des décombres].</p>



<p>« Dans la chambre sur laquelle le missile s’était abattu, je n’ai trouvé aucune trace de Zeinab et Zahraa. Les secouristes ont plus tard retrouvé des restes de leurs corps et les ont rassemblés. Quand j’ai perdu tout espoir de les retrouver vivantes, je me suis rendu à l’hôpital. J’étais blessé à la tête, à l’œil et au visage. »</p>



<p>Mohamad Chakaroun, un secouriste local, a déclaré que dès que son équipe s’était rendu compte que la frappe aérienne avait touché le centre du village, elle avait compris qu’il y aurait un nombre élevé de victimes civiles. Ils sont arrivés sur les lieux environ cinq minutes après la frappe :</p>



<p>« Nous avons trouvé le corps de la grand-mère [Zeinab Nasser] au-dessus de celui de sa petite-fille. Elle était morte, mais sa petite-fille [de onze ans] avait survécu, grièvement blessée. Nous avons dégagé la fillette et l’avons emmenée à l’hôpital […] En avançant d’un pas, nous avons trouvé le fils de Zeinab [Ahmad Taqi], mort. Il présentait une blessure à la tête […]. Les quatre filles de Mohamad Taqi ont été tuées. Nous avons retrouvé des fragments de corps d’enfants. »</p>



<p>Le Laboratoire de preuves d’Amnesty a vérifié sept vidéos partagées par des sources, qui montraient le bâtiment détruit et les structures endommagées à proximité. Les images satellite confirment qu’il a été détruit entre le matin du 10 et celui du 17 mars 2026. Les dégâts visibles correspondent à ceux causés par une frappe aérienne.</p>



<p>Après l’attaque, l’armée israélienne a déclaré au journal The Observer qu’elle avait frappé des « agents terroristes du Hezbollah » à Irkay le 12 mars, et a accusé le Hezbollah d’utiliser des boucliers humains, sans toutefois fournir la moindre preuve à l’appui de ses allégations. Amnesty International a écrit à l’armée israélienne pour obtenir des informations sur cette attaque en particulier, notamment les éventuelles cibles présumées. Dans leur réponse, les autorités israéliennes ont indiqué que cette allégation avait été transmise pour examen.</p>



<p>Même si les autorités israéliennes avaient l’intention de viser une personne qu’elles considéraient comme une cible militaire, les moyens et la méthode utilisés pour cette attaque contre une habitation civile remplie de civil·e·s en feraient une attaque aveugle.</p>



<p>Les recherches effectuées par Amnesty International n’ont révélé aucune preuve de la présence de cibles militaires au moment de l’attaque. La frappe a détruit une habitation civile, en a endommagé une autre et a tué neuf civil·e·s, dont cinq enfants, sans avertissement préalable.</p>



<p>Au vu des éléments de preuve, Amnesty International dispose de motifs raisonnables de conclure que cette frappe constituait soit une attaque directe contre des civil·e·s ou un bien civil, soit une attaque menée sans discernement. Dans les deux cas, elle doit faire l’objet d’une enquête en tant que crime de guerre.</p>



<h4 class="wp-block-heading">« Une famille entière a disparu, comme si elle n’avait jamais existé »</h4>



<p>Le 13 mars, entre 20 heures et 20 h 30 heure locale, une frappe aérienne israélienne sur une maison du quartier d’al Rahbat, dans le district de Nabatiyé, a tué sept civil·e·s, dont Qais Basma, son épouse Blandine Jaber et leurs quatre enfants : Hassan, Hussein, Abbas et Helene, âgés de sept à 16 ans. Cette frappe, qui n’a pas été précédée d’un avertissement, a également coûté la vie à leur voisin, Hussein Mohamad Bitar, et a blessé au moins cinq personnes dans des bâtiments voisins.</p>



<p>Une parente de Qais Basma, Tahiya Basma, a déclaré à Amnesty International que Qais était peintre en bâtiment, un homme travailleur qui arrivait à peine à joindre les deux bouts :</p>



<p>« Il était père de quatre enfants qui allaient encore à l’école […] Notre perte est immense. Une famille entière a disparu, comme si elle n’avait jamais existé. Il ne reste plus personne. La nouvelle a été un véritable choc. La maison familiale où il vivait a également été détruite. C’était une maison libanaise traditionnelle appartenant à ses grands-parents, où des générations d’enfants avaient été élevés. »</p>



<p>Abdul Latif Bitar, un mukhtar (représentant des autorités locales), également secouriste au sein des Scouts d’al Risala et cousin de Hussein Mohamed Bitar, tué lors de l’attaque, a déclaré s’être rendu sur les lieux après avoir entendu la frappe et vu de la fumée s’élever :</p>



<p>« Nous avons entendu des avions de combat et des drones – une présence constante dans notre ciel. Puis nous avons entendu l’explosion ; nous attendons généralement trois minutes avant de nous rendre sur les lieux, par crainte d’un éventuel deuxième raid ou d’un barrage de tirs de type “ceinture de feu”.</p>



<p>« La maison, qui comptait deux étages, était réduite à un tas de ruines […] Le premier corps que nous avons dégagé était un de ses fils […] Puis nous avons retrouvé les corps de deux autres enfants, mais ils étaient en morceaux. Les corps de Qais et de sa femme étaient intacts […] Nous avons également sorti […] Hussein […] Il était en vie, mais il est mort à l’hôpital une heure plus tard. »</p>



<p>Un parent de Hussein Mohamad Bitar, également ami proche de Qais, a déclaré que Hussein était électricien et qu’il habitait lui aussi dans le quartier d’al Rahbat, à seulement quelques rues de la maison de Qais.</p>



<p>Trois des personnes ayant parlé à l’organisation ont déclaré avoir entendu des drones et le bruit d’avions avant que la frappe n’ait lieu.</p>



<p>Le Laboratoire des preuves d’Amnesty a vérifié 19 photos et deux vidéos montrant le bâtiment détruit et les structures endommagées à proximité. Des images satellite à plus faible résolution montrent que le bâtiment a été réduit à néant entre le 10 et le 17 mars 2026. Les images des dégâts correspondent à ceux causés par une frappe aérienne.</p>



<p>Les autorités israéliennes n’ont ni confirmé, ni nié avoir mené cette attaque, et n’ont fait aucune déclaration fournissant une explication. Dans leurs réponses à Amnesty International, les autorités israéliennes ont indiqué que cette allégation avait été transmise pour examen.</p>



<p>Les recherches menées par Amnesty International n’ont pas révélé d’éléments attestant la présence d’objectifs militaires au moment de l’attaque. Toutes les personnes dont Amnesty International a recueilli les propos, y compris les deux mukhtars de la ville de Nabatiyé, ont déclaré à l’organisation que l’ensemble des personnes présentes dans la maison au moment de l’attaque étaient des civil·e·s. Le mukhtar local, Abdul Latif Bitar, a déclaré : « Il n’y a absolument aucune présence militaire dans cette zone ; c’est un quartier résidentiel, et il n’y avait pas d’armes sur le site de la maison visée. »</p>



<p>Cette frappe a détruit une habitation civile, endommagé d’autres domiciles à proximité et tué sept civil·e·s, dont quatre enfants, sans avertissement préalable.</p>



<p>Au vu des éléments de preuve, cette attaque constituait soit une attaque directe contre des civil·e·s ou des biens de caractère civil, soit une attaque sans discernement, et doit faire l’objet d’une enquête en tant que crime de guerre.</p>



<p>« Ces trois attaques dévastatrices s’inscrivent dans un schéma bien établi d’attaques illégales menées par Israël au Liban, dans un contexte d’absence totale d’obligation de rendre des comptes. L’impunité persistante dont bénéficient ces attaques illégales risque de normaliser des violations graves du droit international humanitaire et envoie un message dangereux selon lequel les forces israéliennes peuvent continuer à tuer et blesser illégalement des civil·e·s en toute impunité, sans aucune perspective de justice ni de réparation », a déclaré Kristine Beckerle.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Le 8 octobre 2023, le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël, ce qui a été suivi d’opérations aériennes et terrestres israéliennes qui se sont considérablement intensifiées en septembre 2024. Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 27 novembre 2024, mais Israël a continué à mener des attaques quasi quotidiennes et à détruire de manière massive des biens civils au Liban le long de la frontière. Le 2 mars 2026, le Hezbollah a repris ses attaques à la suite d’une frappe américano-israélienne en Iran qui a coûté la vie au Guide suprême iranien et commandant en chef Ali Khamenei. Israël a riposté par une vague d’attaques à travers tout le Liban. Les hostilités se sont poursuivies malgré plusieurs annonces relatives à un cessez-le-feu.</p>



<p>Depuis octobre 2023, Amnesty International a recueilli des informations sur une série d’attaques illégales menées par Israël au Liban, notamment certaines ayant causé la mort de civil·e·s, de journalistes et de professionnel·le·s de santé, et qui ont endommagé ou détruit des biens de caractère civil. L’organisation a également souligné à plusieurs reprises que l’impunité persistante pour ces violations encourage les forces israéliennes à poursuivre leurs attaques illégales sans craindre d’être amenées à rendre des comptes.</p>



<p>Amnesty International a également recueilli des informations sur le lancement illégal par le Hezbollah de roquettes non guidées contre des zones civiles peuplées en Israël, faisant des morts et des blessés parmi la population civile, et causant la destruction de logements civils et le déplacement de civil·e·s.</p>




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		<title>Israel/ TPO. Craintes de plus en plus vives pour le médecin palestinien Hussam Abu Safiya, en détention, dont la vie serait en danger imminent</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/israel-tpo-craintes-de-plus-en-plus-vives-pour-le-medecin-palestinien-hussam-abu-safiya-en-detention-dont-la-vie-serait-en-danger-imminent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 09:35:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=36674</guid>

					<description><![CDATA[<p>Israel/ TPO. Craintes de plus en plus vives pour le médecin palestinien Hussam Abu Safiya, en détention, dont la vie serait en danger imminent Les autorités israéliennes doivent libérer immédiatement Hussam Abu Safiya, pédiatre palestinien et directeur de l&#8217;hôpital Kamal Adwan, détenu de manière arbitraire, a déclaré Amnesty International le 6 juillet 2026 : l’avocat [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Israel/ TPO. Craintes de plus en plus vives pour le médecin palestinien Hussam Abu Safiya, en détention, dont la vie serait en danger imminent</h2>



<p>Les autorités israéliennes doivent libérer immédiatement Hussam Abu Safiya, pédiatre palestinien et directeur de l&rsquo;hôpital Kamal Adwan, détenu de manière arbitraire, a déclaré Amnesty International le 6 juillet 2026 : l’avocat qui lui a rendu visite a indiqué que sa vie est en grave péril en raison des actes de torture et des mauvais traitements qu&rsquo;il subit depuis son placement en détention.</p>



<p>Hussam Abu Safiya est détenu arbitrairement dans les prisons israéliennes, sans inculpation ni procès, depuis plus de 18 mois, depuis le 27 décembre 2024, lorsqu’il a été interpellé pendant son service à l’hôpital Kamal Adwan, dans la ville de Gaza.</p>



<p>« Les informations qui nous parviennent concernant la détérioration des conditions de détention d’Hussam Abu Safiya font froid dans le dos. Les déclarations de son avocat, selon lesquelles sa vie est en danger imminent alors qu’il est toujours détenu illégalement, ne font qu’aviver nos inquiétudes à son sujet. Il est inadmissible qu’un pédiatre, qui a consacré sa vie à sauver celle des autres dans la bande de Gaza occupée, soit soumis à la torture et aux mauvais traitements – notamment de graves violences physiques et psychologiques et un placement à l’isolement prolongé – alors qu’il est incarcéré sans aucune justification, a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice générale des recherches, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnesty International.</p>



<p>« Les autorités israéliennes doivent libérer Hussam Abu Safiya immédiatement et sans condition. Dans l’intervalle, les Services pénitentiaires israéliens doivent veiller à ce qu’il soit pleinement protégé contre les mauvais traitements, bénéficie de soins médicaux adéquats et puisse rencontrer sans délai des observateurs indépendants, notamment le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui doit pouvoir entrer en contact avec tous les autres détenu·e·s palestiniens. »</p>



<p>En violation flagrante de ses obligations découlant du droit international, Israël refuse depuis octobre 2023 que le CICR rende visite aux prisonniers·ères et détenu·e·s palestiniens. C’est à la suite d’une visite effectuée le 2 juillet 2026 par un avocat de Médecins pour les droits humains &#8211; Israël que l’on a appris la détérioration de l’état de santé d’Hussam Abu Safiya et les graves sévices qu’il endure aux mains des Services pénitentiaires israéliens. Selon cet avocat, Nasser Odeh, depuis qu’Hussam Abu Safiya a été transféré dans la partie souterraine du centre de détention de Rakefet, il subit quotidiennement coups, menaces et autres formes de mauvais traitements.</p>



