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	<title>Torture Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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	<title>Torture Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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		<title>Soudan. Trois ans après le début du conflit, les parties belligérantes intensifient leur violente guerre contre les civil·e·s</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 07:02:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Soudan. Trois ans après le début du conflit, les parties belligérantes intensifient leur violente guerre contre les civil·e·s Le violent conflit qui oppose depuis trois ans les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces d’appui rapide (FAR) et leurs alliés respectifs au Soudan continue de s’intensifier et d’infliger des préjudices dévastateurs aux civil·e·s, a déclaré [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Soudan. Trois ans après le début du conflit, les parties belligérantes intensifient leur violente guerre contre les civil·e·s</h2>



<p>Le violent conflit qui oppose depuis trois ans les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces d’appui rapide (FAR) et leurs alliés respectifs au Soudan continue de s’intensifier et d’infliger des préjudices dévastateurs aux civil·e·s, a déclaré Amnesty International le 14 avril 2026, la veille de la date anniversaire du début de la guerre le 15 avril.</p>



<p>Chaque déplacement des lignes de front a laissé un sillage de mort et de destruction, caractérisé par des attaques directes et menées sans discernement contre les civil·e·s, des pillages et des destructions d’infrastructures civiles, des violences sexuelles généralisées, des restrictions de l’acheminement de l’aide humanitaire et des attaques de représailles.</p>



<p>« Les parties au conflit ont, à maintes reprises, pris pour cible délibérément et sans discernement des civil·e·s, notamment pendant et après leur prise de contrôle de villes dans tout le pays. Elles continuent de bloquer l’acheminement de l’aide humanitaire vers les personnes qui en ont désespérément besoin », a déclaré la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard.</p>



<p>« Les réponses minimales, timorées et insuffisantes de l’Union africaine, du Conseil de sécurité des Nations unies et d’autres acteurs internationaux et régionaux n’ont fait qu’encourager les responsables de ces attaques à les poursuivre. Le monde doit désormais donner de toute urgence la priorité à la protection des civil·e·s au Soudan. »</p>



<p>Amnesty International appelle par ailleurs la communauté internationale, y compris l’Union africaine, l’Union européenne et l’ONU, à mettre au rang de ses priorités l’obligation de rendre des comptes pour les crimes de droit international et les autres graves atteintes aux droits humains commis au Soudan. Le Conseil de sécurité des Nations unies doit élargir la saisine de la Cour pénale internationale, qui ne concerne actuellement que le conflit au Darfour, afin qu’elle puisse aussi engager des enquêtes et des poursuites sur les crimes commis dans le reste du Soudan.</p>



<p>La communauté internationale doit également augmenter les financements et faire pression sur les parties belligérantes pour qu’elles garantissent un accès humanitaire sans entrave, afin que la population civile, et notamment les victimes de violences sexuelles, puisse bénéficier de services de santé vitaux dans le pays.</p>



<p>« Le conflit au Soudan n’est pas oublié : il est délibérément ignoré et négligé. Derrière cette négligence, ce sont d’innombrables êtres humains qui sont victimes de souffrances indicibles alors que le monde détourne le regard. Il faut que cela cesse », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une guerre contre les civil·e·s</h4>



<p>Depuis que le conflit armé a éclaté, Amnesty International a recueilli des informations sur les attaques systémiques contre les civil·e·s menées tant par les FAR que par les FAS.</p>



<p>Parmi les atteintes aux droits humains commises contre les civil·e·s figurent des homicides volontaires et illégaux, des viols, des viols collectifs, de l’esclavage sexuel et d’autres formes de violences sexuelles, des actes de torture, des disparitions forcées et des pillages généralisés ; des actes qui constituent tous des crimes de guerre, voire, pour certains, des crimes contre l’humanité.</p>



<p>Pendant et après une attaque de grande ampleur menée en avril 2025 contre le camp de Zamzam, le plus grand camp pour personnes déplacées à l’intérieur du pays au Darfour septentrional, les FAR et leurs forces alliées ont délibérément tué des civil·e·s, pillé et détruit des biens de caractère civil et pris des personnes en otage. Des combattants des FAR ont également délibérément incendié des habitations et des commerces, endommagé des infrastructures civiles essentielles et provoqué ainsi le déplacement de plus de 400 000 personnes.</p>



<p>Amnesty International a également recueilli des informations sur les atrocités généralisées commises par les FAR à El Fasher après leur prise de contrôle de la ville en octobre, à l’issue d’un siège de 18 mois.</p>



<p>Les FAS ont mené des frappes aériennes contre des zones civiles, notamment contre un marché bondé dans la ville de Kabkabiya, au Darfour septentrional, tuant des dizaines de civil·e·s. Les FAS et leurs alliés ont également mené des attaques de représailles contre des civil·e·s et des défenseur·e·s des droits humains qualifiés de collaborateurs des FAR.</p>



<p>Des membres du réseau soudanais nommé salles d’intervention d’urgence, des militant·e·s, des journalistes, des professionnel·le·s de santé, des travailleurs·euses humanitaires, des défenseur·e·s des droits humains et des citoyen·ne·s ordinaires opposés à la guerre ou des personnes perçues comme favorables à des forces adverses ont été la cible d’agressions, de harcèlement, de détentions arbitraires et d’homicides. Les affrontements qui se poursuivent dans l’État du Kordofan du Nord entre les FAS et les FAR ont également de lourdes répercussions sur la population civile. La ville d’El Obeid, dans le Kordofan du Nord, est actuellement assiégée.</p>



<p>« La fenêtre d’action pour éviter que les événements d’El Fasher se reproduisent à El Obeid et dans d’autres parties de l’État du Kordofan se referme rapidement. Sans une pression diplomatique rapide et coordonnée sur les deux parties, les atrocités de masse commises à El Fasher se reproduiront inévitablement », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Depuis que le conflit a éclaté, les civil·e·s n’ont eu aucun répit et sont pris au piège d’un cycle sans fin de mort, de déplacement et de faim. »</p>



<p>Le conflit risque par ailleurs de s’étendre à d’autres zones, notamment à l’État du Nil Blanc.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Embargos sur les armes</h4>



<p>Amnesty International a déjà recueilli des informations montrant que des armes récemment fabriquées avaient été transférées au Soudan et dans ses environs, en violation flagrante de l’embargo sur les armes à destination de toutes les parties au conflit au Darfour. L’organisation a présenté des éléments de preuve attestant du soutien militaire apporté par les Émirats arabes unis aux FAR, en violation du droit international. Amnesty International a également révélé que des systèmes d’armement de fabrication française étaient utilisés sur le champ de bataille au Soudan, tout comme des armes provenant de Chine, de Russie et de Turquie.</p>



<p>Amnesty International appelle une nouvelle fois les autorités des Émirats arabes unis à mettre immédiatement un terme aux transferts d’armes aux FAR. Tant que les Émirats arabes unis continuent de transférer des armes aux FAR, les transferts d’armes internationaux vers le pays doivent également cesser.</p>



<p>Amnesty International appelle également le Conseil de sécurité de l’ONU à étendre l’embargo sur les armes en vigueur au Darfour au reste du Soudan.</p>



<p>« Tant que le flux et l’approvisionnement en armes à destination du Soudan ne sont pas interrompus, les civil·e·s continueront de souffrir sous les bombardements quotidiens. Il est temps que le Conseil de sécurité des Nations unies étende l’embargo sur les armes en vigueur au Darfour au reste du Soudan et amène tous les pays et entités l’ayant enfreint à rendre des comptes », a déclaré Agnès Callamard.</p>
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		<title>Malte. Sept années d’injustice : il faut abandonner les charges pesant sur les « Trois de l’El Hiblu »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Mar 2026 07:38:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Malte. Sept années d’injustice : il faut abandonner les charges pesant sur les « Trois de l’El Hiblu » Ce samedi 28 mars marque le septième anniversaire de l&#8217;arrestation à Malte d&#8217;Amara Krumak, d&#8217;Abdalla Bari et de Kone Tiemoko Abdul Kader – alias les « Trois de l’El Hiblu » – pour s&#8217;être opposés à [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Malte. Sept années d’injustice : il faut abandonner les charges pesant sur les « Trois de l’El Hiblu »</h2>



<p>Ce samedi 28 mars marque le septième anniversaire de l&rsquo;arrestation à Malte d&rsquo;Amara Krumak, d&rsquo;Abdalla Bari et de Kone Tiemoko Abdul Kader – alias les « Trois de l’El Hiblu » – pour s&rsquo;être opposés à leur renvoi forcé vers la Libye, où ils risquaient d&rsquo;être victimes de persécutions, de tortures et de violations graves des droits humains. Pour cet acte de résistance, les autorités maltaises les ont inculpés d’« actes de terrorisme » et d’autres infractions.</p>



<p>« Il est inconcevable que les  » Trois de l’El Hiblu « , qui ont survécu à des violences en Libye, à un naufrage et à une tentative de renvoi illégal, risquent aujourd’hui la réclusion à perpétuité simplement pour avoir fait valoir leurs droits et tenté d’esquiver de nouvelles violences », a déclaré Dinushika Dissanayake, directrice régionale adjointe pour l’Europe à Amnesty International.</p>



<p>En mars 2019, les trois adolescents (alors âgés de 15, 16 et 19 ans) ont fui la Libye à bord d’un canot pneumatique surchargé, en compagnie de 108 personnes. Lorsque le canot a commencé à se dégonfler, ils ont été secourus par le cargo El Hiblu, sollicité par l’opération navale de l’Union européenne (UE) en Méditerranée pour porter secours à l’embarcation en détresse.</p>



<p>Après le sauvetage, le capitaine du navire a tenté de ramener les personnes à bord en Libye, ce qui aurait constitué une violation du droit international, qui exige que les personnes secourues soient conduites en lieu sûr. Lorsque les passagers ont compris ce qui se passait, ils ont cédé à la panique. Ils ont supplié le capitaine de l’El Hiblu, certains affirmant qu’ils préféraient mourir plutôt que retourner en Libye ; le navire a alors fait demi-tour et mis le cap sur Malte.</p>



<p>À l’arrivée, les autorités maltaises ont affirmé que les trois jeunes avaient pris le contrôle du navire par la force. Ils ont été inculpés de crimes graves passibles de la réclusion à perpétuité en vertu de la législation maltaise relative au terrorisme, et sont encore enlisés dans des procédures judiciaires qui n’auraient jamais dû être engagées.</p>



<p>« La Libye n’est pas un pays sûr. En s’opposant à leur renvoi, ils ont contribué à empêcher une grave violation du droit international qui aurait très probablement entraîné d’atroces souffrances pour eux-mêmes et beaucoup d’autres. Nul ne doit être sanctionné pour avoir sollicité une protection. Amnesty International exprime sa solidarité avec Amara, Abdalla et Kone, qui endurent depuis sept ans une terrible injustice. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une longue liste de manquements</h4>



<p>Au cours des sept dernières années, les autorités maltaises ont constamment manqué à leurs obligations envers ces trois jeunes hommes, dont deux étaient encore mineurs lorsqu’ils ont été arrêtés. Elles n’ont pas pris en compte leur intérêt supérieur en tant que mineurs, les ont placés en détention dans une prison pour adultes de haute sécurité et les ont soumis à une procédure judiciaire applicable aux adultes.</p>



<p>Par ailleurs, Amnesty International déplore les problèmes de procédure et les lacunes de l&rsquo;enquête qui ont compromis l&rsquo;équité du procès : par exemple, des témoins clés n&rsquo;ont jamais été convoqués, notamment des passagers qui avaient été secourus. Malgré l&rsquo;absence de preuves de violences, les autorités ont maintenu des accusations liées au terrorisme qui sont sans fondement.</p>



<p>« Malte a engrangé toute une série de manquements dans la gestion de cette affaire. Ces jeunes hommes n’ont pas bénéficié d’un procès équitable et ont été traités comme des adultes, passant sept années de leur jeunesse dans un trou noir juridique – au lieu de consacrer ce temps à leurs études, à leur travail et, tout simplement, à grandir sans menaces de poursuites judiciaires », a déclaré Dinushika Dissanayake.</p>



<p>Kone Tiemoko Abdul Kader est actuellement détenu dans un centre pour migrants au Royaume-Uni et risque d&rsquo;être extradé vers Malte. Amnesty International s&rsquo;oppose à son extradition, car il serait alors renvoyé vers des procédures qui n&rsquo;auraient jamais dû être intentées.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une injustice de plus en plus admise</h4>



<p>Amnesty International salue les récentes déclarations de quatre expert·e·s indépendants des Nations unies qui, en janvier, ont vivement critiqué la manière dont Malte a géré cette affaire et ont demandé l’abandon des poursuites. Ils ont notamment fait part de leur inquiétude quant aux accusations de « terrorisme », qui « ne semblent pas reposer sur des actes criminels violents ou coercitifs », ainsi qu&rsquo;à la violation du droit à un procès équitable et au non-respect des droits de l&rsquo;enfant.</p>



