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	<title>Changement climatique Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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	<title>Changement climatique Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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		<title>Namibie. Des Angolais·e·s déplacés par la sécheresse sont victimes de violations des droits humains</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Sep 2026 09:43:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Namibie. Des Angolais·e·s déplacés par la sécheresse sont victimes de violations des droits humains Des femmes et des enfants angolais déplacés en Namibie par la sécheresse sont exposés à de graves violations des droits fondamentaux, découlant de l’absence de voies de migration légales pour les personnes contraintes à franchir les frontières par des catastrophes naturelles, [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Namibie. Des Angolais·e·s déplacés par la sécheresse sont victimes de violations des droits humains</h2>



<p>Des femmes et des enfants angolais déplacés en Namibie par la sécheresse sont exposés à de graves violations des droits fondamentaux, découlant de l’absence de voies de migration légales pour les personnes contraintes à franchir les frontières par des catastrophes naturelles, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport.</p>



<p>Ce document, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/AFR4213902026ENGLISH.pdf"><strong>The Drier it Gets, the Longer You Have to Walk: The Human Rights Impacts of Drought-Induced Displacement on Angolan Women and Children in Namibia</strong></a>, fait état des conséquences dévastatrices des sécheresses récurrentes dans le sud de l’Angola, et des impacts sur les droits fondamentaux des personnes déplacées en Namibie, notamment la crainte persistante d’être arrêtées, détenues et expulsées, ce qui influe sur leurs décisions quotidiennes concernant l’obtention de soins de santé ou d’autres services.</p>



<p>« Les autorités namibiennes doivent adopter une démarche fondée sur les droits face à la migration, afin de garantir que les personnes déplacées par la sécheresse et d’autres catastrophes naturelles puissent exercer leurs droits fondamentaux, notamment la possibilité de se faire enregistrer et d’obtenir des papiers », a déclaré Tigere Chagutah, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnesty International.</p>



<p>« La protection d’Angolais·e·s déjà marginalisés, obligés de se rendre en Namibie à la recherche de moyens de subsistance, n’est pas qu’une question humanitaire. Il s’agit d’une crise des droits humains exigeant une solidarité internationale, notamment une protection juridique contre le « refoulement » », a déclaré Tigere Chagutah.</p>



<p>Entre mai 2024 et mai 2026, Amnesty International a recueilli les propos d’au moins 167 personnes, parmi lesquelles des personnes déplacées, des responsables communautaires, des représentant·e·s du gouvernement, des représentant·e·s d’organisations de la société civile, des universitaires et des membres de l’équipe pays des Nations unies.</p>



<p>Au moment de la publication de ce communiqué, le gouvernement namibien n’avait pas répondu aux demandes de commentaires d’Amnesty International.</p>



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<h4 class="wp-block-heading">« Plus il fait sec, plus il faut marcher longtemps, plus il faut creuser profond »</h4>



<p>Le sud de l’Angola, en particulier les provinces de Cunene, Huíla et Namibe, est une des régions les plus durement touchées par des sécheresses à répétition, situation exacerbée par El Niño.</p>



<p>Ces conditions, associées à des défaillances structurelles de longue date, ont fragilisé les systèmes pastoraux et agricoles traditionnels, miné la résilience des personnes et contraint celles-ci à migrer vers la Namibie afin d’y chercher sécurité, nourriture, eau, travail et services essentiels.</p>



<p>Touchés de manière disproportionnée, femmes et enfants entreprennent souvent ces périples alors que ceux-ci sont très risqués.</p>



<p>Un jeune militant en faveur du climat a déclaré à Amnesty International que les déplacements induits par la sécheresse ne sont pas simplement l’histoire de personnes « fuyant la sécheresse », mais une réaction rationnelle face à des systèmes en plein effondrement. « Plus il fait sec, plus il faut marcher longtemps, plus il faut creuser profond », a-t-il dit.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La réaction namibienne face au déplacement d’Angolais·e·s</h4>



<p>Le rapport indique que les moyens dont disposent les Angolais·e·s déplacés par la sécheresse pour faire régulariser leur séjour en Namibie sont limités, car les lois en vigueur relatives à l’immigration et la protection ne reflètent pas les réalités des déplacements causés par le changement climatique. Cela a poussé de nombreuses personnes à passer la frontière de manière irrégulière à la recherche de nourriture, d’eau, de pâturages, de soins de santé, de soutien familial et de travail, à la suite de sécheresses qui anéantissent les cultures, le bétail et les moyens de subsistance.</p>



<p>En 2026, le programme de contrôle de la migration du ministère namibien de l’Intérieur a annoncé que plus de 1 000 ressortissant·e·s angolais avaient été renvoyés en Angola, après qu’il a été établi que leur présence dans le pays était irrégulière au regard de la législation relative à l’immigration.</p>



<p>Le 4 juin 2025, Amnesty International a vu les autorités namibiennes réunir une quarantaine d’Angolais·e·s, parmi lesquels des femmes et des enfants, dans un centre associatif d’Opuwo, et les conduire le jour même à la frontière, à Ruacana, à plus de 100 kilomètres &#8211; pour les remettre aux autorités angolaises, sans leur proposer d’évaluation individuelle, d’informations sur l’asile ou de possibilités de protection, ni avoir effectué d’évaluation des risques à leur retour. L’absence d’examen individuel soulève de graves inquiétudes, compte tenu de l’interdiction des expulsions collectives et du principe de « non-refoulement ».</p>



<p>Dans d’autres cas, des mineur·e·s angolais ont en outre été soumis à des retours forcés sous l’égide du gouvernement, sans que les informations disponibles ne permettent d’établir si les garanties requises ont été respectées.</p>



<p>Le rapport indique que le cadre juridique en vigueur en Namibie en matière d’immigration ne répond pas de manière adéquate aux besoins des personnes déplacées au-delà des frontières de leur pays par la sécheresse. Si les personnes détentrices d’un passeport angolais peuvent entrer sur le territoire namibien sans visa, en passant par des postes frontières officiels pour des durées limitées, cela ne prévoit pas le droit de travailler, un séjour plus long, ni une procédure dédiée pour l’obtention d’une protection.</p>



<p>De nombreuses personnes issues de communautés frontalières touchées par la sécheresse ne possèdent par ailleurs pas de passeport ni d’autres documents d’identité, et empruntent des points de passage informels. Une fois arrivées en Namibie sans statut régulier, les possibilités pour régulariser leur séjour sont limitées. Des milliers d’Angolais·e·s vivent ainsi dans la crainte d’être arrêtés, placés en détention et expulsés, une peur qui influe sur leurs décisions quotidiennes, notamment sur l’opportunité de chercher à obtenir soins de santé et autres services.</p>



<p>Amnesty International a constaté que pour les personnes vivant déjà dans le nord de la Namibie, les conditions de logement, d’accès à l’eau et d’assainissement étaient très insuffisantes au regard du droit international et des normes internationales. De nombreuses familles vivent dans des abris de fortune, construits à partir de branches, de plastique et de carton, dans des conditions de grande promiscuité ou, dans certains cas, sans aucun abri.</p>



<p>Le rapport explique en détail comment les Angolais·e·s sans papiers se voyaient facturer des frais plus élevés que les Namibien·ne·s à l’hôpital, ce qui les poussait à retarder leur prise en charge jusqu’à ce que la maladie s’aggrave, voire à éviter complètement les cliniques par crainte que les établissements de santé ne soient liés aux services de contrôle de l’immigration.</p>



<p>« Nous n’y allons que lorsque la douleur est insupportable ; sinon, nous restons allongés et nous attendons », a déclaré une femme.</p>



<p>Amnesty International exhorte les autorités namibiennes à respecter leurs obligations en vertu du droit international et régional, en veillant à ce que les Angolais·e·s déplacés puissent bénéficier de protections juridiques, notamment de l’enregistrement et de documents nécessaires pour faire valoir leurs droits. Les autorités publiques doivent procéder à des évaluations individuelles avant les expulsions, et prendre en compte les risques liés au retour pour la sécurité des personnes.</p>



<p>Les États à revenus élevés, historiquement grands émetteurs, ont des obligations accrues en matière d’action climatique, tandis que les États qui en ont la possibilité doivent apporter leur coopération et leur aide au niveau international, notamment par un financement climatique adéquat, en fonction de leurs capacités, afin de soutenir des pays tels que l’Angola et la Namibie dans leurs efforts d’adaptation, de préparation à la sécheresse, de renforcement de la résilience, et de gestion des pertes et préjudices.</p>



<p>« Cette réalité souligne la nécessité pour la communauté internationale de reconnaître l’injustice à laquelle ces communautés sont confrontées et d’y répondre par une coopération et un soutien solides. Cela ne peut pas attendre », a déclaré Tigere Chagutah.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le manquement de l’Angola au devoir d’investir dans l’adaptation et la préparation</h4>



<p>Les investissements de l’Angola dans l’adaptation au changement climatique, la préparation à la sécheresse et la protection des moyens de subsistance sont restés inégaux en raison de financements limités, d’une faible capacité institutionnelle, d’infrastructures de surveillance climatique inadéquates et d’une dépendance persistante vis-à-vis des programmes d’urgence et de résilience soutenus par les donateurs.</p>



<p>Le rapport montre que les lacunes dans les systèmes d’alerte précoce, les infrastructures hydrauliques, le soutien vétérinaire et les mécanismes de protection sociale ont contribué à l’érosion progressive des systèmes pastoraux et d’agriculture de subsistance.</p>



<p>« La sécheresse et les risques croissants liés au changement climatique ne peuvent dispenser le gouvernement de son obligation légale de protéger les droits des personnes à la vie, à l’alimentation, à l’eau, à la santé, à un environnement sain et à un niveau de vie adéquat », a déclaré Tigere Chagutah.</p>



<p>« Les autorités angolaises doivent prendre des mesures d’urgence afin d’honorer leurs obligations légales, en mettant en place des mesures de protection destinées aux personnes touchées par la sécheresse, grâce à des mécanismes de préparation à la sécheresse et d’adaptation au changement climatique, et pour protéger les communautés menacées de déplacement. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Contexte</h4>



<p>Entre janvier et juillet 2021, plus de 7 000 Angolais·e·s, principalement des femmes, notamment des femmes enceintes et allaitantes, ainsi que des enfants et des personnes âgées, ont franchi la frontière pour se rendre dans le nord de la Namibie, après plusieurs années consécutives de sécheresse et d’insécurité alimentaire graves dans le sud de l’Angola. La sécheresse et l’insécurité alimentaire ont continué à contribuer aux mouvements transfrontaliers au cours des années suivantes, notamment lors de nouvelles périodes de sécheresse grave en 2023 et 2024. L’ampleur réelle des déplacements liés à la sécheresse au cours de cette période reste toutefois inconnue, du fait de l’absence de systèmes complets d’accueil, d’enregistrement ou de collecte de données.</p>




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		<title>Nigeria. Des documents de Shell révèlent l’existence d’un pipeline « en piteux état », des puits « introuvables » et des coûts de démantèlement s’élevant à 9,5 milliards d’euros, tandis que le scandale lié à la pollution prend de l’ampleur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2026 07:55:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Responsabilité des entreprises]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nigeria. Des documents de Shell révèlent l’existence d’un pipeline « en piteux état », des puits « introuvables » et des coûts de démantèlement s’élevant à 9,5 milliards d’euros, tandis que le scandale lié à la pollution prend de l’ampleur Shell doit répondre de décennies de pollution dans le delta du Niger, après que des [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Nigeria. Des documents de Shell révèlent l’existence d’un pipeline « en piteux état », des puits « introuvables » et des coûts de démantèlement s’élevant à 9,5 milliards d’euros, tandis que le scandale lié à la pollution prend de l’ampleur</h2>



<p>Shell doit répondre de décennies de pollution dans le delta du Niger, après que des documents internes de l’entreprise ont révélé des règles bafouées, des infrastructures défaillantes et des coûts de dépollution non couverts qui risquent de faire porter le fardeau aux populations touchées, dénonce une coalition d’organisations de défense des droits humains et de l’environnement, dont Amnesty International, dans un nouveau rapport publié le 29 juillet 2026.</p>



<p>Ce rapport, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/NIGERIA-LIFTING-THE-LID-FINAL.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Nigeria: Lifting the Lid</strong></a>, analyse des documents internes de Shell – courriels, audits, présentations et compte-rendu confidentiels – divulgués dans le cadre d’une procédure judiciaire au Royaume-Uni, qui révèle un scandale plus vaste en termes de droits humains que précédemment dénoncé. Alors que d’après Shell, ses activités respectaient les normes internationales, ces documents mettent en évidence les préoccupations concernant une complicité présumée de l’armée nigériane dans les vols d’hydrocarbures, une collusion présumée entre personnel et sous-traitants, des dérogations aux normes de sécurité, une négligence chronique des risques identifiés concernant l’intégrité des oléoducs, des données manquantes sur les puits, l’absence de détection des fuites et des contrôles déficients des déversements.</p>



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<p>Shell connaissait les risques liés au vieillissement et aux fuites de ses infrastructures, notamment d’un vieil oléoduc qualifié en interne de « cas désespéré », mais les a maintenues en fonction. Elle a par la suite décidé de céder ses activités terrestres plutôt que de faire face aux coûts colossaux liés au nettoyage et au démantèlement, celui-ci ayant été estimé en interne à 9,5 milliards d’euros. D’après une autre présentation interne, la pollution a endommagé 375 km² de mangroves.</p>



<p>Amnesty International a adressé un courrier à Shell le 3 juillet 2026 pour lui faire part de ses conclusions en lien avec les documents divulgués. Shell a répondu au rapport d’Amnesty en ces termes : « Nous ne nous reconnaissons pas dans la description et le portrait que vous faites de Shell. L’entreprise s’engage à faire preuve d’honnêteté, d’intégrité et de respect envers les gens, et à mener ses activités de manière éthique et transparente ». Shell affirme que ces conclusions ne reflètent pas « le contexte opérationnel difficile qui prévalait à l’époque dans le delta du Niger ». Sa réponse complète figure dans le rapport.</p>



<p>« Shell a longtemps pointé du doigt les vols et les actes de sabotage comme cause majeure de la pollution du delta du Niger. Cependant, ces documents coupent court à des années de déni et soulèvent de graves questions : que savait Shell, qu’a-t-elle laissé faire, et a-t-elle par la suite cherché à se soustraire aux coûts liés à son héritage toxique, a déclaré Isa Sanusi, directeur d’Amnesty International Nigeria.</p>



<p>« Ce scandale ne se résume pas à des “détournements” illégaux ou des vols d’hydrocarbures. Le véritable scandale, c’est la quête de profits de Shell au détriment des droits des populations. Shell était prête à accepter</p>



<p>une dégradation de l’environnement au Nigeria qui n’aurait pas été tolérée ailleurs, et ses propres documents viennent aujourd’hui contredire des années de dénégations publiques. » Ce rapport est publié par Amnesty International, en collaboration avec The Corner House, Hawkmoth, HEDA Resource Centre, Kebetkache Women Development &amp; Resource Centre, Miideekor Environmental Development Initiative (MEDI), Recommon et Social Action. Pour les populations touchées, ces conclusions confirment ce que beaucoup clament depuis des décennies : la pollution pétrolière a causé des dégradations au niveau de l’eau, des terres agricoles, des aires de pêche, de la santé et des moyens de subsistance, tandis que les entreprises continuaient d’engranger des bénéfices et de nier toute responsabilité.</p>



