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	<title>Rapports Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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	<title>Rapports Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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		<title>Inde. La poursuite des exportations d’armes vers Israël entraîne un risque de complicité dans le génocide en cours à Gaza</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/inde-la-poursuite-des-exportations-darmes-vers-israel-entraine-un-risque-de-complicite-dans-le-genocide-en-cours-a-gaza/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jul 2026 03:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Inde. La poursuite des exportations d’armes vers Israël entraîne un risque de complicité dans le génocide en cours à Gaza L’Inde a continué de livrer des armes à Israël malgré le risque substantiel que ce pays les utilise dans son génocide en cours contre la population palestinienne de la bande de Gaza occupée, a déclaré [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Inde. La poursuite des exportations d’armes vers Israël entraîne un risque de complicité dans le génocide en cours à Gaza</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Des munitions, des pièces détachées et des accessoires ont été vendus aux forces israéliennes.</em></li>



<li><em>Au moins 2 596 cargaisons d’armes ont été exportées vers Israël depuis le 7 octobre 2023.</em></li>



<li><em>Amnesty International a identifié des entreprises concernées qui sont directement détenues ou contrôlées par l’État indien.</em></li>
</ul>



<p>L’Inde a continué de livrer des armes à Israël malgré le risque substantiel que ce pays les utilise dans son génocide en cours contre la population palestinienne de la bande de Gaza occupée, a déclaré Amnesty International dans un nouveau rapport.</p>



<p>Intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/ASA2013272026EN.pdf"><strong>Made in India: The Supply of Weapons and Ammunition to Israel</strong></a>, ce rapport montre que le gouvernement indien a établi un partenariat étroit et rentable avec le secteur de la défense israélien et est devenu un fournisseur important de la chaîne d’approvisionnement qui soutient les opérations militaires d’Israël.</p>



<p>S’appuyant sur les données relatives aux expéditions de marchandises entre l’Inde et Israël, ce rapport révèle que des armes, des munitions, des pièces détachées et des composants indiens ont été expédiés à de grandes entreprises israéliennes qui fournissent l’armée d’Israël. Le rapport établit également que des entreprises directement détenues ou contrôlées par l’État indien sont impliquées dans ce commerce.</p>



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</div>



<p>« Nos recherches révèlent un soutien constant de l’Inde à l’armée et au secteur de la défense israéliens malgré le génocide à Gaza, dont il est pourtant question presque quotidiennement dans les médias du monde entier depuis des années, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« L’Inde fabrique et fournit des armes transférées à Israël par le biais des grandes entreprises fournisseuses qu’elle détient et contrôle. Non seulement elle ne réglemente pas les exportations d’armes vers Israël réalisées par des entreprises privées comme le lui imposent le droit international et les normes internationales, mais en outre elle a renforcé son partenariat de défense avec Israël.</p>



<p>« Compte tenu des mesures conservatoires prises par la Cour internationale de justice, qui reconnaissent un risque plausible de génocide contre les Palestinien·ne·s de Gaza, les autorités indiennes ne peuvent pas affirmer de façon crédible qu’elles ne savaient pas que, si elles continuaient d’autoriser et de faciliter les transferts d’armes vers Israël, elles risquaient fortement de contribuer à de graves violations du droit international. Tandis que l’armée israélienne répandait la mort et la destruction à Gaza, infligeant de vastes souffrances à la population palestinienne, les entreprises indiennes ont continué de faire du profit en livrant des composants et des munitions destinés au secteur de la défense israélien.</p>



<p>« Le gouvernement indien doit cesser immédiatement d’autoriser les exportations d’armes, de munitions et de pièces détachées vers Israël. Il doit aussi veiller à ce que les entreprises placées sous son contrôle ne contribuent pas à des crimes de droit international. Toutes les entreprises ont la responsabilité de respecter les droits humains dans le cadre de leurs activités partout dans le monde, ce qui implique notamment qu’elles doivent prendre dès le départ des mesures préventives fermes pour s’assurer que leurs produits ne soient pas utilisés pour commettre de graves violations du droit international. Ces mesures doivent être proportionnées au niveau de risque. »</p>



<p>L’équipe de recherche d’Amnesty International a analysé 2 596 cargaisons d’armes, de munitions, de pièces et de composants expédiées de l’Inde vers Israël depuis le 7 octobre 2023. Les registres indiquent que les entreprises indiennes ont fourni au moins 390 516 pièces détachées d’armes de petit calibre de type militaire, 564 970 composants d’engins explosifs (tels que des ogives pour drones, des douilles d’obus, etc.) et 298 composants de véhicules militaires à de grandes entreprises israéliennes qui fournissent directement l’armée d’Israël.</p>



<p>Amnesty International a systématiquement exclu les données sur les cargaisons pouvant être destinées à un usage civil. Elle a aussi exclu les armes, pièces et munitions susceptibles d’être utilisées pour des technologies de défense antimissile, qui servent souvent à protéger la population civile des attaques menées sans discrimination.</p>



<p>Amnesty International a par ailleurs analysé le cadre juridique national indien relatif aux transferts d’armes et sa conformité avec le droit international et les normes internationales. Elle a constaté de graves lacunes structurelles, notamment l’absence d’obligation explicite de diligence en matière de droits humains afin d’empêcher que des biens militaires soient utilisés pour commettre des violations du droit international relatif aux droits humains ou du droit international humanitaire (DIH), ainsi qu’un manque de transparence qui entraîne une absence d’obligation de rendre des comptes dans le processus d’exportation.</p>



<p>L’Inde s’est abstenue lors du vote pour l’adoption du Traité sur le commerce des armes en avril 2013. Depuis, elle n’a pas ratifié ce traité et n’y a pas non plus adhéré. Il est crucial que l’Inde adhère au Traité sur le commerce des armes à titre de première mesure visant à mettre sa réglementation sur le contrôle des exportations en conformité avec le droit international relatif aux transferts d’armes.</p>



<p>Dans le cadre de leur obligation de respecter et de faire respecter le DIH, tous les États ont l’interdiction de transférer ou d’autoriser des acteurs privés à transférer des armes à une partie à un conflit armé (qu’il s’agisse d’un État ou d’un groupe armé non étatique) dès lors qu&rsquo;il existe un risque manifeste que cela contribue à des violations du droit international humanitaire.</p>



<p>Les entreprises impliquées dans les transferts d’armes à Israël peuvent aussi contribuer à des violations du DIH. En outre, si les entreprises et leur personnel avaient connaissance du risque substantiel que les armes en question soient utilisées pour commettre des crimes de droit international, leur responsabilité pénale peut être engagée.</p>



<p>En juin et en juillet 2026, Amnesty International a écrit au gouvernement indien et aux neuf entreprises citées dans son rapport pour leur faire part de ses conclusions détaillées. Au moment de la publication, elle n’avait pas reçu de réponse.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des armes identifiées</h4>



<p>À la suite des crimes contre l’humanité commis par le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens lors de leurs attaques contre Israël le 7 octobre 2023, Israël s’est engagé dans une campagne violente et destructrice dans la bande de Gaza, s’apparentant à un génocide toujours en cours contre la population palestinienne, et poursuit ses opérations militaires et ses pratiques illégales, notamment son soutien actif à la violence débridée des colons en Cisjordanie. Ces actes se produisent dans le contexte de l’occupation illégale du territoire palestinien par Israël depuis des décennies et du système d’apartheid qu’il impose aux Palestinien·ne·s.</p>



<p>Ces crimes et violations du droit international sont rendus possibles par les livraisons presque ininterrompues d’armes et de munitions à Israël par un certain nombre d’États clés, tels que les États-Unis et l’Allemagne, ainsi que par le transit d’armes à destination d’Israël par la Slovénie et la France, comme l’a montré Amnesty International.</p>



<p>L’organisation a identifié les armes et munitions exportées par l’Inde vers Israël, y compris les pièces et accessoires, comme appartenant aux catégories désignées par les codes 93+ et 8710+ du Système harmonisé, système internationalement reconnu de codification des marchandises.</p>



<p>Le code 93+ désigne une catégorie assez large qui comprend la plupart des types d’armes et de munitions, ainsi que les pièces détachées et accessoires. La catégorie correspondant au code 8710+ contient les véhicules de combat blindés et à chenilles, ainsi que les pièces détachées connexes.</p>



<p>Amnesty International a identifié au moins 2 596 cargaisons d’armes, de pièces détachées et de munitions exportées d’Inde en Israël entre le 7 octobre 2023 et le 30 novembre 2025. Ces cargaisons contenaient notamment des composants d’armes automatiques pour les armes déployées par les forces israéliennes à Gaza ; des obus de 155 millimètres hautement explosifs fournis à Elbit Systems ; des ogives explosives pour les munitions rôdeuses de type Skystriker, semblables à celles identifiées dans les débris à Khan Younès, dans la bande de Gaza ; et des composants de véhicules blindés destinés aux principaux fournisseurs de l’armée israélienne.</p>



<p>Amnesty International estime que certaines entreprises indiennes pourraient être considérées comme complices de crimes de droit international et d’autres graves violations des droits humains commises par Israël du fait de leurs relations commerciales avec des entreprises israéliennes qui fournissent directement l’armée d’Israël.</p>



<p>L’organisation a analysé les exportations de plusieurs entreprises indiennes, parmi lesquelles : PLR Systems Private Limited, qui fabrique des pièces détachées pour armes automatiques et est une entreprise commune d’Adani Defence &amp; Aerospace et d’Israel Weapon Industries ; Indo MIM Private Limited, qui fabrique des composants pour armes à feu ; Kalyani Systems Private Limited, qui fabrique des munitions et des douilles d’artillerie et est une filiale de Bharat Forge ; Munitions India Limited, entreprise publique qui fabrique des munitions d’artillerie hautement explosives ; et Alpha Elsec Defence &amp; Aerospace Systems Private Limited, qui fabrique des ogives explosives et est une entreprise commune d’Alpha Design Technologies et d’Elbit Systems.</p>



<p>Les entreprises israéliennes qui ont commandé et reçu les armes sont notamment Elbit Systems, Rafael Advanced Defense Systems Ltd et Israel Aerospace Industries Ltd, qui sont connues pour leur contribution aux violations du droit international relatif aux droits humains et du DIH commises par Israël. En 2025, Amnesty International a appelé la totalité des États et des entités privées à mettre un terme à toutes leurs activités commerciales avec ces entreprises, « faute de quoi ils risquent de devenir complices des crimes contre l’humanité d’apartheid et de génocide et d’autres crimes de droit international ».</p>



<p>L’organisation demande depuis longtemps un embargo total sur les armes à destination d’Israël, qui couvre la fourniture, la vente ou le transfert, directs ou indirects, d’armes et de matériel militaire, y compris les technologies, pièces et composants, l’assistance technique, la formation et l’aide financière ou autre qui y sont liés, tant que les entreprises concernées ne seront pas en mesure de prouver qu’elles ne contribuent pas à l’occupation israélienne illégale ou aux crimes de droit international commis par Israël.</p>



<p>L’Inde et les entreprises indiennes qui fournissent des armes, des munitions, des pièces ou des composants doivent immédiatement mettre un terme à tous les transferts d’armes et de munitions, y compris de pièces et de composants, à destination d’Israël.</p>



<p>« En autorisant en toute connaissance de cause les transferts d’armes vers Israël, l’Inde bafoue clairement son engagement à prévenir le génocide aux termes de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, ainsi que son obligation de faire respecter les Conventions de Genève, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Toute entreprise qui détermine que les produits qu’elle vend sont susceptibles d’avoir contribué à des atteintes aux droits humains des Palestinien·ne·s à Gaza doit proposer un processus de réparation à toutes les personnes ayant subi un préjudice en conséquence ou coopérer avec un tel processus. »</p>



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		<title>Nigeria. Des documents de Shell révèlent l’existence d’un pipeline « en piteux état », des puits « introuvables » et des coûts de démantèlement s’élevant à 9,5 milliards d’euros, tandis que le scandale lié à la pollution prend de l’ampleur</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/nigeria-des-documents-de-shell-revelent-lexistence-dun-pipeline-en-piteux-etat-des-puits-introuvables-et-des-couts-de-demantelement-selevant-a/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2026 07:55:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Responsabilité des entreprises]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nigeria. Des documents de Shell révèlent l’existence d’un pipeline « en piteux état », des puits « introuvables » et des coûts de démantèlement s’élevant à 9,5 milliards d’euros, tandis que le scandale lié à la pollution prend de l’ampleur Shell doit répondre de décennies de pollution dans le delta du Niger, après que des [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Nigeria. Des documents de Shell révèlent l’existence d’un pipeline « en piteux état », des puits « introuvables » et des coûts de démantèlement s’élevant à 9,5 milliards d’euros, tandis que le scandale lié à la pollution prend de l’ampleur</h2>



<p>Shell doit répondre de décennies de pollution dans le delta du Niger, après que des documents internes de l’entreprise ont révélé des règles bafouées, des infrastructures défaillantes et des coûts de dépollution non couverts qui risquent de faire porter le fardeau aux populations touchées, dénonce une coalition d’organisations de défense des droits humains et de l’environnement, dont Amnesty International, dans un nouveau rapport publié le 29 juillet 2026.</p>



<p>Ce rapport, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/NIGERIA-LIFTING-THE-LID-FINAL.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Nigeria: Lifting the Lid</strong></a>, analyse des documents internes de Shell – courriels, audits, présentations et compte-rendu confidentiels – divulgués dans le cadre d’une procédure judiciaire au Royaume-Uni, qui révèle un scandale plus vaste en termes de droits humains que précédemment dénoncé. Alors que d’après Shell, ses activités respectaient les normes internationales, ces documents mettent en évidence les préoccupations concernant une complicité présumée de l’armée nigériane dans les vols d’hydrocarbures, une collusion présumée entre personnel et sous-traitants, des dérogations aux normes de sécurité, une négligence chronique des risques identifiés concernant l’intégrité des oléoducs, des données manquantes sur les puits, l’absence de détection des fuites et des contrôles déficients des déversements.</p>



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<p>Shell connaissait les risques liés au vieillissement et aux fuites de ses infrastructures, notamment d’un vieil oléoduc qualifié en interne de « cas désespéré », mais les a maintenues en fonction. Elle a par la suite décidé de céder ses activités terrestres plutôt que de faire face aux coûts colossaux liés au nettoyage et au démantèlement, celui-ci ayant été estimé en interne à 9,5 milliards d’euros. D’après une autre présentation interne, la pollution a endommagé 375 km² de mangroves.</p>



<p>Amnesty International a adressé un courrier à Shell le 3 juillet 2026 pour lui faire part de ses conclusions en lien avec les documents divulgués. Shell a répondu au rapport d’Amnesty en ces termes : « Nous ne nous reconnaissons pas dans la description et le portrait que vous faites de Shell. L’entreprise s’engage à faire preuve d’honnêteté, d’intégrité et de respect envers les gens, et à mener ses activités de manière éthique et transparente ». Shell affirme que ces conclusions ne reflètent pas « le contexte opérationnel difficile qui prévalait à l’époque dans le delta du Niger ». Sa réponse complète figure dans le rapport.</p>



<p>« Shell a longtemps pointé du doigt les vols et les actes de sabotage comme cause majeure de la pollution du delta du Niger. Cependant, ces documents coupent court à des années de déni et soulèvent de graves questions : que savait Shell, qu’a-t-elle laissé faire, et a-t-elle par la suite cherché à se soustraire aux coûts liés à son héritage toxique, a déclaré Isa Sanusi, directeur d’Amnesty International Nigeria.</p>



<p>« Ce scandale ne se résume pas à des “détournements” illégaux ou des vols d’hydrocarbures. Le véritable scandale, c’est la quête de profits de Shell au détriment des droits des populations. Shell était prête à accepter</p>



