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	<title>Justice internationale Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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	<title>Justice internationale Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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	<item>
		<title>Iran. Les architectes de la répression sanglante du mouvement «Femme, Vie, Liberté» identifiés</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/communiques-de-presse/iran-les-architectes-de-la-repression/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 09:57:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=37031</guid>

					<description><![CDATA[<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/communiques-de-presse/iran-les-architectes-de-la-repression/">Iran. Les architectes de la répression sanglante du mouvement «Femme, Vie, Liberté» identifiés</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<section id="section-545223cf" class="section wp-block-amnesty-core-section section--textBlack" style=""><div class="container">

<h1 class="wp-block-heading"><mark><strong>Iran. Les architectes de la répression sanglante du mouvement «Femme, Vie, Liberté» identifiés</strong>.</mark></h1>


<section id="section-f2d4684a" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack" style=""><div class="container">

<ul class="wp-block-list">
<li><strong><em>Un nouveau rapport conclut que les autorités iraniennes ont commis des crimes contre l’humanité durant leur répression sanglante du soulèvement Femme, Vie, Liberté de 2022.</em>&nbsp;</strong></li>



<li><strong><em>Une enquête approfondie dévoile la chaîne de commandement responsable de la mise en œuvre d’une politique d’État consistant à utiliser la force meurtrière pour écraser les manifestations, et identifie 87 représentants des autorités qui devraient faire l’objet d’enquêtes pour crimes contre l’humanité.</em>&nbsp;</strong></li>



<li><strong><em>La répression meurtrière menée par les autorités iraniennes a visé de façon disproportionnée les populations kurdes et baloutches, qui ont été soumises à des actes de persécution constituant un crime contre l’humanité.</em>&nbsp;</strong></li>



<li><strong><em>L’Assemblée générale des Nations unies doit créer un mécanisme international de justice pénale pour combattre l’impunité dont jouissent les responsables des homicides de masse répétés de manifestant·e·s, qui ont atteint leur paroxysme avec les massacres de janvier 2026.</em>&nbsp;</strong></li>



<li><em><strong>Ce rapport paraît alors que des hostilités armées sont en cours depuis les attaques illégales menées par les États-Unis et Israël, soulignant la nécessité d’instaurer un cessez-le-feu durable et de demander des comptes pour les violations de la Charte des Nations unies et du droit international humanitaire.</strong></em></li>
</ul>

</div></section>


<p>Dans un nouveau rapport majeur marquant le quatrième anniversaire du début du soulèvement Femme, Vie, Liberté, Amnesty International alerte sur le fait que les responsables des crimes contre l’humanité commis dans le cadre de la répression violente des manifestations en 2022 contrôlent toujours l’appareil de répression meurtrier de l’État iranien.</p>



<p>Ce rapport de plus de 1 000 pages, intitulé Architects of Atrocities: State Machinery Orchestrating Crimes Against Humanity in Iran’s 2022 Woman Life Freedom Uprising, dont une synthèse est disponible en français sous le titre Les architectes des atrocités. Des crimes contre l’humanité orchestrés par l’appareil d’État pendant le soulèvement Femme, Vie, Liberté de 2022 en Iran, montre que les autorités iraniennes ont commis différents crimes contre l’humanité (meurtres, torture, disparitions forcées, emprisonnements, viols et persécution) pour des motifs politiques, ethniques, religieux et liés au genre, afin d’écraser le soulèvement. Il détaille également les opérations meurtrières de répression des manifestations et les structures de commandement, identifiant 87 membres des autorités qui devraient faire l’objet d’enquêtes pénales pour crimes contre l’humanité.</p>



<p>Amnesty International demande qu’un mécanisme international de justice pénale soit mis en place de toute urgence par l’Assemblée générale des Nations unies afin de réclamer des comptes aux autorités iraniennes responsables de crimes contre l’humanité et de les dissuader de commettre de nouvelles atrocités, comme les massacres de grande ampleur des 8 et 9 janvier 2026.</p>



<p>Au regard des hostilités qui sont en cours à la suite des attaques illégales menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, Amnesty International réitère aussi son appel à instaurer un cessez-le-feu durable et à mener des enquêtes indépendantes sur les attaques commises pendant ce conflit. L’organisation demande à l’ONU de réclamer des comptes pour les violations de la Charte des Nations unies et du droit international humanitaire, parmi lesquelles de possibles crimes de guerre.</p>


<section id="section-5c42651d" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack" style=""><div class="container">

<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:20% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="552" height="786" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran.png" alt="" class="wp-image-37037 size-full" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran.png 552w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-211x300.png 211w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-421x600.png 421w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-51x72.png 51w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-101x144.png 101w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-42x60.png 42w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-84x120.png 84w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-140x200.png 140w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-281x400.png 281w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-183x260.png 183w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-365x520.png 365w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-228x325.png 228w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-456x650.png 456w" sizes="(max-width: 552px) 100vw, 552px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center"><mark>LES ARCHITECTES DES ATROCITÉS</mark></h2>



<p class="has-text-align-center">Vous trouverez ici une synthèse de 49 pages qui résume le rapport complet d&rsquo;Amnesty International sur la répression d&rsquo;État meurtrière menée en 2022 par les autorités iraniennes contre les manifestant·e·x·s du mouvement «Femme, Vie, Liberté».</p>



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</div>
</div></div>

</div></section>


<p>« Les très nombreuses preuves recueillies et analysées dans notre rapport ne laissent aucun doute : les autorités iraniennes ont commis des crimes contre l’humanité pour écraser le soulèvement Femme, Vie, Liberté de 2022. Elles ont lancé une attaque généralisée et systématique dirigée contre une population civile qui réclamait la dignité, le respect des droits humains et un changement politique de fond, en application d’une politique d’État consistant à recourir à la force meurtrière pour réduire à néant toute dissidence, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« Notre rapport révèle également que les crimes contre l’humanité en Iran sont entretenus par une architecture de l’impunité intégrée aux cadres constitutionnel, législatif, politique et judiciaire du pays. Il en a résulté des cycles effroyables de massacres de plus en plus graves pendant des manifestations, qui ont atteint un paroxysme avec ceux de dizaines de milliers de manifestant·e·s en seulement 48 heures les 8 et 9 janvier 2026. L’Assemblée générale des Nations unies doit mettre un terme à la normalisation inadmissible des homicides de masse de manifestant·e·s en Iran et créer un mécanisme international de justice pénale destiné à poursuivre les personnes portant la plus lourde responsabilité dans les crimes contre l’humanité.</p>



<p>« À l’heure où paraît ce rapport, la population iranienne est aussi confrontée aux conséquences dévastatrices des attaques illégales menées par les États-Unis et Israël. Amnesty International s’oppose sans équivoque aux violations du droit international commises par toutes les parties et rejette toute tentative d’instrumentalisation de la souffrance des victimes de violations des droits humains en Iran pour justifier des attaques illégales qui provoquent de nouveaux préjudices civils.</p>



<p>« Depuis des années, les Iraniens et Iraniennes sont confrontés à une violente répression et à des persécutions de la part de leurs propres autorités, qui agissent en toute impunité. Aujourd’hui, nombre d’entre eux subissent aussi le coût humain de l’action militaire illégale menée par les États-Unis et Israël. Pour apporter une réponse fondée sur des principes, il est indispensable de s’opposer à la fois à l’impunité pour les crimes contre l’humanité et au recours illégal à la force. La communauté internationale doit suivre des stratégies diplomatiques centrées sur la population, qui accordent une place centrale à la protection des civil·e·s, à la prévention des atrocités, à la justice et à l’obligation de rendre des comptes. Après plus de six mois de frappes aériennes qui ont tué et blessé des civil·e·s, porté atteinte à l’environnement et causé des dégâts importants aux infrastructures civiles, un cessez-le-feu durable est nécessaire de toute urgence, parallèlement à des enquêtes indépendantes et des mesures de l’Assemblée générale de l’ONU visant à demander des comptes pour les violations de la Charte des Nations unies et du droit international humanitaire et les possibles crimes de guerre commis par toutes les parties au conflit. »</p>



<p>Le rapport d’Amnesty International, qui paraît quatre ans après le début des manifestations déclenchées à l’échelle nationale par la mort en détention de Zhina Mahsa Amini aux mains de la police « des mœurs », montre comment les autorités iraniennes ont mobilisé des forces de sécurité équipées d’armes à feu de type militaire et de fusils à plombs et ont donné des ordres favorisant les homicides illégaux de centaines de manifestant·e·s et de passant·e·s, dont plusieurs dizaines d’enfants. Les crimes contre l’humanité ont aussi pris la forme d’arrestations arbitraires, de disparitions forcées, d’actes de torture ou d’autres mauvais traitements visant des hommes, des femmes et des enfants, ainsi que de manœuvres de persécution à l’encontre de proches endeuillés.</p>



<p>Outre ce rapport, Amnesty International publie également Lives Cut Brutally Short: Victims of Crimes Against Humanity During Iran’s 2022 Woman Life Freedom Uprising, un document qui établit une liste de 377 manifestant·e·s et passant·e·s ayant trouvé la mort, dont 56 mineur·e·s, en s’appuyant sur les informations et preuves recueillies par l’organisation dans le cadre de son enquête sur la pratique généralisée des homicides par les forces de sécurité dans tout le pays. Ce document contient des photos des victimes et de leur sépulture lorsqu’elles sont disponibles.</p>



<p>En plus d’appeler l’Assemblée générale des Nations unies à mettre en place un mécanisme international de justice pénale compte tenu de l’impasse politique au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, de la gravité et de l’ampleur des crimes commis, ainsi que du risque élevé qu’ils se reproduisent, Amnesty International demande également aux États d’engager le Conseil de sécurité à saisir le Bureau du procureur de la Cour pénale internationale de la situation en Iran.</p>



<p>Elle appelle en outre les parquets du monde entier à diligenter des enquêtes, au titre de la compétence universelle ou d’autres formes de compétence extraterritoriale, sur les représentants des autorités iraniennes présumés responsables de crimes contre l’humanité, notamment ceux cités dans son rapport, et à décerner des mandats d’arrêt à leur encontre lorsqu’il existe suffisamment de preuves.</p>



<p>Pendant ses années d’enquête pour ce rapport, Amnesty International s’est notamment entretenue avec 270 personnes, parmi lesquelles des manifestant·e·s, des personnes ayant été détenues, des proches de personnes tuées ou détenues, des témoins, des avocat·e·s, des défenseur·e·s des droits humains, des journalistes et des membres du corps médical. Elle a aussi analysé plus de 2 000 vidéos et un vaste corpus d’éléments de preuve, tels que des déclarations officielles, des documents officiels divulgués à la suite de fuites, des dossiers judiciaires, des verdicts de tribunaux et des rapports médicolégaux.</p>



<p>L’organisation a écrit au Guide suprême et à de hauts responsables iraniens pour leur faire part de ses conclusions et afin d’informer les 87 représentants des autorités désignés nommément dans son rapport. Au moment de la publication, elle n’avait reçu aucune réponse.</p>


<section id="section-ebc03641" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack" style=""><div class="container">

<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:20% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="552" height="786" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran.png" alt="" class="wp-image-37037 size-full" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran.png 552w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-211x300.png 211w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-421x600.png 421w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-51x72.png 51w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-101x144.png 101w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-42x60.png 42w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-84x120.png 84w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-140x200.png 140w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-281x400.png 281w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-183x260.png 183w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-365x520.png 365w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-228x325.png 228w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-456x650.png 456w" sizes="(max-width: 552px) 100vw, 552px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center"><mark>LES ARCHITECTES DES ATROCITÉS</mark></h2>



<p class="has-text-align-center">Vous trouverez ici une synthèse de 49 pages qui résume le rapport complet d&rsquo;Amnesty International sur la répression d&rsquo;État meurtrière menée en 2022 par les autorités iraniennes contre les manifestant·e·x·s du mouvement «Femme, Vie, Liberté».</p>



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</div></section>


<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une attaque à l’échelle nationale menée en application d’une politique d’État</strong></h2>



<p>L’enquête d’Amnesty International sur les crimes contre l’humanité commis pour écraser le soulèvement Femme, Vie, Liberté de 2022 montre que deux principales forces de sécurité, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et la Police de la République islamique d’Iran (désignée par son acronyme en persan FARAJA), ont procédé aux dispersions mortelles des manifestations, en application d’une politique d’État élaborée par l’intermédiaire du Conseil suprême de sécurité nationale, du Conseil de sûreté de l’État et des conseils de sécurité provinciaux et départementaux.</p>



<p>Les agents de la FARAJA et du CGRI ont à maintes reprises tiré sur des foules au moyen de fusils d’assaut de type militaire, d’armes de poing et de fusils à plombs. En outre, ils ont poursuivi des manifestant·e·s et des passant·e·s qui s’enfuyaient, se rapprochant de victimes non armées qui ne constituaient une menace pour personne, y compris les membres des forces de sécurité, et les abattant à bout portant.</p>



<p>Parmi les branches de la FARAJA impliquées figuraient la Police de prévention, dont ses Unités d’assistance, ainsi que les Unités spéciales. Les branches du CGRI qui ont participé étaient notamment les divisions opérationnelles, les Unités de sécurité provinciales et plusieurs bataillons de la Force de mobilisation de la résistance (Bassidj), comme les bataillons Imam Ali et les bataillons Beit Al Moghaddas. Ces branches du CGRI ont agi sous la direction de leurs corps provinciaux respectifs, eux-mêmes supervisés par les quartiers généraux régionaux du CGRI.</p>



<p>Les déclarations officielles et les documents divulgués à la suite de fuites analysés dans le rapport révèlent une politique d’État, qui transparaît dans les réunions stratégiques, les ordres donnés, les plans de déploiement, l’allocation de moyens financiers et d’armes, et les instructions en faveur d’une réponse « ferme et sévère ». Une des instructions divulguées ordonnait aux forces de sécurité de « répondre sans pitié et aller jusqu’à donner la mort ».</p>



<p>Les témoins ont à maintes reprises décrit des rues qui ressemblaient à des champs de bataille en raison des tirs incessants des forces de sécurité. Mahshid, qui a manifesté à Mahabad, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental, a déclaré à Amnesty International : « Je n’avais jamais vu de telles scènes […] C’était très effrayant, on aurait dit une zone de guerre. Les forces de sécurité n’arrêtaient pas de tirer. »</p>



<p>La plupart des 377 manifestant·e·s et passant·e·s figurant sur la liste des personnes décédées établie par Amnesty International ont été tués par les forces de sécurité lors d’opérations de dispersion des manifestations entre septembre et décembre 2022. Les autres sont morts en détention, après leur libération ou dans des circonstances suspectes laissant supposer une responsabilité de l’État.</p>



<p>Fidèles à leur posture habituelle consistant à nier et à couvrir les faits, les autorités n’ont reconnu que 202 décès et ont attribué de façon mensongère la plupart d’entre eux à des acteurs non gouvernementaux, des « émeutiers » ou des « terroristes armés », malgré la multitude d’éléments prouvant le contraire. Loin de prendre des mesures pour faire cesser les crimes à mesure que les preuves se multipliaient, les hauts responsables ont régulièrement félicité les forces de sécurité et ordonné la poursuite des opérations.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un total de 87 responsables identifiés comme devant faire l’objet d’une enquête pénale</strong></h2>



<p>À partir des informations détaillées recueillies sur les forces de sécurité impliquées et d’une analyse approfondie de leurs structures de commandement, Amnesty International a identifié 87 responsables iraniens qui devraient faire l’objet d’une enquête pénale pour crimes contre l’humanité.</p>



<p>Cette liste, bien que non exhaustive, s’étend du plus haut niveau de l’appareil de sécurité iranien à des niveaux plus locaux (provinces et départements).</p>



<p>Parmi les 87 personnes citées figurent 62 commandants des forces de sécurité (dont 33 commandants du CGRI et 27 commandants de la FARAJA) et 25 fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, dont des gouverneurs provinciaux et départementaux. Dix sont de hauts responsables nationaux et 77 de hauts responsables régionaux, provinciaux ou départementaux exerçant des responsabilités liées aux 17 départements des provinces du Kurdistan, de Kermanchah et de l’Azerbaïdjan occidental sur lesquels Amnesty International a mené des recherches approfondies.</p>



<p>Parmi les personnes identifiées figurent l’ancien Guide suprême et commandant en chef de toutes les forces armées, Ali Khamenei, et l’ancien chef d’état-major des forces armées, Mohammad Bagheri. Tous deux ont été tués en février 2026 dans des frappes aériennes menées pendant l’attaque militaire des États-Unis et d’Israël contre la République islamique d’Iran. Amnesty International cite également le ministre de l’Intérieur de l’époque, Ahmad Vahidi, qui est depuis devenu commandant général du CGRI, et Majid Mir Ahmadi, qui était à l’époque vice-ministre de l’Intérieur chargé de la police et de la sécurité.</p>



<p>« Cette enquête révèle les différents niveaux de commandement et la coordination qui ont été à la base de la répression meurtrière des manifestations par les autorités iraniennes. Les agents déployés dans les rues ont agi dans le cadre d’une chaîne de commandement hiérarchique et coordonnée les reliant à des responsables qui ont ordonné, permis, facilité et soutenu les crimes perpétrés à grande échelle, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Les représentants des autorités cités restent à l’abri de la justice en Iran. La plupart occupent toujours des postes depuis lesquels ils peuvent lancer une nouvelle répression meurtrière, et certains ont même monté dans la hiérarchie de la chaîne de commandement après les crimes contre l’humanité de 2022. Cette impunité persistante a des conséquences dévastatrices. Il est plus que temps de mettre en place un mécanisme international de justice pénale pour l’Iran avant que des manifestant·e·s ne soient de nouveau massacrés. »</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un terrible bilan pour les populations kurdes et baloutches</strong></h2>



<p>Les manifestant·e·s issus des populations baloutches et kurdes – des groupes persécutés en Iran – ont payé un lourd tribut à la répression meurtrière. Ils représentent 62 % du nombre total de victimes enregistrées, alors qu’ils ne constituent, respectivement, que 5 % et 10 à 15 % de la population du pays.</p>



<p>Amnesty International a recensé 106 manifestant·e·s et passant·e·s baloutches (dont 20 enfants) tués illégalement par les forces de sécurité de la province du Sistan-et-Baloutchistan (soit 33 % des victimes enregistrées par l’organisation). Durant la seule journée du 30 septembre 2022, 87 ont été victimes d’homicides illégaux lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu après les prières du vendredi à Zahedan (une répression connue sous le nom de « Vendredi sanglant »).</p>