<p>Nasser Odeh a déclaré avoir observé des ecchymoses récentes et des traces de torture sur la tête et le corps d’Hussam Abu Safiya, à tel point qu’il était méconnaissable. Il a ajouté qu’il s&rsquo;était présenté à leur rencontre les mains et les pieds entravés. Dans son récit inquiétant, Nasser Odeh l’a décrit comme affaibli et sur le point de perdre connaissance. Il a en outre rapporté les propos d’Hussam Abu Safiya : « C’est la dernière fois que tu me vois… Ils m’ont amené ici pour me tuer. »</p>



<p>« Le témoignage de cet avocat doit servir d’alerte pour les États du monde entier, en particulier les alliés d’Israël. Il est tout à fait répréhensible qu’un médecin qui a refusé d’abandonner ses patients et est devenu une voix influente dénonçant la destruction du système de santé de Gaza soit maintenu en détention arbitraire et illégale au motif qu’il serait, selon la qualification infondée d’Israël, un  » combattant illégal « . Il est toujours privé de ses droits les plus fondamentaux, notamment les droits d’être protégé contre la torture et les mauvais traitements, et de bénéficier d’un procès équitable et d’une procédure régulière, a déclaré Erika Guevara Rosas.</p>



<p>« Le traitement inhumain infligé par Israël aux professionnel·le·s de santé palestiniens à Gaza, notamment les détentions arbitraires et la torture, est favorisé par l’inaction délibérée des États face à la destruction du système de santé de Gaza et aux agressions visant les professionnels de santé palestiniens. Ces agissements s’inscrivent dans le cadre des leviers constituant le génocide mené par Israël à l’encontre des Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza. Se contenter d’exprimer son inquiétude est une mascarade destinée à masquer l’inaction face aux violations flagrantes des droits des Palestinien·ne·s commises par Israël. Amnesty International, aux côtés d’autres organisations de défense des droits humains, ne réclame pas seulement la libération immédiate d’Hussam Abu Safiya. Il s’agit d’un appel à une intervention urgente et efficace pour lui sauver la vie. »</p>



<p>Le fils d’Hussam Abu Safiya, Elias, qui s’exprime au nom de la famille, a confié à Amnesty International :</p>



<p>« [Mon père] vit actuellement des moments critiques, entre la vie et la mort… [Son] état de santé et sa situation s’aggravent de jour en jour. Nous appelons la communauté internationale, les organisations de défense des droits humains, les médias et toutes les personnes de conscience à prendre des mesures immédiates et urgentes pour réclamer que cessent la torture et toutes les violations infligées à mon père, demander des soins médicaux d’urgence et la possibilité de surveiller son état de santé par le biais d’instances juridiques et humanitaires indépendantes, ainsi que la garantie qu’il sera protégé et que ses droits fondamentaux seront respectés.</p>



<p>« Le silence du monde aujourd’hui pourrait coûter la vie à un innocent. Le temps presse, et nous vous prions instamment d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Hussam Abu Safiya est détenu arbitrairement par les autorités israéliennes depuis décembre 2024, à la suite d&rsquo;une descente effectuée par l&rsquo;armée israélienne à l&rsquo;hôpital Kamal Adwan, dans le gouvernorat de Gaza-Nord. Depuis, il est détenu sans inculpation ni jugement en vertu de la Loi sur l’incarcération des combattants illégaux, un texte cruel et abusif, qui autorise l&rsquo;armée à émettre des ordres de détention indéfiniment renouvelables à l&rsquo;encontre de toute personne originaire de Gaza soupçonnée de représenter une menace pour la sécurité de l&rsquo;État ou de se livrer à des activités hostiles, sur la base d&rsquo;éléments de preuve classifiés et sans obligation de présenter un acte d’accusation.</p>



<p>Le 16 juin 2026, la Cour suprême israélienne a rejeté le recours déposé par Hussam Abu Safiya en faveur de sa libération et a confirmé son maintien en détention au moins jusqu’en octobre prochain. L’organisation Médecins pour les droits humains &#8211; Israël estime que la recrudescence des attaques dont il fait l’objet est liée à ce recours et à ses démarches visant à contester sa détention devant les tribunaux.</p>



<p>Hussam Abu Safiya est incarcéré au centre de Rakefet, une section souterraine située sous le complexe pénitentiaire d’Ayalon, où les détenus, pour la plupart des Palestiniens originaires de la bande de Gaza, sont soumis à des actes de torture systématiques et à des traitements inhumains. Fermé en 1985 en raison de ses conditions de détention inhumaines, ce centre a été rouvert pendant le génocide.</p>




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		<title>Soudan. Les atrocités commises par les Forces d’appui rapide à El Fasher viennent « entacher la conscience de l’humanité »</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/soudan-les-atrocites-commises-par-les-forces-dappui-rapide-a-el-fasher-viennent-entacher-la-conscience-de-lhumanite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 03:10:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Soudan. Les atrocités commises par les Forces d’appui rapide à El Fasher viennent « entacher la conscience de l’humanité » Au Soudan, les Forces d’appui rapide (FAR) ont commis des crimes contre l’humanité et un nettoyage ethnique pendant leur campagne visant à prendre le contrôle de la ville d’El Fasher, dans l’État du Darfour septentrional, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Soudan. Les atrocités commises par les Forces d’appui rapide à El Fasher viennent « entacher la conscience de l’humanité »</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Les FAR se sont rendues coupables de crimes contre l’humanité et de nettoyage ethnique</strong></li>



<li><strong>Des enfants ont été délibérément pris pour cible par les combattants des FAR pendant les attaques</strong></li>



<li><strong>Il est urgent d’instaurer un cessez-le-feu et de déployer une force internationale de protection</strong></li>
</ul>



<p>Au Soudan, les Forces d’appui rapide (FAR) ont commis des crimes contre l’humanité et un nettoyage ethnique pendant leur campagne visant à prendre le contrôle de la ville d’El Fasher, dans l’État du Darfour septentrional, conclut Amnesty International dans un nouveau rapport de première importance. L’organisation appelle maintenant à un cessez-le-feu immédiat au Soudan, ainsi qu’au déploiement de toute urgence d’une force internationale pour protéger les civil·e·s.</p>



<p>Intitulé <em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/AFR5411162026FR.pdf"><span style="text-decoration: underline;">Ville assiégée, enfants attaqués. Les crimes contre l’humanité des Forces d’appui rapide dans le Darfour septentrional</span></a></em>, ce rapport décrit comment, à El Fasher et dans ses environs, des civil·e·s ont été tués, blessés, frappés, torturés et détenus entre début 2024 et octobre 2025 durant les affrontements qui ont opposé les FAR aux Forces armées soudanaises (FAS) et aux forces conjointes qui leur sont alliées, dans le cadre d’une guerre qui a dévasté le Darfour septentrional. Les FAR ont notamment commis les crimes de meurtre, de transfert forcé, d’emprisonnement, de torture, de viol, d’esclavage sexuel, d’autres formes de violence sexuelle, d’asservissement, d’extermination et de persécution.</p>



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</div>



<p>Des centaines de milliers d’enfants ont été déplacés et beaucoup ont été exposés de façon répétée au risque de mort et de blessure au cours des attaques ou pendant leur fuite. Un nombre incalculable d’entre eux ont été rendus orphelin·e·s. Les personnes en situation de handicap et les personnes âgées ont été confrontées à des risques considérables, tels que des attaques ciblées, l’abandon et l’impossibilité de bénéficier de l’aide essentielle dont elles avaient besoin.</p>



<p>Au fil de leurs attaques dans le Darfour septentrional, les combattants des FAR ont couramment utilisé des termes comme falangay (falangayat au pluriel), évoquant l’esclavage ou la servitude, lorsqu’ils s’en prenaient à des civil·e·s appartenant à des groupes ethniques non arabes.</p>



<p>« La guerre au Soudan est une guerre contre les populations civiles. Le monde a été alerté des horreurs que subissaient les civil·e·s à El Fasher tandis que les FAR assiégeaient la ville. Ces atrocités viennent entacher la conscience de l’humanité, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« Les enfants n’ont pas seulement été les dommages collatéraux de cette violence : ils ont souvent été visés de façon délibérée et ont énormément souffert. Ils ont été massivement tués, blessés, violés, enlevés et recrutés de force.</p>



<p>« Un cessez-le-feu immédiat est nécessaire à l’échelle nationale. Une force internationale indépendante et dotée de moyens suffisants doit être déployée au Soudan afin de protéger les populations civiles des crimes commis par toutes les parties au conflit. Si la communauté internationale n’agit pas sans délai, les attaques contre les civil·e·s – et les immenses souffrances et traumatismes infligés aux enfants – vont se poursuivre sans entrave. »</p>



<p>Amnesty International a interrogé pour ce rapport 247 personnes qui avaient subi des exactions liées au conflit ou en avaient été témoin, dont 208 victimes (169 adultes et 39 mineur·e·s). Elle s’est aussi appuyée sur l’analyse d’informations en accès libre, notamment 89 vidéos et l’examen approfondi d’images satellite du Darfour septentrional.</p>



<p>Le 10 juin 2026, Amnesty International a écrit au général Mohamed Hamdan Dagalo, qui dirige les FAR, pour lui faire part des conclusions de son rapport. Au moment de la publication de celui-ci, elle n’avait pas reçu de réponse.</p>



<p>L’analyse des éléments de preuve recueillis à propos de la zone géographique et de la période examinées dans le rapport permet de conclure – sans aucune réserve – à l’existence de persécutions fondées sur l’identité ethnique. Amnesty International pense que les actes dont il est fait état dans ce rapport, ainsi que d’autres crimes présumés sur lesquels elle enquête parallèlement, pourraient être constitutifs du crime de génocide. Son enquête à ce sujet est encore en cours à l’heure de la publication du rapport.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le siège d’El Fasher</h4>



<p>En novembre 2023, les FAR contrôlaient quatre des cinq capitales régionales du Darfour. El Fasher, capitale du Darfour septentrional, était la seule à résister. À partir de 2024, les FAR ont attaqué de façon systématique les villages, les villes et les camps de personnes déplacées aux alentours d’El Fasher, infligeant violences et pillages aux habitant·e·s et incendiant des infrastructures civiles.</p>



<p>Beaucoup de ces localités étaient peuplées majoritairement de membres du groupe ethnique zaghawa. Lors de ces attaques, les combattants des FAR ont incendié des habitations longtemps après la fuite des habitant·e·s, ce qui tend à indiquer qu’ils cherchaient à rendre ces zones inhabitables. Ces actes, associés au fait que les FAR continuent de contrôler ces régions, ce qui empêche les populations déplacées d’y retourner, semblent révélateurs d’une volonté de procéder au nettoyage ethnique des alentours d’El Fasher en en chassant les Zaghawas.</p>



<p>Yagoub*, adolescent zaghawa de 17 ans, se trouvait dans la ferme familiale près de la ville d’Abu Zerega, à 35 kilomètres au sud d’El Fasher, quand les FAR ont attaqué en décembre 2024. Il a essayé de s’enfuir mais a été capturé par les FAR. Il a déclaré à Amnesty International : « Ils m’ont ligoté et frappé avec des bâtons et la crosse d’un AK-47. Ensuite, l’un d’eux s’est approché à dos de dromadaire et a dit : “C’est un fils de falangay” [&#8230;] puis il m’a tiré dans la jambe. »</p>



<p>Yagoub marche aujourd’hui avec des béquilles. Huit de ses cousin·e·s, dont quatre garçons âgés de 11 à 17 ans, ont été tués pendant cette même attaque.</p>



<p>Une fois les habitant·e·s déplacés des villages autour d’El Fasher, les FAR ont soumis la capitale régionale à un siège cruel entre mai 2024 et octobre 2025, limitant les entrées de denrées alimentaires et humanitaires et bombardant la ville presque quotidiennement. La famine s’est propagée, contraignant la population à se nourrir d’ambaz, un sous-produit issu de la production d’huile d’arachide qui sert habituellement à nourrir les animaux. Tous les civil·e·s – mais plus particulièrement encore les enfants, chez qui la maladie et la malnutrition peuvent avoir des effets irréversibles – ont été durement touchés par cette famine délibérément induite.</p>



<p>Des femmes ont raconté avoir accouché dans un contexte de grave privation et de stress élevé : dans des abris antiaériens souterrains étouffants, dans des hôpitaux pilonnés, ou pendant qu’elles fuyaient les violences. Dans l’impossibilité de se procurer pour elles-mêmes une alimentation suffisante, elles n’ont souvent pas eu assez de lait pour nourrir leurs nouveau-nés. Sans autres solutions sûres, beaucoup de femmes ont vu leur bébé dépérir.</p>