<p>une dégradation de l’environnement au Nigeria qui n’aurait pas été tolérée ailleurs, et ses propres documents viennent aujourd’hui contredire des années de dénégations publiques. » Ce rapport est publié par Amnesty International, en collaboration avec The Corner House, Hawkmoth, HEDA Resource Centre, Kebetkache Women Development &amp; Resource Centre, Miideekor Environmental Development Initiative (MEDI), Recommon et Social Action. Pour les populations touchées, ces conclusions confirment ce que beaucoup clament depuis des décennies : la pollution pétrolière a causé des dégradations au niveau de l’eau, des terres agricoles, des aires de pêche, de la santé et des moyens de subsistance, tandis que les entreprises continuaient d’engranger des bénéfices et de nier toute responsabilité.</p>



<p>« On ne peut pas permettre à Shell d’extraire le pétrole, d’empocher les bénéfices et de laisser la pollution derrière elle. Les habitant·e·s du delta du Niger ont droit à la vérité, à la justice, à des opérations de nettoyage et à des réparations », a déclaré Olanrewaju Suraju, président du HEDA Resource Centre, une ONG nigériane spécialisée dans la gouvernance et la justice environnementale.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Inquiétudes quant à une implication dans les vols de pétrole, les infractions aux règles et les infrastructures défaillantes</h4>



<p>D’après les documents, alors que Shell imputait les vols de pétrole à des gangs criminels, ses responsables autorisaient le maintien de raccordements illégaux sur les oléoducs, car leur retrait aurait « entraîné un temps d’arrêt considérable du réseau », et donc la suspension temporaire de flux rentables de pétrole brut. Un cadre de Shell écrivait en 2013 que cela avait conduit les forces nigérianes chargées de la sécurité des oléoducs à accuser Shell d’être « complice » des vols de pétrole « car nous ne retirons pas les points de détournement ». Cette année-là, une présentation de Shell évoquant les répercussions de ces détournements illégaux, posait la question suivante : « Pouvons-nous continuer à produire en toute bonne conscience, sachant que cela entraînera inévitablement de nouveaux dommages environnementaux ? »</p>



<p>En outre, ce rapport révèle que Shell a exempté sa filiale nigériane, la Shell Petroleum Development Company (SPDC), de certains aspects clés de ses normes mondiales en matière de santé et de sécurité, afin que le pétrole puisse continuer de circuler dans des oléoducs endommagés, lors même qu’ils n’étaient pas jugés sûrs au regard des règles de sécurité de Shell. Cette approche, d’après un haut responsable de Shell, n’aurait pas été acceptée ailleurs. Des documents internes indiquent que les dirigeants soupçonnaient des membres du personnel et des sous-traitants d’être impliqués dans des vols d’hydrocarbures ; un courriel contenait d’ailleurs cet avertissement : « Nous devons partir du principe que les voleurs ont facilement accès aux données de planification de la SPDC. »</p>



<p>Des audits internes ont révélé de graves lacunes dans la gestion des pipelines de Shell, notamment un important retard dans les travaux de maintenance, des systèmes de surveillance défaillants et un suivi insuffisant des colliers de fixation que Shell avait autorisés en tant que réparations permanentes sur des pipelines présentant des fuites. Plus de 1 600 colliers ont été comptabilisés, y compris des vieux dont on ignorait l’emplacement.</p>



<p>Enfin, une étude technique réalisée en 2012 a révélé que les conduites de la Shell Petroleum Development Company (SPDC) étaient censées être remplacées tous les 15 ans, mais que cette consigne « n’était pas respectée » et que seules des « interventions de dépannage » étaient réalisées.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Puits de pétrole « introuvables », surveillance lacunaire et contrôles déficients des déversements</h4>



<p>En 2014, un rapport interne adressé au PDG de Shell de l’époque indiquait que « des centaines » de puits terrestres de la SPDC ne figuraient pas dans son système de suivi électronique des puits, ou que leur état n’avait pas pu être vérifié. Shell a par la suite lancé « une campagne de recherche de puits », qui a permis de recenser 750 interventions de maintenance en retard et contribué à une note d’audit « non satisfaisante ». Un rapport de 2013 a également conclu que les pipelines de la SPDC ne disposaient d’aucun système de surveillance en temps réel, alors que la détection précoce des déversements et la limitation de la contamination sont essentielles pour réduire la pollution. Sans cette surveillance, les fuites – hormis les ruptures majeures – peuvent passer sous les radars.</p>



<p>« Un géant des énergies fossiles incapable de vérifier l’emplacement et l’intégrité de centaines de puits et de colliers de fixation des pipelines, et qui ne se dote pas d’un système efficace de détection des fuites, perd toute crédibilité lorsqu’il affirme que la pollution est sous contrôle. Shell doit cesser de se soustraire à ses responsabilités », a déclaré Emem Okon, de l’association Kebetkache Women Development &amp; Resource Centre, basée au Nigeria, qui œuvre en faveur des droits des femmes et de la justice environnementale.</p>



<p>Shell martèle que la pollution est principalement due aux vols d’hydrocarbures, mais ses documents le contredisent et montrent que le personnel n’était pas dûment équipé pour déterminer si les déversements étaient dus à la corrosion ou à l’intervention de tiers. Ce qui a son importance : en effet, les entreprises sont tenues de nettoyer les déversements quelles qu’en soient les causes, mais la législation nigériane dispose que les populations touchées n’ont droit à une indemnisation que si les déversements sont classés comme découlant des activités et non d’un sabotage ou d’un vol.</p>



<p>« Pour les habitant·e·s qui réclament justice, les contrôles déficients des déversements réalisés par Shell peuvent faire la différence : être indemnisés ou abandonnés à leur sort », a déclaré Celestine Akpobari de MEDI, une ONG impliquée dans la lutte du peuple ogoni qui milite pour la restauration de l’environnement et la justice.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Un pipeline « en piteux état » est resté rempli de pétrole brut</h4>



<p>Le rapport explique que Shell n’a pas dûment procédé à la mise hors service de l’ancien oléoduc principal de Nembe Creek après son remplacement en 2010. Selon un courriel interne datant de 2014, environ 80 km de l’ancien pipeline étaient encore remplis de pétrole brut stagnant, on recensait six fuites opérationnelles depuis 2010 et les contraintes budgétaires empêchaient son démantèlement. D’après ce courriel, le pipeline était « en piteux état » et, si des mesures n’étaient pas prises d’urgence, d’autres fuites se produiraient. La réponse semblait confirmer que l’absence de démantèlement était principalement due à des raisons financières, tout en reconnaissant la nécessité d’agir pour réduire l’impact environnemental et la responsabilité.</p>



<p>« Shell savait que ses infrastructures vieillissantes présentaient des fuites et devaient être mises hors service, mais les documents laissent à penser que les mesures ont été retardées pour des raisons financières. Les habitant·e·s n’auraient jamais dû être contraints de vivre dans la pollution simplement parce qu’une entreprise ne voulait pas payer pour nettoyer les dégâts qu’elle avait causés », a déclaré Simon Taylor, cofondateur de Hawkmoth, une ONG basée aux Pays-Bas qui milite pour une transition juste et responsable vers l’abandon des combustibles fossiles, en s’appuyant sur son expérience dans la lutte contre les violations commises par les industries pétrolières et gazières, notamment au Nigeria.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><div style="position:relative"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="800" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-1024x800.jpg" alt="" class="aiic-ignore wp-image-36772" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-1024x800.jpg 1024w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-300x234.jpg 300w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-768x600.jpg 768w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-1536x1200.jpg 1536w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-2048x1600.jpg 2048w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-734x574.jpg 734w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-92x72.jpg 92w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-184x144.jpg 184w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-60x47.jpg 60w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-120x94.jpg 120w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-200x156.jpg 200w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-400x313.jpg 400w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-260x203.jpg 260w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-520x406.jpg 520w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-325x254.jpg 325w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-650x508.jpg 650w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-600x469.jpg 600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></div></figure>



<h4 class="wp-block-heading">Cession et coûts de démantèlement non couverts s’élevant à 9,5 milliards d’euros</h4>



<p>Un rapport interne adressé en 2014 au PDG de l’époque de Shell estimait que le démantèlement de l’ensemble des installations existantes de la Shell Petroleum Development Company (SPDC) pourrait prendre des</p>



<p>décennies et coûter 9,5 milliards d’euros, soit l’équivalent de 12 milliards d’euros aujourd’hui, visiblement sans compter les coûts de nettoyage. Une autre présentation interne sur les déversements d’hydrocarbures passés recensait 375 km² de mangroves touchées et se demandait si Shell avait « l’envie » de s’attaquer à ce « problème à durée indéterminée ». Shell a ensuite vendu la SPDC à Renaissance Africa Energy en 2025, malgré les inquiétudes quant aux capacités de la nouvelle société, le manque d’informations financières publiques et la nécessité de recourir à des prêts garantis de Shell à hauteur de 1 milliard d’euros pour financer l’acquisition.</p>



<p>« La cession opérée par Shell ne doit pas devenir une issue de secours pour l’entreprise. Après avoir tiré profit pendant des décennies du pétrole du delta du Niger, Shell ne doit pas transférer les risques liés au vieillissement des infrastructures et à la pollution historique aux populations ou à un acquéreur dont la capacité reste incertaine. Elle doit payer sa juste part, qu’elle ait ou non “l’envie” d’assumer ses responsabilités », a déclaré Isaac Osuoka, directeur de Social Action, une organisation qui milite en faveur de la justice environnementale, des droits des populations et de l’obligation de rendre des comptes dans le delta du Niger.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Dépollution, réparations et réforme</h4>



<p>Amnesty International et ses organisations partenaires engagent les autorités nigérianes à remanier en profondeur le système de contrôle de leur industrie pétrolière, à réclamer des audits accessibles de toutes les infrastructures en service et désaffectées, et à créer un fonds de réserve doté de ressources suffisantes pour dépolluer le delta du Niger.</p>



<p>« Shell compte parmi les plus grandes entreprises du monde appartenant à des investisseurs privés dans le secteur des énergies fossiles. Ses documents sont désormais publics. La question est de savoir si les gouvernements en prendront acte, a déclaré Isa Sanusi. Les Nigérian·e·s, outre cette pollution pétrolière inacceptable, sont confrontés à une chaleur extrême, à des inondations meurtrières et à des phénomènes météorologiques extrêmes liés au réchauffement climatique induit par l’utilisation du produit phare de Shell : les combustibles fossiles. Le Nigeria doit restructurer la surveillance de l’industrie pétrolière, tandis que les autorités britanniques et néerlandaises doivent enquêter afin de déterminer si Shell a induit en erreur ses actionnaires, les autorités de régulation et les populations touchées quant à la réalité de ses activités et de ses responsabilités. Shell doit cesser de se retrancher derrière la vente, révéler la vérité, financer les opérations de dépollution et les réparations, et veiller à ce que les habitant·e·s concernés obtiennent enfin justice. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>En 2015, les communautés Ogale et Bille ont intenté une action en justice au Royaume-Uni à l’encontre de Shell Plc et de la SPDC en raison de la grave pollution pétrolière. L’affaire de la communauté de Bille doit passer en jugement en mars 2027.</p>



<p>Le rapport intitulé Nigeria: Lifting the Lid analyse des documents de Shell, datant de 2008 à 2014, dont 27 documents expurgés rendus publics en avril 2026 après que les ONG Hawkmoth, Heda Resource Centre et Oil Change International – Royaume-Uni en aient fait la demande dans l’intérêt général, ainsi que d’autres informations issues d’une affaire judiciaire de mai 2026.</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/nigeria-des-documents-de-shell-revelent-lexistence-dun-pipeline-en-piteux-etat-des-puits-introuvables-et-des-couts-de-demantelement-selevant-a/">Nigeria. Des documents de Shell révèlent l’existence d’un pipeline « en piteux état », des puits « introuvables » et des coûts de démantèlement s’élevant à 9,5 milliards d’euros, tandis que le scandale lié à la pollution prend de l’ampleur</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Soudan. Les atrocités commises par les Forces d’appui rapide à El Fasher viennent « entacher la conscience de l’humanité »</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/soudan-les-atrocites-commises-par-les-forces-dappui-rapide-a-el-fasher-viennent-entacher-la-conscience-de-lhumanite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 03:10:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=36623</guid>

					<description><![CDATA[<p>Soudan. Les atrocités commises par les Forces d’appui rapide à El Fasher viennent « entacher la conscience de l’humanité » Au Soudan, les Forces d’appui rapide (FAR) ont commis des crimes contre l’humanité et un nettoyage ethnique pendant leur campagne visant à prendre le contrôle de la ville d’El Fasher, dans l’État du Darfour septentrional, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Soudan. Les atrocités commises par les Forces d’appui rapide à El Fasher viennent « entacher la conscience de l’humanité »</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Les FAR se sont rendues coupables de crimes contre l’humanité et de nettoyage ethnique</strong></li>



<li><strong>Des enfants ont été délibérément pris pour cible par les combattants des FAR pendant les attaques</strong></li>



<li><strong>Il est urgent d’instaurer un cessez-le-feu et de déployer une force internationale de protection</strong></li>
</ul>



<p>Au Soudan, les Forces d’appui rapide (FAR) ont commis des crimes contre l’humanité et un nettoyage ethnique pendant leur campagne visant à prendre le contrôle de la ville d’El Fasher, dans l’État du Darfour septentrional, conclut Amnesty International dans un nouveau rapport de première importance. L’organisation appelle maintenant à un cessez-le-feu immédiat au Soudan, ainsi qu’au déploiement de toute urgence d’une force internationale pour protéger les civil·e·s.</p>



<p>Intitulé <em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/AFR5411162026FR.pdf"><span style="text-decoration: underline;">Ville assiégée, enfants attaqués. Les crimes contre l’humanité des Forces d’appui rapide dans le Darfour septentrional</span></a></em>, ce rapport décrit comment, à El Fasher et dans ses environs, des civil·e·s ont été tués, blessés, frappés, torturés et détenus entre début 2024 et octobre 2025 durant les affrontements qui ont opposé les FAR aux Forces armées soudanaises (FAS) et aux forces conjointes qui leur sont alliées, dans le cadre d’une guerre qui a dévasté le Darfour septentrional. Les FAR ont notamment commis les crimes de meurtre, de transfert forcé, d’emprisonnement, de torture, de viol, d’esclavage sexuel, d’autres formes de violence sexuelle, d’asservissement, d’extermination et de persécution.</p>



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<p>Des centaines de milliers d’enfants ont été déplacés et beaucoup ont été exposés de façon répétée au risque de mort et de blessure au cours des attaques ou pendant leur fuite. Un nombre incalculable d’entre eux ont été rendus orphelin·e·s. Les personnes en situation de handicap et les personnes âgées ont été confrontées à des risques considérables, tels que des attaques ciblées, l’abandon et l’impossibilité de bénéficier de l’aide essentielle dont elles avaient besoin.</p>



<p>Au fil de leurs attaques dans le Darfour septentrional, les combattants des FAR ont couramment utilisé des termes comme falangay (falangayat au pluriel), évoquant l’esclavage ou la servitude, lorsqu’ils s’en prenaient à des civil·e·s appartenant à des groupes ethniques non arabes.</p>



<p>« La guerre au Soudan est une guerre contre les populations civiles. Le monde a été alerté des horreurs que subissaient les civil·e·s à El Fasher tandis que les FAR assiégeaient la ville. Ces atrocités viennent entacher la conscience de l’humanité, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« Les enfants n’ont pas seulement été les dommages collatéraux de cette violence : ils ont souvent été visés de façon délibérée et ont énormément souffert. Ils ont été massivement tués, blessés, violés, enlevés et recrutés de force.</p>



<p>« Un cessez-le-feu immédiat est nécessaire à l’échelle nationale. Une force internationale indépendante et dotée de moyens suffisants doit être déployée au Soudan afin de protéger les populations civiles des crimes commis par toutes les parties au conflit. Si la communauté internationale n’agit pas sans délai, les attaques contre les civil·e·s – et les immenses souffrances et traumatismes infligés aux enfants – vont se poursuivre sans entrave. »</p>



