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	<title>Conflits armés Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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	<title>Conflits armés Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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		<title>Russie. Le recrutement d’étrangers pour combattre en Ukraine relève de la traite des êtres humains</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Sep 2026 14:54:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Russie. Le recrutement d’étrangers pour combattre en Ukraine relève de la traite des êtres humains La Russie a employé des pratiques trompeuses, coercitives et fondées sur l’exploitation, dans le but de recruter des étrangers pour qu’ils rejoignent ses forces armées, et de les envoyer combattre en Ukraine, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse rendue [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Russie. Le recrutement d’étrangers pour combattre en Ukraine relève de la traite des êtres humains</h2>



<p>La Russie a employé des pratiques trompeuses, coercitives et fondées sur l’exploitation, dans le but de recruter des étrangers pour qu’ils rejoignent ses forces armées, et de les envoyer combattre en Ukraine, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse rendue publique jeudi 10 septembre. Dans de nombreux cas, cela constitue une violation des droits humains et relève de la traite des personnes, qui reste étendue en Russie et dont la communauté internationale doit se préoccuper en urgence.</p>



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<p>Les recherches effectuées décrivent comment des recruteurs ont attiré sous des prétextes fallacieux au sein des forces armées russes des individus venant de l’étranger, et ont exploité la situation précaire de migrants et de réfugiés déjà présents en Russie. Les personnes prises pour cible sont majoritairement issues de pays à faible revenu du sud global.</p>



<p>« Les recherches effectuées par Amnesty montrent que l’armée russe renforce ses rangs avec des étrangers vulnérables sur le plan économique, et les utilise comme chair à canon dans la guerre d’agression contre l’Ukraine. Le niveau d’exploitation et de coercition que cela implique nous a amenés à conclure que dans de nombreux cas, cela relève de la traite des êtres humains, ainsi que la définit le Protocole de Palerme », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« S’appuyant sur des voies migratoires pré-existantes caractérisées par l’exploitation et des pratiques abusives à l’égard des migrant·e·s et des réfugié·e·s en Russie, des recruteurs ont établi un système de coercition, de fraude et de tromperie, notamment des promesses creuses faisant miroiter des emplois civils ou non-combattants, afin d’engager des étrangers dans l’armée. Une fois que les victimes ont signé les documents qu’on leur présente, souvent dans une langue qu’elles ne comprennent pas, des commandants militaires restreignent leurs mouvements, les déploient en première ligne avec une préparation minimale, et menacent ceux qui cherchent à s’en extraire. »</p>



<p>La synthèse s’appuie sur les témoignages de personnes originaires du Brésil, de Colombie, de Cuba, d’Égypte, de Sierra Leone, du Sri Lanka, de Somalie et d’Afrique du Sud, recueillis dans deux camps ukrainiens de prisonniers de guerre entre 2024 et 2026, et sur des conversations avec des étrangers servant actuellement au sein des forces russes, ainsi que des membres de leur famille, des avocat·e·s, des défenseur·e·s des droits humains et des journalistes.</p>



<p>Parmi leurs principaux outils pour recruter des étrangers, les autorités russes ont tiré parti de la situation irrégulière de personnes restées sur le territoire au-delà de la durée de leur visa de travail, ainsi que de la situation précaire d’étrangers accusés d’infractions pénales, leur présentant un engagement au sein de l’armée comme une solution préférable à une arrestation et une expulsion.</p>



<p>Amnesty International a recueilli les propos de deux Sri-Lankais recrutés après avoir dépassé la durée de leur visa de travail, ainsi que de personnes originaires de Cuba et d’Égypte, incarcérées pour détention présumée de stupéfiants, qui se sont vu proposer la possibilité de signer des contrats militaires au lieu de purger ou terminer leur peine de prison. L’organisation a également reçu le témoignage d’un réfugié originaire d’Afrique centrale qui a été placé en détention après l’expiration de son statut de protection temporaire, et qui a été menacé d’expulsion à moins qu’il ne s’engage au sein des forces armées de la Russie.</p>



<p>Passer sous silence ou présenter sous un faux jour les risques encourus et la nature spécifique du travail proposé est devenu un élément clé du recrutement de migrants par l’armée russe. Le service militaire est généralement présenté comme une fonction de soutien non-combattante, comme le fait de travailler dans une cantine militaire ou comme chauffeur loin de la première ligne des combats. Les deux Sri-Lankais interrogés ont déclaré qu’on leur avait fait croire qu’ils travailleraient comme cuisiniers, mais ont en fait été envoyés se battre en première ligne. Ils ont été capturés au bout de quelques semaines par les forces ukrainiennes. « L’ampleur des combats est inimaginable. On ne voit pas de soldats ukrainiens, seulement des drones. Des drones partout », a dit l’un d’eux. « Jamais je n’y retournerais. »</p>



<p>Des agents locaux et des offres d’emploi trompeuses sur Internet ont joué un rôle central dans le système visant à duper des étrangers au sein même de leur pays. Des personnes originaires du Brésil, de Colombie, de Sierra Leone, de Somalie, d’Afrique du Sud et du Sri Lanka, recrutées hors de Russie, ont déclaré qu’on leur avait fait de fausses promesses d’emplois civils dans les secteurs de la sécurité, de la logistique, de la construction, de l’informatique, entre autres, souvent avec l’assurance qu’elles percevraient des salaires élevés et bénéficieraient d’une procédure accélérée d’obtention de la nationalité russe &#8211; pour se retrouver finalement engagées de manière frauduleuse dans les forces armées à leur arrivée.</p>



<p>Un Sud-Africain qui avait postulé en ligne pour un emploi de chauffeur en Pologne a reçu de la part d’un agent sur WhatsApp des instructions lui demandant de prendre un vol pour Moscou afin d’aller récupérer un camion qu’il devait ensuite conduire jusqu’en Pologne, a déclaré son épouse à Amnesty International. « À son arrivée à Moscou, on lui a tout pris [&#8230;] On lui a dit qu’il n’irait pas en Pologne et qu’il allait devenir soldat. »</p>



<p>De nombreuses recrues ont reçu des promesses de salaires lucratifs et de bonus d’embauche qui ne se sont pas concrétisées. Si certaines ont perçu des paiements partiels avant d’être capturées, beaucoup ont indiqué n’avoir rien reçu du tout. Au-delà de la rémunération, toutes les personnes interrogées ont dit avoir été particulièrement motivées par les promesses concernant les procédures d’obtention de la nationalité russe.</p>



<p>Toutes ont signalé que leur liberté de mouvement avait fait l’objet de lourdes restrictions après qu’elles ont signé les contrats militaires. Des recrues venues du Brésil et du Sri Lanka ont déclaré que leurs passeports et téléphones portables leur ont été confisqués durant leur entraînement ou avant leur déploiement en première ligne. D’autres ont signalé qu’elles ne pouvaient pas quitter les centres où elles ont été conduites après la signature des papiers, et que les divers trajets s’effectuaient dans le secret et de manière strictement contrôlée.</p>



<p>Pedro, un informaticien brésilien, recruté après avoir signé ce qu’il pensait être un contrat pour un emploi bien rémunéré dans le domaine de la technologie en Russie, a déclaré qu’il avait dit à son commandant qu’il voulait partir, mais que celui-ci lui avait répondu : « Si vous essayez de vous enfuir, soit vous irez en prison soit nous vous tuerons. »</p>



<p>Le manque d’expérience militaire semble ne constituer aucun obstacle au recrutement, et la plupart des engagés sont déployés dans des zones de combat actif au bout d’à peine deux semaines d’entraînement. Un grand nombre ont signalé un manque de préparation, des équipements insuffisants, et une communication limitée avec les commandants en raison de la barrière de la langue. Cela suggère que le recrutement d’étrangers est nourri par la volonté des troupes russes d’augmenter le nombre de soldats en première ligne, sans guère se soucier de leur aptitude au combat et en affichant un mépris manifeste pour la vie humaine.</p>



<p>Les pratiques recensées dans le cadre de ces recherches suscitent de graves inquiétudes, tant la Russie a bafoué ses obligations en vertu du droit international, notamment en se livrant semble-t-il à la traite des êtres humains, et en s’abstenant : de poursuivre et combattre cette traite ; de mener des enquêtes efficaces dans les meilleurs délais sur tous les signalements de crimes et de violations graves des droits humains ; d‘identifier et de protéger les victimes et les rescapés ; et d’obliger les personnes soupçonnées d’être responsables ou complices de telles pratiques à rendre des comptes.</p>



<p>Amnesty International demande à la Russie de mettre immédiatement fin à toutes les pratiques abusives impliquant le recrutement militaire d’étrangers, et au traitement qui leur est réservé dans des camps d’entraînement et en première ligne des combats. Cela inclut : le fait de les recruter en usant de moyens coercitifs, de déclarations trompeuses et de campagnes de désinformation ; l’exploitation de vulnérabilités &#8211; sur les plans économique, juridique ou autre &#8211; d’étrangers en Russie et de personnes issues de communautés défavorisées dans le reste du monde ; et la restriction de leurs mouvements une fois en Russie ou sur les territoires ukrainiens occupés par la Russie.</p>



<p>Les États dont des ressortissants sont en danger ou ont été affectés par ce genre de pratiques devraient prendre des mesures préventives de protection, notamment en diffusant publiquement des mises en garde claires et des consignes sur les risques relatifs à des programmes de recrutement trompeurs ou frauduleux pour des emplois en Russie ou dans un pays tiers. Ils doivent aussi prendre des mesures concrètes, au niveau national, régional et mondial pour éradiquer la traite des êtres humains, et exiger que les responsables présumés rendent des comptes, et que les personnes victimes de coercition, d’exploitation ou de violations bénéficient de recours utiles.</p>



<p>La synthèse contient aussi une série d’appels aux autorités ukrainiennes, notamment concernant les ressortissants de pays tiers détenus comme prisonniers de guerre.</p>



<p>« Les souffrances humaines causées par la traite d’étrangers à laquelle se livrent la Russie ou ceux qu’elle habilite ou encourage, ne sont pas limitées au combat en première ligne en Ukraine. Ces réseaux de recrutement ont une vaste portée, et s’étendent jusqu’à des communautés vulnérables à travers le monde, laissant dans leur sillage exploitation, deuils et souffrances, bien au-delà de l’Ukraine ravagée par la guerre », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Si la Russie refuse de mettre fin à la traite des personnes et continue à exploiter des populations vulnérables dans le monde, d’autres États doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faire cesser ce crime. Les responsabilités de toutes les personnes directement impliquées et de tous les complices présumés doivent être pleinement établies, qu’il s’agisse de recruteurs ou d’intermédiaires, de fonctionnaires ou de commandants militaires. Lorsqu’un cas de traite est avéré, les victimes et les rescapés doivent être identifiés et pris en charge en temps que tels, et tous les éléments de preuve disponibles doivent être recueillis et préservés afin que les responsables présumés puissent être poursuivis. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Contexte</h4>



<p>En mai 2025, les autorités russes ont officiellement déclaré la présence d’Amnesty International illégale en Russie et criminalisé ses activités sur place, et lui ont refusé la possibilité de recueillir ouvertement des informations en Russie ou auprès de la Russie. Cela a empêché l’organisation d’enquêter librement sur les témoignages de personnes qui, selon les médias contrôlés par le gouvernement russe, ont affirmé que des recruteurs ukrainiens ont également essayé d’engager des étrangers par des moyens trompeurs ou cherchant à exploiter une situation vulnérable.</p>
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		<title>États-Unis/Israël/Iran. Une enquête sur les frappes américano-israéliennes contre des quartiers de Téhéran révèle les dommages dévastateurs causés à la population civile</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 11:07:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>États-Unis/Israël/Iran. Une enquête sur les frappes américano-israéliennes contre des quartiers de Téhéran révèle les dommages dévastateurs causés à la population civile Les attaques meurtrières menées en mars 2026 par la coalition américano-israélienne contre des secteurs densément peuplés de Téhéran, qui ont tué et blessé des dizaines de civil·e·s, doivent de toute urgence faire l’objet d’une [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">États-Unis/Israël/Iran. Une enquête sur les frappes américano-israéliennes contre des quartiers de Téhéran révèle les dommages dévastateurs causés à la population civile</h2>



<p>Les attaques meurtrières menées en mars 2026 par la coalition américano-israélienne contre des secteurs densément peuplés de Téhéran, qui ont tué et blessé des dizaines de civil·e·s, doivent de toute urgence faire l’objet d’une enquête indépendante et impartiale afin de savoir si elles constituent des crimes de guerre, déclare Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public le 8 septembre. L’organisation appelle au respect de l’obligation de rendre des comptes et demande que des réparations soient octroyées pour les éventuelles attaques aveugles menées en violation du droit international humanitaire, alors que les hostilités continuent de s’intensifier entre les États-Unis et l’Iran.&nbsp;</p>



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<p>La récente escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran – des informations font état de victimes civiles causées par une attaque meurtrière menée par les États-Unis qui a frappé une fête de mariage dans la province d’Hormozgan, le 1<sup>er </sup>septembre 2026, et par les attaques de représailles lancées par l’Iran contre la Jordanie, le Koweït, l’Irak et Bahreïn – montre que dans toute la région la situation reste très dangereuse pour la population civile.&nbsp;</p>



<p>L’enquête menée par l’organisation sur les frappes aériennes qui ont touché les quartiers de Niloufar, Resalat et Javadieh, à Téhéran, entre le 1<sup>er</sup> et le 13 mars 2026 a permis de réunir des éléments prouvant l’utilisation d’armes explosives à large rayon d’action dans des zones densément peuplées, qui ont tué et blessé des civil·e·s et gravement endommagé des habitations, des commerces et d’autres bâtiments civils.&nbsp;</p>



<p>À Resalat, des frappes aériennes ont détruit ou endommagé des locaux appartenant à l’un des bataillons de <em>bassidjis</em> du Corps des gardiens de la révolution islamique et trois bâtiments voisins – dont un, au moins, était un immeuble résidentiel –, tuant 16 personnes parmi la population civile. À Niloufar et à Javadieh, au moins 25 civil·e·s ont été tués lors de frappes aériennes qui ont détruit ou endommagé des postes de police et aussi considérablement endommagé des habitations et d’autres structures civiles situées à proximité.&nbsp;</p>



<p>Les membres de la police sont généralement considérés comme des civils au regard du droit international humanitaire, à moins qu’ils ne soient intégrés dans les forces armées ou qu’ils ne participent directement aux hostilités. En Iran, comme la police fait partie des forces armées, les postes de police peuvent donc être considérés comme des objectifs militaires. Les États-Unis et Israël ont annoncé en mars 2026 des frappes contre des cibles du « régime » à Téhéran, mais aucun des deux pays n’a confirmé avoir mené ces trois attaques.&nbsp;</p>



<p>« Les éléments de preuve disponibles à Téhéran suggèrent une série de frappes menées au moyen d’armes explosives à large rayon d’action contre des installations liées à la sécurité situées dans des zones urbaines densément peuplées, avec des conséquences dévastatrices pour la population civile qui étaient tout à fait prévisibles. Le nombre de victimes civiles, l’ampleur des destructions, le moment choisi pour les attaques, leur impact sur les structures civiles voisines et l’absence d’avertissement préalable efficace montrent que la coalition américano-israélienne a de façon alarmante manqué à son obligation de prendre toutes les précautions possibles pour minimiser les dommages causés aux civil·e·s et épargner les biens de caractère civil, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.&nbsp;</p>



<p>« Les frappes américano-israéliennes à Téhéran, sur lesquelles Amnesty International a enquêté, pourraient constituer des attaques aveugles et être constitutives de crimes de guerre. Elles doivent faire l’objet d’enquêtes indépendantes, impartiales, efficaces et transparentes.&nbsp;</p>



<p>« Alors que les frappes américaines reprennent en Iran et que le président américain Donald Trump menace à nouveau de cibler des infrastructures civiles, il est impératif que les États-Unis et Israël mettent fin à toutes les attaques illégales et respectent strictement le droit international humanitaire, notamment en prenant toutes les précautions possibles pour éviter, et en tout état de cause réduire au minimum, les pertes accidentelles en vies humaines parmi la population civile, les blessures causées à des civil·e·s et les dommages occasionnés à des biens de caractère civil, lors de la planification et de l’exécution des opérations militaires. Les mêmes obligations au titre du droit international s’appliquent à l’Iran lorsqu’il mène des attaques de représailles, notamment contre des États du Golfe. »&nbsp;</p>



<p> Amnesty International réitère ses appels en faveur d’un <a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2026/04/middle-east-world-leaders-must-centre-protection-of-civilians-and-agree-an-enduring-and-sustainable-ceasefire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cessez-le-feu durable</a>, d’enquêtes sur les attaques illégales menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran en violation de la Charte des Nations unies ainsi que sur toutes les violations du droit international humanitaire, et du respect de l’obligation de rendre des comptes pour ces agissements.&nbsp;</p>



<p>L’organisation appelle également les États-Unis, Israël et l’Iran à inviter la Commission internationale humanitaire d’établissement des faits à mener des enquêtes sur les allégations de violations graves du droit international humanitaire commises par toutes les parties, notamment sur les attaques contre des infrastructures énergétiques ; elle exhorte par ailleurs le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale des Nations unies à envisager toutes les voies possibles pour instaurer et garantir la paix, ainsi que la sécurité et la justice concernant toutes les attaques illégales perpétrées en Iran.&nbsp;</p>