<p>Ces experts ont également rappelé que l&rsquo;opération navale de l&rsquo;UE en Méditerranée avait donné l’ordre au navire El Hiblu, au nom des garde-côtes libyens, de ramener les personnes secourues en Libye, ordonnant ainsi un renvoi forcé illégal (pushback). Ce qui fait écho à la coopération persistante de l&rsquo;UE avec la Libye, où les droits des réfugié·e·s et des migrant·e·s sont bafoués de manière systématique et généralisée en toute impunité. Les informations selon lesquelles l&rsquo;Union européenne chercherait à étendre sa coopération en matière de migration et de contrôle des frontières avec les Forces armées arabes libyennes (FAAL), groupe armé qui fait autorité de facto dans l&rsquo;est et le sud de la Libye, sont très préoccupantes, compte tenu des antécédents des FAAL en matière de crimes de guerre et de violations du droit international.</p>



<p>« Comme l’a dit Amnesty International dès le début, cette affaire illustre parfaitement ce qui pose problème dans la politique migratoire de l’UE en Méditerranée centrale. Il est de plus en plus largement admis que ces accusations sont injustifiées et profondément iniques.</p>



<p>« Criminaliser des personnes pour avoir sollicité une protection ne fait que prolonger leur souffrance et aggraver leur traumatisme. Au bout de sept ans, ces jeunes hommes ont suffisamment subi. Malte doit abandonner les poursuites et classer l’affaire sans suite », a déclaré Dinushika Dissanayake.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Le 22 janvier 2025, la Cour d’appel de La Valette a estimé que Malte était compétente pour juger l’affaire, qui doit donc continuer d’être entendue par le tribunal correctionnel de Malte. Les audiences préliminaires sont en cours.</p>
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		<title>Éthiopie. Les autorités doivent enquêter sur les violences sexuelles, exécutions sommaires et actes de torture perpétrés par des combattants de l’Armée de libération oromo</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 16:52:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
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		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Éthiopie. Les autorités doivent enquêter sur les violences sexuelles, exécutions sommaires et actes de torture perpétrés par des combattants de l’Armée de libération oromo Avertissement : ce communiqué de presse contient des descriptions de violences sexuelles et d’actes de torture. Des membres de l’Armée de libération oromo, en Éthiopie, ont soumis des femmes et des [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Éthiopie. Les autorités doivent enquêter sur les violences sexuelles, exécutions sommaires et actes de torture perpétrés par des combattants de l’Armée de libération oromo</h2>



<p><strong><mark style="background-color:#000" class="has-inline-color has-white-color">Avertissement : ce communiqué de presse contient des descriptions de violences sexuelles et d’actes de torture.</mark></strong></p>



<p>Des membres de l’Armée de libération oromo, en Éthiopie, ont soumis des femmes et des filles à des violences sexuelles, se rendant coupables de viols, de viols en réunion, d’esclavage sexuel, d’exécutions sommaires et de destructions de biens civils, agissements susceptibles de constituer des crimes de guerre, dans le contexte du conflit ayant commencé dans la région Oromia en 2019, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse rendue publique vendredi 6 mars.</p>



<p>Ce document, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/03/No-One-Came-to-My-Rescue_Formatted_FINAL_.pdf"><strong><em>No one came to my rescue: Gang rape, sexual slavery and mass displacement of women in Oromia, Ethiopia</em></strong></a>, fait état des atrocités commises contre des civil·e·s, en particulier des femmes et des filles, par le groupe armé de l’Armée de libération oromo dans les districts de Sayo et Anfillo de la zone de Kellem Wallaga, entre 2020 et 2024. « Cela fait sept ans que dans un climat de secret permis par le blocage des communications et des médias, des combattants causent d’immenses souffrances aux civil·e·s dans l’Oromia. Non seulement ces violations répétées sont épouvantables, mais il est en outre possible qu’elles constituent des crimes de guerre », a déclaré Tigere Chagutah, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnesty International. « Les organismes de suivi des droits humains, à l’échelle internationale et africaine, continuent à détourner le regard. Ils doivent demander que les autorités éthiopiennes diligentent immédiatement des enquêtes impartiales et rigoureuses sur ces atrocités, dans le but d’amener tous les responsables à rendre des comptes, et de fournir aux victimes une possibilité d’obtenir justice et réparations. »</p>



<p>« L’Armée de libération oromo doit immédiatement adresser à tous ses combattants l’ordre de respecter le droit international humanitaire et le droit international relatif aux droits humains. Elle doit aussi désarmer et démobiliser les combattants et/ou unités s’étant rendus coupables de violences sexuelles, d’autres formes de torture, d’homicides, de déplacements forcés et d’autres crimes au regard du droit international. »</p>



<p>Des affrontements opposant l’Armée de libération oromo (OLA) &#8211; l’ancienne aile militaire du Front de libération oromo (FLO) -, les Forces de défense nationale éthiopiennes (ENDF) et les forces régionales de sécurité de l’Oromia alliées, ont éclaté en 2019, et ce conflit continue à avoir de très lourdes répercussions sur la population civile.</p>



<p>Pour cette synthèse, Amnesty International a recueilli les propos de 10 victimes de viols en réunion, dont sept étaient mineures au moment des agressions. L’organisation a également reçu les témoignages de prestataires de santé, et ont examiné les dossiers médicaux des victimes.</p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/03/No-One-Came-to-My-Rescue_Formatted_FINAL_.pdf">Lire le rapport</a></div>
</div>



<h4 class="wp-block-heading">« Ils nous violaient tous les jours, deux fois par jour »</h4>



<p>Sur les 10 victimes ayant parlé à Amnesty International, cinq ont également connu l’esclavage sexuel. Neuf ont été agressées par des combattants de l’Armée de libération oromo (OLA), tandis qu’une a subi des violences de la part de soldats des Forces de défense nationale éthiopiennes et de membres de l&rsquo;OLA.</p>



<p>Deux des victimes sont tombées enceintes des suites de ces viols.</p>



<p>Ces femmes ont décrit avec de nombreux détails déchirants des agressions brutales ayant duré des jours, voire des semaines.</p>



<p>Lalistu* et sa fille Sebontu*, alors âgée de 12 ans, ont été retenues captives pendant trois semaines dans une grotte avec les mains attachées à un arbre, et ont été violées par plusieurs membres de l’OLA.</p>



<p>« Ils nous violaient tous les jours, deux fois par jour. Vers 11 heures et 18 heures. Je commençais à avoir peur quand ces moments approchaient chaque jour. Ils me disaient : « Tu vas mourir. Tu ne rentreras jamais chez toi » », a déclaré Sebontu*, maintenant âgée de 17 ans.</p>



<p>« Pendant trois semaines, 15 hommes m’ont violée et ont violé mon enfant. Ils le faisaient à tour de rôle », a déclaré Lalistu à Amnesty International.</p>



<p>Une autre victime, Anisa*, qui était enceinte au moment de l’entretien (des suites de ces violences sexuelles), a en outre été réduite en esclavage sexuel par des combattants de l’OLA fin 2024. Elle a déclaré à Amnesty International que les combattants venaient régulièrement la chercher chez elle et l’amenaient dans la brousse, où ils lui faisaient subir des viols en réunion. C’est seulement après qu’elle a eu des problèmes de santé que les combattants ont cessé ces violations.</p>



<p>Plusieurs victimes ont déclaré à Amnesty International que des combattants de l’OLA les avaient violées à titre de représailles, car leur mari, frère ou père travaillait au sein des forces gouvernementales. Elles ont également dit à Amnesty qu’elles ont été forcées à quitter leur domicile après ces violences sexuelles ; lorsque certaines ont refusé de partir, leur maison a été incendiée.</p>



<p>Deux victimes ont déclaré que des combattants ont aussi tué des hommes de leur famille, notamment le mari de Lalistu, exécuté pour avoir essayé de la protéger, ainsi que leur fille de 12 ans.</p>



<p>« Ils lui ont tiré dessus [et l’ont abattu] lorsque nous avons atteint la forêt. Je ne me suis même pas retournée pour le regarder après qu’ils l’ont tué », a déclaré Lalistu*.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Réduites au silence</h4>



<p>Ces 10 victimes et l’enfant d’une personne rescapée, qui a subi des passages à tabac, ont dit continuer à souffrir des traumatismes physiques causés par les violences qui leur ont été infligées. Ces personnes redoutaient cependant de solliciter une aide médicale, par exemple pour une interruption de grossesse et un dépistage d’infections sexuellement transmissibles, par crainte de représailles de la part des combattants de l’OLA et des autorités, et de la réprobation sociale associée aux violences sexuelles.</p>



<p>Les victimes ont réclamé que ces violations prennent fin, que justice soit rendue et que l’obligation de rendre des comptes soit respectée. L’une d’elles a déclaré : « S’il est possible de les retrouver, j’espère que justice sera faite, afin que ce qui nous est arrivé, à moi et à d’autres, puisse cesser. »</p>



<p>Du fait des restrictions imposées par les gouvernements au niveau fédéral et régional en Éthiopie, il est presque impossible pour des acteurs nationaux ou internationaux de déterminer l’étendue véritable des violations commises contre les civil·e·s depuis que le conflit a éclaté en Oromia.</p>



<p>« Ces actes lâches ont été en partie permis par un blocage des communications, qui a dissimulé au reste du monde les atrocités persistantes commises contre les civil·e·s. Ce n’est pas la première fois que les autorités éthiopiennes recourent à la censure en temps de crise. Il est probable que le tableau complet de la situation soit encore plus affligeant », a déclaré Tigere Chagutah.</p>



<p>« Les atrocités recensées par Amnesty International en Oromia ont été perpétrées dans un climat d’impunité, sans susciter la moindre réaction si ce n’est le silence des partenaires et voisins de l’Éthiopie. Cette synthèse devrait alerter sur le fait que le silence ne mène à rien d’autre que la souffrance des civil·e·s. Le cycle des violences contre les civil·e·s, en particulier les femmes et les filles, doit cesser. »</p>



<p class="has-text-align-right"><em>*Les noms ont été modifiés pour protéger l’identité des victimes.</em></p>
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		<title>Afghanistan. De nouvelles règles pénales prennent les femmes et les minorités pour cible et prévoient des sanctions toujours plus lourdes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 16:28:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
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		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Afghanistan. De nouvelles règles pénales prennent les femmes et les minorités pour cible et prévoient des sanctions toujours plus lourdes La nouvelle réglementation pénale récemment promulguée par le chef des talibans consacrera encore davantage les violences et les discriminations contre les femmes, écrit Amnesty International dans une nouvelle analyse juridique faisant état de l’impact rétrograde [&#8230;]</p>
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<div style="height:40px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading">Afghanistan. De nouvelles règles pénales prennent les femmes et les minorités pour cible et prévoient des sanctions toujours plus lourdes</h2>



<p>La nouvelle réglementation pénale récemment promulguée par le chef des talibans consacrera encore davantage les violences et les discriminations contre les femmes, écrit Amnesty International dans une nouvelle analyse juridique faisant état de l’impact rétrograde et de grande ampleur de ces règles sur le terrain des droits humains.</p>



<p>La « Réglementation de procédure pénale des tribunaux », qui dresse la liste des sanctions et des peines pour un ensemble d’infractions définies en termes vagues et d’une trop grande portée, criminalisent les violences domestiques uniquement dans les cas où une femme présente une fracture ou des blessures visibles. Ce décret prévoit aussi une condamnation à trois mois de prison pour toute femme rendant régulièrement visite à des membres de sa famille sans la permission de son mari et refusant d’obéir à une décision de justice lui ordonnant de rentrer chez elle.</p>



<p>Cette réglementation prévoit par ailleurs de lourds châtiments pour non-respect de la religion, ainsi que des sanctions plus graves pour les personnes de statut social inférieur, et reconnaît l’esclavage. D’autres dispositions autorisent la destruction de biens privés comme forme de châtiment, entérinent la torture et d’autres formes de mauvais traitements par le biais de châtiments corporels, et permettent l’application de la peine de mort pour un nombre accru d’infractions.</p>



<p>« La réglementation rend un système de justice déjà répressif encore plus draconien. Les femmes et les filles sont bien entendu parmi les plus affectées, le nouvel ensemble de règles normalisant la violence domestique et restreignant encore davantage leur capacité à se déplacer et leur autonomie », a déclaré Smriti Singh, directrice régionale pour l’Asie du Sud.</p>



<p>« Des dispositions relatives à des pratiques religieuses strictes et au renforcement des sanctions en fonction de la classe sociale consacreront les discriminations et prendront pour cible les personnes les plus marginalisées et désavantagées sur le plan économique. »</p>



<p>« Nous demandons aux talibans d’abroger ou de réviser immédiatement cette réglementation répressive, et de la mettre en conformité avec les normes internationales relatives aux droits humains. Nous encourageons aussi la communauté internationale à condamner sans équivoque cette réglementation, et à faire pression sur les talibans afin de les inciter à mettre fin à leurs violations persistantes, systématiques et étendues des droits humains.</p>



<p>L’analyse met l’accent sur certaines des principales dispositions draconiennes de la réglementation et les problèmes qu’elles posent, ainsi que sur la manière dont elles affecteront les droits humains dans au moins sept domaines. Ces domaines, et certains des problèmes centraux examinés, sont répertoriés ci-après :</p>



<p><strong>Droits des femmes</strong> : La suppression, par le biais des changements décrits ci-dessus, de mécanismes de sécurité essentiels pour les victimes de violations des droits humains.</p>



<p><strong>Liberté de religion, de conviction, de pensée et d’expression </strong>: L’impact sur les minorités religieuses de l’imposition de nouvelles sanctions lourdes contre les pratiques s’écartant des préceptes de l’école hanafite de l’islam sunnite, à laquelle les talibans affirment adhérer, et le fait de qualifier d’hérétiques les convictions contraires à la branche sunnite de l’islam.</p>