<p>L’organisation a aussi recueilli des informations sur les circonstances entourant les homicides illégaux de 95 manifestant·e·s et passant·e·s kurdes, dont 13 mineur·e·s, tués lors de la dispersion de manifestations ou dans des zones où les forces de sécurité exerçaient une présence militarisée, à proximité de manifestations en cours ou récemment terminées, dans 17 départements des provinces du Kurdistan, de Kermanchah et de l’Azerbaïdjan occidental (29 % des victimes enregistrées par l’organisation). La plupart de ces personnes ont été tuées par balle ; d’autres ont été battues à mort, touchées par des grenades lacrymogènes ou écrasées délibérément par des véhicules des forces de sécurité.</p>



<p>Iman, témoin originaire de Sanandadj, dans la province du Kurdistan, a déclaré : « Les agents tiraient à vue, sans se soucier de savoir s’ils visaient des femmes, des enfants, des passants ou des manifestants. »</p>



<p>Amnesty International a constaté que, dans les provinces de Kermanchah, du Kurdistan et de l’Azerbaïdjan occidental, les forces de sécurité avaient systématiquement déployé des fusils de précision, des fusils d’assaut, des pistolets-mitrailleurs et des mitrailleuses lourdes montées sur des pick-ups.</p>



<p>L’organisation a conclu que des meurtres et des actes de torture avaient été commis contre des manifestant·e·s kurdes et baloutches avec une intention discriminatoire fondée sur des motifs politiques et ethniques, et que les critères constitutifs du crime contre l’humanité de persécution étaient remplis pour ces groupes pris pour cible.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une impunité intentionnelle</strong></h2>



<p>En Iran, l’impunité pour les crimes de droit international et les autres graves violations des droits humains est systémique et intentionnelle.&nbsp;</p>



<p>La Constitution iranienne place le système judiciaire sous le contrôle direct du Guide suprême, qui est non seulement le commandant en chef des forces de sécurité, mais aussi celui qui nomme le responsable du pouvoir judiciaire, qui à son tour nomme les principaux juges et procureurs. Les affaires concernant les graves violations des droits humains commises par des membres des forces de sécurité sont gérées par les parquets et tribunaux militaires, dont les juges et magistrats peuvent être eux-mêmes issus des forces de sécurité et s’appuient souvent sur les versions des faits fournies par les organes de sécurité – ceux-là mêmes qui sont impliqués dans les crimes.&nbsp;</p>



<p>La Loi iranienne sur le recours aux armes à feu par les forces armées en cas de force majeure autorise l’utilisation d’armes à feu pour disperser des manifestations, en violation flagrante du droit international, qui ne permet cette utilisation qu’en dernier recours face à une menace imminente de mort ou de blessure grave. Cette loi exempte aussi généralement les agents de l’État de toute responsabilité civile et pénale.&nbsp;</p>



<p>« Les victimes et leurs familles en Iran sont piégées dans un système où les institutions qui sont censées rendre justice sont contrôlées par les autorités qui ont du sang sur les mains. Les familles qui cherchent à obtenir vérité et justice sont persécutées, a déclaré Agnès Callamard.&nbsp;</p>



<p>« Il n’est pas réaliste d’adresser des appels au respect de l’obligation de rendre des comptes aux autorités judiciaires iraniennes, qui sont complices des crimes contre l’humanité. La communauté internationale doit proposer dès maintenant des voies internationales pour que justice soit faite. L’Assemblée générale des Nations unies doit combattre la crise de l’impunité qui expose la population iranienne à des massacres récurrents et de plus en plus graves de manifestant·e·s. »</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><div style="position:relative"><img decoding="async" width="1024" height="712" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-1024x712.jpg" alt="" class="aiic-ignore wp-image-37048" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-1024x712.jpg 1024w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-300x209.jpg 300w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-768x534.jpg 768w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-1536x1068.jpg 1536w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-863x600.jpg 863w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-734x510.jpg 734w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-104x72.jpg 104w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-207x144.jpg 207w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-60x42.jpg 60w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-120x83.jpg 120w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-200x139.jpg 200w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-400x278.jpg 400w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-260x181.jpg 260w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-520x362.jpg 520w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-325x226.jpg 325w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-650x452.jpg 650w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-600x417.jpg 600w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153.jpg 2000w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><div class="image-metadata is-image"></div></div><figcaption class="wp-element-caption">TEHRAN, IRAN &#8211; SEPTEMBER 19: People gather during a protest for Mahsa Amini, who died after being arrested by morality police allegedly not complying with strict dress code in Tehran, Iran on September 19, 2022. (Photo by Stringer/Anadolu Agency via Getty Images)</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Complément d&rsquo;information</h2>



<p>Amnesty International publie ce rapport à un moment où la population iranienne est confrontée à un double risque de subir des crimes de droit international. D’un côté, elle est exposée à des violations du droit international humanitaire depuis que les États-Unis et Israël ont attaqué illégalement l’Iran en violation de la Charte des Nations unies, le 28 février 2026.</p>



<p>De l’autre, elle risque d’être victime de nouveaux crimes contre l’humanité dans le contexte de la répression de manifestations. Les autorités iraniennes ont invoqué la « situation de guerre » pour justifier une intensification de la répression intérieure, renforçant la militarisation des espaces publics, menaçant ouvertement de tuer massivement les manifestant·e·s et les dissident·e·s, et multipliant les exécutions arbitraires motivées par des considérations politiques.</p>



<p>Depuis décembre 2017, l’Iran est le théâtre de vagues successives de manifestations contre le régime. Des manifestant·e·s sont descendus dans la rue à plusieurs reprises pour réclamer le respect des droits humains, la dignité, la liberté, la fin du système de la République islamique et son remplacement par un nouveau système de gouvernance respectueux des droits. Les recherches approfondies d’Amnesty International sur la réponse des autorités à ces vagues successives de manifestations en décembre 2017-janvier 2018, novembre 2019, septembre-décembre 2022 et janvier 2026 révèlent une pratique récurrente des homicides illégaux de masse, de la torture, des disparitions forcées et d’autres crimes de droit international.</p>

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		<title>Russie. Le recrutement d’étrangers pour combattre en Ukraine relève de la traite des êtres humains</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/russie-le-recrutement-detrangers-pour-combattre-en-ukraine-releve-de-la-traite-des-etres-humains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Sep 2026 14:54:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
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		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Russie. Le recrutement d’étrangers pour combattre en Ukraine relève de la traite des êtres humains La Russie a employé des pratiques trompeuses, coercitives et fondées sur l’exploitation, dans le but de recruter des étrangers pour qu’ils rejoignent ses forces armées, et de les envoyer combattre en Ukraine, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse rendue [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Russie. Le recrutement d’étrangers pour combattre en Ukraine relève de la traite des êtres humains</h2>



<p>La Russie a employé des pratiques trompeuses, coercitives et fondées sur l’exploitation, dans le but de recruter des étrangers pour qu’ils rejoignent ses forces armées, et de les envoyer combattre en Ukraine, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse rendue publique jeudi 10 septembre. Dans de nombreux cas, cela constitue une violation des droits humains et relève de la traite des personnes, qui reste étendue en Russie et dont la communauté internationale doit se préoccuper en urgence.</p>



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<p>Les recherches effectuées décrivent comment des recruteurs ont attiré sous des prétextes fallacieux au sein des forces armées russes des individus venant de l’étranger, et ont exploité la situation précaire de migrants et de réfugiés déjà présents en Russie. Les personnes prises pour cible sont majoritairement issues de pays à faible revenu du sud global.</p>



<p>« Les recherches effectuées par Amnesty montrent que l’armée russe renforce ses rangs avec des étrangers vulnérables sur le plan économique, et les utilise comme chair à canon dans la guerre d’agression contre l’Ukraine. Le niveau d’exploitation et de coercition que cela implique nous a amenés à conclure que dans de nombreux cas, cela relève de la traite des êtres humains, ainsi que la définit le Protocole de Palerme », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« S’appuyant sur des voies migratoires pré-existantes caractérisées par l’exploitation et des pratiques abusives à l’égard des migrant·e·s et des réfugié·e·s en Russie, des recruteurs ont établi un système de coercition, de fraude et de tromperie, notamment des promesses creuses faisant miroiter des emplois civils ou non-combattants, afin d’engager des étrangers dans l’armée. Une fois que les victimes ont signé les documents qu’on leur présente, souvent dans une langue qu’elles ne comprennent pas, des commandants militaires restreignent leurs mouvements, les déploient en première ligne avec une préparation minimale, et menacent ceux qui cherchent à s’en extraire. »</p>



<p>La synthèse s’appuie sur les témoignages de personnes originaires du Brésil, de Colombie, de Cuba, d’Égypte, de Sierra Leone, du Sri Lanka, de Somalie et d’Afrique du Sud, recueillis dans deux camps ukrainiens de prisonniers de guerre entre 2024 et 2026, et sur des conversations avec des étrangers servant actuellement au sein des forces russes, ainsi que des membres de leur famille, des avocat·e·s, des défenseur·e·s des droits humains et des journalistes.</p>



<p>Parmi leurs principaux outils pour recruter des étrangers, les autorités russes ont tiré parti de la situation irrégulière de personnes restées sur le territoire au-delà de la durée de leur visa de travail, ainsi que de la situation précaire d’étrangers accusés d’infractions pénales, leur présentant un engagement au sein de l’armée comme une solution préférable à une arrestation et une expulsion.</p>



<p>Amnesty International a recueilli les propos de deux Sri-Lankais recrutés après avoir dépassé la durée de leur visa de travail, ainsi que de personnes originaires de Cuba et d’Égypte, incarcérées pour détention présumée de stupéfiants, qui se sont vu proposer la possibilité de signer des contrats militaires au lieu de purger ou terminer leur peine de prison. L’organisation a également reçu le témoignage d’un réfugié originaire d’Afrique centrale qui a été placé en détention après l’expiration de son statut de protection temporaire, et qui a été menacé d’expulsion à moins qu’il ne s’engage au sein des forces armées de la Russie.</p>



<p>Passer sous silence ou présenter sous un faux jour les risques encourus et la nature spécifique du travail proposé est devenu un élément clé du recrutement de migrants par l’armée russe. Le service militaire est généralement présenté comme une fonction de soutien non-combattante, comme le fait de travailler dans une cantine militaire ou comme chauffeur loin de la première ligne des combats. Les deux Sri-Lankais interrogés ont déclaré qu’on leur avait fait croire qu’ils travailleraient comme cuisiniers, mais ont en fait été envoyés se battre en première ligne. Ils ont été capturés au bout de quelques semaines par les forces ukrainiennes. « L’ampleur des combats est inimaginable. On ne voit pas de soldats ukrainiens, seulement des drones. Des drones partout », a dit l’un d’eux. « Jamais je n’y retournerais. »</p>



<p>Des agents locaux et des offres d’emploi trompeuses sur Internet ont joué un rôle central dans le système visant à duper des étrangers au sein même de leur pays. Des personnes originaires du Brésil, de Colombie, de Sierra Leone, de Somalie, d’Afrique du Sud et du Sri Lanka, recrutées hors de Russie, ont déclaré qu’on leur avait fait de fausses promesses d’emplois civils dans les secteurs de la sécurité, de la logistique, de la construction, de l’informatique, entre autres, souvent avec l’assurance qu’elles percevraient des salaires élevés et bénéficieraient d’une procédure accélérée d’obtention de la nationalité russe &#8211; pour se retrouver finalement engagées de manière frauduleuse dans les forces armées à leur arrivée.</p>



<p>Un Sud-Africain qui avait postulé en ligne pour un emploi de chauffeur en Pologne a reçu de la part d’un agent sur WhatsApp des instructions lui demandant de prendre un vol pour Moscou afin d’aller récupérer un camion qu’il devait ensuite conduire jusqu’en Pologne, a déclaré son épouse à Amnesty International. « À son arrivée à Moscou, on lui a tout pris [&#8230;] On lui a dit qu’il n’irait pas en Pologne et qu’il allait devenir soldat. »</p>



<p>De nombreuses recrues ont reçu des promesses de salaires lucratifs et de bonus d’embauche qui ne se sont pas concrétisées. Si certaines ont perçu des paiements partiels avant d’être capturées, beaucoup ont indiqué n’avoir rien reçu du tout. Au-delà de la rémunération, toutes les personnes interrogées ont dit avoir été particulièrement motivées par les promesses concernant les procédures d’obtention de la nationalité russe.</p>



<p>Toutes ont signalé que leur liberté de mouvement avait fait l’objet de lourdes restrictions après qu’elles ont signé les contrats militaires. Des recrues venues du Brésil et du Sri Lanka ont déclaré que leurs passeports et téléphones portables leur ont été confisqués durant leur entraînement ou avant leur déploiement en première ligne. D’autres ont signalé qu’elles ne pouvaient pas quitter les centres où elles ont été conduites après la signature des papiers, et que les divers trajets s’effectuaient dans le secret et de manière strictement contrôlée.</p>



<p>Pedro, un informaticien brésilien, recruté après avoir signé ce qu’il pensait être un contrat pour un emploi bien rémunéré dans le domaine de la technologie en Russie, a déclaré qu’il avait dit à son commandant qu’il voulait partir, mais que celui-ci lui avait répondu : « Si vous essayez de vous enfuir, soit vous irez en prison soit nous vous tuerons. »</p>



<p>Le manque d’expérience militaire semble ne constituer aucun obstacle au recrutement, et la plupart des engagés sont déployés dans des zones de combat actif au bout d’à peine deux semaines d’entraînement. Un grand nombre ont signalé un manque de préparation, des équipements insuffisants, et une communication limitée avec les commandants en raison de la barrière de la langue. Cela suggère que le recrutement d’étrangers est nourri par la volonté des troupes russes d’augmenter le nombre de soldats en première ligne, sans guère se soucier de leur aptitude au combat et en affichant un mépris manifeste pour la vie humaine.</p>



<p>Les pratiques recensées dans le cadre de ces recherches suscitent de graves inquiétudes, tant la Russie a bafoué ses obligations en vertu du droit international, notamment en se livrant semble-t-il à la traite des êtres humains, et en s’abstenant : de poursuivre et combattre cette traite ; de mener des enquêtes efficaces dans les meilleurs délais sur tous les signalements de crimes et de violations graves des droits humains ; d‘identifier et de protéger les victimes et les rescapés ; et d’obliger les personnes soupçonnées d’être responsables ou complices de telles pratiques à rendre des comptes.</p>



<p>Amnesty International demande à la Russie de mettre immédiatement fin à toutes les pratiques abusives impliquant le recrutement militaire d’étrangers, et au traitement qui leur est réservé dans des camps d’entraînement et en première ligne des combats. Cela inclut : le fait de les recruter en usant de moyens coercitifs, de déclarations trompeuses et de campagnes de désinformation ; l’exploitation de vulnérabilités &#8211; sur les plans économique, juridique ou autre &#8211; d’étrangers en Russie et de personnes issues de communautés défavorisées dans le reste du monde ; et la restriction de leurs mouvements une fois en Russie ou sur les territoires ukrainiens occupés par la Russie.</p>



<p>Les États dont des ressortissants sont en danger ou ont été affectés par ce genre de pratiques devraient prendre des mesures préventives de protection, notamment en diffusant publiquement des mises en garde claires et des consignes sur les risques relatifs à des programmes de recrutement trompeurs ou frauduleux pour des emplois en Russie ou dans un pays tiers. Ils doivent aussi prendre des mesures concrètes, au niveau national, régional et mondial pour éradiquer la traite des êtres humains, et exiger que les responsables présumés rendent des comptes, et que les personnes victimes de coercition, d’exploitation ou de violations bénéficient de recours utiles.</p>



<p>La synthèse contient aussi une série d’appels aux autorités ukrainiennes, notamment concernant les ressortissants de pays tiers détenus comme prisonniers de guerre.</p>



<p>« Les souffrances humaines causées par la traite d’étrangers à laquelle se livrent la Russie ou ceux qu’elle habilite ou encourage, ne sont pas limitées au combat en première ligne en Ukraine. Ces réseaux de recrutement ont une vaste portée, et s’étendent jusqu’à des communautés vulnérables à travers le monde, laissant dans leur sillage exploitation, deuils et souffrances, bien au-delà de l’Ukraine ravagée par la guerre », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Si la Russie refuse de mettre fin à la traite des personnes et continue à exploiter des populations vulnérables dans le monde, d’autres États doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faire cesser ce crime. Les responsabilités de toutes les personnes directement impliquées et de tous les complices présumés doivent être pleinement établies, qu’il s’agisse de recruteurs ou d’intermédiaires, de fonctionnaires ou de commandants militaires. Lorsqu’un cas de traite est avéré, les victimes et les rescapés doivent être identifiés et pris en charge en temps que tels, et tous les éléments de preuve disponibles doivent être recueillis et préservés afin que les responsables présumés puissent être poursuivis. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Contexte</h4>



<p>En mai 2025, les autorités russes ont officiellement déclaré la présence d’Amnesty International illégale en Russie et criminalisé ses activités sur place, et lui ont refusé la possibilité de recueillir ouvertement des informations en Russie ou auprès de la Russie. Cela a empêché l’organisation d’enquêter librement sur les témoignages de personnes qui, selon les médias contrôlés par le gouvernement russe, ont affirmé que des recruteurs ukrainiens ont également essayé d’engager des étrangers par des moyens trompeurs ou cherchant à exploiter une situation vulnérable.</p>
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		<title>Italie. L’accord migratoire désastreux conclu avec l’Albanie doit servir de « signal d’alerte » pour mettre fin aux plans cruels de l’UE en matière de migration</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/italie-laccord-migratoire-desastreux-conclu-avec-lalbanie-doit-servir-de-signal-dalerte-pour-mettre-fin-aux-plans-cruels-de-lue-en-matiere-de-migrati/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Aug 2026 09:06:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
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		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Italie. L’accord migratoire désastreux conclu avec l’Albanie doit servir de « signal d’alerte » pour mettre fin aux plans cruels de l’UE en matière de migration La délocalisation du traitement des demandes d&#8217;asile de personnes migrantes ou demandeuses d’asile dans le cadre de l’accord conclu entre l’Italie et l’Albanie met en péril la sécurité, la [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Italie. L’accord migratoire désastreux conclu avec l’Albanie doit servir de « signal d’alerte » pour mettre fin aux plans cruels de l’UE en matière de migration</h2>



