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	<title>Migrant·e·s et réfugié·e·s Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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	<title>Migrant·e·s et réfugié·e·s Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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		<title>Un an après le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, des pratiques autoritaires érodent les droits humains</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jan 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l’occasion du premier anniversaire du retour du président Trump à la tête des États-Unis, Amnesty International a sonné l’alarme face aux pratiques de plus en plus autoritaires employées dans le pays et à l’érosion dévastatrice des droits humains. Dans un nouveau rapport rendu public mardi 20 janvier, intitulé  Ringing the Alarm Bells: Rising Authoritarian [&#8230;]</p>
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<p>À l’occasion du premier anniversaire du retour du président Trump à la tête des États-Unis, Amnesty International a sonné l’alarme face aux pratiques de plus en plus autoritaires employées dans le pays et à l’érosion dévastatrice des droits humains.</p>



<p>Dans un nouveau rapport rendu public mardi 20 janvier, intitulé  <em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/01/Ringing-the-Alarm-Bells.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ringing the Alarm Bells: Rising Authoritarian Practices and Erosion of Human Rights in the United States</a></em>, Amnesty International indique que l’explosion des pratiques autoritaires sous l’administration Trump, notamment la fermeture de l’espace civique et les atteintes à l’état de droit, fragilise les droits humains aux États-Unis et au-delà.</p>



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<p>« Nous sommes tous témoins d’une dangereuse trajectoire ayant déjà mené à une urgence en matière de droits humains sous la présidence Trump », a déclaré Paul O’Brien, directeur exécutif à Amnesty International États-Unis. « En détruisant les normes et en concentrant les pouvoirs, l’administration essaie d’empêcher qui que ce soit de lui demander des comptes. Il ne fait aucun doute que les pratiques autoritaires de l’administration Trump fragilisent les droits humains et exacerbent les risques auxquels sont exposés les journalistes et les personnes qui s’expriment ou protestent, notamment les manifestant·e·s, les avocat·e·s, les étudiant·e·s et les défenseur·e·s des droits humains. »</p>



<p>Le rapport couvre 12 domaines interconnectés dans lesquels l’administration Trump fissure les pilliers d’une société libre, notamment les attaques contre la liberté de la presse et l’accès à l’information, la liberté d’expression et de réunion pacifique, les organisations de la société civile et les universités, les opposant·e·s politiques et les voix critiques, les juges, les avocat·e·s et le système judiciaire, ainsi que le droit à une procédure régulière. Le rapport recense aussi des attaques contre les droits des personnes réfugiées et migrantes, la désignation de certaines populations comme boucs émissaires et le recul de garanties de non-discrimination, le recours à l’armée sur le territoire national, le démantèlement de mesures de responsabilisation des entreprises et de lutte contre la corruption, et des tentatives d’affaiblissement de systèmes internationaux conçus pour protéger les droits humains.</p>



<p>Comme cela est expliqué dans le rapport, ces tactiques autoritaires se renforcent mutuellement : des étudiant·e·s sont arrêtés et maintenus en détention pour avoir manifesté sur des campus, des agglomérations entières sont envahies et terrorisées par des agents masqués du Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE), et la militarisation dans certaines villes à travers les États-Unis se banalise. Parallèlement, des manœuvres d’intimidation visant la presse compromettent sa capacité à dénoncer violations des droits humains et abus ; les représailles contre les manifestations dissuadent le public de s’exprimer ; l’amplification de la surveillance et de la militarisation alourdit le coût de l’opposition ; et les attaques visant les tribunaux, les avocat·e·s et les organes de suivi rendent l’établissement des responsabilités plus difficile. Ces tactiques portent clairement atteinte aux droits humains, notamment à la liberté d’expression et de réunion pacifique, à la liberté de la presse, à l’accès à l&rsquo;information, à l’égalité et la non-discrimination, au respect des garanties procédurales, à la liberté économique, au droit de ne pas être placé en détention arbitraire, au droit de demander l’asile, au droit à un procès équitable, et même au droit à la vie.</p>



<p>Amnesty International constate de longue date l’emploi systématique de pratiques similaires dans des pays du monde entier. Si les contextes diffèrent, ces gouvernements consolident les pouvoirs, contrôlent l’information, discréditent les voix critiques, sanctionnent l’opposition, réduisent l’espace civique, et affaiblissent des mécanismes censés garantir l’obligation de rendre des comptes.</p>



<p>« Les attaques contre l’espace civique et la primauté du droit, ainsi que l’érosion des droits humains aux États-Unis, reflètent des schémas observés et dénoncés ailleurs dans le monde depuis des décennies par Amnesty International », a déclaré Paul O’Brien. « Il est important de signaler que notre expérience montre que lorsqu’il devient manifeste que les pratiques autoritaires sont pleinement établies, les institutions censées limiter les abus de pouvoir ont déjà été fortement compromises. »</p>



<p>Dans le rapport, Amnesty International présente une liste exhaustive de recommandations – adressée à la branche exécutive des États-Unis, au Congrès, aux gouvernements des États et aux collectivités locales, ainsi qu’aux organes chargés de l’application des lois, à des acteurs internationaux et à d’autres gouvernements, à des entreprises, notamment du secteur des technologies, et au public &#8211; dans le but d’inverser cette tendance à l’acceptation des pratiques autoritaires et de prévenir la normalisation de la répression accrue et des violations des droits humains. L’organisation demande l’adoption en urgence de mesures visant à protéger l’espace civique, à rétablir des garanties relatives à l’état de droit, à renforcer l’obligation de rendre des comptes et à garantir que les violations des droits humains ne soient ni ignorées, ni considérées comme inévitables.</p>



<p>« Nous pouvons, et nous devons, nous forger un chemin différent », a déclaré Paul O’Brien. « Les pratiques autoritaires ne peuvent prendre racine que si on les laisse se banaliser. Nous ne pouvons laisser cela se produire aux États-Unis. Ensemble, nous avons tous et toutes la possibilité et le devoir de nous montrer à la hauteur de ce moment difficile de notre histoire et de protéger les droits humains. »</p>



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			</item>
		<item>
		<title>États-Unis. Un nouveau rapport dévoile les violations des droits humains commises dans les centres de détention d’« Alligator Alcatraz » et de Krome en Floride</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/etats-unis-un-nouveau-rapport-devoile-les-violations-des-droits-humains-commises-dans-les-centres-de-detention-d-alligator-alcatraz-et-de-krome-en-floride/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Dec 2025 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
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		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Amnesty International publie le 4 décembre 2025 un nouveau rapport recensant les traitements cruels, inhumains et dégradants commis dans deux centres de détention des services de l’immigration en Floride : le centre de détention des Everglades (également connu sous le nom d’« Alligator Alcatraz ») et le centre de traitement des services de Krome Nord [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Amnesty International publie le 4 décembre 2025 un nouveau rapport recensant les traitements cruels, inhumains et dégradants commis dans deux centres de détention des services de l’immigration en Floride : le centre de détention des Everglades (également connu sous le nom d’« Alligator Alcatraz ») et le centre de traitement des services de Krome Nord (appelé Krome).</p>



<p>Ce rapport intitulé <span style="text-decoration: underline"><em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/12/AMR5105112025ENGLISH.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Torture and enforced disappearances in the Sunshine State: Human rights violations at “Alligator Alcatraz” and Krome in Florida,</a></em></span> révèle que des violations des droits humains s’apparentant dans certains cas à de la torture sont perpétrées dans les centres de Krome et d’« Alligator Alcatraz », dans un climat de plus en plus hostile à l’égard des immigrant·e·s en Floride sous la houlette du gouverneur Ron DeSantis, dont l’administration intensifie la criminalisation et la détention massive de personnes migrantes et en quête de sécurité. Ces conclusions ont été recueillies au cours d’une mission de recherche menée en septembre 2025.</p>



<p>« Ces conclusions confirment l&rsquo;existence d&rsquo;un système sciemment instauré pour sanctionner, déshumaniser et cacher les souffrances des personnes placées en détention, a déclaré Ana Piquer, directrice régionale pour les Amériques à Amnesty International. Les services chargés de l&rsquo;application des lois relatives à l&rsquo;immigration ne peuvent pas agir en dehors du cadre légal ni se soustraire aux normes relatives aux droits humains. Ce que nous observons en Floride devrait alerter toute la région. »</p>



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</div>



<h3 class="wp-block-heading">« Alligator Alcatraz » : une catastrophe sur le terrain des droits humains cautionnée par l’État de Floride</h3>



<p>Les recherches ont conclu que les personnes détenues arbitrairement au centre d’« Alligator Alcatraz » vivent dans des conditions inhumaines et insalubres : toilettes qui débordent avec des excréments s&rsquo;infiltrant là où les gens dorment, accès limité aux douches, exposition aux insectes sans dispositifs de protection, éclairage allumé 24 heures sur 24, nourriture et eau de mauvaise qualité, et manque d&rsquo;intimité, notamment du fait de la présence de caméras au-dessus des toilettes.</p>



<p>Selon les personnes interrogées, l&rsquo;accès aux soins médicaux est irrégulier, insuffisant, voire inexistant, ce qui les expose à un grave risque de préjudice physique et psychologique. En outre, elles sont toujours menottées lorsqu&rsquo;elles se trouvent à l&rsquo;extérieur de leur cage. Les autres traitements qui sont infligés aux détenus s&rsquo;apparentent à de la torture, notamment le fait d&rsquo;être placés dans la « boîte », une structure en forme de cage de 60 cm par 60 cm dans laquelle ils sont enfermés à titre de punition, parfois pendant des heures d’affilée, exposés aux intempéries et quasiment sans eau, les mains et les pieds attachés à des entraves au sol.</p>



<p>« Alligator Alcatraz » fonctionne en dehors de tout contrôle fédéral et les systèmes élémentaires de suivi mis en œuvre dans les établissements du Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) ne s’appliquent pas. L&rsquo;absence de mécanismes d&rsquo;enregistrement ou de suivi des personnes qui y sont détenues favorise la détention au secret et constitue une disparition forcée lorsque les familles se voient refuser toute possibilité de connaître le lieu de détention et de contacter leur avocat.</p>



<p>« Ces conditions épouvantables et insalubres à Alligator Alcatraz illustrent une pratique de négligence délibérée visant à déshumaniser et sanctionner les personnes qui y sont détenues, a déclaré Amy Fischer, directrice du programme Droits des personnes réfugiées et migrantes à Amnesty International États-Unis. Cette absence totale de contrôle, c&rsquo;est irréel. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Centre de détention de Krome : surpeuplé, chaotique et dangereux</h3>



<p>Au centre de détention de Krome de l’ICE, géré par une société privée à but lucratif, les recherches ont montré que malgré la présence d&rsquo;installations médicales sur place, les détenus ont rapporté de graves négligences médicales, notamment l&rsquo;absence de traitements et d&rsquo;examens. Les personnes détenues à Krome ont confirmé les précédentes informations faisant état de violations des droits humains. Notamment des cas de surpopulation et d&rsquo;isolement cellulaire prolongé et arbitraire, l&rsquo;absence de soins médicaux adéquats, des toilettes qui débordent, l&rsquo;impossibilité d&rsquo;accéder aux douches, l&rsquo;éclairage permanent et la climatisation défectueuse.</p>



<p>Les personnes détenues ont raconté avoir été victimes de violences et de mauvais traitements de la part des gardiens. Des membres du personnel d&rsquo;Amnesty International ont vu un gardien claquer violemment sur la main blessée d&rsquo;un homme le volet métallique de la porte d’une cellule d&rsquo;isolement. D&rsquo;autres détenus ont déclaré avoir été frappés et roués de coups de poing par des gardiens, ajoutant qu’il leur est difficile d’avoir accès à un avocat et qu’ils ignorent combien de temps va durer leur détention et ce qui va leur arriver.</p>



<p>« La surpopulation extrême, la négligence médicale et les rapports faisant état de traitements humiliants et dégradants à Krome brossent un tableau inquiétant marqué par les atteintes aux droits humains », a déclaré Amy Fischer.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Toutes les personnes enfermées dans un centre de détention souffrent » : application des lois relatives à l’immigration et détention en Floride</h3>



<p>En février 2025, la Floride a adopté des lois extrêmes et discriminatoires en matière d&rsquo;immigration qui mettent gravement en péril les communautés immigrées. L&rsquo;extension des accords 287(g), qui habilitent les forces de l&rsquo;ordre locales à agir en tant qu&rsquo;agents de l&rsquo;immigration et à détenir des personnes pour des motifs liés à leur statut migratoire, a conduit à des arrestations injustifiées, à un profilage ethnique et à une peur généralisée qui empêche des familles de se rendre dans les écoles, les hôpitaux et d&rsquo;autres services essentiels.</p>