<p>T<strong>orture et autres mauvais traitements :</strong> La manière dont des dispositions de la réglementation prévoient l’application de la torture et d’autres formes de mauvais traitements, au moyen de la flagellation, pour un large éventail d’infractions.</p>



<p><strong>Peine de mort </strong>: L’application de la peine de mort pour de nombreuses infractions, parmi lesquelles la « pratique habituelle de la sodomie », sur la base d’un jugement prononcé de manière discrétionnaire par un imam, dans l’« intérêt du public ».</p>



<p><strong>Normes internationales d’équité des procès </strong>: Comment les définitions vagues de certaines infractions permettent aux autorités et aux juges talibans de les interpréter et de les appliquer de manière arbitraire, ce qui affaiblira le processus judiciaire.</p>



<p><strong>Égalité devant la loi : </strong>Répartition des accusés dans quatre catégories déterminant la sévérité des sanctions, en fonction de leur position sociale.</p>



<p><strong>Esclavage </strong>: La formulation de plusieurs dispositions semble reconnaître que certaines personnes sont la propriété d’autres, tandis que l’esclavage est explicitement reconnu.</p>


<section id="section-f6b098e9" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack" style=""><div class="container">

<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Le 5 janvier, le chef des talibans a promulgué cette réglementation et a ordonné sa publication au Journal Officiel, dans lequel paraissent lois et autres textes législatifs, ce qui garantit la possibilité pour le public d’en avoir connaissance et de les consulter. Le 8 janvier, le secrétariat de la Cour suprême des talibans (Dar al Insha) a transmis la réglementation aux membres de la Cour suprême, aux directions nationales et aux tribunaux, pour application. Si le texte n’a pas encore paru au Journal officiel, les talibans ont déclaré le 23 janvier que cela aurait lieu sous peu. Amnesty International a contacté les autorités talibanes de facto le 19 février, afin d’obtenir un exemplaire officiel de la réglementation et des documents susceptibles de l’accompagner, dans le but de les analyser et de déterminer si elle a déjà été mise en œuvre, mais l’organisation n’a reçu aucune réponse.</p>



<p>Le 15 février, un média a signalé que l’entrée en vigueur des nouvelles règles avait mené à l’inculpation d’une personne dans la province de Baghdis pour outrage au chef des talibans.</p>

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		<title>Corée du Nord. Alors que des personnes ont été « exécutées pour avoir regardé la télévision sud-coréenne », les pots-de-vin pour échapper aux sanctions sont répandus</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/coree-du-nord-alors-que-des-personnes-ont-ete-executees-pour-avoir-regarde-la-television-sud-coreenne-les-pots-de-vin-pour-echapper-aux-sanctions-sont-repandus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des personnes ayant fui la Corée du Nord décrivent un système brutal imposant des châtiments arbitraires contre des personnes ayant regardé la télévision sud-coréenne Les personnes aisées peuvent se soustraire aux sanctions les plus lourdes en payant des fonctionnaires corrompus Des mineur·e·s ont été « forcés à regarder » des exécutions publiques, à titre de [&#8230;]</p>
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<ul class="wp-block-list"><li><strong>Des personnes ayant fui la Corée du Nord décrivent un système brutal imposant des châtiments arbitraires contre des personnes ayant regardé la télévision sud-coréenne</strong></li><li><strong>Les personnes aisées peuvent se soustraire aux sanctions les plus lourdes en payant des fonctionnaires corrompus</strong></li><li><strong>Des mineur·e·s ont été « forcés à regarder » des exécutions publiques, à titre de mise en garde contre la consommation de contenus étrangers</strong></li></ul>



<p>Des Nord-Coréen·ne·s surpris en train de regarder des émissions télévisées sud-coréennes encourent des humiliations publiques, des années dans des camps de travail, voire des exécutions. Les sanctions les plus lourdes sont réservées à celles et ceux qui n’ont pas les moyens de verser des pots-de-vin, selon des témoignages accordés à Amnesty International.</p>



<p>Des Nord-Coréen·ne·s ayant fui le pays ont parlé à Amnesty International d’un système arbitraire et corrompu, où le visionnage secret d’émissions télévisées sud-coréennes est monnaie courante, mais où les sanctions prévues pour les atteintes à des lois vagues relatives à la « culture », qui interdisent les médias étrangers, sont largement déterminées par la situation financière et l’entregent.</p>



<p>Un grand nombre des personnes interrogées ont raconté avoir vécu dans la peur constante d’être visées par des raids et des détentions arbitraires, tandis que certaines ont déclaré avoir été forcées à assister à des exécutions publiques lorsqu’elles étaient à l’école, dans le cadre de leur « éducation idéologique ».</p>



<p>« Ces témoignages montrent que la Corée du Nord applique des lois orwelliennes, en vertu desquelles regarder une série télévisée sud-coréenne peut vous coûter la vie &#8211; à moins que vous ne puissiez payer », a déclaré Sarah Brooks, directrice régionale adjointe à Amnesty International.</p>



<p>« Les autorités criminalisent l’accès à l’information, en violation du droit international, puis permettent à des fonctionnaires de tirer parti de la situation des personnes craignant des sanctions. Cette répression mêlée de corruption dévaste tout particulièrement les personnes n’ayant ni fortune, ni réseaux. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Lois criminalisant la liberté d’expression</h3>



<p>En 2025, Amnesty International a réalisé 25 entretiens approfondis avec des personnes ayant fui la Corée du Nord. Ce groupe comprenait 11 personnes ayant quitté la Corée du Nord entre 2019 et 2020, le départ le plus récent ayant eu lieu en juin 2020. La plupart avaient entre 15 et 25 ans au moment de leur fuite. Du fait de la fermeture de la frontière au moment de la pandémie de Covid-19, il est devenu extrêmement rare que des personnes parvienne à la franchir.</p>



<p>La Corée du Nord maintient de longue date un des environnements les plus restrictifs au monde en terme de circulation de l’information. Les témoignages recueillis par Amnesty International expliquent que le fait d’accéder à une culture étrangère ou à des informations provenant de l’extérieur était activement puni, parfois d’une exécution, du moins avant 2020.</p>



<p>L’introduction de la Loi de 2020 contre les pensées et cultures réactionnaires, qui qualifie les contenus sud-coréens d’« idéologie corrompue qui paralyse le sens révolutionnaire de la population », permet à ces sanctions très sévères de perdurer. Cette nouvelle loi prévoit entre cinq et 15 ans de travaux forcés pour visionnage ou possession de séries, de films ou de musique sud-coréens, et prévoit de lourdes peines, notamment la peine de mort, pour la distribution de « larges quantités » de contenus ou pour l’organisation de visionnages en groupe.</p>



<p>Malgré les risques élevés, les personnes interrogées ont décrit une société dans laquelle la consommation de contenus provenant de Corée du Sud et d’autres pays est généralisée. Il est fréquent que des séries et des films entrent clandestinement dans le pays sur des clés USB en provenance de Chine, que les jeunes Nord-Coréen·ne·s regardent sur des « notetels » &#8211; des ordinateurs portables avec télévision intégrée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Des gens vendent leur maison pour sortir des camps »</h3>



<p>Des Nord-Coréen·ne·s ayant fui le pays entre 2012 et 2020 ont déclaré à Amnesty International que les gens regardaient fréquemment la télévision sud-coréenne en sachant qu’ils risquaient des sanctions extrêmes, mais aussi qu’il était possible d’échapper aux pires châtiments s’ils étaient en mesure de payer.</p>



<p>« Des gens sont arrêtés pour le même motif, mais la peine dépend entièrement de leurs finances », a déclaré Choi Suvin, 39 ans, qui a fui la Corée du Nord en 2019. « Ceux qui n’ont pas d’argent vendent leur maison afin de réunir 5 000 ou 10 000 dollars des États-Unis pour sortir des camps de rééducation. »</p>



<p>Kim Joonsik, 28 ans, a été surpris en train de regarder des séries sud-coréennes à trois reprises avant de quitter le pays en 2019, mais a échappé à une condamnation parce que sa famille connaît des représentants de l’État.</p>



<p>« En général, lorsque des lycéens se font prendre, si leur famille a de l’argent, ils ont seulement droit à un avertissement », a-t-il expliqué. « C’est grâce à des relations que je n’ai pas été sanctionné. »</p>



<p>Il a toutefois déclaré que trois camarades de lycée de ses sœurs ont été condamnés à des peines de plusieurs années dans des camps de travail à la fin des années 2010 parce qu’ils avaient regardé des séries sud-coréennes. Leurs familles étaient dans l’incapacité de verser des pots-de-vin. Lorsque la propre sœur de Kim Joonsik a été arrêtée, la famille a déboursé 9 000 dollars des États-Unis pour obtenir sa libération avant que des charges ne soient officiellement retenues.</p>



<p>Les montants évoqués par Choi Suvin et Kim Joonsik &#8211; entre 5 000 et 10 000 dollars &#8211; représentent plusieurs années de salaire pour la plupart des familles nord-coréennes, ce que seuls les plus riches peuvent se permettre.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Tout le monde sait que tout le monde regarde »</h3>



<p>Depuis des décennies, le gouvernement nord-coréen aurait déployé une unité chargée de l’application des lois spécialisée dans la répression de la consommation de contenus étrangers. Connue sous le nom de « Groupe 109 », cette unité mène, sans présenter de mandat, des fouilles dans les sacs et les téléphones portables des gens, à leur domicile et dans la rue. Quinze des personnes interrogées, originaires de différentes régions, ont mentionné le Groupe 109 à Amnesty International, ce qui indique une application systématique et nationale de ces lois restrictives.</p>



<p>Ces personnes ont déclaré que des membres des forces de sécurité réclament des pots-de-vin aux personnes arrêtées pour avoir regardé des vidéos étrangères, ainsi qu’à leur famille. Une d’entre elles, accusée d’avoir regardé des vidéos étrangères, a cité des membres du Groupe 109, qui lui ont dit : « Nous ne voulons pas vous punir sévèrement, mais nous avons besoin de payer nos supérieurs pour sauver nos propres vies. »</p>



<p>L’application des lois est systématiquement arbitraire et discriminatoire. Des fonctionnaires qui consomment eux-mêmes très probablement des contenus sud-coréens arrêtent et poursuivent d’autres personnes pour des comportements identiques. Une des personnes interviewées a décrit dans les termes suivants ce qui n’est un secret pour personne : « Les travailleurs regardent ouvertement, les fonctionnaires du parti regardent avec fierté, les agents de la sûreté regardent en secret, et la police regarde en sécurité. Tout le monde sait que tout le monde regarde, même ceux qui sont chargés de mener la répression. »</p>



<p>Il semble cependant que des opérations répressives régulières ont temporairement perturbé le fonctionnement habituel de ce système d’extorsion. Kim Gayoung, 32 ans, qui a quitté la Corée du Nord en juin 2020, a expliqué que Kim Jong Un, le président nord-coréen, avait commencé à lancer des campagnes de « répression intensive » à la fin des années 2010. Durant ces périodes, les autorités ont fait pression sur les fonctionnaires concernant les résultats de l’application des lois, ce qui a réduit l’efficacité des pots-de-vin même pour les familles aisées ou ayant des relations haut-placées.</p>



<p>« Mon cousin travaillait au Comité populaire [l’organe administratif du gouvernement local]. Il disait que quand quelqu’un se faisait prendre, personne ne voulait l’aider. Même avec les pots-de-vin ou en faisant jouer ses réseaux, il n’existait aucune garantie qu’on puisse obtenir de l’aide, la répression étant devenu extrêmement sévère », a-t-elle déclaré.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Des dizaines de milliers de personnes rassemblées pour regarder des exécutions »</h3>



<p>Les personnes dont Amnesty International a recueilli les propos ont expliqué que la Corée du Nord utilise les exécutions publiques afin de contraindre des populations entières à l’obéissance au moyen de la terreur. « En 2017 ou 2018 » à Sinuiju, dans la province du Pyongan du Nord, Choi Suvin a assisté à l’exécution publique d’une personne accusée d’avoir diffusé des vidéos étrangères.</p>



<p>« Les autorités ont dit à tout le monde d’y aller, et des dizaines de milliers d’habitant·e·s de Sinuiju se sont rassemblés pour regarder », a-t-elle dit. « Ils exécutent des gens pour nous laver le cerveau et nous éduquer. »</p>



<p>Certaines des personnes ayant parlé à l’organisation ont décrit des écoles forçant systématiquement les élèves à assister à des exécutions publiques au nom de l’« éducation idéologique ». Les autorités procédaient à ces exécutions par peloton d’exécution &#8211; dans un des cas décrits, un groupe de 10 personnes a tiré une trentaine de balles sur la personne condamnée. Dans certains cas, les autorités plaçaient une substance dans la bouche des victimes afin de les empêcher de s’exprimer avant l’exécution.</p>



<p>« Quand nous avions 16 ou 17 ans, au lycée, ils nous amenaient voir des exécutions et nous montraient tout », a déclaré Kim Eunju, 40 ans, qui a fui en 2019. « Des gens ont été exécutés pour avoir regardé ou distribué des vidéos sud-coréennes. C’est de l’éducation idéologique : si vous regardez la même chose, cela vous arrivera aussi. »</p>