<p>La délocalisation du traitement des demandes d&rsquo;asile de personnes migrantes ou demandeuses d’asile dans le cadre de l’accord conclu entre l’Italie et l’Albanie met en péril la sécurité, la liberté et les droits humains de ces personnes, souligne Amnesty International dans un rapport publié quelques semaines seulement après les événements de Ceuta qui ont mis en lumière les dangers des politiques migratoires de l’Union européenne (UE) axées de longue date sur l’exclusion et le confinement.</p>



<p>Le rapport intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/08/EUR3013652026ENGLISH.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Italy: Extraterritorial migration detention and human rights obligations</a> se penche sur l’accord de 2023, portant sur la création en Albanie de deux centres de détention gérés par les autorités italiennes, qui a conduit au transfert forcé de plusieurs centaines de personnes devant subir une détention, nombre d’entre elles n’ayant pas la possibilité de bénéficier d’une assistance juridique. Les conditions de vie sur place et le coût humain désastreux des politiques de délocalisation migratoire de l’Italie ont poussé plusieurs personnes à s’automutiler ou à tenter de se suicider.</p>



<p>« La délocalisation de la détention vise en définitive à dissuader et à tenter de se soustraire à la fois aux responsabilités liées à la prise en charge des personnes migrantes et à l’obligation d’accorder l’asile à celles qui en ont besoin. L’accord conclu entre l’Italie et l’Albanie montre une fois de plus le coût inévitable de cette approche en ce qui concerne les droits humains, a déclaré Eve Geddie, directrice du Bureau d’Amnesty International auprès des institutions européennes.</p>



<p>« Juste avant l’entrée en vigueur de l’accord, Amnesty International avait tiré la sonnette d’alarme quant aux conséquences néfastes qu’il aurait inévitablement sur les droits des personnes en détresse en mer et de celles transférées en Albanie. De toute évidence, ces craintes se sont concrétisées. »</p>



<p>Amnesty International estime que ses conclusions doivent servir d’avertissement à l’UE quant aux conséquences désastreuses des politiques migratoires qui cherchent à s’appuyer de plus en plus sur des pays situés en dehors de ses frontières pour gérer les migrations, au détriment de la mise en place de voies sûres et légales.</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Une cruauté inutile</h4>



<p>Entre octobre 2024 et janvier 2025, l’Italie a mené trois opérations en mer et a procédé au transfert forcé de 73 personnes directement depuis les eaux internationales vers l’Albanie, en vertu de cet accord. À la suite de nombreuses décisions de la justice italienne annulant les mandats de placement en détention visant ces personnes, l’Italie a mis fin aux transferts vers l’Albanie depuis la haute mer.</p>



<p>Cependant, en mars 2025, le gouvernement italien a modifié l’accord afin d’autoriser la détention en Albanie d’hommes faisant l’objet d’une décision d’expulsion en Italie. En conséquence, au cours des 15 derniers mois, plusieurs centaines d’hommes (plus de 500 selon certaines sources), pour la plupart racisés, ont été transférés de force vers le centre de détention albanais de Gjadër.</p>



<p>Entre le 11 avril et le 16 mai 2025, 42 faits graves ont été recensés au centre de Gjadër, dont au moins deux tentatives de pendaison, une manifestation au cours de laquelle trois personnes ont été blessées par des éclats de verre, ainsi que divers cas d’automutilation.</p>



<p>Le gouvernement italien a fait obstacle au suivi indépendant de la mise en œuvre de l’accord, notamment en restreignant le contrôle parlementaire et en contournant les procédures législatives ordinaires. Comme l’accès et le contrôle des observateurs·trices indépendants des droits humains sont limités, on ignore en grande partie ce qui se passe dans les centres de détention albanais.</p>



<p>Bien que les personnes détenues en Albanie relèvent de la juridiction italienne, leur éloignement géographique de l’Italie, associé à un accès limité à des avocat·e·s, aux tribunaux et à d’autres garanties, compromet considérablement l’exercice des droits de solliciter l’asile et d’accéder à la justice.</p>



<p>Un avocat interrogé par Amnesty International a expliqué qu’il n’avait pas pu rencontrer son client avant l’audience et qu’il n’avait pas eu le temps de préparer correctement sa défense. Selon lui, les procès-verbaux des audiences d’asile montrant que des personnes interrogées répondaient par monosyllabes indiquaient qu’elles avaient été intimidées.</p>



<p>« Les personnes détenues en Albanie sont traumatisées, ce qui est tout à fait compréhensible. Certaines ont peut-être traversé le désert, été arrêtées et maltraitées en Libye, survécu à la traversée en mer à bord d’embarcations impropres à la navigation, puis, après avoir été interceptées par les autorités italiennes, ont passé plusieurs jours à effectuer le trajet jusqu’en Albanie. D’autres, transférées depuis des centres de détention en Italie, sont arrachées à leur vie, laissant derrière elles leur entourage et leurs réseaux de soutien, et doivent soudainement faire face à un nouvel environnement et à de nouveaux contrôles et formalités administratives, le tout dans une situation d’isolement. Ce qu’ils sont contraints de subir est intolérable et inutilement cruel », a déclaré Eve Geddie.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Atteintes à l’état de droit</h4>



<p>Les tribunaux italiens et la Cour de justice de l’UE ont estimé que les règles et pratiques italiennes relatives aux demandes d’asile déposées par des ressortissant·e·s de pays désignés par l’Italie comme « sûrs » (ce qui entraîne un traitement accéléré de ces demandes) étaient incompatibles avec le droit applicable de l’UE et ne prévoyaient pas de garanties suffisantes pour les demandeurs·euses.</p>



<p>Malgré les décisions répétées des tribunaux italiens ordonnant la libération des personnes placées en détention en Albanie, le gouvernement italien a poursuivi la mise en œuvre de l’accord. Il a tenté de limiter le contrôle des tribunaux quant à la désignation des « pays sûrs » en recourant à des dispositions de la législation destinées aux situations d’urgence, sans justifier les atteintes à l’état de droit.</p>



<p>Des personnes faisant l’objet d’une décision d’expulsion en Italie et déjà détenues dans ce pays ont également été soumises à des transferts extraterritoriaux illégaux, en dehors du cadre prévu par le droit national et européen.</p>



<p>« Il est absolument clair que le modèle italo-albanais est impossible à mettre en œuvre dans le respect des obligations de l’Italie en matière de droits humains. Cela doit servir de signal d’alerte afin que l’UE gèle définitivement tout projet visant à étendre le recours à la délocalisation de la détention et à d’autres outils d’externalisation », a déclaré Eve Geddie.</p>



<p>« Les autorités italiennes doivent immédiatement mettre fin à l’accord avec l’Albanie, mettre en œuvre des solutions autres que la détention des personnes migrantes qui, aux termes du droit international, doit rester une mesure de dernier recours, et garantir à toutes les personnes en quête de protection internationale l’accès à une procédure d’asile efficace et non discriminatoire ainsi qu’à un accueil digne sur le territoire italien. Tous les réfugié·e·s et migrant·e·s devraient pouvoir bénéficier de garanties juridiques efficaces et d’un contrôle indépendant. »</p>



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</div>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>L’accord entre l’Italie et l’Albanie est entré en vigueur le 23 février 2024 pour une durée de cinq ans au terme de laquelle il sera automatiquement renouvelé. Le gouvernement italien aurait alloué plus de 670 millions d’euros à son fonctionnement jusqu’en 2028.</p>



<p>Le ministère italien de l’Intérieur ayant rejeté à plusieurs reprises les demandes d’accès pour Amnesty International à ces centres de détention en Albanie, invoquant des raisons de sécurité et d’ordre public, nos recherches s’appuient sur la correspondance échangée avec le ministère de l’Intérieur, l’examen de documents judiciaires, les informations échangées au sein du réseau de la société civile Tavolo Asilo e Immigrazione, les rapports de parlementaires et de médiateurs·trices, et sur des entretiens menés avec des agences des Nations unies et deux avocats représentant des personnes détenues à Gjadër.</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/italie-laccord-migratoire-desastreux-conclu-avec-lalbanie-doit-servir-de-signal-dalerte-pour-mettre-fin-aux-plans-cruels-de-lue-en-matiere-de-migrati/">Italie. L’accord migratoire désastreux conclu avec l’Albanie doit servir de « signal d’alerte » pour mettre fin aux plans cruels de l’UE en matière de migration</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>Inde. La poursuite des exportations d’armes vers Israël entraîne un risque de complicité dans le génocide en cours à Gaza</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/inde-la-poursuite-des-exportations-darmes-vers-israel-entraine-un-risque-de-complicite-dans-le-genocide-en-cours-a-gaza/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jul 2026 03:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=36779</guid>

					<description><![CDATA[<p>Inde. La poursuite des exportations d’armes vers Israël entraîne un risque de complicité dans le génocide en cours à Gaza L’Inde a continué de livrer des armes à Israël malgré le risque substantiel que ce pays les utilise dans son génocide en cours contre la population palestinienne de la bande de Gaza occupée, a déclaré [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Inde. La poursuite des exportations d’armes vers Israël entraîne un risque de complicité dans le génocide en cours à Gaza</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Des munitions, des pièces détachées et des accessoires ont été vendus aux forces israéliennes.</em></li>



<li><em>Au moins 2 596 cargaisons d’armes ont été exportées vers Israël depuis le 7 octobre 2023.</em></li>



<li><em>Amnesty International a identifié des entreprises concernées qui sont directement détenues ou contrôlées par l’État indien.</em></li>
</ul>



<p>L’Inde a continué de livrer des armes à Israël malgré le risque substantiel que ce pays les utilise dans son génocide en cours contre la population palestinienne de la bande de Gaza occupée, a déclaré Amnesty International dans un nouveau rapport.</p>



<p>Intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/ASA2013272026EN.pdf"><strong>Made in India: The Supply of Weapons and Ammunition to Israel</strong></a>, ce rapport montre que le gouvernement indien a établi un partenariat étroit et rentable avec le secteur de la défense israélien et est devenu un fournisseur important de la chaîne d’approvisionnement qui soutient les opérations militaires d’Israël.</p>



<p>S’appuyant sur les données relatives aux expéditions de marchandises entre l’Inde et Israël, ce rapport révèle que des armes, des munitions, des pièces détachées et des composants indiens ont été expédiés à de grandes entreprises israéliennes qui fournissent l’armée d’Israël. Le rapport établit également que des entreprises directement détenues ou contrôlées par l’État indien sont impliquées dans ce commerce.</p>



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</div>



<p>« Nos recherches révèlent un soutien constant de l’Inde à l’armée et au secteur de la défense israéliens malgré le génocide à Gaza, dont il est pourtant question presque quotidiennement dans les médias du monde entier depuis des années, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« L’Inde fabrique et fournit des armes transférées à Israël par le biais des grandes entreprises fournisseuses qu’elle détient et contrôle. Non seulement elle ne réglemente pas les exportations d’armes vers Israël réalisées par des entreprises privées comme le lui imposent le droit international et les normes internationales, mais en outre elle a renforcé son partenariat de défense avec Israël.</p>



<p>« Compte tenu des mesures conservatoires prises par la Cour internationale de justice, qui reconnaissent un risque plausible de génocide contre les Palestinien·ne·s de Gaza, les autorités indiennes ne peuvent pas affirmer de façon crédible qu’elles ne savaient pas que, si elles continuaient d’autoriser et de faciliter les transferts d’armes vers Israël, elles risquaient fortement de contribuer à de graves violations du droit international. Tandis que l’armée israélienne répandait la mort et la destruction à Gaza, infligeant de vastes souffrances à la population palestinienne, les entreprises indiennes ont continué de faire du profit en livrant des composants et des munitions destinés au secteur de la défense israélien.</p>



<p>« Le gouvernement indien doit cesser immédiatement d’autoriser les exportations d’armes, de munitions et de pièces détachées vers Israël. Il doit aussi veiller à ce que les entreprises placées sous son contrôle ne contribuent pas à des crimes de droit international. Toutes les entreprises ont la responsabilité de respecter les droits humains dans le cadre de leurs activités partout dans le monde, ce qui implique notamment qu’elles doivent prendre dès le départ des mesures préventives fermes pour s’assurer que leurs produits ne soient pas utilisés pour commettre de graves violations du droit international. Ces mesures doivent être proportionnées au niveau de risque. »</p>



<p>L’équipe de recherche d’Amnesty International a analysé 2 596 cargaisons d’armes, de munitions, de pièces et de composants expédiées de l’Inde vers Israël depuis le 7 octobre 2023. Les registres indiquent que les entreprises indiennes ont fourni au moins 390 516 pièces détachées d’armes de petit calibre de type militaire, 564 970 composants d’engins explosifs (tels que des ogives pour drones, des douilles d’obus, etc.) et 298 composants de véhicules militaires à de grandes entreprises israéliennes qui fournissent directement l’armée d’Israël.</p>



<p>Amnesty International a systématiquement exclu les données sur les cargaisons pouvant être destinées à un usage civil. Elle a aussi exclu les armes, pièces et munitions susceptibles d’être utilisées pour des technologies de défense antimissile, qui servent souvent à protéger la population civile des attaques menées sans discrimination.</p>



<p>Amnesty International a par ailleurs analysé le cadre juridique national indien relatif aux transferts d’armes et sa conformité avec le droit international et les normes internationales. Elle a constaté de graves lacunes structurelles, notamment l’absence d’obligation explicite de diligence en matière de droits humains afin d’empêcher que des biens militaires soient utilisés pour commettre des violations du droit international relatif aux droits humains ou du droit international humanitaire (DIH), ainsi qu’un manque de transparence qui entraîne une absence d’obligation de rendre des comptes dans le processus d’exportation.</p>



<p>L’Inde s’est abstenue lors du vote pour l’adoption du Traité sur le commerce des armes en avril 2013. Depuis, elle n’a pas ratifié ce traité et n’y a pas non plus adhéré. Il est crucial que l’Inde adhère au Traité sur le commerce des armes à titre de première mesure visant à mettre sa réglementation sur le contrôle des exportations en conformité avec le droit international relatif aux transferts d’armes.</p>



<p>Dans le cadre de leur obligation de respecter et de faire respecter le DIH, tous les États ont l’interdiction de transférer ou d’autoriser des acteurs privés à transférer des armes à une partie à un conflit armé (qu’il s’agisse d’un État ou d’un groupe armé non étatique) dès lors qu&rsquo;il existe un risque manifeste que cela contribue à des violations du droit international humanitaire.</p>



<p>Les entreprises impliquées dans les transferts d’armes à Israël peuvent aussi contribuer à des violations du DIH. En outre, si les entreprises et leur personnel avaient connaissance du risque substantiel que les armes en question soient utilisées pour commettre des crimes de droit international, leur responsabilité pénale peut être engagée.</p>



<p>En juin et en juillet 2026, Amnesty International a écrit au gouvernement indien et aux neuf entreprises citées dans son rapport pour leur faire part de ses conclusions détaillées. Au moment de la publication, elle n’avait pas reçu de réponse.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des armes identifiées</h4>



<p>À la suite des crimes contre l’humanité commis par le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens lors de leurs attaques contre Israël le 7 octobre 2023, Israël s’est engagé dans une campagne violente et destructrice dans la bande de Gaza, s’apparentant à un génocide toujours en cours contre la population palestinienne, et poursuit ses opérations militaires et ses pratiques illégales, notamment son soutien actif à la violence débridée des colons en Cisjordanie. Ces actes se produisent dans le contexte de l’occupation illégale du territoire palestinien par Israël depuis des décennies et du système d’apartheid qu’il impose aux Palestinien·ne·s.</p>



<p>Ces crimes et violations du droit international sont rendus possibles par les livraisons presque ininterrompues d’armes et de munitions à Israël par un certain nombre d’États clés, tels que les États-Unis et l’Allemagne, ainsi que par le transit d’armes à destination d’Israël par la Slovénie et la France, comme l’a montré Amnesty International.</p>



<p>L’organisation a identifié les armes et munitions exportées par l’Inde vers Israël, y compris les pièces et accessoires, comme appartenant aux catégories désignées par les codes 93+ et 8710+ du Système harmonisé, système internationalement reconnu de codification des marchandises.</p>



<p>Le code 93+ désigne une catégorie assez large qui comprend la plupart des types d’armes et de munitions, ainsi que les pièces détachées et accessoires. La catégorie correspondant au code 8710+ contient les véhicules de combat blindés et à chenilles, ainsi que les pièces détachées connexes.</p>



<p>Amnesty International a identifié au moins 2 596 cargaisons d’armes, de pièces détachées et de munitions exportées d’Inde en Israël entre le 7 octobre 2023 et le 30 novembre 2025. Ces cargaisons contenaient notamment des composants d’armes automatiques pour les armes déployées par les forces israéliennes à Gaza ; des obus de 155 millimètres hautement explosifs fournis à Elbit Systems ; des ogives explosives pour les munitions rôdeuses de type Skystriker, semblables à celles identifiées dans les débris à Khan Younès, dans la bande de Gaza ; et des composants de véhicules blindés destinés aux principaux fournisseurs de l’armée israélienne.</p>



<p>Amnesty International estime que certaines entreprises indiennes pourraient être considérées comme complices de crimes de droit international et d’autres graves violations des droits humains commises par Israël du fait de leurs relations commerciales avec des entreprises israéliennes qui fournissent directement l’armée d’Israël.</p>



<p>L’organisation a analysé les exportations de plusieurs entreprises indiennes, parmi lesquelles : PLR Systems Private Limited, qui fabrique des pièces détachées pour armes automatiques et est une entreprise commune d’Adani Defence &amp; Aerospace et d’Israel Weapon Industries ; Indo MIM Private Limited, qui fabrique des composants pour armes à feu ; Kalyani Systems Private Limited, qui fabrique des munitions et des douilles d’artillerie et est une filiale de Bharat Forge ; Munitions India Limited, entreprise publique qui fabrique des munitions d’artillerie hautement explosives ; et Alpha Elsec Defence &amp; Aerospace Systems Private Limited, qui fabrique des ogives explosives et est une entreprise commune d’Alpha Design Technologies et d’Elbit Systems.</p>



<p>Les entreprises israéliennes qui ont commandé et reçu les armes sont notamment Elbit Systems, Rafael Advanced Defense Systems Ltd et Israel Aerospace Industries Ltd, qui sont connues pour leur contribution aux violations du droit international relatif aux droits humains et du DIH commises par Israël. En 2025, Amnesty International a appelé la totalité des États et des entités privées à mettre un terme à toutes leurs activités commerciales avec ces entreprises, « faute de quoi ils risquent de devenir complices des crimes contre l’humanité d’apartheid et de génocide et d’autres crimes de droit international ».</p>