<p>Amnesty International a analysé des images satellite et vérifié 60 vidéos publiées en ligne qui concernent ces trois attaques. L’organisation a également examiné les déclarations publiques officielles des autorités iraniennes, israéliennes et américaines, et mené des entretiens avec deux personnes en Iran. Des pseudonymes sont utilisés pour protéger la sécurité de ces personnes. Amnesty International a écrit aux autorités israéliennes et américaines le 17 juillet 2026, et aux autorités iraniennes le 31 juillet 2026. Aucune réponse n’avait été reçue à la date de publication de notre document.&nbsp;</p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Frappes aériennes à Niloufar</strong> </h4>



<p>Au moins <a href="https://x.com/IRIMFA/status/2029539241298911375?s=20" target="_blank" rel="noreferrer noopener">20 civil·e·s</a> ont été tués lors de l’attaque du 1<sup>er </sup>mars 2026 qui a frappé la place Niloufar dans le centre de Téhéran, selon les informations obtenues par Amnesty International sur la base des récits de témoins directs, d’informations parues dans les médias et de déclarations de responsables iraniens. L’attaque a eu lieu vers 21 heures, alors que les restaurants et les cafés étaient ouverts et que la présence de civil·e·s était prévisible.&nbsp;</p>



<p>Les éléments de preuve recueillis indiquent que l’attaque a directement touché et détruit le poste de police 104 d’Abbas Abad (Kalantari 104), situé rue Eshghiyar, sur la place Niloufar.&nbsp;</p>



<p>Des vidéos vérifiées montrent que l’explosion a détruit le poste de police et gravement endommagé des <a href="https://t.me/VahidOnline/71257" target="_blank" rel="noreferrer noopener">immeubles d’habitation</a>, des <a href="https://t.me/irna_1313/392054" target="_blank" rel="noreferrer noopener">commerces</a> et d’autres structures civiles situés jusqu’à une centaine de mètres de cet endroit. Un journaliste qui s’est rendu sur place a déclaré que les destructions s’étendaient bien au-delà du poste de police, rendant plusieurs immeubles d’habitation inhabitables et tuant des civil·e·s, dont un père et son fils qui travaillaient dans une boulangerie voisine.&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-center"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="580" height="287" src="blob:https://www.amnesty.lu/2a2423de-9073-44ca-b1fb-4813e43da1b5"></p>



<p class="has-x-small-font-size"><em>L&rsquo;image satellite du 1<sup>er </sup>mars 2026 (à gauche) montre le bâtiment du poste de police. L&rsquo;image du 6 mars 2026 (à droite) montre que le bâtiment a été détruit. Le cercle jaune attire l’attention sur les zones de dégâts et de destruction visibles sur l&rsquo;image, qui s&rsquo;étendent au-delà du bâtiment du poste de police. ©Planet Labs PBC</em> </p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Frappes aériennes à Resalat</strong> </h4>



<p>Au moins <a href="https://web.archive.org/web/20260527012823/https:/www.tasnimnews.ir/fa/news/1405/03/05/3600916/%D9%85%D8%B1%D9%87%D9%85%DB%8C-%D8%A8%D8%B1-%D8%AF%D9%84%D8%AA%D9%86%DA%AF%DB%8C-%D8%AE%D8%A7%D9%86%D9%88%D8%A7%D8%AF%D9%87-%D8%B4%D9%87%D8%AF%D8%A7%DB%8C-%D9%BE%D9%84%D8%A7%DA%A9-12-%D8%B1%D9%88%D8%A7%DB%8C%D8%AA%DB%8C-%D8%A7%D8%B2-%D8%AE%D8%A7%D9%86%D9%88%D8%A7%D8%AF%D9%87-%D8%B4%D9%87%DB%8C%D8%AF%D8%A7%D9%86-%D9%85%DB%8C%D8%B1%D8%B2%D8%A7%DB%8C%DB%8C" target="_blank" rel="noreferrer noopener">16 civil·e·s</a> ont été tués et des dizaines d’autres blessés lors d’une attaque qui a touché le quartier densément peuplé de Resalat, dans l’est de Téhéran, vers 14 h 30, heure locale, le 9 mars 2026, selon les informations obtenues par Amnesty International sur la base de sources ouvertes, des récits de témoins directs, d’informations parues dans les médias d’État, et de déclarations de responsables iraniens et du Croissant-Rouge iranien.&nbsp;</p>



<p>D’après les recherches menées par Amnesty International, l’attaque a directement frappé des locaux appartenant à un bataillon de <em>bassidjis</em> du Corps des gardiens de la révolution islamique.&nbsp;</p>



<p>Amnesty International n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante le nombre exact de frappes ni la nature de tous les bâtiments touchés à Resalat, mais les images satellite analysées par l’organisation montrent quatre bâtiments distincts ayant subi des dégâts importants et des destructions bien visibles, dont un immeuble résidentiel appelé « Numéro 12 » <em>(Pelak-e 12).</em> Un témoin oculaire a déclaré à Amnesty International qu’au moins 13 civil·e·s se trouvant dans l’immeuble résidentiel Numéro 12 avaient été tués, dont le concierge de l’immeuble et 12 membres d’une même famille.&nbsp;</p>



<p>Les éléments de preuve rassemblés par Amnesty International, notamment des images satellite, des vidéos et des témoignages, indiquent que l’immeuble Numéro 12 a probablement été frappé séparément par rapport aux locaux des <em>bassidjis</em>.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><div style="position:relative"><img decoding="async" width="876" height="538" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image.png" alt="" class="aiic-ignore wp-image-36991" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image.png 876w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-300x184.png 300w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-768x472.png 768w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-734x451.png 734w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-117x72.png 117w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-234x144.png 234w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-60x37.png 60w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-120x74.png 120w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-200x123.png 200w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-400x246.png 400w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-260x160.png 260w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-520x319.png 520w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-325x200.png 325w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-650x399.png 650w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-600x368.png 600w" sizes="(max-width: 876px) 100vw, 876px" /></div></figure>



<p class="has-x-small-font-size"><em>Une image satellite du 6 mars 2026 (à gauche) montre les locaux des </em>bassidjis<em>et les bâtiments voisins, dans le quartier de Resalat. L’image du 21 mars 2026 (à droite) montre quatre bâtiments distincts ayant subi d’importants dégâts et des destructions. © 2026 Planet Labs PBC</em> </p>



<h4 class="wp-block-heading"><strong>Frappes aériennes à Javadieh</strong> </h4>



<p>Au moins <a href="https://khabarfarsi.com/u/242515633" target="_blank" rel="noreferrer noopener">cinq civil·e·s</a>, membres d’une même famille, ont été tués et des <a href="https://www.mehrnews.com/news/6841610" target="_blank" rel="noreferrer noopener">dizaines d’autres blessés</a> lors d’une attaque ayant frappé le quartier densément peuplé de Javadieh, dans le sud de Téhéran, vers midi le 13 mars 2026, selon les informations recueillies par Amnesty International à partir d’articles parus dans des médias d’État et de déclarations de responsables iraniens.&nbsp;</p>



<p>Des images satellite prises entre le 11 et le 14 mars 2026 et des preuves audiovisuelles montrent que l’attaque a en partie détruit le poste de police n° 117 (Kalantari 117) rue Ghorbani, ainsi que des bâtiments voisins.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><div style="position:relative"><img decoding="async" width="876" height="538" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image.png" alt="" class="aiic-ignore wp-image-36993" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image.png 876w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-300x184.png 300w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-768x472.png 768w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-734x451.png 734w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-117x72.png 117w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-234x144.png 234w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-60x37.png 60w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-120x74.png 120w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-200x123.png 200w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-400x246.png 400w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-260x160.png 260w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-520x319.png 520w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-325x200.png 325w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-650x399.png 650w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-600x368.png 600w" sizes="(max-width: 876px) 100vw, 876px" /></div></figure>



<p class="has-x-small-font-size"><em>L&rsquo;image satellite du 5 juin 2025 (à gauche) montre l&rsquo;entrée du poste de police et ses environs. L&rsquo;image du 5 avril 2026 montre la zone de destruction, mise en évidence par un cercle jaune (au centre). L’image du 10 mai 2026 (à droite) montre les zones qui ont été déblayées, indiquées en rouge, au-delà de la zone massivement détruite, ce qui incite à penser que d&rsquo;autres bâtiments ont été fortement touchés et que leurs décombres ont été enlevés lors des opérations de déblayage. © Planet Labs PBC</em>&nbsp;</p>



<p>Des <a href="https://t.me/SharghDaily/149450" target="_blank" rel="noreferrer noopener">vidéos vérifiées montrent</a> que le souffle de l’explosion s’est étendu sur plus de 50 mètres et a <a href="https://t.me/snntv/455145" target="_blank" rel="noreferrer noopener">gravement endommagé</a> des <a href="https://www.mehrnews.com/news/6785364/%D8%B1%D9%88%D8%A7%DB%8C%D8%AA%DB%8C-%D9%85%D8%B3%D8%AA%D9%86%D8%AF-%D8%A7%D8%B2-%D8%A8%D9%85%D8%A8%D8%A7%D8%B1%D8%A7%D9%86-%D9%85%D8%AD%D9%84%D9%87-%D8%AC%D9%88%D8%A7%D8%AF%DB%8C%D9%87-%D8%AA%D9%87%D8%B1%D8%A7%D9%86-%D8%AA%D9%88%D8%B3%D8%B7-%D8%AF%D8%B4%D9%85%D9%86-%D8%B5%D9%87%DB%8C%D9%88%D9%86%DB%8C-%D8%A2%D9%85%D8%B1%DB%8C%DA%A9%D8%A7%DB%8C%DB%8C" target="_blank" rel="noreferrer noopener">bâtiments résidentiels</a> et commerciaux du voisinage. Une <a href="https://t.me/mehrnews/360344" target="_blank" rel="noreferrer noopener">vidéo</a> vérifiée montre des secouristes et des équipes d’intervention mener des opérations de sauvetage. Les spécialistes de l’armement à Amnesty International ont analysé une photographie publiée par les médias d’État montrant des personnes debout autour de deux pièces de métal cylindriques de couleur sombre se trouvant sur le sol, et ont trouvé que ces objets correspondent à un composant d’une munition JDAM (Joint Direct Attack Munition), plus précisément à la partie abritant l’unité de guidage GPS. Les kits JDAM sont fabriqués aux États-Unis et sont connus pour être utilisés par les forces américaines et aussi israéliennes.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><div style="position:relative"><img decoding="async" width="876" height="538" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image.png" alt="" class="aiic-ignore wp-image-36992" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image.png 876w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-300x184.png 300w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-768x472.png 768w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-734x451.png 734w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-117x72.png 117w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-234x144.png 234w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-60x37.png 60w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-120x74.png 120w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-200x123.png 200w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-400x246.png 400w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-260x160.png 260w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-520x319.png 520w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-325x200.png 325w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-650x399.png 650w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/image-600x368.png 600w" sizes="(max-width: 876px) 100vw, 876px" /></div></figure>



<p class="has-x-small-font-size"><em>Composants d’une munition JDAM (Joint Direct Attack Munition) trouvés à Javadieh, selon les médias d&rsquo;État iraniens.© Farsnews </em> </p>



<div style="height:17px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



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</div>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d&rsquo;information</h4>



<p>Le 28 février, les États-Unis et Israël <a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2026/03/urgent-call-to-protect-civilians-and-respect-international-law-amid-escalating-regional-conflict-following-us-and-israeli-attacks-on-iran/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ont lancé une opération militaire conjointe en Iran</a>, et ont depuis mené des dizaines de milliers de frappes dans le pays. Ces frappes ont tué au moins 1 469 civil·e·s en Iran, notamment des centaines d’enfants, entre le 28 février 2026 et le 24 juillet 2026, selon les chiffres officiels.&nbsp;</p>



<p>Les autorités iraniennes ont lancé des attaques en représailles dans toute la région. Les attaques iraniennes ont jusqu’à présent causé la mort d’au moins 21 civil·e·s en Israël et quatre en Cisjordanie occupée ; et au moins 29 ont été tués dans des pays du Conseil de coopération du Golfe. Amnesty International a constaté que certaines des attaques menées par les autorités de la République islamique étaient illégales, notamment une attaque qui a tué neuf civil·e·s à <a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2026/03/israel-irans-missile-strike-that-killed-nine-civilians-must-be-investigated-as-a-war-crime-new-investigation/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Beit Shemesh</a>, en Israël, et une attaque contre un <a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2026/03/israel-irans-missile-strike-that-killed-nine-civilians-must-be-investigated-as-a-war-crime-new-investigation/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">camp de travailleurs migrants</a> en Arabie saoudite qui a fait quatre victimes civiles. Israël a également intensifié ses attaques contre le Liban, en réaction à des attaques du Hezbollah, faisant au moins 4 333 morts au Liban depuis le 2 mars 2026.&nbsp;</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/etats-unis-israel-iran-une-enquete-sur-les-frappes-americano-israeliennes-contre-des-quartiers-de-teheran-revele-les-dommages-devastateurs-causes-a-la-population-civile/">États-Unis/Israël/Iran. Une enquête sur les frappes américano-israéliennes contre des quartiers de Téhéran révèle les dommages dévastateurs causés à la population civile</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Inde. La poursuite des exportations d’armes vers Israël entraîne un risque de complicité dans le génocide en cours à Gaza</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/inde-la-poursuite-des-exportations-darmes-vers-israel-entraine-un-risque-de-complicite-dans-le-genocide-en-cours-a-gaza/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jul 2026 03:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=36779</guid>

					<description><![CDATA[<p>Inde. La poursuite des exportations d’armes vers Israël entraîne un risque de complicité dans le génocide en cours à Gaza L’Inde a continué de livrer des armes à Israël malgré le risque substantiel que ce pays les utilise dans son génocide en cours contre la population palestinienne de la bande de Gaza occupée, a déclaré [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/inde-la-poursuite-des-exportations-darmes-vers-israel-entraine-un-risque-de-complicite-dans-le-genocide-en-cours-a-gaza/">Inde. La poursuite des exportations d’armes vers Israël entraîne un risque de complicité dans le génocide en cours à Gaza</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Inde. La poursuite des exportations d’armes vers Israël entraîne un risque de complicité dans le génocide en cours à Gaza</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>Des munitions, des pièces détachées et des accessoires ont été vendus aux forces israéliennes.</em></li>



<li><em>Au moins 2 596 cargaisons d’armes ont été exportées vers Israël depuis le 7 octobre 2023.</em></li>



<li><em>Amnesty International a identifié des entreprises concernées qui sont directement détenues ou contrôlées par l’État indien.</em></li>
</ul>



<p>L’Inde a continué de livrer des armes à Israël malgré le risque substantiel que ce pays les utilise dans son génocide en cours contre la population palestinienne de la bande de Gaza occupée, a déclaré Amnesty International dans un nouveau rapport.</p>



<p>Intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/ASA2013272026EN.pdf"><strong>Made in India: The Supply of Weapons and Ammunition to Israel</strong></a>, ce rapport montre que le gouvernement indien a établi un partenariat étroit et rentable avec le secteur de la défense israélien et est devenu un fournisseur important de la chaîne d’approvisionnement qui soutient les opérations militaires d’Israël.</p>



<p>S’appuyant sur les données relatives aux expéditions de marchandises entre l’Inde et Israël, ce rapport révèle que des armes, des munitions, des pièces détachées et des composants indiens ont été expédiés à de grandes entreprises israéliennes qui fournissent l’armée d’Israël. Le rapport établit également que des entreprises directement détenues ou contrôlées par l’État indien sont impliquées dans ce commerce.</p>



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</div>



<p>« Nos recherches révèlent un soutien constant de l’Inde à l’armée et au secteur de la défense israéliens malgré le génocide à Gaza, dont il est pourtant question presque quotidiennement dans les médias du monde entier depuis des années, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« L’Inde fabrique et fournit des armes transférées à Israël par le biais des grandes entreprises fournisseuses qu’elle détient et contrôle. Non seulement elle ne réglemente pas les exportations d’armes vers Israël réalisées par des entreprises privées comme le lui imposent le droit international et les normes internationales, mais en outre elle a renforcé son partenariat de défense avec Israël.</p>



<p>« Compte tenu des mesures conservatoires prises par la Cour internationale de justice, qui reconnaissent un risque plausible de génocide contre les Palestinien·ne·s de Gaza, les autorités indiennes ne peuvent pas affirmer de façon crédible qu’elles ne savaient pas que, si elles continuaient d’autoriser et de faciliter les transferts d’armes vers Israël, elles risquaient fortement de contribuer à de graves violations du droit international. Tandis que l’armée israélienne répandait la mort et la destruction à Gaza, infligeant de vastes souffrances à la population palestinienne, les entreprises indiennes ont continué de faire du profit en livrant des composants et des munitions destinés au secteur de la défense israélien.</p>



<p>« Le gouvernement indien doit cesser immédiatement d’autoriser les exportations d’armes, de munitions et de pièces détachées vers Israël. Il doit aussi veiller à ce que les entreprises placées sous son contrôle ne contribuent pas à des crimes de droit international. Toutes les entreprises ont la responsabilité de respecter les droits humains dans le cadre de leurs activités partout dans le monde, ce qui implique notamment qu’elles doivent prendre dès le départ des mesures préventives fermes pour s’assurer que leurs produits ne soient pas utilisés pour commettre de graves violations du droit international. Ces mesures doivent être proportionnées au niveau de risque. »</p>



<p>L’équipe de recherche d’Amnesty International a analysé 2 596 cargaisons d’armes, de munitions, de pièces et de composants expédiées de l’Inde vers Israël depuis le 7 octobre 2023. Les registres indiquent que les entreprises indiennes ont fourni au moins 390 516 pièces détachées d’armes de petit calibre de type militaire, 564 970 composants d’engins explosifs (tels que des ogives pour drones, des douilles d’obus, etc.) et 298 composants de véhicules militaires à de grandes entreprises israéliennes qui fournissent directement l’armée d’Israël.</p>



