QUE SE PASSE-T-IL AU SOUDAN ?

Depuis plusieurs mois, vous entendez parler de ce pays dont le président a été destitué et où se déroulent de grandes manifestations. On fait le point.  

 

AU DÉBUT, DES MANIFESTATIONS CONTRE L’AUSTÉRITÉ

Le mouvement de contestation a débuté en décembre 2018, lorsque des lycéens ont manifesté contre la hausse du prix du pain dans la ville d’Atbara, dans l’État du Nil. Le gouvernement venait d’adopter de nouvelles mesures d’austérité en supprimant les subventions pour le pain et le carburant. Le mouvement rassemble rapidement des milliers de personnes, avec des manifestations organisées dans plusieurs villes du Soudan.  

 

LES FORCES DE SÉCURITÉ RÉPONDENT PAR LA VIOLENCE

Face aux manifestations, le gouvernement d’Omar el Béchir a réagi en usant d’une force illégale, excessive et parfois meurtrière. Les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants pacifiques, faisant de nombreux morts et blessés. Des raids ont aussi été menés contre des hôpitaux pour poursuivre des manifestants blessés. En février 2019, l’état d’urgence est déclaré et permet aux autorités soudanaises de justifier l’utilisation croissante de balles réelles et de gaz lacrymogènes contre les manifestants, et le recours à la torture sans restriction contre les détenus.  

 

LA DESTITUTION DU PRÉSIDENT OMAR-EL-BÉCHIR

Le 6 avril 2019, à l’appel de l’Association des professionnels soudanais, des milliers de manifestants se réunissent devant le quartier général de l’armée soudanaise pour demander la démission du gouvernement du président Omar el Béchir. Le 11 avril, ce dernier est destitué. Une victoire de courte durée pour les manifestants, puisqu’il est rapidement remplacé par un Conseil militaire de transition. Omar el Béchir doit à présent être traduit en justice, à la fois pour ses crimes récents et pour les crimes de droit international commis pendant qu’il était au pouvoir. La Cour pénale internationale a émis plusieurs mandats d’arrêt contre lui et trois autres membres de son gouvernement. Il est pour sa part accusé de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et de génocide contre les ethnies four, massalit et zaghawa au Darfour.  

 

LE CONFLIT AU DARFOUR,LES FORCES D’APPUI RAPIDE ET LES MANIFESTATIONS À KHARTOUM

Le Darfour, région du Soudan, est le théâtre d’un conflit sanglant depuis 2003, qui perdure à ce jour. Le bilan exact des victimes civiles dues au conflit n’est pas confirmé, mais certaines estimations l’évaluent à plus de 500 000 victimes. Les forces d’appui rapide, créées en 2013 et placées sous le contrôle du service de renseignement soudanais,  se seraient rendues responsables de nombreuses attaques illégales contre des civils au Darfour. La majorité de leurs victimes sont issues des groupes ethniques four, massalit et zaghawa. Aujourd’hui encore, les forces d’appui rapide et des milices alliées continuent à perpétrer des crimes de guerre au Darfour. Au cours de l’année écoulée, elles ont ainsi détruit, totalement ou partiellement, au moins 45 villages, commis des homicides et infligé des violences sexuelles.  

 

Le 3 juin dernier, ces forces d’appui rapide sont intervenues à Khartoum pour réprimer les manifestants. Leurs attaques violentes ont fait plus d’une centaine de morts et de nombreux blessés. Vers 4 h 30 du matin, une centaine de véhicules militaires, dépourvus de plaques d’immatriculation et transportant des armes lourdes et plusieurs centaines de soldats, se sont positionnés en face de la zone du sit-in. En l’espace de 30 minutes, les Forces d’appui rapide et d’autres forces de sécurité ont attaqué les manifestants endormis. Elles ont tiré à balles réelles sur les manifestants, lancé des grenades lacrymogènes, et mis le feu aux tentes. Le 14 juin, le Conseil militaire de transition a reconnu que les chefs de sécurité du pays étaient à l’origine de l’ordre de dispersion des manifestants pacifiques.

 

 

STOP AUX ATTAQUES CONTRE LES MANIFESTANTS

Le 6 juin, le Soudan a été suspendu de l’Union africaine. Le lendemain, le Premier ministre éthiopien a rencontré les responsables militaires soudanais. En tant qu’intermédiaire dans les négociations, monsieur le Premier ministre Abiy Ahmed, est en position clé pour faire pression sur le Conseil militaire de transition.

 

Agissez en ligne

Signez les pétitions d'Amnesty International pour aider les victimes des violations des droits humains.

 

Inscrivez-vous à notre newsletter

Recevez les informations de la section luxembourgeoise par e-mail

 

Devenez membre

Devenez membre d'Amnesty International Luxembourg

 

October - 2019
S M T W T F S
  01 02 03 04 05
06 07 08 09 10 11 12
13 14 15 16 17 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31