<p>Une personne ayant quitté le pays en 2017 a déclaré qu’on ordonnait aux élèves de « tous » les collèges et lycées de Chongjin, dans la province du nord-est du pays, de regarder les exécutions. « Le message est le suivant : voilà ce qui se passe [quand vous regardez des séries sud-coréennes]. J’ai vu deux exécutions, les deux fois au collège. »</p>



<p>Les écoles sont aussi le lieu d’humiliations publiques. Kim Yerim, 26 ans, qui s’est échappée en 2019, a vu 10 élèves de terminale être soumis à des séances de « critiques publiques », longues de plusieurs heures, pour avoir regardé des émissions étrangères.</p>



<p>« Les autorités rassemblaient des élèves du primaire et du secondaire afin de leur montrer ce qui arrive quand on désobéit », a-t-elle déclaré. « Pendant plusieurs heures, des fonctionnaires de la Ligue de la jeunesse et d’autres organisations du parti critiquaient les accusés, leur disant « votre esprit est corrompu », « vous manquez de préparation idéologique ». »</p>



<p>Les écoles mènent régulièrement des séances d’éducation idéologique sur les dangers représentés par les médias étrangers. Kim Gayoung a évoqué des séances hebdomadaires d’« éducation idéologique » durant lesquelles les « enseignants expliquent les lois et les nouvelles règles », tandis que d’autres séances consistent à assister à des procès.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un système fondé sur la corruption et la peur</h3>



<p>Amnesty International demande au gouvernement nord-coréen de respecter et de protéger la liberté d’expression, notamment le droit d’accéder à des informations, ainsi que d’abroger de toute urgence les lois érigeant injustement en infraction l’accès à l’information, notamment la Loi de 2020 contre les pensées et cultures réactionnaires. Il doit abolir la peine de mort pour toutes les infractions, et instaurer en urgence à titre de première étape un moratoire officiel sur l’ensemble des exécutions, notamment les exécutions publiques. Les mineur·e·s, en particulier, doivent être protégés contre l’exposition aux exécutions publiques.</p>



<p>Le gouvernement doit aussi mettre fin au recours aux détentions arbitraires et cesser les traitements discriminatoires sur la base de la situation financière ou du statut social. Les autorités doivent garantir une application égale de la loi et garantir les droits relatifs à un procès équitable pour toutes les personnes accusées de crimes, conformément aux normes internationales.</p>



<p>« La peur qu’inspire l’information à ce gouvernement enferme la population entière dans une cage idéologique, étouffant son accès aux opinions et pensées d’autres humains. Celles et ceux qui essaient d’en savoir plus sur le monde en dehors du pays, ou qui cherchent de simples divertissements en provenance de l’étranger, risquent de très lourdes sanctions », a déclaré Sarah Brooks.</p>



<p>« Ce système complètement arbitraire, fondé sur la peur et la corruption, viole des principes fondamentaux relatifs à la justice et des droits fondamentaux reconnus par le droit international. Il doit être démantelé, afin que les Nord-Coréen·ne·s puissent oser exercer les libertés auxquelles ils ont droit. »</p>


<section id="section-6fc86ea6" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack section--small" style=""><div class="container">

<h3 class="wp-block-heading">Complément d’information</h3>



<p>La fermeture des frontières entre 2020 et 2023 du fait de la pandémie de Covid-19 a largement empêché les Nord-Coréen·ne·s de quitter leur pays, les arrivées en Corée du Sud passant de 1 047 en 2019 à 224 en 2025. Le processus par lequel des personnes peuvent s’échapper prend généralement des mois, voire des années, période durant laquelle ces personnes risquent de subir des violations des droits humains. Ce parcours traumatisant signifie que les personnes qui arrivent à fuir ont souvent besoin de temps avant de pouvoir témoigner. À leur arrivée en Corée du Sud, elles doivent fournir un compte-rendu complet aux autorités sud-coréennes et aux services chargés de leur réinstallation.</p>



<p>Amnesty International fait régulièrement état du recours à des exécutions publiques en Corée du Nord, ainsi qu’à d’autres pratiques alarmantes, mais en raison de graves restrictions à l’accès à l’information, l’organisation n’a pas été en mesure de confirmer indépendamment le recours étendu à la peine de mort en Corée du Nord. L’adoption de la Loi de 2020 contre les pensées et cultures réactionnaires a donné lieu à la codification de certains de ces châtiments.</p>



<p>Les expériences partagées par des personnes ayant fui la Corée du Nord avant 2020 semblent correspondre à des pratiques prévues par des lois et politiques nord-coréennes plus récemment. Elles mettent aussi en évidence une cohérence interne entre différentes périodes et régions, et correspondent aux conclusions d’organes des Nations unies, notamment le Haut-commissariat aux droits de l’homme.</p>



<p>Les témoignages enregistrés par Amnesty International en 2025 indiquent que la consommation de contenus étrangers a donné lieu à des inculpations, des poursuites et des sanctions, notamment la peine de mort, avant que la loi de 2020 n’entre en vigueur. Des propos recueillis dans le cadre d’autres recherches, ou relayés par les médias, ont également indiqué que des exécutions extrajudiciaires ont été menées sans enquête, procès ni condamnation</p>



<p>Amnesty International n’a cependant pas pu déterminer si d’autres lois ont été invoquées pour condamner des personnes dans ces affaires, et si oui, lesquelles, ou si les mises à mort dont les personnes interrogées ont été témoins étaient des exécutions extrajudiciaires.</p>



<p>L’organisation s’oppose catégoriquement à la peine de mort dans tous les cas et en toutes circonstances.</p>



<p>Les lois et pratiques nord-coréennes sont contraires au droit international relatif aux droits humains, notamment au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, que la Corée du Nord a ratifié en 1981. Le fait de systématiquement forcer des mineur·e·s à assister à des exécutions publiques porte gravement atteinte à diverses lois, et enfreint par ailleurs les droits des mineur·e·s en vertu de la Convention relative aux droits de l’enfant, que la Corée du Nord a ratifiée en 1990.</p>



<p>Depuis l’armistice de 1953 qui a institué une pause dans la guerre de Corée, mais n’y a pas officiellement mis fin, la Corée du Nord et la Corée du Sud sont techniquement toujours en guerre, et les deux pays restent profondément divisés.</p>



<p>Amnesty International a écrit au gouvernement de la République populaire démocratique de Corée afin de partager les résultats de ces recherches, et l’a invité à réagir aux allégations que nous avons recueillies. À ce jour, l’organisation n’a reçu aucune réponse.</p>



<p class="has-text-align-right has-small-font-size"><em>*Tous les noms sont des pseudonymes, afin de protéger les personnes interrogées</em></p>

</div></section><p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/coree-du-nord-alors-que-des-personnes-ont-ete-executees-pour-avoir-regarde-la-television-sud-coreenne-les-pots-de-vin-pour-echapper-aux-sanctions-sont-repandus/">Corée du Nord. Alors que des personnes ont été « exécutées pour avoir regardé la télévision sud-coréenne », les pots-de-vin pour échapper aux sanctions sont répandus</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>Cambodge. La crise humanitaire s&#8217;aggrave, alors que les victimes qui se sont échappées des complexes d’escroquerie racontent les meurtres, les viols et les tortures</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/cambodge-la-crise-humanitaire-saggrave-alors-que-les-victimes-qui-se-sont-echappees-des-complexes-descroquerie-racontent-les-meurtres-les-viols-et-les-tortures/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 10:18:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des milliers d’étrangers bloqués sans ressources ont besoin d’une assistance consulaire de toute urgence Des victimes enceintes dénoncent les viols commis par les chefs de ces centres « Nous avons dû sortir de force » &#8211; une victime Des milliers de personnes qui se sont récemment échappées ou ont été libérées de « centres d’escroquerie [&#8230;]</p>
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<ul class="wp-block-list"><li><strong>Des milliers d’étrangers bloqués sans ressources ont besoin d’une assistance consulaire de toute urgence</strong></li><li><strong>Des victimes enceintes dénoncent les viols commis par les chefs de ces centres</strong></li><li><strong>« Nous avons dû sortir de force » &#8211; une victime</strong></li></ul>



<p>Des milliers de personnes qui se sont récemment échappées ou ont été libérées de « centres d’escroquerie » au Cambodge, où elles ont subi de graves atteintes aux droits humains, notamment des viols et des actes de torture, se retrouvent aujourd&rsquo;hui abandonnées et ont besoin d’urgence d&rsquo;une aide humanitaire, a déclaré Amnesty International après avoir recueilli les témoignages poignants de victimes.</p>



<p>Les entretiens menés avec des personnes récemment réduites en esclavage – presque toutes des étrangers·ères – ont révélé une situation chaotique et dangereuse : elles se retrouvent sans passeport, sans argent, sans soins médicaux et sans aucun moyen d&rsquo;assurer leur sécurité après avoir quitté les complexes gérés par des gangs criminels. Amnesty International s’est entretenue avec 35 victimes, qui ont été libérées ou se sont échappées au cours des six dernières semaines, dont au moins 11 la semaine dernière.</p>



<p>Elles racontent des violences terribles. Plusieurs ont déclaré avoir été victimes d&rsquo;agressions sexuelles de la part des chefs des complexes, dont au moins deux femmes tombées enceintes à la suite de ces sévices. Parmi les punitions rapportées, un homme a eu le doigt coupé et un autre la gorge tranchée.</p>



<p>« Cette sortie massive des centres d’escroquerie engendre une crise humanitaire dans les rues auquel le gouvernement cambodgien ne fait pas face. Au milieu des scènes de chaos et de souffrance, des milliers de victimes traumatisées sont livrées à elles-mêmes, sans aucun soutien de l&rsquo;État, a déclaré Montse Ferrer, directrice régionale des recherches à Amnesty International.</p>



<p>« Il s&rsquo;agit d&rsquo;une crise internationale sur le sol cambodgien. Nos chercheurs ont rencontré des personnes originaires d&rsquo;Asie, d&rsquo;Afrique, d&rsquo;Europe et des Amériques. Elles ont besoin d&rsquo;une assistance consulaire urgente afin de rentrer chez elles et de se mettre en sécurité. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">« De nombreux morts »</h3>



<p>Amnesty International estime que des milliers de personnes ont été libérées ou se sont échappées d&rsquo;au moins 17 centres d’escroquerie à travers le Cambodge au cours des dernières semaines. Les témoignages recueillis semblent confirmer les évasions et libérations massives observées dans plus de 25 vidéos géolocalisées par Amnesty International début janvier. La plupart se retrouvent bloquées dans la capitale, Phnom Penh, et ont désespérément besoin d&rsquo;aide. Amnesty s’est entretenue avec des victimes originaires de pays tels que le Brésil, l&rsquo;Indonésie, le Myanmar, le Nigeria, la Sierra Leone, le Liberia, l&rsquo;Ouganda, le Kenya, le Bangladesh, l&rsquo;Inde, les Philippines et Madagascar.</p>



<p>Les personnes interrogées ont déclaré n&rsquo;avoir vu aucune présence policière ou militaire pendant ou depuis leur évasion ou leur libération, indiquant un manque d&rsquo;implication des autorités cambodgiennes suite à l&rsquo;exode de ces centres. Certaines ont raconté avoir été rouées de coups par les gardes lorsqu&rsquo;elles ont tenté de partir, tandis que d&rsquo;autres ont pu partir librement.</p>



<p>Deux femmes enceintes ont raconté avoir été violées par des chefs de centres, tandis que plusieurs victimes ont signalé des agressions sexuelles commises par des responsables. La plupart ont affirmé avoir été témoins de décès dans les centres, principalement du fait de l’absence de soins médicaux, que les chefs avaient empêchés. D&rsquo;autres ont dit avoir été témoins d’actes de tortures ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants ; un homme a par exemple eu le doigt coupé à titre de punition.</p>



<p>Une victime a déclaré avoir été témoin de l’homicide d&rsquo;un homme qui s&rsquo;est fait trancher la gorge par un responsable de centre qui l’a surpris en train de tenter de s&rsquo;évader. D’après 10 autres témoignages, la police se rendait régulièrement dans leurs centres, notamment pour retirer les cadavres, mais ne prenait aucune mesure à l&rsquo;encontre des responsables.</p>



<p>Une autre victime, *Delilah*, qui s&rsquo;est échappée d&rsquo;un camp situé près de Phnom Penh, dans la province de Prey Veng, a déclaré : « De nombreuses personnes sont mortes. Nous essayons même de réunir de l&rsquo;argent pour aider à rapatrier les corps. Les gens tombaient malades, mais personne ne nous aidait. Je leur ai dit que je ne pouvais plus respirer. Lorsque nous avons forcé la sortie, un garde a tiré en l&rsquo;air avec son arme. Nous avons dû sortir de force parce qu&rsquo;un homme était malade et qu&rsquo;il ne voulait pas mourir. »</p>



<p>Dans d&rsquo;autres cas, les responsables auraient abandonné les centres, laissant les gens libres de partir.</p>



<p>Mehi, une victime, a déclaré : « Je me trouvais dans le complexe depuis 12 mois, craignant pour ma vie. Mais un jour, nous nous sommes réveillés et avons réalisé que les responsables du centre avaient quitté les lieux et que les gardes étaient partis. Les portes et les portails étaient ouverts et nous sommes sortis. »</p>



<p>Selon des organisations de lutte contre la traite des êtres humains dans la région, le gouvernement cambodgien ne protège pas et n&rsquo;identifie pas correctement les victimes de la traite, les laissant sans soutien et exposées à l&rsquo;exploitation par les bandes criminelles organisées actives dans la région.</p>