<p>« On ne peut pas permettre à Shell d’extraire le pétrole, d’empocher les bénéfices et de laisser la pollution derrière elle. Les habitant·e·s du delta du Niger ont droit à la vérité, à la justice, à des opérations de nettoyage et à des réparations », a déclaré Olanrewaju Suraju, président du HEDA Resource Centre, une ONG nigériane spécialisée dans la gouvernance et la justice environnementale.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Inquiétudes quant à une implication dans les vols de pétrole, les infractions aux règles et les infrastructures défaillantes</h4>



<p>D’après les documents, alors que Shell imputait les vols de pétrole à des gangs criminels, ses responsables autorisaient le maintien de raccordements illégaux sur les oléoducs, car leur retrait aurait « entraîné un temps d’arrêt considérable du réseau », et donc la suspension temporaire de flux rentables de pétrole brut. Un cadre de Shell écrivait en 2013 que cela avait conduit les forces nigérianes chargées de la sécurité des oléoducs à accuser Shell d’être « complice » des vols de pétrole « car nous ne retirons pas les points de détournement ». Cette année-là, une présentation de Shell évoquant les répercussions de ces détournements illégaux, posait la question suivante : « Pouvons-nous continuer à produire en toute bonne conscience, sachant que cela entraînera inévitablement de nouveaux dommages environnementaux ? »</p>



<p>En outre, ce rapport révèle que Shell a exempté sa filiale nigériane, la Shell Petroleum Development Company (SPDC), de certains aspects clés de ses normes mondiales en matière de santé et de sécurité, afin que le pétrole puisse continuer de circuler dans des oléoducs endommagés, lors même qu’ils n’étaient pas jugés sûrs au regard des règles de sécurité de Shell. Cette approche, d’après un haut responsable de Shell, n’aurait pas été acceptée ailleurs. Des documents internes indiquent que les dirigeants soupçonnaient des membres du personnel et des sous-traitants d’être impliqués dans des vols d’hydrocarbures ; un courriel contenait d’ailleurs cet avertissement : « Nous devons partir du principe que les voleurs ont facilement accès aux données de planification de la SPDC. »</p>



<p>Des audits internes ont révélé de graves lacunes dans la gestion des pipelines de Shell, notamment un important retard dans les travaux de maintenance, des systèmes de surveillance défaillants et un suivi insuffisant des colliers de fixation que Shell avait autorisés en tant que réparations permanentes sur des pipelines présentant des fuites. Plus de 1 600 colliers ont été comptabilisés, y compris des vieux dont on ignorait l’emplacement.</p>



<p>Enfin, une étude technique réalisée en 2012 a révélé que les conduites de la Shell Petroleum Development Company (SPDC) étaient censées être remplacées tous les 15 ans, mais que cette consigne « n’était pas respectée » et que seules des « interventions de dépannage » étaient réalisées.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Puits de pétrole « introuvables », surveillance lacunaire et contrôles déficients des déversements</h4>



<p>En 2014, un rapport interne adressé au PDG de Shell de l’époque indiquait que « des centaines » de puits terrestres de la SPDC ne figuraient pas dans son système de suivi électronique des puits, ou que leur état n’avait pas pu être vérifié. Shell a par la suite lancé « une campagne de recherche de puits », qui a permis de recenser 750 interventions de maintenance en retard et contribué à une note d’audit « non satisfaisante ». Un rapport de 2013 a également conclu que les pipelines de la SPDC ne disposaient d’aucun système de surveillance en temps réel, alors que la détection précoce des déversements et la limitation de la contamination sont essentielles pour réduire la pollution. Sans cette surveillance, les fuites – hormis les ruptures majeures – peuvent passer sous les radars.</p>



<p>« Un géant des énergies fossiles incapable de vérifier l’emplacement et l’intégrité de centaines de puits et de colliers de fixation des pipelines, et qui ne se dote pas d’un système efficace de détection des fuites, perd toute crédibilité lorsqu’il affirme que la pollution est sous contrôle. Shell doit cesser de se soustraire à ses responsabilités », a déclaré Emem Okon, de l’association Kebetkache Women Development &amp; Resource Centre, basée au Nigeria, qui œuvre en faveur des droits des femmes et de la justice environnementale.</p>



<p>Shell martèle que la pollution est principalement due aux vols d’hydrocarbures, mais ses documents le contredisent et montrent que le personnel n’était pas dûment équipé pour déterminer si les déversements étaient dus à la corrosion ou à l’intervention de tiers. Ce qui a son importance : en effet, les entreprises sont tenues de nettoyer les déversements quelles qu’en soient les causes, mais la législation nigériane dispose que les populations touchées n’ont droit à une indemnisation que si les déversements sont classés comme découlant des activités et non d’un sabotage ou d’un vol.</p>



<p>« Pour les habitant·e·s qui réclament justice, les contrôles déficients des déversements réalisés par Shell peuvent faire la différence : être indemnisés ou abandonnés à leur sort », a déclaré Celestine Akpobari de MEDI, une ONG impliquée dans la lutte du peuple ogoni qui milite pour la restauration de l’environnement et la justice.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Un pipeline « en piteux état » est resté rempli de pétrole brut</h4>



<p>Le rapport explique que Shell n’a pas dûment procédé à la mise hors service de l’ancien oléoduc principal de Nembe Creek après son remplacement en 2010. Selon un courriel interne datant de 2014, environ 80 km de l’ancien pipeline étaient encore remplis de pétrole brut stagnant, on recensait six fuites opérationnelles depuis 2010 et les contraintes budgétaires empêchaient son démantèlement. D’après ce courriel, le pipeline était « en piteux état » et, si des mesures n’étaient pas prises d’urgence, d’autres fuites se produiraient. La réponse semblait confirmer que l’absence de démantèlement était principalement due à des raisons financières, tout en reconnaissant la nécessité d’agir pour réduire l’impact environnemental et la responsabilité.</p>



<p>« Shell savait que ses infrastructures vieillissantes présentaient des fuites et devaient être mises hors service, mais les documents laissent à penser que les mesures ont été retardées pour des raisons financières. Les habitant·e·s n’auraient jamais dû être contraints de vivre dans la pollution simplement parce qu’une entreprise ne voulait pas payer pour nettoyer les dégâts qu’elle avait causés », a déclaré Simon Taylor, cofondateur de Hawkmoth, une ONG basée aux Pays-Bas qui milite pour une transition juste et responsable vers l’abandon des combustibles fossiles, en s’appuyant sur son expérience dans la lutte contre les violations commises par les industries pétrolières et gazières, notamment au Nigeria.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><div style="position:relative"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="800" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-1024x800.jpg" alt="" class="aiic-ignore wp-image-36772" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-1024x800.jpg 1024w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-300x234.jpg 300w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-768x600.jpg 768w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-1536x1200.jpg 1536w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-2048x1600.jpg 2048w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-734x574.jpg 734w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-92x72.jpg 92w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-184x144.jpg 184w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-60x47.jpg 60w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-120x94.jpg 120w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-200x156.jpg 200w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-400x313.jpg 400w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-260x203.jpg 260w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-520x406.jpg 520w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-325x254.jpg 325w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-650x508.jpg 650w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Map-of-Shells-pipeline-network-in-the-Niger-Delta-600x469.jpg 600w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></div></figure>



<h4 class="wp-block-heading">Cession et coûts de démantèlement non couverts s’élevant à 9,5 milliards d’euros</h4>



<p>Un rapport interne adressé en 2014 au PDG de l’époque de Shell estimait que le démantèlement de l’ensemble des installations existantes de la Shell Petroleum Development Company (SPDC) pourrait prendre des</p>



<p>décennies et coûter 9,5 milliards d’euros, soit l’équivalent de 12 milliards d’euros aujourd’hui, visiblement sans compter les coûts de nettoyage. Une autre présentation interne sur les déversements d’hydrocarbures passés recensait 375 km² de mangroves touchées et se demandait si Shell avait « l’envie » de s’attaquer à ce « problème à durée indéterminée ». Shell a ensuite vendu la SPDC à Renaissance Africa Energy en 2025, malgré les inquiétudes quant aux capacités de la nouvelle société, le manque d’informations financières publiques et la nécessité de recourir à des prêts garantis de Shell à hauteur de 1 milliard d’euros pour financer l’acquisition.</p>



<p>« La cession opérée par Shell ne doit pas devenir une issue de secours pour l’entreprise. Après avoir tiré profit pendant des décennies du pétrole du delta du Niger, Shell ne doit pas transférer les risques liés au vieillissement des infrastructures et à la pollution historique aux populations ou à un acquéreur dont la capacité reste incertaine. Elle doit payer sa juste part, qu’elle ait ou non “l’envie” d’assumer ses responsabilités », a déclaré Isaac Osuoka, directeur de Social Action, une organisation qui milite en faveur de la justice environnementale, des droits des populations et de l’obligation de rendre des comptes dans le delta du Niger.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Dépollution, réparations et réforme</h4>



<p>Amnesty International et ses organisations partenaires engagent les autorités nigérianes à remanier en profondeur le système de contrôle de leur industrie pétrolière, à réclamer des audits accessibles de toutes les infrastructures en service et désaffectées, et à créer un fonds de réserve doté de ressources suffisantes pour dépolluer le delta du Niger.</p>



<p>« Shell compte parmi les plus grandes entreprises du monde appartenant à des investisseurs privés dans le secteur des énergies fossiles. Ses documents sont désormais publics. La question est de savoir si les gouvernements en prendront acte, a déclaré Isa Sanusi. Les Nigérian·e·s, outre cette pollution pétrolière inacceptable, sont confrontés à une chaleur extrême, à des inondations meurtrières et à des phénomènes météorologiques extrêmes liés au réchauffement climatique induit par l’utilisation du produit phare de Shell : les combustibles fossiles. Le Nigeria doit restructurer la surveillance de l’industrie pétrolière, tandis que les autorités britanniques et néerlandaises doivent enquêter afin de déterminer si Shell a induit en erreur ses actionnaires, les autorités de régulation et les populations touchées quant à la réalité de ses activités et de ses responsabilités. Shell doit cesser de se retrancher derrière la vente, révéler la vérité, financer les opérations de dépollution et les réparations, et veiller à ce que les habitant·e·s concernés obtiennent enfin justice. »</p>



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</div>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>En 2015, les communautés Ogale et Bille ont intenté une action en justice au Royaume-Uni à l’encontre de Shell Plc et de la SPDC en raison de la grave pollution pétrolière. L’affaire de la communauté de Bille doit passer en jugement en mars 2027.</p>



<p>Le rapport intitulé Nigeria: Lifting the Lid analyse des documents de Shell, datant de 2008 à 2014, dont 27 documents expurgés rendus publics en avril 2026 après que les ONG Hawkmoth, Heda Resource Centre et Oil Change International – Royaume-Uni en aient fait la demande dans l’intérêt général, ainsi que d’autres informations issues d’une affaire judiciaire de mai 2026.</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/nigeria-des-documents-de-shell-revelent-lexistence-dun-pipeline-en-piteux-etat-des-puits-introuvables-et-des-couts-de-demantelement-selevant-a/">Nigeria. Des documents de Shell révèlent l’existence d’un pipeline « en piteux état », des puits « introuvables » et des coûts de démantèlement s’élevant à 9,5 milliards d’euros, tandis que le scandale lié à la pollution prend de l’ampleur</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>Monde. Les énormes pipelines de données qui alimentent les principaux systèmes d’IA générative reposent intrinsèquement sur des intrusions massives dans la vie privée</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/monde-les-enormes-pipelines-de-donnees-qui-alimentent-les-principaux-systemes-dia-generative-reposent-intrinsequement-sur-des-intrusions-massives-dans-la-vie-privee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 16:26:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Responsabilité des entreprises]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Monde. Les énormes pipelines de données qui alimentent les principaux systèmes d’IA générative reposent intrinsèquement sur des intrusions massives dans la vie privée Des entreprises extraient des quantités astronomiques de précieuses données en ligne en moissonnant illégalement le web pour élaborer leurs produits d’intelligence artificielle (IA) générative, ce d’une manière qui permet des intrusions massives [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/monde-les-enormes-pipelines-de-donnees-qui-alimentent-les-principaux-systemes-dia-generative-reposent-intrinsequement-sur-des-intrusions-massives-dans-la-vie-privee/">Monde. Les énormes pipelines de données qui alimentent les principaux systèmes d’IA générative reposent intrinsèquement sur des intrusions massives dans la vie privée</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></description>
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<h2 class="wp-block-heading">Monde. Les énormes pipelines de données qui alimentent les principaux systèmes d’IA générative reposent intrinsèquement sur des intrusions massives dans la vie privée</h2>



<p>Des entreprises extraient des quantités astronomiques de précieuses données en ligne en moissonnant illégalement le web pour élaborer leurs produits d’intelligence artificielle (IA) générative, ce d’une manière qui permet des intrusions massives dans la vie privée, rendant ces systèmes illégaux par leur conception même, a déclaré Amnesty International dans un nouveau rapport ce jeudi 28 mai.</p>



<p>Ce rapport, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/POL-40_0996_2026-English.pdf"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Unlawful by Design: Exposing the Human Rights Costs of Generative AI</strong></em></span></a>, fait état des graves risques liés au moissonnage et au traitement de données à grande échelle qui servent à mettre au point et entraîner ces systèmes, notamment les atteintes au droit à la vie privée inhérentes à la conception des outils concernés et les conséquences négatives pour l’environnement et les populations marginalisées de longue date.</p>



<p>« Des entreprises du monde entier proposent des produits d’IA générative mais, derrière l’image d’efficacité et de modernité qui est mise en avant, ces systèmes perpétuent les intrusions massives dans la vie privée par le moissonnage illégal de données sur le web – processus automatisé qui consiste à extraire des données, y compris personnelles, à partir de sites Internet, notamment des images et des traces laissées par les activités sur les réseaux sociaux, pour entraîner les modèles d’IA, a déclaré Likhita Banerji, responsable de l’Algorithmic Accountability Lab (Laboratoire pour la reddition de comptes quant à l’utilisation des algorithmes).</p>



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<p>« Les pipelines de données d’extraction, les choix inhérents à la conception faits par les entreprises technologiques et les chaînes d’approvisionnement reposant sur l’exploitation qui servent à élaborer les systèmes d’IA générative ont permis la création d’un modèle de développement technologique qui s’accompagne d’un risque d’atteintes massives aux droits humains. »</p>



<p>Amnesty International a mené des recherches sur les modèles qui alimentent certains des outils autonomes d’IA générative les plus prisés du grand public, dont GPT 3 (OpenAI), Gemini (Google), Llam (Meta), DeepSeek et les outils mis au point par Midjourney et Stable Diffusion.</p>



<p>Ces systèmes reposent sur l’extraction d’informations issues de milliards de messages et d’images publics en ligne, souvent sans le consentement explicite des personnes qui apparaissent dans ces contenus ou en sont à l’origine. Non seulement cela porte intrinsèquement atteinte au droit à la vie privée mais, à mesure que les ensembles de données alimentant les modèles d’IA se développent, les contenus haineux et discriminatoires qui figurent dans leurs résultats s’en trouvent également amplifiés, de même que les stéréotypes et les préjugés négatifs, en particulier ceux fondés sur la race ou le genre.</p>