<p>Rashida*, une femme de 39 ans, a perdu son dernier né, l’un de ses jumeaux âgés d’un an, en août 2025. Elle a raconté : « [Mon fils] s’affaiblissait beaucoup [et] ne prenait pas le lait. Il est devenu très maigre. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">La prise d’El Fasher</h4>



<p>Le 26 octobre 2025, les FAR ont lancé leur offensive finale contre El Fasher. Quand les civil·e·s ont tenté de fuir, ils se sont heurtés à un réseau de 57 kilomètres de berme (remblais de terre). Il s’en est suivi un massacre : plusieurs centaines de personnes ont été exécutées, et de nombreuses autres ont été torturées ou emmenées en détention.</p>



<p>Amnesty International a mené des entretiens avec 70 rescapé·e·s, et quasiment toutes ces personnes avaient été témoins d’exécutions, de viols, d’actes de torture ou de prises d’otages. Une femme de 58 ans a estimé avoir vu plus d’un millier de cadavres : « Les personnes qui ont été tuées par balles ont été jetées dans la berme [&#8230;] [Les FAR] ont affirmé qu’elles rempliraient la berme des corps. »</p>



<p>Parmi les personnes tuées à la berme figuraient de nombreux enfants. Taiseer*, une femme zaghawa de 68 ans qui fuyait avec ses cinq petits-enfants, a vu les FAR tuer par balles un garçon de 12 ans qui les accompagnait.</p>



<p>Zubeida*, une adolescente de 15 ans, a survécu au massacre d’environ 25 personnes à la berme uniquement car elle s’était présentée comme étant à moitié arabe et avait menti en affirmant que son père faisait partie des FAR. Elle a été témoin de l’exécution d’hommes et de garçons, du meurtre de femmes qui résistaient au viol et de la mort par balles de jeunes enfants. « Je suis la seule survivante. », a-t-elle déclaré.</p>



<p>Les personnes restées à El Fasher ont été témoins d’exactions effroyables. Amnesty International a interrogé 18 personnes qui se trouvaient à l’intérieur de la maternité saoudienne, dont des membres du personnel, des patient·e·s et des proches de patient·e·s, et qui ont vu les FAR y tuer des dizaines de personnes. L’attaque contre cet hôpital, infrastructure protégée aux termes du droit international, est un crime de guerre.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Violences sexuelles, prises d’otages et enrôlement d’enfants</h4>



<p>Les FAR ont commis des viols et d’autres formes de violence sexuelle à très grande échelle et dans de nombreux lieux. Amnesty International a interrogé 26 victimes de violences sexuelles. Parmi elles figuraient 20 femmes victimes de viol, dont trois filles de moins de 18 ans et une jeune femme qui avait 17 ans quand elle avait été violée. Les victimes ont raconté qu’elles avaient subi de graves humiliations et violences ayant entraîné des préjudices physiques et psychologiques durables.</p>



<p>Tasneem*, une fille zaghawa de 13 ans, a été enlevée début avril 2025 quand les FAR ont attaqué son village à l’ouest d’El Fasher. Elle gardait le troupeau de sa famille avec son père lorsque des combattants des FAR se sont approchés. Elle les a vu abattre son père, puis elle a été capturée et emmenée à El Daein, à environ 350 kilomètres.</p>



<p>Elle a raconté à Amnesty International : « [La première fois que j’ai été violée] c’était par trois personnes. J’avais les yeux bandés […] Ils m’ont immobilisée [&#8230;] Ils m’ont dit : “on te fait ça car tes gars nous ont combattus, des gars qui font partie des falangayat”. »</p>



<p>Les FAR ont aussi maintenu illégalement des civil·e·s en détention ; beaucoup ont été retenus en otage dans le but d’obtenir une rançon, souvent dans des conditions abominables. Amnesty International a mené des entretiens avec 45 personnes, dont huit mineur·e·s, qui avaient été détenues illégalement par les FAR entre juillet 2024 et janvier 2026.</p>



<p>Leurs conditions de détention avaient été violentes et dégradantes. Les personnes interrogées, parmi lesquelles des garçons dont certains n’avaient que 13 ans, ont expliqué avoir reçu des coups et subi des insultes à caractère ethnique proférées par des combattants des FAR pendant leur captivité. Ces personnes n’avaient pas assez à manger ni à boire, et étaient détenues dans des pièces étouffantes et surpeuplées. Des maladies se sont propagées : nombre de détenu·e·s ont vu des dizaines, voire des centaines, de personnes mourir de déshydratation ou de maladie.</p>



<p>Amnesty International a réalisé des entretiens avec neuf hommes qui avaient été détenus dans le centre de détention de Mina Al Bari, dans la banlieue est d’El Fasher, pendant des périodes allant jusqu’à cinq mois, entre mi-2024 et début 2026. Ils ont raconté avoir été enfermés dans des conteneurs, qui étaient fermés la plupart du temps. La chaleur étouffante et la mauvaise ventilation faisaient qu’il était difficile de respirer.</p>



<p>Un de ces hommes a déclaré : « On ne pouvait pas étendre nos jambes […] On ne pouvait pas dormir longtemps […] [Les FAR] m’ont dit : “on s’en fiche si tu meurs”. »</p>



<p>Un autre homme détenu lui aussi à Mina Al Bari a raconté avoir été privé d’eau et de nourriture : « Mon corps [s’asséchait] complètement, [nous] avons perdu connaissance. [Les FAR] pensaient qu’on était morts, alors ils nous ont juste jetés hors du conteneur. Au bout d’un moment, ils ont compris qu’on était encore vivants. Ils nous ont torturés à nouveau et nous ont remis dans le conteneur. »</p>



<p>Amnesty International a aussi recueilli des informations faisant état de l’enrôlement et de l’utilisation généralisés de garçons mineurs par les FAR, soit recrutés auprès de groupes ethniques arabes alliés, soit enlevés dans des groupes non arabes au cours d’attaques contre des villages et des camps de personnes déplacées. Ces enfants et adolescents accomplissaient différentes missions pour le groupe, notamment combattre, collecter des renseignements et garder du bétail.</p>



<p>Rashid* a été enlevé par les FAR dans son village vers juillet 2024, à l’âge d’environ 17 ans. Pendant près de neuf mois, il a été retenu dans une zone rurale et forcé à garder des chèvres. Il était surveillé par trois garçons armés, eux-mêmes des recrues des FAR, qui lui ont fait subir ainsi qu’à d’autres personnes détenues des humiliations et des passages à tabac, et qui l’ont privé de nourriture et d’eau. Il a témoigné : « Ils m’observaient et, si j’essayais de me reposer, ils tiraient dans ma direction […] Ils m’ont frappé sur tout le corps. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des commandants identifiés</h4>



<p>Amnesty International a identifié des commandants des FAR responsables de graves violations du droit international.</p>



<p>Des membres des FAR ont filmé et diffusé publiquement des vidéos d’exécutions de masse. Amnesty International a collecté et authentifié 19 vidéos faisant état d’un massacre de grande ampleur près de la berme, à une douzaine de kilomètres au nord-ouest d’El Fasher. Neuf de ces vidéos montrent le commandant des FAR Al Fateh Abdullah Idris, plus connu sous le nom d’« Abu Lulu », en train d’exécuter des prisonniers en tenue civile.</p>



<p>Parmi les hauts responsables du centre de détention de Mina Al Bari figuraient le général de division Gedo Hamdan Ahmed Mohamed (dit « Abu Shouk »), qui a mené des interrogatoires et participé à des actes de torture, et le lieutenant-colonel Abbas Khater Bakhit, qui a été vu en train de donner l’ordre de torturer des prisonniers et d’arranger le versement de rançons.</p>



<p>Ces violations ont été commises de façon répétée et à grande échelle, ce qui laisse à penser que les responsables hiérarchiques étaient au courant de ce qu’il se passait, ou auraient dû l’être, et n’ont rien fait pour l’empêcher ou pour demander des comptes à quiconque.</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Recommandations</h4>



<p>« La communauté internationale doit faire plus que déclarer sa préoccupation et doit prendre des mesures concrètes pour protéger les civil·e·s, de manière à briser le cycle de l’impunité, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Le Soudan est durement touché par les coupes dans le financement de l’aide humanitaire, qui ont exacerbé la crise déjà catastrophique en matière de droits humains pour ces populations qui ont tout perdu. Tous les partenaires internationaux du Soudan doivent veiller à ce qu’une aide suffisante parvienne aux personnes réfugiées et déplacées, notamment des services destinés aux enfants, afin d’aider à atténuer la crise.</p>



<p>« Il faut en outre renforcer l’obligation de rendre des comptes en apportant un soutien suffisant à tous les mécanismes existants en matière d’obligation de rendre des comptes pour le Soudan, notamment la Cour pénale internationale, ainsi que les missions d’établissement des faits soutenues par les Nations unies et l’Union africaine. Les commandants identifiés dans le rapport doivent faire l’objet d’une enquête et, s’il existe suffisamment de preuves recevables, être traduits en justice. »</p>



<p>Tous les pays doivent cesser immédiatement de fournir des armes et des munitions à toutes les parties au conflit au Soudan. Ils doivent en particulier arrêter de livrer des armes aux Émirats arabes unis – principal soutien des FAR – jusqu’à ce que ce pays respecte l’embargo des Nations unies. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit par ailleurs élargir au reste du pays l’embargo actuel sur les armes concernant le Darfour.</p>



<p class="has-text-align-right has-x-small-font-size"><em>*Les prénoms ont été modifiés.</em></p>




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		<title>RDC. Il faut que les autorités cessent de soutenir un groupe armé soupçonné de crimes de guerre</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/rdc-il-faut-que-les-autorites-cessent-de-soutenir-un-groupe-arme-soupconne-de-crimes-de-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 11:44:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=36615</guid>

					<description><![CDATA[<p>RDC. Il faut que les autorités cessent de soutenir un groupe armé soupçonné de crimes de guerre Un groupe armé soutenu par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a tué et torturé des civil·e·s, pillé des biens et enlevé des femmes, les réduisant à l’état d’esclaves sexuelles dans le territoire de [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">RDC. Il faut que les autorités cessent de soutenir un groupe armé soupçonné de crimes de guerre</h2>



<p>Un groupe armé soutenu par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a tué et torturé des civil·e·s, pillé des biens et enlevé des femmes, les réduisant à l’état d’esclaves sexuelles dans le territoire de Rutshuru, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a déclaré Amnesty International ce 25 juin.</p>



<p>Le Collectif des mouvements pour le changement-Forces de défense du peuple (CMC-FDP) fait partie des Wazalendo (« patriotes », en swahili), une coalition peu structurée de groupes armés que l’armée congolaise utilise comme forces supplétives dans son combat actuel contre le Mouvement du 23 mars (M23), soutenu par le Rwanda. Le CMC-FDP opère principalement dans le groupement de Bukombo (Rutshuru), contrôlé en ce moment par le M23.</p>



<p>Il conserve des bases isolées à Bukombo et prend pour cible des civil·e·s, souvent de nuit ou dans des zones où les combattants du M23 sont moins nombreux. Après des affrontements avec le M23, des combattants du CMC-FDP se sont vengés sur des personnes qui auraient des liens familiaux avec des membres du M23. Ces atteintes aux droits humains visant des civil·e·s bafouent le droit international humanitaire et pourraient constituer des crimes de guerre.</p>



<p>« Les civil·e·s qui vivent à Bukombo ou aux alentours sont pris au piège, entre la brutalité du M23 et celle du CMC-FDP. Ce qu’ils sont contraints à endurer au quotidien est terrible, en particulier dans les zones isolées où le CMC-FDP agit en toute impunité, a déclaré Tigere Chagutah, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnesty International.</p>



<p>« Les autorités de la RDC condamnent souvent les violences du M23, comme il se doit, mais ignorent la violence et les atteintes aux droits humains du même ordre commises par les Wazalendo, y compris le CMC-FDP. En réalité, elles cautionnent ces crimes et s’exonèrent de leur obligation de protéger les civil·e·s et de traduire en justice les combattants wazalendo. La communauté internationale doit faire pression sur le gouvernement de la RDC pour qu’il cesse immédiatement de soutenir ces groupes armés. »</p>



<p>Entre mars et avril 2026, Amnesty International a mené des entretiens à distance, réalisés au moyen d’applications téléphoniques sécurisées, avec 16 victimes, survivantes de viols et agressions sexuelles, et membres de la famille de civil·e·s tués, violés, torturés, enlevés ou soumis à des mauvais traitements par des combattants du CMC-FDP entre juin et décembre 2025. Amnesty International a également reçu des informations crédibles de défenseurs des droits humains faisant état de violences similaires imputables à ce groupe dans la région, notamment d’exécutions sommaires et d’incendies d’habitations.</p>