<p>L’organisation demande depuis longtemps un embargo total sur les armes à destination d’Israël, qui couvre la fourniture, la vente ou le transfert, directs ou indirects, d’armes et de matériel militaire, y compris les technologies, pièces et composants, l’assistance technique, la formation et l’aide financière ou autre qui y sont liés, tant que les entreprises concernées ne seront pas en mesure de prouver qu’elles ne contribuent pas à l’occupation israélienne illégale ou aux crimes de droit international commis par Israël.</p>



<p>L’Inde et les entreprises indiennes qui fournissent des armes, des munitions, des pièces ou des composants doivent immédiatement mettre un terme à tous les transferts d’armes et de munitions, y compris de pièces et de composants, à destination d’Israël.</p>



<p>« En autorisant en toute connaissance de cause les transferts d’armes vers Israël, l’Inde bafoue clairement son engagement à prévenir le génocide aux termes de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, ainsi que son obligation de faire respecter les Conventions de Genève, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Toute entreprise qui détermine que les produits qu’elle vend sont susceptibles d’avoir contribué à des atteintes aux droits humains des Palestinien·ne·s à Gaza doit proposer un processus de réparation à toutes les personnes ayant subi un préjudice en conséquence ou coopérer avec un tel processus. »</p>



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		<title>Soudan. Les atrocités commises par les Forces d’appui rapide à El Fasher viennent « entacher la conscience de l’humanité »</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/soudan-les-atrocites-commises-par-les-forces-dappui-rapide-a-el-fasher-viennent-entacher-la-conscience-de-lhumanite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 03:10:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=36623</guid>

					<description><![CDATA[<p>Soudan. Les atrocités commises par les Forces d’appui rapide à El Fasher viennent « entacher la conscience de l’humanité » Au Soudan, les Forces d’appui rapide (FAR) ont commis des crimes contre l’humanité et un nettoyage ethnique pendant leur campagne visant à prendre le contrôle de la ville d’El Fasher, dans l’État du Darfour septentrional, [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Soudan. Les atrocités commises par les Forces d’appui rapide à El Fasher viennent « entacher la conscience de l’humanité »</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Les FAR se sont rendues coupables de crimes contre l’humanité et de nettoyage ethnique</strong></li>



<li><strong>Des enfants ont été délibérément pris pour cible par les combattants des FAR pendant les attaques</strong></li>



<li><strong>Il est urgent d’instaurer un cessez-le-feu et de déployer une force internationale de protection</strong></li>
</ul>



<p>Au Soudan, les Forces d’appui rapide (FAR) ont commis des crimes contre l’humanité et un nettoyage ethnique pendant leur campagne visant à prendre le contrôle de la ville d’El Fasher, dans l’État du Darfour septentrional, conclut Amnesty International dans un nouveau rapport de première importance. L’organisation appelle maintenant à un cessez-le-feu immédiat au Soudan, ainsi qu’au déploiement de toute urgence d’une force internationale pour protéger les civil·e·s.</p>



<p>Intitulé <em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/AFR5411162026FR.pdf"><span style="text-decoration: underline;">Ville assiégée, enfants attaqués. Les crimes contre l’humanité des Forces d’appui rapide dans le Darfour septentrional</span></a></em>, ce rapport décrit comment, à El Fasher et dans ses environs, des civil·e·s ont été tués, blessés, frappés, torturés et détenus entre début 2024 et octobre 2025 durant les affrontements qui ont opposé les FAR aux Forces armées soudanaises (FAS) et aux forces conjointes qui leur sont alliées, dans le cadre d’une guerre qui a dévasté le Darfour septentrional. Les FAR ont notamment commis les crimes de meurtre, de transfert forcé, d’emprisonnement, de torture, de viol, d’esclavage sexuel, d’autres formes de violence sexuelle, d’asservissement, d’extermination et de persécution.</p>



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</div>



<p>Des centaines de milliers d’enfants ont été déplacés et beaucoup ont été exposés de façon répétée au risque de mort et de blessure au cours des attaques ou pendant leur fuite. Un nombre incalculable d’entre eux ont été rendus orphelin·e·s. Les personnes en situation de handicap et les personnes âgées ont été confrontées à des risques considérables, tels que des attaques ciblées, l’abandon et l’impossibilité de bénéficier de l’aide essentielle dont elles avaient besoin.</p>



<p>Au fil de leurs attaques dans le Darfour septentrional, les combattants des FAR ont couramment utilisé des termes comme falangay (falangayat au pluriel), évoquant l’esclavage ou la servitude, lorsqu’ils s’en prenaient à des civil·e·s appartenant à des groupes ethniques non arabes.</p>



<p>« La guerre au Soudan est une guerre contre les populations civiles. Le monde a été alerté des horreurs que subissaient les civil·e·s à El Fasher tandis que les FAR assiégeaient la ville. Ces atrocités viennent entacher la conscience de l’humanité, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« Les enfants n’ont pas seulement été les dommages collatéraux de cette violence : ils ont souvent été visés de façon délibérée et ont énormément souffert. Ils ont été massivement tués, blessés, violés, enlevés et recrutés de force.</p>



<p>« Un cessez-le-feu immédiat est nécessaire à l’échelle nationale. Une force internationale indépendante et dotée de moyens suffisants doit être déployée au Soudan afin de protéger les populations civiles des crimes commis par toutes les parties au conflit. Si la communauté internationale n’agit pas sans délai, les attaques contre les civil·e·s – et les immenses souffrances et traumatismes infligés aux enfants – vont se poursuivre sans entrave. »</p>



<p>Amnesty International a interrogé pour ce rapport 247 personnes qui avaient subi des exactions liées au conflit ou en avaient été témoin, dont 208 victimes (169 adultes et 39 mineur·e·s). Elle s’est aussi appuyée sur l’analyse d’informations en accès libre, notamment 89 vidéos et l’examen approfondi d’images satellite du Darfour septentrional.</p>



<p>Le 10 juin 2026, Amnesty International a écrit au général Mohamed Hamdan Dagalo, qui dirige les FAR, pour lui faire part des conclusions de son rapport. Au moment de la publication de celui-ci, elle n’avait pas reçu de réponse.</p>



<p>L’analyse des éléments de preuve recueillis à propos de la zone géographique et de la période examinées dans le rapport permet de conclure – sans aucune réserve – à l’existence de persécutions fondées sur l’identité ethnique. Amnesty International pense que les actes dont il est fait état dans ce rapport, ainsi que d’autres crimes présumés sur lesquels elle enquête parallèlement, pourraient être constitutifs du crime de génocide. Son enquête à ce sujet est encore en cours à l’heure de la publication du rapport.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le siège d’El Fasher</h4>



<p>En novembre 2023, les FAR contrôlaient quatre des cinq capitales régionales du Darfour. El Fasher, capitale du Darfour septentrional, était la seule à résister. À partir de 2024, les FAR ont attaqué de façon systématique les villages, les villes et les camps de personnes déplacées aux alentours d’El Fasher, infligeant violences et pillages aux habitant·e·s et incendiant des infrastructures civiles.</p>



<p>Beaucoup de ces localités étaient peuplées majoritairement de membres du groupe ethnique zaghawa. Lors de ces attaques, les combattants des FAR ont incendié des habitations longtemps après la fuite des habitant·e·s, ce qui tend à indiquer qu’ils cherchaient à rendre ces zones inhabitables. Ces actes, associés au fait que les FAR continuent de contrôler ces régions, ce qui empêche les populations déplacées d’y retourner, semblent révélateurs d’une volonté de procéder au nettoyage ethnique des alentours d’El Fasher en en chassant les Zaghawas.</p>



<p>Yagoub*, adolescent zaghawa de 17 ans, se trouvait dans la ferme familiale près de la ville d’Abu Zerega, à 35 kilomètres au sud d’El Fasher, quand les FAR ont attaqué en décembre 2024. Il a essayé de s’enfuir mais a été capturé par les FAR. Il a déclaré à Amnesty International : « Ils m’ont ligoté et frappé avec des bâtons et la crosse d’un AK-47. Ensuite, l’un d’eux s’est approché à dos de dromadaire et a dit : “C’est un fils de falangay” [&#8230;] puis il m’a tiré dans la jambe. »</p>



<p>Yagoub marche aujourd’hui avec des béquilles. Huit de ses cousin·e·s, dont quatre garçons âgés de 11 à 17 ans, ont été tués pendant cette même attaque.</p>



<p>Une fois les habitant·e·s déplacés des villages autour d’El Fasher, les FAR ont soumis la capitale régionale à un siège cruel entre mai 2024 et octobre 2025, limitant les entrées de denrées alimentaires et humanitaires et bombardant la ville presque quotidiennement. La famine s’est propagée, contraignant la population à se nourrir d’ambaz, un sous-produit issu de la production d’huile d’arachide qui sert habituellement à nourrir les animaux. Tous les civil·e·s – mais plus particulièrement encore les enfants, chez qui la maladie et la malnutrition peuvent avoir des effets irréversibles – ont été durement touchés par cette famine délibérément induite.</p>



<p>Des femmes ont raconté avoir accouché dans un contexte de grave privation et de stress élevé : dans des abris antiaériens souterrains étouffants, dans des hôpitaux pilonnés, ou pendant qu’elles fuyaient les violences. Dans l’impossibilité de se procurer pour elles-mêmes une alimentation suffisante, elles n’ont souvent pas eu assez de lait pour nourrir leurs nouveau-nés. Sans autres solutions sûres, beaucoup de femmes ont vu leur bébé dépérir.</p>



<p>Rashida*, une femme de 39 ans, a perdu son dernier né, l’un de ses jumeaux âgés d’un an, en août 2025. Elle a raconté : « [Mon fils] s’affaiblissait beaucoup [et] ne prenait pas le lait. Il est devenu très maigre. »</p>



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</div>



<h4 class="wp-block-heading">La prise d’El Fasher</h4>



<p>Le 26 octobre 2025, les FAR ont lancé leur offensive finale contre El Fasher. Quand les civil·e·s ont tenté de fuir, ils se sont heurtés à un réseau de 57 kilomètres de berme (remblais de terre). Il s’en est suivi un massacre : plusieurs centaines de personnes ont été exécutées, et de nombreuses autres ont été torturées ou emmenées en détention.</p>



<p>Amnesty International a mené des entretiens avec 70 rescapé·e·s, et quasiment toutes ces personnes avaient été témoins d’exécutions, de viols, d’actes de torture ou de prises d’otages. Une femme de 58 ans a estimé avoir vu plus d’un millier de cadavres : « Les personnes qui ont été tuées par balles ont été jetées dans la berme [&#8230;] [Les FAR] ont affirmé qu’elles rempliraient la berme des corps. »</p>



<p>Parmi les personnes tuées à la berme figuraient de nombreux enfants. Taiseer*, une femme zaghawa de 68 ans qui fuyait avec ses cinq petits-enfants, a vu les FAR tuer par balles un garçon de 12 ans qui les accompagnait.</p>



<p>Zubeida*, une adolescente de 15 ans, a survécu au massacre d’environ 25 personnes à la berme uniquement car elle s’était présentée comme étant à moitié arabe et avait menti en affirmant que son père faisait partie des FAR. Elle a été témoin de l’exécution d’hommes et de garçons, du meurtre de femmes qui résistaient au viol et de la mort par balles de jeunes enfants. « Je suis la seule survivante. », a-t-elle déclaré.</p>



<p>Les personnes restées à El Fasher ont été témoins d’exactions effroyables. Amnesty International a interrogé 18 personnes qui se trouvaient à l’intérieur de la maternité saoudienne, dont des membres du personnel, des patient·e·s et des proches de patient·e·s, et qui ont vu les FAR y tuer des dizaines de personnes. L’attaque contre cet hôpital, infrastructure protégée aux termes du droit international, est un crime de guerre.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Violences sexuelles, prises d’otages et enrôlement d’enfants</h4>



<p>Les FAR ont commis des viols et d’autres formes de violence sexuelle à très grande échelle et dans de nombreux lieux. Amnesty International a interrogé 26 victimes de violences sexuelles. Parmi elles figuraient 20 femmes victimes de viol, dont trois filles de moins de 18 ans et une jeune femme qui avait 17 ans quand elle avait été violée. Les victimes ont raconté qu’elles avaient subi de graves humiliations et violences ayant entraîné des préjudices physiques et psychologiques durables.</p>



<p>Tasneem*, une fille zaghawa de 13 ans, a été enlevée début avril 2025 quand les FAR ont attaqué son village à l’ouest d’El Fasher. Elle gardait le troupeau de sa famille avec son père lorsque des combattants des FAR se sont approchés. Elle les a vu abattre son père, puis elle a été capturée et emmenée à El Daein, à environ 350 kilomètres.</p>



<p>Elle a raconté à Amnesty International : « [La première fois que j’ai été violée] c’était par trois personnes. J’avais les yeux bandés […] Ils m’ont immobilisée [&#8230;] Ils m’ont dit : “on te fait ça car tes gars nous ont combattus, des gars qui font partie des falangayat”. »</p>



<p>Les FAR ont aussi maintenu illégalement des civil·e·s en détention ; beaucoup ont été retenus en otage dans le but d’obtenir une rançon, souvent dans des conditions abominables. Amnesty International a mené des entretiens avec 45 personnes, dont huit mineur·e·s, qui avaient été détenues illégalement par les FAR entre juillet 2024 et janvier 2026.</p>



<p>Leurs conditions de détention avaient été violentes et dégradantes. Les personnes interrogées, parmi lesquelles des garçons dont certains n’avaient que 13 ans, ont expliqué avoir reçu des coups et subi des insultes à caractère ethnique proférées par des combattants des FAR pendant leur captivité. Ces personnes n’avaient pas assez à manger ni à boire, et étaient détenues dans des pièces étouffantes et surpeuplées. Des maladies se sont propagées : nombre de détenu·e·s ont vu des dizaines, voire des centaines, de personnes mourir de déshydratation ou de maladie.</p>



<p>Amnesty International a réalisé des entretiens avec neuf hommes qui avaient été détenus dans le centre de détention de Mina Al Bari, dans la banlieue est d’El Fasher, pendant des périodes allant jusqu’à cinq mois, entre mi-2024 et début 2026. Ils ont raconté avoir été enfermés dans des conteneurs, qui étaient fermés la plupart du temps. La chaleur étouffante et la mauvaise ventilation faisaient qu’il était difficile de respirer.</p>



<p>Un de ces hommes a déclaré : « On ne pouvait pas étendre nos jambes […] On ne pouvait pas dormir longtemps […] [Les FAR] m’ont dit : “on s’en fiche si tu meurs”. »</p>



<p>Un autre homme détenu lui aussi à Mina Al Bari a raconté avoir été privé d’eau et de nourriture : « Mon corps [s’asséchait] complètement, [nous] avons perdu connaissance. [Les FAR] pensaient qu’on était morts, alors ils nous ont juste jetés hors du conteneur. Au bout d’un moment, ils ont compris qu’on était encore vivants. Ils nous ont torturés à nouveau et nous ont remis dans le conteneur. »</p>



<p>Amnesty International a aussi recueilli des informations faisant état de l’enrôlement et de l’utilisation généralisés de garçons mineurs par les FAR, soit recrutés auprès de groupes ethniques arabes alliés, soit enlevés dans des groupes non arabes au cours d’attaques contre des villages et des camps de personnes déplacées. Ces enfants et adolescents accomplissaient différentes missions pour le groupe, notamment combattre, collecter des renseignements et garder du bétail.</p>



<p>Rashid* a été enlevé par les FAR dans son village vers juillet 2024, à l’âge d’environ 17 ans. Pendant près de neuf mois, il a été retenu dans une zone rurale et forcé à garder des chèvres. Il était surveillé par trois garçons armés, eux-mêmes des recrues des FAR, qui lui ont fait subir ainsi qu’à d’autres personnes détenues des humiliations et des passages à tabac, et qui l’ont privé de nourriture et d’eau. Il a témoigné : « Ils m’observaient et, si j’essayais de me reposer, ils tiraient dans ma direction […] Ils m’ont frappé sur tout le corps. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des commandants identifiés</h4>



<p>Amnesty International a identifié des commandants des FAR responsables de graves violations du droit international.</p>



<p>Des membres des FAR ont filmé et diffusé publiquement des vidéos d’exécutions de masse. Amnesty International a collecté et authentifié 19 vidéos faisant état d’un massacre de grande ampleur près de la berme, à une douzaine de kilomètres au nord-ouest d’El Fasher. Neuf de ces vidéos montrent le commandant des FAR Al Fateh Abdullah Idris, plus connu sous le nom d’« Abu Lulu », en train d’exécuter des prisonniers en tenue civile.</p>



<p>Parmi les hauts responsables du centre de détention de Mina Al Bari figuraient le général de division Gedo Hamdan Ahmed Mohamed (dit « Abu Shouk »), qui a mené des interrogatoires et participé à des actes de torture, et le lieutenant-colonel Abbas Khater Bakhit, qui a été vu en train de donner l’ordre de torturer des prisonniers et d’arranger le versement de rançons.</p>



<p>Ces violations ont été commises de façon répétée et à grande échelle, ce qui laisse à penser que les responsables hiérarchiques étaient au courant de ce qu’il se passait, ou auraient dû l’être, et n’ont rien fait pour l’empêcher ou pour demander des comptes à quiconque.</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Recommandations</h4>



<p>« La communauté internationale doit faire plus que déclarer sa préoccupation et doit prendre des mesures concrètes pour protéger les civil·e·s, de manière à briser le cycle de l’impunité, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Le Soudan est durement touché par les coupes dans le financement de l’aide humanitaire, qui ont exacerbé la crise déjà catastrophique en matière de droits humains pour ces populations qui ont tout perdu. Tous les partenaires internationaux du Soudan doivent veiller à ce qu’une aide suffisante parvienne aux personnes réfugiées et déplacées, notamment des services destinés aux enfants, afin d’aider à atténuer la crise.</p>



<p>« Il faut en outre renforcer l’obligation de rendre des comptes en apportant un soutien suffisant à tous les mécanismes existants en matière d’obligation de rendre des comptes pour le Soudan, notamment la Cour pénale internationale, ainsi que les missions d’établissement des faits soutenues par les Nations unies et l’Union africaine. Les commandants identifiés dans le rapport doivent faire l’objet d’une enquête et, s’il existe suffisamment de preuves recevables, être traduits en justice. »</p>