<p>Les biais liés à la race, au genre et à la culture sont des caractéristiques récurrentes des systèmes d’IA générative ; ils découlent du fait que les données d’entraînement sont extraites en grande partie du web et sont par conséquent polluées par les préjugés réels que subissent les populations marginalisées de longue date. En outre, les systèmes d’IA générative comportent des risques pour le droit à la liberté de pensée car ils sont capables d’influencer les opinions des utilisateurs·trices et de façonner leurs convictions personnelles au moyen de suggestions prédictives. Cela est d’autant plus vrai pour les modèles de grande ampleur, qui reposent sur un énorme volume de données d’entraînement.</p>



<p>« Ces choix ne sont pas une fatalité. Nous devons remettre en cause les choix de conception faits par les entreprises qui élaborent des systèmes d’IA générative à partir de données d’entraînement, notamment de données personnelles, qui sont extraites sans le consentement des personnes intéressées et à grande échelle, a déclaré Likhita Banerji.</p>



<p>« Il s’agit de l’une des pratiques les plus scandaleuses des entreprises d’IA qui agissent au mépris des droits humains, et ce problème doit être pris à bras-le-corps sans tarder. Il est encore possible d’impulser une autre trajectoire au développement technologique si les autorités prennent de toute urgence des mesures correctives. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Un coût environnemental élevé</h4>



<p>Le développement des entreprises d’IA générative s’amplifie et s’accélère, de même que les besoins en matière d’infrastructures et les coûts environnementaux qui en découlent.</p>



<p>Pour fonctionner, les modèles à grande échelle ont des besoins de traitement élevés qui nécessitent des puces à plus forte concentration d’énergie, des centres de données de plus grande envergure et, par conséquent, davantage d’énergie et d’eau. La production d’IA générative a souvent des conséquences néfastes pour les populations marginalisées de longue date étant donné que les terres et les ressources qui leur appartiennent sont exploitées pour construire des centres de données et satisfaire les besoins de traitement.</p>



<p>Le rapport sur la durabilité publié par l’entreprise Google elle-même en 2024 indiquait une hausse stupéfiante de 48 % de ses émissions de gaz à effet de serre depuis 2019, imputable aux centres de données et aux chaînes d’approvisionnement. De même, les émissions de Microsoft ont augmenté de 29 % entre 2020 et 2024 du fait des processus opérés par les centres de données à l’appui de l’IA.</p>



<p>L’utilisation intensive de ressources pour la production d’IA générative a amené plusieurs communautés, de Cerrillos (Chili) à Querétaro (Mexique), en passant par l’Arizona (États-Unis d’Amérique), à s’opposer à l’installation de centres de données dans des zones déjà gravement touchées par des sécheresses et des pénuries d’électricité.</p>



<p>Dans le cadre de son processus de recherche, Amnesty International a écrit à Google, OpenAI, Meta, Stability AI, Midjourney et DeepSeek pour que ces entreprises puissent exercer leur droit de réponse face aux conclusions du rapport de recherche, selon lequel leurs modèles reposent sur le moissonnage illégal de données en ligne, outre de nombreuses autres préoccupations quant aux droits humains.</p>



<p>Amnesty International a également écrit à Intel et VMware à propos des risques de discrimination et à Google, Microsoft et Amazon au sujet des préjudices environnementaux associés à leurs systèmes d’IA générative et aux infrastructures sur lesquelles ils s’appuient. Au moment de la publication du rapport, seuls Microsoft, Amazon, Intel, OpenAI et Meta avaient répondu à Amnesty International. Leurs réponses sont résumées dans le rapport.</p>



<p>Amnesty International appelle les États à interdire les systèmes autonomes d’IA générative dont la création repose sur le moissonnage illégal de données en ligne – activité qui consiste à collecter en bloc et à grande échelle des données d’entraînement sur Internet. Les entreprises doivent cesser sans délai de moissonner illégalement et sans le consentement des personnes concernées des données personnelles sur le web aux fins de l’entraînement de l’IA, et les États doivent amener les entreprises à répondre de leur participation à de quelconques atteintes aux droits humains liées à leurs choix de conception et leur modèle d’activité.</p>



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</div>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Le rapport fournit une analyse, sous l’angle des droits humains, des pipelines de données qui alimentent les produits d’IA générative, notamment les étapes de collecte, d’analyse et de traitement des données, qui sont cruciales pour le fonctionnement général de ces systèmes. Plus particulièrement, il décrit dans le détail les paramètres et les incidences des choix de conception liés aux données d’entraînement des modèles d’IA générative, en mettant l’accent sur les méthodes et les sources concernant la collecte et le traitement des données, la transposition du modèle à plus grande échelle et les résultats issus des données.</p>



<p>Amnesty International entend par outils autonomes d’IA générative les produits conçus, déployés et commercialisés exclusivement et spécifiquement dans l’optique de leurs capacités d’IA générative, comme les robots conversationnels, les générateurs d’image/de vidéo/d’audio/de texte, etc. Elle n’y inclut pas les suites de produits dans lesquelles l’IA générative n’est qu’une caractéristique ou une fonctionnalité additionnelle, telles que les logiciels de traitement de texte comprenant une option d’IA générative.</p>
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		<title>Tchad. Les autorités échouent à résoudre les affrontements meurtriers entre éleveurs et agriculteurs dans un contexte de crise climatique</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/tchad-les-autorites-echouent-a-resoudre-les-affrontements-meurtriers-entre-eleveurs-et-agriculteurs-dans-un-contexte-de-crise-climatique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Nov 2025 12:05:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=34832</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les autorités tchadiennes n’ont pas protégé les victimes des affrontements armés opposant les éleveurs et agriculteurs, ni leur droit à la vérité, à la justice et aux réparations, a déclaré Amnesty International dans un nouveau rapport. « Vivre de la terre et mourir pour elle : violations des droits humains liées aux conflits entre éleveurs [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les autorités tchadiennes n’ont pas protégé les victimes des affrontements armés opposant les éleveurs et agriculteurs, ni leur droit à la vérité, à la justice et aux réparations, a déclaré Amnesty International dans un nouveau rapport.</p>



<p><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/AFR-2002882025_FR-final_.pdf"><em><span style="text-decoration: underline">« Vivre de la terre et mourir pour elle : violations des droits humains liées aux conflits entre éleveurs et agriculteurs au Tchad »</span></em></a> documente sept épisodes de violence entre éleveurs et agriculteurs – provoqués notamment par les pressions liées au changement climatique – dans quatre provinces entre 2022 et 2024. Ils ont fait 98 morts, plus de 100 blessés et ont laissé des centaines de familles sans domicile ni source de revenus. Les victimes de ces affrontements ces dernières années se comptent par milliers, selon les données des Nations unies.</p>



<p>« Face aux violences récurrentes entre éleveurs et agriculteurs, les autorités échouent à protéger la population de manière adéquate. Les forces de sécurité réagissent souvent tardivement, et les personnes soupçonnées d’avoir commis des meurtres, des pillages et des destructions de biens sont rarement traduites en justice. Cela alimente un sentiment d’impunité et de marginalisation au sein des communautés », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



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</div>



<h3 class="wp-block-heading">Des violences meurtrières dans un contexte de changement climatique</h3>



<p>Le 26 août 2019, dans le village de Sandana, dans le Moyen-Chari, un conflit qui avait débuté par l’intrusion de bétail dans un champ a pris une tournure dramatique : sept personnes ont été tuées, huit blessées et plus de 140 têtes de bétail ont été volées. Le 9 février 2022, une autre attaque dans le même village a fait 13 morts.</p>



<p>Plusieurs attaques moins médiatisées sont documentées dans le rapport, notamment celle de Pala Koudja, dans le Logone Occidental. Le 30 août 2024, l’intrusion répétée d’un troupeau dans un champ a déclenché une violente altercation entre éleveurs et agriculteurs, faisant trois morts et sept blessés. Pendant la nuit, des individus non identifiés ont incendié 53 maisons.</p>



<p>Les tensions entre éleveurs et agriculteurs sont exacerbées par la pression démographique, les effets du changement climatique induit par les activités humaines, en particulier sur les déplacements des troupeaux, et la concurrence pour l’accès aux ressources naturelles. La hausse des températures dans le centre du pays a conduit de nombreux éleveurs à se déplacer plus au sud pour faire paître leurs troupeaux ou à s’installer dans les provinces méridionales, tandis que les agriculteurs cherchent à étendre et à diversifier leur production.</p>



<p>Les affrontements sont souvent déclenchés par des incidents tels que le piétinement des champs par le bétail ou des cultures qui bloquent les couloirs de transhumance, et peuvent affecter des communautés entières.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Nous avons déposé les corps sur la route pour protester »</h3>



<p>Les autorités peinent à réagir rapidement pour protéger la population, malgré les alertes des communautés lorsque les conflits s’enveniment, et l’augmentation du budget du ministère de la Sécurité publique depuis 2022. Le ministre en fonction en mai 2023 a confirmé qu’il y avait « des retards d’intervention lorsque des villages sont attaqués ».</p>



<p>Un leader communautaire d’un village du Logone Oriental a déclaré : « depuis 2014, nous avons un problème avec les éleveurs, et je l’ai signalé au chef de canton et au sous-préfet [représentants de l’administration locale], mais aucune réponse n’a été apportée. En 2023, nous avons été attaqués par un groupe d’hommes armés. Le bilan a été de 18 morts et 11 blessés. Nous étions en colère et nous avons déposé les corps sur la route pour protester. »</p>



<p>Malgré l’existence de mécanismes de prévention et de gestion des conflits mis en place par les autorités, leur manque de coordination et leur inefficacité structurelle limitent leur capacité à prévenir et à résoudre les conflits. De plus, des témoignages indiquent que certains administrateurs locaux possèdent du bétail et le confie à des éleveurs armés. Cet arrangement compromet la neutralité administrative et facilite les abus.</p>



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</div>



<h3 class="wp-block-heading">Un besoin urgent de réponses structurelles</h3>



<p>Bien que plusieurs cas de violences entre éleveurs et agriculteurs aient donné lieu à des poursuites judiciaires, l’impunité reste une caractéristique marquante de ces affaires. Sur les sept vagues d’affrontements documentées dans le rapport, seules trois ont abouti à des procès. Trente-sept personnes ont été condamnées à l’issue de ces procès.</p>



<p>« En vertu des lois et normes régionales et internationales relatives aux droits humains, l’État tchadien a l’obligation de garantir la sécurité de tous dans le pays, d’enquêter sur les crimes, d’en traduire les responsables en justice et de veiller à ce que les victimes de ces crimes aient effectivement accès aux tribunaux », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Les effets du changement climatique ne feront qu’accroître les affrontements entre éleveurs et agriculteurs. Il est donc d’autant plus urgent de trouver des solutions structurelles et durables fondées sur les droits humains. Cela nécessite de renforcer la présence des forces de l’ordre, de mettre en œuvre une politique proactive de désarmement, d’établir un cadre juridique cohérent pour la transhumance, de redynamiser les comités conjoints de prévention des conflits et de mettre en œuvre un plan national d’adaptation au changement climatique. »</p>


<section id="section-d5d673b3" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack section--small" style=""><div class="container">

<h3 class="wp-block-heading">Contexte</h3>



<p>Ce rapport s’appuie sur des recherches menées entre mars 2023 et septembre 2025 dans 14 villages de quatre provinces du sud du Tchad. Amnesty International a interrogé 110 personnes, dont 70 victimes et/ou témoins de conflits. Les conclusions du rapport ont été transmises aux autorités tchadiennes le 25 juin 2025. Au moment de la publication du rapport, Amnesty International n’avait reçu aucune réponse.</p>

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		<title>Monde. Les infrastructures liées aux combustibles fossiles mettent en péril les droits de deux milliards de personnes et des écosystèmes vitaux</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/monde-les-infrastructures-liees-aux-combustibles-fossiles-mettent-en-peril-les-droits-de-deux-milliards-de-personnes-et-des-ecosystemes-vitaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Nov 2025 15:09:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un travail de cartographie inédit, associé à des recherches qualitatives menées dans plusieurs pays, révèle la gravité et l’ampleur des potentiels préjudices causés par l’industrie. 520 millions d’enfants vivent dans un rayon de 5 km autour d’infrastructures liées aux énergies fossiles, notamment dans de potentielles « zones sacrifiées ». Pollution et pillage culturel au moyen [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list"><li><strong>Un travail de cartographie inédit, associé à des recherches qualitatives menées dans plusieurs pays, révèle la gravité et l’ampleur des potentiels préjudices causés par l’industrie.</strong></li><li><strong>520 millions d’enfants vivent dans un rayon de 5 km autour d’infrastructures liées aux énergies fossiles, notamment dans de potentielles « zones sacrifiées ».</strong></li><li><strong>Pollution et pillage culturel au moyen de la contrainte, l’intimidation et la délégitimation des défenseur·e·s des droits liés à la terre et à l’environnement.</strong></li></ul>



<p>Les infrastructures liées aux combustibles fossiles constituent un risque pour la santé et les moyens de subsistance d’au moins deux milliards de personnes, soit environ un quart de la population mondiale, écrivent Amnesty International et Better Planet Laboratory dans un nouveau rapport sur les préjudices causés par l’industrie des énergies fossiles au climat, aux personnes et aux écosystèmes à travers le monde.</p>



<p>Ce rapport, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/11/POL3004382025_FR.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span style="text-decoration: underline">Extraction Extinction. Pourquoi le cycle de vie des énergies fossiles menace la vie, la nature et les droits humains</span></a>, démontre que le cycle de vie complet des combustibles fossiles détruit des écosystèmes naturels irremplaçables et porte atteinte aux droits humains, en particulier à ceux des populations attenantes aux infrastructures de ce secteur. Il a été démontré que le fait de vivre à proximité d’infrastructures liées au charbon, au pétrole et au gaz augmente les risques de cancer, de maladies cardiovasculaires, de troubles de la reproduction et d’autres effets néfastes sur la santé. Amnesty International s’est associée au Better Planet Laboratory (BPL) de l’Université du Colorado, à Boulder, afin de réaliser une étude cartographique inédite visant à estimer l’ampleur potentielle des dommages causés à l’échelle mondiale par les sites actuels et futurs de production de combustibles fossiles.</p>



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<p>« L’industrie des combustibles fossiles, en constante expansion, met en danger des milliards de vies et transforme de manière irréversible le système climatique. Jusqu’à présent, il n’existait pas d’estimation à l’échelle mondiale du nombre de personnes habitant à proximité immédiate d’infrastructures liées à cette industrie. Le travail que nous avons réalisé avec Better Planet Laboratory (BPL) révèle l’ampleur considérable des risques que représentent les combustibles fossiles tout au long de leur cycle de vie. Les projets liés au charbon, au pétrole et au gaz accentuent le chaos climatique et portent préjudice aux humains et à la nature, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« Ce rapport démontre une fois de plus que les États et le secteur privé doivent impérativement sortir l’économie mondiale des énergies fossiles afin d’atténuer les pires impacts de la crise climatique sur les droits humains. L’ère des combustibles fossiles doit prendre fin dès à présent. »</p>



<p>À la pointe de la recherche et des calculs à l’échelle mondiale, Better Planet Laboratory (BPL) a cartographié l’ampleur de l’exposition aux infrastructures liées aux combustibles fossiles, en superposant les données sur les emplacements connus des sites de ces infrastructures et des données démographiques maillées, des ensembles de données qui sont des indicateurs d’écosystèmes vitaux, des données sur les émissions quotidiennes mondiales maillées et des données sur la propriété foncière des peuples autochtones. Ses conclusions sont peut-être en deçà de l’ampleur réelle au niveau mondial en raison des disparités dans la documentation sur les projets liés aux combustibles fossiles et des données de recensement limitées dans divers pays.</p>