<p>« Les personnes à qui nous avons parlé sont terrifiées. Elles veulent rentrer chez elles, mais beaucoup n&rsquo;ont ni passeport ni argent, et encore moins les moyens de s&rsquo;acheter un billet d&rsquo;avion pour quitter le pays, a déclaré Montse Ferrer.</p>



<p>« Les autorités cambodgiennes ne font pas grand chose pour les aider, et le soutien des ONG est insuffisant, en particulier depuis les coupes budgétaires massives de l’an dernier au niveau de l&rsquo;aide humanitaire. Les victimes ont besoin de toute urgence que leur gouvernement intervienne et leur vienne en aide. »</p>


<section id="section-0d7ddb91" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack section--small" style=""><div class="container">

<h3 class="wp-block-heading">Complément d’information</h3>



<p>Amnesty International a déjà interrogé plus d&rsquo;une centaine de victimes de l&rsquo;industrie de l&rsquo;escroquerie, qui sont souvent soumises à la traite des êtres humains et envoyées au Cambodge dans ces centres, où elles sont réduites en esclavage, contraintes d&rsquo;escroquer ou de recruter d&rsquo;autres personnes, privées de leur liberté et torturées si elles n’obéissent pas aux ordres de leurs chefs. </p>



<p>En juillet 2025, le gouvernement cambodgien a annoncé une campagne nationale de répression contre les complexes d&rsquo;escroquerie dans le pays. Il a ensuite déclaré avoir libéré plus de 3 000 victimes de la traite des êtres humains. </p>



<p>Dans un rapport publié en juin 2025, Amnesty International révélait que plus de 50 complexes d’escroquerie à travers le Cambodge étaient le théâtre d&rsquo;esclavage généralisé, de traite d&rsquo;êtres humains, de travail forcé, de torture et d&rsquo;autres violations des droits humains, fonctionnant comme des établissements carcéraux contrôlés par des bandes criminelles organisées. Elle concluait que les autorités cambodgiennes n&rsquo;étaient pas parvenues à prévenir ni lutter contre ces violations, les éléments recueillis pointant la complicité ou l’inaction délibérée de l&rsquo;État, ce qui a permis à cette industrie de prospérer.</p>

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		<title>Iran. Le nombre de morts et de blessés ne cesse d’augmenter, tandis que les autorités se livrent à une répression sanglante des manifestations</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/iran-le-nombre-de-morts-et-de-blesses-ne-cesse-daugmenter-tandis-que-les-autorites-se-livrent-a-une-repression-sanglante-des-manifestations/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Jan 2026 16:08:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les autorités iraniennes mènent depuis le 28 décembre 2025 une répression meurtrière contre les manifestant·e·s à travers le pays : les forces de sécurité font un usage illégal de la force et des armes à feu et procèdent à des arrestations arbitraires massives, ont déclaré Amnesty International et Human Rights Watch le 8 janvier 2026. [&#8230;]</p>
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<p>Les autorités iraniennes mènent depuis le 28 décembre 2025 une répression meurtrière contre les manifestant·e·s à travers le pays : les forces de sécurité font un usage illégal de la force et des armes à feu et procèdent à des arrestations arbitraires massives, ont déclaré Amnesty International et Human Rights Watch le 8 janvier 2026.</p>



<p>Les deux organisations concluent que les forces de sécurité, notamment le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et la police iranienne, connue sous son acronyme persan FARAJA, ont de manière illégale tiré avec des fusils et des fusils à pompe chargés de projectiles en métal, utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes, et roué de coups des manifestant·e·s majoritairement pacifiques afin de les disperser, de les intimider et de les punir.</p>



<p>Selon des informations crédibles recueillies par Amnesty International et Human Rights Watch, cette répression a entraîné la mort d&rsquo;au moins 28 manifestants et passants, dont des mineurs, dans 13 villes situées dans huit provinces, entre le 31 décembre 2025 et le 3 janvier 2026.</p>



<p>« Les Iraniennes et les Iraniens qui osent exprimer leur colère face à des décennies de répression et réclamer des changements de fond se heurtent une fois de plus à une réponse mortelle : les forces de sécurité tirent illégalement sur les manifestant·e·s, les pourchassent, les arrêtent et les rouent de coups. Ces scènes ne sont pas sans rappeler le soulèvement “ Femme, vie, liberté ” de 2022. Le plus haut organe iranien en charge de la sécurité, le Conseil suprême de sécurité nationale, doit ordonner aux forces de l’ordre de cesser de recourir illégalement à la force et aux armes à feu », a déclaré Diana Eltahawy, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d&rsquo;Amnesty International.</p>



<p>Des manifestations ont éclaté le 28 décembre 2025 à la suite de l’effondrement brutal de la monnaie, dans un contexte d&rsquo;inflation galopante, de mauvaise gestion chronique des services essentiels par l&rsquo;État, notamment l&rsquo;accès à l&rsquo;eau, et de dégradation des conditions de vie. Des magasins ont fermé et des grèves ont éclaté dans le Grand bazar de Téhéran, avant que la contestation ne s’étende rapidement à tout le pays, sous forme de manifestations de rue qui appellent à la chute du régime de la République islamique et revendiquent le respect des droits humains, la dignité et la liberté. Les autorités ont réagi en dispersant les rassemblements avec violence et en procédant à des arrestations massives : des centaines de personnes ont déjà été arrêtées arbitrairement et risquent d&rsquo;être victimes d’actes de torture et de mauvais traitements.</p>



<p>« Au regard de la fréquence et de la persistance avec lesquelles les membres des forces de sécurité en Iran recourent illégalement à la force, y compris meurtrière, contre les manifestant·e·s, et de l&rsquo;impunité systématique dont bénéficient ceux qui commettent de graves violations, l&rsquo;usage de telles armes pour réprimer les manifestations constitue une politique d&rsquo;État bien ancrée », a déclaré Michael Page, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.</p>



<p>Human Rights Watch et Amnesty International se sont entretenues avec 26 personnes, dont des manifestant·e·s, des témoins, des défenseur·e·s des droits humains, des journalistes et un professionnel de santé, ont examiné les déclarations officielles et analysé des dizaines de vidéos authentifiées, publiées en ligne ou qui leur ont été transmises. Un médecin légiste indépendant qu’a consulté Amnesty International a examiné des photos de manifestant·e·s blessés ou tués. Les hauts responsables de l’État iranien diabolisent les manifestant·e·s, les qualifiant d’« émeutiers », et promettent une réponse « ferme ».</p>



<p>Le 3 janvier 2026, date à laquelle les forces de sécurité ont tué au moins 11 manifestant·e·s, le Guide suprême Ali Khamenei a déclaré qu’il fallait « remettre les émeutiers à leur place ». Ce même jour, la branche provinciale du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) de la province du Lorestan a fait savoir que la période de « tolérance » était terminée, s’engageant à cibler « les émeutiers, les organisateurs et les leaders des mouvements portant atteinte à la sécurité… sans indulgence ». Le 5 janvier, le responsable du pouvoir judiciaire a enjoint aux procureurs de ne faire preuve d’« aucune indulgence » vis-à-vis des manifestant·e·s et d’accélérer leurs procès.</p>



<p>Les États membres de l&rsquo;ONU et les organismes régionaux, tels que l&rsquo;Union européenne (UE), doivent condamner publiquement et sans équivoque ces agissements et mener sans attendre une action diplomatique visant à faire pression sur les autorités iraniennes pour qu&rsquo;elles mettent fin au bain de sang. Au regard du climat général d’impunité systémique qui a permis aux autorités iraniennes de commettre encore et encore des crimes relevant du droit international qu’ont recensés Amnesty International et Human Rights Watch, notamment les homicides, les actes de torture, les viols et les disparitions forcées visant à éliminer et sanctionner la dissidence, les deux organisations invitent les autorités chargées des poursuites dans des pays tiers à ouvrir des enquêtes pénales en vertu du principe de juridiction universelle, en vue de décerner des mandats d’arrêt contre les auteurs présumés de ces agissements.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Usage illégal de la force et homicides</h3>



<p>Les 28 victimes ont toutes été abattues par les forces de sécurité, notamment par des tirs de projectiles en métal à l’aide de fusils à pompe. Dans le droit fil de sa stratégie bien connue de déni et de silence, l&rsquo;État iranien dément toute responsabilité dans ces homicides. Il a contraint certaines familles de victimes à apparaître dans les médias officiels pour attribuer ces décès à des accidents ou aux manifestants, les menaçant de représailles et d’inhumer en secret leurs proches si elles refusaient de le faire.</p>



<p>Amnesty International et Human Rights Watch ont conclu que les manifestant·e·s étaient majoritairement pacifiques. Certaines images et informations examinées indiquent que certains se sont livrés à des actes de violence; cependant, dans tous les faits impliquant des tirs sur lesquels elles ont enquêté, il n&rsquo;existait aucune menace imminente de mort ou de blessure grave justifiant l’usage d&rsquo;armes à feu.</p>



<p>Selon les éléments de preuve qu’elles ont recueillis, les provinces du Lorestan et d&rsquo;Ilam, où vivent les minorités ethniques kurde et lor, ont été le théâtre des répressions les plus meurtrières : au moins huit morts dans le Lorestan et cinq dans l’Ilam. Entre le 31 décembre 2025 et le 3 janvier 2026, des homicides sont également à déplorer dans d’autres provinces, notamment dans celle du Tchaharmahal-et-Bakhtiari, du Fars et de Kermanshah (au moins quatre morts dans chaque), ainsi que celles d’Ispahan, de Hamedan et de Qom (au moins un mort dans chaque).</p>



<p>Une manifestante à Azna, dans la province du Lorestan, a déclaré à Amnesty International que dans la soirée du 1er janvier 2026, les forces de sécurité avaient ouvert le feu sur des manifestants pacifiques près du bureau du gouverneur du comté, sur la place Azadegan. Elle a partagé une vidéo, qui a été authentifiée, montrant un gardien de la révolution islamique tirer sur des manifestants. Une fois la foule dispersée, certains se sont regroupés devant un poste de police voisin, où ils ont de nouveau essuyé des tirs des forces de l’ordre. Sur des vidéos authentifiées, mises en ligne le 1er janvier, on peut voir des manifestants scander des slogans devant le poste de police. On entend des bruits de tirs dans au moins l’une de ces vidéos.</p>



<p>D’après les informations examinées, au moins six manifestants ont été tués à Azna : il s’agit de Vahab Mousavi, Mostafa Falahi, Shayan Asadollahi, Ahmadreza Amani et Reza Moradi Abdolvand. Les autorités n’ont toujours pas restitué le corps de Taha Safari, 16 ans, initialement porté disparu. D’après une source bien informée, le 3 janvier, les membres de sa famille se sont rendus dans un commissariat pour s&rsquo;enquérir de son sort et un policier leur a montré des photos de plusieurs personnes décédées ; la famille a alors identifié Taha Safari. Il présentait des blessures graves et visibles à la tête.</p>



<p>D’après le témoignage d’un manifestant à Malekshahi, dans la province d&rsquo;Ilam, dans l&rsquo;après-midi du 3 janvier, des centaines de manifestants pacifiques ont défilé depuis la place Shohada jusqu’à une base bassidji du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) :</p>



<p>« Des gardiens de la révolution ont ouvert le feu depuis l&rsquo;intérieur de la base, tirant sans se soucier de qui ils touchaient&#8230; Trois ou quatre personnes ont été tuées sur le coup et beaucoup d’autres blessées. Les manifestant·e·s ne portaient absolument pas d’armes. » Sur deux vidéos authentifiées provenant de Malekshahi et filmées dans l&rsquo;après-midi, on peut voir des manifestants, devant la base bassidji, fuir au milieu des coups de feu. Une autre vidéo publiée en ligne montre six agents à l&rsquo;intérieur de la base, dont au moins un ouvre le feu en direction des manifestants. Dans deux vidéos, on peut voir trois victimes, inertes, présentant des blessures visibles.</p>



<p>Des sources bien informées assurent que trois manifestants – Reza Azimzadeh, Latif Karimi et Mehdi Emamipour – ont été tués sur le coup. Deux autres, Fares (Mohsen) Agha Mohammadi et Mohammad Reza Karami, ont succombé par la suite à leurs blessures.</p>



<p>Dans la région de Jafarabad, dans la province de Kermanshah, Reza Ghanbary et deux frères, Rasoul Kadivarian et Reza Kadivarian, ont été abattus le 3 janvier. Un défenseur des droits humains a raconté que des agents en civil, arrivés à bord de trois véhicules blancs, ont tiré des projectiles en métal sur les deux frères qui faisaient partie d&rsquo;un groupe de manifestants tentant de bloquer la route.</p>



<p>Dans la province du Tchaharmahal-et-Bakhtiari, Ahmad Jalil et Sajad Valamanesh ont été tués par les forces de sécurité lors de manifestations à Lordegan le 1er janvier et Soroush Soleimani à Hafshejan, le 3 janvier, selon les informations transmises par un défenseur des droits humains. Amnesty International et Human Rights Watch ont analysé des photos de leurs dépouilles, qui présentent des traces caractéristiques de blessures par balles métalliques au niveau du torse.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des manifestant·e·s grièvement blessés</h3>