<p>La Floride est devenue un terrain d&rsquo;essai pour une politique abusive en matière d&rsquo;application des lois relatives à l&rsquo;immigration, étroitement alignées sur le programme raciste et hostile aux immigrés du gouvernement de Donald Trump. Sous la houlette du gouverneur Ron DeSantis, l&rsquo;État a renforcé la criminalisation de l’immigration et s&rsquo;est appuyé sur des pouvoirs d&rsquo;exception étendus pour intensifier les détentions massives. Depuis janvier 2025, la Floride a augmenté de plus de 50 % le nombre de personnes détenues pour des motifs liés à l&rsquo;immigration. Rien qu&rsquo;entre juin et août 2025, l&rsquo;État a attribué 34 contrats sans appel d&rsquo;offres pour un montant total de plus de 310 millions d’euros à « Alligator Alcatraz », dont les coûts de fonctionnement annuels sont estimés à 390 millions d’euros, tout en réduisant de plusieurs milliards d’euros les fonds destinés à des programmes essentiels en matière de soins de santé, de sécurité alimentaire, d&rsquo;aide en cas de catastrophe et de logement.</p>



<p>« Le choix de privilégier la sanction, la déshumanisation et la cruauté au détriment de la protection sociale est aussi irréfléchi que consternant », a déclaré Amy Fischer.</p>



<p>La détention liée à l&rsquo;immigration aux États-Unis présente depuis longtemps un bilan marqué par des violations. Le président Donald Trump a augmenté son utilisation de près de 70 % depuis le début de son second mandat, tandis que les conditions de détention se dégradent fortement. Sur les 24 décès au moins survenus sous la garde de l&rsquo;ICE depuis octobre 2024, six ont eu lieu dans des établissements de Floride, dont quatre à Krome.</p>



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</div>


<section id="section-5d676337" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack section--small" style=""><div class="container">

<h3 class="wp-block-heading">Recommandations</h3>



<p>Amnesty International appelle le gouvernement de Floride et le gouvernement fédéral à lutter contre les violations systémiques des droits humains dans les centres de détention des services de l’immigration. Elle engage les autorités de Floride à fermer Alligator Alcatraz et à interdire l’usage des centres de détention pour migrants gérés par l&rsquo;État. L&rsquo;État doit mettre fin au recours abusif à des pouvoirs d&rsquo;exception, suspendre tous les marchés publics sans appel d&rsquo;offres et réorienter les fonds destinés à la détention vers des programmes essentiels en matière de soins de santé, de logement et d&rsquo;aide en cas de catastrophe. Autres recommandations, il faut interdire les entraves, l&rsquo;isolement cellulaire et l’enfermement punitif à l&rsquo;extérieur ; garantir un accès confidentiel à un avocat et à des services d&rsquo;interprétation ; mener des enquêtes transparentes et indépendantes sur les actes de torture et la négligence médicale ; et mettre en œuvre un contrôle indépendant et efficace de tous les centres de détention.</p>



<p>Au niveau fédéral, le gouvernement américain doit mettre fin à son système cruel de détention massive des immigrants, cesser de criminaliser l’immigration et interdire l&rsquo;usage d’établissements publics à des fins de détention par les services fédéraux de l’immigration. Le gouvernement fédéral doit garantir des enquêtes approfondies sur tous les décès, les allégations de torture en détention et autres violations, et se conformer aux normes internationales en matière de droits humains. En outre, il doit procéder à un examen complet des contrats conclus par l&rsquo;ICE avec des acteurs étatiques et privés afin de garantir le respect des droits humains, de rétablir les protections pour les « lieux sensibles » &#8211; écoles, hôpitaux et églises notamment &#8211; et d’augmenter les fonds fédéraux destinés à financer les services de représentation juridique universelle et d&rsquo;interprétation dans les procédures d&rsquo;immigration.</p>



<p>« Les conditions constatées dans les centres d’Alligator Alcatraz et de Krome ne sont pas des cas isolés ; elles illustrent au contraire un système délibérément cruel destiné à punir ceux qui cherchent à se construire une nouvelle vie aux États-Unis, a déclaré Amy Fischer. Nous devons cesser de placer en détention les membres de notre communauté immigrée et les personnes en quête de sécurité, et œuvrer en faveur de politiques migratoires humaines et respectueuses des droits. »</p>

</div></section><p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/etats-unis-un-nouveau-rapport-devoile-les-violations-des-droits-humains-commises-dans-les-centres-de-detention-d-alligator-alcatraz-et-de-krome-en-floride/">États-Unis. Un nouveau rapport dévoile les violations des droits humains commises dans les centres de détention d’« Alligator Alcatraz » et de Krome en Floride</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>Soudan. L’attaque menée par les Forces d’appui rapide contre le camp de Zamzam doit donner lieu à une enquête pour « crimes de guerre »</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/soudan-lattaque-menee-par-les-forces-dappui-rapide-contre-le-camp-de-zamzam-doit-donner-lieu-a-une-enquete-pour-crimes-de-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Dec 2025 03:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
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		<category><![CDATA[Genre et sexualite]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Forces d’appui rapide (FAR) ont délibérément tué des civil·e·s, pris des otages, pillé et détruit des mosquées, des écoles, et des centres de santé dans le cadre d’une attaque de grande ampleur en avril contre Zamzam, le plus large camp de personnes déplacées de l’État du Darfour du Nord, écrit Amnesty International dans un [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/soudan-lattaque-menee-par-les-forces-dappui-rapide-contre-le-camp-de-zamzam-doit-donner-lieu-a-une-enquete-pour-crimes-de-guerre/">Soudan. L’attaque menée par les Forces d’appui rapide contre le camp de Zamzam doit donner lieu à une enquête pour « crimes de guerre »</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les Forces d’appui rapide (FAR) ont délibérément tué des civil·e·s, pris des otages, pillé et détruit des mosquées, des écoles, et des centres de santé dans le cadre d’une attaque de grande ampleur en avril contre Zamzam, le plus large camp de personnes déplacées de l’État du Darfour du Nord, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public mercredi 3 décembre. Ces violations doivent donner lieu à une enquête pour crimes de guerre au regard du droit international.</p>



<p>Le rapport, intitulé <span style="text-decoration: underline"><em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/AFR-54-0509-2025_Sudan_A-refuge-destroyed_Zamzam_Report_Final.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">A refuge destroyed: RSF violations in Darfur&rsquo;s Zamzam camp for internally displaced persons</a></em></span>, décrit comment, entre les 11 et 13 avril 2025, les FAR ont attaqué le camp, déployant des armes explosives et ouvrant le feu sans discernement dans des zones résidentielles peuplées. Cet assaut impitoyable a poussé environ 400 000 personnes à fuir le camp les 13 et 14 avril, et s’inscrit dans la campagne militaire des FAR ayant commencé en mars 2024 afin de capturer El Fasher, la capitale de l’État du Darfour du Nord. Les FAR ont exécuté un très grand nombre d’hommes non armés et violé des dizaines de femmes et de filles lorsqu’ils se sont emparés de cette ville le 26 octobre.</p>



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<div class="wp-block-button is-style-dark"><a class="wp-block-button__link" href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/AFR-54-0509-2025_Sudan_A-refuge-destroyed_Zamzam_Report_Final.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">lire le rapport (en)</a></div>
</div>



<p>« L’attaque terrifiante et délibérée des FAR contre des civil·e·s désespérés et affamés du camp de Zamzam a mis en évidence une fois de plus leur mépris alarmant pour la vie humaine. Des civil·e·s ont été victimes d’agressions impitoyables, de meurtre, de vols d’articles essentiels à leur survie et à leurs moyens de subsistance, et se retrouvent privés d’accès à la justice, tout en devant faire le deuil de leurs proches. Ceci n’était pas une attaque isolée, mais s’inscrivait dans une campagne soutenue contre des villages et des camps pour personnes déplacées dans leur propre pays », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amenesty International. « Certains partenaires au niveau international, tels que les Émirats arabes unis, ont activement nourri le conflit armé en soutenant les FAR au moyen d’armes. »</p>



<p>« La seule manière de mettre fin à ces violations est de limiter l’afflux d’armes vers les parties au conflit, en étendant à l’ensemble du Soudan l’embargo sur les armes qui s’applique actuellement au Darfour. Les États membres de l’Union africaine, de l’Union européenne et de l’Autorité intergouvernementale pour le développement, le Royaume-Uni, les États-Unis, la Russie et la Chine doivent appeler tous les pays, et en premier lieu les Émirats arabes unis, à s’abstenir de transférer des armes et des munitions aux FAR, aux Forces armées soudanaises et à d’autres acteurs. Par ailleurs, compte tenu du risque élevé que des armes soient redirigées vers les FAR, les États doivent immédiatement cesser l’ensemble des transferts d’armes vers les Émirats arabes unis. »</p>



<p>Pour ce rapport, Amnesty International a effectué des recherches entre juin et août 2025, et recueilli les propos de 29 personnes, pour la plupart des témoins, des victimes, des parents de victimes, des journalistes, des analystes des conflits et des professionnels de la santé ayant assisté les personnes blessées durant l&rsquo;attaque. L’organisation a également vérifié et analysé des dizaines de vidéos, photos et images satellite.</p>



<p>Les FAR n’ont pas répondu à la demande de commentaire formulée par Amnesty International.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Il y avait des bombardements partout »</h3>



<p>Des rescapé·e·s de l’attaque ont déclaré à Amnesty International que le vendredi 11 avril et le samedi 12 avril, des obus sont tombés dans des habitations, dans des rues et, dans un cas, près d’une mosquée durant un mariage &#8211; soit des zones densément peuplées -, tuant et blessant des civil·e·s et causant des incendies.</p>



<p>Des images satellite prises le 16 avril et analysées par Amnesty International montrent de nouveaux cratères, apportant ainsi des éléments attestant l’utilisation généralisée d’armes explosives dans des zones peuplées.</p>



<p>Les victimes ont livré des témoignages bouleversants, décrivant avoir fui des quartiers en proie aux flammes et s’être cachées tandis que d’intenses combats faisaient rage. Younis*, bénévole aux urgences, a déclaré : « C‘était vraiment affreux. On ne pouvait pas identifier d’où venaient les tirs d’obus. Ça tombait partout, de tous les côtés. »</p>



<p>Mamoun*, un homme d’une vingtaine d’années qui participait bénévolement à la distribution d’aide humanitaire, s’est souvenu : « Les combattants [des FAR] ne faisaient que crier et tirer dans tous les sens, c’est comme ça que de nombreuses personnes ont été tuées. »</p>



<p>Sadya*, bénévole dans des organisations non gouvernementales, a expliqué que des combattants des FAR ont traversé son quartier en voiture, non loin du marché principal de Zamzam, le 12 avril : « Un [combattant des FAR] se tient debout à travers le toit et fait feu dans tous les sens, tirant sur n’importe qui dans la rue. »</p>



<p>Ouvrir le feu de cette manière, sans cible militaire spécifique peut constituer une attaque menée sans discernement, une violation grave du droit international humanitaire.</p>



<p>Amnesty International a également recensé des cas dans lesquels des combattants des FAR ont délibérément tiré sur des civil·e·s et causé leur mort. Des témoins ont déclaré à Amnesty International qu’ils ont vu des combattants des FAR tuer par balle 47 civil·e·s qui s’étaient cachés à l’intérieur de maisons pour fuir la violence, se trouvaient à la clinique et s’étaient réfugiés dans une mosquée. Le fait de tuer délibérément des personnes ne participant pas ou plus directement aux hostilités représente une grave atteinte au droit international humanitaire, et constitue un crime de guerre.</p>



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</div>



<p>Des témoignages et des éléments vidéo montrent que les FAR ont pris des civil·e·s pour cible en raison de leur affiliation perçue aux forces conjointes &#8211; alliance d’anciens groupes armés rebelles du Darfour, combattant aux côtés des forces armées soudanaises (FAS) &#8211; et aux FAS. Des combattants des FAR ont également pillé et incendié des logements, des commerces, le marché et des structures situées dans l’enceinte de l’école Sheikh Farah et de la mosquée, détruisant ou endommageant gravement des infrastructures civiles essentielles. Les infrastructures religieuses, médicales et éducatives sont protégées par le droit international.</p>



<p>Les personnes déplacées interrogées par Amnesty International ont décrit des trajets ardus sans nourriture, eau ni services médicaux. Certaines d’entre elles ou leurs proches ont été victimes de viol, de meurtre et de pillage, actes susceptibles de constituer des crimes de guerre.</p>