<p>Tous les pays doivent cesser immédiatement de fournir des armes et des munitions à toutes les parties au conflit au Soudan. Ils doivent en particulier arrêter de livrer des armes aux Émirats arabes unis – principal soutien des FAR – jusqu’à ce que ce pays respecte l’embargo des Nations unies. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit par ailleurs élargir au reste du pays l’embargo actuel sur les armes concernant le Darfour.</p>



<p class="has-text-align-right has-x-small-font-size"><em>*Les prénoms ont été modifiés.</em></p>




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			</item>
		<item>
		<title>L’accélération du nettoyage ethnique commis par Israël contre la population palestinienne doit inciter la communauté internationale à réagir contre l’annexion de la Cisjordanie</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/lacceleration-du-nettoyage-ethnique-commis-par-israel-contre-la-population-palestinienne-doit-inciter-la-communaute-internationale-a-reagir-contre-lannexion-de-la-cisjordanie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 09:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=36520</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’accélération du nettoyage ethnique commis par Israël contre la population palestinienne doit inciter la communauté internationale à réagir contre l’annexion de la Cisjordanie Le soutien tacite ou implicite de la communauté internationale aux crimes commis par Israël, dont le génocide et l’apartheid, ou son absence d’action ferme pour y mettre un terme, ont encouragé les [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">L’accélération du nettoyage ethnique commis par Israël contre la population palestinienne doit inciter la communauté internationale à réagir contre l’annexion de la Cisjordanie</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>La politique d’annexion du gouvernement israélien actuel s’accélère et s’amplifie fortement</em></li>



<li><em>La campagne de nettoyage ethnique est menée et soutenue par l’État, et non par des colons « voyous » ou des ministres « extrémistes »</em></li>



<li><em>On constate une augmentation exponentielle de la violence perpétrée par des colons qui, avec le soutien de l’État, terrorisent et expulsent des milliers de Palestinien·ne·s pour annexer leurs terres</em></li>



<li><em>Des populations sont encore exposées à un grave risque de déplacement, et il faut protéger les personnes qui ont été déracinées</em></li>



<li><em>Les États doivent mettre un terme aux relations commerciales, de coopération et d’investissement qui permettent l’occupation illégale, l’apartheid et le nettoyage ethnique, et imposer des sanctions aux responsables impliqués</em></li>
</ul>



<p>Le soutien tacite ou implicite de la communauté internationale aux crimes commis par Israël, dont le génocide et l’apartheid, ou son absence d’action ferme pour y mettre un terme, ont encouragé les autorités israéliennes à accentuer leur violente campagne de déplacement forcé de la population palestinienne et à étendre leur contrôle sur les territoires de Cisjordanie, a déclaré Amnesty International. Dans un nouveau rapport, l’organisation décrit comment les autorités israéliennes accélèrent l’annexion en menant une campagne de nettoyage ethnique visant les communautés bédouines et pastorales palestiniennes de la zone C de la Cisjordanie occupée, tout en commettant le crime contre l’humanité de transfert forcé.</p>



<p>Ce rapport, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/Final-report-Erasing-anything-Palestinian-final-formatted-high-res-imagery.pdf"><strong><em>Éradiquer toute présence palestinienne : le nettoyage ethnique des communautés bédouines et pastorales de Cisjordanie par Israël</em></strong></a>, dénonce le fait que le gouvernement israélien ait fait de l’annexion officielle un objectif politique explicite. Ce gouvernement applique le programme religieux et nationaliste du mouvement des colons. Il a accéléré l’extension des colonies et les saisies de terres, augmenté l’aide financière et logistique aux colonies, et armé les colons, permettant ainsi une campagne brutale – cautionnée par l’État – de violences commises par des colons et de déplacement forcé des Palestinien·ne·s de la zone C. Cette zone couvre plus de 60 % de la Cisjordanie occupée, et est depuis longtemps au cœur des efforts israéliens de contrôle des territoires et de la démographie, compte tenu de ses ressources naturelles, de ses pâturages et terres agricoles vitaux et de la relativement faible densité de sa population palestinienne.</p>



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</div>



<p>« Depuis trois ans et demi, les autorités israéliennes accélèrent la campagne de nettoyage ethnique soutenue par l’État en Cisjordanie, déracinant, expropriant et transférant de force la population palestinienne. Cette campagne n’est pas l’œuvre de “voyous” ni de colons, d’organisations ou d’un ou deux ministres « extrémistes », comme se plaît à le répéter la communauté internationale. Nous assistons au contraire à une annexion délibérée, menée par l’État, en totale violation du droit international, qui se déroule sous les yeux du monde entier », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« Notre rapport révèle que ces violences ne sont pas le fait de quelques “brebis galeuses”. Les violences commises par des colons sont un élément central d’une campagne de nettoyage ethnique cautionnée par l’État, essentielle pour maintenir le système d’apartheid israélien. »</p>



<p>Les recherches d’Amnesty International montrent que les Palestinien·ne·s sont chassés de force de leurs terres ancestrales, privés de leurs moyens de subsistance et terrorisés au point qu’ils doivent fuir leurs habitations face à une vague sans précédent d’attaques de colons, ouvertement cautionnées et activement soutenues par un gouvernement israélien qui revendique son intention d’annexer officiellement de vastes parties du territoire palestinien.</p>



<p>Les populations de la vallée du Jourdain et des collines du sud d’Hébron menacées de déplacement continuent de résister, déterminées à rester sur les terres qu’elles habitent depuis des générations. Amnesty International appelle la communauté internationale à agir de toute urgence pour les protéger.</p>



<p>Or, bien que les États aient clairement l’obligation, aux termes du droit international, de mettre un terme à l’occupation illégale et au système d’apartheid israéliens, la communauté internationale s’est abstenue à maintes reprises de prendre des mesures.</p>



<p>« La communauté internationale a été soit complice, soit bien trop passive face aux violations flagrantes et répétées du droit international commises par Israël, et face au mépris avec lequel il traite les résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle doit affirmer clairement que le temps du consentement tacite au nettoyage ethnique et à l’annexion perpétrés par Israël est terminé », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>Au moins 117 villages palestiniens à majorité bédouine et pastorale ont connu un déplacement total ou partiel entre janvier 2023 et avril 2026, selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). À la fin du mois d’avril 2026, 5 910 personnes au moins avaient été déplacées, d’après les données de l’ONU.</p>



<p>Ces déplacements ont eu lieu sur fond d’intensification sans précédent des actes de violence commis par des colons, avec le soutien de l’État. L’ONG Peace Now a indiqué que, à la fin avril 2026, les colons israélien·ne·s avaient établi 363 avant-postes en Cisjordanie occupée, dont 212 depuis 2023. Les autorités israéliennes encouragent activement la création de ces avant-postes et ne prennent quasiment aucune mesure pour les démanteler, alors qu’ils sont illégaux aux termes du droit israélien comme du droit international. Parmi eux figurent des dizaines d’avant-postes pastoraux, qui sont utilisés par les colons pour s’emparer de vaste zones palestiniennes en y faisant pâturer leurs troupeaux. Cela vient s’ajouter aux saisies de terres par le gouvernement israélien. Près de 58 % des terres de la zone C ne sont pas enregistrées et, en février 2026, les autorités israéliennes avaient déjà saisi la moitié de ces terres non enregistrées en les déclarant comme terrains publics.</p>



<p>« Le rapport d’Amnesty International doit sonner comme un signal d’alarme pour les dirigeant·e·s mondiaux qui considèrent l’annexion et les violences des colons comme des actes isolés relevant de la responsabilité de quelques colons ou ministres “extrémistes” et qui n’ont pris que des sanctions limitées contre quelques personnes ou organisations : ces mesures sont terriblement insuffisantes pour répondre à la campagne gouvernementale de nettoyage ethnique et aux violations systémiques qui s’amplifient rapidement sous les yeux de la communauté internationale », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Nous nous adressons aux dirigeant·e·s mondiaux qui ne cessent d’affirmer qu’ils sont opposés à l’annexion mais ne font rien pour l’empêcher : sachez que votre inaction alimente directement des crimes contre l’humanité et a des conséquences mondiales qui érodent encore davantage l’ordre international fondé sur des règles.</p>



<p>« Les États, en particulier ceux qui ont de l’influence sur Israël, comme les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, ainsi que l’Italie et les autres membres de l’Union européenne et les pays arabes, doivent immédiatement interdire tout commerce, tout investissement et toute forme de coopération ou d’aide financière contribuant à l’occupation illégale, au système d’apartheid et au nettoyage ethnique des Palestinien·ne·s commis par Israël.</p>



<p>« Par ailleurs, tous les pays doivent imposer des sanctions ciblées, telles que des interdictions de voyager et des gels d’avoirs, aux responsables israéliens qui sont directement impliqués dans ces actes, parmi lesquels le Premier Ministre Benjamin Netanyahou, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, la ministre des Colonies et des Missions nationales Orit Strock et le ministre de la Défense Israël Katz.</p>



<p>Amnesty International a mené des recherches sur 27 communautés bédouines et pastorales de la zone C qui ont été déplacées de force entre 2023 et 2025 ou sont menacées de déplacement.</p>



<p>L’équipe de recherche a interrogé 45 Palestinien·ne·s issus de 12 communautés, qui étaient soient déplacés, soit menacés de l’être, ainsi que 19 avocat·e·s, militant·e·s ayant été témoins de violences commises par des colons, journalistes et représentant·e·s d’ONG israéliennes et palestiniennes. L’organisation a aussi vérifié plus de 420 vidéos et photos, et analysé des déclarations gouvernementales officielles, des accords, des lois, des changements de gouvernance, des dossiers judiciaires, des cartes, des images satellite, des rapports de l’ONU et de la société civile, et d’autres informations en accès libre.</p>



<p>Amnesty International a transmis ses conclusions aux autorités israéliennes le 13 mai. Le ministère de la Défense a répondu le 23 mai en affirmant que ses forces réagissaient aux violences commises par des colons, arrêtaient les suspects si nécessaire, et enquêtaient sur les cas où les forces armées n’auraient pas respecté les ordres ou ne seraient pas intervenues pour arrêter ces violences. Les éléments de preuve recueillis par Amnesty International témoignent d’une réalité bien différente.</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Preuves de l’intention d’Israël de nettoyer ethniquement et d’annexer la zone C</h4>



<p>Depuis l’occupation de 1967, les gouvernements israéliens successifs mettent en œuvre – avec différents degrés d’intensité et de transparence – des politiques de judaïsation visant à maximiser le contrôle juif sur les territoires de Cisjordanie tout en réduisant autant que possible la présence palestinienne.</p>



<p>Le 37e gouvernement israélien, formé fin 2022 et dirigé par le Likoud, parti de Benjamin Netanyahou, en coalition avec le parti de la Force juive d’Itamar Ben-Gvir et le Parti sioniste religieux de Bezalel Smotrich, cherche ouvertement et délibérément à annexer officiellement la zone C et à transférer de force ses habitant·e·s palestiniens.</p>



<p>Les accords de coalition gouvernementale légitiment et intègrent à la politique de l’État la vision du « Grand Israël » portée par le mouvement des colons, idéologie qui considère l’intégralité du Territoire palestinien occupé comme faisant partie intégrante d’Israël. Cela se fait au mépris éhonté de nombreuses résolutions de l’ONU ainsi que de l’avis consultatif de 2024 de la Cour internationale de justice, qui déclare illégale l’occupation du territoire palestinien par Israël.</p>



<p>L’intention de chasser les Palestinien·ne·s de la zone C de la Cisjordanie et d’en annexer les terres est prouvée par les appels explicites des autorités israéliennes à étendre les colonies, l’élargissement de la souveraineté israélienne sur le territoire occupé, les mesures destinées à réduire autant que possible la présence palestinienne dans cette zone et le soutien public apporté aux colons par des ministres clés, dont certain·e·s sont eux-mêmes des colons. Elle est également manifeste au vu des lois favorables à l’annexion qui ont été adoptées et des mesures transférant les pouvoirs en Cisjordanie des autorités militaires aux autorités civiles, en violation du droit international humanitaire.</p>



<p>L’intention étatique apparaît aussi clairement dans la multiplication des classements en terrains publics, la simplification des procédures d’autorisation des colonies, l’accélération de l’extension des colonies, la légalisation rétroactive des avant-postes, et l’augmentation du soutien financier et politique aux infrastructures des colons, parallèlement à la destruction de biens palestiniens et aux restrictions systématiques des déplacements et de l’accès aux terres et à l’eau des Palestinien·ne·s.</p>



<p>Dans les trois premières années de ce gouvernement, le budget annuel du ministère des Colonies et des Missions nationales a augmenté de 122 %, atteignant 764 millions de nouveaux shekels israéliens (254,5 millions de dollars des États-Unis) en 2026.</p>



<p>Selon Peace Now, le gouvernement a présenté des projets de construction de 50 785 logements dans des colonies entre 2023 et 2025. Rien qu’en 2025, le Conseil supérieur de l’urbanisme a approuvé la construction de 27 941 logement, ce qui constitue le chiffre annuel le plus élevé jamais enregistré.</p>



<p>Au 30 avril 2026, le nombre total de nouvelles colonies déclarées par ce gouvernement atteignait 102, soit de loin le nombre le plus important de nouvelles colonies autorisées par un gouvernement de toute l’histoire d’Israël.</p>



<p>Parallèlement, les autorités israéliennes ont détruit 3 407 habitations et structures palestiniennes dans la zone C entre janvier 2023 et avril 2026, ce qui a conduit au déplacement de 2 996 Palestinien·ne·s, d’après l’OCHA.</p>



<p>Dans le même temps, souvent avec le soutien direct de l’État ou la participation directe de l’armée israélienne, les colons ont soumis les communautés bédouines et pastorales palestiniennes à une litanie de mesures coercitives et répressives, ce qui fait que beaucoup n’ont pas eu d’autre choix que d’abandonner les terres où elles vivaient et pratiquaient l’élevage depuis des générations. Ces populations subissent des violences persistantes de la part des colons, avec l’aval de l’État. Associées à la multiplication des démolitions et aux privations de services de base imposées de longue date par les autorités israéliennes, ces violences rendent de fait leurs terres inhabitables.</p>



<p>L’association de toutes ces mesures coercitives révèle une stratégie étatique délibérée et coordonnée visant à étendre le contrôle israélien sur la zone C tout en forçant au départ les populations palestiniennes.</p>



<p>L’un des cas emblématiques est celui de Khirbet Zanuta (aussi appelé Zanuta), village de la zone C, en Cisjordanie, où vivaient environ 250 Bédouin·e·s palestiniens présents depuis des générations. En 2021, un groupe de colons a créé un avant-poste illégal, appelé Meitarim Farm, à seulement un kilomètre de Zanuta, et a lancé une campagne soutenue de harcèlement, de menaces et d’attaques violentes contre la population palestinienne, bloquant notamment l’accès aux terres agricoles et aux zones de pâture. À force, les habitant·e·s du village ont été contraints d’abandonner leurs maisons et leurs moyens de subsistance. Ils ont tous et toutes été déplacés à la suite d’une série d’attaques violentes perpétrées par des colons, qui se sont intensifiées après le 7 octobre 2023. Ce village, entouré de colonies et d’avant-postes, avait longtemps été confronté à des ordres de démolition et des politiques d’urbanisation restrictives qui rendaient presque impossible toute construction légale.</p>



<p>Malgré deux arrêts rendus par la Cour suprême israélienne en juillet 2024 et février 2025, qui ordonnaient aux autorités de faciliter le retour des habitant·e·s et de les protéger de la violence des colons, les Palestinien·ne·s n’ont pas pu revenir en raison des attaques constantes des colons et de la destruction d’infrastructure essentielles. Adel al-Till, ancien habitant de Zanuta, a déclaré : « Les colons étaient armés et nous attaquaient sans cesse. […] Nous avions peur, c’était la terreur. »</p>



<p>Les images satellite, les témoignages recueillis et les preuves vidéo montrent qu’aujourd’hui le village de Zanuta n’existe plus ; il a été en grande partie détruit et totalement vidé de sa population.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Augmentation exponentielle des violences exercées par les colons avec le soutien de l’État</h4>



<p>La campagne de violence menée depuis longtemps par les colons contre les Palestinien·ne·s en Cisjordanie s’est fortement intensifiée sous l’actuel gouvernement israélien, donnant lieu à un nombre record d’homicides et de blessures, de déplacements, de destructions de biens et d’appropriations illégales de terres. Les colons israélien·ne·s ont adopté des tactiques de plus en plus agressives pour déplacer de force les populations palestiniennes. Ils ont attaqué leurs logements et leurs biens, les ont soumis à un harcèlement, des menaces et des agressions physiques incessants, et s’en sont pris de façon systématique à leurs moyens de subsistance en restreignant leur accès aux pâturages et aux sources d’eau, en volant ou tuant leur bétail, et en détruisant les champs et les récoltes. Selon l’OCHA, les attaques de colons contre des communautés bédouines et pastorales palestiniennes ayant fait des morts et/ou des blessés ont été multipliées par presque sept entre 2020 et 2024.</p>



<p>Des vidéos et des photos vérifiées par Amnesty International montrent des incursions, des incendies volontaires et un vandalisme généralisé visant des habitations, des écoles, des véhicules et des biens agricoles, ainsi que la destruction de sources d’eau, de panneaux solaires et de réserves de nourriture. Les personnes interrogées ont aussi fait état de nombreuses violences physiques, dont des coups de bâton et de crosse de fusil, des jets de pierres, des coups de couteau et d’autres attaques.</p>



<p>Bien qu’Israël ait l’obligation, en tant que puissance occupante, de protéger la vie et les moyens de subsistance de la population occupée, d’empêcher les violences commises par des colons et d’enquêter à leur sujet, les autorités israéliennes facilitent activement ces attaques, non seulement en armant les colons et en permettant à l’armée et à la police de soutenir les attaques contre des Palestinien·ne·s ou d’y participer, mais aussi en accordant à leurs auteurs une impunité quasi totale.</p>