<p>Amnesty International et Human Rights Watch ont recensé de très nombreuses blessures dues à l&rsquo;utilisation généralisée de projectiles métalliques tirés par des fusils de chasse, notamment des blessures à la tête et aux yeux, ainsi que des blessures causées par des tirs de fusils et des coups assénés à l’aide de ces mêmes armes.</p>



<p>D’après le témoignage d’un manifestant de Dehdasht, dans la province de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad, il s’est fait tirer dessus lors des manifestations du 3 janvier. Craignant d&rsquo;être arrêté, il n’est pas allé se faire soigner à l&rsquo;hôpital malgré le risque de perdre sa jambe. Un médecin légiste indépendant consulté par Amnesty International, qui a examiné une photographie de sa blessure, a noté qu&rsquo;elle pouvait avoir été causée par un seul plomb de fusil à pompe. Le 6 janvier 2026, un photographe de la ville d&rsquo;Ilam a publié une vidéo sur les réseaux sociaux, filmant son visage ensanglanté et couvert de blessures causées par des plombs métalliques. Montrant une bille de métal à la caméra, il explique que les forces de sécurité utilisent des munitions de chasse contre les manifestants : « Tuer un être humain est un jeu pour eux. Ils pensent que nous sommes des proies et ils se prennent pour des chasseurs. »</p>



<p>D’après le témoignage d’une habitante de la ville d&rsquo;Ispahan, elle a été poussée à terre par un policier, qui lui a piétiné le dos, alors qu&rsquo;elle fuyait face à la dispersion violente des manifestations. Elle a partagé des images montrant son visage couvert de sang et de multiples écorchures.</p>



<p>« Plus je me débattais, plus il appuyait fort, a-t-elle raconté. Je ne pouvais plus bouger. J&rsquo;ai crié, mais il m&rsquo;a dit de la fermer. »</p>



<p>Force est de constater que la présence des forces de sécurité dans les hôpitaux dissuade de nombreux manifestant·e·s blessés de se faire soigner, augmentant ainsi le risque de décès. Selon un défenseur des droits humains, Mohsen Armak est mort à Hafshejan, dans la province du Tchaharmahal-et-Bakhtiari, après avoir été transporté dans une ferme plutôt qu&rsquo;à l&rsquo;hôpital, alors qu&rsquo;il avait été blessé par un projectile métallique le 3 janvier.</p>



<p>Le 4 janvier, les forces spéciales de la police iranienne (FARAJA) et du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) ont attaqué l&rsquo;hôpital Imam Khomeini à Ilam, où des manifestant·e·s blessés étaient soignés. Selon un défenseur des droits humains et des séquences vidéo vérifiées, ils ont tiré avec des fusils chargés de balles métalliques et de gaz lacrymogène dans l&rsquo;enceinte de l&rsquo;hôpital, ont brisé des portes vitrées et frappé des patient·e·s, leurs proches et des soignant·e·s.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Des arrestations arbitraires massives</h3>



<p>Les forces de sécurité ont procédé à l’arrestation arbitraire de centaines de manifestant·e·s, dont des mineur·e·s âgés d&rsquo;à peine 14 ans, au cours de la dispersion des rassemblements et de raids nocturnes dans des habitations, mais aussi dans les hôpitaux.</p>



<p>Nombre d&rsquo;entre eux ont été soumis à des disparitions forcées et à des détentions au secret, les exposant ainsi à un risque accru de torture et de mauvais traitements.</p>



<p>Les autorités ont déjà diffusé certains « aveux » obtenus sous la contrainte. Le 5 janvier 2026, Tasnim News, affiliée au Corps des gardiens de la révolution islamique, a diffusé les « aveux » d&rsquo;une jeune femme de 18 ans et d&rsquo;une adolescente de 16 ans, les accusant d&rsquo;avoir « mené des émeutes ».</p>



<p>Les autorités iraniennes doivent libérer immédiatement et sans condition toute personne détenue uniquement pour avoir participé sans violence ou exprimé son soutien à des manifestations. Toutes les personnes détenues doivent être protégées contre la torture et toute autre forme de mauvais traitements, et avoir la possibilité d’entrer en contact sans délai avec leurs proches, de consulter leurs avocats et de bénéficier des soins médicaux dont elles ont besoin.</p>
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		<title>Hong Kong. Les prisons sont gangrénées par les violences et les traitements inhumains, révèlent des témoignages de détenu·e·s</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/hong-kong-les-prisons-sont-gangrenees-par-les-violences-et-les-traitements-inhumains-revelent-des-temoignages-de-detenu%c2%b7e%c2%b7s/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 14:56:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=35220</guid>

					<description><![CDATA[<p>D&#8217;anciens détenu·e·s des prisons de Hong Kong ont témoigné de conditions inhumaines et dégradantes dans une nouvelle recherche publiée le 17 décembre 2025 par Amnesty International, qui appelle les autorités à enquêter d&#8217;urgence sur la situation dans les établissements pénitentiaires de la ville. Neuf ex-détenu·e·s, incarcérés entre 2016 et 2023, ont rapporté avoir subi des [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>D&rsquo;anciens détenu·e·s des prisons de Hong Kong ont témoigné de conditions inhumaines et dégradantes dans une nouvelle recherche publiée le 17 décembre 2025 par Amnesty International, qui appelle les autorités à enquêter d&rsquo;urgence sur la situation dans les établissements pénitentiaires de la ville.</p>



<p>Neuf ex-détenu·e·s, incarcérés entre 2016 et 2023, ont rapporté avoir subi des violences physiques, l’isolement cellulaire prolongé, des conditions sanitaires déplorables et des températures estivales dangereusement élevées au cours de leur incarcération dans 11 prisons du territoire.</p>



<p>« Ces témoignages d&rsquo;anciens détenu·e·s sur la vie carcérale à Hong Kong révèlent un système de mauvais traitements générant de nombreux préjudices physiques et psychologiques et exigent une enquête immédiate, a déclaré Sarah Brooks, directrice régionale adjointe au sein d&rsquo;Amnesty International.</p>



<p>« Soumettre les détenus à une chaleur extrême, à des conditions insalubres et à des châtiments violents constitue un traitement cruel, inhumain ou dégradant, qui pourrait s’apparenter à de la torture au regard du droit international. Le gouvernement de Hong Kong doit en finir avec cette culture de la violence et veiller à ce que les responsables des violations des droits humains perpétrées dans ses prisons aient à rendre des comptes. »</p>



<p>Les autorités de Hong Kong ont répondu à Amnesty International et qualifié ces allégations de « campagne de dénigrement malveillante ».</p>



<p>« J&rsquo;entendais ses cris et le bruit des “ ailes de poulets ” »</p>



<p>Tony Chung, militant politique placé en détention provisoire à l&rsquo;établissement correctionnel pour mineurs délinquants de Pik Uk d&rsquo;octobre 2020 à avril 2022, a déclaré que les violences infligées par les gardiens aux détenus étaient monnaie courante.</p>



<p>« Parfois, lorsque les gardiens étaient mécontents d&rsquo;un détenu·e, ils l&#8217;emmenaient dans un couloir où il n’y avait pas de caméras de surveillance, et là, j&rsquo;entendais ses cris et le bruit des “ ailes de poulets ”, a-t-il raconté. Cette expression désigne les coups portés par les gardiens avec leurs coudes sur les omoplates des détenus, une méthode censée ne pas laisser de contusions visibles. »</p>



<p>Peter*, détenu dans le même établissement à partir de 2016, et selon lui jusqu’en 2017 ou 2018, pour des infractions liées à des manifestations, a raconté avoir été agressé par un gardien dès son premier jour parce qu&rsquo;il ignorait comment il fallait s&rsquo;adresser au personnel.</p>



<p>« Dans les prisons pour mineurs, il faut utiliser des formules spécifiques pour décliner son nom et tenir sa carte d&rsquo;identité devant sa poitrine, a-t-il expliqué. Je ne le savais pas puisque j’étais nouveau, alors j’ai reçu huit gifles en guise de punition. »</p>



<p>Peter a ajouté que les gardiens recouraient aux châtiments corporels pour asseoir leur autorité et instiller la peur au sein de l&rsquo;établissement.</p>



<p>« On pouvait se faire frapper si sa couverture n&rsquo;était pas bien pliée ou si on ne tenait pas ses mains assez fermes et droites lorsqu’on était debout, a-t-il expliqué. Une fois, on m&rsquo;a demandé de mémoriser le règlement intérieur de la prison, puis soudain, on m&rsquo;a ordonné de le réciter à l&rsquo;envers. Pour chaque mot erroné, ils me frappaient sur la plante des pieds. À la fin, elles étaient devenues violettes. »</p>



<p>Ces témoignages de détenu·e·s semblent corroborer les précédentes allégations de violences imputables à des agents du Département des services correctionnels de Hong Kong. En 2017, un média hongkongais a interviewé 50 ex-détenu·e·s mineurs qui ont raconté les sévices physiques et psychologiques extrêmes entre les mains des agents de ce Département : ils ont notamment été frappés et forcés à boire de l&rsquo;urine et à manger des excréments. En 2020, des dizaines d’entre eux auraient été giflés par un gardien pour avoir chanté un chant de contestation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« La chaleur dans les cellules nous obligeait à être complètement nus » </h3>



<p>Les étés à Hong Kong sont extrêmement chauds et humides, avec des températures dépassant souvent les 31 °C l&rsquo;après-midi. Edmund Wan, alias « Giggs », animateur d&rsquo;une webradio pro-démocratie, a été placé en détention provisoire à la prison de Stanley en 2021 pendant environ 20 mois, soit deux étés. Il a confié que sa cellule était « un véritable four » durant les mois d&rsquo;été, avec une température ressentie « dépassant les 40 °C ».</p>



<p>« Chaque soir, avant de regagner nos cellules, nous faisions la queue aux toilettes de la cantine pour nous asperger d’eau sur le corps avec le tuyau d&rsquo;arrosage, afin de nous rafraîchir, a-t-il expliqué. Mais en fait, c’était une illusion. Le temps de regagner nos cellules, nous étions déjà trempés de sueur. »</p>



<p>Edmund Wan a précisé que chaque cellule de la prison de Stanley avait un ventilateur électrique au plafond, mais qu&rsquo;il était enserré dans un grillage métallique bloquant la circulation de l&rsquo;air et le rendant « totalement inutile ».</p>



<p>« La chaleur dans les cellules nous obligeait à être complètement nus, on ne gardait pas même nos sous-vêtements. J&rsquo;entendais des gens crier de douleur, et certains ont dû être hospitalisés à cause de la chaleur », a déclaré Edmund Wan.</p>



<p>Amy*, placée à l&rsquo;isolement dans l&rsquo;établissement pénitentiaire de Lo Wu durant l&rsquo;été 2023, a raconté que sa cellule n&rsquo;avait pas de fenêtre et qu&rsquo;elle avait développé une éruption cutanée à cause de la chaleur. « Même les gardiens dégoulinaient de sueur », a-t-elle ajouté. En 2024, la militante emprisonnée Chow Hang-tung a contesté en justice les règles qui obligent les femmes – mais pas les hommes – à porter des pantalons longs toute l&rsquo;année dans les prisons de Hong Kong, malgré les fortes chaleurs estivales.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Là où l’on pouvait à peine voir le soleil »</h3>



<p>Le règlement pénitentiaire de Hong Kong prévoit deux types d&rsquo;isolement cellulaire, qui violent tous deux les normes internationales. La règle 63 autorise l&rsquo;isolement cellulaire punitif d&rsquo;une durée maximale de 28 jours pour des infractions disciplinaires. La règle 68 B autorise l&rsquo;isolement cellulaire administratif, initialement pour une durée de 72 heures, pouvant être prolongé jusqu’à un mois, pour des motifs vagues et non punitifs.</p>



<p>Durant sa détention au centre de Pik Uk, Tony Chung a déclaré avoir été placé à l&rsquo;isolement en vertu de la règle 63 à trois reprises au moins, ce qu&rsquo;il considérait comme des actes de représailles plutôt que des mesures disciplinaires légitimes.</p>



<p>« Une fois, lors d&rsquo;une visite, j&rsquo;ai dit à un ami que j’avais dû faire des exercices militaires pendant plus de trois heures parce que les gardiens nous trouvaient trop bruyants la nuit. Mon ami a publié cette information sur les réseaux sociaux et, une semaine plus tard, des gardiens ont fouillé ma cellule et ont  » trouvé  » un marque-page qui ne m&rsquo;appartenait pas. Alors ils m’ont placé à l&rsquo;isolement pour me punir. »</p>



<p>Même l&rsquo;« isolement cellulaire non punitif » semble, dans la pratique, être employé comme une mesure punitive.</p>



<p>« Dès mon arrivée à la prison, les gardiens m’ont enfermé dans une cellule et m’ont forcé à signer des documents où j’acceptais “ volontairement ” l’isolement, raconte Edmund Wan. Il est quasiment impossible de refuser : vous êtes enfermé dans une cellule et vous ne sortirez qu’après avoir signé. »</p>



<p>Fernando Cheung, ancien législateur incarcéré au centre d’accueil de Lai Chi Kok en 2022 et aujourd’hui membre du conseil d’administration d’Amnesty International Hong Kong Outre-mer, témoigne avoir lui aussi été contraint par les gardiens de signer des documents similaires pour demander « volontairement » l’isolement.</p>