<p>Le 8 juin 2026, Amnesty International a écrit au CMC-FDP pour faire part de ses constatations et demander des informations sur le comportement des commandants et combattants du groupe à l’égard des civil·e·s dans les régions qu’il contrôle. Le porte-parole du CMC-FDP, Héritier Donald Gashegu, a répondu par écrit le 16 juin 2026. Dans ce courrier, le CMC-FDP nie toute responsabilité concernant les atteintes aux droits humains recensées ici et affirme qu’il « demeure attaché au respect des Droits Humains et à la discipline de ses combattants ».</p>



<h4 class="wp-block-heading">Viols et autres violences sexuelles contre les femmes</h4>



<p>Une femme âgée d’une petite vingtaine d’années a expliqué à Amnesty International que, après que son mari avait rejoint le M23 en mai 2025, des combattants du CMC-FDP l’avaient enlevée à son domicile et maintenue en captivité pendant trois mois. « Ils m’ont donné le choix : soit je partais avec eux, soit ils me tuaient », a-t-elle indiqué.</p>



<p>Elle a déclaré que des combattants du CMC-FDP l’avaient détenue dans une maison sur leur camp et lui avaient présenté un commandant qui allait devenir son « mari ». Chaque jour, les combattants lui donnaient à manger une tasse de taro et de maïs. Elle a ajouté qu’elle avait vu deux autres femmes détenues dans le camp, mais que les combattants avaient menacé de lui tirer dessus si elle leur parlait. Elle a précisé que le commandant l’avait violée à maintes reprises. « Je pensais qu’il me tuerait si je refusais. Il venait tous les soirs [pour avoir des relations sexuelles]. » Cette femme a fui lorsque le M23 a attaqué le camp du CMC-FDP.</p>



<p>Amnesty International s’est également entretenue avec une femme de 22 ans qui a déclaré que des combattants du CMC-FDP l’avaient enlevée en juin 2025, après que son mari avait rejoint le M23. Ils l’avaient emmenée sur leur base de Mudugudu, à Bukombo, où elle a été forcée à devenir la « femme » d’un commandant. « Il a dit : “Si tu ne couches pas avec moi, je te tue.” » Elle a déclaré qu’il y avait quatre autres femmes dans le camp, également forcées à être les « épouses » de combattants.</p>



<p>Elle a ajouté qu’elle avait aussi vu des civil·e·s détenus et maltraités dans le camp. « Ils prenaient des gens et les emmenaient sur la base. Si vous n’aviez rien de valeur, ils vous frappaient. Si vous aviez de la chance, ils vous laissaient tranquilles. Ils mettaient les gens dans des [cellules de détention souterraines]. Ils ont détenu des gens pour gagner de l’argent. » Ces actes s’apparentent au crime de guerre de prise d’otage.</p>



<p>Cette femme a fui en octobre 2025, après que le M23 a attaqué le camp.</p>



<p>Les deux victimes de violences sexuelles avec lesquelles Amnesty International s’est entretenue ont été détenues dans des conditions qui s’apparentent à de l’esclavage sexuel. Elles ont déclaré avoir contracté des infections sexuellement transmissibles à la suite des viols, ce qui leur a causé des douleurs et des souffrances. Ces deux femmes ont été traitées dans des centres de santé, mais de nombreuses victimes de violences sexuelles commises par des groupes armés wazalendo n’ont pas accès à des soins médicaux ou psychologiques adéquats.</p>



<p>L’esclavage sexuel et les autres formes de violences sexuelles perpétrés dans le cadre d’un conflit armé constituent de graves violations du droit international humanitaire qui s’apparentent à des crimes de guerre. Ils bafouent également plusieurs droits humains, notamment le droit à l’égalité et à la non-discrimination, le droit à l’intégrité physique et le droit de ne pas être victime de torture ni d’autres formes de mauvais traitements.</p>



<p>Le CMC-FDP a déclaré qu’il « rejette catégoriquement » les allégations selon lesquelles ses combattants auraient violé, réduit en esclavage sexuel ou forcé des femmes à « épouser » ses commandants. « Aucune plainte, aucun signalement officiel ni aucune saisine n’ont été portés à la connaissance de nos instances disciplinaires ou judiciaires internes concernant les faits évoqués. »</p>



<p>Les dirigeants du CMC-FDP auraient dû avoir connaissance des violences perpétrées par ses commandants. Ils pourraient en être considérés comme complices s’ils savaient que ces violences étaient perpétrées et n’agissaient pas pour les prévenir ou y mettre fin.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mauvais traitements et autres violences faites aux femmes</h4>



<p>Le 20 novembre 2025, huit personnes, dont une femme enceinte et son mari, se sont réfugiées dans une bananeraie à Mashango, un village de Bukombo, lors d’un échange de tirs entre le M23 et des groupes armés locaux, dont probablement le CMC-FDP.</p>



<p>Des combattants armés les ont retrouvées et leur ont demandé de l’huile de cuisson. « Nous leur avons dit que nous n’avions plus d’huile. Ils ont [alors] pillé tout ce qui se trouvait chez nous et ont brûlé nos maisons. L’un [des combattants] a eu pitié de moi. Il a dit : “Cette femme est enceinte et va bientôt accoucher, nous devons l’épargner.” »</p>



<p>Celle-ci a précisé qu’il s’agissait de combattants du CMC-FDP parce que le groupe disposait d’une base à Mashango, dans le groupement de Bukombo, une région qu’il contrôlait.</p>



<p>Les combattants ont emmené son mari et l’ont tué. « Ils l’ont découpé à la machette. Tout le monde a été tué à la machette. Je suis [ensuite] allée à la recherche des corps… quand nous avons retrouvé les corps, ils étaient déjà en décomposition. » Cette femme a donné naissance à un petit garçon, seule dans la forêt, à 17 h 30 ce jour-là.</p>



<p>Une autre femme victime a expliqué à Amnesty International que son mari avait rejoint le M23 en juin 2025 et que des combattants du CMC-FDP étaient venus chez elle le mois suivant. « Quatre d’entre eux [sont arrivés] à midi, a-t-elle indiqué. Deux avaient des pistolets, les deux autres des fouets. Je leur ai demandé d’avoir pitié de moi parce que j’étais enceinte. Ils ont répondu : “Ta grossesse, ce n’est pas notre problème ; on veut voir ton mari.” Ils m’ont rouée de coups. Ils m’ont frappée et blessée avec un couteau. Le lendemain, j’ai fait une fausse couche. »</p>



<p>Le CMC-FDP a nié l’allégation selon laquelle ils auraient pillé et incendié des maisons.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Homicides motivés par la vengeance et exécutions sommaires</h4>



<p>Neuf victimes et survivantes ont indiqué à Amnesty International que des combattants du CMC-FDP avaient tué leurs maris ou les avaient enlevées parce que leurs fils ou leurs maris avaient rejoint le M23.</p>



<p>Une femme de 35 ans a déclaré qu’un commandant et six combattants du CMC-FDP étaient venus chez elle à Kyahemba, un village du groupement de Bukombo, en novembre 2025. Elle a expliqué que le commandant était entré dans la maison et lui avait demandé : « As-tu laissé [le M23] recruter ton enfant ? » Cette femme a indiqué que son fils de 15 ans était parti sans prévenir au début du mois pour rejoindre le M23. « J’ai répondu que je ne savais pas comment il avait été recruté. À ce moment-là, il a commencé à tirer sur mon mari. » Elle a précisé que son mari avait reçu trois balles dans la poitrine sous les yeux de leurs enfants de huit et six ans. Elle a été informée par la suite que son fils était mort alors qu’il faisait partie du M23.</p>



<p>Selon quatre victimes et les informations communiquées par un défenseur des droits humains, un commandant du CMC-FDP basé à Kyahemba était impliqué dans la détention ou l’homicide de leurs proches.</p>



<p>Une autre femme, Elisabeth*, a déclaré que six combattants du CMC-FDP, dont quatre étaient d’anciens voisins, étaient venus chez elle en novembre 2025, à la recherche de son mari. « Ils nous ont dit de quitter la maison. Ils ont dit : “Vous collaborez avec le [M23]…” Ils se sont comportés comme si [mon mari] était de mèche avec le M23. Ils lui ont tiré à trois reprises dans la poitrine et dans les parties génitales. Après l’avoir abattu, ils ont pillé la maison. Ils sont repartis avec quatre chèvres, des vêtements et des marmites. »</p>



<p>Dans sa réponse à Amnesty International, le CMC-FDP n’a pas précisé les mesures qu’il a prises pour enquêter sur les allégations selon lesquelles ses combattants auraient tué des civils. Il a affirmé qu’il ne disposait pas de suffisamment d’informations pour mener des enquêtes.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Extorsion et menaces</h4>



<p>Avant l’arrivée du M23 dans la région, le CMC-FDP prélevait de l’argent auprès des habitant·e·s, une forme d’impôt appelée lala salama (« dormir paisiblement », en swahili). Ces « impôts » sont prétendument destinés à financer la protection des civil·e·s. Une victime a déclaré que son mari avait rejoint le M23 parce qu’il en avait assez de ces extorsions.</p>



<p>Innocent*, qui travaillait à Kyahemba, a indiqué que des combattants du CMC-FDP l’avaient approché à trois reprises depuis que son fils avait rejoint le M23 en août 2025 et lui avaient demandé de l’argent pour ce motif. Il leur a donné 300 dollars des États-Unis. « À chaque fois, ils me disaient de faire en sorte que mon fils rejoigne leur groupe. J’ai dit que ce n’était pas moi qui l’avais emmené là-bas. Comment j’allais le retrouver ? À chaque fois qu’ils venaient, ils me frappaient. Ils ont brûlé trois maisons, la mienne et deux autres. Ils ont dit qu’ils me tueraient si je ne leur donnais pas d’argent. »</p>



<p>Justine*, une femme de 20 ans, a déclaré que son mari avait fui en juillet ou août de l’année dernière, sans prévenir. En septembre, des combattants du CMC-FDP sont venus chez elle. « Je ressemble à une Tutsi. [Les combattants du CMC-FDP] ont forcé la porte, sont entrés et m’ont fouettée une fois dans le dos et une fois sur la poitrine. Ils m’ont attaché les mains. Ils m’ont dit : “Dis-nous où est ton mari.” » Lorsqu’elle a répondu qu’elle l’ignorait, ils lui ont expliqué qu’ils allaient la conduire à l’un des commandants militaires du CMC-FDP et ont laissé entendre que celui-ci l’obligerait à révéler où se trouvait son mari.</p>



<p>Sur le chemin, l’un des combattants l’a aidée à s’échapper. « Je portais un enfant et le combattant a eu pitié du bébé. Il a dit : “Si tu passes par ici, ils vont te tuer.” »</p>



<p>Justine pensait que la peur avait poussé son mari à rejoindre le M23. Elle a expliqué que, en juillet ou août, le M23 avait menacé son mari en ces termes : « [Tu] es un Tutsi du Rwanda, et tous les Tutsis qui ne rejoignent pas le M23 seront décapités. »</p>



<p>Le CMC-FDP a écrit qu’il n’avait « ni politique ni pratique consistant à exiger des rançons ou des paiements auprès des proches de ceux là ayant rejoint le M23 ou d’un quelconque autre mouvement ennemi. Si des cas isolés de comportements contraires à nos principes existaient, nous serions les premiers intéressés à en connaître les auteurs afin que les mesures appropriées soient prises conformément aux règles de discipline et aux exigences de la justice. »</p>



<p>Les dirigeants du CMC-FDP auraient dû savoir que des pratiques d’extorsion et de rançon se déroulaient, et avaient la responsabilité d’enquêter à leur sujet ainsi que d’amener les combattants impliqués à rendre des comptes. S’ils savaient que ces actions avaient lieu et n’ont pas fait le nécessaire pour y mettre fin, ils pourraient en être considérés comme complices.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Appui de l’armée congolaise au CMC-FDP </h4>



<p>En mai 2023, la RDC a adopté une loi portant création de la Réserve armée de la défense qui prévoyait l’intégration de certains groupes armés locaux, dont le CMC-FDP, dans l’armée congolaise, formant ainsi une force supplétive pour combattre le M23.</p>



<p>Les FARDC aident les groupes armés financièrement et en leur fournissant armes et munitions. En décembre 2025, le ministre des Finances de la RDC a indiqué à la Commission Défense et sécurité de l’Assemblée nationale que l’État versait aux groupes wazalendo 4 millions de dollars des États-Unis par mois. </p>



<p>Selon un document interne du gouvernement militaire du Nord-Kivu obtenu par Ebuteli, un groupe de recherche congolais, le CMC-FDP a reçu plus de 100 000 cartouches de munitions et plus de 100 roquettes de 40 millimètres de la part des FARDC fin 2023 et début 2024. </p>