<p>Amnesty International a systématiquement exclu les données sur les cargaisons pouvant être destinées à un usage civil. Elle a aussi exclu les armes, pièces et munitions susceptibles d’être utilisées pour des technologies de défense antimissile, qui servent souvent à protéger la population civile des attaques menées sans discrimination.</p>



<p>Amnesty International a par ailleurs analysé le cadre juridique national indien relatif aux transferts d’armes et sa conformité avec le droit international et les normes internationales. Elle a constaté de graves lacunes structurelles, notamment l’absence d’obligation explicite de diligence en matière de droits humains afin d’empêcher que des biens militaires soient utilisés pour commettre des violations du droit international relatif aux droits humains ou du droit international humanitaire (DIH), ainsi qu’un manque de transparence qui entraîne une absence d’obligation de rendre des comptes dans le processus d’exportation.</p>



<p>L’Inde s’est abstenue lors du vote pour l’adoption du Traité sur le commerce des armes en avril 2013. Depuis, elle n’a pas ratifié ce traité et n’y a pas non plus adhéré. Il est crucial que l’Inde adhère au Traité sur le commerce des armes à titre de première mesure visant à mettre sa réglementation sur le contrôle des exportations en conformité avec le droit international relatif aux transferts d’armes.</p>



<p>Dans le cadre de leur obligation de respecter et de faire respecter le DIH, tous les États ont l’interdiction de transférer ou d’autoriser des acteurs privés à transférer des armes à une partie à un conflit armé (qu’il s’agisse d’un État ou d’un groupe armé non étatique) dès lors qu&rsquo;il existe un risque manifeste que cela contribue à des violations du droit international humanitaire.</p>



<p>Les entreprises impliquées dans les transferts d’armes à Israël peuvent aussi contribuer à des violations du DIH. En outre, si les entreprises et leur personnel avaient connaissance du risque substantiel que les armes en question soient utilisées pour commettre des crimes de droit international, leur responsabilité pénale peut être engagée.</p>



<p>En juin et en juillet 2026, Amnesty International a écrit au gouvernement indien et aux neuf entreprises citées dans son rapport pour leur faire part de ses conclusions détaillées. Au moment de la publication, elle n’avait pas reçu de réponse.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des armes identifiées</h4>



<p>À la suite des crimes contre l’humanité commis par le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens lors de leurs attaques contre Israël le 7 octobre 2023, Israël s’est engagé dans une campagne violente et destructrice dans la bande de Gaza, s’apparentant à un génocide toujours en cours contre la population palestinienne, et poursuit ses opérations militaires et ses pratiques illégales, notamment son soutien actif à la violence débridée des colons en Cisjordanie. Ces actes se produisent dans le contexte de l’occupation illégale du territoire palestinien par Israël depuis des décennies et du système d’apartheid qu’il impose aux Palestinien·ne·s.</p>



<p>Ces crimes et violations du droit international sont rendus possibles par les livraisons presque ininterrompues d’armes et de munitions à Israël par un certain nombre d’États clés, tels que les États-Unis et l’Allemagne, ainsi que par le transit d’armes à destination d’Israël par la Slovénie et la France, comme l’a montré Amnesty International.</p>



<p>L’organisation a identifié les armes et munitions exportées par l’Inde vers Israël, y compris les pièces et accessoires, comme appartenant aux catégories désignées par les codes 93+ et 8710+ du Système harmonisé, système internationalement reconnu de codification des marchandises.</p>



<p>Le code 93+ désigne une catégorie assez large qui comprend la plupart des types d’armes et de munitions, ainsi que les pièces détachées et accessoires. La catégorie correspondant au code 8710+ contient les véhicules de combat blindés et à chenilles, ainsi que les pièces détachées connexes.</p>



<p>Amnesty International a identifié au moins 2 596 cargaisons d’armes, de pièces détachées et de munitions exportées d’Inde en Israël entre le 7 octobre 2023 et le 30 novembre 2025. Ces cargaisons contenaient notamment des composants d’armes automatiques pour les armes déployées par les forces israéliennes à Gaza ; des obus de 155 millimètres hautement explosifs fournis à Elbit Systems ; des ogives explosives pour les munitions rôdeuses de type Skystriker, semblables à celles identifiées dans les débris à Khan Younès, dans la bande de Gaza ; et des composants de véhicules blindés destinés aux principaux fournisseurs de l’armée israélienne.</p>



<p>Amnesty International estime que certaines entreprises indiennes pourraient être considérées comme complices de crimes de droit international et d’autres graves violations des droits humains commises par Israël du fait de leurs relations commerciales avec des entreprises israéliennes qui fournissent directement l’armée d’Israël.</p>



<p>L’organisation a analysé les exportations de plusieurs entreprises indiennes, parmi lesquelles : PLR Systems Private Limited, qui fabrique des pièces détachées pour armes automatiques et est une entreprise commune d’Adani Defence &amp; Aerospace et d’Israel Weapon Industries ; Indo MIM Private Limited, qui fabrique des composants pour armes à feu ; Kalyani Systems Private Limited, qui fabrique des munitions et des douilles d’artillerie et est une filiale de Bharat Forge ; Munitions India Limited, entreprise publique qui fabrique des munitions d’artillerie hautement explosives ; et Alpha Elsec Defence &amp; Aerospace Systems Private Limited, qui fabrique des ogives explosives et est une entreprise commune d’Alpha Design Technologies et d’Elbit Systems.</p>



<p>Les entreprises israéliennes qui ont commandé et reçu les armes sont notamment Elbit Systems, Rafael Advanced Defense Systems Ltd et Israel Aerospace Industries Ltd, qui sont connues pour leur contribution aux violations du droit international relatif aux droits humains et du DIH commises par Israël. En 2025, Amnesty International a appelé la totalité des États et des entités privées à mettre un terme à toutes leurs activités commerciales avec ces entreprises, « faute de quoi ils risquent de devenir complices des crimes contre l’humanité d’apartheid et de génocide et d’autres crimes de droit international ».</p>



<p>L’organisation demande depuis longtemps un embargo total sur les armes à destination d’Israël, qui couvre la fourniture, la vente ou le transfert, directs ou indirects, d’armes et de matériel militaire, y compris les technologies, pièces et composants, l’assistance technique, la formation et l’aide financière ou autre qui y sont liés, tant que les entreprises concernées ne seront pas en mesure de prouver qu’elles ne contribuent pas à l’occupation israélienne illégale ou aux crimes de droit international commis par Israël.</p>



<p>L’Inde et les entreprises indiennes qui fournissent des armes, des munitions, des pièces ou des composants doivent immédiatement mettre un terme à tous les transferts d’armes et de munitions, y compris de pièces et de composants, à destination d’Israël.</p>



<p>« En autorisant en toute connaissance de cause les transferts d’armes vers Israël, l’Inde bafoue clairement son engagement à prévenir le génocide aux termes de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, ainsi que son obligation de faire respecter les Conventions de Genève, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Toute entreprise qui détermine que les produits qu’elle vend sont susceptibles d’avoir contribué à des atteintes aux droits humains des Palestinien·ne·s à Gaza doit proposer un processus de réparation à toutes les personnes ayant subi un préjudice en conséquence ou coopérer avec un tel processus. »</p>



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		<title>Soudan. Les atrocités commises par les Forces d’appui rapide à El Fasher viennent « entacher la conscience de l’humanité »</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/soudan-les-atrocites-commises-par-les-forces-dappui-rapide-a-el-fasher-viennent-entacher-la-conscience-de-lhumanite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 03:10:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=36623</guid>

					<description><![CDATA[<p>Soudan. Les atrocités commises par les Forces d’appui rapide à El Fasher viennent « entacher la conscience de l’humanité » Au Soudan, les Forces d’appui rapide (FAR) ont commis des crimes contre l’humanité et un nettoyage ethnique pendant leur campagne visant à prendre le contrôle de la ville d’El Fasher, dans l’État du Darfour septentrional, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Soudan. Les atrocités commises par les Forces d’appui rapide à El Fasher viennent « entacher la conscience de l’humanité »</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Les FAR se sont rendues coupables de crimes contre l’humanité et de nettoyage ethnique</strong></li>



<li><strong>Des enfants ont été délibérément pris pour cible par les combattants des FAR pendant les attaques</strong></li>



<li><strong>Il est urgent d’instaurer un cessez-le-feu et de déployer une force internationale de protection</strong></li>
</ul>



<p>Au Soudan, les Forces d’appui rapide (FAR) ont commis des crimes contre l’humanité et un nettoyage ethnique pendant leur campagne visant à prendre le contrôle de la ville d’El Fasher, dans l’État du Darfour septentrional, conclut Amnesty International dans un nouveau rapport de première importance. L’organisation appelle maintenant à un cessez-le-feu immédiat au Soudan, ainsi qu’au déploiement de toute urgence d’une force internationale pour protéger les civil·e·s.</p>



<p>Intitulé <em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/AFR5411162026FR.pdf"><span style="text-decoration: underline;">Ville assiégée, enfants attaqués. Les crimes contre l’humanité des Forces d’appui rapide dans le Darfour septentrional</span></a></em>, ce rapport décrit comment, à El Fasher et dans ses environs, des civil·e·s ont été tués, blessés, frappés, torturés et détenus entre début 2024 et octobre 2025 durant les affrontements qui ont opposé les FAR aux Forces armées soudanaises (FAS) et aux forces conjointes qui leur sont alliées, dans le cadre d’une guerre qui a dévasté le Darfour septentrional. Les FAR ont notamment commis les crimes de meurtre, de transfert forcé, d’emprisonnement, de torture, de viol, d’esclavage sexuel, d’autres formes de violence sexuelle, d’asservissement, d’extermination et de persécution.</p>



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<p>Des centaines de milliers d’enfants ont été déplacés et beaucoup ont été exposés de façon répétée au risque de mort et de blessure au cours des attaques ou pendant leur fuite. Un nombre incalculable d’entre eux ont été rendus orphelin·e·s. Les personnes en situation de handicap et les personnes âgées ont été confrontées à des risques considérables, tels que des attaques ciblées, l’abandon et l’impossibilité de bénéficier de l’aide essentielle dont elles avaient besoin.</p>



<p>Au fil de leurs attaques dans le Darfour septentrional, les combattants des FAR ont couramment utilisé des termes comme falangay (falangayat au pluriel), évoquant l’esclavage ou la servitude, lorsqu’ils s’en prenaient à des civil·e·s appartenant à des groupes ethniques non arabes.</p>



<p>« La guerre au Soudan est une guerre contre les populations civiles. Le monde a été alerté des horreurs que subissaient les civil·e·s à El Fasher tandis que les FAR assiégeaient la ville. Ces atrocités viennent entacher la conscience de l’humanité, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« Les enfants n’ont pas seulement été les dommages collatéraux de cette violence : ils ont souvent été visés de façon délibérée et ont énormément souffert. Ils ont été massivement tués, blessés, violés, enlevés et recrutés de force.</p>



<p>« Un cessez-le-feu immédiat est nécessaire à l’échelle nationale. Une force internationale indépendante et dotée de moyens suffisants doit être déployée au Soudan afin de protéger les populations civiles des crimes commis par toutes les parties au conflit. Si la communauté internationale n’agit pas sans délai, les attaques contre les civil·e·s – et les immenses souffrances et traumatismes infligés aux enfants – vont se poursuivre sans entrave. »</p>



<p>Amnesty International a interrogé pour ce rapport 247 personnes qui avaient subi des exactions liées au conflit ou en avaient été témoin, dont 208 victimes (169 adultes et 39 mineur·e·s). Elle s’est aussi appuyée sur l’analyse d’informations en accès libre, notamment 89 vidéos et l’examen approfondi d’images satellite du Darfour septentrional.</p>



<p>Le 10 juin 2026, Amnesty International a écrit au général Mohamed Hamdan Dagalo, qui dirige les FAR, pour lui faire part des conclusions de son rapport. Au moment de la publication de celui-ci, elle n’avait pas reçu de réponse.</p>



<p>L’analyse des éléments de preuve recueillis à propos de la zone géographique et de la période examinées dans le rapport permet de conclure – sans aucune réserve – à l’existence de persécutions fondées sur l’identité ethnique. Amnesty International pense que les actes dont il est fait état dans ce rapport, ainsi que d’autres crimes présumés sur lesquels elle enquête parallèlement, pourraient être constitutifs du crime de génocide. Son enquête à ce sujet est encore en cours à l’heure de la publication du rapport.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le siège d’El Fasher</h4>



<p>En novembre 2023, les FAR contrôlaient quatre des cinq capitales régionales du Darfour. El Fasher, capitale du Darfour septentrional, était la seule à résister. À partir de 2024, les FAR ont attaqué de façon systématique les villages, les villes et les camps de personnes déplacées aux alentours d’El Fasher, infligeant violences et pillages aux habitant·e·s et incendiant des infrastructures civiles.</p>



<p>Beaucoup de ces localités étaient peuplées majoritairement de membres du groupe ethnique zaghawa. Lors de ces attaques, les combattants des FAR ont incendié des habitations longtemps après la fuite des habitant·e·s, ce qui tend à indiquer qu’ils cherchaient à rendre ces zones inhabitables. Ces actes, associés au fait que les FAR continuent de contrôler ces régions, ce qui empêche les populations déplacées d’y retourner, semblent révélateurs d’une volonté de procéder au nettoyage ethnique des alentours d’El Fasher en en chassant les Zaghawas.</p>



<p>Yagoub*, adolescent zaghawa de 17 ans, se trouvait dans la ferme familiale près de la ville d’Abu Zerega, à 35 kilomètres au sud d’El Fasher, quand les FAR ont attaqué en décembre 2024. Il a essayé de s’enfuir mais a été capturé par les FAR. Il a déclaré à Amnesty International : « Ils m’ont ligoté et frappé avec des bâtons et la crosse d’un AK-47. Ensuite, l’un d’eux s’est approché à dos de dromadaire et a dit : “C’est un fils de falangay” [&#8230;] puis il m’a tiré dans la jambe. »</p>



<p>Yagoub marche aujourd’hui avec des béquilles. Huit de ses cousin·e·s, dont quatre garçons âgés de 11 à 17 ans, ont été tués pendant cette même attaque.</p>



<p>Une fois les habitant·e·s déplacés des villages autour d’El Fasher, les FAR ont soumis la capitale régionale à un siège cruel entre mai 2024 et octobre 2025, limitant les entrées de denrées alimentaires et humanitaires et bombardant la ville presque quotidiennement. La famine s’est propagée, contraignant la population à se nourrir d’ambaz, un sous-produit issu de la production d’huile d’arachide qui sert habituellement à nourrir les animaux. Tous les civil·e·s – mais plus particulièrement encore les enfants, chez qui la maladie et la malnutrition peuvent avoir des effets irréversibles – ont été durement touchés par cette famine délibérément induite.</p>



<p>Des femmes ont raconté avoir accouché dans un contexte de grave privation et de stress élevé : dans des abris antiaériens souterrains étouffants, dans des hôpitaux pilonnés, ou pendant qu’elles fuyaient les violences. Dans l’impossibilité de se procurer pour elles-mêmes une alimentation suffisante, elles n’ont souvent pas eu assez de lait pour nourrir leurs nouveau-nés. Sans autres solutions sûres, beaucoup de femmes ont vu leur bébé dépérir.</p>



<p>Rashida*, une femme de 39 ans, a perdu son dernier né, l’un de ses jumeaux âgés d’un an, en août 2025. Elle a raconté : « [Mon fils] s’affaiblissait beaucoup [et] ne prenait pas le lait. Il est devenu très maigre. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">La prise d’El Fasher</h4>



<p>Le 26 octobre 2025, les FAR ont lancé leur offensive finale contre El Fasher. Quand les civil·e·s ont tenté de fuir, ils se sont heurtés à un réseau de 57 kilomètres de berme (remblais de terre). Il s’en est suivi un massacre : plusieurs centaines de personnes ont été exécutées, et de nombreuses autres ont été torturées ou emmenées en détention.</p>



<p>Amnesty International a mené des entretiens avec 70 rescapé·e·s, et quasiment toutes ces personnes avaient été témoins d’exécutions, de viols, d’actes de torture ou de prises d’otages. Une femme de 58 ans a estimé avoir vu plus d’un millier de cadavres : « Les personnes qui ont été tuées par balles ont été jetées dans la berme [&#8230;] [Les FAR] ont affirmé qu’elles rempliraient la berme des corps. »</p>



<p>Parmi les personnes tuées à la berme figuraient de nombreux enfants. Taiseer*, une femme zaghawa de 68 ans qui fuyait avec ses cinq petits-enfants, a vu les FAR tuer par balles un garçon de 12 ans qui les accompagnait.</p>



<p>Zubeida*, une adolescente de 15 ans, a survécu au massacre d’environ 25 personnes à la berme uniquement car elle s’était présentée comme étant à moitié arabe et avait menti en affirmant que son père faisait partie des FAR. Elle a été témoin de l’exécution d’hommes et de garçons, du meurtre de femmes qui résistaient au viol et de la mort par balles de jeunes enfants. « Je suis la seule survivante. », a-t-elle déclaré.</p>



<p>Les personnes restées à El Fasher ont été témoins d’exactions effroyables. Amnesty International a interrogé 18 personnes qui se trouvaient à l’intérieur de la maternité saoudienne, dont des membres du personnel, des patient·e·s et des proches de patient·e·s, et qui ont vu les FAR y tuer des dizaines de personnes. L’attaque contre cet hôpital, infrastructure protégée aux termes du droit international, est un crime de guerre.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Violences sexuelles, prises d’otages et enrôlement d’enfants</h4>