<p>Amnesty International a interrogé pour ce rapport 247 personnes qui avaient subi des exactions liées au conflit ou en avaient été témoin, dont 208 victimes (169 adultes et 39 mineur·e·s). Elle s’est aussi appuyée sur l’analyse d’informations en accès libre, notamment 89 vidéos et l’examen approfondi d’images satellite du Darfour septentrional.</p>



<p>Le 10 juin 2026, Amnesty International a écrit au général Mohamed Hamdan Dagalo, qui dirige les FAR, pour lui faire part des conclusions de son rapport. Au moment de la publication de celui-ci, elle n’avait pas reçu de réponse.</p>



<p>L’analyse des éléments de preuve recueillis à propos de la zone géographique et de la période examinées dans le rapport permet de conclure – sans aucune réserve – à l’existence de persécutions fondées sur l’identité ethnique. Amnesty International pense que les actes dont il est fait état dans ce rapport, ainsi que d’autres crimes présumés sur lesquels elle enquête parallèlement, pourraient être constitutifs du crime de génocide. Son enquête à ce sujet est encore en cours à l’heure de la publication du rapport.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le siège d’El Fasher</h4>



<p>En novembre 2023, les FAR contrôlaient quatre des cinq capitales régionales du Darfour. El Fasher, capitale du Darfour septentrional, était la seule à résister. À partir de 2024, les FAR ont attaqué de façon systématique les villages, les villes et les camps de personnes déplacées aux alentours d’El Fasher, infligeant violences et pillages aux habitant·e·s et incendiant des infrastructures civiles.</p>



<p>Beaucoup de ces localités étaient peuplées majoritairement de membres du groupe ethnique zaghawa. Lors de ces attaques, les combattants des FAR ont incendié des habitations longtemps après la fuite des habitant·e·s, ce qui tend à indiquer qu’ils cherchaient à rendre ces zones inhabitables. Ces actes, associés au fait que les FAR continuent de contrôler ces régions, ce qui empêche les populations déplacées d’y retourner, semblent révélateurs d’une volonté de procéder au nettoyage ethnique des alentours d’El Fasher en en chassant les Zaghawas.</p>



<p>Yagoub*, adolescent zaghawa de 17 ans, se trouvait dans la ferme familiale près de la ville d’Abu Zerega, à 35 kilomètres au sud d’El Fasher, quand les FAR ont attaqué en décembre 2024. Il a essayé de s’enfuir mais a été capturé par les FAR. Il a déclaré à Amnesty International : « Ils m’ont ligoté et frappé avec des bâtons et la crosse d’un AK-47. Ensuite, l’un d’eux s’est approché à dos de dromadaire et a dit : “C’est un fils de falangay” [&#8230;] puis il m’a tiré dans la jambe. »</p>



<p>Yagoub marche aujourd’hui avec des béquilles. Huit de ses cousin·e·s, dont quatre garçons âgés de 11 à 17 ans, ont été tués pendant cette même attaque.</p>



<p>Une fois les habitant·e·s déplacés des villages autour d’El Fasher, les FAR ont soumis la capitale régionale à un siège cruel entre mai 2024 et octobre 2025, limitant les entrées de denrées alimentaires et humanitaires et bombardant la ville presque quotidiennement. La famine s’est propagée, contraignant la population à se nourrir d’ambaz, un sous-produit issu de la production d’huile d’arachide qui sert habituellement à nourrir les animaux. Tous les civil·e·s – mais plus particulièrement encore les enfants, chez qui la maladie et la malnutrition peuvent avoir des effets irréversibles – ont été durement touchés par cette famine délibérément induite.</p>



<p>Des femmes ont raconté avoir accouché dans un contexte de grave privation et de stress élevé : dans des abris antiaériens souterrains étouffants, dans des hôpitaux pilonnés, ou pendant qu’elles fuyaient les violences. Dans l’impossibilité de se procurer pour elles-mêmes une alimentation suffisante, elles n’ont souvent pas eu assez de lait pour nourrir leurs nouveau-nés. Sans autres solutions sûres, beaucoup de femmes ont vu leur bébé dépérir.</p>



<p>Rashida*, une femme de 39 ans, a perdu son dernier né, l’un de ses jumeaux âgés d’un an, en août 2025. Elle a raconté : « [Mon fils] s’affaiblissait beaucoup [et] ne prenait pas le lait. Il est devenu très maigre. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">La prise d’El Fasher</h4>



<p>Le 26 octobre 2025, les FAR ont lancé leur offensive finale contre El Fasher. Quand les civil·e·s ont tenté de fuir, ils se sont heurtés à un réseau de 57 kilomètres de berme (remblais de terre). Il s’en est suivi un massacre : plusieurs centaines de personnes ont été exécutées, et de nombreuses autres ont été torturées ou emmenées en détention.</p>



<p>Amnesty International a mené des entretiens avec 70 rescapé·e·s, et quasiment toutes ces personnes avaient été témoins d’exécutions, de viols, d’actes de torture ou de prises d’otages. Une femme de 58 ans a estimé avoir vu plus d’un millier de cadavres : « Les personnes qui ont été tuées par balles ont été jetées dans la berme [&#8230;] [Les FAR] ont affirmé qu’elles rempliraient la berme des corps. »</p>



<p>Parmi les personnes tuées à la berme figuraient de nombreux enfants. Taiseer*, une femme zaghawa de 68 ans qui fuyait avec ses cinq petits-enfants, a vu les FAR tuer par balles un garçon de 12 ans qui les accompagnait.</p>



<p>Zubeida*, une adolescente de 15 ans, a survécu au massacre d’environ 25 personnes à la berme uniquement car elle s’était présentée comme étant à moitié arabe et avait menti en affirmant que son père faisait partie des FAR. Elle a été témoin de l’exécution d’hommes et de garçons, du meurtre de femmes qui résistaient au viol et de la mort par balles de jeunes enfants. « Je suis la seule survivante. », a-t-elle déclaré.</p>



<p>Les personnes restées à El Fasher ont été témoins d’exactions effroyables. Amnesty International a interrogé 18 personnes qui se trouvaient à l’intérieur de la maternité saoudienne, dont des membres du personnel, des patient·e·s et des proches de patient·e·s, et qui ont vu les FAR y tuer des dizaines de personnes. L’attaque contre cet hôpital, infrastructure protégée aux termes du droit international, est un crime de guerre.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Violences sexuelles, prises d’otages et enrôlement d’enfants</h4>



<p>Les FAR ont commis des viols et d’autres formes de violence sexuelle à très grande échelle et dans de nombreux lieux. Amnesty International a interrogé 26 victimes de violences sexuelles. Parmi elles figuraient 20 femmes victimes de viol, dont trois filles de moins de 18 ans et une jeune femme qui avait 17 ans quand elle avait été violée. Les victimes ont raconté qu’elles avaient subi de graves humiliations et violences ayant entraîné des préjudices physiques et psychologiques durables.</p>



<p>Tasneem*, une fille zaghawa de 13 ans, a été enlevée début avril 2025 quand les FAR ont attaqué son village à l’ouest d’El Fasher. Elle gardait le troupeau de sa famille avec son père lorsque des combattants des FAR se sont approchés. Elle les a vu abattre son père, puis elle a été capturée et emmenée à El Daein, à environ 350 kilomètres.</p>



<p>Elle a raconté à Amnesty International : « [La première fois que j’ai été violée] c’était par trois personnes. J’avais les yeux bandés […] Ils m’ont immobilisée [&#8230;] Ils m’ont dit : “on te fait ça car tes gars nous ont combattus, des gars qui font partie des falangayat”. »</p>



<p>Les FAR ont aussi maintenu illégalement des civil·e·s en détention ; beaucoup ont été retenus en otage dans le but d’obtenir une rançon, souvent dans des conditions abominables. Amnesty International a mené des entretiens avec 45 personnes, dont huit mineur·e·s, qui avaient été détenues illégalement par les FAR entre juillet 2024 et janvier 2026.</p>



<p>Leurs conditions de détention avaient été violentes et dégradantes. Les personnes interrogées, parmi lesquelles des garçons dont certains n’avaient que 13 ans, ont expliqué avoir reçu des coups et subi des insultes à caractère ethnique proférées par des combattants des FAR pendant leur captivité. Ces personnes n’avaient pas assez à manger ni à boire, et étaient détenues dans des pièces étouffantes et surpeuplées. Des maladies se sont propagées : nombre de détenu·e·s ont vu des dizaines, voire des centaines, de personnes mourir de déshydratation ou de maladie.</p>



<p>Amnesty International a réalisé des entretiens avec neuf hommes qui avaient été détenus dans le centre de détention de Mina Al Bari, dans la banlieue est d’El Fasher, pendant des périodes allant jusqu’à cinq mois, entre mi-2024 et début 2026. Ils ont raconté avoir été enfermés dans des conteneurs, qui étaient fermés la plupart du temps. La chaleur étouffante et la mauvaise ventilation faisaient qu’il était difficile de respirer.</p>



<p>Un de ces hommes a déclaré : « On ne pouvait pas étendre nos jambes […] On ne pouvait pas dormir longtemps […] [Les FAR] m’ont dit : “on s’en fiche si tu meurs”. »</p>



<p>Un autre homme détenu lui aussi à Mina Al Bari a raconté avoir été privé d’eau et de nourriture : « Mon corps [s’asséchait] complètement, [nous] avons perdu connaissance. [Les FAR] pensaient qu’on était morts, alors ils nous ont juste jetés hors du conteneur. Au bout d’un moment, ils ont compris qu’on était encore vivants. Ils nous ont torturés à nouveau et nous ont remis dans le conteneur. »</p>



<p>Amnesty International a aussi recueilli des informations faisant état de l’enrôlement et de l’utilisation généralisés de garçons mineurs par les FAR, soit recrutés auprès de groupes ethniques arabes alliés, soit enlevés dans des groupes non arabes au cours d’attaques contre des villages et des camps de personnes déplacées. Ces enfants et adolescents accomplissaient différentes missions pour le groupe, notamment combattre, collecter des renseignements et garder du bétail.</p>



<p>Rashid* a été enlevé par les FAR dans son village vers juillet 2024, à l’âge d’environ 17 ans. Pendant près de neuf mois, il a été retenu dans une zone rurale et forcé à garder des chèvres. Il était surveillé par trois garçons armés, eux-mêmes des recrues des FAR, qui lui ont fait subir ainsi qu’à d’autres personnes détenues des humiliations et des passages à tabac, et qui l’ont privé de nourriture et d’eau. Il a témoigné : « Ils m’observaient et, si j’essayais de me reposer, ils tiraient dans ma direction […] Ils m’ont frappé sur tout le corps. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des commandants identifiés</h4>



<p>Amnesty International a identifié des commandants des FAR responsables de graves violations du droit international.</p>



<p>Des membres des FAR ont filmé et diffusé publiquement des vidéos d’exécutions de masse. Amnesty International a collecté et authentifié 19 vidéos faisant état d’un massacre de grande ampleur près de la berme, à une douzaine de kilomètres au nord-ouest d’El Fasher. Neuf de ces vidéos montrent le commandant des FAR Al Fateh Abdullah Idris, plus connu sous le nom d’« Abu Lulu », en train d’exécuter des prisonniers en tenue civile.</p>



<p>Parmi les hauts responsables du centre de détention de Mina Al Bari figuraient le général de division Gedo Hamdan Ahmed Mohamed (dit « Abu Shouk »), qui a mené des interrogatoires et participé à des actes de torture, et le lieutenant-colonel Abbas Khater Bakhit, qui a été vu en train de donner l’ordre de torturer des prisonniers et d’arranger le versement de rançons.</p>



<p>Ces violations ont été commises de façon répétée et à grande échelle, ce qui laisse à penser que les responsables hiérarchiques étaient au courant de ce qu’il se passait, ou auraient dû l’être, et n’ont rien fait pour l’empêcher ou pour demander des comptes à quiconque.</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Recommandations</h4>



<p>« La communauté internationale doit faire plus que déclarer sa préoccupation et doit prendre des mesures concrètes pour protéger les civil·e·s, de manière à briser le cycle de l’impunité, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Le Soudan est durement touché par les coupes dans le financement de l’aide humanitaire, qui ont exacerbé la crise déjà catastrophique en matière de droits humains pour ces populations qui ont tout perdu. Tous les partenaires internationaux du Soudan doivent veiller à ce qu’une aide suffisante parvienne aux personnes réfugiées et déplacées, notamment des services destinés aux enfants, afin d’aider à atténuer la crise.</p>



<p>« Il faut en outre renforcer l’obligation de rendre des comptes en apportant un soutien suffisant à tous les mécanismes existants en matière d’obligation de rendre des comptes pour le Soudan, notamment la Cour pénale internationale, ainsi que les missions d’établissement des faits soutenues par les Nations unies et l’Union africaine. Les commandants identifiés dans le rapport doivent faire l’objet d’une enquête et, s’il existe suffisamment de preuves recevables, être traduits en justice. »</p>



<p>Tous les pays doivent cesser immédiatement de fournir des armes et des munitions à toutes les parties au conflit au Soudan. Ils doivent en particulier arrêter de livrer des armes aux Émirats arabes unis – principal soutien des FAR – jusqu’à ce que ce pays respecte l’embargo des Nations unies. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit par ailleurs élargir au reste du pays l’embargo actuel sur les armes concernant le Darfour.</p>



<p class="has-text-align-right has-x-small-font-size"><em>*Les prénoms ont été modifiés.</em></p>




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		<title>Géorgie. Les autorités ont construit un système coordonné afin d’étouffer l’opposition et de consolider le pouvoir</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/georgie-les-autorites-ont-construit-un-systeme-coordonne-afin-detouffer-lopposition-et-de-consolider-le-pouvoir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 12:49:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Géorgie. Les autorités ont construit un système coordonné afin d’étouffer l’opposition et de consolider le pouvoir La Géorgie connaît l’une des plus graves érosions de la situation des droits humains depuis son indépendance, alors que le parti au pouvoir recourt de plus en plus souvent à des pratiques autoritaires pour conserver sa mainmise sur le [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Géorgie. Les autorités ont construit un système coordonné afin d’étouffer l’opposition et de consolider le pouvoir</h2>



<p>La Géorgie connaît l’une des plus graves érosions de la situation des droits humains depuis son indépendance, alors que le parti au pouvoir recourt de plus en plus souvent à des pratiques autoritaires pour conserver sa mainmise sur le pouvoir, dans un contexte de mécontentement croissant de la population face à son attitude concernant l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie et les relations de la Géorgie avec l’Union européenne, a déclaré Amnesty International lundi 15 juin.</p>



<p>Un nouveau rapport, intitulé <strong><em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/EUR-5611152026-1.pdf">Anatomy of Repression &#8211; Georgia: 500 Days of Protest, Crackdown and Resilience</a></em></strong>, décrit comment le gouvernement dirigé par le parti Rêve géorgien a utilisé la désinformation comme une arme pour justifier la répression et discréditer celles et ceux qui le critiquent, a abusé de sa majorité parlementaire pour faire adopter à la hâte des lois répressives, a instrumentalisé les tribunaux et la police pour poursuivre ses opposant·e·s, et a brutalement réprimé les manifestations dans le cadre de son offensive généralisée contre l’exercice des droits humains. Ces vastes mesures ont eu pour effet d’ériger en infraction l’opposition pacifique.</p>



<p>« Ce qui s’est passé en Géorgie ces trois dernières années illustre la rapidité avec laquelle des gouvernements peuvent transformer les institutions de l’État en puissants outils de répression afin de renforcer leur propre pouvoir », a déclaré Denis Krivosheev, directeur adjoint pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale à Amnesty International.</p>