<p>Ce rapport s’appuie également sur une recherche qualitative approfondie menée avec le concours de la Smith Family Human Rights Clinic, rattachée à la Faculté de droit de l’Université de Columbia, qui se fonde sur plus de 90 interviews, notamment de personnes directement touchées issues des communautés de pêche artisanale au Brésil (baie de Guanabara), de défenseur·e·s des terres autochtones au Canada (territoire des Wet’suwet’en) et de populations côtières au Sénégal (delta du Saloum), mais aussi d’universitaires, de journalistes, d’organisations de la société civile et de représentants gouvernementaux. En outre, il utilise des données en accès libre et la télédétection afin de corroborer et de visualiser les résultats, qui ont été complétés par les résultats et conclusions de précédentes recherches d’Amnesty International et des campagnes en cours contre les géants du pétrole et du gaz en Équateur, en Colombie et au Nigeria.</p>



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<h3 class="wp-block-heading">Un nombre ahurissant de personnes exposées</h3>



<p>Au moins 2 milliards de personnes vivent à moins de 5 km de plus de 18 000 sites d’infrastructures exploitant des combustibles fossiles répartis dans 170 pays à travers le monde. Parmi eux, on estime que plus de 520 millions sont des enfants et qu’au moins 463 millions vivent à moins d’un kilomètre de ces sites, ce qui les expose à des risques environnementaux et sanitaires encore accrus.</p>



<p>Les peuples autochtones sont exposés de façon disproportionnée, plus de 16 % des infrastructures mondiales liées aux combustibles fossiles étant situées sur leurs territoires. Au moins 32 % des sites actuels que nous avons cartographiés se trouvaient à cheval sur un ou plusieurs « écosystèmes vitaux ».*</p>



<p>L’industrie des combustibles fossiles continue de se développer : plus de 3 500 sites sont à l’étude, en cours de conception ou en construction dans le monde. Les chiffres de BPL laissent entendre que cette expansion pourrait mettre en danger au moins 135 millions de personnes supplémentaires. Notons que le nombre de projets pétroliers et gaziers devrait augmenter sur tous les continents, tandis que le nombre de mines et de centrales à charbon croît principalement en Chine et en Inde.</p>



<p>« Les gouvernements se sont engagés à éliminer progressivement les combustibles fossiles, mais il est désormais clairement démontré que de nouveaux projets liés à ces énergies se développent à travers le monde, tout particulièrement dans nos écosystèmes les plus vitaux. Cela va directement à l’encontre des objectifs climatiques déclarés », a indiqué Ginni Braich, experte en données au BPL, qui a dirigé la rédaction de l’article sur lequel s’appuient les conclusions du rapport.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le coût humain de la production de combustibles fossiles</h3>



<p>« Nous souffrons d’une fatigue intergénérationnelle liée à ce combat… Physiquement, nous ne tiendrons pas le coup. Sans jamais en avoir été les instigateurs, nous subissons pourtant de plein fouet la violence », a déclaré Tsakë ze’ Sleydo’ (Molly Wickham), défenseure du territoire</p>



<p>Wet&rsquo;suwet&rsquo;en, au sujet de la construction imminente de nouvelles stations de compression destinées à accroître la rentabilité du gazoduc de Coastal GasLink (CGL) au Canada.</p>



<p>L’extraction, le traitement et le transport des combustibles fossiles portent atteinte aux droits fondamentaux des populations vivant aux alentours et entraînent de graves dégradations de l’environnement, des risques pour la santé, et des pertes de culture et de moyens de subsistance.</p>



<p>Certains des groupes interrogés voient l’extraction comme une forme de pillage économique ou culturel, perpétré par le secteur privé au moyen de l’intimidation et de la coercition. « Nous ne sommes pas intéressés par l’argent, nous voulons seulement ce qui nous appartient. Nous voulons simplement pêcher dans la baie de Guanabara, c’est notre droit. Et ils nous enlèvent nos droits », a déclaré Bruno Alves de Vega, pêcheur artisanal urbain de Rio de Janeiro, au Brésil.</p>



<p>Tous les défenseur·e·s des droits environnementaux et des terres autochtones interrogés par Amnesty International étaient confrontés à de graves risques pour leur sécurité, souvent liés à des conflits avec des entreprises dont les activités menacent les modes de vie traditionnels et l’intégrité des écosystèmes.</p>



<p>Au-delà des menaces physiques et en ligne, les États et les entreprises livrent une guerre juridique, recourant à des poursuites judiciaires abusives, y compris des procédures pénales, afin de réduire au silence, délégitimer et intimider les défenseur·e·s.</p>



<p>« Lorsque nous prenons la défense du Yin’tah (territoire des Wet&rsquo;suwet&rsquo;en), nous sommes criminalisés. Les injonctions civiles sont une arme légale coloniale, transformée en mécanisme visant à militariser notre communauté et à criminaliser notre peuple, et permettant aux entreprises de poursuivre leurs extractions destructrices sans le consentement des autochtones », ont déclaré d’autres défenseur·e·s des terres Wet&rsquo;suwet&rsquo;en.</p>



<p>Les populations attenantes aux infrastructures liées aux combustibles fossiles condamnent l’absence de véritable consultation directe et de transparence de la part des entreprises privées. Beaucoup ont expliqué ne pas pleinement comprendre l’étendue des activités des exploitants ni leurs projets d’expansion, et ont déclaré ne pas avoir consenti à des projets touchant leur territoire.</p>



<p>Les personnes interrogées par Amnesty International dans le delta du Saloum, au Sénégal, ont fait part de leurs préoccupations quant à la faible diffusion d’informations accessibles sur les potentiels impacts environnementaux et socio-économiques du projet Sangomar par les autorités et l’exploitant du projet, Woodside, grande entreprise australienne du secteur des énergies fossiles.</p>



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<p>« Ces études de cas ne sont que quelques exemples d’un problème planétaire. La plupart des groupes touchés ont dénoncé le déséquilibre des pouvoirs entre leurs communautés et les entreprises exploitantes, ainsi que l’absence de recours utiles. L’ère des combustibles fossiles touche inévitablement à sa fin et les États doivent cesser de criminaliser les défenseur·e·s des droits liés à l’environnement qui luttent pour protéger leurs communautés, a déclaré Candy Ofime, chercheuse et conseillère juridique sur la justice climatique pour Amnesty International.</p>



<p>« Les États doivent enquêter sur les menaces physiques et en ligne ciblant les défenseur·e·s et mettre en place des programmes de protection solides afin de permettre aux voix critiques qui plaident en faveur d’une transition énergétique urgente et équitable d’apporter en toute sécurité leur contribution essentielle à l’action climatique. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Destruction d’écosystèmes naturels irremplaçables</h3>



<p>La plupart des projets étudiés ont créé des étendues extrêmement polluées, faisant des populations locales et des écosystèmes vitaux des « zones sacrifiées »**. L’extraction, le traitement, le développement des sites, l’acheminement et le démantèlement des combustibles fossiles ont causé ou risqué de causer des préjudices aux humains et à la flore et la faune, entraîné une pollution grave et des émissions de gaz à effet de serre, et abîmé des zones clés pour la biodiversité ou des puits de carbone.</p>



<p>En dépit des engagements pris aux termes d’accords internationaux sur le climat et des nombreux appels des Nations unies à sortir sans délai des combustibles fossiles, l’action des États demeure complètement insuffisante. Ces énergies représentent toujours 80 % de l’approvisionnement mondial en énergie primaire, tandis que l’industrie redouble d’efforts pour exercer une influence injustifiée dans les forums sur la politique climatique dans le but d’empêcher leur élimination rapide.</p>



<p>« Les États doivent s’engager sans délai vers un abandon des énergies fossiles qui soit rapide, juste et doté des budgets nécessaires, et amorcer une transition juste vers des énergies renouvelables produites dans le respect des droits humains. Amnesty International lance un appel urgent à adopter et mettre en œuvre un traité de non-prolifération des combustibles fossiles, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« La crise climatique révèle et catalyse de profondes injustices. Ce rapport fait écho à la vision du Brésil, pays organisateur de la COP30 en 2025, qui veut que ce sommet international permette la participation réelle des peuples de la forêt, notamment les peuples autochtones et les communautés traditionnelles, ainsi que la société civile. Il expose l’ampleur des répercussions sur le climat et les droits humains de la production de combustibles fossiles à travers le monde, illustrant l’impact disparate de cette industrie sur les peuples autochtones et les communautés traditionnelles et soulignant la résistance qu’ils opposent.</p>



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<p>« Le secteur des énergies fossiles et ses partenaires étatiques font valoir depuis des décennies que le développement humain requiert ces énergies. Mais nous savons que sous couvert de croissance économique, ils servent plutôt la cupidité et le profit sans limites, tout en bafouant les droits dans une impunité quasi totale et en détruisant l’atmosphère, la biosphère et les océans. Face à ces pratiques acharnées, face à l’économie politique mondiale répressive des combustibles fossiles, nous devons résister collectivement et exiger que les dirigeants du monde respectent leurs obligations et leurs engagements. L’humanité doit triompher. »</p>



<p class="has-text-align-right has-small-font-size">* Écosystemes vitaux : environnements naturels riches en biodiversité, essentiels au piégeage du carbone et/ou qui déclencheraient des effondrements écosystémiques en cascade si les dégradations ou les catastrophes environnementales s’y poursuivaient.</p>



<p class="has-text-align-right has-small-font-size">** Zone sacrifiée : zone extrêmement contaminée dans laquelle les populations à bas revenu et marginalisées subissent beaucoup plus que les autres les conséquences de l’exposition à la pollution et aux substances toxiques.</p>
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		<title>Bangladesh. La crise climatique amplifie la discrimination à l’égard des agent·e·s « invisibles » du secteur de l’assainissement</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/bangladesh-la-crise-climatique-amplifie-la-discrimination-a-legard-des-agent%c2%b7e%c2%b7s-invisibles-du-secteur-de-lassainissement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 12:42:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=34430</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les autorités bangladaises doivent remédier de toute urgence à leur incapacité à défendre les droits des agent·e·s du secteur de l’assainissement, qui sont confrontés à une marginalisation économique et à une discrimination profondément enracinée fondée sur le genre et la caste, ces vulnérabilités qui ne faisant que s’aggraver dans le contexte d’une crise climatique mondiale [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les autorités bangladaises doivent remédier de toute urgence à leur incapacité à défendre les droits des agent·e·s du secteur de l’assainissement, qui sont confrontés à une marginalisation économique et à une discrimination profondément enracinée fondée sur le genre et la caste, ces vulnérabilités qui ne faisant que s’aggraver dans le contexte d’une crise climatique mondiale largement due à la combustion de combustibles fossiles, déclare Amnesty International dans un nouveau rapport.</p>



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<p>Intitulé <strong><em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/10/Left-Behind-in-The-Storm-BD-Dalit-Sanitation.pdf">Abandonnées dans la tourmente : le combat pour l’eau et la dignité des femmes dalits travaillant dans le secteur de l’assainissement</a></em></strong>, ce rapport présente des informations sur les obstacles considérables auxquels sont confrontées les femmes dalits travaillant dans le secteur de l’assainissement dans les districts de Khulna et Satkhira, sur la côte sud-ouest du Bangladesh, pour accéder à l’eau potable et à des installations sanitaires adéquates, ainsi que sur leur vulnérabilité et leur exclusion des programmes d’aide liés au changement climatique. Il montre également que ces travailleuses sont largement invisibles dans les politiques gouvernementales sur le changement climatique, l’eau et l’assainissement en raison de leur caste, de leur genre et de leur profession, alors qu’elles comptent parmi les personnes les plus concernées par ces politiques.</p>



<p>« Étant donné qu’il compte parmi les pays les plus exposés au changement climatique à l’échelle mondiale, le Bangladesh doit s’attaquer aux inégalités de caste profondément enracinées qui ont conduit les communautés dalits côtières, économiquement exclues et marginalisées, à supporter de manière disproportionnée le poids de l’urgence climatique, a déclaré Isabelle Lassée, directrice adjointe de la recherche pour l’Asie du Sud à Amnesty International.</p>



<p>« Un avenir résilient face au changement climatique pour le Bangladesh ne pourra advenir qu’en invitant les voix exclues à participer aux discussions sur l’élaboration des politiques et en garantissant leur protection et leur égalité dans le cadre des mesures de gestion des catastrophes. Le Bangladesh ne peut pas instaurer une résilience efficace face à des sécheresses, des cyclones, des inondations et des chaleurs extrêmes de plus en plus intenses s’il laisse de côté les populations les plus négligées. »</p>



<p>Le rapport s’appuie sur des entretiens menés avec 20 femmes et deux hommes travaillant dans le secteur de l’assainissement et issus des communautés dalits de Khulna et Satkhira, situées dans des zones à basse altitude et inondables, fortement exposées aux effets du changement climatique tels que l’élévation du niveau de la mer, les cyclones, les sécheresses et les inondations. De plus, des responsables du Département de gestion des catastrophes et du Département d’ingénierie de la santé publique, ainsi que des membres des comités locaux WASH et de gestion des catastrophes de ces deux districts ont également été interrogés.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Les personnes de caste inférieure sont laissées de côté »</h3>



<p>Des agent·e·s d’assainissement de Khulna et Satkhira ont déclaré ne pas disposer chez eux de raccordement au réseau de distribution d’eau pour boire, se laver, cuisiner et nettoyer. En conséquence, beaucoup sont contraints soit d’acheter et de transporter de l’eau provenant de centres de traitement éloignés, soit de collecter l’eau de pluie ou d’utiliser l’eau des puits publics ou des étangs, cette eau viciée entraînant toute une série de problèmes de santé. Le coût d’achat d’une eau potable sûre constitue un autre obstacle, en particulier pour les familles gagnant entre 3 000 et 8 000 takas (25 à 65 dollars des États-Unis) par mois.</p>



<p>« Notre quartier n’a jamais bénéficié d’infrastructures pour l’eau ni reçu de camions-citernes ou de machines, alors que nous travaillons tous pour le gouvernement [&#8230;] Je pense que nous, les personnes de caste inférieure, sommes laissées de côté », a déclaré un agent d’assainissement à Amnesty International.</p>



<p>Outre la discrimination fondée sur la caste, les femmes agentes d’assainissement de Khulna et Satkhira sont également confrontées à des difficultés spécifiquement liées à leur genre. En tant que femmes, elles assument la charge de la collecte de l’eau, une tâche non rémunérée et difficile, qui restreint leurs possibilités économiques.</p>



<p>Les toilettes que les agent·e·s d’assainissement ont les moyens de construire n’offrent aucune intimité, sont difficiles d’accès et ne résistent pas aux aléas climatiques. De nombreuses femmes agentes d’assainissement retardent leur utilisation des toilettes en raison du manque de sécurité et d’intimité, ce qui entraîne des maladies infectieuses. D’autres ont des difficultés à gérer leur hygiène menstruelle.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Vulnérabilité au changement climatique </h3>



<p>Après le passage du cyclone Remal, l’accès à l’eau potable est devenu encore plus précaire. Piu, un agent d’assainissement, a déclaré : « Je n’arrivais pas trouver de l’eau potable pour boire [&#8230;] Il n’y avait jamais assez d’eau. »</p>