<p>Après les attaques menées par le Hamas le 7 octobre 2023, les autorités israéliennes ont assoupli les critères pour obtenir un permis de port d’arme à titre individuel, équipant des milliers de colons d’armes à feu et d’uniformes, ce qui fait qu’il est devenu difficile pour les Palestinien·ne·s de distinguer les soldats des colons. En janvier 2026, plus de 240 000 citoyen·ne·s israéliens avaient obtenu un permis de port d’arme, soit une multiplication par 15 par rapport aux 8 000 permis par an accordés en moyenne avant le changement de politique. Ces mesures ont entraîné une forte hausse des attaques de colons armés.</p>



<p>Le rapport d’Amnesty International montre comment la violence des colons israélien·ne·s a été utilisée délibérément comme outil de déplacement forcé à trois endroits emblématiques de la zone C : Zanuta dans les collines du sud d’Hébron et Ein Samia dans le centre de la vallée du Jourdain (tous deux entièrement déplacés en 2023), ainsi que Ein al Hilweh, Makhoul et Al Farisiya, un regroupement de petits villages du nord de la vallée du Jourdain, qui restent confrontés à un risque réel de déplacement.</p>



<p>Dans le nord de la vallée du Jourdain, au moins 38 villages (où vivent environ 7 000 personnes) sont menacés de déplacement. Près de 90 % de la zone est classée terrain public, zone de tir militaire, réserve naturelle ou site archéologique – autant d’outils utilisés par Israël pour restreindre l’accès de la population palestinienne aux pâturages et aux sources d’eau et la contraindre au déplacement.</p>



<p>Najiyyah Bisharat, de la communauté pastorale de Makhoul, a déclaré : « Nous sommes constamment harcelés par les colons, mais nous ne baisserons pas les bras. C’est une question d’amour de notre terre et de notre travail. La terre est notre identité et, si nous en sommes chassés, nous mourrons. Comme un poisson qu’on sortirait de l’eau. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une impunité généralisée</h4>



<p>En facilitant activement la violence des colons et en ne faisant rien pour l’empêcher, et notamment en s’abstenant de demander des comptes aux responsables, les autorités israéliennes ont délibérément créé un environnement d’impunité généralisée, qui vient alimenter cette violence. Dans plusieurs cas sur lesquels Amnesty International a recueilli des informations, les Palestinien·ne·s qui ont signalé des violences perpétrées par des colons ont été eux-mêmes interrogés, soumis à une amende ou arrêtés par les autorités israéliennes, qui ont pourtant l’obligation de les protéger en vertu du droit international.</p>



<p>Les colons et les organisations de colons sont enhardis par l’impunité dont ils jouissent depuis des décennies. Même si quelques colons ou groupes de colons ont été sanctionnés par des États étrangers, ils n’ont subi aucune conséquence ou presque de leurs actes en Israël.</p>



<p>Par exemple, Yinon Levi, colon impliqué dans une série avérée d’attaques violentes contre des Palestinien·ne·s, qui a été sanctionné par le Royaume-Uni et l’Union européenne, a été filmé en train de tuer par arme à feu un enseignant et défenseur des droits humains qui n’était pas armé, Awdan al Hathaleen, à Umm al Khair le 28 juillet 2025.</p>



<p>Arrêté brièvement pour « homicide involontaire », Yinon Levi a été libéré le lendemain et assigné à résidence pendant seulement trois jours. Il a ensuite pu librement retourner harceler des Palestinien·ne·s et travailler à l’installation d’un nouvel avant-poste à Umm al Khair. Près d’un an après cette attaque, Yinon Levi n’a toujours pas été inculpé.</p>



<p>« Si l’obligation de rendre des comptes n’est pas mise en œuvre, la population palestinienne de Cisjordanie va disparaître sous nos yeux. Cela fait trop longtemps que le monde ignore l’immense souffrance, dépassant l’entendement, des Palestinien·ne·s déracinés et chassés des terres qu’ils habitent depuis des générations. Les États doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre un terme à la campagne israélienne de nettoyage ethnique et d’annexion de la zone C de la Cisjordanie. Ils doivent faire pression sur les autorités israéliennes pour qu’elles démantèlent immédiatement tous les avant-postes et colonies israéliens et permettent à tous les Palestinien·ne·s déplacés de rentrer chez eux », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Tous les pays doivent soutenir et coopérer avec l’enquête de la Cour pénale internationale sur la situation dans l’État de Palestine, ainsi qu’ouvrir leurs propres enquêtes sur les crimes de droit international commis dans le Territoire palestinien occupé. Le message adressé à Israël doit être sans équivoque : c’en est fini de son impunité de longue date, il ne peut pas y avoir de relations normales avec lui tant que l’apartheid, le nettoyage ethnique et l’occupation illégale se poursuivent. »</p>



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		<title>RDC. Les atteintes aux droits humains effrénées commises par les ADF contre des civil·e·s sont des «crimes de guerre que le monde ne saurait ignorer»</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/rdc-les-atteintes-aux-droits-humains-effrenees-commises-par-les-adf-contre-des-civil%c2%b7e%c2%b7s-sont-des-crimes-de-guerre-que-le-monde-ne-saurait-ignorer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 13:47:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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<p style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--80);padding-left:var(--wp--preset--spacing--80)"><strong>RDC. Amnesty International dénonce les crimes de guerre des Forces démocratiques alliées. Dans l’est du pays, ce groupe armé tue, enlève et torture des civils. Le rapport souligne des violences sexuelles et le recrutement forcé d’enfants.</strong></p>



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</div></section>

<section id="section-7dafde56" class="section wp-block-amnesty-core-section section--textBlack" style=""><div class="container">

<p>Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), la population civile subit une multiplication des atteintes aux droits humains imputables aux combattant·e·s des Forces démocratiques alliées (ADF) qui s’apparentent à des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, a déclaré Amnesty International dans un nouveau rapport.</p>



<p>Ce rapport, intitulé<em> <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/Rapport-RDC.pdf">« Je n’avais jamais vu autant de corps. » Crimes de guerre perpétrés par les Forces démocratiques alliées dans l’est de la République démocratique du Congo</a></em>, fait état de violentes attaques de la part des ADF contre des civil·e·s, notamment d’enlèvements et de travail forcé, de recrutement et d’utilisation d’enfants, ainsi que de violences et crimes supplémentaires visant les femmes et les filles, comme des mariages forcés, des grossesses forcées et diverses autres formes de violences sexuelles.</p>



<p>Les agissements des ADF, groupe lié à l’État islamique, représentent de nombreuses atteintes au droit international humanitaire, dont beaucoup constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Ces attaques sont perpétrées dans de vastes zones de l’est de la RDC, où le Mouvement du 23 mars (M23), un groupe armé soutenu par le Rwanda, se livre aussi à des attaques à grande échelle contre des civil·e·s. Alors que les yeux de la RDC et de la communauté internationale sont braqués sur la progression du M23 depuis début 2025, les ADF ont profité de cette diversion qui détourne l’attention de leurs agissements et mobilise l’armée ailleurs.</p>



<p>«&nbsp;Les civil·e·s dans l’est de la RDC subissent l’immense brutalité des combattant·e·s des ADF. Ceux-ci ont tué, enlevé et torturé dans le cadre d’une campagne de violences déshumanisantes, a déclaré la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard.</p>


<blockquote class="blockquote is-lined"><p>Les civil·e·s dans l’est de la RDC subissent l’immense brutalité des combattant·e·s des ADF</p>
<cite>Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International</cite></blockquote>


<p>«&nbsp;Des combattant·e·s des ADF ont effectué des descentes visant des populations locales et des champs, attaqué des établissements médicaux et pillé et incendié des logements. Les violences perpétrées par les ADF contribuent à l’escalade de la crise humanitaire. Les attaques menées par le groupe ont accru les déplacements et perturbé l’accès à des services de base, notamment l’alimentation, la santé et l’éducation.</p>



<p>«&nbsp;Les attaques incessantes lancées par le groupe soulignent l’ampleur de l’insécurité et des crises concomitantes dans l’est de la RDC et mettent en lumière la nécessité urgente pour l’État et la communauté internationale de redoubler d’efforts afin de protéger les civil·e·s et de traduire en justice les responsables présumés.</p>



<p>«&nbsp;Ces atteintes aux droits humains sont des crimes de guerre que le monde ne saurait continuer d’ignorer. Dans la mesure où elles s’inscrivent dans le cadre d’attaques généralisées et systématiques contre la population civile, elles s’apparentent également à des crimes contre l’humanité.&nbsp;»</p>



<p>Amnesty International a effectué des recherches dans la province du Nord-Kivu en novembre 2025. Au total, elle a interrogé 71&nbsp;personnes, notamment dans le cadre de 61&nbsp;entretiens en présentiel avec des témoins directs et des victimes d’attaques, des membres de la société civile, des responsables de l’armée et de la police, et des acteurs humanitaires, dont l’Organisation des Nations unies (ONU).</p>



<p>Les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) combattent les ADF depuis des années, avec un appui de la <a href="https://monusco.unmissions.org/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener nofollow">Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo</a> (MONUSCO). Les FARDC et les Forces de défense populaires de l’Ouganda (UPDF) ont lancé une opération militaire conjointe contre les ADF en novembre 2021.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>« Ils tiraient sur tout ce qui bougeait. »</strong></h3>



<p>Amnesty International a recueilli des informations sur huit attaques menées par les ADF dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Sept d’entre elles ont eu lieu en 2025, et une en 2024. Des témoins ont indiqué que les autorités chargées de la sécurité, notamment des troupes des FARDC qui se trouvaient sur des bases à proximité, n’avaient pas toujours réagi aux attaques ou étaient arrivées tardivement sur les lieux.&nbsp;</p>



<p>Bien que les ADF attaquent également les forces de sécurité, elles ont fait de la population civile leur principale cible ces dernières années. Les combattant·e·s attaquent délibérément les civil·e·s non seulement pour voler de la nourriture, des médicaments et d’autres produits, mais également à titre de représailles pour des opérations militaires.</p>


<section id="section-e36ee395" class="section wp-block-amnesty-core-section section--textBlack" style=""><div class="container">

<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:25%"></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:50%">
<figure class="wp-block-image size-full"><div style="position:relative"><img decoding="async" width="993" height="1024" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2.jpg" alt="" class="aiic-ignore wp-image-36192" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2.jpg 993w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-291x300.jpg 291w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-768x792.jpg 768w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-582x600.jpg 582w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-734x757.jpg 734w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-70x72.jpg 70w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-140x144.jpg 140w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-58x60.jpg 58w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-116x120.jpg 116w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-194x200.jpg 194w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-388x400.jpg 388w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-252x260.jpg 252w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-504x520.jpg 504w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-315x325.jpg 315w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-630x650.jpg 630w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-600x619.jpg 600w" sizes="(max-width: 993px) 100vw, 993px" /></div></figure>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:25%"></div>
</div>

</div></section>


<p>Le 8&nbsp;septembre 2025, dans le village de Ntoyo, des combattant·e·s des ADF déguisés en civils se sont mêlés aux personnes qui participaient à une veillée funèbre avant de lancer une attaque soudaine. Cette tuerie –&nbsp;perpétrée au moyen de marteaux, de haches, de machettes et d’armes à feu – a fait plus de 60&nbsp;morts, en l’absence des forces de sécurité.</p>



<p>Un témoin a déclaré avoir vu des combattant·e·s tuer sa sœur à la hache. Une autre témoin a déclaré que des combattant·e·s avaient fait irruption chez elle et enlevé ses quatre filles. Une troisième témoin a découvert les corps de ses parents au matin&nbsp;; son père avait été abattu et sa mère frappée avec un marteau. Elle a déclaré&nbsp;: «&nbsp;Je n’avais jamais vu autant de corps.&nbsp;»</p>



<p>Le 12&nbsp;juillet 2025, les ADF ont tué huit personnes lors d’un raid à Otmaber, dans le territoire d’Irumu (Ituri). Une femme a déclaré à Amnesty International que des combattant·e·s avaient ouvert le feu sur elle, son mari et son fils, âgé de sept ans. Elle a expliqué&nbsp;: «&nbsp;Après nous avoir tiré dessus, ils ont commencé à incendier des maisons… [Mon fils] et moi avons lentement rampé jusqu’à une maison qui n’avait pas été brûlée et y avons passé la nuit… Le lendemain matin, [l’armée] n’était toujours pas là. Nous avons dû nous débrouiller seuls.&nbsp;»</p>



<figure class="wp-block-image size-lwi-block-md@2x"><div style="position:relative"><img decoding="async" width="520" height="371" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-520x371.jpg" alt="" class="aiic-ignore wp-image-36183" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-520x371.jpg 520w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-300x214.jpg 300w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-768x547.jpg 768w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-734x523.jpg 734w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-101x72.jpg 101w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-202x144.jpg 202w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-60x43.jpg 60w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-120x86.jpg 120w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-200x143.jpg 200w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-400x285.jpg 400w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-260x185.jpg 260w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-325x232.jpg 325w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-650x463.jpg 650w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-600x428.jpg 600w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral.jpg 800w" sizes="(max-width: 520px) 100vw, 520px" /><div class="image-metadata is-image"></div></div><figcaption class="wp-element-caption">Un volontaire tient une croix alors qu’un membre de la famille le suit sous une pluie battante pendant une cérémonie d’enterrement à Ntoyo, le 10 septembre 2025. (Photo de Seros Muyisa / AFP)<br></figcaption></figure>



<p>Le groupe a également attaqué à plusieurs reprises des établissements médicaux et y a effectué des descentes en vue de voler des fournitures. En novembre 2025, un centre de santé a été pris pour cible dans le village de Byambwe. Au moins 17&nbsp;civil·e·s ont été tués et quatre services de cet établissement médical ont été incendiés. Une personne âgée qui s’est enfuie de l’établissement en rampant a indiqué&nbsp;: «&nbsp;On ne pouvait pas se lever, ils tiraient sur tout ce qui bougeait.&nbsp;»</p>



<p>Plusieurs témoins des attaques ont déclaré faire des cauchemars et éprouver par instants le sentiment de revivre ce qu’elles avaient subi. Une femme a été frappée à la tête à coups de machette et a survécu, mais son enfant a été tué dans l’incendie de leur maison, lors d’une attaque en août 2025. Elle a expliqué&nbsp;: «&nbsp;Je vis en permanence dans la peur.&nbsp;»</p>



<p>Une autre femme victime de la même attaque a déclaré&nbsp;: «&nbsp;Qu’avons-nous fait pour mériter cela&nbsp;? Combien de souffrances devrons-nous encore endurer&nbsp;avant que ça s’arrête&nbsp;?&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Enlèvements et prises d’otages</strong></h2>



<p>Amnesty International a recueilli des informations sur 46&nbsp;enlèvements, dont sept prises d’otages contre rançon. Les personnes enlevées ont subi des atteintes aux droits humains et crimes supplémentaires, notamment du travail forcé, des actes de torture, de l’esclavage sexuel et des homicides illégaux.</p>



<p>Les otages et les autres personnes enlevées sont souvent forcés à porter des chargements et à servir de guide aux ADF. Les combattant·e·s ne leur ont donné que très peu de nourriture, les ont fait marcher des jours et porter de lourdes charges, tout en les insultant et en les frappant. Les personnes montrant des signes d’épuisement étaient souvent tuées.</p>



<p>Les personnes enlevées ont été emmenées d’un camp à un autre au plus profond de la forêt. Celles qui étaient retenues en captivité pendant de longues périodes ont été forcées à s’acquitter de diverses tâches sous peine d’être tuées. Elles étaient notamment chargées d’aller chercher de l’eau et de la nourriture, de cuisiner, d’obtenir des informations, de réceptionner des livraisons, de creuser et d’effectuer diverses tâches pendant des attaques.</p>



<p>Une femme qui s’est échappée fin&nbsp;2024 après une captivité de plus de deux ans a fait le récit suivant à Amnesty International&nbsp;: «&nbsp;Ils nous ont appris à tuer avec des armes et avec des lames… Dans la brousse, il fallait faire ce qu’on nous disait. On ne peut pas être faibles.&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Recrutement et utilisation d’enfants</strong></h2>



<p>Selon l’ONU, les ADF font partie des principaux groupes responsables de recrutement et d’utilisation d’enfants en RDC. Le groupe exploite des enfants à diverses fins, les forçant notamment à prendre part aux combats, à porter des chargements, à cuisiner et à faire le guet. De nombreuses personnes ayant été enlevées ou témoins ont déclaré avoir vu des enfants âgés parfois de 10&nbsp;ans seulement participer aux attaques du groupe.</p>



<p>Amnesty International s’est entretenue avec deux enfants ayant été enlevés et trois jeunes ayant été enlevés alors qu’ils et elles étaient enfants, qui ont toutes et tous été utilisés par les ADF à diverses fins. Ces personnes avaient entre 13&nbsp;et 17&nbsp;ans au moment de leur enlèvement.</p>



<p>Un jeune homme, enlevé lorsqu’il avait 15&nbsp;ans et resté en captivité pendant environ deux ans, a déclaré&nbsp;: «&nbsp;Ils m’ont mis dans un groupe chargé de chercher de la nourriture… Ils nous prêchaient l’islam… Quand c’était l’heure de prier, je priais avec eux. Si on refusait, on risquait d’être tué.&nbsp;»</p>



<p>Une fille enlevée lorsqu’elle avait moins de 15&nbsp;ans a déclaré&nbsp;: «&nbsp;Ils ont commencé à nous enseigner l’arabe car ils étaient musulmans. Après les cours d’arabe, ils nous apprenaient à nous battre. Une fois que nous avions fini notre entraînement, nous commencions à participer à certaines attaques.&nbsp;»</p>



<p>Soumis à de nombreuses atteintes aux droits humains, notamment des actes de torture et d’autres mauvais traitements, ces enfants devraient être considérés avant tout comme des victimes. Ils et elles devraient également bénéficier de mesures de protection supplémentaires en tant que victimes de traite n’ayant pas pu consentir légalement à leur exploitation.</p>







<h3 class="wp-block-heading"><strong>Violences faites aux femmes et aux filles</strong></h3>



<p>Amnesty International s’est entretenue avec cinq femmes et deux filles ayant été enlevées par les ADF et soumises à des «&nbsp;mariages&nbsp;» forcés. Des témoins ont indiqué que les relations «&nbsp;hors mariage&nbsp;» n’étaient pas autorisées. Cependant, plusieurs personnes avec qui l’organisation s’est entretenue ont fait état de cas de violences sexuelles infligées à des femmes et des filles en dehors du «&nbsp;mariage&nbsp;» par des combattants des ADF.</p>