<p>« Les autorités géorgiennes se sont servies de la désinformation, d’une législation abusive, de violences policières et de l’injustice des tribunaux comme d’armes pour se protéger des menaces potentielles pesant sur leur pouvoir. Elles ont dans les faits créé un système dans lequel l’opposition pacifique est traitée comme un crime, la société civile est considérée comme un ennemi national, les journalistes indépendants sont harcelés, poursuivis en justice et réduits au mode de survie, et où les victimes de violences policières sont privées de justice et persécutées. Les droits humains et l’espace civique ont subi l’un des revers les plus graves depuis que la Géorgie a retrouvé son indépendance. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Diabolisation des détracteurs et lois répressives</h4>



<p>Depuis 2022, le gouvernement réagit avec agressivité face à la multiplication des manifestations et des critiques du public concernant son approche de la guerre d’agression menée par la Russie en Ukraine et de la perspective d’une adhésion de la Géorgie à l’UE.</p>



<p>Les personnes formulant des critiques qui sont issues de l’opposition politique, de la société civile et des médias ont été présentées comme des agents de l’« État profond » soutenus par l’étranger, des « traîtres » et des « radicaux » cherchant à porter atteinte à la souveraineté de la Géorgie. Parallèlement, une série de lois a été adoptée afin de soumettre les personnes et les entités recevant des financements étrangers et impliquées dans des « activités politiques », à la définition très large, à des conditions d’enregistrement plus strictes et à une surveillance intrusive, ainsi qu’au risque de gel des avoirs, d’enquêtes pénales et d’emprisonnement.</p>



<p>Parmi les principales mesures figurent la Loi de mai 2024 relative à la transparence de l’influence étrangère, la Loi d’avril 2025 sur l’enregistrement des agents étrangers, ainsi que des modifications apportées à la Loi relatives aux subventions, au Code des infractions administratives et à la Loi sur les associations politiques.</p>



<p>Des dizaines d’organisations de la société civile ont alors été contraintes de réduire leurs effectifs, de suspendre leurs activités ou de fonctionner en mode de survie. Tamta Mikeladze, directrice du Centre pour la justice sociale, dont les comptes ont été gelés, a déclaré : « Ils ont tué notre organisation, notre institution, et ça a été une catastrophe, pour être honnête. À l’heure actuelle, nous poursuivons notre travail sur une base bénévole.</p>



<p>Des journalistes critiques envers le gouvernement ont subi des pressions similaires. Mariam Nikuradze a déclaré à Amnesty International : « Il n’a jamais été aussi dangereux d’être journaliste en Géorgie […] Les difficultés viennent de toutes parts : sécurité physique, législation restrictive, sécurité numérique, poursuites pénales, campagnes de dénigrement menées par le gouvernement, instabilité financière et rétrécissement de l’espace dédié à notre travail. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Répression implacable en réponse aux manifestations en cours</h4>



<p>La réintroduction en avril 2024 de la Loi relative à la transparence de l’influence étrangère, une loi qui étoufferait les organisations de la société civile, a suscité des manifestations de masse qui ont été réprimées avec brutalité : des manifestant·e·s pacifiques ont été frappés, aspergés de gaz lacrymogène et de canons à eau, et visés illégalement par des balles en caoutchouc, souvent sans avertissement ni voies de dispersion sûres.</p>



<p>D’autres manifestations ont éclaté après les résultats contestés des élections législatives d’octobre 2024 et l’annonce par le parti au pouvoir, en novembre 2024, d’une « pause » de quatre ans dans les négociations d’adhésion à l’UE. Des manifestant·e·s ont été victimes d’arrestations arbitraires, d’un recours illégal à la force, de coups violents et d’autres actes de torture ou de mauvais traitements. Beaucoup ont dit avoir été pris au piège par des cordons de police, exposés à des agents chimiques irritants, contraints de passer un par un par des « couloirs de passage à tabac » et roués de coups pendant leur détention et à l’intérieur des véhicules de police.</p>



<p>Le 3 décembre 2024, Aleksandre Tirkia a été touché à la tête par une grenade lacrymogène lors d’une manifestation à Tbilissi. Alors âgé de 22 ans, il a souffert de fractures au crâne et au visage, de lésions cérébrales et de graves blessures à l’œil gauche.</p>



<p>« C’était un tir destiné à tuer. Ils nous ont visés avec du gaz lacrymogène. Mes yeux brûlaient terriblement, et il est devenu très difficile de respirer. J’ai essayé de partir, mais nous étions encerclés. Nous étions bloqués de tous les côtés &#8211; devant, derrière, même dans les petites rues sur le côté. C’est là que la grenade m’a touché. J’ai commencé à ressentir une douleur insupportable à la tête. Cette souffrance était si intense que ce moment a disparu de ma mémoire », a-t-il déclaré à Amnesty International.</p>



<p>Les données du Bureau du défenseur des droits montrent que 78 à 88 % des personnes arrêtées par les forces de sécurité ont signalé avoir subi des mauvais traitements pendant leur détention en 2024-2025. Au seul mois de novembre 2024, plus de 300 manifestant·e·s placés en détention ont signalé de graves violences physiques, et plus de 80 d’entre eux ont dû être hospitalisés pour des commotions cérébrales, des fractures et des fêlures. La police a aussi beaucoup recouru à la violence fondée sur le genre, notamment à des insultes sexistes, des menaces de violences sexuelles et des fouilles à nu illégales et dégradantes, en particulier contre des femmes participant aux manifestations, dans le cadre d’une campagne plus large visant à intimider et à punir les manifestant·e·s pacifiques.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Procès iniques pour les manifestant·e·s et impunité pour la police</h4>



<p>Les tribunaux géorgiens ont été cooptés par le gouvernement pour approuver systématiquement les requêtes de procureurs contre des manifestant·e·s et appliquer des lois qui bafouent les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Des juges ont arbitrairement imposé des amendes d’un montant exorbitant, des détentions administratives et des peines de prison dans des affaires liées aux manifestations, à l’issue de procès iniques, et 150 personnes sont injustement maintenues en détention.</p>



<p>En décembre 2024, des manifestant·e·s ont été visés par de lourdes amendes parce qu’ils s’étais tenus sur la chaussée lors d’une manifestation &#8211; environ 1 800 dollars des États-Unis, soit plus du double du salaire mensuel moyen national. Au mois de décembre 2025, ils avaient également été sanctionnés pour s’être tenus sur le trottoir.</p>



<p>Gota Chanturia, enseignante et militante, risque d’être condamnée à des amendes totalisant environ 130 000 dollars des États-Unis, pour avoir simplement participé à des manifestations pacifiques. Elle a déclaré à Amnesty International : « Je n’ai aucun moyen de les payer. C’est simplement leur manière de nous terroriser et d’essayer de nous empêcher de manifester […] Mes comptes bancaires sont gelés, je ne peux pas gagner ma vie, et à tout moment, ils pourraient m’arrêter et saisir notre maison. »</p>



<p>Les autorités ont systématiquement manqué à leur devoir de demander des comptes à la police pour les violations des droits humains commises dans le cadre de la répression de l’opposition. Des centaines de manifestant·e·s ont comparu devant les juges avec des blessures visibles et ont dénoncé des actes de torture ou d’autres mauvais traitements infligés par des responsables de l’application des lois, sans aucun résultat. Dans le seul cas de ce type à ce jour, cinq policiers ont été inculpés en mai 2026 d’abus de pouvoir pour avoir agressé des manifestant·e·s, après que leurs infractions présumées ont été révélées par un reportage télévisé indépendant.</p>



<p>Amnesty International appelle l’État géorgien et les autorités locales, ainsi que le Parlement et le pouvoir judiciaire, les acteurs internationaux et privés, à prendre des mesures urgentes pour mettre fin au recours à des pratiques autoritaires visant à réduire au silence l’opposition, à affaiblir l’espace civique, l’état de droit et les droits humains.</p>



<p>Les autorités géorgiennes doivent abroger les lois qui restreignent indûment les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, libérer toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits humains, faire respecter l’état de droit et l’indépendance du pouvoir judiciaire, et garantir des nouveaux procès équitables dans toutes les affaires en cours liées aux manifestations.</p>



<p>Les autorités doivent également diligenter dans les meilleurs délais des enquêtes indépendantes et efficaces sur toutes les allégations de torture, d’autres mauvais traitements et de recours illégal à la force par les forces de l’ordre et les groupes affiliés à l’État, et accorder des réparations adéquates à toutes les personnes lésées. La communauté internationale doit veiller à ce que les violations des droits humains et crimes relevant du droit international commis en Géorgie, soient recensées, et qu’elles donnent lieu à des enquêtes et des poursuites, notamment en explorant différentes possibilités aux niveaux national, régional et international.</p>



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		<title>L’accélération du nettoyage ethnique commis par Israël contre la population palestinienne doit inciter la communauté internationale à réagir contre l’annexion de la Cisjordanie</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/lacceleration-du-nettoyage-ethnique-commis-par-israel-contre-la-population-palestinienne-doit-inciter-la-communaute-internationale-a-reagir-contre-lannexion-de-la-cisjordanie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 09:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’accélération du nettoyage ethnique commis par Israël contre la population palestinienne doit inciter la communauté internationale à réagir contre l’annexion de la Cisjordanie Le soutien tacite ou implicite de la communauté internationale aux crimes commis par Israël, dont le génocide et l’apartheid, ou son absence d’action ferme pour y mettre un terme, ont encouragé les [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">L’accélération du nettoyage ethnique commis par Israël contre la population palestinienne doit inciter la communauté internationale à réagir contre l’annexion de la Cisjordanie</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>La politique d’annexion du gouvernement israélien actuel s’accélère et s’amplifie fortement</em></li>



<li><em>La campagne de nettoyage ethnique est menée et soutenue par l’État, et non par des colons « voyous » ou des ministres « extrémistes »</em></li>



<li><em>On constate une augmentation exponentielle de la violence perpétrée par des colons qui, avec le soutien de l’État, terrorisent et expulsent des milliers de Palestinien·ne·s pour annexer leurs terres</em></li>



<li><em>Des populations sont encore exposées à un grave risque de déplacement, et il faut protéger les personnes qui ont été déracinées</em></li>



<li><em>Les États doivent mettre un terme aux relations commerciales, de coopération et d’investissement qui permettent l’occupation illégale, l’apartheid et le nettoyage ethnique, et imposer des sanctions aux responsables impliqués</em></li>
</ul>



<p>Le soutien tacite ou implicite de la communauté internationale aux crimes commis par Israël, dont le génocide et l’apartheid, ou son absence d’action ferme pour y mettre un terme, ont encouragé les autorités israéliennes à accentuer leur violente campagne de déplacement forcé de la population palestinienne et à étendre leur contrôle sur les territoires de Cisjordanie, a déclaré Amnesty International. Dans un nouveau rapport, l’organisation décrit comment les autorités israéliennes accélèrent l’annexion en menant une campagne de nettoyage ethnique visant les communautés bédouines et pastorales palestiniennes de la zone C de la Cisjordanie occupée, tout en commettant le crime contre l’humanité de transfert forcé.</p>



<p>Ce rapport, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/Final-report-Erasing-anything-Palestinian-final-formatted-high-res-imagery.pdf"><strong><em>Éradiquer toute présence palestinienne : le nettoyage ethnique des communautés bédouines et pastorales de Cisjordanie par Israël</em></strong></a>, dénonce le fait que le gouvernement israélien ait fait de l’annexion officielle un objectif politique explicite. Ce gouvernement applique le programme religieux et nationaliste du mouvement des colons. Il a accéléré l’extension des colonies et les saisies de terres, augmenté l’aide financière et logistique aux colonies, et armé les colons, permettant ainsi une campagne brutale – cautionnée par l’État – de violences commises par des colons et de déplacement forcé des Palestinien·ne·s de la zone C. Cette zone couvre plus de 60 % de la Cisjordanie occupée, et est depuis longtemps au cœur des efforts israéliens de contrôle des territoires et de la démographie, compte tenu de ses ressources naturelles, de ses pâturages et terres agricoles vitaux et de la relativement faible densité de sa population palestinienne.</p>



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</div>



<p>« Depuis trois ans et demi, les autorités israéliennes accélèrent la campagne de nettoyage ethnique soutenue par l’État en Cisjordanie, déracinant, expropriant et transférant de force la population palestinienne. Cette campagne n’est pas l’œuvre de “voyous” ni de colons, d’organisations ou d’un ou deux ministres « extrémistes », comme se plaît à le répéter la communauté internationale. Nous assistons au contraire à une annexion délibérée, menée par l’État, en totale violation du droit international, qui se déroule sous les yeux du monde entier », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« Notre rapport révèle que ces violences ne sont pas le fait de quelques “brebis galeuses”. Les violences commises par des colons sont un élément central d’une campagne de nettoyage ethnique cautionnée par l’État, essentielle pour maintenir le système d’apartheid israélien. »</p>



<p>Les recherches d’Amnesty International montrent que les Palestinien·ne·s sont chassés de force de leurs terres ancestrales, privés de leurs moyens de subsistance et terrorisés au point qu’ils doivent fuir leurs habitations face à une vague sans précédent d’attaques de colons, ouvertement cautionnées et activement soutenues par un gouvernement israélien qui revendique son intention d’annexer officiellement de vastes parties du territoire palestinien.</p>



<p>Les populations de la vallée du Jourdain et des collines du sud d’Hébron menacées de déplacement continuent de résister, déterminées à rester sur les terres qu’elles habitent depuis des générations. Amnesty International appelle la communauté internationale à agir de toute urgence pour les protéger.</p>



<p>Or, bien que les États aient clairement l’obligation, aux termes du droit international, de mettre un terme à l’occupation illégale et au système d’apartheid israéliens, la communauté internationale s’est abstenue à maintes reprises de prendre des mesures.</p>



<p>« La communauté internationale a été soit complice, soit bien trop passive face aux violations flagrantes et répétées du droit international commises par Israël, et face au mépris avec lequel il traite les résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle doit affirmer clairement que le temps du consentement tacite au nettoyage ethnique et à l’annexion perpétrés par Israël est terminé », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>Au moins 117 villages palestiniens à majorité bédouine et pastorale ont connu un déplacement total ou partiel entre janvier 2023 et avril 2026, selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). À la fin du mois d’avril 2026, 5 910 personnes au moins avaient été déplacées, d’après les données de l’ONU.</p>



<p>Ces déplacements ont eu lieu sur fond d’intensification sans précédent des actes de violence commis par des colons, avec le soutien de l’État. L’ONG Peace Now a indiqué que, à la fin avril 2026, les colons israélien·ne·s avaient établi 363 avant-postes en Cisjordanie occupée, dont 212 depuis 2023. Les autorités israéliennes encouragent activement la création de ces avant-postes et ne prennent quasiment aucune mesure pour les démanteler, alors qu’ils sont illégaux aux termes du droit israélien comme du droit international. Parmi eux figurent des dizaines d’avant-postes pastoraux, qui sont utilisés par les colons pour s’emparer de vaste zones palestiniennes en y faisant pâturer leurs troupeaux. Cela vient s’ajouter aux saisies de terres par le gouvernement israélien. Près de 58 % des terres de la zone C ne sont pas enregistrées et, en février 2026, les autorités israéliennes avaient déjà saisi la moitié de ces terres non enregistrées en les déclarant comme terrains publics.</p>



<p>« Le rapport d’Amnesty International doit sonner comme un signal d’alarme pour les dirigeant·e·s mondiaux qui considèrent l’annexion et les violences des colons comme des actes isolés relevant de la responsabilité de quelques colons ou ministres “extrémistes” et qui n’ont pris que des sanctions limitées contre quelques personnes ou organisations : ces mesures sont terriblement insuffisantes pour répondre à la campagne gouvernementale de nettoyage ethnique et aux violations systémiques qui s’amplifient rapidement sous les yeux de la communauté internationale », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Nous nous adressons aux dirigeant·e·s mondiaux qui ne cessent d’affirmer qu’ils sont opposés à l’annexion mais ne font rien pour l’empêcher : sachez que votre inaction alimente directement des crimes contre l’humanité et a des conséquences mondiales qui érodent encore davantage l’ordre international fondé sur des règles.</p>