<p>Les FAR ont commis des viols et d’autres formes de violence sexuelle à très grande échelle et dans de nombreux lieux. Amnesty International a interrogé 26 victimes de violences sexuelles. Parmi elles figuraient 20 femmes victimes de viol, dont trois filles de moins de 18 ans et une jeune femme qui avait 17 ans quand elle avait été violée. Les victimes ont raconté qu’elles avaient subi de graves humiliations et violences ayant entraîné des préjudices physiques et psychologiques durables.</p>



<p>Tasneem*, une fille zaghawa de 13 ans, a été enlevée début avril 2025 quand les FAR ont attaqué son village à l’ouest d’El Fasher. Elle gardait le troupeau de sa famille avec son père lorsque des combattants des FAR se sont approchés. Elle les a vu abattre son père, puis elle a été capturée et emmenée à El Daein, à environ 350 kilomètres.</p>



<p>Elle a raconté à Amnesty International : « [La première fois que j’ai été violée] c’était par trois personnes. J’avais les yeux bandés […] Ils m’ont immobilisée [&#8230;] Ils m’ont dit : “on te fait ça car tes gars nous ont combattus, des gars qui font partie des falangayat”. »</p>



<p>Les FAR ont aussi maintenu illégalement des civil·e·s en détention ; beaucoup ont été retenus en otage dans le but d’obtenir une rançon, souvent dans des conditions abominables. Amnesty International a mené des entretiens avec 45 personnes, dont huit mineur·e·s, qui avaient été détenues illégalement par les FAR entre juillet 2024 et janvier 2026.</p>



<p>Leurs conditions de détention avaient été violentes et dégradantes. Les personnes interrogées, parmi lesquelles des garçons dont certains n’avaient que 13 ans, ont expliqué avoir reçu des coups et subi des insultes à caractère ethnique proférées par des combattants des FAR pendant leur captivité. Ces personnes n’avaient pas assez à manger ni à boire, et étaient détenues dans des pièces étouffantes et surpeuplées. Des maladies se sont propagées : nombre de détenu·e·s ont vu des dizaines, voire des centaines, de personnes mourir de déshydratation ou de maladie.</p>



<p>Amnesty International a réalisé des entretiens avec neuf hommes qui avaient été détenus dans le centre de détention de Mina Al Bari, dans la banlieue est d’El Fasher, pendant des périodes allant jusqu’à cinq mois, entre mi-2024 et début 2026. Ils ont raconté avoir été enfermés dans des conteneurs, qui étaient fermés la plupart du temps. La chaleur étouffante et la mauvaise ventilation faisaient qu’il était difficile de respirer.</p>



<p>Un de ces hommes a déclaré : « On ne pouvait pas étendre nos jambes […] On ne pouvait pas dormir longtemps […] [Les FAR] m’ont dit : “on s’en fiche si tu meurs”. »</p>



<p>Un autre homme détenu lui aussi à Mina Al Bari a raconté avoir été privé d’eau et de nourriture : « Mon corps [s’asséchait] complètement, [nous] avons perdu connaissance. [Les FAR] pensaient qu’on était morts, alors ils nous ont juste jetés hors du conteneur. Au bout d’un moment, ils ont compris qu’on était encore vivants. Ils nous ont torturés à nouveau et nous ont remis dans le conteneur. »</p>



<p>Amnesty International a aussi recueilli des informations faisant état de l’enrôlement et de l’utilisation généralisés de garçons mineurs par les FAR, soit recrutés auprès de groupes ethniques arabes alliés, soit enlevés dans des groupes non arabes au cours d’attaques contre des villages et des camps de personnes déplacées. Ces enfants et adolescents accomplissaient différentes missions pour le groupe, notamment combattre, collecter des renseignements et garder du bétail.</p>



<p>Rashid* a été enlevé par les FAR dans son village vers juillet 2024, à l’âge d’environ 17 ans. Pendant près de neuf mois, il a été retenu dans une zone rurale et forcé à garder des chèvres. Il était surveillé par trois garçons armés, eux-mêmes des recrues des FAR, qui lui ont fait subir ainsi qu’à d’autres personnes détenues des humiliations et des passages à tabac, et qui l’ont privé de nourriture et d’eau. Il a témoigné : « Ils m’observaient et, si j’essayais de me reposer, ils tiraient dans ma direction […] Ils m’ont frappé sur tout le corps. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des commandants identifiés</h4>



<p>Amnesty International a identifié des commandants des FAR responsables de graves violations du droit international.</p>



<p>Des membres des FAR ont filmé et diffusé publiquement des vidéos d’exécutions de masse. Amnesty International a collecté et authentifié 19 vidéos faisant état d’un massacre de grande ampleur près de la berme, à une douzaine de kilomètres au nord-ouest d’El Fasher. Neuf de ces vidéos montrent le commandant des FAR Al Fateh Abdullah Idris, plus connu sous le nom d’« Abu Lulu », en train d’exécuter des prisonniers en tenue civile.</p>



<p>Parmi les hauts responsables du centre de détention de Mina Al Bari figuraient le général de division Gedo Hamdan Ahmed Mohamed (dit « Abu Shouk »), qui a mené des interrogatoires et participé à des actes de torture, et le lieutenant-colonel Abbas Khater Bakhit, qui a été vu en train de donner l’ordre de torturer des prisonniers et d’arranger le versement de rançons.</p>



<p>Ces violations ont été commises de façon répétée et à grande échelle, ce qui laisse à penser que les responsables hiérarchiques étaient au courant de ce qu’il se passait, ou auraient dû l’être, et n’ont rien fait pour l’empêcher ou pour demander des comptes à quiconque.</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Recommandations</h4>



<p>« La communauté internationale doit faire plus que déclarer sa préoccupation et doit prendre des mesures concrètes pour protéger les civil·e·s, de manière à briser le cycle de l’impunité, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Le Soudan est durement touché par les coupes dans le financement de l’aide humanitaire, qui ont exacerbé la crise déjà catastrophique en matière de droits humains pour ces populations qui ont tout perdu. Tous les partenaires internationaux du Soudan doivent veiller à ce qu’une aide suffisante parvienne aux personnes réfugiées et déplacées, notamment des services destinés aux enfants, afin d’aider à atténuer la crise.</p>



<p>« Il faut en outre renforcer l’obligation de rendre des comptes en apportant un soutien suffisant à tous les mécanismes existants en matière d’obligation de rendre des comptes pour le Soudan, notamment la Cour pénale internationale, ainsi que les missions d’établissement des faits soutenues par les Nations unies et l’Union africaine. Les commandants identifiés dans le rapport doivent faire l’objet d’une enquête et, s’il existe suffisamment de preuves recevables, être traduits en justice. »</p>



<p>Tous les pays doivent cesser immédiatement de fournir des armes et des munitions à toutes les parties au conflit au Soudan. Ils doivent en particulier arrêter de livrer des armes aux Émirats arabes unis – principal soutien des FAR – jusqu’à ce que ce pays respecte l’embargo des Nations unies. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit par ailleurs élargir au reste du pays l’embargo actuel sur les armes concernant le Darfour.</p>



<p class="has-text-align-right has-x-small-font-size"><em>*Les prénoms ont été modifiés.</em></p>




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		<title>L’accélération du nettoyage ethnique commis par Israël contre la population palestinienne doit inciter la communauté internationale à réagir contre l’annexion de la Cisjordanie</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/lacceleration-du-nettoyage-ethnique-commis-par-israel-contre-la-population-palestinienne-doit-inciter-la-communaute-internationale-a-reagir-contre-lannexion-de-la-cisjordanie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 09:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=36520</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’accélération du nettoyage ethnique commis par Israël contre la population palestinienne doit inciter la communauté internationale à réagir contre l’annexion de la Cisjordanie Le soutien tacite ou implicite de la communauté internationale aux crimes commis par Israël, dont le génocide et l’apartheid, ou son absence d’action ferme pour y mettre un terme, ont encouragé les [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/lacceleration-du-nettoyage-ethnique-commis-par-israel-contre-la-population-palestinienne-doit-inciter-la-communaute-internationale-a-reagir-contre-lannexion-de-la-cisjordanie/">L’accélération du nettoyage ethnique commis par Israël contre la population palestinienne doit inciter la communauté internationale à réagir contre l’annexion de la Cisjordanie</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">L’accélération du nettoyage ethnique commis par Israël contre la population palestinienne doit inciter la communauté internationale à réagir contre l’annexion de la Cisjordanie</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>La politique d’annexion du gouvernement israélien actuel s’accélère et s’amplifie fortement</em></li>



<li><em>La campagne de nettoyage ethnique est menée et soutenue par l’État, et non par des colons « voyous » ou des ministres « extrémistes »</em></li>



<li><em>On constate une augmentation exponentielle de la violence perpétrée par des colons qui, avec le soutien de l’État, terrorisent et expulsent des milliers de Palestinien·ne·s pour annexer leurs terres</em></li>



<li><em>Des populations sont encore exposées à un grave risque de déplacement, et il faut protéger les personnes qui ont été déracinées</em></li>



<li><em>Les États doivent mettre un terme aux relations commerciales, de coopération et d’investissement qui permettent l’occupation illégale, l’apartheid et le nettoyage ethnique, et imposer des sanctions aux responsables impliqués</em></li>
</ul>



<p>Le soutien tacite ou implicite de la communauté internationale aux crimes commis par Israël, dont le génocide et l’apartheid, ou son absence d’action ferme pour y mettre un terme, ont encouragé les autorités israéliennes à accentuer leur violente campagne de déplacement forcé de la population palestinienne et à étendre leur contrôle sur les territoires de Cisjordanie, a déclaré Amnesty International. Dans un nouveau rapport, l’organisation décrit comment les autorités israéliennes accélèrent l’annexion en menant une campagne de nettoyage ethnique visant les communautés bédouines et pastorales palestiniennes de la zone C de la Cisjordanie occupée, tout en commettant le crime contre l’humanité de transfert forcé.</p>



<p>Ce rapport, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/Final-report-Erasing-anything-Palestinian-final-formatted-high-res-imagery.pdf"><strong><em>Éradiquer toute présence palestinienne : le nettoyage ethnique des communautés bédouines et pastorales de Cisjordanie par Israël</em></strong></a>, dénonce le fait que le gouvernement israélien ait fait de l’annexion officielle un objectif politique explicite. Ce gouvernement applique le programme religieux et nationaliste du mouvement des colons. Il a accéléré l’extension des colonies et les saisies de terres, augmenté l’aide financière et logistique aux colonies, et armé les colons, permettant ainsi une campagne brutale – cautionnée par l’État – de violences commises par des colons et de déplacement forcé des Palestinien·ne·s de la zone C. Cette zone couvre plus de 60 % de la Cisjordanie occupée, et est depuis longtemps au cœur des efforts israéliens de contrôle des territoires et de la démographie, compte tenu de ses ressources naturelles, de ses pâturages et terres agricoles vitaux et de la relativement faible densité de sa population palestinienne.</p>



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</div>



<p>« Depuis trois ans et demi, les autorités israéliennes accélèrent la campagne de nettoyage ethnique soutenue par l’État en Cisjordanie, déracinant, expropriant et transférant de force la population palestinienne. Cette campagne n’est pas l’œuvre de “voyous” ni de colons, d’organisations ou d’un ou deux ministres « extrémistes », comme se plaît à le répéter la communauté internationale. Nous assistons au contraire à une annexion délibérée, menée par l’État, en totale violation du droit international, qui se déroule sous les yeux du monde entier », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« Notre rapport révèle que ces violences ne sont pas le fait de quelques “brebis galeuses”. Les violences commises par des colons sont un élément central d’une campagne de nettoyage ethnique cautionnée par l’État, essentielle pour maintenir le système d’apartheid israélien. »</p>



<p>Les recherches d’Amnesty International montrent que les Palestinien·ne·s sont chassés de force de leurs terres ancestrales, privés de leurs moyens de subsistance et terrorisés au point qu’ils doivent fuir leurs habitations face à une vague sans précédent d’attaques de colons, ouvertement cautionnées et activement soutenues par un gouvernement israélien qui revendique son intention d’annexer officiellement de vastes parties du territoire palestinien.</p>



<p>Les populations de la vallée du Jourdain et des collines du sud d’Hébron menacées de déplacement continuent de résister, déterminées à rester sur les terres qu’elles habitent depuis des générations. Amnesty International appelle la communauté internationale à agir de toute urgence pour les protéger.</p>



<p>Or, bien que les États aient clairement l’obligation, aux termes du droit international, de mettre un terme à l’occupation illégale et au système d’apartheid israéliens, la communauté internationale s’est abstenue à maintes reprises de prendre des mesures.</p>



<p>« La communauté internationale a été soit complice, soit bien trop passive face aux violations flagrantes et répétées du droit international commises par Israël, et face au mépris avec lequel il traite les résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle doit affirmer clairement que le temps du consentement tacite au nettoyage ethnique et à l’annexion perpétrés par Israël est terminé », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>Au moins 117 villages palestiniens à majorité bédouine et pastorale ont connu un déplacement total ou partiel entre janvier 2023 et avril 2026, selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). À la fin du mois d’avril 2026, 5 910 personnes au moins avaient été déplacées, d’après les données de l’ONU.</p>



<p>Ces déplacements ont eu lieu sur fond d’intensification sans précédent des actes de violence commis par des colons, avec le soutien de l’État. L’ONG Peace Now a indiqué que, à la fin avril 2026, les colons israélien·ne·s avaient établi 363 avant-postes en Cisjordanie occupée, dont 212 depuis 2023. Les autorités israéliennes encouragent activement la création de ces avant-postes et ne prennent quasiment aucune mesure pour les démanteler, alors qu’ils sont illégaux aux termes du droit israélien comme du droit international. Parmi eux figurent des dizaines d’avant-postes pastoraux, qui sont utilisés par les colons pour s’emparer de vaste zones palestiniennes en y faisant pâturer leurs troupeaux. Cela vient s’ajouter aux saisies de terres par le gouvernement israélien. Près de 58 % des terres de la zone C ne sont pas enregistrées et, en février 2026, les autorités israéliennes avaient déjà saisi la moitié de ces terres non enregistrées en les déclarant comme terrains publics.</p>



<p>« Le rapport d’Amnesty International doit sonner comme un signal d’alarme pour les dirigeant·e·s mondiaux qui considèrent l’annexion et les violences des colons comme des actes isolés relevant de la responsabilité de quelques colons ou ministres “extrémistes” et qui n’ont pris que des sanctions limitées contre quelques personnes ou organisations : ces mesures sont terriblement insuffisantes pour répondre à la campagne gouvernementale de nettoyage ethnique et aux violations systémiques qui s’amplifient rapidement sous les yeux de la communauté internationale », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Nous nous adressons aux dirigeant·e·s mondiaux qui ne cessent d’affirmer qu’ils sont opposés à l’annexion mais ne font rien pour l’empêcher : sachez que votre inaction alimente directement des crimes contre l’humanité et a des conséquences mondiales qui érodent encore davantage l’ordre international fondé sur des règles.</p>



<p>« Les États, en particulier ceux qui ont de l’influence sur Israël, comme les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, ainsi que l’Italie et les autres membres de l’Union européenne et les pays arabes, doivent immédiatement interdire tout commerce, tout investissement et toute forme de coopération ou d’aide financière contribuant à l’occupation illégale, au système d’apartheid et au nettoyage ethnique des Palestinien·ne·s commis par Israël.</p>



<p>« Par ailleurs, tous les pays doivent imposer des sanctions ciblées, telles que des interdictions de voyager et des gels d’avoirs, aux responsables israéliens qui sont directement impliqués dans ces actes, parmi lesquels le Premier Ministre Benjamin Netanyahou, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, la ministre des Colonies et des Missions nationales Orit Strock et le ministre de la Défense Israël Katz.</p>



<p>Amnesty International a mené des recherches sur 27 communautés bédouines et pastorales de la zone C qui ont été déplacées de force entre 2023 et 2025 ou sont menacées de déplacement.</p>



<p>L’équipe de recherche a interrogé 45 Palestinien·ne·s issus de 12 communautés, qui étaient soient déplacés, soit menacés de l’être, ainsi que 19 avocat·e·s, militant·e·s ayant été témoins de violences commises par des colons, journalistes et représentant·e·s d’ONG israéliennes et palestiniennes. L’organisation a aussi vérifié plus de 420 vidéos et photos, et analysé des déclarations gouvernementales officielles, des accords, des lois, des changements de gouvernance, des dossiers judiciaires, des cartes, des images satellite, des rapports de l’ONU et de la société civile, et d’autres informations en accès libre.</p>



<p>Amnesty International a transmis ses conclusions aux autorités israéliennes le 13 mai. Le ministère de la Défense a répondu le 23 mai en affirmant que ses forces réagissaient aux violences commises par des colons, arrêtaient les suspects si nécessaire, et enquêtaient sur les cas où les forces armées n’auraient pas respecté les ordres ou ne seraient pas intervenues pour arrêter ces violences. Les éléments de preuve recueillis par Amnesty International témoignent d’une réalité bien différente.</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Preuves de l’intention d’Israël de nettoyer ethniquement et d’annexer la zone C</h4>



<p>Depuis l’occupation de 1967, les gouvernements israéliens successifs mettent en œuvre – avec différents degrés d’intensité et de transparence – des politiques de judaïsation visant à maximiser le contrôle juif sur les territoires de Cisjordanie tout en réduisant autant que possible la présence palestinienne.</p>