<p>Les personnes interrogées décrivent les profondes souffrances psychologiques engendrées par l’isolement.</p>



<p>« J’étais enfermé dans une cellule minuscule, complètement seul plus de 22 heures par jour, explique Edmund Wan. Je mangeais et j’allais aux toilettes à l’intérieur de ma cellule. J’avais droit à une heure d’exercice quotidien &#8211; qui se résumait à marcher tout seul dans une cage grillagée où l’on pouvait à peine voir le soleil. »</p>



<p>Les modifications apportées au règlement pénitentiaire en juillet 2025 ont permis de recourir à l&rsquo;isolement en vertu de la règle 68 B, au nom de la « préservation de la sécurité nationale ».</p>



<p>D’après les personnes interrogées, l&rsquo;isolement est davantage utilisé contre les détenus incarcérés pour des infractions à caractère « politique ».</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Des cafards me couraient sur le corps »</h3>



<p>Les personnes interrogées ont également fait état de conditions sanitaires déplorables à l&rsquo;intérieur de la prison. Tommy*, détenu à Lai Chi Kok en 2021, a raconté : « Des cafards me couraient sur le corps ; je ne pouvais absolument pas dormir. »</p>



<p>Cheung, incarcéré dans le même établissement la même année, l&rsquo;a décrit comme « extrêmement sale, au-delà de ce qu’on peut imaginer. Dans ma cellule, la poussière s&rsquo;était accumulée en stalactites qui tombaient du plafond. À l&rsquo;infirmerie, les toilettes étaient bouchées et l&rsquo;odeur était intenable. »</p>



<p>Amnesty International appelle les autorités de Hong Kong à prendre des mesures immédiates et concrètes en vue de remédier aux violations des droits humains constatées, notamment en menant les enquêtes et les réformes nécessaires afin de prévenir toute nouvelle violation. Le gouvernement doit mettre en œuvre les recommandations formulées par le Comité des Nations Unies contre la torture en 2016, notamment :</p>



<ul class="wp-block-list"><li>mettre en place un organisme indépendant chargé d’effectuer des visites inopinées et efficaces dans tous les lieux de détention.</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>réduire la durée maximale du placement à l’isolement et le limiter à des mesures de dernier recours, pour une durée aussi courte que possible. Il convient d’établir des critères clairs et précis pour prendre les décisions relatives à l’isolement, indiquant la démarche, le type et la durée maximale.</li></ul>



<ul class="wp-block-list"><li>recueillir et publier régulièrement des données exhaustives et ventilées sur le recours à l’isolement cellulaire, y compris les tentatives de suicide et les automutilations qui en découlent.</li></ul>



<p>« Le recours à l’isolement à titre de représailles et de contrainte est un abus de pouvoir susceptible de dégénérer en torture psychologique. Le gouvernement de Hong Kong doit d’urgence aligner ses pratiques sur les normes internationales en veillant à ce que le placement à l’isolement soit imposé dans des circonstances exceptionnelles et au cas par cas, en dernier recours, et à ce qu’il fasse l’objet d’un examen régulier, approfondi et indépendant », a déclaré Sarah Brooks.</p>


<section id="section-f01a4314" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack section--small" style=""><div class="container">

<h3 class="wp-block-heading">Complément d’information</h3>



<p>Le Département des services correctionnels de Hong Kong gère actuellement 29 établissements pénitentiaires dans toute la ville. Ces structures accueillent des personnes placées en détention provisoire dans l’attente de leur procès ou de leur condamnation, des personnes condamnées et purgeant leur peine, et des personnes détenues pour des raisons liées à l’immigration. Par souci de simplicité, Amnesty International utilise le terme « prison » pour désigner l&rsquo;ensemble de ces 29 établissements gérés par le Département des services correctionnels.</p>



<p>Amnesty International a mené des entretiens avec d&rsquo;anciens prisonniers, réalisé une étude documentaire approfondie et s&rsquo;est entretenue avec des avocats et des chercheurs spécialistes du système correctionnel.</p>



<p>En réponse aux conclusions d’Amnesty International, le Département des services correctionnels a déclaré « réfuter catégoriquement ces allégations ». Il a affirmé appliquer une tolérance zéro en matière de violence physique, n’imposer l’isolement que « dans le strict respect de la loi », veiller au « plus haut niveau d’hygiène possible » et avoir pris des « mesures d’envergure » afin de remédier aux effets des fortes chaleurs.</p>

</div></section><p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/hong-kong-les-prisons-sont-gangrenees-par-les-violences-et-les-traitements-inhumains-revelent-des-temoignages-de-detenu%c2%b7e%c2%b7s/">Hong Kong. Les prisons sont gangrénées par les violences et les traitements inhumains, révèlent des témoignages de détenu·e·s</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>Népal. Le gouvernement doit garantir l’obligation de rendre des comptes pour les homicides illégaux et le recours à la force durant les manifestations de la Gen Z</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/nepal-le-gouvernement-doit-garantir-lobligation-de-rendre-des-comptes-pour-les-homicides-illegaux-et-le-recours-a-la-force-durant-les-manifestations-de-la-gen-z/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Dec 2025 03:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=35014</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les manquements généralisés des organes népalais chargés de l’application des lois dans le cadre du maintien de l’ordre lors des manifestations de la « Génération Z », en septembre, se sont soldés par des homicides illégaux, un recours injustifié et excessif à la force, et de graves blessures, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse. [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/nepal-le-gouvernement-doit-garantir-lobligation-de-rendre-des-comptes-pour-les-homicides-illegaux-et-le-recours-a-la-force-durant-les-manifestations-de-la-gen-z/">Népal. Le gouvernement doit garantir l’obligation de rendre des comptes pour les homicides illégaux et le recours à la force durant les manifestations de la Gen Z</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Les manquements généralisés des organes népalais chargés de l’application des lois dans le cadre du maintien de l’ordre lors des manifestations de la « Génération Z », en septembre, se sont soldés par des homicides illégaux, un recours injustifié et excessif à la force, et de graves blessures, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse.</p>



<p>Ce document, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/12/FINAL-Nepal-Sept-8-Protest-Report.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><span style="text-decoration: underline"><em>« We went there to raise our voice, not to be killed »: Nepal&rsquo;s Deadly Crackdown on Protesters</em></span></a>, montre que les forces de sécurité ont employé une force de plus en plus intense et au bout du compte meurtrière – utilisant notamment des munitions réelles &#8211; contre des manifestant·e·s en grande partie pacifiques lors du rassemblement à Katmandou le 8 septembre, durant lequel au moins 19 personnes ont été tuées et plus de 300 blessées. À travers le pays, ces manifestations ayant duré deux jours, ainsi que les six jours de troubles ayant suivi, ont fait 76 morts et plus de 2 000 blessés.</p>



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</div>



<p>« La réaction violente et illégale du gouvernement face à des jeunes exerçant leur droit à la liberté de réunion pacifique reflète un mépris choquant et cruel pour les droits humains. Les personnes ayant commandité, autorisé ou perpétré ces abus, quels que soient leur rang ou leur poste, doivent être traduites en justice dans le cadre d’une procédure juste et transparente », a déclaré Nirajan Thapaliya, directeur d’Amnesty International Népal.</p>



<p>Amnesty International a confirmé la véracité de témoignages, d’éléments photographiques et vidéo, et a recueilli les propos de professionnel·le·s de la santé, de manifestant·e·s, de personnes ayant observé les manifestations, de responsables de leur organisation et de journalistes. Les conclusions mettent en évidence une série de manquements systémiques dans les opérations de maintien de l’ordre lors des rassemblements, notamment : le fait de ne pas avoir épuisé les solutions non violentes avant de recourir à la force ; un recours dangereux et illégal à des armes à létalité réduite ; une planification, une préparation et une formations insuffisantes pour le maintien de l’ordre lors de manifestations ; un recours injustifié et illégal à la force meurtrière dans des situations où il n’existe aucun risque imminent de blessure grave ou de mort.</p>



<p>Ces agissements ont bafoué les droits à la liberté de réunion pacifique et d’expression garantis par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Durcissement de la force employée face aux manifestant·e·s pacifiques</h3>



<p>La synthèse décrit comment, après que les manifestations se sont initialement déroulées sans incident, les tensions se sont accrues lorsqu’une partie de la foule a démantelé une barricade de police érigée afin d’empêcher l’accès au bâtiment du Parlement fédéral, à moins de 500 mètres de là.</p>



<p>Les forces de sécurité ont réagi en déployant un canon à eau, utilisant dans certains cas des jets à haute pression à faible distance contre les manifestant·e·s, d’une manière suscitant de graves inquiétudes quant au respect des principes de nécessité et de proportionnalité inscrits dans les normes internationales relatives aux droits humains. Le recours à la force s’est rapidement intensifié au cours des heures suivantes, certains témoins décrivant des scènes de panique et de chaos quand les forces de sécurité ont durci leur réaction.</p>



<p>Selon des témoins, des grenades lacrymogènes ont été lancées depuis des positions élevées, une pratique extrêmement dangereuse bafouant les Lignes directrices des Nations unies sur les armes à létalité réduite. Certaines ont été lancées à l’intérieur et à proximité de locaux hospitaliers, et ont perturbé les services médicaux d’urgence. Des professionnel·le·s de la santé ont signalé que du gaz lacrymogène a été répandu à l’intérieur et à proximité de locaux hospitaliers, causant des difficultés respiratoires chez des patients, des enfants et des personnes âgées n’ayant pas participé à la manifestation.</p>



<p>Des projectiles à impact cinétique, notamment des balles en caoutchouc et des balles métalliques recouvertes de caoutchouc, ont été tirés directement sur des foules denses sans avertissement et sans véritable tentative de désamorcer la situation, atteignant des personnes dont certaines n’avaient pas plus de 14 ans. Des médecins ayant traité les blessé·e·s ont confirmé que des balles en caoutchouc ont dû être retirées du crâne de plusieurs personnes.</p>



<p>Une utilisation aussi abusive d’armes à létalité réduite constitue une violation des normes internationales relatives aux droits humains telles que les Principes de base de l’ONU sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois, et les Lignes directrices des Nations Unies basée sur les droits de l’homme portant sur l’utilisation des armes à létalité réduite dans le cadre de l’application des lois, ainsi que de la Loi népalaise relative à l’administration locale.</p>



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<h3 class="wp-block-heading">Recours illégal à la force meurtrière</h3>



<p>Amnesty International a également constaté une escalade rapide du recours à la force, avec l’utilisation illégale de balles réelles.</p>



<p>Un journaliste qui couvrait la manifestation près de l’entrée du Parlement a déclaré : « Les tirs ont commencé tous azimuts &#8211; depuis l’enceinte du Parlement, de l’extérieur, et en provenance d’unités armées proches du portail principal ».</p>



<p>Dans leurs témoignages, des travailleurs de santé et des personnes blessées ont décrit des lésions infligées par des balles à des organes vitaux. Les forces de sécurité ont tiré sur la foule</p>



<p>&#8211; notamment sur des manifestant·e·s, des mineur·e·s, des passant·e·s et des journalistes </p>



<p>&#8211; touchant des personnes à la tête, au cou et à la poitrine.</p>



<p>Un médecin hospitalier où un grand nombre des blessé·e·s ont été soignés a déclaré :</p>



<p>« Dans les situations caractérisées par un afflux massif de patient·e·s, on compte en général un nombre relativement restreint de cas graves, et davantage de cas d’une gravité faible ou modérée, avec seulement quelques décès. Nous sommes préparés à ce genre de situation. On s’attend généralement à 10 à 20 % de cas graves. Mais cette fois-ci c’était l’inverse &#8211; il y avait bien plus de personnes grièvement blessées, peut-être 50 à 60 %. »</p>



<p>Un autre médecin qui s’était occupé de manifestant·e·s blessés a déclaré : « Certains présentaient des lésions à la tête et à la poitrine qui avaient été causées par des tirs d’armes à feu, d’autres des blessures à l’abdomen et au niveau des principaux vaisseaux sanguins engageant leur pronostic vital [&#8230;] Vers 14 heures, les urgences n’avaient jamais connu pire &#8211; du sang partout, des patient·e·s qui perdaient connaissance, des médecins et des infirmières travaillant sans s’arrêter. On avait l’impression d’être dans une boucherie. »</p>



<p>Amnesty International a rassemblé des éléments attestant un recours à la force meurtrière par la police dans des circonstances qui n’impliquaient pas de danger imminent de mort ou de blessures graves, donnant lieu à une privation arbitraire de la vie.</p>



<p>L’utilisation délibérée ou inconsidérée de munitions réelles, de projectiles à impact cinétique, de canons à eau et de gaz lacrymogène contre des manifestant·e·s largement pacifiques ne peut être justifiée sous aucune circonstance.</p>



<p>« Les jeunes tués et blessés durant le soulèvement Gen Z méritent vérité et justice. En s’abstenant de garantir l’établissement des responsabilités pour des violations des droits humains commises lors de manifestations passées, les gouvernements successifs ont permis à l’impunité de prendre racine et compromis l’état de droit. Les autorités ne doivent pas répéter les erreurs du passé et abandonner les victimes. Faute d’obligation de rendre des comptes, et à moins que le Népal ne réforme en urgence ses pratiques en matière de maintien de l’ordre, les conditions ayant permis ces homicides illégaux persisteront, mettant les futurs rassemblements et des vies en danger », a déclaré Nirajan Thapaliya.</p>