<p>Sans nourriture, eau, services de santé, ni recours juridiques, les personnes ayant survécu aux attaques se sentent abandonnées par les acteurs internationaux. Elles ont dit à Amnesty International que leurs priorités sont l’aide humanitaire, la sécurité et la protection des civil·e·s. Elles ont également réclamé que l’obligation de rendre des comptes devant la justice pénale soit respectée et que des réparations pour les crimes commis durant et après l’attaque soient octroyées.</p>



<p>Elnor*, qui a vu une quinzaine d’hommes armés, vraisemblablement membres des FAR, envahir son terrain et tuer son frère âgé de 80 ans et son neveu de 30 ans, a déclaré : « Personne ne se préoccupe de notre situation. »</p>



<p class="has-text-align-right has-small-font-size"><em>* Des pseudonymes sont utilisés afin de protéger l’identité des personnes interrogées, pour des raisons de sécurité et de confidentialité.</em></p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/soudan-lattaque-menee-par-les-forces-dappui-rapide-contre-le-camp-de-zamzam-doit-donner-lieu-a-une-enquete-pour-crimes-de-guerre/">Soudan. L’attaque menée par les Forces d’appui rapide contre le camp de Zamzam doit donner lieu à une enquête pour « crimes de guerre »</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>Arabie saoudite. Les migrants ayant travaillé sur le chantier du métro de Riyad ont été soumis à une décennie de violations dévastatrices</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/arabie-saoudite-les-migrants-ayant-travaille-sur-le-chantier-du-metro-de-riyad-ont-ete-soumis-a-une-decennie-de-violations-devastatrices/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Nov 2025 03:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=34812</guid>

					<description><![CDATA[<p>Des migrants s’étant rendus en Arabie saoudite pour travailler sur le chantier du métro de Riyad ont été forcés à payer des frais de recrutement exorbitants, ont travaillé par des températures dangereusement élevées et ont perçu des salaires pitoyables pendant une décennie caractérisée par les abus, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/arabie-saoudite-les-migrants-ayant-travaille-sur-le-chantier-du-metro-de-riyad-ont-ete-soumis-a-une-decennie-de-violations-devastatrices/">Arabie saoudite. Les migrants ayant travaillé sur le chantier du métro de Riyad ont été soumis à une décennie de violations dévastatrices</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Des migrants s’étant rendus en Arabie saoudite pour travailler sur le chantier du métro de Riyad ont été forcés à payer des frais de recrutement exorbitants, ont travaillé par des températures dangereusement élevées et ont perçu des salaires pitoyables pendant une décennie caractérisée par les abus, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public mardi 18 novembre.</p>



<p>Ce rapport, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/EN-_-No-one-wants-to-work-in-these-situations-A-decade-of-abuse-on-the-Riyadh-Metro-project-1.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Dix ans d’exploitation sur le chantier du métro de Riyad, recense des atteintes aux droits des travailleurs sur un des projets d’infrastructure phares en Arabie saoudite.</em></a> Présenté comme le « pilier » du système de transport public de Riyad, le métro récemment inauguré a été construit par des entreprises internationales et saoudiennes de renom sous l’égide du gouvernement, et son expansion est en projet. Un grand nombre des travailleurs dont Amnesty International a recueilli les propos se sont cependant vu facturer des frais illégaux afin de trouver du travail, puis ont dû endurer de longues heures de labeur dans des conditions parfois dangereuses pour un salaire minime et discriminatoire.</p>



<p>« Le métro de Riyad est considéré comme le pilier du système de transport de la capitale. Pourtant, son apparence élégante cache une décennie d’abus permis par un cadre de travail qui sacrifie les droits fondamentaux des travailleurs migrants. Croulant déjà sous des frais de recrutements exorbitants, ces travailleurs ont enduré de longues journées de labeur pour un maigre salaire », a déclaré Marta Schaaf, directrice du programme Climat, justice sociale et économique et responsabilité des entreprises à Amnesty International.</p>



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<p>« À ces épreuves vient s’ajouter l’exposition à une chaleur extrême dans un pays où les températures ne cessent d’augmenter en raison du changement climatique induit par les activités humaines. Le fait que ces abus aient persisté pendant des années à travers de multiples entreprises sur un chantier d’infrastructure phare souligne que le gouvernement a échoué de manière flagrante à faire respecter les garanties de protection et à démanteler un système exposant des travailleurs à un risque élevé d’exploitation. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Exploités avant même de quitter leur pays d’origine</h3>



<p>Amnesty International a parlé avec 38 hommes originaires du Bangladesh, d’Inde et du Népal, qui ont été employés par diverses entreprises étrangères et saoudiennes &#8211; notamment de grandes entreprises de construction, des sous-traitants et des sociétés extérieures de fourniture de main-d’œuvre &#8211; pour bâtir le système de métro de Riyad entre 2014 et 2025. Pour la quasi-totalité d’entre eux, les abus ont commencé avant même qu’ils n’arrivent à Riyad, lorsqu’il leur a été demandé de payer entre 700 et 3 500 dollars des États-Unis en frais de recrutement et coûts associés à des agents dans leur pays d’origine, obligeant nombre d’entre eux à s’endetter fortement et exacerbant le risque d’abus supplémentaires.</p>



<p>Souvent, ces montants étaient bien supérieurs aux limites imposées par leur gouvernement et étaient réclamés à ces hommes malgré l’interdiction, prévue dans la législation saoudienne, de demander aux travailleuses et travailleurs de verser des frais de recrutement.</p>



<p>Suman, originaire du Népal, a été forcé à vendre de l’or emprunté à la famille de sa femme, afin de pouvoir payer des frais excessifs en relation avec un emploi offrant un salaire de base d’un montant de 266 dollars mensuels.</p>



<p>« J’ai payé 100 000 roupies (700 dollars des États-Unis) à l’agent de recrutement. Mais pendant les préparatifs – voyage, visites médicales et autres formalités –, j’ai dépensé un total de 200 000 roupies (1 400 dollars). Je n’avais pas d’argent avec moi à ce moment-là [&#8230;]. J’ai emprunté de l’or aux parents de ma femme, je l’ai vendu et j’ai reçu de l’argent liquide [&#8230;]. Comme le prix de l’or a augmenté, j’ai dû rembourser presque le double de ce que j’ai obtenu. Il m’a fallu six mois pour rembourser les prêts. »</p>



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<h3 class="wp-block-heading">Violations en tous genres en Arabie saoudite</h3>



<p>Une fois en Arabie saoudite, un grand nombre d’entre eux étaient payés moins de 2 dollars des États-Unis par heure, tandis que d’autres gagnaient à peine la moitié de cette somme en tant que manœuvres, agents d’entretien ou travailleurs auxiliaires sur le chantier du métro de Riyad. Presque tous travaillaient plus de 60 heures par semaine. Si la plupart des travailleurs ont déclaré ne pas avoir été directement forcés à faire des heures supplémentaires, leurs salaires de base étaient en réalité si faibles qu’ils avaient l’impression de ne pas avoir d’autre choix. Le fait que le gouvernement n’ait pas fixé de salaire décent universel consacre les salaires de misère pour les travailleurs migrants &#8211; dont la plupart sont racisés -, privant ainsi beaucoup d’entre eux d’un niveau de vie décent.</p>



<p>« En raison de l’inflation au Népal, ce salaire est trop faible pour couvrir les dépenses domestiques. Il part en fumée dès que je paye les frais pour l’éducation de mes enfants et d’autres dépenses. Mais qu’est-ce que je peux faire ? Je dois joindre les deux bouts », a déclaré Nabin à Amnesty International.</p>



<p>Souvent, la chaleur implacable rendait plus difficiles encore les longues journées de travail sur le chantier du métro de Riyad, certains comparant la situation à être « en enfer ». Étant donné que les températures s’élèvent à au moins 40 °C pendant plus de huit heures chaque jour durant les mois d’été, l’interdiction prononcée par le gouvernement sur le travail en extérieur en plein soleil de midi à 15 heures s’est avérée totalement inadaptée pour protéger les travailleurs. Et l’augmentation des températures devrait se poursuivre, l’Arabie saoudite étant confrontée à des chaleurs fréquentes et croissantes, une tendance appelée à s’aggraver, compte tenu du changement climatique planétaire causé par les activités humaines.</p>



<p>« Quand je travaille par une chaleur extrême, j’ai l’impression d’être en enfer. [&#8230;]. Je me demande comment je me suis retrouvé là. Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal pour que</p>



<p>Dieu me punisse ? », a déclaré Indra, du Népal. « Personne ne veut travailler dans de telles conditions par choix. Mais qu’est-ce que je peux faire ? Je n’avais pas de travail au Népal. Je suis venu ici pour soutenir ma famille. C’est pourquoi je dois être prêt à souffrir. »</p>



<p>Janak, venu d’Inde, a déclaré que des supérieurs hiérarchiques, au sein de l’entreprise de sous-traitance qui l’employait, avaient fait pression sur lui pour qu&rsquo;il travaille par des températures extrêmes.</p>



<p>« Les contremaîtres et les ingénieurs nous forçaient à faire des heures supplémentaires même quand il faisait très chaud. Nous leur disions : « On ne peut pas. Il fait extrêmement chaud. » Mais ils répondaient « Continuez à travailler » [&#8230;] Qu&rsquo;est-ce que nous pouvons faire, nous les pauvres ? Nous devons travailler. Nous devons faire un travail difficile. »</p>



<p>De nombreux employés ont également signalé avoir été victimes d’autres abus, tels que la confiscation de leur passeport, des hébergements surpeuplés et insalubres, de la nourriture de mauvaise qualité, et des traitements discriminatoires selon leur rang.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des réformes systématiques et une diligence accrue en matière de droits humains sont requises en urgence</h3>



<p>Les témoignages de ces hommes mettent en évidence non seulement les manquements du gouvernement saoudien, mais aussi l’environnement à haut-risque dans lequel les entreprises &#8211; y compris de grandes multinationales &#8211; opèrent lorsqu’elles décident d’œuvrer sur des projets de construction en Arabie saoudite, secteur tributaire d’un vaste réseau de sous-traitants.</p>



<p>En effet, en dépit de quelques réformes limitées, le système de parrainage (kafala) persiste en pratique. Associé à la faible mise en œuvre de dispositions de protection en faveur des travailleurs &#8211; notamment avec des inspections portant davantage sur le respect par les entreprises de l’effort de nationalisation (« saoudisation ») voulu par le gouvernement et sur la légalité du statut des travailleurs·euses migrants, plutôt que sur la protection de leurs droits &#8211; et à la récente réduction des sanctions pour certaines pratiques abusives au regard du droit du travail, cela crée un climat favorisant l’exploitation. Ce contexte requiert que les entreprises appliquent de manière proactive la diligence requise en matière de droits humains, afin de prévenir la moindre atteinte à ces droits. De telles initiatives sont très limitées en Arabie saoudite, où les droits humains sont systématiquement réprimés, et les libertés d’expression et d’association sont en pratique inexistantes. Si les entreprises ne disposent pas de la capacité ou de la volonté d’évaluer ou d’écarter les risques, elles doivent envisager de renoncer à l’activité concernée.</p>



<p>« Tandis que l’Arabie saoudite poursuit de gigantesques projets très médiatisés, comme la Coupe du monde de 2034, les autorités doivent complètement démanteler le système de kafala et appliquer rigoureusement le droit du travail, conformément aux normes internationales relatives aux droits humains. Renforcer les garanties et veiller à l’obligation de rendre des comptes pour les millions de travailleurs migrants qui rendent ces projets possibles est la seule manière d’assurer qu’ils ne soient plus traités comme si la main-d’œuvre était jetable », a déclaré Marta Schaaf.</p>



<p>« Pour les entreprises établies ou arrivant en Arabie saoudite, ces constats devraient servir de mise en garde claire : suivre une procédure exhaustive de diligence requise en matière de droits humains n’est pas facultatif. Faute de procédures solides en place dès le début et de plan adéquat pour répondre aux problèmes en matière de droits humains, les entreprises risquent d’être directement liées ou de contribuer à des violations systématiques des droits des travailleurs.</p>



<p>« Enfin, les pays d’origine, notamment le Bangladesh, l’Inde et le Népal, doivent assumer leurs responsabilités et protéger leurs ressortissant·e·s en effectuant un suivi de la conduite des agences de recrutement, en enquêtant et en sanctionnant les responsables le cas échéant. Si les responsabilités ne sont pas véritablement établies à travers les pays concernés, le cycle de la violence continuera. »</p>



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		<title>Tunisie. Les violations généralisées des droits des personnes réfugiées et migrantes révèlent un risque de complicité de l’UE</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/tunisie-les-violations-generalisees-des-droits-des-personnes-refugiees-et-migrantes-revelent-un-risque-de-complicite-de-lue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 08:10:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=34784</guid>