<p>Le 37e gouvernement israélien, formé fin 2022 et dirigé par le Likoud, parti de Benjamin Netanyahou, en coalition avec le parti de la Force juive d’Itamar Ben-Gvir et le Parti sioniste religieux de Bezalel Smotrich, cherche ouvertement et délibérément à annexer officiellement la zone C et à transférer de force ses habitant·e·s palestiniens.</p>



<p>Les accords de coalition gouvernementale légitiment et intègrent à la politique de l’État la vision du « Grand Israël » portée par le mouvement des colons, idéologie qui considère l’intégralité du Territoire palestinien occupé comme faisant partie intégrante d’Israël. Cela se fait au mépris éhonté de nombreuses résolutions de l’ONU ainsi que de l’avis consultatif de 2024 de la Cour internationale de justice, qui déclare illégale l’occupation du territoire palestinien par Israël.</p>



<p>L’intention de chasser les Palestinien·ne·s de la zone C de la Cisjordanie et d’en annexer les terres est prouvée par les appels explicites des autorités israéliennes à étendre les colonies, l’élargissement de la souveraineté israélienne sur le territoire occupé, les mesures destinées à réduire autant que possible la présence palestinienne dans cette zone et le soutien public apporté aux colons par des ministres clés, dont certain·e·s sont eux-mêmes des colons. Elle est également manifeste au vu des lois favorables à l’annexion qui ont été adoptées et des mesures transférant les pouvoirs en Cisjordanie des autorités militaires aux autorités civiles, en violation du droit international humanitaire.</p>



<p>L’intention étatique apparaît aussi clairement dans la multiplication des classements en terrains publics, la simplification des procédures d’autorisation des colonies, l’accélération de l’extension des colonies, la légalisation rétroactive des avant-postes, et l’augmentation du soutien financier et politique aux infrastructures des colons, parallèlement à la destruction de biens palestiniens et aux restrictions systématiques des déplacements et de l’accès aux terres et à l’eau des Palestinien·ne·s.</p>



<p>Dans les trois premières années de ce gouvernement, le budget annuel du ministère des Colonies et des Missions nationales a augmenté de 122 %, atteignant 764 millions de nouveaux shekels israéliens (254,5 millions de dollars des États-Unis) en 2026.</p>



<p>Selon Peace Now, le gouvernement a présenté des projets de construction de 50 785 logements dans des colonies entre 2023 et 2025. Rien qu’en 2025, le Conseil supérieur de l’urbanisme a approuvé la construction de 27 941 logement, ce qui constitue le chiffre annuel le plus élevé jamais enregistré.</p>



<p>Au 30 avril 2026, le nombre total de nouvelles colonies déclarées par ce gouvernement atteignait 102, soit de loin le nombre le plus important de nouvelles colonies autorisées par un gouvernement de toute l’histoire d’Israël.</p>



<p>Parallèlement, les autorités israéliennes ont détruit 3 407 habitations et structures palestiniennes dans la zone C entre janvier 2023 et avril 2026, ce qui a conduit au déplacement de 2 996 Palestinien·ne·s, d’après l’OCHA.</p>



<p>Dans le même temps, souvent avec le soutien direct de l’État ou la participation directe de l’armée israélienne, les colons ont soumis les communautés bédouines et pastorales palestiniennes à une litanie de mesures coercitives et répressives, ce qui fait que beaucoup n’ont pas eu d’autre choix que d’abandonner les terres où elles vivaient et pratiquaient l’élevage depuis des générations. Ces populations subissent des violences persistantes de la part des colons, avec l’aval de l’État. Associées à la multiplication des démolitions et aux privations de services de base imposées de longue date par les autorités israéliennes, ces violences rendent de fait leurs terres inhabitables.</p>



<p>L’association de toutes ces mesures coercitives révèle une stratégie étatique délibérée et coordonnée visant à étendre le contrôle israélien sur la zone C tout en forçant au départ les populations palestiniennes.</p>



<p>L’un des cas emblématiques est celui de Khirbet Zanuta (aussi appelé Zanuta), village de la zone C, en Cisjordanie, où vivaient environ 250 Bédouin·e·s palestiniens présents depuis des générations. En 2021, un groupe de colons a créé un avant-poste illégal, appelé Meitarim Farm, à seulement un kilomètre de Zanuta, et a lancé une campagne soutenue de harcèlement, de menaces et d’attaques violentes contre la population palestinienne, bloquant notamment l’accès aux terres agricoles et aux zones de pâture. À force, les habitant·e·s du village ont été contraints d’abandonner leurs maisons et leurs moyens de subsistance. Ils ont tous et toutes été déplacés à la suite d’une série d’attaques violentes perpétrées par des colons, qui se sont intensifiées après le 7 octobre 2023. Ce village, entouré de colonies et d’avant-postes, avait longtemps été confronté à des ordres de démolition et des politiques d’urbanisation restrictives qui rendaient presque impossible toute construction légale.</p>



<p>Malgré deux arrêts rendus par la Cour suprême israélienne en juillet 2024 et février 2025, qui ordonnaient aux autorités de faciliter le retour des habitant·e·s et de les protéger de la violence des colons, les Palestinien·ne·s n’ont pas pu revenir en raison des attaques constantes des colons et de la destruction d’infrastructure essentielles. Adel al-Till, ancien habitant de Zanuta, a déclaré : « Les colons étaient armés et nous attaquaient sans cesse. […] Nous avions peur, c’était la terreur. »</p>



<p>Les images satellite, les témoignages recueillis et les preuves vidéo montrent qu’aujourd’hui le village de Zanuta n’existe plus ; il a été en grande partie détruit et totalement vidé de sa population.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Augmentation exponentielle des violences exercées par les colons avec le soutien de l’État</h4>



<p>La campagne de violence menée depuis longtemps par les colons contre les Palestinien·ne·s en Cisjordanie s’est fortement intensifiée sous l’actuel gouvernement israélien, donnant lieu à un nombre record d’homicides et de blessures, de déplacements, de destructions de biens et d’appropriations illégales de terres. Les colons israélien·ne·s ont adopté des tactiques de plus en plus agressives pour déplacer de force les populations palestiniennes. Ils ont attaqué leurs logements et leurs biens, les ont soumis à un harcèlement, des menaces et des agressions physiques incessants, et s’en sont pris de façon systématique à leurs moyens de subsistance en restreignant leur accès aux pâturages et aux sources d’eau, en volant ou tuant leur bétail, et en détruisant les champs et les récoltes. Selon l’OCHA, les attaques de colons contre des communautés bédouines et pastorales palestiniennes ayant fait des morts et/ou des blessés ont été multipliées par presque sept entre 2020 et 2024.</p>



<p>Des vidéos et des photos vérifiées par Amnesty International montrent des incursions, des incendies volontaires et un vandalisme généralisé visant des habitations, des écoles, des véhicules et des biens agricoles, ainsi que la destruction de sources d’eau, de panneaux solaires et de réserves de nourriture. Les personnes interrogées ont aussi fait état de nombreuses violences physiques, dont des coups de bâton et de crosse de fusil, des jets de pierres, des coups de couteau et d’autres attaques.</p>



<p>Bien qu’Israël ait l’obligation, en tant que puissance occupante, de protéger la vie et les moyens de subsistance de la population occupée, d’empêcher les violences commises par des colons et d’enquêter à leur sujet, les autorités israéliennes facilitent activement ces attaques, non seulement en armant les colons et en permettant à l’armée et à la police de soutenir les attaques contre des Palestinien·ne·s ou d’y participer, mais aussi en accordant à leurs auteurs une impunité quasi totale.</p>



<p>Après les attaques menées par le Hamas le 7 octobre 2023, les autorités israéliennes ont assoupli les critères pour obtenir un permis de port d’arme à titre individuel, équipant des milliers de colons d’armes à feu et d’uniformes, ce qui fait qu’il est devenu difficile pour les Palestinien·ne·s de distinguer les soldats des colons. En janvier 2026, plus de 240 000 citoyen·ne·s israéliens avaient obtenu un permis de port d’arme, soit une multiplication par 15 par rapport aux 8 000 permis par an accordés en moyenne avant le changement de politique. Ces mesures ont entraîné une forte hausse des attaques de colons armés.</p>



<p>Le rapport d’Amnesty International montre comment la violence des colons israélien·ne·s a été utilisée délibérément comme outil de déplacement forcé à trois endroits emblématiques de la zone C : Zanuta dans les collines du sud d’Hébron et Ein Samia dans le centre de la vallée du Jourdain (tous deux entièrement déplacés en 2023), ainsi que Ein al Hilweh, Makhoul et Al Farisiya, un regroupement de petits villages du nord de la vallée du Jourdain, qui restent confrontés à un risque réel de déplacement.</p>



<p>Dans le nord de la vallée du Jourdain, au moins 38 villages (où vivent environ 7 000 personnes) sont menacés de déplacement. Près de 90 % de la zone est classée terrain public, zone de tir militaire, réserve naturelle ou site archéologique – autant d’outils utilisés par Israël pour restreindre l’accès de la population palestinienne aux pâturages et aux sources d’eau et la contraindre au déplacement.</p>



<p>Najiyyah Bisharat, de la communauté pastorale de Makhoul, a déclaré : « Nous sommes constamment harcelés par les colons, mais nous ne baisserons pas les bras. C’est une question d’amour de notre terre et de notre travail. La terre est notre identité et, si nous en sommes chassés, nous mourrons. Comme un poisson qu’on sortirait de l’eau. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une impunité généralisée</h4>



<p>En facilitant activement la violence des colons et en ne faisant rien pour l’empêcher, et notamment en s’abstenant de demander des comptes aux responsables, les autorités israéliennes ont délibérément créé un environnement d’impunité généralisée, qui vient alimenter cette violence. Dans plusieurs cas sur lesquels Amnesty International a recueilli des informations, les Palestinien·ne·s qui ont signalé des violences perpétrées par des colons ont été eux-mêmes interrogés, soumis à une amende ou arrêtés par les autorités israéliennes, qui ont pourtant l’obligation de les protéger en vertu du droit international.</p>



<p>Les colons et les organisations de colons sont enhardis par l’impunité dont ils jouissent depuis des décennies. Même si quelques colons ou groupes de colons ont été sanctionnés par des États étrangers, ils n’ont subi aucune conséquence ou presque de leurs actes en Israël.</p>



<p>Par exemple, Yinon Levi, colon impliqué dans une série avérée d’attaques violentes contre des Palestinien·ne·s, qui a été sanctionné par le Royaume-Uni et l’Union européenne, a été filmé en train de tuer par arme à feu un enseignant et défenseur des droits humains qui n’était pas armé, Awdan al Hathaleen, à Umm al Khair le 28 juillet 2025.</p>



<p>Arrêté brièvement pour « homicide involontaire », Yinon Levi a été libéré le lendemain et assigné à résidence pendant seulement trois jours. Il a ensuite pu librement retourner harceler des Palestinien·ne·s et travailler à l’installation d’un nouvel avant-poste à Umm al Khair. Près d’un an après cette attaque, Yinon Levi n’a toujours pas été inculpé.</p>



<p>« Si l’obligation de rendre des comptes n’est pas mise en œuvre, la population palestinienne de Cisjordanie va disparaître sous nos yeux. Cela fait trop longtemps que le monde ignore l’immense souffrance, dépassant l’entendement, des Palestinien·ne·s déracinés et chassés des terres qu’ils habitent depuis des générations. Les États doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre un terme à la campagne israélienne de nettoyage ethnique et d’annexion de la zone C de la Cisjordanie. Ils doivent faire pression sur les autorités israéliennes pour qu’elles démantèlent immédiatement tous les avant-postes et colonies israéliens et permettent à tous les Palestinien·ne·s déplacés de rentrer chez eux », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Tous les pays doivent soutenir et coopérer avec l’enquête de la Cour pénale internationale sur la situation dans l’État de Palestine, ainsi qu’ouvrir leurs propres enquêtes sur les crimes de droit international commis dans le Territoire palestinien occupé. Le message adressé à Israël doit être sans équivoque : c’en est fini de son impunité de longue date, il ne peut pas y avoir de relations normales avec lui tant que l’apartheid, le nettoyage ethnique et l’occupation illégale se poursuivent. »</p>



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		<title>Russie. Les écoles sont devenues des « fabriques de la docilité », par le biais de l’endoctrinement et de la surveillance des enfants par l&#8217;État</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/russie-les-ecoles-sont-devenues-des-fabriques-de-la-docilite-par-le-biais-de-lendoctrinement-et-de-la-surveillance-des-enfants-par-letat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Jun 2026 16:25:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualite]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Russie. Les écoles sont devenues des « fabriques de la docilité », par le biais de l’endoctrinement et de la surveillance des enfants par l&#8217;État Les autorités russes privent les enfants du droit à une éducation de qualité, en utilisant des manuels et des cours saturés de propagande, dans le but d’endoctriner les élèves et [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Russie. Les écoles sont devenues des « fabriques de la docilité », par le biais de l’endoctrinement et de la surveillance des enfants par l&rsquo;État</h2>



<p>Les autorités russes privent les enfants du droit à une éducation de qualité, en utilisant des manuels et des cours saturés de propagande, dans le but d’endoctriner les élèves et de justifier la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, tout en réprimant la liberté d’expression, la réflexion indépendante et l’accès à l’information, a déclaré Amnesty International lundi 1er juin.</p>



<p>Une nouvelle synthèse, intitulée <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/EUR4609562026ENGLISH.pdf"><em><strong>“Only Official Sources”: Indoctrination in the Russian Educational System</strong></em></a>, décrit comment des enfants, à travers la Russie et les zones occupées par la Russie en Ukraine, sont soumis à une idéologie oppressive d’État au moyen d’un programme scolaire contrôlé de manière centralisée. Elle explique aussi que les enseignant·e·s sont chargés d’effectuer un suivi de leurs élèves en ligne, de compiler des fichiers contenant des informations sur leurs opinions, et de signaler aux autorités les points de vue dissidents sur des questions politiques et sociales.</p>



<p>« Jadis temples du savoir, les écoles russes sont en passe d’être converties en fabriques de la docilité. C’est l’État russe lui-même qui définit ce que les enfants doivent apprendre au sujet de la Russie, des pays voisins et du reste du monde. Si l’utilisation de l’école à des fins de propagande politique n’est pas spécifique à la Russie, l’intensité et l’ampleur des efforts déployés par le Kremlin afin de placer l’endoctrinement au cœur du système éducatif sont systémiques », a déclaré Marie Struthers, directrice pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale à Amnesty International.</p>



<p>« Les manuels scolaires russes présentent une vision univoque de l’histoire, qui justifie toutes les décisions de Moscou d’employer la force contre les nations voisines. Ils présentent les agressions russes contre l’Ukraine comme une nécessité historique et une question de survie nationale, tandis que toute opinion s’écartant de cette perspective est qualifiée d’ »hostile » ou de « destructrice » ».</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Une vision du monde, un enseignement uniforme</h4>



<p>Depuis 2023, le ministère russe de l&rsquo;Éducation a introduit une série unique de manuels d’histoire et de supports éducatifs obligatoires comparant la Russie à une « forteresse assiégée », niant ou minimisant l’identité et la souveraineté ukrainiennes, et présentant toutes les interventions militaires soviétiques et russes comme nécessaires ou légitimes.</p>



<p>L’éducation ne peut respecter le droit relatif aux droits humains et normes associées lorsqu&rsquo;elle est conçue pour priver les enfants de la possibilité de se forger une opinion propre et d’apprendre à réfléchir de manière indépendante et critique durant leurs années de formation. La démarche de la Russie est contraire à ses obligations en vertu d’un certain nombre de traités internationaux relatifs aux droits humains, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant, qui prévoit que l’éducation a pour objectif d’« [i]nculquer à l’enfant le respect des droits de l&rsquo;homme et des libertés fondamentales » et prépare les enfants à assumer les responsabilités de la vie au sein d’une société libre, dans un esprit « de compréhension, de paix, de tolérance, d&rsquo;égalité entre les sexes et d&rsquo;amitié entre tous les peuples ».</p>



<p>Les tentatives de la Russie de préparer une population étudiante à une obéissance inconditionnelle sont renforcées au moyen de la coercition, du suivi et du profilage.</p>



<p>« Les autorités russes introduisent des mesures dites de profilaktika, qui impliquent à la fois de répandre leur propagande et de soumettre les élèves à une surveillance clandestine constante, à l’école et en dehors, notamment en ligne. Si cela est accompli dans le but affiché de prévenir l’ »extrémisme », le « terrorisme » et les « idéologies destructrices », ces consignes encouragent dans les faits le passage au crible des opinions politiques, religieuses et personnelles de mineur·e·s », a déclaré Marie Struthers.</p>



<h4 class="wp-block-heading">De la protection à la surveillance</h4>



<p>Les écoles sont encouragées à identifier les élèves et les membres du personnel dont les opinions, l’activité en ligne et les associations illustrent leur déloyauté ou leur vulnérabilité face à des influences « destructrices » &#8211; dont la définition est si vague qu’elles incluent les groupes d’opposition pacifique et de la société civile. Figurent parmi elles la Fondation anticorruption d’Alexeï Navalny, mort en détention, le mouvement de protestation de jeunesse Vesna et le « mouvement international LGBT » &#8211; qui n’existe pas, puisqu’il s’agit d’une invention judiciaire employée pour criminaliser le militantisme en faveur des droits des personnes LGBTI -, qui ont tous été visés par des poursuites pour s’être seulement exprimés en faveur des droits humains.</p>