<p>« Les États, en particulier ceux qui ont de l’influence sur Israël, comme les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, ainsi que l’Italie et les autres membres de l’Union européenne et les pays arabes, doivent immédiatement interdire tout commerce, tout investissement et toute forme de coopération ou d’aide financière contribuant à l’occupation illégale, au système d’apartheid et au nettoyage ethnique des Palestinien·ne·s commis par Israël.</p>



<p>« Par ailleurs, tous les pays doivent imposer des sanctions ciblées, telles que des interdictions de voyager et des gels d’avoirs, aux responsables israéliens qui sont directement impliqués dans ces actes, parmi lesquels le Premier Ministre Benjamin Netanyahou, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, la ministre des Colonies et des Missions nationales Orit Strock et le ministre de la Défense Israël Katz.</p>



<p>Amnesty International a mené des recherches sur 27 communautés bédouines et pastorales de la zone C qui ont été déplacées de force entre 2023 et 2025 ou sont menacées de déplacement.</p>



<p>L’équipe de recherche a interrogé 45 Palestinien·ne·s issus de 12 communautés, qui étaient soient déplacés, soit menacés de l’être, ainsi que 19 avocat·e·s, militant·e·s ayant été témoins de violences commises par des colons, journalistes et représentant·e·s d’ONG israéliennes et palestiniennes. L’organisation a aussi vérifié plus de 420 vidéos et photos, et analysé des déclarations gouvernementales officielles, des accords, des lois, des changements de gouvernance, des dossiers judiciaires, des cartes, des images satellite, des rapports de l’ONU et de la société civile, et d’autres informations en accès libre.</p>



<p>Amnesty International a transmis ses conclusions aux autorités israéliennes le 13 mai. Le ministère de la Défense a répondu le 23 mai en affirmant que ses forces réagissaient aux violences commises par des colons, arrêtaient les suspects si nécessaire, et enquêtaient sur les cas où les forces armées n’auraient pas respecté les ordres ou ne seraient pas intervenues pour arrêter ces violences. Les éléments de preuve recueillis par Amnesty International témoignent d’une réalité bien différente.</p>



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</div>



<h4 class="wp-block-heading">Preuves de l’intention d’Israël de nettoyer ethniquement et d’annexer la zone C</h4>



<p>Depuis l’occupation de 1967, les gouvernements israéliens successifs mettent en œuvre – avec différents degrés d’intensité et de transparence – des politiques de judaïsation visant à maximiser le contrôle juif sur les territoires de Cisjordanie tout en réduisant autant que possible la présence palestinienne.</p>



<p>Le 37e gouvernement israélien, formé fin 2022 et dirigé par le Likoud, parti de Benjamin Netanyahou, en coalition avec le parti de la Force juive d’Itamar Ben-Gvir et le Parti sioniste religieux de Bezalel Smotrich, cherche ouvertement et délibérément à annexer officiellement la zone C et à transférer de force ses habitant·e·s palestiniens.</p>



<p>Les accords de coalition gouvernementale légitiment et intègrent à la politique de l’État la vision du « Grand Israël » portée par le mouvement des colons, idéologie qui considère l’intégralité du Territoire palestinien occupé comme faisant partie intégrante d’Israël. Cela se fait au mépris éhonté de nombreuses résolutions de l’ONU ainsi que de l’avis consultatif de 2024 de la Cour internationale de justice, qui déclare illégale l’occupation du territoire palestinien par Israël.</p>



<p>L’intention de chasser les Palestinien·ne·s de la zone C de la Cisjordanie et d’en annexer les terres est prouvée par les appels explicites des autorités israéliennes à étendre les colonies, l’élargissement de la souveraineté israélienne sur le territoire occupé, les mesures destinées à réduire autant que possible la présence palestinienne dans cette zone et le soutien public apporté aux colons par des ministres clés, dont certain·e·s sont eux-mêmes des colons. Elle est également manifeste au vu des lois favorables à l’annexion qui ont été adoptées et des mesures transférant les pouvoirs en Cisjordanie des autorités militaires aux autorités civiles, en violation du droit international humanitaire.</p>



<p>L’intention étatique apparaît aussi clairement dans la multiplication des classements en terrains publics, la simplification des procédures d’autorisation des colonies, l’accélération de l’extension des colonies, la légalisation rétroactive des avant-postes, et l’augmentation du soutien financier et politique aux infrastructures des colons, parallèlement à la destruction de biens palestiniens et aux restrictions systématiques des déplacements et de l’accès aux terres et à l’eau des Palestinien·ne·s.</p>



<p>Dans les trois premières années de ce gouvernement, le budget annuel du ministère des Colonies et des Missions nationales a augmenté de 122 %, atteignant 764 millions de nouveaux shekels israéliens (254,5 millions de dollars des États-Unis) en 2026.</p>



<p>Selon Peace Now, le gouvernement a présenté des projets de construction de 50 785 logements dans des colonies entre 2023 et 2025. Rien qu’en 2025, le Conseil supérieur de l’urbanisme a approuvé la construction de 27 941 logement, ce qui constitue le chiffre annuel le plus élevé jamais enregistré.</p>



<p>Au 30 avril 2026, le nombre total de nouvelles colonies déclarées par ce gouvernement atteignait 102, soit de loin le nombre le plus important de nouvelles colonies autorisées par un gouvernement de toute l’histoire d’Israël.</p>



<p>Parallèlement, les autorités israéliennes ont détruit 3 407 habitations et structures palestiniennes dans la zone C entre janvier 2023 et avril 2026, ce qui a conduit au déplacement de 2 996 Palestinien·ne·s, d’après l’OCHA.</p>



<p>Dans le même temps, souvent avec le soutien direct de l’État ou la participation directe de l’armée israélienne, les colons ont soumis les communautés bédouines et pastorales palestiniennes à une litanie de mesures coercitives et répressives, ce qui fait que beaucoup n’ont pas eu d’autre choix que d’abandonner les terres où elles vivaient et pratiquaient l’élevage depuis des générations. Ces populations subissent des violences persistantes de la part des colons, avec l’aval de l’État. Associées à la multiplication des démolitions et aux privations de services de base imposées de longue date par les autorités israéliennes, ces violences rendent de fait leurs terres inhabitables.</p>



<p>L’association de toutes ces mesures coercitives révèle une stratégie étatique délibérée et coordonnée visant à étendre le contrôle israélien sur la zone C tout en forçant au départ les populations palestiniennes.</p>



<p>L’un des cas emblématiques est celui de Khirbet Zanuta (aussi appelé Zanuta), village de la zone C, en Cisjordanie, où vivaient environ 250 Bédouin·e·s palestiniens présents depuis des générations. En 2021, un groupe de colons a créé un avant-poste illégal, appelé Meitarim Farm, à seulement un kilomètre de Zanuta, et a lancé une campagne soutenue de harcèlement, de menaces et d’attaques violentes contre la population palestinienne, bloquant notamment l’accès aux terres agricoles et aux zones de pâture. À force, les habitant·e·s du village ont été contraints d’abandonner leurs maisons et leurs moyens de subsistance. Ils ont tous et toutes été déplacés à la suite d’une série d’attaques violentes perpétrées par des colons, qui se sont intensifiées après le 7 octobre 2023. Ce village, entouré de colonies et d’avant-postes, avait longtemps été confronté à des ordres de démolition et des politiques d’urbanisation restrictives qui rendaient presque impossible toute construction légale.</p>



<p>Malgré deux arrêts rendus par la Cour suprême israélienne en juillet 2024 et février 2025, qui ordonnaient aux autorités de faciliter le retour des habitant·e·s et de les protéger de la violence des colons, les Palestinien·ne·s n’ont pas pu revenir en raison des attaques constantes des colons et de la destruction d’infrastructure essentielles. Adel al-Till, ancien habitant de Zanuta, a déclaré : « Les colons étaient armés et nous attaquaient sans cesse. […] Nous avions peur, c’était la terreur. »</p>



<p>Les images satellite, les témoignages recueillis et les preuves vidéo montrent qu’aujourd’hui le village de Zanuta n’existe plus ; il a été en grande partie détruit et totalement vidé de sa population.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Augmentation exponentielle des violences exercées par les colons avec le soutien de l’État</h4>



<p>La campagne de violence menée depuis longtemps par les colons contre les Palestinien·ne·s en Cisjordanie s’est fortement intensifiée sous l’actuel gouvernement israélien, donnant lieu à un nombre record d’homicides et de blessures, de déplacements, de destructions de biens et d’appropriations illégales de terres. Les colons israélien·ne·s ont adopté des tactiques de plus en plus agressives pour déplacer de force les populations palestiniennes. Ils ont attaqué leurs logements et leurs biens, les ont soumis à un harcèlement, des menaces et des agressions physiques incessants, et s’en sont pris de façon systématique à leurs moyens de subsistance en restreignant leur accès aux pâturages et aux sources d’eau, en volant ou tuant leur bétail, et en détruisant les champs et les récoltes. Selon l’OCHA, les attaques de colons contre des communautés bédouines et pastorales palestiniennes ayant fait des morts et/ou des blessés ont été multipliées par presque sept entre 2020 et 2024.</p>



<p>Des vidéos et des photos vérifiées par Amnesty International montrent des incursions, des incendies volontaires et un vandalisme généralisé visant des habitations, des écoles, des véhicules et des biens agricoles, ainsi que la destruction de sources d’eau, de panneaux solaires et de réserves de nourriture. Les personnes interrogées ont aussi fait état de nombreuses violences physiques, dont des coups de bâton et de crosse de fusil, des jets de pierres, des coups de couteau et d’autres attaques.</p>



<p>Bien qu’Israël ait l’obligation, en tant que puissance occupante, de protéger la vie et les moyens de subsistance de la population occupée, d’empêcher les violences commises par des colons et d’enquêter à leur sujet, les autorités israéliennes facilitent activement ces attaques, non seulement en armant les colons et en permettant à l’armée et à la police de soutenir les attaques contre des Palestinien·ne·s ou d’y participer, mais aussi en accordant à leurs auteurs une impunité quasi totale.</p>



<p>Après les attaques menées par le Hamas le 7 octobre 2023, les autorités israéliennes ont assoupli les critères pour obtenir un permis de port d’arme à titre individuel, équipant des milliers de colons d’armes à feu et d’uniformes, ce qui fait qu’il est devenu difficile pour les Palestinien·ne·s de distinguer les soldats des colons. En janvier 2026, plus de 240 000 citoyen·ne·s israéliens avaient obtenu un permis de port d’arme, soit une multiplication par 15 par rapport aux 8 000 permis par an accordés en moyenne avant le changement de politique. Ces mesures ont entraîné une forte hausse des attaques de colons armés.</p>



<p>Le rapport d’Amnesty International montre comment la violence des colons israélien·ne·s a été utilisée délibérément comme outil de déplacement forcé à trois endroits emblématiques de la zone C : Zanuta dans les collines du sud d’Hébron et Ein Samia dans le centre de la vallée du Jourdain (tous deux entièrement déplacés en 2023), ainsi que Ein al Hilweh, Makhoul et Al Farisiya, un regroupement de petits villages du nord de la vallée du Jourdain, qui restent confrontés à un risque réel de déplacement.</p>



<p>Dans le nord de la vallée du Jourdain, au moins 38 villages (où vivent environ 7 000 personnes) sont menacés de déplacement. Près de 90 % de la zone est classée terrain public, zone de tir militaire, réserve naturelle ou site archéologique – autant d’outils utilisés par Israël pour restreindre l’accès de la population palestinienne aux pâturages et aux sources d’eau et la contraindre au déplacement.</p>



<p>Najiyyah Bisharat, de la communauté pastorale de Makhoul, a déclaré : « Nous sommes constamment harcelés par les colons, mais nous ne baisserons pas les bras. C’est une question d’amour de notre terre et de notre travail. La terre est notre identité et, si nous en sommes chassés, nous mourrons. Comme un poisson qu’on sortirait de l’eau. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une impunité généralisée</h4>



<p>En facilitant activement la violence des colons et en ne faisant rien pour l’empêcher, et notamment en s’abstenant de demander des comptes aux responsables, les autorités israéliennes ont délibérément créé un environnement d’impunité généralisée, qui vient alimenter cette violence. Dans plusieurs cas sur lesquels Amnesty International a recueilli des informations, les Palestinien·ne·s qui ont signalé des violences perpétrées par des colons ont été eux-mêmes interrogés, soumis à une amende ou arrêtés par les autorités israéliennes, qui ont pourtant l’obligation de les protéger en vertu du droit international.</p>



<p>Les colons et les organisations de colons sont enhardis par l’impunité dont ils jouissent depuis des décennies. Même si quelques colons ou groupes de colons ont été sanctionnés par des États étrangers, ils n’ont subi aucune conséquence ou presque de leurs actes en Israël.</p>



<p>Par exemple, Yinon Levi, colon impliqué dans une série avérée d’attaques violentes contre des Palestinien·ne·s, qui a été sanctionné par le Royaume-Uni et l’Union européenne, a été filmé en train de tuer par arme à feu un enseignant et défenseur des droits humains qui n’était pas armé, Awdan al Hathaleen, à Umm al Khair le 28 juillet 2025.</p>



<p>Arrêté brièvement pour « homicide involontaire », Yinon Levi a été libéré le lendemain et assigné à résidence pendant seulement trois jours. Il a ensuite pu librement retourner harceler des Palestinien·ne·s et travailler à l’installation d’un nouvel avant-poste à Umm al Khair. Près d’un an après cette attaque, Yinon Levi n’a toujours pas été inculpé.</p>



<p>« Si l’obligation de rendre des comptes n’est pas mise en œuvre, la population palestinienne de Cisjordanie va disparaître sous nos yeux. Cela fait trop longtemps que le monde ignore l’immense souffrance, dépassant l’entendement, des Palestinien·ne·s déracinés et chassés des terres qu’ils habitent depuis des générations. Les États doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre un terme à la campagne israélienne de nettoyage ethnique et d’annexion de la zone C de la Cisjordanie. Ils doivent faire pression sur les autorités israéliennes pour qu’elles démantèlent immédiatement tous les avant-postes et colonies israéliens et permettent à tous les Palestinien·ne·s déplacés de rentrer chez eux », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Tous les pays doivent soutenir et coopérer avec l’enquête de la Cour pénale internationale sur la situation dans l’État de Palestine, ainsi qu’ouvrir leurs propres enquêtes sur les crimes de droit international commis dans le Territoire palestinien occupé. Le message adressé à Israël doit être sans équivoque : c’en est fini de son impunité de longue date, il ne peut pas y avoir de relations normales avec lui tant que l’apartheid, le nettoyage ethnique et l’occupation illégale se poursuivent. »</p>



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		<title>Cambodge. Des éléments montrent que les centres d’escroquerie ont perduré malgré la « répression » médiatisée</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/cambodge-des-elements-montrent-que-les-centres-descroquerie-ont-perdure-malgre-la-repression-mediatisee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 08:24:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cambodge. Des éléments montrent que les centres d’escroquerie ont perduré malgré la « répression » médiatisée La répression médiatisée qu’a menée le gouvernement cambodgien contre les centres d’escroquerie n’a pas permis de démanteler l’immense majorité de ces sites dans le pays, ni de protéger et de soutenir les milliers de personnes soumises à la traite [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Cambodge. Des éléments montrent que les centres d’escroquerie ont perduré malgré la « répression » médiatisée</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les recherches d’Amnesty International contredisent le discours de l’État sur une répression massive des escroqueries</li>



<li>Une collusion entre des policiers et des gangs aide ces centres à éviter les perquisitions</li>



<li>Amnesty International a interrogé 73 survivant·e·s qui n’ont été ni détectés, ni reconnus comme victimes de traite</li>
</ul>