					<description><![CDATA[<p>Au cours des trois dernières années, les autorités tunisiennes ont de façon croissante démantelé les protections accordées aux personnes réfugiées, demandeuses d’asile ou migrantes, en particulier aux personnes noires, avec un dangereux glissement vers des pratiques sécuritaires racistes et des violations généralisées des droits humains qui mettent en danger la vie, la sécurité et la [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Au cours des trois dernières années, les autorités tunisiennes ont de façon croissante démantelé les protections accordées aux personnes réfugiées, demandeuses d’asile ou migrantes, en particulier aux personnes noires, avec un dangereux glissement vers des pratiques sécuritaires racistes et des violations généralisées des droits humains qui mettent en danger la vie, la sécurité et la dignité de ces personnes, a déclaré Amnesty International le 6 novembre. L’Union européenne (UE) risque de s’en rendre complice en maintenant sa coopération en matière de contrôle des migrations sans garanties efficaces en matière de droits humains. </p>



<p>Le nouveau rapport d’Amnesty International intitulé <em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/MDE3001802025FRENCH.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« Personne ne vous entend quand vous criez ». Le dangereux tournant de la politique migratoire en Tunisie</a> </em>présente des informations montrant que, alimentées par les discours racistes des responsables politiques, les autorités tunisiennes ont procédé de manière ciblée, sur la base de critères raciaux, à des arrestations et des placements en détentions ; à des interceptions en mer dangereuses ; à des expulsions collectives de dizaines de milliers de personnes réfugiées et migrantes vers l’Algérie et la Libye ; et ont soumis des personnes réfugiées et migrantes à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements, y compris des viols et d’autres violences sexuelles, tout en réprimant la société civile qui leur apportait une aide cruciale.</p>



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<div class="wp-block-button is-style-dark"><a class="wp-block-button__link" href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/MDE3001802025FRENCH.pdf">lire le rapport (fr)</a></div>
</div>



<p>En juin 2024, les autorités tunisiennes ont ordonné au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) de cesser de traiter les demandes d’asile, supprimant ainsi la seule voie permettant de demander l’asile dans le pays. Pourtant, la coopération de l’UE avec la Tunisie en matière de contrôle des migrations s’est poursuivie sans garanties efficaces en matière de droits humains, l’UE risquant ainsi de se rendre complice de violations graves et de retenir davantage de personnes dans une situation mettant leur vie et leurs droits en danger.</p>



<p>« Les autorités tunisiennes ont présidé à d’horribles violations des droits humains, attisant la xénophobie tout en s’attaquant encore et encore à la protection des personnes réfugiées. Elles doivent immédiatement inverser cette tendance dévastatrice en mettant fin à l’incitation au racisme et aux expulsions collectives qui mettent des vies en danger. Elles doivent protéger le droit d’asile et veiller à ne renvoyer personne dans des endroits où il existe un risque de graves violations des droits humains. Le personnel des ONG et les défenseur·e·s des droits humains détenus pour avoir aidé des personnes réfugiées et migrantes doivent être libérés sans condition, a déclaré Heba Morayef, directrice régionale pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient et à Amnesty International.</p>



<p>« L’UE doit suspendre de toute urgence toute aide en matière de contrôle migratoire et de contrôle des frontières dont l’objectif est de retenir des personnes en Tunisie, et cesser de financer les forces de sécurité ou d’autres entités responsables de violations des droits humains commises contre des personnes réfugiées et migrantes. Au lieu de donner la priorité à l’endiguement des flux et d’alimenter les violations, la coopération entre l’UE et la Tunisie doit se concentrer sur la mise en place de mesures de protection et de procédures d’asile adéquates dans le pays, et incorporer des critères et des conditions clairs et exécutoires en matière de droits humains, afin d’éviter toute complicité dans les violations. »</p>



<p>Amnesty International a mené des recherches entre février 2023 et juin 2025 et interrogé 120 réfugié·e·s et migrant·e·s originaires de près de 20 pays (92 hommes, 28 femmes parmi lesquels huit enfants âgés de 16 à 17 ans) à Tunis, Sfax et Zarzis. L’organisation a également examiné des sources provenant des Nations unies, de médias et de la société civile, ainsi que les pages officielles des autorités locales tunisiennes. Avant de rendre public son rapport, Amnesty International a communiqué ses conclusions aux autorités tunisiennes, européennes et libyennes. Aucune réponse n’avait été reçue au moment de la publication de ce document.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une crise alimentée par des discours racistes</h3>



<p>Les témoignages recueillis révèlent l’existence d’un système de migration et d’asile conçu pour exclure et punir plutôt que pour protéger. Au moins 60 des personnes interrogées par Amnesty, dont trois enfants, deux réfugié·e·s et cinq demandeurs·euses d’asile, ont été arbitrairement arrêtées et placées en détention. Des réfugié·e·s et des migrant·e·s noirs ont été pris pour cible dans le cadre d’un profilage racial systémique et de vagues successives de violences racistes commises par des particuliers et les forces de sécurité et déclenchées par l’incitation publique à la haine raciale, à commencer par les propos tenus par le président Kaïs Saïed en février 2023 et repris depuis par d’autres responsables et parlementaires.</p>



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</div>



<p>La situation a été aggravée par une vague de mesures répressives visant au moins six ONG qui apportaient un soutien essentiel aux réfugié·e·s et aux migrant·e·s. Cela a eu des conséquences humanitaires terribles et a entraîné d’énormes lacunes dans l’accès aux services essentiels de protection. Depuis mai 2024, les autorités ont arrêté arbitrairement au moins huit personnes travaillant pour des ONG et deux anciens responsables locaux qui coopéraient avec elles. La prochaine audience dans le procès du personnel de l’une de ces organisations, le Conseil tunisien pour les réfugiés, est prévue pour le 24 novembre.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« On les a vus se noyer »</h3>



<p>Amnesty International a enquêté sur 24 interceptions en mer et mené des entretiens avec 25 réfugié·e·s et migrant·e·s qui ont décrit le comportement très dangereux, imprudent et violent de gardes-côtes tunisiens, notamment avec des cas d’éperonnage dangereux, de manœuvres à grande vitesse menaçant de faire chavirer les bateaux, de coups portés à des personnes et à des embarcations, de tirs de gaz lacrymogène à bout portant et le refus de toute évaluation individualisée en matière de protection lors du débarquement.</p>



<p>« Céline », une migrante camerounaise interceptée après avoir quitté la région orientale de Sfax en juin 2023, a déclaré à Amnesty International :</p>



<p>« Ils n’arrêtaient pas de frapper notre bateau [en bois] avec des bâtons longs et pointus, ils l’ont percé […] Il y avait au moins deux femmes et trois bébés sans gilets de sauvetage. On les a vus se noyer et à un moment on n’a plus vu les corps. Je n’ai jamais eu aussi peur. »</p>



<p>Malgré les préoccupations persistantes concernant le manque de transparence dans la communication publique sur les interceptions, les autorités tunisiennes ont cessé en 2024 de communiquer publiquement les données relatives à ces opérations après avoir mis en place une Zone de recherche et de sauvetage maritime (SRR) avec le soutien de l’UE. Auparavant, elles avaient signalé une augmentation significative des interceptions.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Allez en Libye, ils vont vous tuer »</h3>



<p>À partir de juin 2023, les autorités tunisiennes ont commencé à expulser collectivement des dizaines de milliers de réfugié·e·s et de migrant·e·s, principalement des personnes noires, à la suite d’arrestations motivées par des considérations raciales ou d’interceptions en mer. Amnesty International a constaté qu’entre juin 2023 et mai 2025, les autorités ont procédé à au moins 70 expulsions collectives concernant plus de 11 500 personnes.</p>



<p>Les forces de sécurité tunisiennes ont régulièrement abandonné des migrant·e·s, des demandeurs·euses d’asile et des réfugié·e·s, y compris des femmes enceintes et des enfants, dans des zones reculées et désertiques à la frontière du pays avec la Libye et l’Algérie. Elles les ont abandonnés sans nourriture ni eau, généralement après avoir confisqué leurs téléphones, leurs papiers d’identité et leur argent, les exposant ainsi à un grave danger pour leur vie et leur sécurité. À la suite de la première vague d’expulsions en juin-juillet 2023, au moins 28 migrant·e·s ont été retrouvés morts le long de la frontière entre la Libye et la Tunisie et 80 migrant·e·s ont été déclarés disparus.</p>



<p>Ces expulsions ont été menées sans aucune garantie procédurale et en violation du principe de « non-refoulement ».</p>



<p>Alors que les personnes expulsées vers l’Algérie ont dû marcher pendant des semaines pour revenir de la frontière ou ont été confrontées à des risques de « refoulement » en chaîne de l’Algérie vers le Niger, celles qui ont été expulsées vers la Libye ont souvent été remises aux gardes-frontières libyens ou à des milices qui les ont abandonnées sur place ou placées en détention dans des conditions abusives. Les réfugié·e·s et les migrant·e·s en Libye subissent de manière généralisée et systématique des violations des droits humains et atteintes à ces droits, commises en toute impunité, qui, selon une mission d’établissement des faits des Nations unies, constituent un crime contre l’humanité.</p>



<p>« Ezra », un Ivoirien, a expliqué à Amnesty International que les forces de sécurité tunisiennes l’ont expulsé depuis Sfax vers la frontière libyenne dans la nuit du 1er au 2 juillet 2023 avec un groupe de 24 personnes, dont au moins un enfant.</p>



<p>« On est arrivé dans la zone frontalière libyenne vers six heures du matin […] Un agent [tunisien] nous a dit : “Allez en Libye, ils vont vous tuer.” Un autre a dit : “Soit vous nagez, soit vous courez en Libye.” Ils nous ont donné un sac rempli de nos téléphones cassés… »</p>



<p>Le groupe a tenté de remonter la côte à pied pour retourner en Tunisie, mais des Tunisiens en uniforme militaire les ont interceptés, poursuivis avec des chiens, et ils ont battu quatre d’entre eux et les ont ramenés à la frontière.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Ils nous ont fait chanter “Plus jamais la Tunisie, plus jamais on revient” encore et encore. »</h3>



<p>Les forces de sécurité tunisiennes ont soumis 41 hommes, femmes et enfants à des actes de torture et à d’autres formes de mauvais traitements lors d’interceptions, d’expulsions ou pendant leur détention.</p>



<p>« Hakim », un Camerounais, a décrit comment des fonctionnaires l’ont amené et abandonné avec d’autres personnes à la frontière algérienne, en janvier 2025 :</p>



<p>« Ils nous ont pris un par un, nous ont encerclés, nous ont demandé de nous allonger, on était menottés… Ils nous ont tabassés avec tout ce qu’ils avaient sous la main : gourdins, matraques, tuyaux en fer, bâtons en bois… Ils nous ont fait chanter “Plus jamais la Tunisie, plus jamais on revient”, encore et encore. Ils nous ont donné des coups de poing et de pied partout sur le corps. »</p>



<p>Amnesty International a également réuni des informations sur 14 cas de viols ou d’autres formes de violence sexuelle commis par les forces de sécurité tunisiennes, dont certains ont eu lieu dans le cadre de palpations ou de fouilles au corps abusives menées de manière humiliante et pouvant être assimilées à de la torture.</p>



<p>« Karine », une Camerounaise, a déclaré à Amnesty International que des agents de la Garde nationale l’avaient violée à deux reprises le 26 mai 2025, d’abord lors d’une fouille au corps abusive après une interception dans la région de Sfax, puis à la frontière algérienne après une expulsion collective.x</p>



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<h3 class="wp-block-heading">Soutien dangereux de l’UE au prix de vies humaines et de la dignité des personnes</h3>



<p>Les leçons n’ayant pas été tirées des effets dévastateurs de la coopération de l’UE avec la Libye, la coopération entre l’UE et la Tunisie en matière de contrôle des migrations s’est poursuivie et a abouti au confinement de personnes dans un pays où elles sont exposées à des violations généralisées des droits humains. Cette coopération consiste à financer les capacités de recherche et de sauvetage des gardes-côtes tunisiens et à fournir une formation et des équipements pour la gestion des frontières afin de réduire les traversées illégales vers l’Europe.</p>



<p>L’UE a signé en juillet 2023 un protocole d’accord avec la Tunisie n’incluant pas de garanties efficaces en matière de droits humains telles qu’une évaluation préalable et transparente de l’impact sur les droits humains, un suivi indépendant des droits humains avec des procédures claires pour donner suite aux allégations de violations ou encore une clause suspensive explicite permettant de suspendre l’accord en cas de violations. La Médiatrice européenne a relevé ces lacunes dans une enquête menée en 2024. Plus de deux années se sont depuis écoulées et cette coopération se poursuit malgré des rapports alarmants et bien étayés faisant état de violations. Alors qu’elle donne la priorité au contrôle des migrations au détriment du droit international, elle a été présentée comme un succès par les responsables européens, qui ont invoqué une réduction significative depuis 2024 des arrivées par voie maritime de personnes en situation irrégulière venant de Tunisie.</p>