<p>En juillet 2024, l’Union européenne a sanctionné le commandant en chef du CMC-FDP, Dominique « Domi » Kamanzi Ndaruhutse, pour avoir « commis des actes qui constituent de graves violations des droits humains et atteintes à ces droits ». Cet homme a combattu au sein de différents groupes nyatura (« frapper fort », en kinyarwanda) pendant plus de 10 ans et a, selon le Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC, collaboré avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), en particulier dans le groupement de Bwito (territoire de Rutshuru). Les FDLR sont un groupe armé d’opposition opérant dans l’est de la RDC et composé de combattants rwandais et congolais. Elles comptent dans leurs rangs d’anciens membres des Interahamwe et d’anciens soldats rwandais responsables du génocide de 1994, ainsi que des combattants qui n’ont pas participé au génocide.</p>



<p>« Il est inacceptable que l’armée congolaise continue à soutenir les combattants du CMC-FDP en dépit des terribles atteintes aux droits humains qu’ils infligent aux civil·e·s, a déclaré Tigere Chagutah. Le groupe se livre à des violences effrénées depuis des années. Il faut que les autorités congolaises mettent fin immédiatement à la collaboration avec le CMC-FDP et les autres groupes wazalendo commettant des exactions, ainsi qu’à l’appui qu’elles leur prêtent, et qu’elles les amènent à rendre des comptes. »</p>



<p class="has-text-align-right has-x-small-font-size"><em>* Des pseudonymes sont utilisés afin de protéger l’identité des personnes interrogées, pour des raisons de sécurité et de confidentialité</em></p>
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		<title>Que peut-on faire pour endiguer les violences sexuelles liées aux conflits ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2026 12:04:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Que peut-on faire pour endiguer les violences sexuelles liées aux conflits ? De la Syrie à Israël et au territoire palestinien occupé, de la République démocratique du Congo à l&#8217;Éthiopie et au Myanmar, les violences sexuelles liées aux conflits se produisent partout dans le monde avec une régularité dévastatrice. Elles sont perpétrées par des forces [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Que peut-on faire pour endiguer les violences sexuelles liées aux conflits ?</h2>


<section id="section-1b1419b8" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack" style=""><div class="container">

<p><strong><em>Attention : cet article aborde des questions liées aux violences sexuelles qui peuvent réveiller des traumatismes. Il est publié dans le but de sensibiliser la population à ces crimes et à la nécessité de rendre justice.</em></strong></p>

</div></section>


<p>De la Syrie à Israël et au territoire palestinien occupé, de la République démocratique du Congo à l&rsquo;Éthiopie et au Myanmar, les violences sexuelles liées aux conflits se produisent partout dans le monde avec une régularité dévastatrice. Elles sont perpétrées par des forces gouvernementales et des groupes armés dans le but de terroriser et contrôler les populations, punir ceux qui sont considérés comme des opposants et déplacer de force des communautés. En outre, il s&rsquo;agit de crimes qui sont rarement dénoncés. Lauren Aarons, conseillère principale au sein du programme Genre, conflit et justice internationale d’Amnesty International, répond à des questions cruciales afin de comprendre l’ampleur de ce fléau, et de percevoir ce qui doit être fait afin d’y remédier et de soutenir les victimes.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Qu’entend-on par « violences sexuelles liées aux conflits » ?</h4>



<p>Lorsqu’on évoque les violences sexuelles liées aux conflits, on pense souvent en premier lieu au viol, mais ce phénomène va bien au-delà. Il englobe l’esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée, la stérilisation forcée, la traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle, ainsi que les menaces de viol ou de sévices sexuels. La violence sexuelle ne se limite pas à une agression physique, mais comprend toute une série d’actes, physiques ou non, qui portent atteinte à l’autonomie et à l’intégrité sexuelles. Elle se caractérise souvent par l’humiliation, la domination et la destruction.</p>



<p>Récemment, j’ai discuté avec des femmes palestiniennes de Gaza qui ont déclaré avoir été soumises à des fouilles à nu invasives par des forces israéliennes pendant leur détention. Certaines ont affirmé l’avoir subi à plus de 10 reprises, y compris alors qu’elles avaient les yeux bandés ou étaient menottées, ou pendant qu’elles étaient la cible de moqueries et de railleries. Si les fouilles à nu sont légales dans des circonstances limitées, y recourir à des fins coercitives, punitives ou d’humiliation peut s’apparenter à une forme de violence sexuelle, un acte de torture ou un mauvais traitement au regard du droit international.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Qui sont les auteurs ?</h4>



<p>Parfois, les auteurs de violences sexuelles liées aux conflits sont des membres de groupes armés ; parfois, il s’agit de forces gouvernementales, de personnel pénitentiaire ou de milices agissant aux côtés des États. Le lien avec le conflit peut prendre de nombreuses formes loin du champ de bataille, notamment dans le contexte de la détention, des déplacements de population, de l’occupation ou de l’effondrement des institutions et des systèmes de protection. Les violences sexuelles liées aux conflits peuvent être opportunistes, tolérées par les commandants ou s’inscrire dans une stratégie globale. En vertu du droit international, elles sont interdites par le droit international humanitaire et relatif aux droits humains. En fonction des circonstances, elles peuvent constituer un acte de torture, un crime de guerre, un crime contre l&rsquo;humanité et/ou un acte de génocide.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les violences sexuelles liées aux conflits concernent-elles uniquement les femmes et les filles ?</h4>



<p>Les femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnée par les violences sexuelles liées aux conflits en raison des inégalités de genre et de la discrimination bien ancrées. Cependant, des personnes de tous genres sont touchées. Les hommes, les garçons et les personnes LGBTQI sont également victimes de ces crimes, notamment dans les lieux de détention, aux postes de contrôle, lors des déplacements de population et dans des situations de traite ou d&rsquo;exploitation d’êtres humains.</p>



<p>Amnesty International a observé le recours à la violence sexuelle comme forme de torture à l&rsquo;encontre d&rsquo;hommes et de garçons en Syrie, ou ciblant des personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, réelles ou supposées, au Yémen, entre autres.</p>



<p>Les répercussions sont souvent spécifiques au genre. Les femmes et les filles peuvent être confrontées à des grossesses non désirées, à des complications gynécologiques, à l’exclusion sociale ou au mariage forcé. Les hommes et les garçons évoquent souvent une réprobation sociale très forte et une honte immense en lien avec les idées délétères sur la masculinité, ce qui les rend réticents à divulguer leur situation. Quant aux victimes LGBTQI, elles craignent d’être poursuivies en justice, de subir des représailles ou d’être exclues des services d’aide.</p>



<h4 class="wp-block-heading">À quelle fréquence ces crimes sont-ils signalés ?</h4>



<p>De très nombreuses victimes de violences sexuelles liées aux conflits ne se manifestent pas. La plupart de celles avec lesquelles nous nous sommes entretenus n’avaient jamais officiellement dénoncé ce qui leur était arrivé. Certaines craignaient qu’on ne les croit pas, d’autres redoutaient des représailles ou le rejet social. Dans de nombreuses situations, elles n’ont pas accès à des soins de santé confidentiels, à un accompagnement psychosocial ni à des mécanismes de signalement fiables qui permettraient de libérer la parole.</p>



<p>Enquêter sur ces crimes s’avère extrêmement difficile en période de conflit actif. Parfois, il est impossible de se rendre sur place, il n’y a pas de preuves médicolégales disponibles et les victimes ont été déplacées à l’étranger. Par exemple, tandis que les autorités israéliennes ont pris des mesures pour enquêter sur les crimes commis lors des attaques du 7 octobre 2023 par des groupes armés palestiniens dans un contexte compliqué, l’absence de recueil de preuves dans les premiers jours ayant suivi ces attaques a entraîné la perte d’éléments cruciaux, qui auraient notamment pu permettre de mieux comprendre la nature des violences sexuelles perpétrées.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Quelles sont les conséquences à long terme des violences sexuelles liées aux conflits ?</h4>



<p>Pour les victimes, les conséquences peuvent être dévastatrices et irrémédiables. Elles souffrent parfois de blessures physiques graves, d’infections sexuellement transmissibles, de grossesses non désirées, d’infertilité et de troubles de santé mentale à long terme, notamment de traumatismes, de dépression et de syndrome de stress post-traumatique.</p>



<p>Les membres de la famille sont eux aussi touchés directement. On les oblige parfois à assister à ces atrocités, ce qui constitue en soi une forme de mauvais traitement. D’autres sont confrontés à un traumatisme intergénérationnel. Certains enfants nés à la suite de violences sexuelles sont victimes de rejet et d’exclusion. Dans certains contextes, les conséquences se répercutent sur plusieurs générations et sur des groupes entiers.</p>



<h4 class="wp-block-heading">À quelle fréquence la justice est-elle rendue dans les affaires de violences sexuelles liées aux conflits ?</h4>



<p>Rarement. C’est un aspect très difficile dans ces affaires : l’impunité demeure la norme et les victimes obtiennent très rarement justice. Les auteurs de ces actes tirent souvent parti de la faiblesse des systèmes judiciaires, d’une protection politique, de l’insécurité ou du manque d’accès aux tribunaux. Lorsque des poursuites sont engagées, les violences sexuelles sont fréquemment ignorées ou reléguées au second plan. Par exemple, de nombreux membres du groupe armé État islamique (EI) et de Boko Haram sont poursuivis pour des infractions liées au terrorisme, sans qu’aucun chef d’accusation ne reflète spécifiquement les cas de violences sexuelles signalées par les victimes.</p>



<p>De même, les membres des forces armées nationales bénéficient souvent de l&rsquo;impunité. Amnesty International a recensé de nombreux cas de violences sexuelles commises par les forces de sécurité nigérianes à l&rsquo;encontre de femmes et de filles touchées par le conflit avec Boko Haram, mais très rares sont ceux qui ont eu à rendre des comptes.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Qu’est-ce qu’une « approche centrée sur les victimes » s’agissant de lutter contre les violences sexuelles liées aux conflits ?</h4>



<p>Une approche centrée sur les victimes consiste à placer au premier rang leurs droits, leur dignité, leur autonomie et leurs priorités. Ce concept est fortement mis en avant dans le cadre des travaux du Conseil de sécurité de l’ONU sur les violences sexuelles liées aux conflits, mais son principe est en réalité très simple : les victimes ne doivent pas subir de nouveau traumatisme, ni être instrumentalisées ou traitées comme de simples éléments de preuve dans des affaires pénales. Elles doivent bénéficier de soins de santé, d’un soutien psychosocial, d’une assistance juridique et d’une protection ; elles doivent pouvoir prendre des décisions éclairées sur le fait de porter plainte pour les violences subies et participer aux processus étatiques de décisions qui les concernent.</p>



<p>Les soins de santé doivent être complets et inclure un volet en matière de sexualité et de procréation. Les victimes de viol et d’autres formes de violences sexuelles peuvent avoir besoin d’un traitement contre les infections sexuellement transmissibles, d’un soutien psychosocial, de soins de santé maternelle, d’une contraception d’urgence ou de services d’avortement dans des conditions sûres. Leur refuser ces soins risque d’aggraver le traumatisme, de mettre en péril leur santé et leur vie, et de constituer une violation supplémentaire.</p>



<p>Ce que toutes les victimes nous disent, c’est que la justice revêt un sens différent selon chacune. Certaines souhaitent que des poursuites soient engagées et donnent lieu à un procès au tribunal. D’autres évoquent avant tout les soins de santé, l’aide financière, ou simplement que quelqu’un reconnaisse ce qui leur est arrivé. Beaucoup ont des proches portés disparus ou soumis à une disparition forcée, et leur priorité est donc de les retrouver. Une réponse réellement centrée sur les victimes suppose d’écouter ces priorités, au lieu de supposer que toutes souhaitent la même chose. Cela implique de reconnaître et de soutenir les efforts déployés par les victimes pour s’organiser, documenter les violations, se soutenir mutuellement et militer en faveur de la justice.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Qu’entend-on par « réparations » et pourquoi les peines de prison ne suffisent-elles pas ?</h4>



<p>Les réparations sont des mesures visant à reconnaître et réparer le préjudice subi par les victimes de violations des droits humains. Elles englobent l’indemnisation financière, les soins médicaux et psychologiques, l’éducation, l’aide aux moyens de subsistance, la commémoration, les excuses officielles, les réformes juridiques et les garanties de non-répétition. Les réparations ne se substituent pas à l’obligation pénale de rendre des comptes : les deux sont des pierres angulaires de la justice.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Que doivent faire les gouvernements pour stopper les violences sexuelles liées aux conflits ?</h4>



<p>Les gouvernements doivent agir afin de prévenir les violences sexuelles liées aux conflits, mener sans délai des enquêtes sur toutes les allégations et traduire les auteurs présumés en justice dans le cadre de procès équitables. Ils doivent veiller à ce que les victimes aient accès à des soins de santé, à un soutien psychosocial, à des réparations, et soient protégées contre tout nouveau préjudice, en tenant compte de leurs priorités et de leurs besoins.</p>