<p>Amnesty International a demandé au gouvernement : de revoir son approche globale de la réaction aux rassemblements ; de garantir que la police favorise la tenue de manifestations pacifiques ; et de modifier les lois nationales, notamment celles qui portent sur le maintien de l&rsquo;ordre, de sorte qu’elles respectent pleinement les normes internationales relatives aux droits humains.</p>



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<section id="section-b4f2b7c9" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack section--small" style=""><div class="container">

<h3 class="wp-block-heading">Complément d’information</h3>



<p>La synthèse d’Amnesty International porte sur les événements survenus le premier jour des manifestations, le 8 septembre. Si les épisodes des jours suivants ne sont pas couverts par cette synthèse, Amnesty International condamne le recours à la violence collective contre les</p>



<p>personnes et les biens immobiliers, qui a causé des morts, des blessures et de graves dégâts dans le cadre des troubles plus larges de septembre 2025. Les autorités doivent mener une enquête digne de ce nom, approfondie, indépendante et impartiale sur ces actes de violence et faire preuve de la diligence requise pour identifier les auteurs présumés de ces actes, qui doivent être traduits en justice, dans le cadre de procès conformes aux normes d’équité.</p>

</div></section><p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/nepal-le-gouvernement-doit-garantir-lobligation-de-rendre-des-comptes-pour-les-homicides-illegaux-et-le-recours-a-la-force-durant-les-manifestations-de-la-gen-z/">Népal. Le gouvernement doit garantir l’obligation de rendre des comptes pour les homicides illégaux et le recours à la force durant les manifestations de la Gen Z</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>États-Unis. Un nouveau rapport dévoile les violations des droits humains commises dans les centres de détention d’« Alligator Alcatraz » et de Krome en Floride</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/etats-unis-un-nouveau-rapport-devoile-les-violations-des-droits-humains-commises-dans-les-centres-de-detention-d-alligator-alcatraz-et-de-krome-en-floride/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Dec 2025 10:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=35018</guid>

					<description><![CDATA[<p>Amnesty International publie le 4 décembre 2025 un nouveau rapport recensant les traitements cruels, inhumains et dégradants commis dans deux centres de détention des services de l’immigration en Floride : le centre de détention des Everglades (également connu sous le nom d’« Alligator Alcatraz ») et le centre de traitement des services de Krome Nord [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/etats-unis-un-nouveau-rapport-devoile-les-violations-des-droits-humains-commises-dans-les-centres-de-detention-d-alligator-alcatraz-et-de-krome-en-floride/">États-Unis. Un nouveau rapport dévoile les violations des droits humains commises dans les centres de détention d’« Alligator Alcatraz » et de Krome en Floride</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Amnesty International publie le 4 décembre 2025 un nouveau rapport recensant les traitements cruels, inhumains et dégradants commis dans deux centres de détention des services de l’immigration en Floride : le centre de détention des Everglades (également connu sous le nom d’« Alligator Alcatraz ») et le centre de traitement des services de Krome Nord (appelé Krome).</p>



<p>Ce rapport intitulé <span style="text-decoration: underline"><em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/12/AMR5105112025ENGLISH.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Torture and enforced disappearances in the Sunshine State: Human rights violations at “Alligator Alcatraz” and Krome in Florida,</a></em></span> révèle que des violations des droits humains s’apparentant dans certains cas à de la torture sont perpétrées dans les centres de Krome et d’« Alligator Alcatraz », dans un climat de plus en plus hostile à l’égard des immigrant·e·s en Floride sous la houlette du gouverneur Ron DeSantis, dont l’administration intensifie la criminalisation et la détention massive de personnes migrantes et en quête de sécurité. Ces conclusions ont été recueillies au cours d’une mission de recherche menée en septembre 2025.</p>



<p>« Ces conclusions confirment l&rsquo;existence d&rsquo;un système sciemment instauré pour sanctionner, déshumaniser et cacher les souffrances des personnes placées en détention, a déclaré Ana Piquer, directrice régionale pour les Amériques à Amnesty International. Les services chargés de l&rsquo;application des lois relatives à l&rsquo;immigration ne peuvent pas agir en dehors du cadre légal ni se soustraire aux normes relatives aux droits humains. Ce que nous observons en Floride devrait alerter toute la région. »</p>



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<div class="wp-block-button is-style-dark"><a class="wp-block-button__link" href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2025/12/AMR5105112025ENGLISH.pdf">lire le rapport (en)</a></div>
</div>



<h3 class="wp-block-heading">« Alligator Alcatraz » : une catastrophe sur le terrain des droits humains cautionnée par l’État de Floride</h3>



<p>Les recherches ont conclu que les personnes détenues arbitrairement au centre d’« Alligator Alcatraz » vivent dans des conditions inhumaines et insalubres : toilettes qui débordent avec des excréments s&rsquo;infiltrant là où les gens dorment, accès limité aux douches, exposition aux insectes sans dispositifs de protection, éclairage allumé 24 heures sur 24, nourriture et eau de mauvaise qualité, et manque d&rsquo;intimité, notamment du fait de la présence de caméras au-dessus des toilettes.</p>



<p>Selon les personnes interrogées, l&rsquo;accès aux soins médicaux est irrégulier, insuffisant, voire inexistant, ce qui les expose à un grave risque de préjudice physique et psychologique. En outre, elles sont toujours menottées lorsqu&rsquo;elles se trouvent à l&rsquo;extérieur de leur cage. Les autres traitements qui sont infligés aux détenus s&rsquo;apparentent à de la torture, notamment le fait d&rsquo;être placés dans la « boîte », une structure en forme de cage de 60 cm par 60 cm dans laquelle ils sont enfermés à titre de punition, parfois pendant des heures d’affilée, exposés aux intempéries et quasiment sans eau, les mains et les pieds attachés à des entraves au sol.</p>



<p>« Alligator Alcatraz » fonctionne en dehors de tout contrôle fédéral et les systèmes élémentaires de suivi mis en œuvre dans les établissements du Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) ne s’appliquent pas. L&rsquo;absence de mécanismes d&rsquo;enregistrement ou de suivi des personnes qui y sont détenues favorise la détention au secret et constitue une disparition forcée lorsque les familles se voient refuser toute possibilité de connaître le lieu de détention et de contacter leur avocat.</p>



<p>« Ces conditions épouvantables et insalubres à Alligator Alcatraz illustrent une pratique de négligence délibérée visant à déshumaniser et sanctionner les personnes qui y sont détenues, a déclaré Amy Fischer, directrice du programme Droits des personnes réfugiées et migrantes à Amnesty International États-Unis. Cette absence totale de contrôle, c&rsquo;est irréel. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Centre de détention de Krome : surpeuplé, chaotique et dangereux</h3>



<p>Au centre de détention de Krome de l’ICE, géré par une société privée à but lucratif, les recherches ont montré que malgré la présence d&rsquo;installations médicales sur place, les détenus ont rapporté de graves négligences médicales, notamment l&rsquo;absence de traitements et d&rsquo;examens. Les personnes détenues à Krome ont confirmé les précédentes informations faisant état de violations des droits humains. Notamment des cas de surpopulation et d&rsquo;isolement cellulaire prolongé et arbitraire, l&rsquo;absence de soins médicaux adéquats, des toilettes qui débordent, l&rsquo;impossibilité d&rsquo;accéder aux douches, l&rsquo;éclairage permanent et la climatisation défectueuse.</p>



<p>Les personnes détenues ont raconté avoir été victimes de violences et de mauvais traitements de la part des gardiens. Des membres du personnel d&rsquo;Amnesty International ont vu un gardien claquer violemment sur la main blessée d&rsquo;un homme le volet métallique de la porte d’une cellule d&rsquo;isolement. D&rsquo;autres détenus ont déclaré avoir été frappés et roués de coups de poing par des gardiens, ajoutant qu’il leur est difficile d’avoir accès à un avocat et qu’ils ignorent combien de temps va durer leur détention et ce qui va leur arriver.</p>



<p>« La surpopulation extrême, la négligence médicale et les rapports faisant état de traitements humiliants et dégradants à Krome brossent un tableau inquiétant marqué par les atteintes aux droits humains », a déclaré Amy Fischer.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Toutes les personnes enfermées dans un centre de détention souffrent » : application des lois relatives à l’immigration et détention en Floride</h3>



<p>En février 2025, la Floride a adopté des lois extrêmes et discriminatoires en matière d&rsquo;immigration qui mettent gravement en péril les communautés immigrées. L&rsquo;extension des accords 287(g), qui habilitent les forces de l&rsquo;ordre locales à agir en tant qu&rsquo;agents de l&rsquo;immigration et à détenir des personnes pour des motifs liés à leur statut migratoire, a conduit à des arrestations injustifiées, à un profilage ethnique et à une peur généralisée qui empêche des familles de se rendre dans les écoles, les hôpitaux et d&rsquo;autres services essentiels.</p>



<p>La Floride est devenue un terrain d&rsquo;essai pour une politique abusive en matière d&rsquo;application des lois relatives à l&rsquo;immigration, étroitement alignées sur le programme raciste et hostile aux immigrés du gouvernement de Donald Trump. Sous la houlette du gouverneur Ron DeSantis, l&rsquo;État a renforcé la criminalisation de l’immigration et s&rsquo;est appuyé sur des pouvoirs d&rsquo;exception étendus pour intensifier les détentions massives. Depuis janvier 2025, la Floride a augmenté de plus de 50 % le nombre de personnes détenues pour des motifs liés à l&rsquo;immigration. Rien qu&rsquo;entre juin et août 2025, l&rsquo;État a attribué 34 contrats sans appel d&rsquo;offres pour un montant total de plus de 310 millions d’euros à « Alligator Alcatraz », dont les coûts de fonctionnement annuels sont estimés à 390 millions d’euros, tout en réduisant de plusieurs milliards d’euros les fonds destinés à des programmes essentiels en matière de soins de santé, de sécurité alimentaire, d&rsquo;aide en cas de catastrophe et de logement.</p>



<p>« Le choix de privilégier la sanction, la déshumanisation et la cruauté au détriment de la protection sociale est aussi irréfléchi que consternant », a déclaré Amy Fischer.</p>



<p>La détention liée à l&rsquo;immigration aux États-Unis présente depuis longtemps un bilan marqué par des violations. Le président Donald Trump a augmenté son utilisation de près de 70 % depuis le début de son second mandat, tandis que les conditions de détention se dégradent fortement. Sur les 24 décès au moins survenus sous la garde de l&rsquo;ICE depuis octobre 2024, six ont eu lieu dans des établissements de Floride, dont quatre à Krome.</p>



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<section id="section-f999f234" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack section--small" style=""><div class="container">

<h3 class="wp-block-heading">Recommandations</h3>



<p>Amnesty International appelle le gouvernement de Floride et le gouvernement fédéral à lutter contre les violations systémiques des droits humains dans les centres de détention des services de l’immigration. Elle engage les autorités de Floride à fermer Alligator Alcatraz et à interdire l’usage des centres de détention pour migrants gérés par l&rsquo;État. L&rsquo;État doit mettre fin au recours abusif à des pouvoirs d&rsquo;exception, suspendre tous les marchés publics sans appel d&rsquo;offres et réorienter les fonds destinés à la détention vers des programmes essentiels en matière de soins de santé, de logement et d&rsquo;aide en cas de catastrophe. Autres recommandations, il faut interdire les entraves, l&rsquo;isolement cellulaire et l’enfermement punitif à l&rsquo;extérieur ; garantir un accès confidentiel à un avocat et à des services d&rsquo;interprétation ; mener des enquêtes transparentes et indépendantes sur les actes de torture et la négligence médicale ; et mettre en œuvre un contrôle indépendant et efficace de tous les centres de détention.</p>



<p>Au niveau fédéral, le gouvernement américain doit mettre fin à son système cruel de détention massive des immigrants, cesser de criminaliser l’immigration et interdire l&rsquo;usage d’établissements publics à des fins de détention par les services fédéraux de l’immigration. Le gouvernement fédéral doit garantir des enquêtes approfondies sur tous les décès, les allégations de torture en détention et autres violations, et se conformer aux normes internationales en matière de droits humains. En outre, il doit procéder à un examen complet des contrats conclus par l&rsquo;ICE avec des acteurs étatiques et privés afin de garantir le respect des droits humains, de rétablir les protections pour les « lieux sensibles » &#8211; écoles, hôpitaux et églises notamment &#8211; et d’augmenter les fonds fédéraux destinés à financer les services de représentation juridique universelle et d&rsquo;interprétation dans les procédures d&rsquo;immigration.</p>



<p>« Les conditions constatées dans les centres d’Alligator Alcatraz et de Krome ne sont pas des cas isolés ; elles illustrent au contraire un système délibérément cruel destiné à punir ceux qui cherchent à se construire une nouvelle vie aux États-Unis, a déclaré Amy Fischer. Nous devons cesser de placer en détention les membres de notre communauté immigrée et les personnes en quête de sécurité, et œuvrer en faveur de politiques migratoires humaines et respectueuses des droits. »</p>

</div></section><p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/etats-unis-un-nouveau-rapport-devoile-les-violations-des-droits-humains-commises-dans-les-centres-de-detention-d-alligator-alcatraz-et-de-krome-en-floride/">États-Unis. Un nouveau rapport dévoile les violations des droits humains commises dans les centres de détention d’« Alligator Alcatraz » et de Krome en Floride</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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