<p>« Le silence de l’UE et de ses États membres face à ces terribles abus est particulièrement alarmant. Tant que l&rsquo;UE persistera à soutenir de manière irréfléchie les dangereuses attaques commises par la Tunisie contre les droits des migrant·e·s et réfugié·e·s et de celles et ceux qui les défendent, sans revoir de manière significative sa coopération en matière de migration, les dirigeants européens risqueront chaque jour un peu plus de se rendre complice de ces violations », a déclaré Heba Morayef.</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/tunisie-les-violations-generalisees-des-droits-des-personnes-refugiees-et-migrantes-revelent-un-risque-de-complicite-de-lue/">Tunisie. Les violations généralisées des droits des personnes réfugiées et migrantes révèlent un risque de complicité de l’UE</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>France. Un système de carte de séjour dysfonctionnel et discriminatoire viole les droits des travailleuses et travailleurs migrants racisés</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/france-un-systeme-de-carte-de-sejour-dysfonctionnel-et-discriminatoire-viole-les-droits-des-travailleuses-et-travailleurs-migrants-racises/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 07:42:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Responsabilité des entreprises]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=34753</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le système français de carte de séjour court viole les droits humains des travailleuses et travailleurs migrants racisés, les piégeant dans des conditions précaires, abusives et d’exploitation Les violations des droits humains commises contre les travailleuses et travailleurs migrants racisés sont systématiques et structurelles En exposant avec sa politique migratoire ces travailleuses et travailleurs à [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list"><li><strong>Le système français de carte de séjour court viole les droits humains des travailleuses et travailleurs migrants racisés, les piégeant dans des conditions précaires, abusives et d’exploitation</strong></li><li><strong>Les violations des droits humains commises contre les travailleuses et travailleurs migrants racisés sont systématiques et structurelles</strong></li><li><strong>En exposant avec sa politique migratoire ces travailleuses et travailleurs à des abus, la France soumet ces personnes à une discrimination, les femmes étant touchées de manière disproportionnée</strong></li></ul>



<p><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/Rapport_Amnesty_a_la_merci_dun_papier.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De nouvelles recherches</a> menées par Amnesty International révèlent que le système français de carte de séjour pour les travailleuses et travailleurs migrants piège les personnes racisées dans un labyrinthe administratif et les expose à l’exploitation au travail, à la privation de logement et à la pauvreté.</p>



<p>Le système de carte de séjour court, qui permet en théorie aux travailleuses et travailleurs de rester en France jusqu’à quatre ans, mais souvent moins longtemps dans la pratique, crée des conditions d’exploitation, d’instabilité et d’insécurité. Amnesty International a réuni des informations sur un large éventail d’abus qui touchent les travailleuses et travailleurs migrants, en particulier celles et ceux originaires de pays tels que le Mali, la Côte d’Ivoire, la Gambie, l’Angola, le Cameroun, la République démocratique du Congo, l’Inde et le Sri Lanka, du fait de cartes de séjour précaires.</p>



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<p>Les abus recensés comprennent le vol de salaire, des heures de travail prolongées, des conditions de travail dangereuses et de multiples cas de violences commises par les employeurs·euses, en particulier pour des motifs raciaux, y compris des violences physiques et le harcèlement sexuel.</p>



<p>Les nombreux dysfonctionnements du système, notamment les bugs informatiques et les retards administratifs, peuvent avoir des conséquences dévastatrices, entraînant la perte de revenus et de prestations sociales pour les personnes concernées, qui ne peuvent dès lors plus subvenir à leurs besoins élémentaires et qui risquent d’être privées de logement.</p>



<p>« Cette situation est aussi cruelle qu’inacceptable. Des milliers de travailleuses et travailleurs migrants – principalement des personnes racisées employées dans des secteurs essentiels de l’économie française (bâtiment, aide à domicile et nettoyage, notamment) vivent en permanence sous la menace d’un refus de délivrance ou de renouvellement d’une carte de séjour. Beaucoup vivent depuis plusieurs décennies dans cet état d’incertitude permanente sur le territoire français », a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice générale pour la recherche, le plaidoyer, les politiques et les campagnes à Amnesty International.</p>



<p>Le rapport d’Amnesty International intitulé <em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/Rapport_Amnesty_a_la_merci_dun_papier.pdf">À la merci d’un papier : quand l’État fabrique la précarité des travailleur·euses étranger·es</a></em> rend compte des recherches menées entre avril 2024 et septembre 2025 en France hexagonale sur la base d’entretiens réalisés avec 27 travailleuses et travailleurs étrangers racisés de 16 nationalités différentes, et 39 expert·e·s, notamment des sociologues, des juristes, des économistes, des responsables d’associations, des syndicalistes et des journalistes.</p>



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<p>Les gouvernements français successifs ont mis en place des exigences administratives toujours plus restrictives et excessivement complexes pour l’obtention de la carte de séjour et pour son renouvellement. Pour obtenir une carte de séjour, le demandeur ou la demandeuse doit disposer d’une autorisation de travail, délivrée par la préfecture à la demande de l’employeur·e. Mais pour obtenir une autorisation de travail, le demandeur ou la demandeuse doit disposer d’une carte de séjour.</p>



<p>Sans surprise, ce cercle vicieux entraîne des violations des droits des travailleuses et travailleurs étrangers. Nombre de travailleuses et travailleurs n’ont d’autre choix que de supporter des conditions de travail difficiles et dangereuses, en particulier dans le secteur du bâtiment, des heures supplémentaires non rémunérées et l’exploitation par des employeurs·euses sans scrupule. Ils ne peuvent pas dénoncer leur situation par crainte de perdre leur emploi et, par conséquent, leur carte de séjour.</p>



<p><strong>Annie</strong>, une femme de ménage comorienne employée par une multinationale du nettoyage, a vu son salaire mensuel réduit de moitié par son employeur durant l’été 2024. Lorsqu’elle a réclamé le salaire qui lui était dû, son employeur lui a répondu que, comme elle n’avait plus de carte de séjour depuis deux semaines, elle aurait dû être suspendue. Annie a fait remarquer que cela n’avait pas empêché son employeur de la faire travailler, par contre cela l’avait empêché de la rémunérer pour les heures qu’elle avait effectuées.</p>



<p>Les règles étant constamment modifiées, une personne vivant et travaillant en France hexagonale en toute légalité peut se retrouver du jour au lendemain en situation irrégulière en raison d’un des nombreux dysfonctionnements du système de cartes de séjour, notamment d’erreurs administratives ou d’autres défaillances.</p>



<p><strong>Nadia</strong>, aide à domicile et mère célibataire, a ainsi perdu son droit au séjour pour une période de trois ans. Elle avait envoyé son dossier complet à temps et dans les règles, mais celui-ci n’a pas été traité. Elle s’est vu refuser le droit de travailler et a fait face à une perte de prestations sociales, ce qui l’a mise dans l’incapacité de payer la nourriture, le loyer et les factures pour elle-même et ses enfants.</p>



<p>D’autres personnes interviewées, comme Paul, peintre en bâtiment, ont eu besoin de renouveler leur carte de séjour et pour cela, elles avaient aussi besoin d’une autorisation de travail. Mais l’employeur de Paul n’en a pas fait la demande. Après avoir travaillé sans salaire pendant quatre mois, Paul a contacté un avocat, ce qui a entraîné son licenciement. N’ayant plus d’autorisation de travail, et ne pouvant donc plus trouver un emploi, il s’est vu délivrer une obligation de quitter le territoire français.</p>



<p>« Ce sont des vies bouleversées, hachées, parfois brisées. Imaginez : vous avez suivi toutes les règles, envoyé votre dossier de renouvellement de carte de séjour dans les temps, vous n’avez aucune nouvelle et les portes des préfectures vous sont fermées. Votre carte de séjour précédente expire, vous devenez du jour au lendemain sans-papiers. Dans ce grand silence de l’administration, vous perdez tout : emploi, ressources, droit de résider et travailler dans le pays où vous vivez depuis parfois des années », souligne Anne Savinel-Barras, présidente d’Amnesty International France.</p>



<p>Amnesty International a constaté que les violations des droits des travailleuses et travailleurs migrants racisés, loin d’être des cas isolés dus à des employeurs sans scrupule, sont systémiques : elles trouvent leur origine dans la précarité du statut juridique de ces travailleuses et travailleurs et sont aggravées par des décennies de politique migratoire restrictive en France. Avec ce système de cartes de séjour délibérément précaires, les autorités françaises contribuent à l’exploitation et à la discrimination auxquelles sont en butte les travailleuses et travailleurs étrangers racisés.</p>



<p>« L’État doit sans plus tarder prendre les mesures nécessaires pour rectifier un système qui est non seulement directement nocif, mais qui permet également aux employeurs·euses peu scrupuleux de commettre des abus. Les personnes occupant des emplois dits essentiels ne sont absolument pas traitées avec le respect qui leur est pourtant dû à ce titre. Seuls une loi et un système pleinement conformes aux normes relatives aux droits humains peuvent préserver l’intérêt de toutes les personnes », a déclaré Erika Guevara Rosas.</p>



<p>« Des mesures doivent immédiatement être prises pour lutter contre le racisme et la précarité qui sont au cœur de ce système cruel. Cela implique notamment de simplifier les procédures administratives, de renforcer les garanties contre les défaillances et, de manière cruciale, d’assurer une sécurité beaucoup plus grande du statut de résident·e avec un titre de séjour pour le travail unique et stable. Toutes les réformes de la loi et du système relatifs aux cartes de séjour doivent être élaborées en partenariat avec la société civile, notamment avec les syndicats, les employeurs·euses, les entreprises et les associations, et surtout, avec les travailleuses et travailleurs migrants racisés qui sont ceux qui souffrent actuellement le plus. »</p>



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		<title>Europe. Le système discriminatoire de délivrance de visas Schengen exclut les défenseur·e·s des droits humains</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/europe-le-systeme-discriminatoire-de-delivrance-de-visas-schengen-exclut-les-defenseur%c2%b7e%c2%b7s-des-droits-humains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Oct 2025 08:23:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le système de délivrance de visas dans l&#8217;espace Schengen européen a tout d’une course d&#8217;obstacles pour les défenseur·e·s des droits humains de différentes régions du monde, empêchant bon nombre d&#8217;entre eux de participer à des forums majeurs de prise de décision. Ces obstacles sont contraires aux droits et aux valeurs que les États Schengen affirment [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le système de délivrance de visas dans l&rsquo;espace Schengen européen a tout d’une course d&rsquo;obstacles pour les défenseur·e·s des droits humains de différentes régions du monde, empêchant bon nombre d&rsquo;entre eux de participer à des forums majeurs de prise de décision. Ces obstacles sont contraires aux droits et aux valeurs que les États Schengen affirment défendre, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport publié le 30 octobre 2025.</p>



<p>Ce document, intitulé <em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/10/Closing-the-door-How-visa-policies-in-Europes-Schengen-area-fail-human-rights-defenders.pdf">Closing the door? How visa policies in Europe’s Schengen area fail human rights defenders</a></em>, expose les nombreuses difficultés auxquelles sont confrontés les militant·e·s de 104 pays soumis à des restrictions en matière de visas, principalement en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient, lorsqu&rsquo;ils tentent d&rsquo;obtenir des visas de court séjour pour se rendre dans l&rsquo;espace Schengen afin de mener des actions de plaidoyer, de créer des réseaux ou de s’accorder un répit face aux risques encourus en raison de leur travail.</p>



<p>Ces défenseur·e·s des droits humains sont pour la plupart racisés, en tant que personnes noires, asiatiques et/ou musulmanes, et les répercussions négatives sur leur mobilité équivaut à une discrimination indirecte, selon l&rsquo;analyse d’Amnesty International.</p>



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</div>



<p>« Du fait des difficultés à obtenir des visas Schengen, les voix et les témoignages des défenseur·e·s des droits fondamentaux des pays du Sud sont exclus des forums où sont pourtant prises des décisions qui affectent profondément leurs vies, a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice générale de la recherche, du plaidoyer, de la politique et des campagnes à Amnesty International.</p>



<p>« Les États Schengen ont le droit de décider qui entre sur leur territoire, mais les répercussions de leur système de visa sur les défenseur·e·s des droits humains de 104 pays illustrent un décalage flagrant entre ce à quoi ils se sont engagés, à travers leurs lignes directrices et autres instruments visant à protéger les défenseur·e·s, et ce qu&rsquo;ils font réellement.</p>