<p>Les violences sexuelles liées aux conflits ne viennent pas de nulle part. Elles sont étroitement liées aux inégalités de genre, à la discrimination, à la militarisation, à la pauvreté et aux systèmes généraux d’exclusion et d’impunité. L’action menée ne doit pas se limiter à de beaux discours, mais s’attaquer aux conditions qui favorisent leur multiplication.</p>



<p>Et il y a autre chose : trop souvent, les États font preuve d’une indignation sélective. Ils condamnent les violences sexuelles lorsqu’elles sont imputables à des adversaires politiques et ignorent les allégations visant leurs forces ou leurs alliés. Ou encore, ils clament leur soutien à certaines victimes, et le refusent à d’autres &#8211; notamment aux personnes migrantes, réfugiées ou accusées d’être associées à des groupes armés non étatiques. Pourtant, toutes les victimes méritent le même engagement en faveur de la justice.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Comment les gens peuvent-ils contribuer à endiguer ces crimes dans leurs pays ?</h4>



<p>Chacun·e peut contribuer à lutter contre les violences sexuelles liées aux conflits en demandant à son gouvernement de prendre des mesures concrètes : enquêtes crédibles, poursuites judiciaires, octroi de réparations et soutien réel aux victimes.</p>



<p>Chacun·e peut également apporter son soutien &#8211; financier, politique et public &#8211; aux organisations qui travaillent directement auprès des victimes, notamment les associations de victimes, les groupes locaux dirigés par des femmes, les organisations d’aide aux réfugié·e·s, les personnes chargées de fournir une aide juridique et les spécialistes des traumatismes.</p>



<p>Enfin, il est essentiel de s&rsquo;opposer systématiquement aux violences sexuelles, quelles que soient l&rsquo;identité des victimes ou celle des auteurs. La solidarité doit transcender les clivages ethniques, nationaux, religieux et les conflits, partout dans le monde.</p>
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		<title>Iran. Les attaques meurtrières de drones contre Bahreïn et l’Arabie saoudite doivent faire l’objet d’investigations pour crimes de guerre &#8211; Nouvelle recherche</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/iran-les-attaques-meurtrieres-de-drones-contre-bahrein-et-larabie-saoudite-doivent-faire-lobjet-dinvestigations-pour-crimes-de-guerre-nouvelle-recherche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Iran. Les attaques meurtrières de drones contre Bahreïn et l’Arabie saoudite doivent faire l’objet d’investigations pour crimes de guerre &#8211; Nouvelle recherche Les autorités iraniennes ont tué et blessé des civil·e·s à Bahreïn et en Arabie saoudite, en violation du droit international humanitaire, dans le cadre d&#8217;une vague de frappes contre les pays du Conseil [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Iran. Les attaques meurtrières de drones contre Bahreïn et l’Arabie saoudite doivent faire l’objet d’investigations pour crimes de guerre &#8211; Nouvelle recherche</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>Quatre civils tués et 12 blessés lors de deux frappes</li>



<li>Ce sont probablement des drones iraniens Shahed qui ont été utilisés dans les attaques contre des infrastructures civiles</li>



<li>Ces attaques ont bafoué le droit international humanitaire et peuvent constituer des crimes de guerre</li>
</ul>



<p>Les autorités iraniennes ont tué et blessé des civil·e·s à Bahreïn et en Arabie saoudite, en violation du droit international humanitaire, dans le cadre d&rsquo;une vague de frappes contre les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), a déclaré Amnesty International le 18 juin 2026.</p>



<p>Le conflit, qui a éclaté à la suite des attaques illégales menées par les États-Unis et Israël contre l&rsquo;Iran le 28 février 2026, a déclenché une série d&rsquo;attaques menées par les autorités iraniennes et des groupes armés alliés contre la région du Golfe, notamment contre des infrastructures civiles à travers les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), faisant à ce jour au moins 28 morts et des centaines de blessés.</p>



<p>On dispose de peu d’informations sur ces attaques menées par l’Iran en raison des restrictions en matière d’accès à l&rsquo;information imposées par les gouvernements du CCG. Toutefois, Amnesty International a pu enquêter sur deux de ces attaques représentatives menées en mars 2026, probablement à l’aide de drones Shahed, qui ont fait quatre morts et au moins 12 blessés parmi les civils.</p>



<p>« Le conflit au Moyen-Orient a des répercussions terribles sur la population civile, faisant des milliers de morts et de blessés dans toute la région. Les civil·e·s paient de leur vie les attaques menées par l’Iran, qui doivent faire l’objet d’enquêtes pour crimes de guerre, a déclaré Heba Morayef, directrice régionale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.</p>



<p>« Les autorités iraniennes doivent cesser immédiatement de prendre pour cibles les infrastructures civiles. Les responsables doivent être amenés à rendre des comptes, et les victimes doivent obtenir justice, vérité et réparations. »</p>



<p>Au total, Amnesty International a interrogé 21 personnes : 15 témoins d’attaques contre des infrastructures civiles dans les pays du CCG et six proches de victimes. Elles vivaient dans différents pays de la région, notamment à Bahreïn, au Koweït, au Qatar, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. En mars, elle a écrit aux gouvernements de Bahreïn et d&rsquo;Arabie saoudite pour leur demander des informations complémentaires sur les dégâts causés aux infrastructures civiles, mais n&rsquo;a reçu aucune réponse. Le 3 juin, elle a écrit aux autorités iraniennes, sollicitant des informations sur les attaques recensées. Aucune réponse n’avait été reçue au moment de la publication de ce document.</p>



<p>Au titre du droit international humanitaire, toutes les parties à un conflit armé sont tenues de faire à tous moments la distinction entre objectifs militaires et combattant·e·s d’une part, et civil·e·s et biens de caractère civil d’autre part. Les attaques directes contre la population civile et les biens de caractère civil, comme des infrastructures, sont interdites.</p>



<p>Les parties à un conflit doivent également veiller constamment à épargner les personnes civiles et les biens de caractère civil lors des opérations militaires, notamment en prenant toutes les précautions pratiquement possibles en vue d’éviter ou de réduire au minimum les pertes en vies humaines dans la population civile, les blessures aux personnes civiles et les dommages aux biens de caractère civil qui pourraient être causés incidemment. Les attaques directes, ainsi que les attaques sans discrimination qui tuent ou blessent des civil·e·s ou endommagent des biens de caractère civil, constituent des crimes de guerre.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Bahreïn : attaque contre un pétrolier</h4>



<p>Le 2 mars 2026, entre 2 h et 3 h du matin, deux munitions tirées par les forces iraniennes, très probablement des drones Shahed, ont frappé le pétrolier MT Stena Imperative alors qu’il se trouvait en cale sèche pour y subir des réparations au chantier naval Arab Shipbuilding and Repair Yard (ASRY) à Al Hidd, à Bahreïn. Le pont supérieur du navire a été touché au niveau de la proue alors que des ouvriers civils étaient en train de le réparer et de le repeindre.</p>



<p>D’après l&rsquo;analyse de 28 photos et vidéos prises tout de suite après l&rsquo;attaque, l&rsquo;ampleur des dégâts et la dispersion des fragments correspondent à un drone Shahed. Des fragments de l&rsquo;ogive se sont aussi incrustés dans le pont et les systèmes mécaniques du navire.</p>



<p>Un homme a été tué et deux autres grièvement blessés. Amnesty International a interrogé cinq témoins et proches des victimes. L’homme tué était SM Tareq, un employé bangladais de l’entreprise ASRY.</p>



<p>Un collègue qui a assisté à la mort de Tareq a raconté : « J’ai vu l’un de mes amis en feu ; son cerveau sortait de sa tête. »</p>



<p>Un autre témoin de l’attaque a déclaré : « Un collègue… a vu Tareq piégé dans l’explosion ; quelque chose sortait de l’arrière de sa tête, et de nombreux travailleurs se sont mis à hurler :  » Tareq est mort.  » »</p>



<p>Rizan Undin, le beau-frère de Tareq, a déclaré : « Tareq m’a appelé pour me dire qu’avec ses collègues, ils avaient peur des attaques, car plusieurs frappes de missiles avaient eu lieu. Il nous a demandé de prier pour lui, pour qu’ils soient en sécurité et puissent rentrer chez eux. »</p>



<p>Le Stena Imperative est un pétrolier civil appartenant à Stena Bulk, une société suédoise. Selon les médias, les forces iraniennes avaient déjà tenté de l&rsquo;attaquer et de s&rsquo;en emparer en février 2026. Ce navire avait auparavant été affrété dans le cadre du Programme de sécurité des pétroliers de l&rsquo;Administration maritime américaine pour transporter du carburant destiné à l&rsquo;armée américaine.</p>



<p>Toutefois, lorsqu’il a été touché le 2 mars, ce navire restait un bien civil au sens du droit international humanitaire et, au moment de l’attaque, il était amarré dans un chantier naval civil où des ouvriers civils effectuaient des réparations, sans participer à des opérations militaires. Compte tenu de la nature précise de l&rsquo;arme utilisée, de l&rsquo;annonce faite par les autorités iraniennes concernant des attaques de drones contre Bahreïn ce jour-là, et du fait que les forces iraniennes avaient déjà pris ce navire pour cible, cette attaque constitue probablement une attaque directe contre des civils et un bien civil, et pourrait s’apparenter à un crime de guerre.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Arabie saoudite : attaque contre un camp de travail</h4>



<p>Le 8 mars 2026, vers 16 heures, un projectile iranien a frappé un camp de travailleurs à Al Kharj, en Arabie saoudite. Cette attaque a fait trois morts et au moins 10 blessés, certains ayant subi des blessures irrémédiables qui vont nécessiter plusieurs mois d’hospitalisation. Toutes les victimes étaient des civils employés par l’entreprise de nettoyage Al Twaik, qui assure des services généraux de gardiennage et d’entretien des espaces verts dans la région.</p>



<p>Amnesty International a interrogé six témoins de la frappe ainsi que des proches des victimes. Elle a analysé 26 photos et vidéos prises après l&rsquo;attaque et examiné des images satellites. Au regard des dégâts causés, il est probable qu’il s’agisse d&rsquo;un drone Shahed lancé par les autorités iraniennes ou par un groupe armé allié.</p>



<p>« L’explosion a déchiqueté l’un des ouvriers, et je sentais l’odeur de sa chair brûlée. Le deuxième avait les jambes cassées et la tête transpercée par un fragment. Le troisième hurlait :  » Sauvez-moi !  » Trois sont morts : deux sur le coup, et le troisième a été transporté à l’hôpital où il a succombé à ses blessures. »</p>



<p>L&rsquo;attaque s&rsquo;est produite pendant le mois du ramadan et les victimes dormaient ou se préparaient pour l’iftar (rupture du jeûne au coucher du soleil pendant le ramadan) lorsqu’ils sont morts. Musharaff Hussain, 42 ans, et Abdullah Mamun, tous deux Bangladais, sont décédés. La troisième victime était Bachchu Mia, environ 35 ans. Lui aussi Bangladais, il travaillait en Arabie saoudite depuis huit ans.</p>



<p>Josna Akher, épouse de Bachchu Mia et mère de ses trois enfants, a déclaré : « Après avoir pris l’iftar et prié au Bangladesh, j’ai appelé mon mari, et il m’a dit qu’il me rappellerait dans 10 minutes, mais il ne l’a jamais fait. Un autre numéro m’a appelée pour m’annoncer qu’il était mort dans une attaque de missile. Je me suis mise en colère, j’ai perdu mon sang-froid, je ne sais pas ce qu’ils disaient. Ils pleuraient et criaient à l’autre bout du fil.</p>



<p>« Il travaillait pour Al Twaik, comme agent d’entretien. Il essayait de cacher sa souffrance ; il disait que son salaire n’était pas suffisant, mais il travaillait dur, il faisait la cuisine et le ménage… Dès qu’il avait un moment libre, il m’appelait, parfois toutes les deux ou trois heures. »</p>



<p>D’après tous les témoins, ce camp de travail n’a jamais abrité aucune force militaire, ni américaine ni saoudienne, avant l’attaque. L’agence Reuters a rapporté que le Corps des gardiens de la révolution islamique avait déclaré viser des installations radar.</p>



<p>Située à une quinzaine de kilomètres de là, la base aérienne du prince Sultan, qui abrite une importante présence militaire américaine, notamment des radars, a été régulièrement attaquée par les autorités iraniennes entre le 28 février et le 7 avril. Elle était probablement la cible dans ce cas également.</p>