<p>Le rapport montre que les phénomènes météorologiques extrêmes, plus fréquents et violents avec le changement climatique, amplifient davantage encore les inégalités existantes, prenant au piège dans un cycle de vulnérabilité les agent·e·s d’assainissement des régions côtières. Avec 18 cyclones en 17 ans, des villages entiers ont été pris dans un cycle sans fin de reconstructions qu’ils ne peuvent pas supporter financièrement. Des latrines rudimentaires, qui coûtent jusqu’à 3 000 takas (25 dollars des États-Unis), représentent une dépense considérable pour de nombreuses familles, sans compter l’aménagement permettant de les rendre résistantes aux inondations.</p>



<p>Faute d’interventions urgentes permettant de renforcer les politiques de résilience climatique et les efforts visant à lutter contre les pertes et préjudices du point de vue de la caste et du genre, les plans d’adaptation du Bangladesh continueront de renforcer les inégalités et l’exclusion systémiques au lieu de les démanteler et de faire progresser l’égalité.</p>



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<h3 class="wp-block-heading">Négligés par les programmes d’aide et exclus des processus décisionnels</h3>



<p>Les agent·e·s dalits d’assainissement à Khulna et Satkhira jouent un rôle essentiel dans la préservation de la santé publique et des infrastructures sanitaires, ainsi que dans les initiatives de reconstruction après une catastrophe. Pourtant, ils sont rarement amenés à participer aux processus décisionnels liés à ces domaines.</p>



<p>Kishori, une agente d’assainissement, a déclaré : « Les gens s’attendent à ce que je vive dans la saleté et le silence, et chaque fois que j’ai élevé la voix, je n’ai pas été entendue. » Ces femmes dont le travail est essentiel au fonctionnement des systèmes d’assainissement du Bangladesh se voient refuser l’accès aux services mêmes qu’elles contribuent à entretenir.</p>



<p>Après le cyclone Remal, les programmes d’aide gouvernementaux à Khulna et Sathkira n’ont pas donné la priorité aux dalits et ni tenu compte des obstacles à leur inclusion, qui vont de la discrimination systémique profondément enracinée fondée sur la caste et des barrières économiques à l’absence de documents attestant de la propriété foncière et à l’emplacement des quartiers dans des zones sujettes aux inondations. En conséquence, les travailleurs et travailleuses de première ligne restent souvent sans protection et ne sont pas pris en considération.</p>



<p>Le Bangladesh est tenu, au titre du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (ONU), de garantir le droit des populations marginalisées à l’eau et à l’assainissement, et, aux termes de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (ONU), d’adopter des mesures préventives pour éliminer la discrimination structurelle et garantir l’égalité d’accès à tous les droits humains.</p>



<p>Dès lors, conformément à ces obligations contraignantes, les autorités doivent collecter et surveiller des données ventilées par caste, établir un plan d’action national visant à éliminer la discrimination fondée sur la caste et garantir une égalité réelle, ainsi que la participation active, libre et significative des dalits (en particulier des femmes dalits) aux processus décisionnels, à tous les niveaux du gouvernement, notamment en matière de planification pour l’eau et l’assainissement et aussi pour la planification et les interventions concernant les catastrophes.</p>



<p>De plus, et ceci est primordial, le gouvernement bangladais doit adopter une loi exhaustive contre la discrimination incluant la discrimination fondée sur la caste et l’ascendance, s’appliquant aux secteurs public et privé, reconnaissant la discrimination directe et indirecte et prévoyant des mécanismes de plainte accessibles et indépendants ainsi que des recours juridiques utiles.</p>



<p>Amnesty International demande également à tout État ou organisme fournissant un financement au Bangladesh pour l’adaptation et pour faire face aux pertes et dommages de veiller à ce que tous les projets soient conçus avec la contribution pleine et entière, effective et significative des membres de la communauté dalit, mis en œuvre dans le respect des principes d’égalité et de non-discrimination et sur la base de normes mesurables d’inclusion et d’équité, et que les rapports sur les progrès et la mise en œuvre comprennent des données ventilées par caste.</p>



<p>« La discrimination fondée sur la caste et le genre, le manque d’infrastructures inclusives, la marginalisation économique et la vulnérabilité climatique ont convergé pour renforcer les cycles d’exclusion et d’indignité, a déclaré Isabelle Lassée.</p>



<p>« Les conclusions d’Amnesty International reflètent une profonde incapacité du pays à défendre les droits des travailleurs et travailleuses dalits du secteur de l’assainissement. L’absence de données ventilées par caste, de financement ciblé et d’élaboration de politiques inclusives continue de laisser sur le bord du chemin les communautés dalits. »</p>



<p>« Nous appelons également tous les États ou organismes qui fournissent des financements au Bangladesh pour l’adaptation et pour faire face aux pertes et dommages à veiller à ce que tous les projets soient conçus avec la contribution pleine et entière, effective et significative des membres de la communauté dalit, mis en œuvre dans le respect des principes d’égalité et de non-discrimination et sur la base de normes mesurables d’inclusion et d’équité, et à ce que les rapports sur les progrès et la mise en œuvre comprennent des données ventilées par caste. »</p>



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		<title>Nouvelle-Zélande. Le système migratoire discriminatoire ne répond pas aux besoins des populations du Pacifique touchées par le changement climatique</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/nouvelle-zelande-le-systeme-migratoire-discriminatoire-ne-repond-pas-aux-besoins-des-populations-du-pacifique-touchees-par-le-changement-climatique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 14:01:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les autorités de la Nouvelle-Zélande soumettent les populations des îles Tuvalu et Kiribati, dans le Pacifique, exposées à des risques liés au changement climatique, à des politiques migratoires discriminatoires qui déchirent les familles et bafouent les droits des enfants, déclare Amnesty International dans un nouveau rapport publié le 9 octobre, un mois avant la COP [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les autorités de la Nouvelle-Zélande soumettent les populations des îles Tuvalu et Kiribati, dans le Pacifique, exposées à des risques liés au changement climatique, à des politiques migratoires discriminatoires qui déchirent les familles et bafouent les droits des enfants, déclare Amnesty International dans un nouveau rapport publié le 9 octobre, un mois avant la COP 30, la Conférence des Nations unies sur le changement climatique.</p>



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<p>Le rapport, intitulé<a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/10/Amnesty-Navigating-Injustice-v7.pdf"> Navigating Injustice</a>, révèle que les programmes migratoires basés sur un système de loterie mis en place par la Nouvelle-Zélande pour les personnes vivant dans les pays insulaires du Pacifique touchés par le changement climatique excluent certaines personnes en raison de leur âge, de leur handicap et de leur état de santé, en violation du droit international relatif aux droits humains. Le rapport présente également les cas de personnes qui n’ont d’autre choix que de dépasser la durée de validité de leur visa en Nouvelle-Zélande et qui sont exposées au risque persistant d’expulsion.</p>



<p>« Les populations du Pacifique subissent une double peine, tout d’abord avec la crise climatique dont elles ne sont pas responsables, et ensuite avec des systèmes migratoires qui violent leurs droits », a déclaré Agnès Callamard, la secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un système migratoire discriminatoire</h3>



<p>Ces dernières années, alors que le changement climatique et les catastrophes naturelles accentuent les inégalités sociales et les difficultés économiques dans le Pacifique, nombreux sont ceux qui ont estimé que la migration était la meilleure solution. Pour nombre d’habitant·e·s des Tuvalu et de Kiribati, la Nouvelle-Zélande représente la destination la plus viable compte tenu des liens historiques et culturels étroits qui unissent ces pays.</p>



<p>Cependant, le système de migration de la Nouvelle-Zélande ne tient pas compte des effets du changement climatique et des catastrophes naturelles. C’est notamment le cas avec le visa Pacific Access Category Resident Visa (PAC), qui accorde la résidence permanente à un nombre restreint de ressortissant·e·s des îles Kiribati, Tuvalu, Tonga et Fidji.</p>



<p>Le programme PAC n’est accessible qu’aux personnes âgées de 18 à 45 ans, qui peuvent obtenir un emploi et prouver qu’elles ont « un état de santé acceptable ». Cela exclut toute personne présentant un trouble lié à un handicap, ainsi que toute personne atteinte de certains problèmes médicaux considérés comme coûteux pour la Nouvelle-Zélande.</p>



<p>« Pour de nombreux habitant·e·s des Tuvalu et de Kiribati, rester ou partir n’est pas une question de choix, car il en va de leur survie, a déclaré Agnès Callamard. « Les populations des îles du Pacifique font preuve d’une résilience extraordinaire en mettant en œuvre des stratégies d’adaptation et d’atténuation des risques afin de pouvoir rester sur leurs terres, mais le gouvernement néo-zélandais doit faire davantage pour les soutenir, sans discrimination. »</p>



<p>Amnesty International a rencontré plusieurs personnes handicapées et des membres de leur famille qui ont été séparés en raison des exigences en matière de visa.</p>



<p>Alieta, une enseignante et mère originaire de Tuvalu souffrant d’une déficience visuelle, a dû retirer son nom de la demande de PAC de sa famille afin de permettre à sa fille de six ans et à son mari de partir en Nouvelle-Zélande en 2016. Elle vit depuis séparée d’eux.</p>



<p>Évoquant les effets du changement climatique, Alieta a expliqué : « Quand la marée haute est arrivée, elle a inondé toute la route et aussi la maison [&#8230;] c’est pour cela que je veux m’éloigner de la mer. » Elle dit avoir accepté que sa fille parte en Nouvelle-Zélande parce qu’elle souhaite une vie meilleure pour elle, même si la séparation est très difficile à vivre.</p>



<p>« Au début, je n’étais pas en colère contre la Nouvelle-Zélande. J’ai continué à demander un visa [&#8230;] Mais je suis triste pour ma fille. Je ne voulais pas être séparée d’elle. C’est difficile pour les enfants. »</p>



<p>Agnès Callamard a déclaré : « Il est tout simplement inacceptable qu’un pays à fortes émissions comme la Nouvelle-Zélande affirme ne pas pouvoir accueillir des personnes apparemment en raison des coûts que cela pourrait engendrer, en particulier quand on sait que les personnes handicapées sont exposées à des risques accrus lors d’événements climatiques extrêmes. »</p>



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<h3 class="wp-block-heading">Dégradation des conditions de vie pour les habitant·e·s des Tuvalu et de Kiribati</h3>



<p>Les Tuvalu et Kiribati, situés en moyenne à deux mètres au-dessus du niveau de la mer, sont particulièrement exposés aux effets de l’élévation du niveau de la mer. L’érosion du littoral, les inondations et les sécheresses, ainsi que la contamination et la salinisation de l’eau et des sols, limitent considérablement la disponibilité de l’eau potable et des terres pour les cultures de denrées alimentaires et la construction de logements. Cela a des répercussions particulièrement graves sur la santé des populations, en particulier pour les personnes âgées et celles vivant avec un handicap.</p>



<p>Aleki, qui vit avec son mari, ses quatre enfants et la famille de sa sœur à Funafuti, la capitale des Tuvalu, a déclaré à Amnesty International qu’il était devenu difficile de s’approvisionner en eau potable : « Nous prenons des seaux et allons chaque jour au bâtiment du gouvernement pour obtenir de l’eau filtrée que nous pouvons boire. »</p>



<p>La contamination des sols par l’eau salée, qui les rend impropres à la culture de la plupart des plantes, est un problème tel à Kiribati que l’île dépend désormais presque entièrement des importations de denrées alimentaires, souvent limitées en variété et d’un coût prohibitif.</p>



<p>Une habitante de Kiribati âgée de 56 ans a déclaré à Amnesty International : « À Kiribati, il est difficile de trouver de la bonne nourriture. On ne trouve que du riz et des conserves. Il ne trouve pas de légumes ni rien de ce genre. Nous ne cultivons pas notre nourriture sur place. Les vagues de chaleur, les sécheresses et les marées exceptionnelles ont détruit toutes les plantes. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Risque d’expulsion de Nouvelle-Zélande</h3>



<p>La situation est également précaire pour les personnes qui parviennent à atteindre la Nouvelle-Zélande et qui se retrouvent en situation irrégulière après l’expiration de leur visa. N’ayant pas accès à des mécanismes de protection spécifiques, les personnes dans cette situation vivent dans la crainte constante d’être expulsées et ne peuvent pas bénéficier des services publics, notamment des soins de santé et de l’éducation.</p>



<p>Aux termes du droit international relatif aux droits humains, toute personne a le droit d’être protégée contre un renvoi forcé vers un lieu où elle courrait un risque réel de violations graves des droits humains, notamment en raison du changement climatique et de catastrophes naturelles.</p>



<p>« Amnesty International appelle la Nouvelle-Zélande à réformer d’urgence ses politiques migratoires afin de les aligner sur une approche fondée sur les droits en matière de déplacements climatiques. Le gouvernement doit à cette fin élaborer et mettre en œuvre des politiques conformes au Traité de Waitangi (Te Tiriti o Waitangi) et aux droits des populations autochtones », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>Cela inclurait l’octroi de visas humanitaires spécifiques accordant la priorité aux personnes qui ne remplissent pas les conditions existantes en matière de migration, afin de garantir les droits, y compris en ce qui concerne la cellule familiale, des personnes migrantes. Des mécanismes de protection spécifiques contre l’expulsion sont également nécessaires, notamment la suspension des expulsions pour les ressortissant·e·s des Tuvalu et de Kiribati.</p>



<p>« La Nouvelle-Zélande – et la communauté internationale dans son ensemble – doit agir dès maintenant pour protéger, respecter et promouvoir les droits et la dignité des populations du Pacifique face à la crise climatique, tant dans leur pays d’origine que dans leur pays de destination. Ne pas agir en ce sens reviendrait à trahir notre responsabilité commune de défendre les droits humains et de garantir la justice climatique », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Prendre des mesures contre le changement climatique et les déplacements de population n’est plus un choix politique, mais une obligation juridique. Le Pacifique tire la sonnette d’alarme. Si le monde n’agit pas ici, il échouera partout. »</p>



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		<title>Monde. Il faut agir d’urgence, car la crise climatique engendre de nouveaux préjudices dévastateurs pour les droits humains</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/monde-il-faut-agir-durgence-car-la-crise-climatique-engendre-de-nouveaux-prejudices-devastateurs-pour-les-droits-humains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Jun 2025 13:44:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les États doivent de toute urgence mettre en œuvre une action climatique ambitieuse en planifiant une transition juste vers l’abandon progressif des combustibles fossiles dans tous les secteurs, afin d&#8217;éviter des atteintes aux droits humains encore plus graves de par le monde, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse publiée à l&#8217;occasion de l&#8217;ouverture de [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les États doivent de toute urgence mettre en œuvre une action climatique ambitieuse en planifiant une transition juste vers l’abandon progressif des combustibles fossiles dans tous les secteurs, afin d&rsquo;éviter des atteintes aux droits humains encore plus graves de par le monde, écrit Amnesty International dans <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/06/IOR4093732025FRENCH.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">une nouvelle synthèse</a> publiée à l&rsquo;occasion de l&rsquo;ouverture de la Conférence de Bonn sur les changements climatiques, qui se tient du 16 au 26 juin 2025. </p>



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<p>Malgré les défis que pose le retrait des États-Unis de l&rsquo;Accord de Paris sur le climat, la multiplication des pratiques autoritaires dans le monde et les dégâts croissants causés à l&rsquo;environnement du fait de l&rsquo;escalade des conflits armés dans le territoire palestinien occupé, au Soudan et en Ukraine, entre autres, il n&rsquo;est pas trop tard pour trouver un terrain d&rsquo;entente et consolider l&rsquo;ambition climatique pour la planète et les droits des générations actuelles et futures.</p>