<p>Même afficher des formes d’opposition qui ne sont pas officiellement interdites en Russie, telles que le fait d’évoquer l’impact négatif sur le niveau de vie de la guerre en Ukraine, pourrait être perçu comme un signal d’alarme, à la suite duquel les élèves concernés sont considérés comme « à risque », leurs opinions sur la guerre, les « valeurs traditionnelles » et la politique gouvernementale étant alors enregistrées et transmises à l’administration scolaire, à la police ou aux services de sécurité.</p>



<p>« Les autorités russes ont montré qu’elles ne reculeront devant rien pour imposer leur discours profondément politisé et idéologique à la prochaine génération, et garantir que celles et ceux qui ne se plient pas à ces règles soient détectés et sanctionnés. Cela porte atteinte aux droits des enfants à la vie privée et à la liberté d’expression et d’association, sape la confiance à l’intérieur des établissements scolaires et prive les enfants de leur individualité », a déclaré Marie Struthers.</p>



<p>« L’esprit d’un enfant n’appartient pas à l’État. Il semble pourtant que les autorités russes traitent les classes comme un terreau que l’on doit inspecter afin de pouvoir détecter les jeunes pousses de l’opposition civique, et les arracher avant qu’elles ne se développent. »</p>



<p>Amnesty International demande aux autorités russes de veiller à ce que le programme scolaire, les manuels et les autres supports éducatifs n’étouffent pas, ni ne préviennent, la libre expression et le libre échange d’opinions, ne contiennent pas de désinformation, et ne compromettent pas le respect des droits humains. Les élèves et enseignant·e·s doivent se voir accorder l’accès à un large éventail de sources et être en mesure de parler librement d’histoire et de l’actualité sans craintes de représailles.</p>



<p>Les autorités doivent : abroger les lois et règlements qui punissent l’expression pacifique ou excluent les voix dissidentes de l’éducation ; faire cesser immédiatement la surveillance et le profilage illégaux d’élèves et d’enseignant·e·s ; détruire les données obtenues illégalement ; proposer des recours utiles et des réparations aux personnes affectées, et amener les responsables présumés de violations à rendre des comptes.</p>



<p>Amnesty International demande également à la communauté internationale : de soulever ces questions avec les autorités russes dans toutes les instances ; de soutenir le travail indépendant effectué par la société civile afin de combattre la propagande et la persécution dans l’enseignement ; d’aider les personnes victimes de telles persécutions, notamment en leur accordant des visas lorsque cela est nécessaire ; et de garantir que l’aide au développement ne soit pas utilisée pour perpétuer ces violations.</p>



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		<title>RDC. Les atteintes aux droits humains effrénées commises par les ADF contre des civil·e·s sont des «crimes de guerre que le monde ne saurait ignorer»</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/rdc-les-atteintes-aux-droits-humains-effrenees-commises-par-les-adf-contre-des-civil%c2%b7e%c2%b7s-sont-des-crimes-de-guerre-que-le-monde-ne-saurait-ignorer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 May 2026 13:47:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=36181</guid>

					<description><![CDATA[<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/rdc-les-atteintes-aux-droits-humains-effrenees-commises-par-les-adf-contre-des-civil%c2%b7e%c2%b7s-sont-des-crimes-de-guerre-que-le-monde-ne-saurait-ignorer/">RDC. Les atteintes aux droits humains effrénées commises par les ADF contre des civil·e·s sont des «crimes de guerre que le monde ne saurait ignorer»</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<section id="section-6e3ebe29" class="section wp-block-amnesty-core-section section--textBlack section--has-bg-image" style="background-image:url(https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2023/03/fond-jaune-1920x710.jpg);height:auto;"><div class="container">

<p style="padding-right:var(--wp--preset--spacing--80);padding-left:var(--wp--preset--spacing--80)"><strong>RDC. Amnesty International dénonce les crimes de guerre des Forces démocratiques alliées. Dans l’est du pays, ce groupe armé tue, enlève et torture des civils. Le rapport souligne des violences sexuelles et le recrutement forcé d’enfants.</strong></p>



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</div></section>

<section id="section-2666f926" class="section wp-block-amnesty-core-section section--textBlack" style=""><div class="container">

<p>Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), la population civile subit une multiplication des atteintes aux droits humains imputables aux combattant·e·s des Forces démocratiques alliées (ADF) qui s’apparentent à des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, a déclaré Amnesty International dans un nouveau rapport.</p>



<p>Ce rapport, intitulé<em> <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/Rapport-RDC.pdf">« Je n’avais jamais vu autant de corps. » Crimes de guerre perpétrés par les Forces démocratiques alliées dans l’est de la République démocratique du Congo</a></em>, fait état de violentes attaques de la part des ADF contre des civil·e·s, notamment d’enlèvements et de travail forcé, de recrutement et d’utilisation d’enfants, ainsi que de violences et crimes supplémentaires visant les femmes et les filles, comme des mariages forcés, des grossesses forcées et diverses autres formes de violences sexuelles.</p>



<p>Les agissements des ADF, groupe lié à l’État islamique, représentent de nombreuses atteintes au droit international humanitaire, dont beaucoup constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Ces attaques sont perpétrées dans de vastes zones de l’est de la RDC, où le Mouvement du 23 mars (M23), un groupe armé soutenu par le Rwanda, se livre aussi à des attaques à grande échelle contre des civil·e·s. Alors que les yeux de la RDC et de la communauté internationale sont braqués sur la progression du M23 depuis début 2025, les ADF ont profité de cette diversion qui détourne l’attention de leurs agissements et mobilise l’armée ailleurs.</p>



<p>«&nbsp;Les civil·e·s dans l’est de la RDC subissent l’immense brutalité des combattant·e·s des ADF. Ceux-ci ont tué, enlevé et torturé dans le cadre d’une campagne de violences déshumanisantes, a déclaré la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard.</p>


<blockquote class="blockquote is-lined"><p>Les civil·e·s dans l’est de la RDC subissent l’immense brutalité des combattant·e·s des ADF</p>
<cite>Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International</cite></blockquote>


<p>«&nbsp;Des combattant·e·s des ADF ont effectué des descentes visant des populations locales et des champs, attaqué des établissements médicaux et pillé et incendié des logements. Les violences perpétrées par les ADF contribuent à l’escalade de la crise humanitaire. Les attaques menées par le groupe ont accru les déplacements et perturbé l’accès à des services de base, notamment l’alimentation, la santé et l’éducation.</p>



<p>«&nbsp;Les attaques incessantes lancées par le groupe soulignent l’ampleur de l’insécurité et des crises concomitantes dans l’est de la RDC et mettent en lumière la nécessité urgente pour l’État et la communauté internationale de redoubler d’efforts afin de protéger les civil·e·s et de traduire en justice les responsables présumés.</p>



<p>«&nbsp;Ces atteintes aux droits humains sont des crimes de guerre que le monde ne saurait continuer d’ignorer. Dans la mesure où elles s’inscrivent dans le cadre d’attaques généralisées et systématiques contre la population civile, elles s’apparentent également à des crimes contre l’humanité.&nbsp;»</p>



<p>Amnesty International a effectué des recherches dans la province du Nord-Kivu en novembre 2025. Au total, elle a interrogé 71&nbsp;personnes, notamment dans le cadre de 61&nbsp;entretiens en présentiel avec des témoins directs et des victimes d’attaques, des membres de la société civile, des responsables de l’armée et de la police, et des acteurs humanitaires, dont l’Organisation des Nations unies (ONU).</p>



<p>Les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) combattent les ADF depuis des années, avec un appui de la <a href="https://monusco.unmissions.org/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener nofollow">Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo</a> (MONUSCO). Les FARDC et les Forces de défense populaires de l’Ouganda (UPDF) ont lancé une opération militaire conjointe contre les ADF en novembre 2021.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>« Ils tiraient sur tout ce qui bougeait. »</strong></h3>



<p>Amnesty International a recueilli des informations sur huit attaques menées par les ADF dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Sept d’entre elles ont eu lieu en 2025, et une en 2024. Des témoins ont indiqué que les autorités chargées de la sécurité, notamment des troupes des FARDC qui se trouvaient sur des bases à proximité, n’avaient pas toujours réagi aux attaques ou étaient arrivées tardivement sur les lieux.&nbsp;</p>



<p>Bien que les ADF attaquent également les forces de sécurité, elles ont fait de la population civile leur principale cible ces dernières années. Les combattant·e·s attaquent délibérément les civil·e·s non seulement pour voler de la nourriture, des médicaments et d’autres produits, mais également à titre de représailles pour des opérations militaires.</p>


<section id="section-3b3efbda" class="section wp-block-amnesty-core-section section--textBlack" style=""><div class="container">

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<figure class="wp-block-image size-full"><div style="position:relative"><img decoding="async" width="993" height="1024" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2.jpg" alt="" class="aiic-ignore wp-image-36192" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2.jpg 993w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-291x300.jpg 291w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-768x792.jpg 768w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-582x600.jpg 582w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-734x757.jpg 734w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-70x72.jpg 70w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-140x144.jpg 140w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-58x60.jpg 58w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-116x120.jpg 116w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-194x200.jpg 194w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-388x400.jpg 388w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-252x260.jpg 252w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-504x520.jpg 504w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-315x325.jpg 315w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-630x650.jpg 630w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_Map-993x1024-2-600x619.jpg 600w" sizes="(max-width: 993px) 100vw, 993px" /></div></figure>
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<p>Le 8&nbsp;septembre 2025, dans le village de Ntoyo, des combattant·e·s des ADF déguisés en civils se sont mêlés aux personnes qui participaient à une veillée funèbre avant de lancer une attaque soudaine. Cette tuerie –&nbsp;perpétrée au moyen de marteaux, de haches, de machettes et d’armes à feu – a fait plus de 60&nbsp;morts, en l’absence des forces de sécurité.</p>



<p>Un témoin a déclaré avoir vu des combattant·e·s tuer sa sœur à la hache. Une autre témoin a déclaré que des combattant·e·s avaient fait irruption chez elle et enlevé ses quatre filles. Une troisième témoin a découvert les corps de ses parents au matin&nbsp;; son père avait été abattu et sa mère frappée avec un marteau. Elle a déclaré&nbsp;: «&nbsp;Je n’avais jamais vu autant de corps.&nbsp;»</p>



<p>Le 12&nbsp;juillet 2025, les ADF ont tué huit personnes lors d’un raid à Otmaber, dans le territoire d’Irumu (Ituri). Une femme a déclaré à Amnesty International que des combattant·e·s avaient ouvert le feu sur elle, son mari et son fils, âgé de sept ans. Elle a expliqué&nbsp;: «&nbsp;Après nous avoir tiré dessus, ils ont commencé à incendier des maisons… [Mon fils] et moi avons lentement rampé jusqu’à une maison qui n’avait pas été brûlée et y avons passé la nuit… Le lendemain matin, [l’armée] n’était toujours pas là. Nous avons dû nous débrouiller seuls.&nbsp;»</p>



<figure class="wp-block-image size-lwi-block-md@2x"><div style="position:relative"><img decoding="async" width="520" height="371" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-520x371.jpg" alt="" class="aiic-ignore wp-image-36183" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-520x371.jpg 520w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-300x214.jpg 300w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-768x547.jpg 768w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-734x523.jpg 734w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-101x72.jpg 101w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-202x144.jpg 202w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-60x43.jpg 60w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-120x86.jpg 120w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-200x143.jpg 200w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-400x285.jpg 400w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-260x185.jpg 260w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-325x232.jpg 325w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-650x463.jpg 650w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral-600x428.jpg 600w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport_Funeral.jpg 800w" sizes="(max-width: 520px) 100vw, 520px" /><div class="image-metadata is-image"></div></div><figcaption class="wp-element-caption">Un volontaire tient une croix alors qu’un membre de la famille le suit sous une pluie battante pendant une cérémonie d’enterrement à Ntoyo, le 10 septembre 2025. (Photo de Seros Muyisa / AFP)<br></figcaption></figure>



<p>Le groupe a également attaqué à plusieurs reprises des établissements médicaux et y a effectué des descentes en vue de voler des fournitures. En novembre 2025, un centre de santé a été pris pour cible dans le village de Byambwe. Au moins 17&nbsp;civil·e·s ont été tués et quatre services de cet établissement médical ont été incendiés. Une personne âgée qui s’est enfuie de l’établissement en rampant a indiqué&nbsp;: «&nbsp;On ne pouvait pas se lever, ils tiraient sur tout ce qui bougeait.&nbsp;»</p>



<p>Plusieurs témoins des attaques ont déclaré faire des cauchemars et éprouver par instants le sentiment de revivre ce qu’elles avaient subi. Une femme a été frappée à la tête à coups de machette et a survécu, mais son enfant a été tué dans l’incendie de leur maison, lors d’une attaque en août 2025. Elle a expliqué&nbsp;: «&nbsp;Je vis en permanence dans la peur.&nbsp;»</p>



<p>Une autre femme victime de la même attaque a déclaré&nbsp;: «&nbsp;Qu’avons-nous fait pour mériter cela&nbsp;? Combien de souffrances devrons-nous encore endurer&nbsp;avant que ça s’arrête&nbsp;?&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Enlèvements et prises d’otages</strong></h2>



<p>Amnesty International a recueilli des informations sur 46&nbsp;enlèvements, dont sept prises d’otages contre rançon. Les personnes enlevées ont subi des atteintes aux droits humains et crimes supplémentaires, notamment du travail forcé, des actes de torture, de l’esclavage sexuel et des homicides illégaux.</p>



<p>Les otages et les autres personnes enlevées sont souvent forcés à porter des chargements et à servir de guide aux ADF. Les combattant·e·s ne leur ont donné que très peu de nourriture, les ont fait marcher des jours et porter de lourdes charges, tout en les insultant et en les frappant. Les personnes montrant des signes d’épuisement étaient souvent tuées.</p>



<p>Les personnes enlevées ont été emmenées d’un camp à un autre au plus profond de la forêt. Celles qui étaient retenues en captivité pendant de longues périodes ont été forcées à s’acquitter de diverses tâches sous peine d’être tuées. Elles étaient notamment chargées d’aller chercher de l’eau et de la nourriture, de cuisiner, d’obtenir des informations, de réceptionner des livraisons, de creuser et d’effectuer diverses tâches pendant des attaques.</p>



<p>Une femme qui s’est échappée fin&nbsp;2024 après une captivité de plus de deux ans a fait le récit suivant à Amnesty International&nbsp;: «&nbsp;Ils nous ont appris à tuer avec des armes et avec des lames… Dans la brousse, il fallait faire ce qu’on nous disait. On ne peut pas être faibles.&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Recrutement et utilisation d’enfants</strong></h2>



<p>Selon l’ONU, les ADF font partie des principaux groupes responsables de recrutement et d’utilisation d’enfants en RDC. Le groupe exploite des enfants à diverses fins, les forçant notamment à prendre part aux combats, à porter des chargements, à cuisiner et à faire le guet. De nombreuses personnes ayant été enlevées ou témoins ont déclaré avoir vu des enfants âgés parfois de 10&nbsp;ans seulement participer aux attaques du groupe.</p>



<p>Amnesty International s’est entretenue avec deux enfants ayant été enlevés et trois jeunes ayant été enlevés alors qu’ils et elles étaient enfants, qui ont toutes et tous été utilisés par les ADF à diverses fins. Ces personnes avaient entre 13&nbsp;et 17&nbsp;ans au moment de leur enlèvement.</p>



<p>Un jeune homme, enlevé lorsqu’il avait 15&nbsp;ans et resté en captivité pendant environ deux ans, a déclaré&nbsp;: «&nbsp;Ils m’ont mis dans un groupe chargé de chercher de la nourriture… Ils nous prêchaient l’islam… Quand c’était l’heure de prier, je priais avec eux. Si on refusait, on risquait d’être tué.&nbsp;»</p>



<p>Une fille enlevée lorsqu’elle avait moins de 15&nbsp;ans a déclaré&nbsp;: «&nbsp;Ils ont commencé à nous enseigner l’arabe car ils étaient musulmans. Après les cours d’arabe, ils nous apprenaient à nous battre. Une fois que nous avions fini notre entraînement, nous commencions à participer à certaines attaques.&nbsp;»</p>



<p>Soumis à de nombreuses atteintes aux droits humains, notamment des actes de torture et d’autres mauvais traitements, ces enfants devraient être considérés avant tout comme des victimes. Ils et elles devraient également bénéficier de mesures de protection supplémentaires en tant que victimes de traite n’ayant pas pu consentir légalement à leur exploitation.</p>







<h3 class="wp-block-heading"><strong>Violences faites aux femmes et aux filles</strong></h3>



<p>Amnesty International s’est entretenue avec cinq femmes et deux filles ayant été enlevées par les ADF et soumises à des «&nbsp;mariages&nbsp;» forcés. Des témoins ont indiqué que les relations «&nbsp;hors mariage&nbsp;» n’étaient pas autorisées. Cependant, plusieurs personnes avec qui l’organisation s’est entretenue ont fait état de cas de violences sexuelles infligées à des femmes et des filles en dehors du «&nbsp;mariage&nbsp;» par des combattants des ADF.</p>



<p>Certaines personnes ont déclaré que les ADF donnaient des «&nbsp;épouses&nbsp;», parfois plusieurs, à des combattants pour encourager le recrutement, et que la pratique était systématique dans les camps du groupe. Les femmes et les filles étaient soumises à des violences sexuelles et physiques pendant des périodes prolongées.</p>