<p>« Il est indispensable de garantir aux défenseur·e·s des droits humains l&rsquo;accès à des visas Schengen de court séjour par le biais d’une procédure fiable, prévisible, transparente et rapide afin qu’ils puissent exercer leur droit de défendre les droits d’autrui sans discrimination. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les obstacles à l’obtention de visas de court séjour</h3>



<p>Le Code des visas de l’Union européenne (UE), instrument législatif régissant les visas Schengen de court séjour, permet d&rsquo;accepter au cas par cas les demandes de visa qui ne remplissent pas toutes les conditions requises. Cependant, les personnes chargées de recevoir et traiter les demandes, dont les prestataires de services externes, semblent souvent ignorer l&rsquo;existence de cette souplesse, ce qui est source de nombreux blocages ; des demandes sont parfois rejetées avant même d’atteindre le stade de la prise de décision.</p>



<p>L&rsquo;un des premiers obstacles à l&rsquo;obtention d&rsquo;un visa Schengen concerne le fait de savoir où déposer la demande. De nombreux États Schengen n&rsquo;ont pas de représentation diplomatique ni d&rsquo;accord avec chacun des pays soumis à des restrictions en matière de visas. Aussi, les défenseur·e·s des droits humains peuvent-ils être amenés à se rendre dans un autre pays pour déposer leur demande : ce déplacement peut s’avérer prohibitif en termes de coût ou présenter un risque pour leur sécurité.</p>



<p>Autres difficultés que les défenseur·e·s doivent surmonter pour se rendre dans les pays de l&rsquo;espace Schengen : le délai pour obtenir un rendez-vous et attendre une décision, ainsi que la durée de validité des visas. Dans certains cas, ils sont délivrés trop tard ou pour une période si courte qu&rsquo;ils ne tiennent pas compte du temps nécessaire pour se rendre sur place et en revenir, ni d’éventuels retards de vols.</p>



<p>Par ailleurs, on demande bien souvent aux demandeurs·euses de fournir une longue liste de pièces justificatives et généralement des preuves de leurs moyens financiers &#8211; situation professionnelle, bulletins de salaire ou titres de propriété notamment. Critères difficiles à remplir pour les militant·e·s, en particulier les plus marginalisés et discriminés.</p>



<p>Une défenseure des droits humains membre de la communauté dalit au Népal a déclaré à Amnesty International : « Ils demandent des relevés bancaires à ceux qui souhaitent se rendre dans un État de l’espace Schengen. Imaginez ce que cela signifie pour des gens qui vivent dans une situation où ils ne parviennent même pas à gagner leur vie au quotidien. Ceux qui souhaitent se mobiliser au niveau international ne disposent pas forcément de ces documents, car ce sont des défenseur·e·s des droits humains et la plupart de leurs actions sont menées à titre bénévole. »</p>



<p>Ces obstacles entraînent une discrimination indirecte à l&rsquo;égard des défenseur·e·s des droits humains, car la politique en matière de visas Schengen a un impact disproportionné sur les demandeurs et demandeuses racisés. Si les règles en matière de visas ne mentionnent pas explicitement l&rsquo;appartenance raciale ou ethnique comme motif de traitement différencié et semblent donc neutres dans ce domaine, il existe toutefois une forte corrélation entre la liste des pays soumis à des restrictions en matière de visas et des populations racisées &#8211; noires, asiatiques et/ou musulmanes.</p>



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<h3 class="wp-block-heading">Souplesse existante et avancées</h3>



<p>En juin 2024, la Commission européenne a publié une version révisée du manuel sur les visas de l&rsquo;UE : cet ensemble de lignes directrices explique comment appliquer le Code des visas et donne des exemples pratiques en vue de simplifier les demandes des défenseur·e·s des droits humains.</p>



<p>Saluant cette avancée, Amnesty International invite les pays de l&rsquo;espace Schengen à veiller à ce que ce manuel révisé soit largement diffusé et pleinement mis en œuvre, en s&rsquo;assurant que les agents chargés de délivrer des visas dans le monde entier, y compris les prestataires de services externes, soient parfaitement formés s’agissant de faciliter les déplacements des défenseur·e·s.</p>



<p>En outre, Amnesty International demande aux pays de l&rsquo;espace Schengen de recueillir des données ventilées sur l’origine raciale et ethnique afin de mettre un terme à la discrimination au sein du système de délivrance des visas, et d’élaborer et d’appliquer une procédure simplifiée pour les défenseur·e·s des droits humains, s’appuyant sur un traitement accéléré des demandes. Enfin, les pays Schengen devraient délivrer plus fréquemment des visas de longue durée et à entrées multiples, car ce sont des outils de protection essentiels qui garantissent la possibilité de voyager en cas de besoin, sans passer à chaque fois par le même parcours du combattant bureaucratique.</p>



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<section id="section-9e7188bd" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack section--small" style=""><div class="container">

<h3 class="wp-block-heading">Complément d’information</h3>



<p>L&rsquo;espace Schengen englobe 29 pays, dont la plupart sont membres de l&rsquo;Union européenne (UE), ainsi que des pays non membres de l&rsquo;UE, tels que la Suisse et la Norvège. Tous les pays Schengen sont tenus de respecter le Code communautaire des visas pour délivrer des visas Schengen de courte durée.</p>



<p>Amnesty International s&rsquo;est entretenue avec 42 organisations internationales, basées dans l&rsquo;espace Schengen comme dans des pays soumis à des restrictions en matière de visas, qui ont facilité les déplacements de centaines de défenseur·e·s des droits humains au fil des ans. Elle a également recueilli les témoignages de 32 défenseur·e·s ayant eux-mêmes fait l’expérience des procédures de visa</p>

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		<title>Yémen. Une frappe aérienne menée par les États-Unis contre un centre de détention pour migrants doit donner lieu à une enquête pour crime de guerre</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/yemen-une-frappe-aerienne-menee-par-les-etats-unis-contre-un-centre-de-detention-pour-migrants-doit-donner-lieu-a-une-enquete-pour-crime-de-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 08:04:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une nouvelle enquête approfondie effectuée par Amnesty International conclut qu’une frappe aérienne américaine lancée contre un centre de détention pour migrants à Saada, dans le nord-ouest du Yémen, le 28 avril 2025, qui a tué et blessé des dizaines de migrants africains, constituait une attaque menée sans discernement. Les autorités des États-Unis doivent enquêter dans [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Une nouvelle enquête approfondie effectuée par Amnesty International conclut qu’une frappe aérienne américaine lancée contre un centre de détention pour migrants à Saada, dans le nord-ouest du Yémen, le 28 avril 2025, qui a tué et blessé des dizaines de migrants africains, constituait une attaque menée sans discernement. Les autorités des États-Unis doivent enquêter dans les meilleurs délais et de manière transparente sur ce possible crime de guerre.</p>



<p>Cette attaque, menée par l’armée américaine durant l’opération « Rough Rider », a causé des pertes civiles catastrophiques parmi un groupe de migrants vulnérables, dont la plupart se trouvaient aux mains des autorités houthies de facto dans ce centre de détention au seul motif de leur situation irrégulière au regard de la législation relative à l’immigration.</p>



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<p>Ce document, intitulé ‘<a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/10/MDE-31_0367_2025-Yemen-It-is-a-miracle-we-survived.pdf">It is a miracle we survived’: US air strike on civilians held in Sa’ada detention centre</a>, s’appuie sur des entretiens réalisés auprès de 15 rescapés, qui étaient tous des migrants éthiopiens détenus à Saada, et sur l’analyse d’éléments numériques, notamment des images satellite, des photos et des vidéos. Ce rapport fournit des éléments de preuve convaincants attestant qu’en lançant cette attaque, les États-Unis n’ont pas respecté l’obligation de faire la distinction entre biens de caractère civil et objectifs militaires</p>



<p>La frappe a tué et blessé des dizaines de migrants qui se trouvaient dans ce centre de détention au moment de l’attaque. Les rescapés dont Amnesty International a recueilli les propos ont été capables de désigner, par nom et leur âge approximatif, 16 des migrants &#8211; des hommes éthiopiens, âgés d’une vingtaine d’années pour la plupart &#8211; ayant été tués.</p>



<p>« Les témoignages bouleversants des rescapés décrivent un bâtiment civil, rempli de détenus, bombardé sans discernement. Cet événement est un manquement meurtrier des États-Unis au devoir de respecter une de leurs principales obligations au titre du droit international humanitaire : mettre en œuvre toutes les mesures possibles afin de confirmer que la cible d’une attaque est bien un objectif militaire », a déclaré Kristine Beckerle, directrice régionale adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique à Amnesty International.</p>



<p>« Les victimes et familles de victimes doivent recevoir des réparations complètes, notamment une indemnisation. Des civils ayant été tués et blessés, cette frappe aérienne doit donner lieu à une enquête en tant que possible crime de guerre. Si suffisamment d’éléments de preuve sont réunis, les autorités doivent poursuivre toute personne dont la responsabilité pénale est engagée, notamment en vertu de la doctrine de la responsabilité de la chaîne de commandement. »</p>



<p>Amnesty International a officiellement sollicité des renseignements auprès du commandement militaire américain (CENTCOM) et du commandement opérationnel conjoint spécial (JSOC) le 27 août 2025, expliquant ses conclusions et demandant des éclaircissements sur l’objectif militaire poursuivi et les précautions adoptées. Le CENTCOM n’a fourni qu’une brève réponse, le jour où la requête a été déposée, affirmant qu’il « continuait à évaluer tous les signalements de dommages aux civils », les prenait tous « au sérieux » et les examinait « avec rigueur ».</p>



<p>Amnesty International a également demandé des informations aux autorités houthies de facto le 11 septembre 2025, leur communiquant ses conclusions et sollicitant des éclaircissements sur l’utilisation du complexe pénitentiaire de Saada et du centre de détention pour migrants, le nombre de personnes détenues au moment de l’attaque, leurs conditions de détention et les mesures éventuellement prises par les autorités houthies pour enquêter sur le fait que les gardiens de prison n’aient pas permis aux détenus de se mettre en sécurité.</p>



<p>Le ministère houthi de la Justice et des Droits humains a fourni deux réponses détaillées les 24 septembre et 6 octobre 2025, notamment des informations sur le nombre de migrants détenus dans le centre, niant toute faute concernant les conditions de détention et communiquant une liste des victimes de la frappe aérienne américaine.</p>



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<h3 class="wp-block-heading">Une attaque contre une cible civile connue, et de nombreuses victimes</h3>



<p>L’enquête d’Amnesty International n’a trouvé aucun élément attestant que le centre de détention pour migrants était un objectif militaire. Les rescapés ont déclaré que le centre de détention pour migrants était un espace ouvert, et qu’ils pouvaient donc voir toutes les personnes présentes dans le bâtiment, qui étaient toutes des migrants privés de liberté.</p>



<p>Cette installation, qui fait partie du complexe pénitentiaire de Saada, était utilisée depuis des années par les Houthis pour y incarcérer des migrants, et son caractère civil était largement connu. Des organisations humanitaires s’y étaient rendues.</p>



<p>Quelques années plus tôt, le 21 janvier 2022, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite avait mené une frappe aérienne contre un autre centre de détention situé dans le même complexe pénitentiaire à Saada. L’attaque de 2022, sur laquelle Amnesty International a également enquêté, avait été menée à l’aide d&rsquo;une munition à guidage de précision de fabrication américaine, tuant plus de 90 détenus et en blessant des dizaines d’autres.</p>



<p>Compte tenu de ce contexte, les États-Unis auraient dû savoir que cette installation était un bien de caractère civil et que toute attaque aérienne risquait de faire de nombreux morts et blessés civils. En vertu du droit international humanitaire, les forces offensives sont tenues de faire tout leur possible pour déterminer si la cible visée est un objectif militaire et, en cas de doute à cet égard, de s’abstenir de lancer une attaque, de l’annuler ou de la suspendre.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des rescapés gravement blessés, mutilés et traumatisés</h3>



<p>La quasi-totalité des 15 rescapés ayant parlé à Amnesty International ont déclaré qu’ils dormaient lorsqu’ils ont entendu une explosion à proximité, entre 4 heures et 4 h 30 du matin. Il s’agissait très probablement d’une frappe aérienne américaine contre un autre bâtiment du complexe pénitentiaire de Saada, qui avait eu lieu quelques minutes plus tôt.</p>



<p>Selon des images satellite, un autre bâtiment, situé à environ 180 mètres du lieu où les migrants étaient détenus, a été touché et détruit le même jour. Dans leur réponse à Amnesty International, les Houthis ont déclaré que cette structure était un bâtiment administratif de la prison.</p>