<p>En 2024, pour la première fois, le monde a franchi le seuil de 1,5° C de réchauffement planétaire par rapport aux niveaux de l’ère préindustrielle. Au cours de l&rsquo;année la plus chaude jamais recensée, des incendies de forêt ont ravagé l&rsquo;Amérique latine, l&rsquo;ouragan atlantique de catégorie 5 le plus précoce jamais enregistré a frappé les Caraïbes, tandis que certaines régions d&rsquo;Europe centrale étaient inondées par l’équivalent de trois mois de pluie en cinq jours, dans un contexte d’aggravation de l&rsquo;urgence climatique, sous l&rsquo;effet de l&rsquo;activité humaine et de la combustion des énergies fossiles.</p>



<p>« Les terribles préjudices pour les droits humains résultant du changement climatique ne cesseront de s&rsquo;amplifier si le réchauffement planétaire n&rsquo;est pas maîtrisé. De plus en plus de gens seront plongés dans la pauvreté, perdront leur logement ou souffriront des effets de la sécheresse et de l&rsquo;insécurité alimentaire. Face à la crise climatique qui s’aggrave, les mesures prises par les gouvernements pour limiter la production et l&rsquo;utilisation des combustibles fossiles s’avèrent tout à fait insuffisantes, a déclaré Ann Harrison, conseillère pour la Justice climatique à Amnesty International.</p>



<p>« Les gouvernements sont sous la coupe des entreprises de combustibles fossiles qui cherchent à minimiser les effets néfastes sur le climat et à discréditer la science du climat. Ils continuent de leur accorder des subventions, encourageant ainsi le maintien de cette industrie. Chacun a le droit de vivre dans un environnement propre, sain et durable ; pourtant, à mesure que la crise climatique s&rsquo;intensifie, ce droit, et d&rsquo;autres, sont de plus en plus menacés. »</p>



<p>Partout dans le monde, des catastrophes non naturelles exacerbées par le changement climatique, telles que les fortes sécheresses et les graves inondations, endommagent les récoltes et provoquent des pénuries de nourriture et d&rsquo;eau, alimentant ainsi les déplacements, les migrations et les conflits.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Protéger les personnes sur le terrain et les écouter</h3>



<p>Les populations marginalisées en première ligne et dans le premier cercle qui utilisent le moins les combustibles fossiles subissent certains des pires impacts du changement climatique. Il s&rsquo;agit notamment des paysans pratiquant une agriculture de subsistance, des peuples indigènes et des habitants des États insulaires de faible altitude, menacés par l’élévation du niveau des océans et les tempêtes ravageuses, ou vivant à proximité des sites de production et de transport de combustibles fossiles.</p>



<p>Le Pakistan, qui contribue à moins de 1 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre, est l&rsquo;un des pays les plus exposés aux catastrophes climatiques. Dans un rapport publié le mois dernier, Amnesty International a révélé que les inondations et les vagues de chaleur de plus en plus fréquentes entraînent des décès évitables, en particulier chez les jeunes enfants et les personnes âgées.</p>



<p>Malgré l&rsquo;urgence de la crise climatique, ceux qui demandent aux autorités d&rsquo;agir sont harcelés, stigmatisés, attaqués et criminalisés. Partout dans le monde, des défenseur·e·s de l’environnement luttent pour leur droit à la terre et le droit de leurs communautés à un environnement sain au péril de leur vie et de leur liberté, à l’instar des Guerriers de l&rsquo;Amazonie en Équateur.</p>



<p>La conférence est l&rsquo;occasion de mettre en lumière la situation en Azerbaïdjan, pays hôte de la COP29, où le défenseur des droits environnementaux Anar Mammadli et la journaliste Nargiz Absalamova, auteurs de reportages sur les questions environnementales, sont toujours derrière les barreaux. D&rsquo;autres journalistes ayant rendu compte de la situation des droits humains, y compris pendant la COP29, ont été arrêtés par la suite dans le cadre de représailles manifestes. Le Brésil, qui accueillera la COP30, est l&rsquo;un des pays les plus dangereux pour les défenseur·e·s de l’environnement, victimes d&rsquo;assassinats, de violences, de menaces et de stigmatisation en raison de leur travail.</p>



<p>« Il est important d’intégrer les voix, les opinions, les connaissances et la sagesse des peuples autochtones, des communautés en première ligne et des défenseur·e·s des droits humains dans les politiques, les plans et les actions en matière de climat, a déclaré Ann Harrison.</p>



<p>« Une fois de plus, des informations font état de badges restreints et de problèmes de visa pour les personnes de la majorité mondiale souhaitant assister à la Conférence de Bonn. En outre, les accords avec les pays hôtes des COP &#8211; un outil clé qui doit être renforcé pour garantir la liberté d&rsquo;expression et de réunion pacifique des participant·e·s &#8211; ne sont pas disponibles publiquement de manière courante. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Il faut s’occuper du financement de l’action climatique </h3>



<p>Amnesty International demande également aux États de s&rsquo;attaquer au financement de l’action climatique. Aujourd’hui, les pays à faible revenu versent davantage pour rembourser la dette qu&rsquo;ils ne reçoivent pour financer l’action climatique de la part des pays à revenu élevé.</p>



<p>Les pays à revenu élevé, historiquement gros émetteurs de gaz à effet de serre et principaux responsables du changement climatique, esquivent leurs obligations de doter les pays à faible revenu de financements destinés à réduire les émissions et à aider les populations à s&rsquo;adapter au changement climatique, et d’accorder des réparations pour les pertes et préjudices, ce qui pourrait alléger le fardeau des pays impactés par le changement climatique.</p>



<p>« Taxer les entreprises de combustibles fossiles, les bénéfices exceptionnels des entreprises et les grandes fortunes, cesser de subventionner et d’investir dans les combustibles fossiles, et mettre fin aux fraudes fiscales à l&rsquo;échelle mondiale, pourrait rapporter plus de 3 000 milliards de dollars par an, ce qui permettrait de couvrir en grande partie le côut de la lutte contre le changement climatique », a déclaré Ann Harrison.</p>



<h3 class="wp-block-heading">De grands changements sont nécessaires</h3>



<p>La Conférence de Bonn sur les changements climatiques est un moment clé pour préparer la conférence annuelle des Nations unies sur le climat, la « COP30 », qui se tiendra plus tard dans l&rsquo;année au Brésil &#8211; pays désireux de se faire le champion de la protection de l&rsquo;environnement au niveau mondial. Pourtant, en interne, certaines de ses institutions prennent des mesures contraires à ce programme, notamment en allégeant les critères d’autorisation pour des projets destructeurs d’un point de vue environnemental et en augmentant la production de combustibles fossiles.</p>



<p>« Si l&rsquo;on veut prendre le changement climatique au sérieux et maintenir le réchauffement de la planète en dessous de 1,5° C par rapport aux niveaux de l’ère préindustrielle, il faut accomplir des progrès concrets, selon un calendrier précis, vers une hausse massive du financement de la lutte contre le changement climatique ; ce financement doit être fondé sur les besoins, en particulier en matière d’adaptation et de pertes et préjudices, sous la forme de subventions et non de prêts, et les principaux responsables des émissions doivent être les premiers contributeurs », a déclaré Ann Harrison.</p>



<p>Amnesty International invite les États à s&rsquo;engager à l’abandon progressif des énergies fossiles de manière totale, rapide, équitable et dotée de financements dans tous les secteurs par le biais de transitions justes, sans s&rsquo;appuyer sur des technologies risquées et n’ayant pas été mises à l&rsquo;épreuve, ni sur des compensations qui n’aboutissent pas à de véritables baisses des émissions. Enfin, elle demande des débats inclusifs sur le changement climatique, impliquant les personnes les plus touchées par ce phénomène, bénéficiant d’une vraie place dans ces négociations de haut niveau, sans discrimination.</p>



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		<title>Pakistan. Les personnes âgées et les enfants sont exposés à un risque accru de décès et de maladie du fait des catastrophes climatiques – Nouveau rapport</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/pakistan-les-personnes-agees-et-les-enfants-sont-exposes-a-un-risque-accru-de-deces-et-de-maladie-du-fait-des-catastrophes-climatiques-nouveau-rapport/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 May 2025 03:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=33092</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les systèmes de santé et de réaction aux catastrophes ne sont pas à la hauteur durant les inondations et les vagues de chaleur La collaboration avec l’Indus Hospital &#38; Health Network (IHHN) révèle l’ampleur du problème Les enfants et les personnes âgées sont les plus exposés aux conséquences néfastes, mais les moins comptabilisés dans les [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list"><li><strong>Les systèmes de santé et de réaction aux catastrophes ne sont pas à la hauteur durant les inondations et les vagues de chaleur</strong></li><li><strong>La collaboration avec l’Indus Hospital &amp; Health Network (IHHN) révèle l’ampleur du problème</strong></li><li><strong>Les enfants et les personnes âgées sont les plus exposés aux conséquences néfastes, mais les moins comptabilisés dans les statistiques</strong></li></ul>



<p>Les systèmes de santé et de réaction aux catastrophes au Pakistan ne répondent pas aux besoins des enfants et des personnes âgées, qui sont les plus exposés au risque de décès et de maladie lors de phénomènes météorologiques extrêmes liés au changement climatique, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport.</p>



<p>Ce document, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/04/ASA3390072025EN_Web.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Uncounted : Invisible deaths of older people and children during climate disasters in Pakistan</strong></a>, révèle que les inondations et les vagues de chaleur de plus en plus fréquentes submergent le système de santé pakistanais, qui manque de financements, et se traduisent par des décès évitables chez les jeunes enfants et les personnes âgées en particulier.</p>



<div class="wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-16018d1d wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button is-style-dark"><a class="wp-block-button__link" href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/04/ASA3390072025EN_Web.pdf">lire le rapport (en)</a></div>
</div>



<p>Le Pakistan, qui contribue chaque année à hauteur de 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, est le cinquième pays du monde le plus frappé par des catastrophes climatiques. En collaboration avec l&rsquo;Indus Hospital &amp; Health Network (IHHN), un réseau d’hôpitaux caritatifs qui dispense des soins gratuits au Pakistan, Amnesty International a enquêté sur les pics de mortalité souvent constatés dans le sillage de phénomènes météorologiques extrêmes.</p>



<p>« La hausse des températures provoque des phénomènes météorologiques toujours plus intenses et imprévisibles. Au Pakistan, les enfants et les personnes âgées sont en première ligne de la crise climatique, exposés à des chaleurs extrêmes ou à des inondations qui entraînent un nombre disproportionné de décès et de maladies, a déclaré Laura Mills, chercheuse au sein du programme Réaction aux crises d&rsquo;Amnesty International.</p>



<p>« Le système de santé pakistanais est largement sous-financé et surchargé, même en dehors des périodes d&rsquo;urgence. L&rsquo;urgence climatique exerce une pression supplémentaire, que le système ne peut amortir : il ne parvient pas à dispenser les soins adéquats à ceux qui en ont besoin. »</p>



<p>Bien souvent, les inondations favorisent la propagation de maladies transmises par l&rsquo;eau et les moustiques, ainsi que des maladies respiratoires – une menace majeure pour les personnes âgées et les jeunes enfants. Les épisodes de chaleur extrême sont plus dangereux pour les adultes âgés, en particulier s’ils souffrent déjà de problèmes de santé, ainsi que pour les nourrissons. Le Pakistan ne recueille quasiment aucune donnée sur la mortalité liée à ces effets, ce qui ne lui permet guère de trouver la réponse adéquate et de sauver des vies.</p>



<p>Pour comprendre les répercussions des conditions météorologiques extrêmes sur la santé, l&rsquo;IHHN a mené une étude quantitative, analysant les décès dans trois de ses établissements en 2022 : Badin (dans la province du Sind, la plus touchée par les inondations), et Muzaffargarh et Bhong (dans la province du Pendjab, la plus touchée par les vagues de chaleur). L&rsquo;IHHN a comparé le lien entre taux de mortalité et indicateurs climatiques, notamment les précipitations et les températures.</p>



<p>Pour compléter cette enquête quantitative, Amnesty International a mené des entretiens qualitatifs afin de mieux cerner la situation. Elle s&rsquo;est rendue à quatre reprises dans les provinces du Sind et du Pendjab entre avril 2024 et janvier 2025, et a mené des entretiens à distance dans les provinces de Khyber-Pakhtunkhwa et du Baloutchistan. Au total, elle a interviewé 210 personnes, dont 90 proches de personnes dont le décès peut raisonnablement s’expliquer par les vagues de chaleur ou les inondations.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Le jour où elle est morte, j’étais à son chevet »</h3>



<p>En 2022, le Pakistan a connu des vagues de chaleur record, avec des températures atteignant 50° C. Ces températures supérieures à la moyenne ont entraîné des pluies anormalement intenses. Le fleuve Indus, qui traverse le pays de part en part, est sorti de son lit, inondant une zone de 75 000 km2. D’après les estimations, au moins 33 millions de personnes ont été touchées, dont huit millions de personnes déplacées.</p>



<p>En septembre, l&rsquo;hôpital Badin de l&rsquo;IHHN, situé dans le sud de la province du Sind, à l&#8217;embouchure de l&rsquo;Indus, a enregistré un nombre de décès supérieur de 71 % à la moyenne mensuelle pour 2022. Les principales causes étaient liées à la santé maternelle et néonatale et aux maladies infectieuses, notamment pour les enfants de moins de cinq ans, et en particulier les nourrissons et les nouveau-nés (les bébés de moins de 28 jours), et les adultes de plus de 50 ans.</p>



<p>Amnesty International a interrogé des dizaines de personnes touchées par les inondations de 2022, dont certaines ont perdu des proches à cause des maladies transmises par l&rsquo;eau ou les moustiques. Pour la plupart, l&rsquo;absence de mesures d&rsquo;évacuation en temps voulu et les conditions de vie inadaptées sont les principaux facteurs ayant contribué à la maladie d&rsquo;un enfant ou d&rsquo;une personne âgée.</p>



<p>Seeta, 32 ans, et ses trois enfants ont été déplacés sur une route surélevée près de son village. La famille a tenté de construire un abri en se servant de cadres de lit et de bâches. Elle a raconté : « Nous étions complètement trempés et nous n’arrivions pas à nous protéger. »</p>



<p>Peu après, sa fillette Kareena, âgée d&rsquo;un an, a été prise d&rsquo;une forte toux qui a duré des semaines. En raison des inondations, la famille n&rsquo;a pas pu l’emmener consulter un médecin. Finalement, ils l&rsquo;ont amenée à l&rsquo;hôpital Badin de l&rsquo;IHHN. Kareena a reçu de l&rsquo;oxygène, des perfusions intraveineuses et d&rsquo;autres médicaments ; elle est décédée le 27 août des suites d&rsquo;une détresse respiratoire aiguë.</p>



<p>Seeta a déclaré :</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>


<blockquote class="blockquote is-medium is-lined"><p>Le jour où elle est morte, j&rsquo;étais à son chevet. Elle perdait connaissance et fermait les yeux. J&rsquo;ai crié pour appeler mon mari&#8230; J’ai ressenti une douleur immense.</p>
</blockquote>