<p>Certaines personnes ont déclaré que les ADF donnaient des «&nbsp;épouses&nbsp;», parfois plusieurs, à des combattants pour encourager le recrutement, et que la pratique était systématique dans les camps du groupe. Les femmes et les filles étaient soumises à des violences sexuelles et physiques pendant des périodes prolongées.</p>



<div class="wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex">
<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:25%"></div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:50%">
<figure class="wp-block-image size-full"><div style="position:relative"><img decoding="async" width="892" height="1024" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1.jpg" alt="" class="aiic-ignore wp-image-36185" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1.jpg 892w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-261x300.jpg 261w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-768x882.jpg 768w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-523x600.jpg 523w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-734x843.jpg 734w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-63x72.jpg 63w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-125x144.jpg 125w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-52x60.jpg 52w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-105x120.jpg 105w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-174x200.jpg 174w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-348x400.jpg 348w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-226x260.jpg 226w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-453x520.jpg 453w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-283x325.jpg 283w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-566x650.jpg 566w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-600x689.jpg 600w" sizes="(max-width: 892px) 100vw, 892px" /><div class="image-metadata is-image"></div></div><figcaption class="wp-element-caption">Une femme a raconté à Amnesty International comment elle a survécu à un coup de machette dans la tête lors d’une attaque par les ADF en août 2025, lors de laquelle sa fille de trois ans est décédée et sa maison a brûlé. © Amnesty International<br></figcaption></figure>
</div>



<div class="wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow" style="flex-basis:25%"></div>
</div>



<p>Plusieurs femmes et filles ont aussi déclaré avoir été converties de force à l’islam et soumises à un endoctrinement à la version de la religion pratiquée par le groupe. Les femmes et les filles ont ajouté que des femmes formatrices et des chefs de camps leur avaient explicitement dit qu’elles devaient accepter les «&nbsp;époux&nbsp;» qui leur avaient été attribués, sous peine d’être tuées. Plusieurs ont été forcées à assister aux meurtres de femmes ayant refusé d’obéir aux ordres.</p>



<p>Une jeune femme qui avait été enlevée lorsqu’elle était adolescente a relaté un échange qu’elle avait eu avec le chef de camp&nbsp;: «&nbsp;J’ai dit que j’étais encore jeune. Il m’a demandé quel âge j’avais. J’ai répondu que j’avais 16&nbsp;ans. Il a dit&nbsp;: “C’est [un âge] suffisant. Ici, on donne des époux à des filles de 12&nbsp;ans. Soit tu acceptes un mari, soit on te tue.”&nbsp;» Elle a évoqué les mauvais traitements qui lui avaient été infligés à maintes reprises par son «&nbsp;époux&nbsp;», qui avait menacé de la «&nbsp;massacrer&nbsp;» si elle tentait de fuir.</p>


<blockquote class="blockquote is-lined"><p>Soit tu acceptes un mari, soit on te tue</p>
<cite>La menace d’un chef de camp envers une jeune femme enlevée quand elle était adolescente</cite></blockquote>


<p>Six des sept femmes et filles qui ont été «&nbsp;mariées&nbsp;» ont indiqué être tombées enceintes du fait de ces mariages forcés. Lorsque ces femmes et ces filles ont réussi à échapper à l’esclavage sexuel et à la servitude domestique, elles ont été soupçonnées et stigmatisées. Une femme a déclaré que ses beaux-parents avaient demandé avec tellement d’insistance que les deux enfants qu’elle avait eus dans la brousse soient tués qu’elle en était presque arrivée à se suicider.</p>



<p>Plusieurs personnes avec qui Amnesty International s’est entretenue ont indiqué qu’elles avaient été confrontées à de graves difficultés économiques après avoir été libérées par le groupe et peinaient à obtenir des soins médicaux et spécialisés.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Recommandations</h3>



<p>Les autorités de la RDC doivent en faire davantage pour protéger les civil·e·s, notamment en travaillant avec l’ONU et les populations locales, afin d’améliorer les mécanismes d’alerte précoce et de permettre une réponse rapide en amont des attaques. Une approche complète de la sécurité, de la justice et de l’obligation de rendre des comptes et un véritable programme de réinsertion sont indispensables pour répondre aux besoins des populations et des victimes.</p>



<p>«&nbsp;Des victimes nous ont dit que la paix et la sécurité devaient être rétablies de toute urgence dans l’est de la RDC, sans quoi elles ne pourraient reconstruire leur vie, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>«&nbsp;Le gouvernement congolais doit prendre des mesures beaucoup plus fortes pour assurer la protection des civil·e·s. La communauté internationale doit aider fermement l’État congolais à redoubler d’efforts pour protéger les civil·e·s, garantir la justice et fournir aux victimes une aide durable sur le long terme. L’indifférence des politiques internationales et des bailleurs de fonds face à la menace grandissante et aux crimes des ADF ne fera que continuer à mettre à mal la sécurité et les droits humains dans l’est de la RDC.&nbsp;»</p>



<h3 class="wp-block-heading">Complément d&rsquo;information</h3>



<p>Les ADF sont nées de la fusion de divers groupes d’opposition dans les années&nbsp;1990 en Ouganda, et se sont ensuite réfugiées au Zaïre (aujourd’hui la RDC). En 2019, l’État islamique a officiellement reconnu l’allégeance des ADF, qui sont alors devenues l’État islamique en Afrique centrale.</p>

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		<title>Autriche. La répression contre la solidarité envers les Palestinien·ne·s a un effet dissuasif considérable</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/autriche-la-repression-contre-la-solidarite-envers-les-palestinien%c2%b7ne%c2%b7s-a-un-effet-dissuasif-considerable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 08:17:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Autriche. La répression contre la solidarité envers les Palestinien·ne·s a un effet dissuasif considérable Les mesures prises par les autorités autrichiennes à l’encontre de personnes exprimant leur solidarité avec les Palestinien·ne·s pendant le génocide dont ils sont victimes à Gaza ont un effet dissuasif sur le droit à la liberté d’expression, écrit Amnesty International dans [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:40px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading">Autriche. La répression contre la solidarité envers les Palestinien·ne·s a un effet dissuasif considérable</h2>



<p>Les mesures prises par les autorités autrichiennes à l’encontre de personnes exprimant leur solidarité avec les Palestinien·ne·s pendant le génocide dont ils sont victimes à Gaza ont un effet dissuasif sur le droit à la liberté d’expression, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport. En outre, ces dispositions se traduisent par des violations des droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique.</p>



<p>Intitulé <em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/03/amnesty-bericht_austria_freedom-of-expression-is-highly-selective.pdf">‘Freedom of expression is highly selective’: Austria limits expressions of solidarity with Palestinians,</a></em> ce rapport identifie de multiples facteurs &#8211; notamment des restrictions injustifiées de la liberté d’expression et la crainte suscitée par des accusations générales d’antisémitisme dans un contexte de racisme, y compris d’islamophobie – qui s’entremêlent pour entraver la liberté d’expression en Autriche en ce qui concerne la solidarité avec les Palestinien·ne·s, entre autres parmi les militant·e·s, les ONG et les institutions universitaires.</p>



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</div>



<p>« L’effet paralysant s’est installé et affecte grandement la capacité et la volonté des gens d’exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien ou de critiquer les actions du gouvernement israélien à Gaza, a déclaré Shoura Hashemi, directrice d’Amnesty International Autriche.</p>



<p>« En Autriche, comme dans d’autres régions d’Europe, il existe un risque que l’antisémitisme soit instrumentalisé et politisé. Assimiler la critique de l’État d’Israël à de l’antisémitisme peut entraîner des atteintes à la liberté d’expression et rétrécir l’espace dont dispose la société civile pour exprimer des critiques, tout en fragilisant la lutte contre le véritable antisémitisme. »</p>



<p>S’appuyant sur 19 entretiens avec des militant·e·s, des journalistes, des représentant·e·s d&rsquo;ONG et des universitaires, le rapport note que bon nombre de ces personnes et associations de la société civile risquent d&rsquo;être qualifiées d&rsquo;« antisémites » lorsqu&rsquo;elles critiquent les violations du droit international commises par Israël.</p>



<p>Si les préjugés anti-musulmans sont un sujet de préoccupation de longue date en Autriche, des sources gouvernementales et des organisations de la société civile rapportent que, depuis octobre 2023, les incidents racistes ont augmenté à travers le pays, en particulier le racisme anti-palestinien. Une personne austro-palestinienne a décrit cette bascule survenue après octobre 2023 en ces termes : « Il y a eu un énorme changement avec le 7 octobre [2023]… J&rsquo;ai toujours l&rsquo;impression de devoir me justifier quand quelqu&rsquo;un me parle. » Malgré les recommandations d’experts de l&rsquo;ONU, l&rsquo;Autriche n&rsquo;a pas mis en place de plan d&rsquo;action national pour lutter contre le racisme, y compris le racisme anti-musulman.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Répression des manifestations</h4>



<p>Depuis le début du génocide perpétré par Israël contre les Palestiniens à Gaza, ceux qui, en Autriche, ont manifesté pacifiquement contre ce génocide se sont heurtés à de multiples écueils et à de graves restrictions de leurs droits à la liberté d&rsquo;expression et de réunion pacifique.</p>



<p>Par exemple, ce type de restrictions illégales s’appliquent en raison du slogan largement répandu « Du fleuve jusqu’à la mer, la Palestine sera libre » ; les autorités policières ont interdit au moins sept rassemblements à Vienne au motif que ce slogan risquait d’y être scandé. De plus, il fait l’objet d’un décret non public émis par le ministère de la Justice : le simple fait de le scander justifie un soupçon initial d’« approbation d’infractions terroristes » et possiblement l’ouverture d’une enquête. Alors que diverses organisations utilisent ce slogan, qui revêt diverses significations, la Stratégie nationale de lutte contre l’antisémitisme l’assimile à un appel à nier l’existence de l’État d’Israël.</p>



<p>En vertu du droit international relatif aux droits humains, les restrictions du droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique doivent respecter certains critères, notamment être prévues par une loi accessible au public et suffisamment claire et précise. Interdire certaines expressions ne peut se faire que si celles-ci atteignent un seuil élevé et constituent une incitation à la discrimination, à l&rsquo;hostilité ou à la violence contre un groupe donné.</p>



<p>Au cours des dernières années, le Conseil national autrichien, tout comme les conseils municipaux de Vienne et de Graz, a adopté plusieurs résolutions non contraignantes contre le mouvement  Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), certaines le qualifiant d&rsquo;antisémite. Cependant, selon la Cour européenne des droits de l&rsquo;homme, un appel au boycott est protégé au titre du droit à la liberté d&rsquo;expression.</p>



<p>Ces résolutions, qui ne sont pas juridiquement contraignantes, bénéficient toutefois du soutien de tous les partis politiques au Parlement et font office de lignes directrices faisant autorité. En qualifiant d’antisémite le mouvement  Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), elles portent atteinte au droit à la liberté d’expression ; en effet, des militants et des organisations de la société civile ont déclaré à Amnesty International craindre des poursuites judiciaires, des campagnes de dénigrement ou la perte de financements publics s’ils expriment leur soutien au BDS.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Instrumentalisation de la définition de travail de l’antisémitisme par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA)</h4>



<p>La définition de travail de l&rsquo;antisémitisme proposée par l&rsquo;Alliance internationale pour la mémoire de l&rsquo;Holocauste (IHRA) n&rsquo;est pas conforme au droit international relatif aux droits humains ; elle est usitée afin de restreindre les critiques légitimes à l&rsquo;égard des violations des droits des Palestiniens imputables au gouvernement israélien.</p>



<p>Des experts des Nations unies, des universitaires et des organisations de la société civile, dont Amnesty International, ont critiqué cette définition de travail, qui n’est pas compatible avec le droit international relatif aux droits humains. Principale préoccupation, elle assimile critique légitime d&rsquo;Israël et antisémitisme, ce qui risque d&rsquo;avoir un effet dissuasif et de restreindre la liberté d&rsquo;expression et de réunion pacifique. Autre danger, elle limite la politique et les initiatives de l&rsquo;Autriche en matière de lutte contre l&rsquo;antisémitisme sur son territoire.</p>



<p>Bien que cette définition ne soit pas juridiquement contraignante en Autriche, elle a une grande influence sur les politiques et les pratiques. Elle représente la conception de l&rsquo;antisémitisme retenue dans plusieurs documents gouvernementaux, notamment dans les politiques visant à lutter contre l&rsquo;antisémitisme dans le pays.</p>



<p>Parmi les personnes interrogées par Amnesty International, dont des militants juifs, sept ont explicitement pointé l’adoption par l’Autriche de la définition de travail de l&rsquo;antisémitisme proposée par l&rsquo;Alliance internationale pour la mémoire de l&rsquo;Holocauste (IHRA) comme l’une des raisons pour lesquelles les manifestations de solidarité envers les Palestiniens étaient limitées.</p>



<p>« La lutte contre l’antisémitisme est essentielle et doit s’inscrire dans le respect du droit international relatif aux droits humains. C’est le seul moyen de parvenir à une compréhension commune du problème et de ses causes, et à des mesures efficaces afin d’y remédier. Sinon, nous risquons de remplacer la discrimination contre un groupe par la discrimination contre un autre, et d’attiser la haine au lieu de la combattre », a déclaré Shoura Hashemi. </p>



<h4 class="wp-block-heading">Restriction de l’espace pour les expressions de solidarité avec les Palestinien·ne·s</h4>



<p>Ce rapport souligne que les organisations de la société civile et les universitaires disposent d’une marge de manœuvre de plus en plus restreinte pour exprimer leur solidarité avec les Palestinien·ne·s. Deux organisations ont déclaré craindre de perdre leur financement public si elles dénoncent les violations des droits humains commises par les autorités israéliennes à l’encontre des Palestiniens. Dans plusieurs cas, des responsables politiques ont publiquement remis en cause l’éligibilité d’ONG au financement public en raison de leurs prises de positions.</p>



<p>« Les autorités autrichiennes doivent adopter un plan d’action national contre le racisme et ne plus diffuser la définition de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) par le biais de leurs politiques et pratiques. Elles doivent abroger le décret réglementant le slogan  » Du fleuve à la mer  » et aligner toute restriction du droit à la liberté d’expression sur le droit international relatif aux droits humains. Enfin, elles doivent respecter et protéger le droit de défendre le mouvement  Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) en tant que forme légitime d’expression politique », a déclaré Shoura Hashemi.</p>



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<section id="section-c3b75627" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack" style=""><div class="container">

<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information </h4>



<p>En avril 2023, Amnesty International comptait parmi plus de 100 organisations qui ont appelé les Nations unies à se garder d’approuver ou d’adopter la définition de travail de l’antisémitisme proposée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).</p>

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		<title>Éthiopie. Les autorités doivent enquêter sur les violences sexuelles, exécutions sommaires et actes de torture perpétrés par des combattants de l’Armée de libération oromo</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/ethiopie-les-autorites-doivent-enqueter-sur-les-violences-sexuelles-executions-sommaires-et-actes-de-torture-perpetres-par-des-combattants-de-larmee-de-liberation-oromo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 16:52:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualite]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Éthiopie. Les autorités doivent enquêter sur les violences sexuelles, exécutions sommaires et actes de torture perpétrés par des combattants de l’Armée de libération oromo Avertissement : ce communiqué de presse contient des descriptions de violences sexuelles et d’actes de torture. Des membres de l’Armée de libération oromo, en Éthiopie, ont soumis des femmes et des [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<h2 class="wp-block-heading">Éthiopie. Les autorités doivent enquêter sur les violences sexuelles, exécutions sommaires et actes de torture perpétrés par des combattants de l’Armée de libération oromo</h2>



<p><strong><mark style="background-color:#000" class="has-inline-color has-white-color">Avertissement : ce communiqué de presse contient des descriptions de violences sexuelles et d’actes de torture.</mark></strong></p>



<p>Des membres de l’Armée de libération oromo, en Éthiopie, ont soumis des femmes et des filles à des violences sexuelles, se rendant coupables de viols, de viols en réunion, d’esclavage sexuel, d’exécutions sommaires et de destructions de biens civils, agissements susceptibles de constituer des crimes de guerre, dans le contexte du conflit ayant commencé dans la région Oromia en 2019, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse rendue publique vendredi 6 mars.</p>



<p>Ce document, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/03/No-One-Came-to-My-Rescue_Formatted_FINAL_.pdf"><strong><em>No one came to my rescue: Gang rape, sexual slavery and mass displacement of women in Oromia, Ethiopia</em></strong></a>, fait état des atrocités commises contre des civil·e·s, en particulier des femmes et des filles, par le groupe armé de l’Armée de libération oromo dans les districts de Sayo et Anfillo de la zone de Kellem Wallaga, entre 2020 et 2024. « Cela fait sept ans que dans un climat de secret permis par le blocage des communications et des médias, des combattants causent d’immenses souffrances aux civil·e·s dans l’Oromia. Non seulement ces violations répétées sont épouvantables, mais il est en outre possible qu’elles constituent des crimes de guerre », a déclaré Tigere Chagutah, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnesty International. « Les organismes de suivi des droits humains, à l’échelle internationale et africaine, continuent à détourner le regard. Ils doivent demander que les autorités éthiopiennes diligentent immédiatement des enquêtes impartiales et rigoureuses sur ces atrocités, dans le but d’amener tous les responsables à rendre des comptes, et de fournir aux victimes une possibilité d’obtenir justice et réparations. »</p>



<p>« L’Armée de libération oromo doit immédiatement adresser à tous ses combattants l’ordre de respecter le droit international humanitaire et le droit international relatif aux droits humains. Elle doit aussi désarmer et démobiliser les combattants et/ou unités s’étant rendus coupables de violences sexuelles, d’autres formes de torture, d’homicides, de déplacements forcés et d’autres crimes au regard du droit international. »</p>



<p>Des affrontements opposant l’Armée de libération oromo (OLA) &#8211; l’ancienne aile militaire du Front de libération oromo (FLO) -, les Forces de défense nationale éthiopiennes (ENDF) et les forces régionales de sécurité de l’Oromia alliées, ont éclaté en 2019, et ce conflit continue à avoir de très lourdes répercussions sur la population civile.</p>



<p>Pour cette synthèse, Amnesty International a recueilli les propos de 10 victimes de viols en réunion, dont sept étaient mineures au moment des agressions. L’organisation a également reçu les témoignages de prestataires de santé, et ont examiné les dossiers médicaux des victimes.</p>



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</div>



<h4 class="wp-block-heading">« Ils nous violaient tous les jours, deux fois par jour »</h4>