<p>Divers scénarios peuvent sans doute expliquer pourquoi c’est le camp de travail qui a été touché, par exemple un dysfonctionnement du missile iranien, mais il faut diligenter une enquête pour attaque menée sans discrimination, car les autorités iraniennes n’ont pas fait la distinction entre objectifs militaires et civils ou biens de caractère civil, ce qui est susceptible de constituer un crime de guerre.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Attaques contre les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG)</h4>



<p>Amnesty International s’est entretenue avec des témoins d’attaques visant l’aéroport international d’Abou Dhabi, des hôtels à Dubaï aux Émirats arabes unis, ainsi que des stations de traitement des eaux et des installations de gaz naturel liquéfié au Qatar. Tous ont décrit des vagues de drones survolant le secteur et interceptés par la défense aérienne locale ; certains ont réussi à franchir les systèmes de défense et ont frappé des infrastructures civiles, essentielles à la fourniture de services de base, comme l’approvisionnement en eau, ou à l’économie de la région, comme les installations pétrolières.</p>



<p>D’autres infrastructures civiles ont été endommagées par les chutes de débris de missiles et de drones iraniens interceptés.</p>



<p>Un ouvrier d’une usine au Qatar a déclaré : « Au début de la guerre, il y avait deux ou trois [vagues d’]attaques par jour, avec 40 ou 50 drones ou missiles. Je les ai tous vus passer si près… Dans notre camp de travail, il n’y a pas eu d’impact direct, mais des débris y sont tombés. Notre lieu de travail [à l’usine] a été directement touché par un [drone ou missile]… Parfois, je m’inquiétais : « Et si je suis pris dans l’explosion ? Je suis ici pour ma famille, mais que se passera-t-il s’il m’arrive quelque chose ? »</p>



<p>Après le début de la guerre, dans les États du Golfe, les autorités ont procédé à plus de 1 000 arrestations dans le cadre d’une vaste campagne de répression contre la liberté d’expression en lien avec la guerre, notamment pour avoir relayé des contenus en ligne ou exprimé des opinions sur le conflit et sur les attaques de l’Iran contre ces pays.</p>



<p>Les travailleurs et travailleuses ont dit craindre de partager leurs témoignages avec Amnesty International, redoutant d’être expulsés vers leur pays d’origine par les autorités des États. Un employé d’hôtel à Dubaï, originaire du Népal, a déclaré : « C’est très dangereux de s’exprimer d’ici. Beaucoup ont filmé les attaques, ont posté les vidéos sur les réseaux sociaux et se sont retrouvés en prison. Ils [les autorités] ne veulent pas de mauvaises nouvelles. Notre [patron] nous a dit de ne pas en parler, pas de mauvaises nouvelles. Si une famille du pays filme une vidéo, c’est six mois de prison. Si c’est un travailleur étranger, c’est tout droit à l’aéroport. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information </h4>



<p>En Iran, la population a subi de graves préjudices lors des salves de frappes aériennes menées par les États-Unis et Israël entre le 28 février et le 7 avril 2026. Selon les chiffres officiels, ces frappes ont fait au moins 2 362 morts, dont 383 enfants, et plus de 32 314 blessés, tout en causant des destructions et des dégâts considérables aux infrastructures civiles. Au 3 juin 2026, il a été rapporté que 28 civil·e·s ont été tués et plusieurs centaines d&rsquo;autres blessés dans les six États du Conseil de coopération du Golfe (CCG), dans le cadre d&rsquo;attaques menées depuis février par les autorités iraniennes ou des groupes armés alliés.</p>
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		<title>Liban. Israël intensifie son recours aux ordres illégaux d’« évacuation » massive et se rend responsable de transfert illégal de population, un crime de guerre</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/liban-israel-intensifie-son-recours-aux-ordres-illegaux-d-evacuation-massive-et-se-rend-responsable-de-transfert-illegal-de-population-un-crime-de-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 13:00:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Liban. Israël intensifie son recours aux ordres illégaux d’« évacuation » massive et se rend responsable de transfert illégal de population, un crime de guerre Le recours répété par l’armée israélienne à des ordres illégaux d’« évacuation » massive et d’interdiction de retour dans le but de déplacer et de terrifier des centaines de milliers [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Liban. Israël intensifie son recours aux ordres illégaux d’« évacuation » massive et se rend responsable de transfert illégal de population, un crime de guerre</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>L’armée israélienne intensifie fortement son recours aux ordres illégaux d’« évacuation » générale, provoquant le déplacement de centaines de milliers de personnes à travers le Liban.</li>



<li>Elle a également étendu les ordres prohibant tout retour, interdisant pour une durée indéterminée aux habitant·e·s du sud du Liban de regagner leurs villages situés dans la zone tampon établie unilatéralement par Israël, qui couvre 6 % du territoire libanais.</li>



<li>Dans certaines régions du sud du Liban, le déplacement forcé de civil·e·s et l’interdiction de retour imposés par l’armée israélienne constituent un transfert illégal, ce qui équivaut à un crime de guerre.</li>
</ul>



<p>Le recours répété par l’armée israélienne à des ordres illégaux d’« évacuation » massive et d’interdiction de retour dans le but de déplacer et de terrifier des centaines de milliers de personnes au Liban constitue une violation flagrante du droit international humanitaire, a déclaré Amnesty International. Dans le sud du Liban, ces ordres sont un moyen délibéré de déplacer de force des civil·e·s de leurs foyers ; des dizaines de milliers d’entre eux se voient ensuite interdire tout retour. Il s’agit d’un transfert illégal de population qui, en tant que grave violation de la Quatrième Convention de Genève, s’apparente à un crime de guerre.</p>



<p>À l’issue de sa nouvelle enquête fondée sur l’analyse des ordres de l’armée israélienne transmis sur X aux habitant·e·s du Liban depuis 2024, sur des entretiens avec des personnes déplacées de zones déclarées unilatéralement par Israël comme interdites au retour et sur l’analyse de données en consultation libre, Amnesty International constate que l’armée israélienne a intensifié son recours aux déplacements massifs au Liban en 2026, soumettant bien plus fréquemment un nombre bien plus élevé d’habitant·e·s à un déluge d’ordres illégaux d’« évacuation » massive, tout en poursuivant son projet de destruction d’habitations et d’infrastructures civiles afin de dépeupler de vastes zones du sud du pays. </p>



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<p>« Depuis deux ans et demi, les hostilités entre Israël et le Hezbollah ont des conséquences dévastatrices pour la population civile. Israël a émis des ordres d’“évacuation” générale touchant de vastes zones du Liban qui se sont traduits, à plusieurs reprises, par le déplacement illégal de centaines de milliers de personnes. En 2026, comme en 2024, les ordres indiscriminés émis par Israël n’ont pas été accompagnés de mesures visant à garantir le bien-être et la sécurité des personnes évacuées, n’ont pas fourni d’informations ni d’explications permettant aux civil·e·s de prendre des décisions éclairées sur le fait de fuir et pour combien de temps, et n’ont jamais été annulés, même après la cessation des hostilités dans les zones visées, alors que le droit international humanitaire l’exige, a déclaré Kristine Beckerle, directrice adjointe du programme régional Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International.</p>



<p>« Dans de vastes zones du sud du Liban, Israël a ordonné à toute la population de partir, avant d’interdire tout retour. Le déplacement forcé et l’interdiction de retour imposés à des dizaines de milliers de civil·e·s dans le sud du Liban constituent un transfert illégal, ce qui représente une grave violation de la Quatrième Convention de Genève et donc un crime de guerre. Les forces israéliennes doivent cesser de déraciner de force des habitant·e·s et de désigner de vastes zones du territoire libanais comme interdites aux civils, et doivent se retirer immédiatement du pays. Israël doit autoriser les personnes déplacées à retourner librement et en toute sécurité sur leurs terres, et accorder des réparations aux victimes de violations du droit international humanitaire, y compris pour les destructions illégales de logements. »</p>



<p>L’analyse d’Amnesty International montre que l’armée israélienne a nettement intensifié son recours aux ordres d’« évacuation » massive : comparés à 2024, ils ont été plus fréquents et ont visé des zones plus étendues du pays lors de l’escalade des hostilités en 2026.</p>



<p>En réponse aux questions d’Amnesty International, l’armée israélienne a nié avoir émis des ordres d’évacuation obligatoire, affirmant qu’elle avait adressé des « alertes préalables aux civils » et qu’il ne s’agissait pas d’obligations, mais de « recommandations ». Amnesty International a déjà expliqué pourquoi les ordres d’« évacuation » massive ne constituent pas des avertissements préalables efficaces et a établi, dans son analyse, une distinction entre ces alertes, émises avant une attaque [conformément au principe de précaution] concernant un lieu précis tel qu’un bâtiment, et les ordres d’« évacuation » massive, concernant des listes de villages et de vastes étendues de territoire.</p>



<p>Dans sa lettre, l’armée israélienne affirmait qu’« aucune interdiction n’empêche les civils libanais de regagner leurs foyers ». Toutefois, le 15 juin, après l’annonce selon laquelle les États-Unis et l’Iran ont conclu un cessez-le-feu englobant le Liban, le ministre israélien de la Défense Israël Katz a déclaré que les forces israéliennes resteront « dans les zones de sécurité au Liban, en Syrie et à Gaza pour une durée indéterminée » et que ces zones seraient « débarrassées de leurs habitants, et que toutes les infrastructures terroristes […] y compris les maisons des villages situés sur la ligne de contact qui servaient de bastions terroristes, seraient détruites ».</p>



<p>En complément des ordres d’« évacuation », l’armée israélienne a étendu la zone d’interdiction de retour au Liban. Le 28 novembre 2024, au lendemain de l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu, elle avait désigné une zone couvrant environ 4,6 % du territoire libanais.</p>



<p>En 2026, trois jours seulement après l’annonce du cessez-le-feu du 17 avril, l’armée israélienne a publié une nouvelle carte où figure une zone élargie couvrant 6 % du territoire libanais, désignée comme une ligne de « défense avancée », et a demandé à la population de ne pas retourner dans une longue liste de villages situés à l’intérieur – des localités où vivaient des dizaines de milliers de personnes. </p>



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<p>Déployée dans la zone d’interdiction de retour, l’armée israélienne procède, depuis 2024, à de nombreuses destructions. Amnesty International a recueilli des informations sur ces destructions délibérées dans certains secteurs, avant et après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu de 2024. En 2026, des images satellite de Sentinel 2, d’une résolution de 10 mètres, montrent que la plupart des municipalités situées le long de la frontière, qui constituent une grande partie de la zone d’interdiction de retour, ont été presque entièrement rasées, ce qu’Amnesty avait déjà analysé en 2024. Auparavant, des structures isolées et des sections de villages étaient probablement restées intactes. Aujourd’hui, elles ont quasiment toutes été rasées et les destructions ont gagné des municipalités situées plus à l’intérieur de cette zone.</p>



<p>Le droit international humanitaire interdit strictement les déplacements forcés de civils. Les évacuations partielles ou totales ne peuvent être ordonnées qu’à titre exceptionnel dans le but de garantir la sécurité de la population ou pour des impératifs militaires, découlant directement d’opérations militaires, et ne doivent être mises en œuvre qu’en dernier recours.</p>



<p>Toute évacuation doit être temporaire, menée dans des conditions sûres et humaines, et les personnes évacuées doivent pouvoir regagner leur domicile dès la fin des hostilités dans la zone concernée. Lorsque des civils sont déplacés de force en l’absence de motifs légaux justifiant l’évacuation, ou se voient empêchés de regagner leur domicile, cela constitue un transfert illégal, une infraction grave inscrite dans l’article 147 de la Quatrième Convention de Genève, équivalant à un crime de guerre.</p>



<p>« Deux ans et demi plus tard, il est temps que la communauté internationale agisse : les États doivent se mobiliser en faveur d’un cessez-le-feu durable et viable, faire pression sur l’armée israélienne pour qu’elle se retire du territoire libanais, mettre en œuvre les mécanismes nationaux et internationaux d’obligation de rendre des comptes et de justice, et suspendre tous les transferts d’armes et de matériel militaire vers Israël susceptibles de faciliter des violations du droit international », a déclaré Kristine Beckerle.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Méthodologie</h4>



<p>Amnesty International a interrogé 19 personnes en mars et avril 2026, dont 18 habitant·e·s de zones visées par des « évacuations » massives, et un·e employé·e d’une organisation humanitaire. Sur les 18, 12 sont toujours déplacés, dont neuf de villages soumis à des ordres d’interdiction de retour et trois de secteurs situés au-delà de cette zone. Six autres étaient restés chez eux, dans des villages à majorité chrétienne, tout en déplorant l’effondrement systématique des services de base.</p>