<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Beaucoup n&rsquo;ont pas été avertis de l&rsquo;ampleur de la catastrophe. L&rsquo;absence d&rsquo;alerte précoce a coûté des vies, dont celles de nombreux enfants qui ont été abandonnés ou perdus au moment des évacuations précipitées.</p>



<p>En 2024, le même phénomène s&rsquo;est produit : une chaleur anormale a provoqué de fortes pluies et des inondations. Plus de 1,5 million de personnes ont été touchées, la plupart avaient déjà été déplacées deux ans auparavant. Les alertes précoces se sont améliorées en 2024 dans certaines régions, mais les victimes des inondations n&rsquo;ont pas souvent été évacuées ni relogées, et pratiquement aucune mesure sanitaire préventive n&rsquo;a été mise en place, favorisant de nouveau la propagation des maladies.</p>



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</div>



<h3 class="wp-block-heading">« Son corps était chaud, […] il ne bougeait pas »</h3>



<p>Les canicules éprouvantes de 2022 et 2024 ont inscrit de nouveaux records de température dans une grande partie du Pakistan. Les chiffres officiels des décès restent faibles ; toutefois, Amnesty International a interrogé de nombreuses personnes dont la santé a été affectée par les vagues de chaleur, ainsi que 24 proches de personnes dont on peut raisonnablement penser que le décès est dû à la chaleur extrême en 2022 ou en 2024, mais n&rsquo;a pas été enregistré comme tel. Tous les défunts avaient plus de 50 ans, et la plupart avaient été contraints de travailler sous une chaleur dangereuse parce qu&rsquo;ils ne bénéficiaient ni d’une retraite ni d&rsquo;aucune allocation sociale.</p>



<p>À Karachi, du fait des coupures d&rsquo;électricité prolongées, appelées « délestages », la chaleur atteint des niveaux dangereux dans les immeubles densément peuplés. Le gouvernement et les ONG ont installé des centres de rafraîchissement, mais ils sont trop peu nombreux et espacés pour une ville qui compte pas moins de 20,3 millions d&rsquo;habitants. La plupart des personnes interrogées par Amnesty International ignoraient leur existence. Les centres de soins primaires étant mal équipés pour traiter les patients souffrant d’affections liées à la chaleur, beaucoup ont été dirigés vers quelques grands hôpitaux, dont la capacité d&rsquo;accueil a rapidement été dépassée.</p>



<p>À Karachi, un homme a déclaré que son père, âgé de 65 ans, était décédé à la suite de coupures d&rsquo;électricité prolongées. Le 25 juin 2024, il a emmené son père dans une clinique voisine car son état de santé s’était détérioré. Il a déclaré : « Son corps était chaud, ses yeux ouverts, mais il respirait très fort et ne bougeait pas […] La clinique nous a dit de l&#8217;emmener dans un grand hôpital, car son état était trop grave. »</p>



<p>Aucune ambulance gouvernementale n&rsquo;était disponible et les organisations caritatives ont déclaré qu&rsquo;elles étaient trop débordées pour en envoyer une. L&rsquo;homme est décédé avant d&rsquo;arriver à l&rsquo;hôpital.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un recueil de données lacunaire</h3>



<p>Au Pakistan, moins de 5 % des décès sont enregistrés de quelque manière que ce soit. Amnesty International a constaté que les chiffres officiels des décès dus aux inondations sont invariablement sous-estimés. En effet, les autorités chargées de la gestion des catastrophes ne prennent généralement en compte que les décès par noyade ou électrocution, en omettant les décès ultérieurs dus à des maladies infectieuses. Ainsi, les personnes âgées et les jeunes enfants, qui sont les plus exposés aux maladies après une inondation, n’apparaissent pas dans les statistiques.</p>



<p>Quant aux données sur la mortalité pendant les vagues de chaleur, elles sont encore moins fiables. En 2022, lorsque les températures ont atteint 50° C dans de nombreuses régions de la province du Pendjab, qui compte 120 millions d&rsquo;habitants, aucun décès lié à la chaleur n&rsquo;a été officiellement enregistré.</p>



<p>Il est difficile de recenser avec précision les décès causés par des chaleurs extrêmes, quel que soit le contexte, car les victimes souffrent souvent de problèmes médicaux antérieurs qui les rendent plus fragiles. Les scientifiques s’appuient sur les « décès excédentaires », c’est-à-dire qui dépassent le nombre attendu, pour déterminer la relation entre chaleur extrême et mortalité.</p>



<p>Malgré l&rsquo;impact disproportionné des catastrophes climatiques sur les personnes âgées, il n&rsquo;existe pratiquement aucune donnée sur leur santé. Les données officielles du gouvernement ne permettent pas de saisir le bilan humain de la crise climatique. Sans une meilleure compréhension du nombre de victimes et des populations les plus exposées, le gouvernement pakistanais et la communauté internationale auront bien du mal à s&rsquo;attaquer aux effets néfastes du climat.</p>



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<section id="section-451fea2a" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack section--small" style=""><div class="container">

<h3 class="wp-block-heading">Recommandations</h3>



<p>En vertu du droit international relatif aux droits humains, les États sont tenus de protéger les droits à la vie et à la santé. Bien que le Pakistan ait réalisé des progrès notables en matière de réaction aux catastrophes depuis 2022, il n&rsquo;est toujours pas en mesure de protéger ces droits pour bon nombre de Pakistanais·e·s.</p>



<p>« Ce qui est tragique dans cette situation, c’est que ceux qui contribuent le moins à la crise climatique comptent parmi les plus touchés par ses conséquences néfastes, a déclaré Laura Mills.</p>



<p>« Le changement climatique ne s&rsquo;arrête pas aux frontières internationales. La responsabilité des décès évitables au Pakistan n&rsquo;incombe pas seulement à Islamabad, mais aussi aux pays qui continuent de brûler, de produire et de fournir des combustibles fossiles en quantités inacceptables.</p>



<p>« Le Pakistan doit s’efforcer d’améliorer son système de santé et ses réponses d&rsquo;urgence afin de faire face au changement climatique, tandis que la communauté internationale doit veiller à ce que les plus fragiles au sein de la société pakistanaise soient protégés. Les pays à hauts revenus et à fortes émissions doivent apporter un soutien notamment financier en vue d’aider la population pakistanaise à s&rsquo;adapter à la crise climatique et à remédier aux effets néfastes du changement climatique. »</p>

</div></section>



<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/pakistan-les-personnes-agees-et-les-enfants-sont-exposes-a-un-risque-accru-de-deces-et-de-maladie-du-fait-des-catastrophes-climatiques-nouveau-rapport/">Pakistan. Les personnes âgées et les enfants sont exposés à un risque accru de décès et de maladie du fait des catastrophes climatiques – Nouveau rapport</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Rapport 2021/22 d&#8217;Amnesty International : déception des espoirs pour un avenir équitable post-pandémie</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/rapport-2021-22-amnesty-international-deception-des-espoirs-pour-un-avenir-equitable-post-pandemie/</link>
					<comments>https://www.amnesty.lu/actualites/rapport-2021-22-amnesty-international-deception-des-espoirs-pour-un-avenir-equitable-post-pandemie/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[julieleblond]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Mar 2022 01:01:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
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		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 29 mars 2022, Amnesty International publie son Rapport 2021/22 sur la situation des droits humains dans le monde. Cette analyse de 154 pays fait le procès des décideurs à travers le monde qui ont brisé leurs promesses de créer une société plus juste Post-COVID. Amnesty International déplore également que l’échec monumental de la communauté [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Le 29 mars 2022, Amnesty International publie son Rapport 2021/22 sur la situation des droits humains dans le monde. Cette analyse de 154 pays fait le procès des décideurs à travers le monde qui ont brisé leurs promesses de créer une société plus juste Post-COVID. Amnesty International déplore également que l’échec monumental de la communauté internationale face à la multiplication des conflits ait ouvert la voie à de nouvelles escalades. Les populations les plus marginalisées en ont été les premières victimes.</strong></p>



<p>En 2021, les pays riches et les multinationales ont donné aux populations de faux espoirs pour un avenir équitable post-pandémie à coup de discours qui n’ont pas été suivis des faits et de promesses qui n’ont pas été tenues. L&rsquo;abandon de ces promesses est la plus grande trahison de notre époque, a déclaré Amnesty International lors de la présentation de son rapport annuel sur la situation des droits humains dans le monde.</p>



<p>« 2021 aurait dû être une année de guérison et de redressement. Au lieu de cela, elle est devenue un incubateur d’inégalité et d’instabilité croissantes, qui auront des conséquences terribles pour les années à venir », a déclaré Agnès Callamard, la secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« L’un après l’autre, tous les responsables des pays ont promis de “reconstruire en mieux” afin d’agir sur les inégalités de longue date qui ont exacerbé l’impact de la pandémie. En réalité, ils ont joué une farce tragique de trahison et de cupidité, en étant de mèche avec les grandes entreprises. Si le monde entier en a été le théâtre, ce sont les populations les plus marginalisées qui en ont subi les pires effets, notamment celles en première ligne de la pauvreté endémique. »</p>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading">Le succès des campagnes vaccinales entamé par le nationalisme égoïste et l&rsquo;avidité des multinationales</h2>



<p>Le déploiement rapide des vaccins anti-COVID-19 est apparu comme une solution miracle laissant espérer la fin de la pandémie pour tout le monde. Cependant, malgré une production suffisante pour vacciner entièrement l’ensemble de la planète en 2021, à la fin de l’année, moins de 4 % de la population des pays à faible revenu présentait un schéma vaccinal complet.</p>



<p>« Lors des sommets du G7, du G20 et de la COP26, les responsables politiques et économiques ont apporté un soutien de façade à des mesures qui permettraient d’améliorer nettement l’accès aux vaccins, de mettre fin au sous-investissement dans la protection sociale et de lutter contre les conséquences du changement climatique. Les dirigeant·e·s des grands groupes pharmaceutiques et des géants technologiques ont tenu de beaux discours sur la responsabilité des entreprises. À ce moment charnière, le décor était planté pour une reprise impliquant de vrais changements en faveur d’un monde plus égalitaire », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Malheureusement, ils ont gâché cette opportunité en reprenant leurs politiques et pratiques habituelles, qui ont engendré encore plus d’inégalité. Les membres de ce club des privilégiés ont formulé publiquement des promesses sur lesquelles ils sont revenus en privé. »</p>


<div class="imageBlock"><img decoding="async" width="2560" height="1708" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-scaled.jpg" class="attachment-full size-full" alt="" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-scaled.jpg 2560w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-600x400.jpg 600w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-300x200.jpg 300w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-1024x683.jpg 1024w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-768x512.jpg 768w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-1536x1025.jpg 1536w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-2048x1367.jpg 2048w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-899x600.jpg 899w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-108x72.jpg 108w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-216x144.jpg 216w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-60x40.jpg 60w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-120x80.jpg 120w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-200x133.jpg 200w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-400x267.jpg 400w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-260x173.jpg 260w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-520x347.jpg 520w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-325x217.jpg 325w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282830-650x434.jpg 650w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /></div><div class="imageBlock-caption">Des militants d&#039;Amnesty international, d&#039;Urgence et d&#039;Oxfam, membres de l&#039;Alliance des peuples pour le vaccin, organisent une manifestation flashmob pour dénoncer la situation d&#039;inégalité d&#039;accès aux vaccins dans le monde face aux énormes profits réalisés par les sociétés pharmaceutiques , sur la Piazza Vittorio à Rome à la veille du Sommet du G20 des dirigeants mondiaux le 29 octobre 2021 à Rome, Italie.</div>


<p>Les pays riches tels que les États membres de l’UE, le Royaume-Uni et les États-Unis ont accumulé plus de doses de vaccin que nécessaire, tout en fermant les yeux lorsque les grands groupes pharmaceutiques ont fait passer les profits avant les personnes en refusant de partager leurs technologies pour accroître la distribution des vaccins. En 2021, Pfizer/BioNTech et Moderna ont projeté des bénéfices allant jusqu’à 54 milliards de dollars américains, et pourtant, moins de 2 % de leurs vaccins ont été envoyés à des pays à faible revenu.</p>



<p>Les géants pharmaceutiques n’ont pas été les seules grandes entreprises à compromettre le redressement dans une approche de maximisation de leurs profits. Les sociétés du numérique comme Facebook, Instagram et Twitter ont laissé le champ libre aux informations erronées au sujet de la pandémie de COVID-19, ce qui a favorisé le développement de l’hésitation vaccinale. Certains responsables politiques ont également été des super-propagateurs de désinformation, qui ont nourri la défiance et la crainte pour leurs propres intérêts.</p>



<p>« Les entreprises de réseaux sociaux ont laissé leurs algorithmes lucratifs répandre de fausses informations dangereuses au sujet de la pandémie, en faisant primer le sensationnalisme et la discrimination sur la vérité », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« L’ampleur des profits qu’elles ont tirés de cette désinformation et son impact sur la vie de millions de personnes font porter une lourde responsabilité à ces entreprises. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les populations marginalisées plus durement touchées par les réponses à la pandémie</h2>



<p>Tandis que de nombreux pays du Sud ont subi de plein fouet les conséquences de l’entente entre les grandes entreprises et les gouvernements occidentaux, à la désolation s’est ajouté l’effondrement des systèmes de santé et du soutien économique et social sous le poids de décennies de négligence. C’est en Afrique que ces effets se sont fait ressentir le plus cruellement.</p>



<p>Avec moins de 8 % de sa population pleinement vaccinée à la fin de l’année 2021, le continent affiche le taux de vaccination le plus bas du monde, en raison des stocks insuffisants fournis au dispositif COVAX, au Fonds africain pour l’acquisition des vaccins (AVAT) et par le biais de dons bilatéraux. Les habitant·e·s sont restés exposés, les campagnes de vaccination ayant échoué ou manqué d’efficacité dans des pays où le système de santé était déjà inadapté.</p>



<p>En Afrique du Sud, environ 750 000 enfants avaient abandonné l’école en mai, soit plus du triple du nombre constaté avant la pandémie. Au Viêt-Nam, les travailleuses migrantes ont été tout particulièrement touchées, se retrouvant en situation d’insécurité alimentaire et dans l’incapacité de satisfaire d’autres besoins essentiels. Au Venezuela, la pandémie a aggravé la crise humanitaire préexistante : 94,5 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté et 76,6 % dans une extrême pauvreté.</p>


<div class="imageBlock"><img decoding="async" width="2560" height="1707" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-scaled.jpg" class="attachment-full size-full" alt="" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-scaled.jpg 2560w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-600x400.jpg 600w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-300x200.jpg 300w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-1024x683.jpg 1024w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-768x512.jpg 768w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-1536x1024.jpg 1536w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-2048x1365.jpg 2048w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-900x600.jpg 900w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-108x72.jpg 108w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-216x144.jpg 216w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-60x40.jpg 60w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-120x80.jpg 120w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-200x133.jpg 200w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-400x267.jpg 400w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-260x173.jpg 260w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-520x347.jpg 520w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-325x217.jpg 325w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282592-650x433.jpg 650w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /></div><div class="imageBlock-caption">Les gens font la queue pour recevoir un repas gratuit dans une cuisine communautaire du MRP (Movimiento Resistencia Popular) dans le quartier de La Boca, Buenos Aires, Argentine, le 4 novembre 2021. &#8211; Fatima, Stefani et Carlos Alberto vont tous les jours dans une soupe populaire à La Boca, un quartier traditionnel de Buenos Aires. &lt;br&gt;Ils se sont retrouvés sans travail lorsque tout a fermé à cause de la pandémie de Covid-19 et regardent, impuissants, l&#039;inflation ronger le peu d&#039;argent qu&#039;ils produisent. </div>