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<figure class="wp-block-image size-full"><div style="position:relative"><img decoding="async" width="892" height="1024" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1.jpg" alt="" class="aiic-ignore wp-image-36185" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1.jpg 892w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-261x300.jpg 261w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-768x882.jpg 768w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-523x600.jpg 523w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-734x843.jpg 734w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-63x72.jpg 63w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-125x144.jpg 125w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-52x60.jpg 52w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-105x120.jpg 105w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-174x200.jpg 174w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-348x400.jpg 348w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-226x260.jpg 226w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-453x520.jpg 453w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-283x325.jpg 283w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-566x650.jpg 566w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/05/DRC_ADFReport-892x1024-1-600x689.jpg 600w" sizes="(max-width: 892px) 100vw, 892px" /><div class="image-metadata is-image"></div></div><figcaption class="wp-element-caption">Une femme a raconté à Amnesty International comment elle a survécu à un coup de machette dans la tête lors d’une attaque par les ADF en août 2025, lors de laquelle sa fille de trois ans est décédée et sa maison a brûlé. © Amnesty International<br></figcaption></figure>
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<p>Plusieurs femmes et filles ont aussi déclaré avoir été converties de force à l’islam et soumises à un endoctrinement à la version de la religion pratiquée par le groupe. Les femmes et les filles ont ajouté que des femmes formatrices et des chefs de camps leur avaient explicitement dit qu’elles devaient accepter les «&nbsp;époux&nbsp;» qui leur avaient été attribués, sous peine d’être tuées. Plusieurs ont été forcées à assister aux meurtres de femmes ayant refusé d’obéir aux ordres.</p>



<p>Une jeune femme qui avait été enlevée lorsqu’elle était adolescente a relaté un échange qu’elle avait eu avec le chef de camp&nbsp;: «&nbsp;J’ai dit que j’étais encore jeune. Il m’a demandé quel âge j’avais. J’ai répondu que j’avais 16&nbsp;ans. Il a dit&nbsp;: “C’est [un âge] suffisant. Ici, on donne des époux à des filles de 12&nbsp;ans. Soit tu acceptes un mari, soit on te tue.”&nbsp;» Elle a évoqué les mauvais traitements qui lui avaient été infligés à maintes reprises par son «&nbsp;époux&nbsp;», qui avait menacé de la «&nbsp;massacrer&nbsp;» si elle tentait de fuir.</p>


<blockquote class="blockquote is-lined"><p>Soit tu acceptes un mari, soit on te tue</p>
<cite>La menace d’un chef de camp envers une jeune femme enlevée quand elle était adolescente</cite></blockquote>


<p>Six des sept femmes et filles qui ont été «&nbsp;mariées&nbsp;» ont indiqué être tombées enceintes du fait de ces mariages forcés. Lorsque ces femmes et ces filles ont réussi à échapper à l’esclavage sexuel et à la servitude domestique, elles ont été soupçonnées et stigmatisées. Une femme a déclaré que ses beaux-parents avaient demandé avec tellement d’insistance que les deux enfants qu’elle avait eus dans la brousse soient tués qu’elle en était presque arrivée à se suicider.</p>



<p>Plusieurs personnes avec qui Amnesty International s’est entretenue ont indiqué qu’elles avaient été confrontées à de graves difficultés économiques après avoir été libérées par le groupe et peinaient à obtenir des soins médicaux et spécialisés.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Recommandations</h3>



<p>Les autorités de la RDC doivent en faire davantage pour protéger les civil·e·s, notamment en travaillant avec l’ONU et les populations locales, afin d’améliorer les mécanismes d’alerte précoce et de permettre une réponse rapide en amont des attaques. Une approche complète de la sécurité, de la justice et de l’obligation de rendre des comptes et un véritable programme de réinsertion sont indispensables pour répondre aux besoins des populations et des victimes.</p>



<p>«&nbsp;Des victimes nous ont dit que la paix et la sécurité devaient être rétablies de toute urgence dans l’est de la RDC, sans quoi elles ne pourraient reconstruire leur vie, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>«&nbsp;Le gouvernement congolais doit prendre des mesures beaucoup plus fortes pour assurer la protection des civil·e·s. La communauté internationale doit aider fermement l’État congolais à redoubler d’efforts pour protéger les civil·e·s, garantir la justice et fournir aux victimes une aide durable sur le long terme. L’indifférence des politiques internationales et des bailleurs de fonds face à la menace grandissante et aux crimes des ADF ne fera que continuer à mettre à mal la sécurité et les droits humains dans l’est de la RDC.&nbsp;»</p>



<h3 class="wp-block-heading">Complément d&rsquo;information</h3>



<p>Les ADF sont nées de la fusion de divers groupes d’opposition dans les années&nbsp;1990 en Ouganda, et se sont ensuite réfugiées au Zaïre (aujourd’hui la RDC). En 2019, l’État islamique a officiellement reconnu l’allégeance des ADF, qui sont alors devenues l’État islamique en Afrique centrale.</p>

</div></section><p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/rdc-les-atteintes-aux-droits-humains-effrenees-commises-par-les-adf-contre-des-civil%c2%b7e%c2%b7s-sont-des-crimes-de-guerre-que-le-monde-ne-saurait-ignorer/">RDC. Les atteintes aux droits humains effrénées commises par les ADF contre des civil·e·s sont des «crimes de guerre que le monde ne saurait ignorer»</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Autriche. La répression contre la solidarité envers les Palestinien·ne·s a un effet dissuasif considérable</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/autriche-la-repression-contre-la-solidarite-envers-les-palestinien%c2%b7ne%c2%b7s-a-un-effet-dissuasif-considerable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 08:17:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
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		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=35957</guid>

					<description><![CDATA[<p>Autriche. La répression contre la solidarité envers les Palestinien·ne·s a un effet dissuasif considérable Les mesures prises par les autorités autrichiennes à l’encontre de personnes exprimant leur solidarité avec les Palestinien·ne·s pendant le génocide dont ils sont victimes à Gaza ont un effet dissuasif sur le droit à la liberté d’expression, écrit Amnesty International dans [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/autriche-la-repression-contre-la-solidarite-envers-les-palestinien%c2%b7ne%c2%b7s-a-un-effet-dissuasif-considerable/">Autriche. La répression contre la solidarité envers les Palestinien·ne·s a un effet dissuasif considérable</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:40px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading">Autriche. La répression contre la solidarité envers les Palestinien·ne·s a un effet dissuasif considérable</h2>



<p>Les mesures prises par les autorités autrichiennes à l’encontre de personnes exprimant leur solidarité avec les Palestinien·ne·s pendant le génocide dont ils sont victimes à Gaza ont un effet dissuasif sur le droit à la liberté d’expression, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport. En outre, ces dispositions se traduisent par des violations des droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique.</p>



<p>Intitulé <em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/03/amnesty-bericht_austria_freedom-of-expression-is-highly-selective.pdf">‘Freedom of expression is highly selective’: Austria limits expressions of solidarity with Palestinians,</a></em> ce rapport identifie de multiples facteurs &#8211; notamment des restrictions injustifiées de la liberté d’expression et la crainte suscitée par des accusations générales d’antisémitisme dans un contexte de racisme, y compris d’islamophobie – qui s’entremêlent pour entraver la liberté d’expression en Autriche en ce qui concerne la solidarité avec les Palestinien·ne·s, entre autres parmi les militant·e·s, les ONG et les institutions universitaires.</p>



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<p>« L’effet paralysant s’est installé et affecte grandement la capacité et la volonté des gens d’exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien ou de critiquer les actions du gouvernement israélien à Gaza, a déclaré Shoura Hashemi, directrice d’Amnesty International Autriche.</p>



<p>« En Autriche, comme dans d’autres régions d’Europe, il existe un risque que l’antisémitisme soit instrumentalisé et politisé. Assimiler la critique de l’État d’Israël à de l’antisémitisme peut entraîner des atteintes à la liberté d’expression et rétrécir l’espace dont dispose la société civile pour exprimer des critiques, tout en fragilisant la lutte contre le véritable antisémitisme. »</p>



<p>S’appuyant sur 19 entretiens avec des militant·e·s, des journalistes, des représentant·e·s d&rsquo;ONG et des universitaires, le rapport note que bon nombre de ces personnes et associations de la société civile risquent d&rsquo;être qualifiées d&rsquo;« antisémites » lorsqu&rsquo;elles critiquent les violations du droit international commises par Israël.</p>



<p>Si les préjugés anti-musulmans sont un sujet de préoccupation de longue date en Autriche, des sources gouvernementales et des organisations de la société civile rapportent que, depuis octobre 2023, les incidents racistes ont augmenté à travers le pays, en particulier le racisme anti-palestinien. Une personne austro-palestinienne a décrit cette bascule survenue après octobre 2023 en ces termes : « Il y a eu un énorme changement avec le 7 octobre [2023]… J&rsquo;ai toujours l&rsquo;impression de devoir me justifier quand quelqu&rsquo;un me parle. » Malgré les recommandations d’experts de l&rsquo;ONU, l&rsquo;Autriche n&rsquo;a pas mis en place de plan d&rsquo;action national pour lutter contre le racisme, y compris le racisme anti-musulman.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Répression des manifestations</h4>



<p>Depuis le début du génocide perpétré par Israël contre les Palestiniens à Gaza, ceux qui, en Autriche, ont manifesté pacifiquement contre ce génocide se sont heurtés à de multiples écueils et à de graves restrictions de leurs droits à la liberté d&rsquo;expression et de réunion pacifique.</p>



<p>Par exemple, ce type de restrictions illégales s’appliquent en raison du slogan largement répandu « Du fleuve jusqu’à la mer, la Palestine sera libre » ; les autorités policières ont interdit au moins sept rassemblements à Vienne au motif que ce slogan risquait d’y être scandé. De plus, il fait l’objet d’un décret non public émis par le ministère de la Justice : le simple fait de le scander justifie un soupçon initial d’« approbation d’infractions terroristes » et possiblement l’ouverture d’une enquête. Alors que diverses organisations utilisent ce slogan, qui revêt diverses significations, la Stratégie nationale de lutte contre l’antisémitisme l’assimile à un appel à nier l’existence de l’État d’Israël.</p>



<p>En vertu du droit international relatif aux droits humains, les restrictions du droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique doivent respecter certains critères, notamment être prévues par une loi accessible au public et suffisamment claire et précise. Interdire certaines expressions ne peut se faire que si celles-ci atteignent un seuil élevé et constituent une incitation à la discrimination, à l&rsquo;hostilité ou à la violence contre un groupe donné.</p>



<p>Au cours des dernières années, le Conseil national autrichien, tout comme les conseils municipaux de Vienne et de Graz, a adopté plusieurs résolutions non contraignantes contre le mouvement  Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), certaines le qualifiant d&rsquo;antisémite. Cependant, selon la Cour européenne des droits de l&rsquo;homme, un appel au boycott est protégé au titre du droit à la liberté d&rsquo;expression.</p>



<p>Ces résolutions, qui ne sont pas juridiquement contraignantes, bénéficient toutefois du soutien de tous les partis politiques au Parlement et font office de lignes directrices faisant autorité. En qualifiant d’antisémite le mouvement  Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), elles portent atteinte au droit à la liberté d’expression ; en effet, des militants et des organisations de la société civile ont déclaré à Amnesty International craindre des poursuites judiciaires, des campagnes de dénigrement ou la perte de financements publics s’ils expriment leur soutien au BDS.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Instrumentalisation de la définition de travail de l’antisémitisme par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA)</h4>



<p>La définition de travail de l&rsquo;antisémitisme proposée par l&rsquo;Alliance internationale pour la mémoire de l&rsquo;Holocauste (IHRA) n&rsquo;est pas conforme au droit international relatif aux droits humains ; elle est usitée afin de restreindre les critiques légitimes à l&rsquo;égard des violations des droits des Palestiniens imputables au gouvernement israélien.</p>



<p>Des experts des Nations unies, des universitaires et des organisations de la société civile, dont Amnesty International, ont critiqué cette définition de travail, qui n’est pas compatible avec le droit international relatif aux droits humains. Principale préoccupation, elle assimile critique légitime d&rsquo;Israël et antisémitisme, ce qui risque d&rsquo;avoir un effet dissuasif et de restreindre la liberté d&rsquo;expression et de réunion pacifique. Autre danger, elle limite la politique et les initiatives de l&rsquo;Autriche en matière de lutte contre l&rsquo;antisémitisme sur son territoire.</p>



<p>Bien que cette définition ne soit pas juridiquement contraignante en Autriche, elle a une grande influence sur les politiques et les pratiques. Elle représente la conception de l&rsquo;antisémitisme retenue dans plusieurs documents gouvernementaux, notamment dans les politiques visant à lutter contre l&rsquo;antisémitisme dans le pays.</p>



<p>Parmi les personnes interrogées par Amnesty International, dont des militants juifs, sept ont explicitement pointé l’adoption par l’Autriche de la définition de travail de l&rsquo;antisémitisme proposée par l&rsquo;Alliance internationale pour la mémoire de l&rsquo;Holocauste (IHRA) comme l’une des raisons pour lesquelles les manifestations de solidarité envers les Palestiniens étaient limitées.</p>



<p>« La lutte contre l’antisémitisme est essentielle et doit s’inscrire dans le respect du droit international relatif aux droits humains. C’est le seul moyen de parvenir à une compréhension commune du problème et de ses causes, et à des mesures efficaces afin d’y remédier. Sinon, nous risquons de remplacer la discrimination contre un groupe par la discrimination contre un autre, et d’attiser la haine au lieu de la combattre », a déclaré Shoura Hashemi. </p>



<h4 class="wp-block-heading">Restriction de l’espace pour les expressions de solidarité avec les Palestinien·ne·s</h4>



<p>Ce rapport souligne que les organisations de la société civile et les universitaires disposent d’une marge de manœuvre de plus en plus restreinte pour exprimer leur solidarité avec les Palestinien·ne·s. Deux organisations ont déclaré craindre de perdre leur financement public si elles dénoncent les violations des droits humains commises par les autorités israéliennes à l’encontre des Palestiniens. Dans plusieurs cas, des responsables politiques ont publiquement remis en cause l’éligibilité d’ONG au financement public en raison de leurs prises de positions.</p>



<p>« Les autorités autrichiennes doivent adopter un plan d’action national contre le racisme et ne plus diffuser la définition de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) par le biais de leurs politiques et pratiques. Elles doivent abroger le décret réglementant le slogan  » Du fleuve à la mer  » et aligner toute restriction du droit à la liberté d’expression sur le droit international relatif aux droits humains. Enfin, elles doivent respecter et protéger le droit de défendre le mouvement  Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) en tant que forme légitime d’expression politique », a déclaré Shoura Hashemi.</p>



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<section id="section-b0f32048" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack" style=""><div class="container">

<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information </h4>



<p>En avril 2023, Amnesty International comptait parmi plus de 100 organisations qui ont appelé les Nations unies à se garder d’approuver ou d’adopter la définition de travail de l’antisémitisme proposée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).</p>

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		<title>Éthiopie. Les autorités doivent enquêter sur les violences sexuelles, exécutions sommaires et actes de torture perpétrés par des combattants de l’Armée de libération oromo</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/ethiopie-les-autorites-doivent-enqueter-sur-les-violences-sexuelles-executions-sommaires-et-actes-de-torture-perpetres-par-des-combattants-de-larmee-de-liberation-oromo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 16:52:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualite]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=35936</guid>

					<description><![CDATA[<p>Éthiopie. Les autorités doivent enquêter sur les violences sexuelles, exécutions sommaires et actes de torture perpétrés par des combattants de l’Armée de libération oromo Avertissement : ce communiqué de presse contient des descriptions de violences sexuelles et d’actes de torture. Des membres de l’Armée de libération oromo, en Éthiopie, ont soumis des femmes et des [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
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<h2 class="wp-block-heading">Éthiopie. Les autorités doivent enquêter sur les violences sexuelles, exécutions sommaires et actes de torture perpétrés par des combattants de l’Armée de libération oromo</h2>



<p><strong><mark style="background-color:#000" class="has-inline-color has-white-color">Avertissement : ce communiqué de presse contient des descriptions de violences sexuelles et d’actes de torture.</mark></strong></p>



<p>Des membres de l’Armée de libération oromo, en Éthiopie, ont soumis des femmes et des filles à des violences sexuelles, se rendant coupables de viols, de viols en réunion, d’esclavage sexuel, d’exécutions sommaires et de destructions de biens civils, agissements susceptibles de constituer des crimes de guerre, dans le contexte du conflit ayant commencé dans la région Oromia en 2019, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse rendue publique vendredi 6 mars.</p>



<p>Ce document, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/03/No-One-Came-to-My-Rescue_Formatted_FINAL_.pdf"><strong><em>No one came to my rescue: Gang rape, sexual slavery and mass displacement of women in Oromia, Ethiopia</em></strong></a>, fait état des atrocités commises contre des civil·e·s, en particulier des femmes et des filles, par le groupe armé de l’Armée de libération oromo dans les districts de Sayo et Anfillo de la zone de Kellem Wallaga, entre 2020 et 2024. « Cela fait sept ans que dans un climat de secret permis par le blocage des communications et des médias, des combattants causent d’immenses souffrances aux civil·e·s dans l’Oromia. Non seulement ces violations répétées sont épouvantables, mais il est en outre possible qu’elles constituent des crimes de guerre », a déclaré Tigere Chagutah, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnesty International. « Les organismes de suivi des droits humains, à l’échelle internationale et africaine, continuent à détourner le regard. Ils doivent demander que les autorités éthiopiennes diligentent immédiatement des enquêtes impartiales et rigoureuses sur ces atrocités, dans le but d’amener tous les responsables à rendre des comptes, et de fournir aux victimes une possibilité d’obtenir justice et réparations. »</p>