<p>Le Laboratoire de preuves du programme Réaction aux crises d’Amnesty International a analysé 447 ordres adressés à des habitant·e·s du Liban et publiés en arabe sur le compte X du porte-parole militaire israélien entre le 23 septembre 2024 et le 31 mai 2026. Il a également réalisé une analyse comparative des ordres émis lors de l’escalade des hostilités en 2024 et 2026, en étudiant leur portée, leur contenu et leur fréquence. Parmi ceux-ci, 215 étaient des avertissements préalables visant des lieux spécifiques, 36 des ordres d’« évacuation » massive émis lors de l’escalade des hostilités de 2024 et 135 lors de celle de 2026, et 61 interdisaient tout retour dans les zones évacuées.</p>



<p>Amnesty International a écrit à l’armée israélienne pour lui faire part de ses conclusions le 22 mai et a reçu une réponse le 3 juin 2026.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le recours croissant d’Israël aux ordres d’« évacuation » générale</h4>



<p>Depuis 2024, l’armée israélienne émet des ordres d’« évacuation » massive, de grande envergure et sans discrimination, enjoignant aux habitants de quitter leur domicile immédiatement et pour une durée indéterminée, sans prendre les mesures nécessaires pour garantir leur bien-être et leur sécurité, comme l’exige le droit international. Bien que censés avertir les civils des affrontements susceptibles de les mettre en danger, ces ordres, parfois émis au beau milieu de la nuit ou accompagnés de cartes ambiguës, s’appliquent à des villages entiers, des listes de villages et de vastes portions de territoire.</p>



<p>Amnesty International a constaté que ces ordres d’« évacuation » massive ne fournissent pas d’information utile sur le lieu et le moment où l’armée israélienne pourrait frapper, et pas suffisamment d’indications pour permettre aux civil·e·s de décider en connaissance de cause s’ils doivent fuir et pour combien de temps. Si certains ordres couvraient des zones où des combats faisaient rage à ce moment-là et où l’armée israélienne a par la suite mené des attaques, d’autres incluaient des zones éloignées des affrontements.</p>



<p>Depuis 2024, l’armée israélienne a, par rapport aux alertes préalables plus ciblées, considérablement accru son recours aux ordres d’« évacuation » massive. Un changement particulièrement manifeste à Dahieh, dans la banlieue sud de Beyrouth : en 2024, elle n’a émis aucun ordre de ce type pour Dahieh. En 2026, elle en a émis 27 entre mars et mai. Le nombre d’alertes préalables émises par l’armée israélienne pour des bâtiments spécifiques à Dahieh a chuté de 107 en 2024 à 15 en 2026 – dont seulement trois après le premier ordre d’« évacuation » massive visant le secteur.</p>



<p>Les habitant·e·s du sud du Liban sont particulièrement touchés par les ordres illégaux d’« évacuation » massive émis par Israël, notamment en 2026. Entre septembre 2024 et mai 2026, l’armée israélienne en a publié 171 à l’intention des habitant·e·s du Liban sur son compte X, dont 135 en 2026. Plus des trois quarts (76 %) concernaient le sud du Liban. Le reste se répartissait entre la banlieue sud de Beyrouth (15 %) et la vallée de la Békaa (5 %).</p>



<p>Au cours des 48 premières heures de l’escalade des hostilités en 2026, l’armée israélienne a émis l’ordre d’« évacuation » massive le plus étendu à ce jour, couvrant toutes les zones situées au sud du fleuve Litani – soit environ 8,5 % de la surface du Liban. Quelques jours plus tard, elle a agrandi cette surface pour englober la zone située au sud du fleuve Zahrani, environ 10 % du Liban, soit quelque 800 000 habitant·e·s. Elle a republié le même ordre à 13 reprises jusqu’au 17 avril, date d’un cessez-le-feu. Les affrontements se sont poursuivis, de moindre intensité au départ, avant de remonter d’un cran.</p>



<p>Le 27 mai 2026, premier jour de l’Aïd al Adha (« fête du sacrifice »), l’armée israélienne a émis un ordre de grande envergure, enjoignant à tous les habitant·e·s du sud du Liban d’évacuer au nord du fleuve Zahrani, précisant qu’elle considérait « toutes les zones situées au sud du fleuve […] comme des zones de combat ». Étaient également concernés les villages surplombant le fleuve Zahrani, soit 15 % de l’ensemble du pays. </p>



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<p>« Le fait d’émettre des ordres d’” évacuation ” générale n’exonère pas l’armée israélienne de ses obligations découlant du droit international humanitaire, à savoir prendre toutes les précautions possibles pour limiter les dommages causés aux civil·e·s, et ne lui donne certainement pas le droit de traiter ces zones comme des zones de tir », a déclaré Kristine Beckerle.</p>



<p>Dans de nombreuses régions du Liban, les ordres enjoignant à la population de « partir immédiatement » ont été réitérés à maintes reprises.</p>



<p>Âgée d’une petite soixantaine d’années, « Hala » (un pseudonyme), habitante de Chaqra, un village du gouvernorat de Nabatiyé dans le sud du Liban, a vécu plusieurs ordres d’« évacuation » massive : deux en octobre et novembre 2024 et au moins cinq entre mars et mai 2026, dont un juste après l’annonce du cessez-le-feu du 17 avril. Le 2 mars 2026, à 4h04 du matin, l’armée israélienne a diffusé un ordre de ce type visant Chaqra et 52 villages. Hala ne l’a pas vu. Au matin, de nombreux habitants avaient fui le village. « Tout le monde était parti avant moi, le quartier était désert », a-t-elle confié. Elle a fini par trouver un moyen de transport ; le trajet jusqu’à Beyrouth, habituellement de deux heures et demie, a pris 24 heures.</p>



<p>Au lendemain du cessez-le-feu d’avril 2026, certaines parties de Chaqra, ainsi que 20 villages, se sont retrouvés sur une ligne unilatéralement définie par l’armée israélienne pour délimiter la frontière intérieure de la « zone d’interdiction de retour ». Les habitants déplacés ont pu regagner certaines parties de leur village, mais pas les endroits situés au sud de cette ligne.</p>



<p>Hala s’est rendue brièvement chez elle le 20 avril pour récupérer quelques vêtements d’été, avant de repartir à Beyrouth. Huit jours plus tard, l’armée israélienne diffusait un nouvel ordre d’« évacuation » massive englobant l’ensemble de Chaqra.</p>



<p>« Il ne reste plus beaucoup de vie dans mon village. La plupart des gens qui étaient revenus [après le cessez-le-feu] sont déjà repartis », a indiqué Hala.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Ordres interdisant tout retour : Israël étend la zone concernée</h4>



<p>Les responsables israéliens ont affirmé publiquement leur objectif d’établir une zone « tampon » ou « de sécurité » à l’intérieur du territoire libanais afin de protéger les habitant·e·s du nord d’Israël contre d’éventuelles attaques du Hezbollah. Ils ont explicitement associé à cet objectif le déplacement massif et prolongé de la population, ainsi que la poursuite des destructions dans le sud du Liban. Le 20 avril 2026, trois jours après l’annonce du cessez-le-feu du 17 avril, l’armée israélienne a publié une carte délimitant une zone de « défense avancée » qui s’étend entre 8 et 12 kilomètres à l’intérieur du territoire libanais et couvre 600 km² de terres et de mer. Elle a répertorié 74 villages, et interdit aux villageois de retourner dans 53 d’entre eux et de passer au sud des 21 autres. Enfin, elle a interdit de s’approcher du fleuve Litani et des vallées d’al Salhani et d’al Saluki. Cette carte d’avril 2026 a élargi la zone d’interdiction de retour diffusée par l’armée israélienne le 28 novembre 2024, au lendemain de l’entrée en vigueur d’un précédent cessez-le-feu. La carte de 2024 couvrait environ 480 km², soit 4,6 % du territoire libanais, et répertoriait 68 villages, dont 58 où les habitants n’étaient pas autorisés à revenir et 10 où il leur était interdit de traverser vers le sud.</p>



<p>Les cartes et les listes de villages établies par l’armée israélienne comportaient des inexactitudes géographiques, des répétitions et des fautes d’orthographe, d’où une certaine confusion quant aux zones dans lesquelles il était interdit de rentrer et celles où il était possible de retourner en toute sécurité.</p>



<p>En mars et avril 2026, Amnesty International a interrogé neuf personnes expulsées de villages visés par les ordres d’interdiction de retour de 2024 et 2026. Cinq ont pu rentrer chez elles en 2025, mais ont été à nouveau déplacées en 2026. Quatre n’ont pas réellement pu rentrer chez elles depuis 2024.</p>



<p>Entre novembre 2024, lorsqu’elle a publié sa première carte des zones d’interdiction de retour, et février 2025, lorsqu’elle s’est retirée de certaines parties du sud du Liban, l’armée israélienne a émis 35 avis interdisant aux habitants du sud du Liban de regagner leurs foyers jusqu’à nouvel ordre. Six interdisaient spécifiquement l’accès aux oliveraies. L’agriculture est une source majeure de revenus pour la région, qui totalise plus d’un tiers de la récolte d’olives du Liban. Au cours de cette période, selon le HCDH, l’armée israélienne a fait au moins 81 morts et 120 blessés parmi les civil·e·s alors qu’ils tentaient de rejoindre les villages du sud.</p>



<p>Le 18 février 2025, l’armée israélienne s’est retirée de certaines zones du sud du Liban, mais a maintenu ses positions dans quelques sites « stratégiques ». Au-delà, elle a procédé à la destruction de nombreux biens civils et continué d’utiliser des drones et de mener des attaques sporadiques.</p>



<p>Cinq des habitant·e·s déplacés qui se sont entretenus avec Amnesty International ont pu regagner leurs villages en 2025, après le retrait des troupes. Ils ont expliqué qu’ils avaient commencé à reconstruire leurs maisons, malgré les destructions massives et la surveillance quasi constante par drone. Tous les cinq ont été à nouveau déplacés en mars 2026 ; en mai, ils n’étaient toujours pas rentrés chez eux.</p>



<p>Parmi les habitant·e·s déplacés qui se sont entretenus avec Amnesty International, quatre n’avaient pas pu réellement rentrer chez eux depuis 2024. Ils sont originaires de Kfar Kila et d’Odeisseh, deux villages situés entre 100 et 300 mètres de la frontière israélienne. Les destructions de leurs maisons et de leurs villages, la présence militaire israélienne persistante et le risque d’être attaqués sont les principaux obstacles à leur retour. Dans un rapport publié en 2025, Amnesty International a étudié les destructions causées par l’armée israélienne à Kfar Kila et à Odeisseh.</p>



<p>Ces quatre personnes, toujours déplacées, ont raconté qu’elles ont dû demander l’autorisation de retourner dans leurs villages, même pour des visites très brèves, afin d’enterrer leurs proches.</p>



<p>« Salma » (un pseudonyme) est revenue à Kfar Kila enterrer sa grand-mère : « Ils nous ont donné 10 minutes […] Le drone [israélien] volait au-dessus de nos têtes. On se concentre et on y va, on pleure 10 minutes puis on repart, tout ça en empruntant bien l’itinéraire indiqué. » Le 30 mars 2026, elle a vu aux actualités que l’ancien cimetière où une grande partie de sa famille est enterrée avait été rasé au bulldozer.</p>



<p>Joumana, dont la maison a été démolie à Odeisseh par les forces israéliennes en 2024, est revenue au village enterrer sa tante, décédée d’un cancer alors qu’elle était déplacée. Ils ont reçu l’autorisation de procéder à l’inhumation en avril 2025, sous la supervision de l’armée libanaise, tandis que des drones israéliens survolaient la zone : « Exhumer [la dépouille], porter à nouveau le cercueil, réentendre les prières, rouvrir la tombe et de nouveau enterrer le corps : c’est la chose la plus dure que j’aie jamais vécue. »</p>



<p>Elle a décrit les ravages causés dans leur village : « Il n’y a plus de routes. J’ai roulé sur une petite distance et me suis soudain retrouvée en plein champ ; la route avait été détruite au bulldozer et se perdait dans les terres agricoles. Les maisons sont détruites, les bâtiments ont disparu, les routes sont défoncées, il n’y a ni eau ni électricité […] Personne n’est revenu au village. Il n’y a plus de vie là-bas. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Cette recherche est la première d’une série d’enquêtes consacrées aux violations du droit international commises lors de l’escalade des hostilités au Liban en 2026. Au 7 juin, le ministère libanais des Affaires sociales recensait plus d’un million de personnes toujours déplacées. Selon les estimations, 64 000 n’étaient pas rentrées chez elle après le cessez-le-feu de 2024.</p>



<p>Depuis l’escalade du conflit le 2 mars, le ministère de la Santé publique a recensé au 12 juin plus de 3 700 morts au Liban. Malgré de multiples annonces de cessez-le-feu, les hostilités perdurent : Israël et le Hezbollah poursuivent leurs attaques respectives, Israël mène des frappes aériennes au Liban et le Hezbollah lance des drones et tire des roquettes sur Israël.</p>




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