Table ronde « Migration et développement »

14 septembre 2016, 20h, Abbaye de Neumünster

avec Jean Asselborn, Ministre des Affaires étrangères, de l’Immigration et du Commerce extérieur, Aminata Traore, ancienne Ministre de la culture du Mali, Jean Feyder, ancien ambassadeur, François Gemenne, professeur de l’Université de Liège et à Sciences Po, Paris.

Même si l’accès à l’Europe leur est fermé, ils sont des milliers d’Africains qui fuient toujours la faim et la misère dans leurs pays au risque de leur vie en Méditerranée.
Il est urgent que l’UE agisse sur les causes de ces migrations dites « économiques » pour que ces personnes ne soient plus forcées à partir et pour qu’elles se voient offrir une perspective de vie sur place.
Sans oublier des facteurs comme les changements climatiques, l’action des multinationales et des marchés financiers, l’accaparement des terres et des ressources premières, l’absence de justice fiscale ou la mauvaise gouvernance, nous considérons que parmi les causes majeures se trouvent les politiques commerciales et agricoles néo-libérales de l’UE à l’égard des pays africains. Ces politiques ont eu et continuent à avoir un impact désastreux sur le niveau de vie des populations de ces pays dits en développement, sur leurs économies, sur leur environnement et sur les ressources de leurs gouvernements. Elles lui permettent d’exporter sur les marchés africains ses produits agricoles et alimentaires à des prix dumping. Tout en protégeant toujours son marché pour nombre de produits agricoles, elle a conclu de nouveaux accords de libéralisation avec ces pays, comme les accords de partenariat économiques (APE), ce qui ne fait qu’aggraver cette situation.
Il est urgent de changer ces politiques. Quelles sont les alternatives ? Une aide publique renforcée doit rester au service, non de la répression de la migration, mais du développement. Mais de quel développement et comment ?