<p>La répression médiatisée qu’a menée le gouvernement cambodgien contre les centres d’escroquerie n’a pas permis de démanteler l’immense majorité de ces sites dans le pays, ni de protéger et de soutenir les milliers de personnes soumises à la traite des êtres humains, à la torture et à l’esclavage, indique Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public lundi 8 juin.</p>



<p>Intitulé <em><strong><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/Final_Falling-Through-the-Cracks.pdf">Falling Through the Cracks: Cambodia’s “Crackdown” on Scamming Compounds</a></strong></em>, ce rapport montre que, dans la majorité des cas, les autorités n’ont ni identifié les victimes de la traite, ni amené les responsables présumés à rendre des comptes. Amnesty International révèle que plusieurs centres changent régulièrement de place pour échapper à la répression et relate de multiples témoignages faisant état de viols commis à l’intérieur de ces sites.</p>



<p>« Les autorités cambodgiennes ont soigné l’image de leur campagne de répression contre les centres d’escroquerie, mais derrière chaque gros titre sur une descente ou des arrestations dans un centre, ce sont des victimes d’esclavage, de torture et de viol qui se retrouvent quasiment sans aucune aide, a déclaré Montse Ferrer, codirectrice régionale d’Amnesty International.</p>



<p>« Cette fameuse offensive contre la criminalité n’a pas été suffisante pour mettre fin à la souffrance des personnes piégées dans les centres d’escroquerie. Plus de 70 % des centres identifiés par Amnesty International semblent être passés entre les mailles du filet, tandis que les interventions policières inefficaces menées dans les autres centres sont passées à côté de victimes et les ont laissées seules face à des atrocités. Pendant ce temps-là, tout le gouvernement se félicite de son travail. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">La police est « venue ramasser des corps » </h4>



<p>Dans un rapport publié en juin 2025, Amnesty International révélait que plus de 50 complexes d’escroquerie à travers le Cambodge étaient le théâtre d’esclavage généralisé, de traite d’êtres humains, de travail forcé et de torture, fonctionnant comme des établissements carcéraux contrôlés par des bandes criminelles organisées.</p>



<p>Le nouveau rapport de 150 pages publié lundi 8 juin identifie 33 centres d’escroquerie supplémentaires et inclut les témoignages de 73 autres survivant·e·s, originaires de 16 pays différents, qui ont été enfermés dans ces centres pendant la campagne de répression. Toutes ces personnes ont décrit les mêmes atteintes graves et systématiques aux droits humains que celles déjà relevées dans le précédent rapport d’Amnesty International.</p>



<p>À la suite de la publication de ce dernier, le Cambodge avait lancé en juillet 2025 sa plus grande campagne de répression contre les escroqueries, en promettant d’éradiquer les réseaux criminels responsables de la fraude à grande échelle ayant fait de nombreuses victimes à travers le monde. Plusieurs chefs de gang très en vue ont depuis été arrêtés et les autorités ont affirmé avoir fermé plus de 200 centres d’escroquerie.</p>



<p>Cependant, les conclusions d’Amnesty International jettent un sérieux doute sur l’impact de la répression. Sur un total de 86 centres identifiés par l’organisation, seulement 24 avaient vraisemblablement fait l’objet d’une intervention des autorités. Amnesty International a obtenu des informations faisant état de libérations et d’évasions massives dans sept autres centres.</p>



<p>Même dans les cas où des interventions ont eu lieu, l’organisation a constaté qu’elles avaient souvent été inefficaces, mises à mal par une collusion manifeste entre les gestionnaires de centres et la police, ou menées uniquement pour répondre à une forme de pression du public. Dans trois cas distincts, la police est intervenue dans des centres mais Amnesty International s’est entretenue avec des victimes ayant subi des atteintes aux droits humains sur place par la suite.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des victimes traitées comme des criminels</h4>



<p>Les survivant·e·s interrogés dans le rapport d’Amnesty International venaient de différentes régions du monde, notamment d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, ce qui souligne la nature transnationale de l’industrie de l’escroquerie. Une survivante, Winta, qui a été attirée à des fins de traite depuis l’Afrique de l’Est à l’âge de 16 ans après avoir reçu une offre d’emploi fictive pour travailler sur un navire de croisière, a raconté avoir été déplacée d’un centre à l’autre pendant la campagne de répression pour échapper à la police.</p>



<p>« Ils m’ont attachée à une chaise avec des menottes et m’ont laissée debout pendant deux jours. Ensuite, ils nous ont frappés puis nous ont mis dans la voiture », a-t-elle déclaré.</p>



<p>Elle a finalement été abandonnée en pleine nuit avec d’autres victimes. Quand des policiers sont arrivés, ils l’ont menacée de la ramener au centre d’escroquerie au lieu de lui proposer de l’aide, selon elle. N’ayant nulle part où aller, elle s’est tournée vers des habitant·e·s qui l’ont aidée à partir de cette zone. Son histoire illustre une situation récurrente dans laquelle les autorités n’ont pas mis fin aux activités d’escroquerie et ont en outre mis les survivant·e·s encore plus en danger.</p>



<p>Aucun des 73 survivant·e·s interrogés par Amnesty International n’avait été reconnu comme victime de traite des êtres humains, alors que l’organisation a conclu qu’ils répondaient tous à la définition internationale de la traite.</p>



<p>De nombreuses personnes qui avaient été relâchées ou s’étaient échappées de centres d’escroquerie ont dû dormir dans la rue ou ont été placées dans des lieux de détention surpeuplés des services de l’immigration. Dans certains cas, des policiers ont racketté et menacé des victimes de traite des êtres humains. Par ailleurs, les survivant·e·s n’ont pas bénéficié d’une assistance adaptée de leurs ambassades ou consulats.</p>



<h4 class="wp-block-heading">« Nous avons essayé de la réveiller, mais elle était déjà morte »</h4>



<p>Le rapport montre que la collusion entre la police et les gestionnaires des centres d’escroquerie a nui à l’efficacité de la répression. De nombreux survivant·e·s ont indiqué à Amnesty International que des policiers venaient régulièrement dans un centre à Prey Veng (PV01), notamment pour venir ramasser des corps et boire des cafés avec les gestionnaires, mais n’avaient procédé à aucune arrestation sur place pendant la campagne de répression.</p>



<p>Elise, une jeune femme originaire du Kenya, a raconté avoir été battue et avoir vu une femme mourir au centre PV01. « Nous avons essayé de la réveiller, mais elle était déjà morte [&#8230;]. La police est venue chercher le corps », a-t-elle déclaré, en ajoutant que ni elle, ni aucune autre personne enfermée dans le centre n’avait été libérée par les policiers.</p>



<p>Des témoignages laissent penser que des gestionnaires ont été informés d’interventions policières avant qu’elles n’aient lieu et ont pu fuir et s’installer ailleurs, ce qui indique une coordination ou une collusion.</p>



<p>« Ils ont dit que la police arrivait et nous ont fait monter dans un bus avant de nous conduire dans les montagnes », s’est souvenue une personne interrogée par Amnesty International.</p>



<p>Les témoignages recueillis par l’organisation comportent également plusieurs récits de violence sexuelle à l’intérieur des centres, dont ceux de six femmes ayant subi des viols et d’autres mauvais traitements. Cinq ont indiqué avoir été violées par des gestionnaires ou des chefs d’équipe – dont deux sont tombées enceintes – et une Brésilienne, Cecilia, a raconté qu’un gestionnaire avait invité un groupe d’escrocs ayant de bons résultats à la violer.</p>



<p>« C’était comme une récompense pour avoir bien travaillé. J’étais comme un “cadeau” », a-t-elle déclaré. Cecilia a montré de nombreuses ecchymoses sur son corps, causées selon elle par une batte de baseball utilisée par un gestionnaire qui avait découvert que son père avait contacté la police.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Manque de transparence</h4>



<p>Bien que les autorités cambodgiennes se soient vantées du succès de la campagne de répression, elles n’ont publié aucune information détaillée sur les lieux ayant fait l’objet d’enquêtes et aucune preuve des fermetures alléguées. Le gouvernement n’a pas répondu aux questions envoyées par Amnesty International à la suite de son enquête. Dans le même temps, des journalistes et des sauveteurs ont fait l’objet d’arrestations et d’actes d’intimidation, ce qui a nui encore davantage au contrôle indépendant de l’action des autorités.</p>



<p>« Le manque total de transparence du gouvernement cambodgien empêche de vérifier ses affirmations et met à mal la confiance dans l’ensemble de la démarche. On ne peut éviter de conclure que beaucoup de personnes aux commandes des centres où ont été commises le plus d’atteintes aux droits humains n’ont pas été traduites en justice, a déclaré Montse Ferrer.</p>



<p>« La répression a abouti à la libération massive de milliers de personnes réduites en esclavage, mais ce succès est miné par l’échec du gouvernement à traiter les victimes avec dignité. »</p>



<p>Une enquête menée par Amnesty International en avril a révélé qu’une douzaine de casinos liés à des complexes d’escroquerie avaient été approuvés par les autorités pendant la campagne de répression. Le nouveau rapport d’Amnesty International identifie quatre casinos supplémentaires ayant présenté des projets montrant qu’ils possédaient des bâtiments abritant des centres d’escroquerie.</p>



<p>« Si le gouvernement cambodgien veut vraiment mettre fin à l’esclavage et à la torture dans l’industrie de l’escroquerie, il doit enquêter sur tous les centres et les casinos liés, identifier et aider comme il se doit toutes les victimes de traite des êtres humains et d’autres graves atteintes aux droits humains, et traiter les manquements qui ont empêché cette répression de porter ses fruits, a déclaré Montse Ferrer.</p>



<p>« La communauté internationale peut également s’impliquer davantage. La pression d’autres dirigeant·e·s mondiaux a probablement été l’un des principaux déclencheurs du lancement de cette campagne de répression, mais nos conclusions montrent que le travail n’est pas complet du tout, que la pression doit être redoublée et qu’il faut plus de moyens financiers pour aider les victimes. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Amnesty International s’est entretenue avec 73 survivant·e·s de centres d’escroquerie originaires du Bangladesh, du Brésil, de Chine, de Colombie, de l’Équateur, d’Érythrée, d’Éthiopie, du Ghana, d’Indonésie, du Kenya, du Liberia, de Madagascar, du Maroc, du Niger, d’Ouganda et du Venezuela, entre juillet 2025 et avril 2026, pour rédiger ce rapport.</p>



<p>Selon le droit international, le Cambodge est tenu d’identifier les victimes de traite et de garantir leur sécurité. Il doit également leur fournir un hébergement, des soins et une aide juridique, et s’abstenir de les poursuivre pour des infractions commises dans le cadre de leur exploitation.</p>
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		<title>Grèce. Des méthodes de maintien de l’ordre violentes ont transformé les manifestations pacifiques en champs de bataille</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/grece-des-methodes-de-maintien-de-lordre-violentes-ont-transforme-les-manifestations-pacifiques-en-champs-de-bataille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Grèce. Des méthodes de maintien de l’ordre violentes ont transformé les manifestations pacifiques en champs de bataille La police grecque a fréquemment recours à une force injustifiée ou excessive contre des manifestant·e·s pacifiques et des journalistes, qui entraîne de graves séquelles physiques et psychologiques, indique Amnesty International dans un rapport rendu public jeudi 4 juin [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/grece-des-methodes-de-maintien-de-lordre-violentes-ont-transforme-les-manifestations-pacifiques-en-champs-de-bataille/">Grèce. Des méthodes de maintien de l’ordre violentes ont transformé les manifestations pacifiques en champs de bataille</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Grèce. Des méthodes de maintien de l’ordre violentes ont transformé les manifestations pacifiques en champs de bataille</h2>



<p>La police grecque a fréquemment recours à une force injustifiée ou excessive contre des manifestant·e·s pacifiques et des journalistes, qui entraîne de graves séquelles physiques et psychologiques, indique Amnesty International dans un rapport rendu public jeudi 4 juin . L’organisation demande que l’utilisation de grenades incapacitantes dans les opérations de maintien de l’ordre lors de manifestations soit interdite à l’échelle mondiale.</p>



<p>Dans son nouveau rapport intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/eur2510122026eng.pdf"><strong><span style="text-decoration: underline;"><em>Protests are not battlefields: Patterns of unlawful use of force by police and impunity in Greece</em></span></strong>,</a> elle révèle que ces atteintes aux droits humains très préoccupantes sont sous-tendues par une législation relative aux manifestations qui n’est pas conforme aux normes internationales et régionales, ainsi que par une culture de l’impunité qui persiste pour les violations commises par les forces de l’ordre au cours de manifestations.</p>



<p>« Le droit à la liberté de réunion pacifique est bafoué de façon flagrante dans la loi et dans la pratique en Grèce, où des manifestant·e·s pacifiques sont détenus arbitrairement, criminalisés et soumis à un usage illégal de la force par la police, a déclaré Kondylia Gogou, chercheuse régionale pour l’Europe à Amnesty International.</p>



<p>« Les vidéos et témoignages que nous avons étudiés montrent un recours régulier et dangereux aux grenades incapacitantes et une utilisation abusive des matraques et d’autres armes à létalité réduite qui ont provoqué diverses blessures, dont les journalistes sont également victimes. Ces méthodes, associées à l’impunité généralisée pour les violations commises par des policiers, paralysent l’exercice du droit de manifester pacifiquement. »</p>



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</div>



<h4 class="wp-block-heading">Recours illégal à la force et culture de l’impunité</h4>



<p>Ce rapport, qui s’appuie sur deux années de recherches et d’entretiens avec plus de 100 personnes (des manifestant·e·s, des journalistes et des avocat·e·s, notamment) ainsi que sur la vérification de nombreuses vidéos et l’analyse de multiples rassemblements de différents types, met au jour la persistance du recours injustifié ou excessif à la force par la police lors des manifestations.</p>



<p>Parmi les 67 personnes interrogées au sujet du recours illégal à la force lors des opérations de maintien de l’ordre au cours de manifestations, 30 ont indiqué que des policiers avaient lancé des grenades incapacitantes directement vers des manifestant·e·s pacifiques et des journalistes, au-dessus de leur tête ou à leurs pieds et/ou dans des foules denses.</p>



<p>Le photojournaliste Marios Lolos a subi une perte auditive et une blessure à la tête après avoir été touché par une grenade incapacitante lancée par un policier le 26 janvier 2025 alors qu’il couvrait une manifestation commémorant la catastrophe ferroviaire de Tempi. Il a décrit la scène à Amnesty International : « Je tenais mon appareil photo et il était évident que j’étais un journaliste. Je pense que le policier antiémeutes a jeté la grenade incapacitante sur moi volontairement […]. Elle a touché le côté gauche de ma tête et a explosé près de moi. Si elle avait explosé devant ma tête et non un court instant après, je ne serais pas en train de vous parler en ce moment. » Une vidéo vérifiée par Amnesty International corrobore le témoignage de Mario Lolos et semble montrer qu’il a été délibérément pris pour cible. En mai 2022, Giorgos Mavros, un étudiant, a eu un tympan percé, une perte auditive, une blessure à la tête ainsi que des plaies et des brûlures à la main, au bras et à l’épaule droits après que la police a utilisé des grenades incapacitantes lors d’une manifestation pacifique d’étudiant·e·s à Thessalonique. Il a déclaré : « J’avais l’impression d’avoir été frappé à l’aide d’une grande barre de fer. »</p>



<p>Sur des vidéos vérifiées, on voit des policiers utiliser illégalement des grenades incapacitantes à proximité d’un café où des personnes étaient assises en terrasse après la dispersion d’une manifestation en octobre 2025 à Athènes et des passant·e·s pris dans le chaos. Le rapport dénonce également une utilisation illégale des matraques, notamment par des policiers qui frappent des manifestant·e·s pacifiques, poursuivent des protestataires lors de « charges » et portent des coups à des personnes qui étaient déjà maîtrisées par la police. Amnesty International a par ailleurs relevé une série de cas d’utilisation abusive de substances chimiques irritantes et de canons à eau, un usage illégal de la force lors d’arrestations et/ou en détention et un recours illégal à la force par des unités de police motorisées.</p>