<p>Sur les 10 victimes ayant parlé à Amnesty International, cinq ont également connu l’esclavage sexuel. Neuf ont été agressées par des combattants de l’Armée de libération oromo (OLA), tandis qu’une a subi des violences de la part de soldats des Forces de défense nationale éthiopiennes et de membres de l&rsquo;OLA.</p>



<p>Deux des victimes sont tombées enceintes des suites de ces viols.</p>



<p>Ces femmes ont décrit avec de nombreux détails déchirants des agressions brutales ayant duré des jours, voire des semaines.</p>



<p>Lalistu* et sa fille Sebontu*, alors âgée de 12 ans, ont été retenues captives pendant trois semaines dans une grotte avec les mains attachées à un arbre, et ont été violées par plusieurs membres de l’OLA.</p>



<p>« Ils nous violaient tous les jours, deux fois par jour. Vers 11 heures et 18 heures. Je commençais à avoir peur quand ces moments approchaient chaque jour. Ils me disaient : « Tu vas mourir. Tu ne rentreras jamais chez toi » », a déclaré Sebontu*, maintenant âgée de 17 ans.</p>



<p>« Pendant trois semaines, 15 hommes m’ont violée et ont violé mon enfant. Ils le faisaient à tour de rôle », a déclaré Lalistu à Amnesty International.</p>



<p>Une autre victime, Anisa*, qui était enceinte au moment de l’entretien (des suites de ces violences sexuelles), a en outre été réduite en esclavage sexuel par des combattants de l’OLA fin 2024. Elle a déclaré à Amnesty International que les combattants venaient régulièrement la chercher chez elle et l’amenaient dans la brousse, où ils lui faisaient subir des viols en réunion. C’est seulement après qu’elle a eu des problèmes de santé que les combattants ont cessé ces violations.</p>



<p>Plusieurs victimes ont déclaré à Amnesty International que des combattants de l’OLA les avaient violées à titre de représailles, car leur mari, frère ou père travaillait au sein des forces gouvernementales. Elles ont également dit à Amnesty qu’elles ont été forcées à quitter leur domicile après ces violences sexuelles ; lorsque certaines ont refusé de partir, leur maison a été incendiée.</p>



<p>Deux victimes ont déclaré que des combattants ont aussi tué des hommes de leur famille, notamment le mari de Lalistu, exécuté pour avoir essayé de la protéger, ainsi que leur fille de 12 ans.</p>



<p>« Ils lui ont tiré dessus [et l’ont abattu] lorsque nous avons atteint la forêt. Je ne me suis même pas retournée pour le regarder après qu’ils l’ont tué », a déclaré Lalistu*.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Réduites au silence</h4>



<p>Ces 10 victimes et l’enfant d’une personne rescapée, qui a subi des passages à tabac, ont dit continuer à souffrir des traumatismes physiques causés par les violences qui leur ont été infligées. Ces personnes redoutaient cependant de solliciter une aide médicale, par exemple pour une interruption de grossesse et un dépistage d’infections sexuellement transmissibles, par crainte de représailles de la part des combattants de l’OLA et des autorités, et de la réprobation sociale associée aux violences sexuelles.</p>



<p>Les victimes ont réclamé que ces violations prennent fin, que justice soit rendue et que l’obligation de rendre des comptes soit respectée. L’une d’elles a déclaré : « S’il est possible de les retrouver, j’espère que justice sera faite, afin que ce qui nous est arrivé, à moi et à d’autres, puisse cesser. »</p>



<p>Du fait des restrictions imposées par les gouvernements au niveau fédéral et régional en Éthiopie, il est presque impossible pour des acteurs nationaux ou internationaux de déterminer l’étendue véritable des violations commises contre les civil·e·s depuis que le conflit a éclaté en Oromia.</p>



<p>« Ces actes lâches ont été en partie permis par un blocage des communications, qui a dissimulé au reste du monde les atrocités persistantes commises contre les civil·e·s. Ce n’est pas la première fois que les autorités éthiopiennes recourent à la censure en temps de crise. Il est probable que le tableau complet de la situation soit encore plus affligeant », a déclaré Tigere Chagutah.</p>



<p>« Les atrocités recensées par Amnesty International en Oromia ont été perpétrées dans un climat d’impunité, sans susciter la moindre réaction si ce n’est le silence des partenaires et voisins de l’Éthiopie. Cette synthèse devrait alerter sur le fait que le silence ne mène à rien d’autre que la souffrance des civil·e·s. Le cycle des violences contre les civil·e·s, en particulier les femmes et les filles, doit cesser. »</p>



<p class="has-text-align-right"><em>*Les noms ont été modifiés pour protéger l’identité des victimes.</em></p>
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		<item>
		<title>Tunisie. Les violations généralisées des droits des personnes réfugiées et migrantes révèlent un risque de complicité de l’UE</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/tunisie-les-violations-generalisees-des-droits-des-personnes-refugiees-et-migrantes-revelent-un-risque-de-complicite-de-lue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Nov 2025 08:10:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=34784</guid>

					<description><![CDATA[<p>Au cours des trois dernières années, les autorités tunisiennes ont de façon croissante démantelé les protections accordées aux personnes réfugiées, demandeuses d’asile ou migrantes, en particulier aux personnes noires, avec un dangereux glissement vers des pratiques sécuritaires racistes et des violations généralisées des droits humains qui mettent en danger la vie, la sécurité et la [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Au cours des trois dernières années, les autorités tunisiennes ont de façon croissante démantelé les protections accordées aux personnes réfugiées, demandeuses d’asile ou migrantes, en particulier aux personnes noires, avec un dangereux glissement vers des pratiques sécuritaires racistes et des violations généralisées des droits humains qui mettent en danger la vie, la sécurité et la dignité de ces personnes, a déclaré Amnesty International le 6 novembre. L’Union européenne (UE) risque de s’en rendre complice en maintenant sa coopération en matière de contrôle des migrations sans garanties efficaces en matière de droits humains. </p>



<p>Le nouveau rapport d’Amnesty International intitulé <em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/MDE3001802025FRENCH.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« Personne ne vous entend quand vous criez ». Le dangereux tournant de la politique migratoire en Tunisie</a> </em>présente des informations montrant que, alimentées par les discours racistes des responsables politiques, les autorités tunisiennes ont procédé de manière ciblée, sur la base de critères raciaux, à des arrestations et des placements en détentions ; à des interceptions en mer dangereuses ; à des expulsions collectives de dizaines de milliers de personnes réfugiées et migrantes vers l’Algérie et la Libye ; et ont soumis des personnes réfugiées et migrantes à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements, y compris des viols et d’autres violences sexuelles, tout en réprimant la société civile qui leur apportait une aide cruciale.</p>



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<p>En juin 2024, les autorités tunisiennes ont ordonné au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) de cesser de traiter les demandes d’asile, supprimant ainsi la seule voie permettant de demander l’asile dans le pays. Pourtant, la coopération de l’UE avec la Tunisie en matière de contrôle des migrations s’est poursuivie sans garanties efficaces en matière de droits humains, l’UE risquant ainsi de se rendre complice de violations graves et de retenir davantage de personnes dans une situation mettant leur vie et leurs droits en danger.</p>



<p>« Les autorités tunisiennes ont présidé à d’horribles violations des droits humains, attisant la xénophobie tout en s’attaquant encore et encore à la protection des personnes réfugiées. Elles doivent immédiatement inverser cette tendance dévastatrice en mettant fin à l’incitation au racisme et aux expulsions collectives qui mettent des vies en danger. Elles doivent protéger le droit d’asile et veiller à ne renvoyer personne dans des endroits où il existe un risque de graves violations des droits humains. Le personnel des ONG et les défenseur·e·s des droits humains détenus pour avoir aidé des personnes réfugiées et migrantes doivent être libérés sans condition, a déclaré Heba Morayef, directrice régionale pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient et à Amnesty International.</p>



<p>« L’UE doit suspendre de toute urgence toute aide en matière de contrôle migratoire et de contrôle des frontières dont l’objectif est de retenir des personnes en Tunisie, et cesser de financer les forces de sécurité ou d’autres entités responsables de violations des droits humains commises contre des personnes réfugiées et migrantes. Au lieu de donner la priorité à l’endiguement des flux et d’alimenter les violations, la coopération entre l’UE et la Tunisie doit se concentrer sur la mise en place de mesures de protection et de procédures d’asile adéquates dans le pays, et incorporer des critères et des conditions clairs et exécutoires en matière de droits humains, afin d’éviter toute complicité dans les violations. »</p>



<p>Amnesty International a mené des recherches entre février 2023 et juin 2025 et interrogé 120 réfugié·e·s et migrant·e·s originaires de près de 20 pays (92 hommes, 28 femmes parmi lesquels huit enfants âgés de 16 à 17 ans) à Tunis, Sfax et Zarzis. L’organisation a également examiné des sources provenant des Nations unies, de médias et de la société civile, ainsi que les pages officielles des autorités locales tunisiennes. Avant de rendre public son rapport, Amnesty International a communiqué ses conclusions aux autorités tunisiennes, européennes et libyennes. Aucune réponse n’avait été reçue au moment de la publication de ce document.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une crise alimentée par des discours racistes</h3>



<p>Les témoignages recueillis révèlent l’existence d’un système de migration et d’asile conçu pour exclure et punir plutôt que pour protéger. Au moins 60 des personnes interrogées par Amnesty, dont trois enfants, deux réfugié·e·s et cinq demandeurs·euses d’asile, ont été arbitrairement arrêtées et placées en détention. Des réfugié·e·s et des migrant·e·s noirs ont été pris pour cible dans le cadre d’un profilage racial systémique et de vagues successives de violences racistes commises par des particuliers et les forces de sécurité et déclenchées par l’incitation publique à la haine raciale, à commencer par les propos tenus par le président Kaïs Saïed en février 2023 et repris depuis par d’autres responsables et parlementaires.</p>



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<p>La situation a été aggravée par une vague de mesures répressives visant au moins six ONG qui apportaient un soutien essentiel aux réfugié·e·s et aux migrant·e·s. Cela a eu des conséquences humanitaires terribles et a entraîné d’énormes lacunes dans l’accès aux services essentiels de protection. Depuis mai 2024, les autorités ont arrêté arbitrairement au moins huit personnes travaillant pour des ONG et deux anciens responsables locaux qui coopéraient avec elles. La prochaine audience dans le procès du personnel de l’une de ces organisations, le Conseil tunisien pour les réfugiés, est prévue pour le 24 novembre.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« On les a vus se noyer »</h3>



<p>Amnesty International a enquêté sur 24 interceptions en mer et mené des entretiens avec 25 réfugié·e·s et migrant·e·s qui ont décrit le comportement très dangereux, imprudent et violent de gardes-côtes tunisiens, notamment avec des cas d’éperonnage dangereux, de manœuvres à grande vitesse menaçant de faire chavirer les bateaux, de coups portés à des personnes et à des embarcations, de tirs de gaz lacrymogène à bout portant et le refus de toute évaluation individualisée en matière de protection lors du débarquement.</p>



<p>« Céline », une migrante camerounaise interceptée après avoir quitté la région orientale de Sfax en juin 2023, a déclaré à Amnesty International :</p>



<p>« Ils n’arrêtaient pas de frapper notre bateau [en bois] avec des bâtons longs et pointus, ils l’ont percé […] Il y avait au moins deux femmes et trois bébés sans gilets de sauvetage. On les a vus se noyer et à un moment on n’a plus vu les corps. Je n’ai jamais eu aussi peur. »</p>



<p>Malgré les préoccupations persistantes concernant le manque de transparence dans la communication publique sur les interceptions, les autorités tunisiennes ont cessé en 2024 de communiquer publiquement les données relatives à ces opérations après avoir mis en place une Zone de recherche et de sauvetage maritime (SRR) avec le soutien de l’UE. Auparavant, elles avaient signalé une augmentation significative des interceptions.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Allez en Libye, ils vont vous tuer »</h3>



<p>À partir de juin 2023, les autorités tunisiennes ont commencé à expulser collectivement des dizaines de milliers de réfugié·e·s et de migrant·e·s, principalement des personnes noires, à la suite d’arrestations motivées par des considérations raciales ou d’interceptions en mer. Amnesty International a constaté qu’entre juin 2023 et mai 2025, les autorités ont procédé à au moins 70 expulsions collectives concernant plus de 11 500 personnes.</p>



<p>Les forces de sécurité tunisiennes ont régulièrement abandonné des migrant·e·s, des demandeurs·euses d’asile et des réfugié·e·s, y compris des femmes enceintes et des enfants, dans des zones reculées et désertiques à la frontière du pays avec la Libye et l’Algérie. Elles les ont abandonnés sans nourriture ni eau, généralement après avoir confisqué leurs téléphones, leurs papiers d’identité et leur argent, les exposant ainsi à un grave danger pour leur vie et leur sécurité. À la suite de la première vague d’expulsions en juin-juillet 2023, au moins 28 migrant·e·s ont été retrouvés morts le long de la frontière entre la Libye et la Tunisie et 80 migrant·e·s ont été déclarés disparus.</p>



<p>Ces expulsions ont été menées sans aucune garantie procédurale et en violation du principe de « non-refoulement ».</p>



<p>Alors que les personnes expulsées vers l’Algérie ont dû marcher pendant des semaines pour revenir de la frontière ou ont été confrontées à des risques de « refoulement » en chaîne de l’Algérie vers le Niger, celles qui ont été expulsées vers la Libye ont souvent été remises aux gardes-frontières libyens ou à des milices qui les ont abandonnées sur place ou placées en détention dans des conditions abusives. Les réfugié·e·s et les migrant·e·s en Libye subissent de manière généralisée et systématique des violations des droits humains et atteintes à ces droits, commises en toute impunité, qui, selon une mission d’établissement des faits des Nations unies, constituent un crime contre l’humanité.</p>



<p>« Ezra », un Ivoirien, a expliqué à Amnesty International que les forces de sécurité tunisiennes l’ont expulsé depuis Sfax vers la frontière libyenne dans la nuit du 1er au 2 juillet 2023 avec un groupe de 24 personnes, dont au moins un enfant.</p>



<p>« On est arrivé dans la zone frontalière libyenne vers six heures du matin […] Un agent [tunisien] nous a dit : “Allez en Libye, ils vont vous tuer.” Un autre a dit : “Soit vous nagez, soit vous courez en Libye.” Ils nous ont donné un sac rempli de nos téléphones cassés… »</p>



<p>Le groupe a tenté de remonter la côte à pied pour retourner en Tunisie, mais des Tunisiens en uniforme militaire les ont interceptés, poursuivis avec des chiens, et ils ont battu quatre d’entre eux et les ont ramenés à la frontière.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Ils nous ont fait chanter “Plus jamais la Tunisie, plus jamais on revient” encore et encore. »</h3>



<p>Les forces de sécurité tunisiennes ont soumis 41 hommes, femmes et enfants à des actes de torture et à d’autres formes de mauvais traitements lors d’interceptions, d’expulsions ou pendant leur détention.</p>



<p>« Hakim », un Camerounais, a décrit comment des fonctionnaires l’ont amené et abandonné avec d’autres personnes à la frontière algérienne, en janvier 2025 :</p>



<p>« Ils nous ont pris un par un, nous ont encerclés, nous ont demandé de nous allonger, on était menottés… Ils nous ont tabassés avec tout ce qu’ils avaient sous la main : gourdins, matraques, tuyaux en fer, bâtons en bois… Ils nous ont fait chanter “Plus jamais la Tunisie, plus jamais on revient”, encore et encore. Ils nous ont donné des coups de poing et de pied partout sur le corps. »</p>



<p>Amnesty International a également réuni des informations sur 14 cas de viols ou d’autres formes de violence sexuelle commis par les forces de sécurité tunisiennes, dont certains ont eu lieu dans le cadre de palpations ou de fouilles au corps abusives menées de manière humiliante et pouvant être assimilées à de la torture.</p>



<p>« Karine », une Camerounaise, a déclaré à Amnesty International que des agents de la Garde nationale l’avaient violée à deux reprises le 26 mai 2025, d’abord lors d’une fouille au corps abusive après une interception dans la région de Sfax, puis à la frontière algérienne après une expulsion collective.x</p>



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<h3 class="wp-block-heading">Soutien dangereux de l’UE au prix de vies humaines et de la dignité des personnes</h3>



<p>Les leçons n’ayant pas été tirées des effets dévastateurs de la coopération de l’UE avec la Libye, la coopération entre l’UE et la Tunisie en matière de contrôle des migrations s’est poursuivie et a abouti au confinement de personnes dans un pays où elles sont exposées à des violations généralisées des droits humains. Cette coopération consiste à financer les capacités de recherche et de sauvetage des gardes-côtes tunisiens et à fournir une formation et des équipements pour la gestion des frontières afin de réduire les traversées illégales vers l’Europe.</p>



<p>L’UE a signé en juillet 2023 un protocole d’accord avec la Tunisie n’incluant pas de garanties efficaces en matière de droits humains telles qu’une évaluation préalable et transparente de l’impact sur les droits humains, un suivi indépendant des droits humains avec des procédures claires pour donner suite aux allégations de violations ou encore une clause suspensive explicite permettant de suspendre l’accord en cas de violations. La Médiatrice européenne a relevé ces lacunes dans une enquête menée en 2024. Plus de deux années se sont depuis écoulées et cette coopération se poursuit malgré des rapports alarmants et bien étayés faisant état de violations. Alors qu’elle donne la priorité au contrôle des migrations au détriment du droit international, elle a été présentée comme un succès par les responsables européens, qui ont invoqué une réduction significative depuis 2024 des arrivées par voie maritime de personnes en situation irrégulière venant de Tunisie.</p>



<p>« Le silence de l’UE et de ses États membres face à ces terribles abus est particulièrement alarmant. Tant que l&rsquo;UE persistera à soutenir de manière irréfléchie les dangereuses attaques commises par la Tunisie contre les droits des migrant·e·s et réfugié·e·s et de celles et ceux qui les défendent, sans revoir de manière significative sa coopération en matière de migration, les dirigeants européens risqueront chaque jour un peu plus de se rendre complice de ces violations », a déclaré Heba Morayef.</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/tunisie-les-violations-generalisees-des-droits-des-personnes-refugiees-et-migrantes-revelent-un-risque-de-complicite-de-lue/">Tunisie. Les violations généralisées des droits des personnes réfugiées et migrantes révèlent un risque de complicité de l’UE</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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