<p>« L’Armée de libération oromo doit immédiatement adresser à tous ses combattants l’ordre de respecter le droit international humanitaire et le droit international relatif aux droits humains. Elle doit aussi désarmer et démobiliser les combattants et/ou unités s’étant rendus coupables de violences sexuelles, d’autres formes de torture, d’homicides, de déplacements forcés et d’autres crimes au regard du droit international. »</p>



<p>Des affrontements opposant l’Armée de libération oromo (OLA) &#8211; l’ancienne aile militaire du Front de libération oromo (FLO) -, les Forces de défense nationale éthiopiennes (ENDF) et les forces régionales de sécurité de l’Oromia alliées, ont éclaté en 2019, et ce conflit continue à avoir de très lourdes répercussions sur la population civile.</p>



<p>Pour cette synthèse, Amnesty International a recueilli les propos de 10 victimes de viols en réunion, dont sept étaient mineures au moment des agressions. L’organisation a également reçu les témoignages de prestataires de santé, et ont examiné les dossiers médicaux des victimes.</p>



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</div>



<h4 class="wp-block-heading">« Ils nous violaient tous les jours, deux fois par jour »</h4>



<p>Sur les 10 victimes ayant parlé à Amnesty International, cinq ont également connu l’esclavage sexuel. Neuf ont été agressées par des combattants de l’Armée de libération oromo (OLA), tandis qu’une a subi des violences de la part de soldats des Forces de défense nationale éthiopiennes et de membres de l&rsquo;OLA.</p>



<p>Deux des victimes sont tombées enceintes des suites de ces viols.</p>



<p>Ces femmes ont décrit avec de nombreux détails déchirants des agressions brutales ayant duré des jours, voire des semaines.</p>



<p>Lalistu* et sa fille Sebontu*, alors âgée de 12 ans, ont été retenues captives pendant trois semaines dans une grotte avec les mains attachées à un arbre, et ont été violées par plusieurs membres de l’OLA.</p>



<p>« Ils nous violaient tous les jours, deux fois par jour. Vers 11 heures et 18 heures. Je commençais à avoir peur quand ces moments approchaient chaque jour. Ils me disaient : « Tu vas mourir. Tu ne rentreras jamais chez toi » », a déclaré Sebontu*, maintenant âgée de 17 ans.</p>



<p>« Pendant trois semaines, 15 hommes m’ont violée et ont violé mon enfant. Ils le faisaient à tour de rôle », a déclaré Lalistu à Amnesty International.</p>



<p>Une autre victime, Anisa*, qui était enceinte au moment de l’entretien (des suites de ces violences sexuelles), a en outre été réduite en esclavage sexuel par des combattants de l’OLA fin 2024. Elle a déclaré à Amnesty International que les combattants venaient régulièrement la chercher chez elle et l’amenaient dans la brousse, où ils lui faisaient subir des viols en réunion. C’est seulement après qu’elle a eu des problèmes de santé que les combattants ont cessé ces violations.</p>



<p>Plusieurs victimes ont déclaré à Amnesty International que des combattants de l’OLA les avaient violées à titre de représailles, car leur mari, frère ou père travaillait au sein des forces gouvernementales. Elles ont également dit à Amnesty qu’elles ont été forcées à quitter leur domicile après ces violences sexuelles ; lorsque certaines ont refusé de partir, leur maison a été incendiée.</p>



<p>Deux victimes ont déclaré que des combattants ont aussi tué des hommes de leur famille, notamment le mari de Lalistu, exécuté pour avoir essayé de la protéger, ainsi que leur fille de 12 ans.</p>



<p>« Ils lui ont tiré dessus [et l’ont abattu] lorsque nous avons atteint la forêt. Je ne me suis même pas retournée pour le regarder après qu’ils l’ont tué », a déclaré Lalistu*.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Réduites au silence</h4>



<p>Ces 10 victimes et l’enfant d’une personne rescapée, qui a subi des passages à tabac, ont dit continuer à souffrir des traumatismes physiques causés par les violences qui leur ont été infligées. Ces personnes redoutaient cependant de solliciter une aide médicale, par exemple pour une interruption de grossesse et un dépistage d’infections sexuellement transmissibles, par crainte de représailles de la part des combattants de l’OLA et des autorités, et de la réprobation sociale associée aux violences sexuelles.</p>



<p>Les victimes ont réclamé que ces violations prennent fin, que justice soit rendue et que l’obligation de rendre des comptes soit respectée. L’une d’elles a déclaré : « S’il est possible de les retrouver, j’espère que justice sera faite, afin que ce qui nous est arrivé, à moi et à d’autres, puisse cesser. »</p>



<p>Du fait des restrictions imposées par les gouvernements au niveau fédéral et régional en Éthiopie, il est presque impossible pour des acteurs nationaux ou internationaux de déterminer l’étendue véritable des violations commises contre les civil·e·s depuis que le conflit a éclaté en Oromia.</p>



<p>« Ces actes lâches ont été en partie permis par un blocage des communications, qui a dissimulé au reste du monde les atrocités persistantes commises contre les civil·e·s. Ce n’est pas la première fois que les autorités éthiopiennes recourent à la censure en temps de crise. Il est probable que le tableau complet de la situation soit encore plus affligeant », a déclaré Tigere Chagutah.</p>



<p>« Les atrocités recensées par Amnesty International en Oromia ont été perpétrées dans un climat d’impunité, sans susciter la moindre réaction si ce n’est le silence des partenaires et voisins de l’Éthiopie. Cette synthèse devrait alerter sur le fait que le silence ne mène à rien d’autre que la souffrance des civil·e·s. Le cycle des violences contre les civil·e·s, en particulier les femmes et les filles, doit cesser. »</p>



<p class="has-text-align-right"><em>*Les noms ont été modifiés pour protéger l’identité des victimes.</em></p>
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		<title>Israël et Territoire palestinien occupé. Une crise sanitaire négligée touche les personnes âgées à Gaza dans le contexte du blocus maintenu par Israël sur l’aide et les médicaments</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/israel-et-territoire-palestinien-occupe-une-crise-sanitaire-negligee-touche-les-personnes-agees-a-gaza-dans-le-contexte-du-blocus-maintenu-par-israel-sur-laide-et-les-medicaments/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=35365</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une enquête de HelpAge International révèle l’impact sur la santé physique et mentale des personnes âgées Une grave pénurie d’aliments nutritifs, de médicaments et d’hébergements contribue à des conditions de vie inhumaines « Les droits et les besoins des personnes âgées à Gaza ne doivent pas être ignorés » – Erika Guevara-Rosas À Gaza, les [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list"><li><strong>Une enquête de HelpAge International révèle l’impact sur la santé physique et mentale des personnes âgées</strong></li><li><strong>Une grave pénurie d’aliments nutritifs, de médicaments et d’hébergements contribue à des conditions de vie inhumaines</strong></li><li><strong>« Les droits et les besoins des personnes âgées à Gaza ne doivent pas être ignorés » – Erika Guevara-Rosas</strong></li></ul>



<p>À Gaza, les personnes âgées subissent une crise négligée concernant leur santé physique et mentale dans le contexte du blocus maintenu par Israël sur l’aide et les médicaments essentiels et de la récente interdiction de certaines organisations humanitaires, révèlent les recherches de HelpAge International et d’Amnesty International.</p>



<p>Lors d<a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/02/Pushed-Beyond-Their-Limits-The-survival-of-older-people-in-Gaza.pdf">’une enquête</a> sur la santé menée par HelpAge International, des personnes âgées ont déclaré que la pénurie de nourriture les avait amenées à sauter des repas, notamment pour que d’autres membres de leur famille puissent manger, et d’autres ont indiqué devoir rationner leurs médicaments pour de graves problèmes médicaux car elles ne pouvaient pas s’en procurer suffisamment.</p>



<p>Des personnes âgées déplacées ont par ailleurs expliqué à Amnesty International que leurs difficultés d’accès à des aliments nutritifs, à un hébergement adapté et aux soins médicaux en raison du blocus maintenu par les autorités israéliennes avaient de très graves conséquences. Les personnes interrogées par l’organisation avaient été déplacées à de multiples reprises depuis octobre 2023.</p>



<p>« Pendant les conflits armés, les besoins des personnes âgées sont souvent négligés. À Gaza, elles subissent une dégradation sans précédent de leur état de santé physique et mentale directement liée aux conditions de vie qui leur sont délibérément imposées par Israël pour aboutir à la destruction physique de la population palestinienne sur ce territoire, a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice générale de la recherche, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnesty International.</p>



<p>« L’enquête de HelpAge International révèle que les restrictions illégales, cruelles et inhumaines qu’Israël maintient à l’entrée de l’aide vitale ont un impact sur la capacité des personnes âgées à obtenir des soins et des médicaments essentiels pour elles et limitent leur accès à des aliments nutritifs et des hébergements adaptés.</p>



<p>« Les droits et les besoins des personnes âgées à Gaza ne doivent pas être ignorés. Beaucoup continuent d’endurer des conditions de vie dégradantes et une situation humanitaire dramatique à la suite de la destruction de leurs logements et des déplacements répétés. Les autorités israéliennes doivent lever leur blocus immédiatement et sans condition pour permettre d’acheminer librement des produits essentiels, y compris des médicaments et des matériaux pour construire des abris.</p>



<p>Durant les mois d’hiver, les Palestinien·ne·s de Gaza – qui vivent pour la plupart dans des tentes délabrées ou des abris de fortune – ont également subi des débordements d’eaux usées et d’eaux de pluie tout en étant exposés à des vents violents. Israël a en outre suspendu les autorisations de 37 ONG présentes à Gaza et en Cisjordanie à partir du 1er janvier, en leur ordonnant de cesser leurs activités sous 60 jours.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Conclusions de l’enquête de HelpAge International</h3>



<p>HelpAge International a interrogé 416 personnes âgées à Gaza et publié ses conclusions le 5 février dans un nouveau rapport intitulé<em><span style="text-decoration: underline"><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/02/Pushed-Beyond-Their-Limits-The-survival-of-older-people-in-Gaza.pdf"> Pushed Beyond Their Limits: The survival of older people in Gaza</a></span></em>. Dans un contexte de grave privation alimentaire et d’effondrement des services essentiels, les personnes âgées sont confrontées à des risques spécifiques et souvent négligés. Leurs besoins demeurent majoritairement invisibles. Parmi les principales conclusions du rapport figurent les suivantes :</p>



<ul class="wp-block-list"><li><strong>Les personnes âgées vivent dans des conditions extrêmes de privation de logement :</strong></li></ul>



<p>76 % de celles interrogées vivaient dans des tentes, qui étaient souvent gravement surpeuplées, et 84 % ont déclaré que leurs conditions de vie actuelles nuisaient à leur santé et à leur intimité.</p>



<ul class="wp-block-list"><li><strong>Les déplacements sont incessants et déstabilisants :</strong></li></ul>



<p>79 % ont été déplacées plus de trois fois depuis octobre 2023, ce qui a perturbé le soutien apporté par leur famille et augmenté leur isolement.</p>



<ul class="wp-block-list"><li><strong>Les problèmes de santé sont courants et majoritairement non pris en charge :</strong></li></ul>



<p>Malgré la prévalence élevée des douleurs et maladies chroniques, l’accès aux médicaments était extrêmement limité ; 42 % des personnes interrogées parvenaient à s’en procurer « parfois » et 18 % « rarement », tandis que 68 % avaient réduit ou arrêté leur traitement en raison du manque de stock. L’accès aux soins en général restait à un niveau très bas ; seulement 17 % des personnes ont fait état d’une pleine disponibilité des soins médicaux, et la prise en charge des maladies chroniques était le service qui manquait le plus souvent (dans 31 % des cas).</p>



<ul class="wp-block-list"><li><strong>L’insécurité alimentaire est élevée et peut mettre leur vie en danger :</strong></li></ul>



<p>La moitié des personnes interrogées ont déclaré que l’accès à l’aide était plus facile depuis le cessez-le-feu, mais encore 11 % n’avaient pas mangé au cours des dernières 24 heures et 48 % avaient réduit leur ration pour que d’autres personnes puissent manger.</p>



<ul class="wp-block-list"><li><strong>La santé mentale est mise à rude épreuve et a des effets directs sur l’alimentation :</strong></li></ul>



<p>77 % des personnes ont déclaré que la tristesse, l’anxiété, la solitude ou les insomnies avaient diminué leur appétit et nui à leur bien-être.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« La vie est devenue encore plus difficile. »</h3>



<p>Ces conclusions ont été corroborées par les recherches d’Amnesty International, qui s’est entretenue avec 12 personnes âgées originaires de plusieurs régions de la bande de Gaza occupée vivant toujours dans des tentes au sein de camps pour personnes déplacées à proximité de la ville de Zawaida, où les conditions de vie sont extrêmement dures. Dans la plupart des cas, un membre de leur famille a facilité la communication avec la personne âgée, beaucoup d’entre elles ayant un handicap ou nécessitant une aide pour utiliser un smartphone.</p>



<p>Les personnes interrogées ont déclaré avoir été contraintes d’arrêter ou de rationner leurs médicaments pour des maladies chroniques, car soit ils étaient devenus indisponibles, soit leur prix avait triplé voire quadruplé. D’après l’Organisation mondiale de la santé, au mois d’octobre 2025, moins de 14 des 36 hôpitaux de Gaza fonctionnaient partiellement et moins d’un tiers des services de rééducation étaient ouverts, ce qui limitait fortement l’accès aux soins des personnes âgées.</p>



<p>Certaines personnes âgées avaient perdu beaucoup de poids et la plupart étaient dépendantes des cantines communautaires, qui ne fournissaient pas toujours des aliments adaptés à leurs besoins nutritionnels. Le terrain des camps pour personnes déplacées, souvent irrégulier et sablonneux, empêchait les personnes utilisant des fauteuils roulants ou des déambulateurs de se déplacer librement, ce qui les rendait totalement dépendantes de leurs proches.</p>



<p>Mohammed Bili, 61 ans, a été déplacé sept fois depuis octobre 2023. Il a besoin d’une dialyse trois fois par semaine. Cependant, la structure où il se rendait auparavant a été détruite et il ne reçoit plus que deux dialyses par semaine, qui durent moins longtemps. Il peine à circuler en fauteuil roulant dans le camp et a perdu près de 20 kilos.</p>



<p>Il a déclaré à Amnesty International : « Je souffre de raideur extrême dans les bras et de faiblesse musculaire en raison du fait que je ne peux pas accéder à la dialyse aussi fréquemment qu’il le faudrait. »</p>



<p>Samira Al Shawa, 88 ans, utilisait un déambulateur pour se déplacer de manière autonome. Elle vit aujourd’hui dans un camp pour personnes déplacées, où elle ne peut plus marcher du tout sur le terrain sablonneux. Elle passe la plupart du temps allongée sur un lit improvisé dans sa tente. Des cantines communautaires fournissent de la nourriture à sa famille, mais celle-ci est insuffisante et ne couvre pas ses besoins nutritionnels. Elle a perdu une vingtaine de kilos depuis octobre 2023.</p>



<p>Sadiqa Al Barrawi, environ 90 ans, a été déplacée trois fois depuis octobre 2023. Elle vit actuellement dans une tente au sein du camp pour personnes déplacées d’Al Salam avec son fils, sa belle-fille et leurs quatre enfants. En allant aux toilettes une nuit de janvier 2025, elle est tombée et s’est blessée. À présent, elle ne peut plus se tenir debout ni marcher. Elle a déclaré à Amnesty International : « La vie est devenue encore plus difficile depuis. »</p>



<p>Sadiqa souffre de diabète et d’hypertension. Elle a perdu environ 25 kilos et dépend des cantines communautaires pour se nourrir. Elle a ajouté : « Nous sommes des paysans. Dans notre village, nous avions des terres et les meilleurs aliments frais – et maintenant nous n’avons plus rien. »</p>



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<section id="section-b82752ca" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack section--small" style=""><div class="container">

<h3 class="wp-block-heading">Complément d’information</h3>



<p>Les personnes de plus de 60 ans représentent environ 5 % de la population de Gaza. Selon le ministère palestinien de la Santé, début décembre 2025, 4 813 personnes âgées avaient été tuées à Gaza depuis octobre 2023, mais ce chiffre ne comprend pas les décès indirects, par exemple liés à la destruction d’infrastructures médicales. D’après un rapport de l’UNWRA, de nombreuses personnes âgées ont perdu le contact avec les personnes qui s’occupaient d’elles en raison des hostilités ou lors des déplacements. Amnesty International a constaté que les personnes âgées sont exposées à des risques accrus dans les situations de conflit armé et que leurs besoins humanitaires sont systématiquement ignorés.</p>



<p>En décembre 2024, Amnesty International a conclu qu’Israël était en train de commettre un génocide à Gaza, après avoir établi que cet État avait perpétré des actes interdits par la Convention sur le génocide avec l’intention spécifique de détruire la population palestinienne de Gaza, en perpétrant des homicides et des atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale ainsi qu’en soumettant délibérément cette population à des conditions de vie destinées à entraîner sa destruction physique.</p>



<p>Malgré une réduction de l’ampleur des attaques depuis l’accord de cessez-le-feu d’octobre 2025, on ne constate aucun changement significatif dans les conditions infligées par Israël aux Palestinien·ne·s à Gaza et rien n’indique que l’intention israélienne de commettre un génocide ait changé.</p>

</div></section><p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/israel-et-territoire-palestinien-occupe-une-crise-sanitaire-negligee-touche-les-personnes-agees-a-gaza-dans-le-contexte-du-blocus-maintenu-par-israel-sur-laide-et-les-medicaments/">Israël et Territoire palestinien occupé. Une crise sanitaire négligée touche les personnes âgées à Gaza dans le contexte du blocus maintenu par Israël sur l’aide et les médicaments</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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