<p>La comédienne et metteuse en scène Anastasia Politi a raconté à Amnesty International que deux policiers sur une moto, dont l’un tenait une matraque, étaient passés en roulant à travers une foule qui participait à une manifestation de solidarité avec le peuple palestinien le 7 octobre 2025.</p>



<p>« J’ai réussi à me réfugier sur le trottoir juste à temps pour que la moto ne me renverse pas [&#8230;] mais je l’ai quand même sentie passer tout près derrière moi et j’ai reçu un coup très fort dans le dos », a-t-elle déclaré. Elle est alors « tombée par terre comme une pastèque », et cette chute a causé des ecchymoses, une fracture du bras, une côte cassée, des blessures légères au visage et des plaies au genou gauche et au menton.</p>



<p>Les victimes de recours illégal à la force par des policiers rencontrent souvent des difficultés pour obtenir justice. Des enquêtes disciplinaires défaillantes, des enquêtes pénales ne permettant pas d’identifier les auteurs des faits, certaines décisions de justice risquant de légitimer l’usage illégal de la force et l’absence de numéros d’identification portés par les policiers chargés de maintenir l’ordre public entravent la possibilité de faire respecter l’obligation de rendre des comptes. Parallèlement, le mécanisme de surveillance de la police grecque (EMIDIPA) n’est pas doté de moyens suffisants en termes de personnel et de ressources pour mener davantage d’enquêtes.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des pouvoirs policiers étendus, des méthodes radicales et des lois restrictives</h4>



<p>L’utilisation des pouvoirs excessivement larges qui autorisent la police à interpeller des manifestant·e·s et à les emmener aux postes de police pour contrôler leur identité a empêché des personnes de participer à des manifestations, souvent sans qu’il existe de soupçons raisonnables d’acte répréhensible.</p>



<p>Des manifestant·e·s, des journalistes et des avocat·e·s qui ont parlé avec Amnesty International ont été soumis à une privation arbitraire de liberté et ont fait état de fouilles corporelles injustifiées et/ou dégradantes, d’un recours illégal à la force lors de leur interpellation et/ou arrestation et d’une privation d’assistance médicale. Ils ont également évoqué le non-respect de leur droit de prévenir quelqu’un à l’extérieur et déclaré que les policiers ne leur avaient rien donné à manger pendant leur détention.</p>



<p>Anny Paparoussou, une avocate qui fournissait une assistance juridique à des manifestant·e·s pacifiques, et Marina Meintani, une journaliste qui couvrait une manifestation, ont été privées de leur liberté par des policiers sous couvert d’un contrôle d’identité. Elles ont toutes deux souligné l’illégalité de leur interpellation, et Marina Meintani a parlé de son humiliation lorsqu’elle avait été soumise à une fouille corporelle partielle.</p>



<p>Le rapport met également en évidence la criminalisation des manifestant·e·s pacifiques, notamment des personnes poursuivies uniquement pour avoir participé à des manifestations ou à des actions de désobéissance civile. Amnesty International a dénoncé l’arrestation de deux de ses militant·e·s après la dispersion d’une manifestation à Athènes en 2022, lors de laquelle ils ont déclaré avoir subi un recours injustifié et excessif à la force par la police.</p>



<p>La législation grecque réglementant les manifestations n’est pas conforme au droit international et régional relatif aux droits humains, ni aux obligations de la Grèce découlant des traités auxquels ce pays est partie. Pourtant, les autorités grecques ont tenté de restreindre encore davantage le droit à la liberté de réunion pacifique, notamment en adoptant en 2025 des dispositions instaurant une interdiction totale de manifester dans certaines zones de la place Syntagma, à Athènes.</p>



<p>« Le fait de participer à des manifestations pacifiques ou de les couvrir journalistiquement ne doit pas supposer de se faire rouer de coups ou de risquer sa vie. Les autorités grecques doivent de toute urgence réformer la législation en matière de manifestations, mettre fin aux pratiques abusives de maintien de l’ordre, protéger les personnes qui exercent leurs droits et briser le cycle d’impunité qui permet à ces violations de continuer, a déclaré Kondylia Gogou.</p>



<p>« Elles doivent également mettre fin au schéma inquiétant de recours illégal à la force contre les manifestant·e·s et les journalistes par la police et interdire l’utilisation de grenades incapacitantes pour le maintien de l’ordre lors de rassemblements. Les équipements militaires n’ont pas leur place dans le maintien de l’ordre lors des manifestations, en Grèce comme partout dans le monde. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Selon l’ONG Greek Helsinki Monitor, des enquêtes judiciaires ont été ouvertes sur 181 cas de violations des droits humains et d’autres infractions graves commises par des responsables de l’application des lois entre 2019 et novembre 2025, mais elles ont abouti à seulement sept condamnations. Sur les 60 dossiers concernant des allégations de torture aux mains de responsables de l’application des lois pendant la même période, seulement quatre ont donné lieu à un procès et un seul à une condamnation.</p>



<p>Amnesty International et ses partenaires de la société civile membres du Réseau sur le traité contre le commerce des instruments de torture appellent les gouvernements du monde entier à soutenir l’adoption d’un traité contre le commerce des instruments de torture aux Nations unies pour réglementer les ventes de matériel de maintien de l’ordre.</p>



<p>Amnesty International enquête et alerte sur les pratiques de maintien de l’ordre lors des manifestations en Grèce depuis de nombreuses années. L’organisation a notamment publié des rapports en 2012 et 2021 à ce sujet.</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/grece-des-methodes-de-maintien-de-lordre-violentes-ont-transforme-les-manifestations-pacifiques-en-champs-de-bataille/">Grèce. Des méthodes de maintien de l’ordre violentes ont transformé les manifestations pacifiques en champs de bataille</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>Russie. Les écoles sont devenues des « fabriques de la docilité », par le biais de l’endoctrinement et de la surveillance des enfants par l&#8217;État</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/russie-les-ecoles-sont-devenues-des-fabriques-de-la-docilite-par-le-biais-de-lendoctrinement-et-de-la-surveillance-des-enfants-par-letat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 16:25:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualite]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Russie. Les écoles sont devenues des « fabriques de la docilité », par le biais de l’endoctrinement et de la surveillance des enfants par l&#8217;État Les autorités russes privent les enfants du droit à une éducation de qualité, en utilisant des manuels et des cours saturés de propagande, dans le but d’endoctriner les élèves et [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/russie-les-ecoles-sont-devenues-des-fabriques-de-la-docilite-par-le-biais-de-lendoctrinement-et-de-la-surveillance-des-enfants-par-letat/">Russie. Les écoles sont devenues des « fabriques de la docilité », par le biais de l’endoctrinement et de la surveillance des enfants par l&rsquo;État</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Russie. Les écoles sont devenues des « fabriques de la docilité », par le biais de l’endoctrinement et de la surveillance des enfants par l&rsquo;État</h2>



<p>Les autorités russes privent les enfants du droit à une éducation de qualité, en utilisant des manuels et des cours saturés de propagande, dans le but d’endoctriner les élèves et de justifier la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, tout en réprimant la liberté d’expression, la réflexion indépendante et l’accès à l’information, a déclaré Amnesty International lundi 1er juin.</p>



<p>Une nouvelle synthèse, intitulée <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/EUR4609562026ENGLISH.pdf"><em><strong>“Only Official Sources”: Indoctrination in the Russian Educational System</strong></em></a>, décrit comment des enfants, à travers la Russie et les zones occupées par la Russie en Ukraine, sont soumis à une idéologie oppressive d’État au moyen d’un programme scolaire contrôlé de manière centralisée. Elle explique aussi que les enseignant·e·s sont chargés d’effectuer un suivi de leurs élèves en ligne, de compiler des fichiers contenant des informations sur leurs opinions, et de signaler aux autorités les points de vue dissidents sur des questions politiques et sociales.</p>



<p>« Jadis temples du savoir, les écoles russes sont en passe d’être converties en fabriques de la docilité. C’est l’État russe lui-même qui définit ce que les enfants doivent apprendre au sujet de la Russie, des pays voisins et du reste du monde. Si l’utilisation de l’école à des fins de propagande politique n’est pas spécifique à la Russie, l’intensité et l’ampleur des efforts déployés par le Kremlin afin de placer l’endoctrinement au cœur du système éducatif sont systémiques », a déclaré Marie Struthers, directrice pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale à Amnesty International.</p>



<p>« Les manuels scolaires russes présentent une vision univoque de l’histoire, qui justifie toutes les décisions de Moscou d’employer la force contre les nations voisines. Ils présentent les agressions russes contre l’Ukraine comme une nécessité historique et une question de survie nationale, tandis que toute opinion s’écartant de cette perspective est qualifiée d’ »hostile » ou de « destructrice » ».</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Une vision du monde, un enseignement uniforme</h4>



<p>Depuis 2023, le ministère russe de l&rsquo;Éducation a introduit une série unique de manuels d’histoire et de supports éducatifs obligatoires comparant la Russie à une « forteresse assiégée », niant ou minimisant l’identité et la souveraineté ukrainiennes, et présentant toutes les interventions militaires soviétiques et russes comme nécessaires ou légitimes.</p>



<p>L’éducation ne peut respecter le droit relatif aux droits humains et normes associées lorsqu&rsquo;elle est conçue pour priver les enfants de la possibilité de se forger une opinion propre et d’apprendre à réfléchir de manière indépendante et critique durant leurs années de formation. La démarche de la Russie est contraire à ses obligations en vertu d’un certain nombre de traités internationaux relatifs aux droits humains, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant, qui prévoit que l’éducation a pour objectif d’« [i]nculquer à l’enfant le respect des droits de l&rsquo;homme et des libertés fondamentales » et prépare les enfants à assumer les responsabilités de la vie au sein d’une société libre, dans un esprit « de compréhension, de paix, de tolérance, d&rsquo;égalité entre les sexes et d&rsquo;amitié entre tous les peuples ».</p>



<p>Les tentatives de la Russie de préparer une population étudiante à une obéissance inconditionnelle sont renforcées au moyen de la coercition, du suivi et du profilage.</p>



<p>« Les autorités russes introduisent des mesures dites de profilaktika, qui impliquent à la fois de répandre leur propagande et de soumettre les élèves à une surveillance clandestine constante, à l’école et en dehors, notamment en ligne. Si cela est accompli dans le but affiché de prévenir l’ »extrémisme », le « terrorisme » et les « idéologies destructrices », ces consignes encouragent dans les faits le passage au crible des opinions politiques, religieuses et personnelles de mineur·e·s », a déclaré Marie Struthers.</p>



<h4 class="wp-block-heading">De la protection à la surveillance</h4>



<p>Les écoles sont encouragées à identifier les élèves et les membres du personnel dont les opinions, l’activité en ligne et les associations illustrent leur déloyauté ou leur vulnérabilité face à des influences « destructrices » &#8211; dont la définition est si vague qu’elles incluent les groupes d’opposition pacifique et de la société civile. Figurent parmi elles la Fondation anticorruption d’Alexeï Navalny, mort en détention, le mouvement de protestation de jeunesse Vesna et le « mouvement international LGBT » &#8211; qui n’existe pas, puisqu’il s’agit d’une invention judiciaire employée pour criminaliser le militantisme en faveur des droits des personnes LGBTI -, qui ont tous été visés par des poursuites pour s’être seulement exprimés en faveur des droits humains.</p>



<p>Même afficher des formes d’opposition qui ne sont pas officiellement interdites en Russie, telles que le fait d’évoquer l’impact négatif sur le niveau de vie de la guerre en Ukraine, pourrait être perçu comme un signal d’alarme, à la suite duquel les élèves concernés sont considérés comme « à risque », leurs opinions sur la guerre, les « valeurs traditionnelles » et la politique gouvernementale étant alors enregistrées et transmises à l’administration scolaire, à la police ou aux services de sécurité.</p>



<p>« Les autorités russes ont montré qu’elles ne reculeront devant rien pour imposer leur discours profondément politisé et idéologique à la prochaine génération, et garantir que celles et ceux qui ne se plient pas à ces règles soient détectés et sanctionnés. Cela porte atteinte aux droits des enfants à la vie privée et à la liberté d’expression et d’association, sape la confiance à l’intérieur des établissements scolaires et prive les enfants de leur individualité », a déclaré Marie Struthers.</p>



<p>« L’esprit d’un enfant n’appartient pas à l’État. Il semble pourtant que les autorités russes traitent les classes comme un terreau que l’on doit inspecter afin de pouvoir détecter les jeunes pousses de l’opposition civique, et les arracher avant qu’elles ne se développent. »</p>



<p>Amnesty International demande aux autorités russes de veiller à ce que le programme scolaire, les manuels et les autres supports éducatifs n’étouffent pas, ni ne préviennent, la libre expression et le libre échange d’opinions, ne contiennent pas de désinformation, et ne compromettent pas le respect des droits humains. Les élèves et enseignant·e·s doivent se voir accorder l’accès à un large éventail de sources et être en mesure de parler librement d’histoire et de l’actualité sans craintes de représailles.</p>



<p>Les autorités doivent : abroger les lois et règlements qui punissent l’expression pacifique ou excluent les voix dissidentes de l’éducation ; faire cesser immédiatement la surveillance et le profilage illégaux d’élèves et d’enseignant·e·s ; détruire les données obtenues illégalement ; proposer des recours utiles et des réparations aux personnes affectées, et amener les responsables présumés de violations à rendre des comptes.</p>



<p>Amnesty International demande également à la communauté internationale : de soulever ces questions avec les autorités russes dans toutes les instances ; de soutenir le travail indépendant effectué par la société civile afin de combattre la propagande et la persécution dans l’enseignement ; d’aider les personnes victimes de telles persécutions, notamment en leur accordant des visas lorsque cela est nécessaire ; et de garantir que l’aide au développement ne soit pas utilisée pour perpétuer ces violations.</p>



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		<title>Monde. Les énormes pipelines de données qui alimentent les principaux systèmes d’IA générative reposent intrinsèquement sur des intrusions massives dans la vie privée</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/monde-les-enormes-pipelines-de-donnees-qui-alimentent-les-principaux-systemes-dia-generative-reposent-intrinsequement-sur-des-intrusions-massives-dans-la-vie-privee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 16:26:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Responsabilité des entreprises]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Monde. Les énormes pipelines de données qui alimentent les principaux systèmes d’IA générative reposent intrinsèquement sur des intrusions massives dans la vie privée Des entreprises extraient des quantités astronomiques de précieuses données en ligne en moissonnant illégalement le web pour élaborer leurs produits d’intelligence artificielle (IA) générative, ce d’une manière qui permet des intrusions massives [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Monde. Les énormes pipelines de données qui alimentent les principaux systèmes d’IA générative reposent intrinsèquement sur des intrusions massives dans la vie privée</h2>



<p>Des entreprises extraient des quantités astronomiques de précieuses données en ligne en moissonnant illégalement le web pour élaborer leurs produits d’intelligence artificielle (IA) générative, ce d’une manière qui permet des intrusions massives dans la vie privée, rendant ces systèmes illégaux par leur conception même, a déclaré Amnesty International dans un nouveau rapport ce jeudi 28 mai.</p>



<p>Ce rapport, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/POL-40_0996_2026-English.pdf"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Unlawful by Design: Exposing the Human Rights Costs of Generative AI</strong></em></span></a>, fait état des graves risques liés au moissonnage et au traitement de données à grande échelle qui servent à mettre au point et entraîner ces systèmes, notamment les atteintes au droit à la vie privée inhérentes à la conception des outils concernés et les conséquences négatives pour l’environnement et les populations marginalisées de longue date.</p>