<p>Les rescapés ont déclaré s’être réveillés terrifiés et avoir couru vers le portail du centre de détention. Ils ont appelé à l’aide en hurlant et ont tambouriné à la porte, demandant aux gardiens de la prison de les laisser sortir afin qu’ils puissent se mettre en sécurité. Au lieu de cela, les gardiens ont tiré des coups de semonce pour que les détenus restent à l’intérieur. Quelques minutes plus tard, une deuxième frappe aérienne américaine s’est abattue sur le centre de détention pour migrants.</p>



<p>Dans leur réponse à Amnesty International, les autorités houthies de facto ont déclaré que 117 migrants africains se trouvaient en détention au moment de la frappe, dont 61 ont été tués et 56 blessés. Elles ont également affirmé n’avoir « enregistré aucun cas dans lequel des gardiens de prison ont empêché des détenus de fuir la zone visée ou de chercher un endroit sûr », mais n’ont pas répondu clairement à la question de savoir si elles avaient enquêté sur cet épisode spécifique.</p>



<p>La frappe aérienne a causé de graves préjudices à des civils, avec des conséquences dévastatrices et durables. Sur les 15 personnes interrogées par Amnesty International, 14 ont subi des blessures graves qui leur vaudront des séquelles à vie, notamment la perte de membres, de graves lésions nerveuses, ainsi que des traumatismes à la tête, à la colonne vertébrale et à la poitrine. Deux des 15 migrants ont eu les jambes amputées, un a été amputé d’une main et un autre a perdu un œil.</p>



<p>Hagos*, un rescapé de 20 ans ayant perdu une jambe, a repris connaissance à l’hôpital quelques jours après l’attaque, et a décrit sa douleur en ces termes : « On se dit qu’il aurait mieux valu mourir sur place [&#8230;] Je supplie mes amis de me donner de l’argent pour payer les soins et les médicaments. »</p>



<p>Un autre rescapé, Desta*, a été blessé à la tête et a perdu un œil. Il était tellement traumatisé qu’il a cessé de parler pendant 20 jours. Il a déclaré : « L’attaque a été vraiment terrible, elle a tué beaucoup de gens, elle a fait de nous des handicapés et a laissé d’autres personnes sous le choc et terrifiées. »</p>



<p>À l’époque de ces entretiens, près de deux mois après la frappe aérienne américaine, 10 rescapés ont déclaré qu’ils avaient encore besoin d’un traitement médical, notamment d&rsquo;opérations chirurgicales de suivi et de médicaments. Ils ont également indiqué que, malgré leur situation économique désespérée, ils payaient eux-mêmes ces soins ou bénéficiaient du soutien de leurs proches restés au pays, pourtant en difficulté financière.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Appel urgent en faveur de l’obligation de rendre des comptes et de l’octroi de réparations</h3>



<p>Outre leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, les États-Unis ont consacré dans leur législation et leurs politiques nationales des protections fondamentales en matière de droits humains et des obligations au titre du droit international humanitaire. Le ministère américain de la Défense (DoD) a adopté des instructions sur l’atténuation des préjudices causés aux civils et les mesures à prendre à cet égard, qui précisent que l’atténuation des dommages causés aux civils ne se limite pas au respect du droit international humanitaire et encourage les commandants à « prendre des mesures de protection supplémentaires non requises par le droit de la guerre, selon ce qu’ils estiment approprié ».</p>



<p>Certains systèmes essentiels mis en place ces dernières années aux États-Unis pour réduire les préjudices causés aux civils par des actions militaires américaines à l’étranger, et mieux y répondre, sont menacés par l’administration Trump. Amnesty International exhorte le Congrès des États-Unis à veiller à ce que les mécanismes d’atténuation des préjudices aux populations civiles et de réaction à ceux-ci soient préservés et apportent une réponse solide à ces frappes et à d’autres événements récents.</p>



<p>« Les États-Unis doivent mener sans attendre une enquête approfondie, indépendante, impartiale et transparente sur la frappe aérienne menée contre le centre de détention pour migrants de Saada, et en rendre les conclusions publiques. Les rescapés de cette attaque méritent que justice leur soit pleinement rendue. Ils doivent bénéficier dans les meilleurs délais de réparations complètes dignes de ce nom, à savoir : restitution, indemnisation, réadaptation, satisfaction et garanties de non-répétition », a déclaré Kristine Beckerle.</p>



<p>Amnesty International exhorte également les autorités houthies de facto à mener une enquête transparente sur les manquements en matière d’évacuation et de mise à l’abri des migrants détenus. Elles devraient également mettre fin à la détention arbitraire de migrants sur la seule base de leur situation au regard de la législation relative à l’immigration et de leur nationalité, et accorder aux rescapés de la frappe aérienne américaine un statut de résident temporaire afin qu’ils puissent se rétablir, guérir et obtenir des soins médicaux essentiels sans craindre d’être à nouveau détenus.</p>



<p class="has-text-align-right has-small-font-size"><em>* Les noms des victimes ont été modifiés pour des raisons de sécurité.</em></p>



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		<title>Nouvelle-Zélande. Le système migratoire discriminatoire ne répond pas aux besoins des populations du Pacifique touchées par le changement climatique</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/nouvelle-zelande-le-systeme-migratoire-discriminatoire-ne-repond-pas-aux-besoins-des-populations-du-pacifique-touchees-par-le-changement-climatique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 14:01:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les autorités de la Nouvelle-Zélande soumettent les populations des îles Tuvalu et Kiribati, dans le Pacifique, exposées à des risques liés au changement climatique, à des politiques migratoires discriminatoires qui déchirent les familles et bafouent les droits des enfants, déclare Amnesty International dans un nouveau rapport publié le 9 octobre, un mois avant la COP [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les autorités de la Nouvelle-Zélande soumettent les populations des îles Tuvalu et Kiribati, dans le Pacifique, exposées à des risques liés au changement climatique, à des politiques migratoires discriminatoires qui déchirent les familles et bafouent les droits des enfants, déclare Amnesty International dans un nouveau rapport publié le 9 octobre, un mois avant la COP 30, la Conférence des Nations unies sur le changement climatique.</p>



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<div class="wp-block-button is-style-dark"><a class="wp-block-button__link" href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/10/Amnesty-Navigating-Injustice-v7.pdf">lire le rapport (en)</a></div>
</div>



<p>Le rapport, intitulé<a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/10/Amnesty-Navigating-Injustice-v7.pdf"> Navigating Injustice</a>, révèle que les programmes migratoires basés sur un système de loterie mis en place par la Nouvelle-Zélande pour les personnes vivant dans les pays insulaires du Pacifique touchés par le changement climatique excluent certaines personnes en raison de leur âge, de leur handicap et de leur état de santé, en violation du droit international relatif aux droits humains. Le rapport présente également les cas de personnes qui n’ont d’autre choix que de dépasser la durée de validité de leur visa en Nouvelle-Zélande et qui sont exposées au risque persistant d’expulsion.</p>



<p>« Les populations du Pacifique subissent une double peine, tout d’abord avec la crise climatique dont elles ne sont pas responsables, et ensuite avec des systèmes migratoires qui violent leurs droits », a déclaré Agnès Callamard, la secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un système migratoire discriminatoire</h3>



<p>Ces dernières années, alors que le changement climatique et les catastrophes naturelles accentuent les inégalités sociales et les difficultés économiques dans le Pacifique, nombreux sont ceux qui ont estimé que la migration était la meilleure solution. Pour nombre d’habitant·e·s des Tuvalu et de Kiribati, la Nouvelle-Zélande représente la destination la plus viable compte tenu des liens historiques et culturels étroits qui unissent ces pays.</p>



<p>Cependant, le système de migration de la Nouvelle-Zélande ne tient pas compte des effets du changement climatique et des catastrophes naturelles. C’est notamment le cas avec le visa Pacific Access Category Resident Visa (PAC), qui accorde la résidence permanente à un nombre restreint de ressortissant·e·s des îles Kiribati, Tuvalu, Tonga et Fidji.</p>



<p>Le programme PAC n’est accessible qu’aux personnes âgées de 18 à 45 ans, qui peuvent obtenir un emploi et prouver qu’elles ont « un état de santé acceptable ». Cela exclut toute personne présentant un trouble lié à un handicap, ainsi que toute personne atteinte de certains problèmes médicaux considérés comme coûteux pour la Nouvelle-Zélande.</p>



<p>« Pour de nombreux habitant·e·s des Tuvalu et de Kiribati, rester ou partir n’est pas une question de choix, car il en va de leur survie, a déclaré Agnès Callamard. « Les populations des îles du Pacifique font preuve d’une résilience extraordinaire en mettant en œuvre des stratégies d’adaptation et d’atténuation des risques afin de pouvoir rester sur leurs terres, mais le gouvernement néo-zélandais doit faire davantage pour les soutenir, sans discrimination. »</p>



<p>Amnesty International a rencontré plusieurs personnes handicapées et des membres de leur famille qui ont été séparés en raison des exigences en matière de visa.</p>



<p>Alieta, une enseignante et mère originaire de Tuvalu souffrant d’une déficience visuelle, a dû retirer son nom de la demande de PAC de sa famille afin de permettre à sa fille de six ans et à son mari de partir en Nouvelle-Zélande en 2016. Elle vit depuis séparée d’eux.</p>



<p>Évoquant les effets du changement climatique, Alieta a expliqué : « Quand la marée haute est arrivée, elle a inondé toute la route et aussi la maison [&#8230;] c’est pour cela que je veux m’éloigner de la mer. » Elle dit avoir accepté que sa fille parte en Nouvelle-Zélande parce qu’elle souhaite une vie meilleure pour elle, même si la séparation est très difficile à vivre.</p>



<p>« Au début, je n’étais pas en colère contre la Nouvelle-Zélande. J’ai continué à demander un visa [&#8230;] Mais je suis triste pour ma fille. Je ne voulais pas être séparée d’elle. C’est difficile pour les enfants. »</p>



<p>Agnès Callamard a déclaré : « Il est tout simplement inacceptable qu’un pays à fortes émissions comme la Nouvelle-Zélande affirme ne pas pouvoir accueillir des personnes apparemment en raison des coûts que cela pourrait engendrer, en particulier quand on sait que les personnes handicapées sont exposées à des risques accrus lors d’événements climatiques extrêmes. »</p>



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<div class="wp-block-button is-style-dark"><a class="wp-block-button__link" href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/10/Amnesty-Navigating-Injustice-v7.pdf">lire le rapport (en)</a></div>
</div>



<h3 class="wp-block-heading">Dégradation des conditions de vie pour les habitant·e·s des Tuvalu et de Kiribati</h3>



<p>Les Tuvalu et Kiribati, situés en moyenne à deux mètres au-dessus du niveau de la mer, sont particulièrement exposés aux effets de l’élévation du niveau de la mer. L’érosion du littoral, les inondations et les sécheresses, ainsi que la contamination et la salinisation de l’eau et des sols, limitent considérablement la disponibilité de l’eau potable et des terres pour les cultures de denrées alimentaires et la construction de logements. Cela a des répercussions particulièrement graves sur la santé des populations, en particulier pour les personnes âgées et celles vivant avec un handicap.</p>



<p>Aleki, qui vit avec son mari, ses quatre enfants et la famille de sa sœur à Funafuti, la capitale des Tuvalu, a déclaré à Amnesty International qu’il était devenu difficile de s’approvisionner en eau potable : « Nous prenons des seaux et allons chaque jour au bâtiment du gouvernement pour obtenir de l’eau filtrée que nous pouvons boire. »</p>



<p>La contamination des sols par l’eau salée, qui les rend impropres à la culture de la plupart des plantes, est un problème tel à Kiribati que l’île dépend désormais presque entièrement des importations de denrées alimentaires, souvent limitées en variété et d’un coût prohibitif.</p>



<p>Une habitante de Kiribati âgée de 56 ans a déclaré à Amnesty International : « À Kiribati, il est difficile de trouver de la bonne nourriture. On ne trouve que du riz et des conserves. Il ne trouve pas de légumes ni rien de ce genre. Nous ne cultivons pas notre nourriture sur place. Les vagues de chaleur, les sécheresses et les marées exceptionnelles ont détruit toutes les plantes. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Risque d’expulsion de Nouvelle-Zélande</h3>



<p>La situation est également précaire pour les personnes qui parviennent à atteindre la Nouvelle-Zélande et qui se retrouvent en situation irrégulière après l’expiration de leur visa. N’ayant pas accès à des mécanismes de protection spécifiques, les personnes dans cette situation vivent dans la crainte constante d’être expulsées et ne peuvent pas bénéficier des services publics, notamment des soins de santé et de l’éducation.</p>



<p>Aux termes du droit international relatif aux droits humains, toute personne a le droit d’être protégée contre un renvoi forcé vers un lieu où elle courrait un risque réel de violations graves des droits humains, notamment en raison du changement climatique et de catastrophes naturelles.</p>