<p>« Dans de nombreux pays, ce sont les personnes déjà marginalisées qui ont le plus souffert des choix politiques de quelques privilégiés. Les droits à la santé et à la vie ont été bafoués à grande échelle. Des millions de personnes ont dû lutter pour survivre, beaucoup se sont retrouvées sans abri, des enfants ont été privés d’éducation et la pauvreté a augmenté », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« L’incapacité de la communauté internationale à proposer une réponse mondiale face à la pandémie a également semé les graines d’une violence et d’une injustice toujours plus fortes. La pauvreté croissante, l’insécurité alimentaire et l’instrumentalisation de la pandémie par des gouvernements pour mieux réprimer la dissidence et la contestation ont été largement cultivées en 2021, et abondamment nourries par le nationalisme vaccinal et la cupidité des pays les plus riches. »</p>



<h2 class="wp-block-heading">Propagation des conflits face à la réponse dangereusement faible de la communauté internationale</h2>



<p>En 2021, des conflits ont éclaté ou persisté en Afghanistan, au Burkina Faso, en Éthiopie, en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, en Libye, au Myanmar et au Yémen, dans lesquels toutes les parties belligérantes ont commis des violations du droit international humanitaire et relatif aux droits humains. Les civils en ont été les victimes collatérales ; des millions ont été déplacés, des milliers tués, des centaines ont subi des violences sexuelles, et les systèmes de santé et les économies déjà fragiles se sont retrouvés au bord de la faillite.</p>


<div class="imageBlock"><img decoding="async" width="2560" height="1707" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-scaled.jpg" class="attachment-full size-full" alt="" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-scaled.jpg 2560w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-600x400.jpg 600w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-300x200.jpg 300w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-1024x683.jpg 1024w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-768x512.jpg 768w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-1536x1024.jpg 1536w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-2048x1365.jpg 2048w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-900x600.jpg 900w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-108x72.jpg 108w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-216x144.jpg 216w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-60x40.jpg 60w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-120x80.jpg 120w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-200x133.jpg 200w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-400x267.jpg 400w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-260x173.jpg 260w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-520x347.jpg 520w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-325x217.jpg 325w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282776-650x433.jpg 650w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /></div><div class="imageBlock-caption">Une chaîne humaine est formée par des travailleurs de la société civile, de l&#039;aide humanitaire et des services médicaux et de secours lors d&#039;une veillée appelant au maintien d&#039;une résolution de l&#039;ONU autorisant le passage de l&#039;aide humanitaire dans la province d&#039;Idlib, au nord-ouest de la Syrie, à travers le Bab al &#8211; Poste frontalier de Hawa avec la Turquie, près de Bab al-Hawa le long de l&#039;autoroute qui le relie à la ville d&#039;Idlib le 2 juillet 2021. &#8211; La résolution de l&#039;ONU doit expirer le 10 juillet &#8211; date à laquelle le Conseil de sécurité doit avoir voté sur son renouvellement, qui est actuellement menacé par un veto de la Russie au motif qu&#039;il viole la souveraineté de la Syrie, dans le but de réacheminer l&#039;aide à travers le territoire contrôlé par le régime.</div>


<p>L’échec mondial devant cette multiplication des conflits a semé une instabilité et une désolation croissantes. L’inefficacité de la réponse internationale à ces crises a été particulièrement visible au sein du Conseil de sécurité des Nations unies, qui n’a pas réussi à agir contre les atrocités au Myanmar, les violations des droits humains en Afghanistan ou encore les crimes de guerre en Syrie. Cette inaction honteuse, la paralysie persistante des organes multilatéraux et l’absence de responsabilisation des grandes puissances ont contribué à ouvrir la voie à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui constitue une violation flagrante du droit international.</p>



<p>« Bien rares ont été les occasions où la communauté internationale a su apporter la réponse nécessaire. Bien rares ont été celles où la justice et le principe de l’obligation de rendre des comptes ont été respectés. La plupart du temps, au contraire, les conflits se sont intensifiés. En se prolongeant, ils ont eu des conséquences de plus en plus graves. Le nombre et la diversité des parties ont augmenté. De nouveaux théâtres d’opérations sont apparus. De nouvelles armes ont été testées. Les violences ont fait davantage de morts et de blessés. Le prix de la vie humaine a baissé. La stabilité mondiale a été plus qu’ébranlée », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La répression de la dissidence en plein essor au moment où les voix indépendantes étaient le plus nécessaires</h2>



<p>La tendance mondiale à réprimer les voix critiques et indépendantes a gagné du terrain en 2021, à la faveur d’un éventail d’outils et de tactiques de plus en plus large déployé par les gouvernements. Les défenseur·e·s des droits humains, les ONG, les organes de presse et les opposant·e·s ont été la cible de détentions illégales, d’actes de torture et de disparitions forcées, bien souvent sous couvert de lutte contre la pandémie.</p>



<p>En 2021, au moins 67 pays ont adopté de nouvelles lois restreignant la liberté d’expression, d’association ou de réunion. Aux États-Unis, dans au moins 36 États, des parlementaires ont déposé plus de 80 propositions de loi visant à limiter la liberté de réunion, tandis que le gouvernement britannique a présenté son projet de loi relatif à la police, à la délinquance, aux condamnations et aux tribunaux, qui réduirait fortement le droit à la liberté de réunion pacifique, notamment en étendant les pouvoirs de la police.</p>



<p>Les technologies numériques furtives ont encore été utilisées comme armes par les autorités. En Russie, le gouvernement a eu recours à la reconnaissance faciale pour procéder à des arrestations massives de manifestant·e·s pacifiques. En Chine, les autorités ont donné l’ordre aux fournisseurs d’accès à Internet de couper l’accès aux sites « mettant en danger la sécurité nationale » et elles ont bloqué les applications sur lesquelles étaient abordés des sujets controversés comme le Xinjiang ou Hong Kong. À Cuba, en Eswatini, en Iran, au Myanmar, au Niger, au Sénégal, au Soudan et au Soudan du Sud, les coupures et perturbations d’Internet ont servi à empêcher les personnes de partager des informations sur la répression et d’organiser leur réponse.</p>


<div class="imageBlock"><img decoding="async" width="2560" height="1706" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-scaled.jpg" class="attachment-full size-full" alt="" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-scaled.jpg 2560w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-600x400.jpg 600w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-300x200.jpg 300w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-1024x683.jpg 1024w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-768x512.jpg 768w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-1536x1024.jpg 1536w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-2048x1365.jpg 2048w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-900x600.jpg 900w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-108x72.jpg 108w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-216x144.jpg 216w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-60x40.jpg 60w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-120x80.jpg 120w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-200x133.jpg 200w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-400x267.jpg 400w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-260x173.jpg 260w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-520x347.jpg 520w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-325x217.jpg 325w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/03/282653-650x433.jpg 650w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /></div><div class="imageBlock-caption">La police tire des grenades lacrymogènes sur des manifestants pro-démocratie lors d&#039;une manifestation réclamant une réforme politique et appelant à un changement du programme national de vaccination contre le coronavirus à Bangkok le 7 août 2021.</div>


<p>« Au lieu de proposer un espace d’échange et de débat qui manquait si cruellement sur la meilleure façon de relever les défis de 2021, de nombreux États ont redoublé d’efforts pour faire taire les voix critiques », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La résistance de la société civile pour reconstruire un monde plus juste</h2>



<p>Si, en 2021, celles et ceux qui étaient au pouvoir ont manqué d’ambition et d’imagination pour lutter contre l’une des plus graves menaces pesant sur l’humanité, on ne peut pas en dire de même des citoyennes et des citoyens que ces individus étaient censés représenter.</p>



<p>Des manifestant·e·s sont descendus dans la rue en Colombie lorsque le gouvernement a décidé d’augmenter les impôts au moment où les familles peinaient à se nourrir pendant la pandémie. En Russie, les rassemblements d’opposition se sont poursuivis malgré un nombre sans précédent d’arrestations arbitraires et de poursuites. Des agriculteurs et agricultrices indiens ont protesté contre les nouvelles lois qui risquaient de nuire à leurs sources de revenus.</p>



<p>Dans le monde entier, de jeunes militant·e·s et des défenseur·e·s des droits des peuples autochtones ont interpellé les dirigeant·e·s sur leur inaction face à la crise climatique. Des organisations de la société civile, dont Amnesty International, ont réalisé un travail de pression qui a porté ses fruits pour que soit reconnu le droit à un environnement propre, sain et durable. Des ONG ont engagé des actions judiciaires stratégiques et originales et porté plainte devant la justice pénale contre des multinationales telles que Nike, Patagonia ou C&amp;A, pour complicité de travail forcé dans la région chinoise du Xinjiang.</p>



<p>Formidable exemple de coopération, le Projet Pegasus, une collaboration entre plus de 80 journalistes avec le soutien technique d’Amnesty International, a révélé que le logiciel espion de la société israélienne NSO Group avait été utilisé contre des chefs d’État, des militant·e·s et des journalistes en Arabie saoudite, en Azerbaïdjan, en Hongrie, ou encore au Rwanda.</p>



<p>« Malgré les promesses et les engagements affirmant le contraire, dans presque tous les cas, les responsables politiques et les entreprises n’ont en rien changé de trajectoire, en choisissant de perpétuer plutôt que de supprimer les inégalités généralisées d’avant la pandémie. Pourtant, partout sur la planète, les gens ont bien fait comprendre qu’ils veulent un monde plus juste, fondé sur les droits humains », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« La résistance palpable et persistante des mouvements populaires dans le monde entier est une lueur d’espoir. Nullement intimidés ni découragés, ceux-ci demandent clairement plus d’égalité. Puisque les États ne reconstruisent pas en mieux et se contentent de recoller les morceaux, nous n’avons guère le choix. Nous devons combattre toutes leurs tentatives de nous faire taire et résister face à chacune de leurs trahisons. C’est pourquoi, dans les semaines à venir, nous lancerons une campagne mondiale de solidarité avec les mouvements populaires qui exigera le respect du droit de manifester. Nous devons construire et nourrir la solidarité internationale, même si nos dirigeant·e·s ne le font pas. »</p>



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<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading">Nos dernières actualités</h2>


<div class="grid grid-5 post-list"><article class="grid-item aimc-ignore" aria-label="Article: Asie Du Sud-est. Les Mesures Allant Dans Le Sens De L’abolition De La Peine De Mort Dans Plusieurs Pays De La Région Accentuent L’isolement De Singapour Et Des Autres Pays Qui Continuent D’exécuter Des Personnes" style="aiic:ignore;background-image: url('https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2022/05/stop-executions-illustration-3-scaled-e1652889224560-640x400.jpg')" tabindex="0"><div class="grid-content"><span class="grid-itemMeta"><a href="https://www.amnesty.lu/category/actualites/" tabindex="0">Actualités</a></span><h3 class="grid-itemTitle"><a href="https://www.amnesty.lu/actualites/asie-du-sud-est-les-mesures-allant-dans-le-sens-de-labolition-de-la-peine-de-mort-dans-plusieurs-pays-de-la-region-accentuent-lisolement-de-singapour-et-des-autres-pays-qui-continue/" tabindex="0">Asie du Sud-Est. Les mesures allant dans le sens de l’abolition de la peine de mort dans plusieurs pays de la région accentuent l’isolement de Singapour et des autres pays qui continuent d’exécuter des personnes</a></h3></div></article><article class="grid-item aimc-ignore" aria-label="Article: Le Cessez-le-feu à Gaza N’existe Que Sur Le Papier, Déclarent Plus De 100 Organisations" style="aiic:ignore;background-image: url('https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/10/319571-640x400.jpg')" tabindex="0"><div class="grid-content"><span class="grid-itemMeta"><a href="https://www.amnesty.lu/category/actualites/" tabindex="0">Actualités</a></span><h3 class="grid-itemTitle"><a href="https://www.amnesty.lu/actualites/le-cessez-le-feu-a-gaza-nexiste-que-sur-le-papier-declarent-plus-de-100-organisations/" tabindex="0">Le cessez-le-feu à Gaza n’existe que sur le papier, déclarent plus de 100 organisations</a></h3></div></article><article class="grid-item aimc-ignore" aria-label="Article: Arabie Saoudite. Il Faut Annuler La Sentence Prononcée à L&rsquo;encontre D’un Travailleur Migrant Sri-lankais, Condamné à Mort Pour Une Publication Sur Les Réseaux Sociaux" style="aiic:ignore;background-image: url('https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2023/05/286005-scaled-e1683527904933-640x400.jpg')" tabindex="0"><div class="grid-content"><span class="grid-itemMeta"><a href="https://www.amnesty.lu/category/actualites/" tabindex="0">Actualités</a></span><h3 class="grid-itemTitle"><a href="https://www.amnesty.lu/actualites/arabie-saoudite-il-faut-annuler-la-sentence-prononcee-a-lencontre-dun-travailleur-migrant-sri-lankais-condamne-a-mort-pour-une-publication-sur-les-reseaux-sociaux/" tabindex="0">Arabie saoudite. Il faut annuler la sentence prononcée à l&rsquo;encontre d’un travailleur migrant sri-lankais, condamné à mort pour une publication sur les réseaux sociaux</a></h3></div></article><article class="grid-item aimc-ignore" aria-label="Article: Yémen. Les Houthis Poursuivent Des Personnes Travaillant Pour Les Nations Unies Et La Société Civile, Qui Encourent La Peine De Mort Après Des Accusations Abusives D’espionnage" style="aiic:ignore;background-image: url('https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/10/316871-640x400.jpg')" tabindex="0"><div class="grid-content"><span class="grid-itemMeta"><a href="https://www.amnesty.lu/category/actualites/" tabindex="0">Actualités</a></span><h3 class="grid-itemTitle"><a href="https://www.amnesty.lu/actualites/yemen-les-houthis-poursuivent-des-personnes-travaillant-pour-les-nations-unies-et-la-societe-civile-qui-encourent-la-peine-de-mort-apres-des-accusations-abusives-despionnage/" tabindex="0">Yémen. Les Houthis poursuivent des personnes travaillant pour les Nations unies et la société civile, qui encourent la peine de mort après des accusations abusives d’espionnage</a></h3></div></article><article class="grid-item aimc-ignore" aria-label="Article: Réunions De Préparation à La Cop31. Finis Les Beaux Discours, Place Aux Actes : Les Leaders Mondiaux Doivent Se Montrer à La Hauteur Des Enjeux Du Pacifique" style="aiic:ignore;background-image: url('https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/10/precop31Banner-1468x396-1-640x396.webp')" tabindex="0"><div class="grid-content"><span class="grid-itemMeta"><a href="https://www.amnesty.lu/category/actualites/" tabindex="0">Actualités</a></span><h3 class="grid-itemTitle"><a href="https://www.amnesty.lu/actualites/reunions-de-preparation-a-la-cop31-finis-les-beaux-discours-place-aux-actes-les-leaders-mondiaux-doivent-se-montrer-a-la-hauteur-des-enjeux-du-pacifique/" tabindex="0">Réunions de préparation à la COP31. Finis les beaux discours, place aux actes : les leaders mondiaux doivent se montrer à la hauteur des enjeux du Pacifique</a></h3></div></article></div>


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