<p>« Des entreprises du monde entier proposent des produits d’IA générative mais, derrière l’image d’efficacité et de modernité qui est mise en avant, ces systèmes perpétuent les intrusions massives dans la vie privée par le moissonnage illégal de données sur le web – processus automatisé qui consiste à extraire des données, y compris personnelles, à partir de sites Internet, notamment des images et des traces laissées par les activités sur les réseaux sociaux, pour entraîner les modèles d’IA, a déclaré Likhita Banerji, responsable de l’Algorithmic Accountability Lab (Laboratoire pour la reddition de comptes quant à l’utilisation des algorithmes).</p>



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<p>« Les pipelines de données d’extraction, les choix inhérents à la conception faits par les entreprises technologiques et les chaînes d’approvisionnement reposant sur l’exploitation qui servent à élaborer les systèmes d’IA générative ont permis la création d’un modèle de développement technologique qui s’accompagne d’un risque d’atteintes massives aux droits humains. »</p>



<p>Amnesty International a mené des recherches sur les modèles qui alimentent certains des outils autonomes d’IA générative les plus prisés du grand public, dont GPT 3 (OpenAI), Gemini (Google), Llam (Meta), DeepSeek et les outils mis au point par Midjourney et Stable Diffusion.</p>



<p>Ces systèmes reposent sur l’extraction d’informations issues de milliards de messages et d’images publics en ligne, souvent sans le consentement explicite des personnes qui apparaissent dans ces contenus ou en sont à l’origine. Non seulement cela porte intrinsèquement atteinte au droit à la vie privée mais, à mesure que les ensembles de données alimentant les modèles d’IA se développent, les contenus haineux et discriminatoires qui figurent dans leurs résultats s’en trouvent également amplifiés, de même que les stéréotypes et les préjugés négatifs, en particulier ceux fondés sur la race ou le genre.</p>



<p>Les biais liés à la race, au genre et à la culture sont des caractéristiques récurrentes des systèmes d’IA générative ; ils découlent du fait que les données d’entraînement sont extraites en grande partie du web et sont par conséquent polluées par les préjugés réels que subissent les populations marginalisées de longue date. En outre, les systèmes d’IA générative comportent des risques pour le droit à la liberté de pensée car ils sont capables d’influencer les opinions des utilisateurs·trices et de façonner leurs convictions personnelles au moyen de suggestions prédictives. Cela est d’autant plus vrai pour les modèles de grande ampleur, qui reposent sur un énorme volume de données d’entraînement.</p>



<p>« Ces choix ne sont pas une fatalité. Nous devons remettre en cause les choix de conception faits par les entreprises qui élaborent des systèmes d’IA générative à partir de données d’entraînement, notamment de données personnelles, qui sont extraites sans le consentement des personnes intéressées et à grande échelle, a déclaré Likhita Banerji.</p>



<p>« Il s’agit de l’une des pratiques les plus scandaleuses des entreprises d’IA qui agissent au mépris des droits humains, et ce problème doit être pris à bras-le-corps sans tarder. Il est encore possible d’impulser une autre trajectoire au développement technologique si les autorités prennent de toute urgence des mesures correctives. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Un coût environnemental élevé</h4>



<p>Le développement des entreprises d’IA générative s’amplifie et s’accélère, de même que les besoins en matière d’infrastructures et les coûts environnementaux qui en découlent.</p>



<p>Pour fonctionner, les modèles à grande échelle ont des besoins de traitement élevés qui nécessitent des puces à plus forte concentration d’énergie, des centres de données de plus grande envergure et, par conséquent, davantage d’énergie et d’eau. La production d’IA générative a souvent des conséquences néfastes pour les populations marginalisées de longue date étant donné que les terres et les ressources qui leur appartiennent sont exploitées pour construire des centres de données et satisfaire les besoins de traitement.</p>



<p>Le rapport sur la durabilité publié par l’entreprise Google elle-même en 2024 indiquait une hausse stupéfiante de 48 % de ses émissions de gaz à effet de serre depuis 2019, imputable aux centres de données et aux chaînes d’approvisionnement. De même, les émissions de Microsoft ont augmenté de 29 % entre 2020 et 2024 du fait des processus opérés par les centres de données à l’appui de l’IA.</p>



<p>L’utilisation intensive de ressources pour la production d’IA générative a amené plusieurs communautés, de Cerrillos (Chili) à Querétaro (Mexique), en passant par l’Arizona (États-Unis d’Amérique), à s’opposer à l’installation de centres de données dans des zones déjà gravement touchées par des sécheresses et des pénuries d’électricité.</p>



<p>Dans le cadre de son processus de recherche, Amnesty International a écrit à Google, OpenAI, Meta, Stability AI, Midjourney et DeepSeek pour que ces entreprises puissent exercer leur droit de réponse face aux conclusions du rapport de recherche, selon lequel leurs modèles reposent sur le moissonnage illégal de données en ligne, outre de nombreuses autres préoccupations quant aux droits humains.</p>



<p>Amnesty International a également écrit à Intel et VMware à propos des risques de discrimination et à Google, Microsoft et Amazon au sujet des préjudices environnementaux associés à leurs systèmes d’IA générative et aux infrastructures sur lesquelles ils s’appuient. Au moment de la publication du rapport, seuls Microsoft, Amazon, Intel, OpenAI et Meta avaient répondu à Amnesty International. Leurs réponses sont résumées dans le rapport.</p>



<p>Amnesty International appelle les États à interdire les systèmes autonomes d’IA générative dont la création repose sur le moissonnage illégal de données en ligne – activité qui consiste à collecter en bloc et à grande échelle des données d’entraînement sur Internet. Les entreprises doivent cesser sans délai de moissonner illégalement et sans le consentement des personnes concernées des données personnelles sur le web aux fins de l’entraînement de l’IA, et les États doivent amener les entreprises à répondre de leur participation à de quelconques atteintes aux droits humains liées à leurs choix de conception et leur modèle d’activité.</p>



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</div>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Le rapport fournit une analyse, sous l’angle des droits humains, des pipelines de données qui alimentent les produits d’IA générative, notamment les étapes de collecte, d’analyse et de traitement des données, qui sont cruciales pour le fonctionnement général de ces systèmes. Plus particulièrement, il décrit dans le détail les paramètres et les incidences des choix de conception liés aux données d’entraînement des modèles d’IA générative, en mettant l’accent sur les méthodes et les sources concernant la collecte et le traitement des données, la transposition du modèle à plus grande échelle et les résultats issus des données.</p>



<p>Amnesty International entend par outils autonomes d’IA générative les produits conçus, déployés et commercialisés exclusivement et spécifiquement dans l’optique de leurs capacités d’IA générative, comme les robots conversationnels, les générateurs d’image/de vidéo/d’audio/de texte, etc. Elle n’y inclut pas les suites de produits dans lesquelles l’IA générative n’est qu’une caractéristique ou une fonctionnalité additionnelle, telles que les logiciels de traitement de texte comprenant une option d’IA générative.</p>
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		<title>Sri Lanka. Les Malaiyaha Tamils employés dans les plantations de thé privées subissent de graves violations des droits du travail</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 16:35:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Responsabilité des entreprises]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sri Lanka. Les Malaiyaha Tamils employés dans les plantations de thé privées subissent de graves violations des droits du travail &#8211; Nouveau rapport Les Malaiyaha Tamils, ou membres de la communauté tamoule Malaiyaha, qui travaillent dans des plantations de thé privées et des petites exploitations au Sri Lanka sont victimes d’atteintes aux droits humains qui [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Sri Lanka. Les Malaiyaha Tamils employés dans les plantations de thé privées subissent de graves violations des droits du travail &#8211; Nouveau rapport</h2>



<p>Les Malaiyaha Tamils, ou membres de la communauté tamoule Malaiyaha, qui travaillent dans des plantations de thé privées et des petites exploitations au Sri Lanka sont victimes d’atteintes aux droits humains qui répondent à de nombreux critères de l’Organisation internationale du travail (OIT) relatifs au travail forcé, et n’ont pas accès aux protections strictes prévues par la législation sri lankaise du travail, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport.</p>



<p>Portant sur la terrible situation des travailleurs·euses dans la province du Sud au Sri Lanka, cette étude révèle que les membres de la communauté tamoule marginalisée Malaiyaha subissent de multiples formes de violations généralisées, notamment des actes d’intimidation et des menaces, des violences physiques et du harcèlement, la servitude pour dettes, des restrictions de la liberté de mouvement, ainsi que de mauvaises conditions de travail et de vie.</p>



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<p>Ce rapport met en évidence le fait que l’État, qui se montre incapable de remédier à ces violations des droits du travail, manque à son devoir de garantir aux travailleurs·euses les droits de bénéficier de la sécurité sociale, de se syndiquer et d’accéder à la justice. En tant que membre de l’OIT partie à 44 de ses conventions, ainsi qu’à des traités des Nations unies relatifs aux droits humains tels que le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), le Sri Lanka est tenu de veiller à ce que les travailleurs soient protégés contre la discrimination et les violations des droits du travail et des droits fondamentaux.</p>



<p>« Les plantations de thé privées au Sri Lanka violent systématiquement la législation relative au travail dans la façon dont elles traitent les Malaiyaha Tamils, sans avoir à rendre de comptes. Sur l’ensemble des sites visités, les travailleurs ont fait état d’une pratique récurrente marquée par les discriminations et les abus, notamment des violences, la servitude pour dettes, les salaires non payés et les mauvaises conditions de vie et de travail, ce qui laisse supposer une situation de travail forcé. La persistance de ces atteintes, malgré les garanties juridiques en vigueur, témoigne d&rsquo;un grave manquement de l&rsquo;État à son devoir de faire respecter la législation du travail et de garantir les droits des travailleurs, a déclaré Smriti Singh, directrice régionale pour l’Asie du Sud à Amnesty International.</p>



<p>« L&rsquo;obligation qui incombe au Sri Lanka d&rsquo;éradiquer le recours au travail forcé est sans équivoque, tant en vertu du droit national que du droit international, notamment en tant que membre de l&rsquo;OIT. Il faut sans délai accorder la priorité à l’inspection de ces plantations afin de déterminer l&rsquo;ampleur des violations des droits du travail, en vue de mener des enquêtes approfondies, d’intenter des poursuites à l&rsquo;encontre des responsables présumés et d’accorder des réparations aux victimes. »</p>



<p>Ce rapport s&rsquo;appuie sur des recherches menées entre janvier 2024 et janvier 2026. Amnesty International s&rsquo;est rendue dans 45 plantations des districts de Galle et de Matara, dans la province du Sud au Sri Lanka, et a mené 159 entretiens avec des travailleurs·euses, ainsi qu’avec deux propriétaires de plantations et trois responsables. Enfin, elle a organisé 15 groupes de discussion avec 65 travailleurs·euses.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Vives inquiétudes quant au recours au travail forcé et à d’autres atteintes aux droits humains</h4>



<p>Descendants de travailleurs amenés au Sri Lanka depuis le sud de l&rsquo;Inde par l’Empire britannique au début du XIXe siècle comme main d’œuvre dans les plantations de thé, les Tamouls Malaiyaha sont depuis longtemps victimes d&rsquo;une discrimination raciale et d&rsquo;une exclusion systémiques et structurelles, qui les exposent au travail forcé.</p>



<p>Aujourd’hui, ils dépendent fortement de leurs employeurs pour leurs moyens de subsistance, leur logement et leur santé, ce qui les empêche de dénoncer les mauvaises conditions de vie et de travail, ainsi que les violations du droit du travail.</p>



<p>Dans les 45 plantations visitées, ils ont déclaré qu’ils dépendent de leur employeur pour se loger et vivent dans la crainte d’une expulsion forcée.</p>



<p>Des employé·e·s de 15 plantations ont déclaré à Amnesty International avoir été victimes ou témoins de violences verbales ou physiques de la part des directeurs des domaines au motif qu’ils étaient arrivés en retard, s’étaient enquis de leurs salaires impayés ou autres.</p>



<p>L’un d’entre eux a déclaré : « Si vous ne travaillez pas [et n’atteignez pas les objectifs], ils ont tendance à vous frapper… Avec leurs mains et leurs jambes, et à coups de bâtons. Ils ont battu certaines personnes si violemment que c’était insoutenable. Et cela continue de se produire. »</p>



<p>D’après les recherches menées, les directeurs des domaines invoquent souvent des motifs fallacieux pour ne pas verser les salaires, en se basant fréquemment sur des objectifs irréalistes ; les travailleurs sont alors obligés de recourir à des avances sur salaire et à des prêts pour subvenir à leurs besoins fondamentaux, ce qui les plonge dans l’endettement.</p>



<p>Sur les 45 plantations visitées, 27 auraient exigé une récolte de plus de 25 kilos de thé par jour. Si ces objectifs irréalistes ne sont pas atteints, le modeste salaire ne dépassant parfois pas 1 000 roupies sri lankaises (2,50 euros) par jour est retenu ou retardé.</p>



<p>Un travailleur, Subramaniam, a déclaré : « Si nous ne terminons pas les tâches qui nous sont assignées, ils comptabilisent trois jours de travail comme un seul jour. Si nous terminons, ils nous paient 1 000 roupies sri lankaises (2,50 euros). »</p>



<p>De telles pratiques entraînent un cycle d&rsquo;endettement croissant vis-à-vis des propriétaires fonciers, qui peut s’apparenter à la servitude pour dettes &#8211; une forme de travail forcé qui se traduit parfois par le fait que les travailleurs sont liés à leurs employeurs de génération en génération.</p>



<p>Dans au moins 22 plantations, les travailleurs ont évoqué les restrictions de leur liberté de déplacement, notamment des couvre-feux et l&rsquo;obligation d&rsquo;obtenir une autorisation pour voyager. En outre, leurs conditions de vie ne répondent pas aux critères essentiels du droit à un logement convenable : absence de sécurité légale d’occupation, espace insuffisant et installations sanitaires inadéquates.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Absence de mesures de protection du travail</h4>



<p>À ces violations s’ajoutent le non-respect par l&rsquo;État des protections du travail inscrites dans la législation nationale, qui restent hors de portée des membres de la communauté tamoule Malaiyaha employés dans les plantations de thé.</p>



<p>Les employeurs des domaines privés et des petites propriétés les classent de manière abusive dans la catégorie des « travailleurs·euses journaliers », les privant ainsi de tous leurs droits juridiques relatifs au travail et des prestations sociales de base. Rares sont ceux qui bénéficient de prestations maternité, d’une retraite ou de congés maladie.</p>



<p>Les employé·e·s tamouls Malaiyaha rencontrent des difficultés pour accéder à la justice, notamment pour déposer des recours en cas d&rsquo;abus et de mauvaises conditions de travail : citons la barrière linguistique, les autorités publiques susceptibles de leur offrir une protection parlant rarement le tamoul Malaiyaha, le traitement discriminatoire de la part des fonctionnaires et l&rsquo;absence de papiers de travail. La représentation syndicale est souvent inexistante ou interdite par les employeurs : les domaines visités dans le cadre des recherches ne comptaient aucun syndicat en activité.</p>



<p>Ce rapport met également en évidence de graves lacunes au niveau des inspections du travail et de l&rsquo;application des normes d&#8217;emploi dans les plantations de thé des districts de Matara et de Galle.</p>



<p>« L&rsquo;exploitation des Malaiyaha Tamils est favorisée par une discrimination enracinée, une très forte marginalisation et une classification systématiquement erronée de leur statut, qui les prive de la protection de la loi, a déclaré Smriti Singh.</p>



<p>« Nous engageons les autorités sri lankaises à appliquer pleinement la loi, à lever les obstacles qui empêchent la communauté tamoule Malaiyaha d&rsquo;exercer ses droits, à renforcer la protection des travailleurs·euses et à mettre en œuvre l’obligation de rendre des comptes dans l&rsquo;ensemble des plantations de thé privées. »</p>



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