<p>« Amnesty International appelle la Nouvelle-Zélande à réformer d’urgence ses politiques migratoires afin de les aligner sur une approche fondée sur les droits en matière de déplacements climatiques. Le gouvernement doit à cette fin élaborer et mettre en œuvre des politiques conformes au Traité de Waitangi (Te Tiriti o Waitangi) et aux droits des populations autochtones », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>Cela inclurait l’octroi de visas humanitaires spécifiques accordant la priorité aux personnes qui ne remplissent pas les conditions existantes en matière de migration, afin de garantir les droits, y compris en ce qui concerne la cellule familiale, des personnes migrantes. Des mécanismes de protection spécifiques contre l’expulsion sont également nécessaires, notamment la suspension des expulsions pour les ressortissant·e·s des Tuvalu et de Kiribati.</p>



<p>« La Nouvelle-Zélande – et la communauté internationale dans son ensemble – doit agir dès maintenant pour protéger, respecter et promouvoir les droits et la dignité des populations du Pacifique face à la crise climatique, tant dans leur pays d’origine que dans leur pays de destination. Ne pas agir en ce sens reviendrait à trahir notre responsabilité commune de défendre les droits humains et de garantir la justice climatique », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Prendre des mesures contre le changement climatique et les déplacements de population n’est plus un choix politique, mais une obligation juridique. Le Pacifique tire la sonnette d’alarme. Si le monde n’agit pas ici, il échouera partout. »</p>



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		<item>
		<title>Arabie saoudite. Les employées domestiques migrantes sont durement exploitées, victimes de racisme et exclues des protections du droit du travail</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/arabie-saoudite-les-employees-domestiques-migrantes-sont-durement-exploitees-victimes-de-racisme-et-exclues-des-protections-du-droit-du-travail/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 May 2025 07:07:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualite]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Kenyanes embauchées comme employées de maison en Arabie saoudite endurent des conditions de travail éprouvantes, abusives et discriminatoires, qui s’apparentent souvent au travail forcé et à la traite des êtres humains, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport. Ce document explique que les employeurs soumettent ces femmes dans des maisons privées à des formes [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les Kenyanes embauchées comme employées de maison en Arabie saoudite endurent des conditions de travail éprouvantes, abusives et discriminatoires, qui s’apparentent souvent au travail forcé et à la traite des êtres humains, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport. Ce document explique que les employeurs soumettent ces femmes dans des maisons privées à des formes extrêmes d’exploitation, souvent favorisées par le racisme, et que les employées de maison continuent d’être exclues du droit du travail et des timides réformes en vigueur en Arabie saoudite. </p>



<p>Intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/05/ENG_-MDE-23.9222.2025-Locked-in-left-out-Kenyan-domestic-workers-in-Saudi.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Locked in, left out: the hidden lives of Kenyan domestic workers in Saudi Arabia</em></a>, ce rapport rend compte de l’expérience de plus de 70 femmes ayant travaillé en Arabie saoudite. Bien souvent trompées par des recruteurs au Kenya au sujet de la nature de leur travail, elles ont été contraintes, une fois en Arabie saoudite, de travailler dans des conditions brutales, trimant régulièrement plus de 16 heures par jour, sans jour de congé et sans même pouvoir quitter la maison de leur employeur. En outre, elles ont enduré des conditions de vie épouvantables et des traitements inhumains, notamment des agressions sexuelles, verbales et physiques. Les employeurs confisquaient généralement leurs passeports et leurs téléphones et retenaient parfois leurs salaires.</p>



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<div class="wp-block-button is-style-dark"><a class="wp-block-button__link" href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/05/ENG_-MDE-23.9222.2025-Locked-in-left-out-Kenyan-domestic-workers-in-Saudi.pdf">lire le rapport (en)</a></div>
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<p>« Ces femmes se sont rendues en Arabie saoudite en quête d’un emploi pour subvenir aux besoins de leur famille ; elles ont subi des violences indicibles au domicile de leurs employeurs, a déclaré Irungu Houghton, directeur d’Amnesty International Kenya. Le gouvernement kenyan encourage activement la migration de la main-d’œuvre, tandis que les autorités saoudiennes assurent qu’elles ont adopté des réformes en matière de droits du travail. Cependant, derrière les portes closes, les employées domestiques continuent de subir des actes de racisme, de violence et d’exploitation d’une ampleur révoltante.</p>



<p>« Les autorités saoudiennes et kenyanes doivent écouter ces femmes, dont le travail fait vivre de nombreuses familles et contribue de façon significative au développement économique des deux pays. Les autorités saoudiennes doivent d’urgence accorder aux travailleuses domestiques une égale protection en vertu du droit du travail, mettre en place un système d’inspection efficace pour lutter contre les violations généralisées aux domiciles de particuliers et démanteler totalement le système de parrainage (kafala) qui lie les travailleurs étrangers aux employeurs, favorise l’exploitation et perpétue le racisme systémique. »</p>



<p>Ni les autorités saoudiennes ni les autorités kenyanes n’ont répondu aux demandes de commentaires ou d’informations d’Amnesty International.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« J’avais l’impression d’être en prison »</h3>



<p>La surcharge de travail extrême est un fléau commun aux dizaines de femmes avec lesquelles Amnesty International s’est entretenu. Leur journée de travail classique se déclinait en un minimum de 16 heures, voire plus, à faire le ménage, cuisiner et s’occuper des enfants. Leur salaire mensuel moyen s’élevait à 900 riyals saoudiens (213 euros) et aucune ne touchait d’heures supplémentaires ; ainsi, rapporté au nombre d’heures de travail, elles étaient payées en moyenne 0,45 euros de l’heure. En outre, certains employeurs retardaient le versement des salaires, d’autres ne les ont pas payés du tout. Quasiment toutes les femmes interrogées ont déclaré n’avoir jamais eu un seul jour de congé pendant leur séjour en Arabie saoudite, qui a duré jusqu’à deux ans pour certaines d’entre elles.</p>



<p>Rashida*, ancienne employée de maison, a déclaré :</p>



<p>« Elle [mon employeuse] ne pensait pas que je pouvais me fatiguer. Je n’avais aucun moment pour me reposer&#8230; Je travaillais pour elle toute la journée et même la nuit, je continuais de travailler. J’avais l’impression d’être un âne, mais même les ânes se reposent. »</p>



<p>Toutes ont déclaré que leur liberté et leur vie privée étaient fortement restreintes. Leur téléphone confisqué, elles étaient coupées du monde extérieur, et donc très isolées, sans pouvoir entrer en contact avec leur famille.</p>



<p>Joy* a raconté qu’elle s’est sentie piégée pendant son séjour en Arabie saoudite.</p>



<p>« Je n’avais aucune liberté, une fois que vous êtes à l’intérieur, vous ne sortez plus. Vous n’allez pas dehors et vous ne voyez pas l’extérieur. J’avais l’impression d’être en prison », a-t-elle déclaré.</p>



<p>Eve* a ajouté que cet isolement visait à la dissuader de se plaindre de ses conditions de travail.</p>



<p>« La première chose que mon patron a faite, ce fut de prendre mon passeport. Si vous demandez, il vous dira  » j’ai tout payé pour toi « &#8230; et vous n’osez rien dire parce que vous êtes dans un pays étranger. »</p>



<p>Malgré la charge de travail excessive, la majorité des femmes interrogées ont déclaré que leur employeur les privait de nourriture ou ne leur donnait que des restes ; certaines se sont nourries de pain, ou de nouilles instantanées. Katherine* a confié que « la nourriture était le principal problème » et qu’elle « tenait avec des biscuits » : son employeur ne lui donnait que des restes, de la nourriture avariée ou parfois rien du tout, allant même jusqu’à jeter à la poubelle la nourriture que Katherine s’était cuisinée.</p>



<p>La plupart des femmes décrivent également des conditions de vie tout à fait inadéquates, fréquemment obligées de dormir dans un garde-manger ou par terre dans la chambre d’un enfant, sans véritable lit ni literie, sans air conditionné en état de marche.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Le mari m’a dit  » tu vas faire ce que je veux  » »</h3>



<p>Selon le témoignage de nombreuses femmes, elles se faisaient hurler dessus, insulter et humilier ; d’autres étaient agressées sexuellement, et parfois violées, par leurs employeurs masculins. C’est le cas de Judy, mère célibataire de deux enfants, venue en Arabie saoudite pour échapper à son mari violent.</p>



<p>« Il m’a violée et m’a même menacée pour que je ne dise rien à sa femme. Je me suis tue. C’était comme une routine quotidienne pour lui. J’ai essayé [de lui dire stop], mais les hommes sont très forts. Alors il a fini par me violer, cinq fois. »</p>



<p>Beaucoup n’ont pas osé signaler les violences aux autorités saoudiennes ou à l’ambassade du Kenya ; celles qui l’ont fait sont devenues la cible de représailles ou d’accusations forgées de toutes pièces, par exemple en étant accusées à tort de vol, et ont perdu leur salaire.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Ils nous traitaient de singes ou de babouins »</h3>



<p>Le rapport souligne que le racisme systémique ancré dans le système de parrainage (kafala), associé à des attitudes discriminatoires enracinées dans l’héritage de l’esclavage et du colonialisme britannique dans la région, perpétue l’exploitation, les violences et la discrimination raciale vis-à-vis de ces travailleurs, en particulier des femmes, dont les vulnérabilités liées au genre sont souvent aggravées par leur statut de travailleuse domestique migrante.</p>



<p>De nombreuses femmes ont raconté que leurs employeurs les traitaient de noms très péjoratifs et racistes, tels que hayawana (animal), khaddama (servante) et sharmouta (prostituée). Ils faisaient également des commentaires désobligeants sur la couleur de leur peau et sur leur odeur corporelle, ou leur interdisaient de se servir des mêmes couverts ou articles ménagers que la famille – ce qu’elles ont souvent désigné comme une « ségrégation » – parce qu’elles étaient originaires d’Afrique.</p>



<p>Niah* a raconté : « En raison de ma peau foncée, ils me traitaient toujours d’animal noir. Les enfants venaient aussi me montrer du doigt et me rire au visage, me disant que j’étais un singe. »</p>



<p>Irungu Houghton a déclaré :</p>



<p>« Au cœur de ces abus se trouve un droit du travail fondé sur un racisme historique et structurel, qui déshumanise les employées domestiques migrantes racisées – notamment les Africaines noires – et les traite comme de la main-d’œuvre jetable. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des lois et des réformes insuffisantes</h3>



<p>Ces dernières années, dans le cadre de son programme Vision 2030, l’Arabie saoudite a adopté de timides réformes pour le système de parrainage kafala, qui lie les 13 millions de travailleuses et travailleurs migrants du pays à leurs employeurs et favorise directement le travail forcé et de graves violations des droits humains.</p>



<p>Cependant, ces réformes limitées sont largement restreintes à ceux qui sont couverts par le droit du travail saoudien, qui exclut les employé·e·s de maison. Aujourd’hui, ceux-ci restent soumis à des restrictions strictes de leur droit de circuler librement, et dans la plupart des cas, ont encore besoin de l’autorisation de leur employeur pour changer d’emploi ou quitter le pays.</p>



<p>En 2023, le gouvernement a mis à jour la règlementation relative aux employés domestiques afin de mieux encadrer les heures et les conditions de travail. Cependant, sans un régime efficace de suivi, d’inspection et d’application, ces réglementations sont souvent dénuées de sens dans la pratique. Si la plupart des violations recensées sont illégales au titre de la législation saoudienne, elles ont été perpétrées en toute impunité.</p>



<p>« Le Kenya a un rôle important à jouer dans la protection des employées domestiques à l’étranger. Il doit collaborer avec l’Arabie saoudite pour assurer la protection des travailleuses migrantes en cadrant les pratiques de recrutement. En outre, il faut que les ambassades soient préparées en cas d’urgence et de détresse à leur apporter leur soutien, notamment en proposant des endroits où se réfugier ainsi qu’une aide financière et juridique à celles qui en ont besoin », a déclaré Irungu Houghton.</p>



<p class="has-text-align-right has-small-font-size"><em>*Les noms ont été changés.</em></p>



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<section id="section-72d634c6" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack section--small" style=""><div class="container">

<h3 class="wp-block-heading">Complément d’information</h3>



<p>Environ quatre millions de personnes travaillent comme employé·e·s de maison en Arabie Saoudite et toutes viennent de pays étrangers, dont 150 000 du Kenya, selon les statistiques sur le marché du travail du pays. En raison de la montée en flèche du chômage au Kenya, les autorités encouragent les jeunes à chercher du travail dans les pays du Golfe, notamment en Arabie saoudite, qui est l’une des principales sources de transferts de fonds du Kenya.</p>

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