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	<title>Pauvreté et droits humains Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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	<title>Pauvreté et droits humains Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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		<title>Déclaration urgente sur la permacrise du logement au Luxembourg : « Déclaration pour le droit à un toit »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 09:32:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Luxembourg]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Déclaration urgente sur la permacrise du logement au Luxembourg : « Déclaration pour le droit à un toit » Le Luxembourg, pays le plus riche d’Europe, est confronté à une réalité choquante : une permacrise du logement. Si la question figure, sur le papier, parmi les priorités affichées par le Gouvernement, les difficultés d&#8217;accès à [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Déclaration urgente sur la permacrise du logement au Luxembourg : « Déclaration pour le droit à un toit »</h2>



<p><strong>Le Luxembourg, pays le plus riche d’Europe, est confronté à une réalité choquante : une permacrise du logement. Si la question figure, sur le papier, parmi les priorités affichées par le Gouvernement, les difficultés d&rsquo;accès à un logement social/abordable demeurent une réalité quotidienne pour une part croissante de la population. Un contexte suffisant pour qualifier ce problème de « permacrise » et pour attirer l’attention de nombreuses associations du pays.</strong></p>



<p>Depuis novembre 2025, à l’initiative d’Amnesty International Luxembourg et de Solidaritéit mat den Heescherten, un groupe d’ONGs et d’associations de terrain se sont réunies régulièrement afin de discuter des thématiques de la pauvreté et de l’exclusion au Luxembourg. Dès la première rencontre de ce groupe, le logement a été identifié comme une thématique cruciale. La <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Declaration-pour-le-droit-a-un-toit-3.pdf">« Déclaration pour le droit à un toit »</a> s’inscrit donc dans le cadre des travaux de ce groupe et elle est un document rappelant le contexte de la crise du logement, l’importance de garantir le droit au logement pour toutes et tous, et proposant 10 recommandations concrètes à destination des pouvoirs publics pour aider à garantir à chacun·e un logement digne et abordable.</p>



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</div>



<p>Le logement est un droit humain, indissociable de la dignité et de la sécurité de chaque individu. Celui-ci est largement corrélé avec les thématiques de la lutte contre la pauvreté, des droits à la santé ou à l’éducation par exemple. Entre la croissance de la population, plus importante que celle du nombre de logements, et l’augmentation des loyers, la permacrise du logement tend à renforcer les inégalités existantes et à affecter davantage les personnes étant dans une situation vulnérable, comme par exemple les familles monoparentales, les enfants et les jeunes, les personnes issues de pays tiers, ou encore les sans-abris.</p>



<p>Les recommandations de la déclaration soutiennent d’abord la création de nouveaux logements, notamment via le développement d’un véritable parc locatif public et abordable. En effet, le Luxembourg se situe largement en dessous des autres pays européens en matière de logement social, à peine 2% du parc résidentiel y étant consacré. La création de nouveaux logements pourrait également se faire via des dispositifs d’imposition foncière progressive et d’imposition sur la succession en ligne directe pour dissuader la rétention de terres constructibles et financer le logement public.</p>



<p>Le deuxième volet des recommandations de cette déclaration concerne le marché locatif existant et la protection des ménages. Il s’agit d’abord d’assurer un plafonnement effectif et juste des loyers pour éviter la surchauffe spéculative. Il faut également développer davantage de structures d’hébergement d’urgence et renforcer la protection des locataires, en étant particulièrement attentif aux plus vulnérables, face aux expulsions et hausses de loyer. Une autre mesure clé pour mobiliser le parc immobilier existant consiste à réduire le nombre de logements vacants, via un inventaire précis, des soutiens à la rénovation, et d’éventuelles mesures dissuadant les propriétaires à laisser leurs logements vacants.</p>



<p>Ensuite, le manque de données en matière de logement, et un accès à l’information limité ont été identifiés comme des facteurs importants. À l’heure actuelle, les données sur les logements vacants, les nouveaux ménages, ou encore les nouveaux logements font défaut. Il faut urgemment lancer un recensement complet afin d’optimiser les politiques sur le logement. La déclaration propose également de simplifier l’accès aux subventions de loyer pour réduire le non-recours, ainsi que de renforcer la connaissance générale de la population sur le droit au logement et l&rsquo;accès à l&rsquo;assistance judiciaire.</p>



<p>Enfin, de nombreuses solutions innovantes pourraient faire avancer la question du logement. Il s’agit notamment des logements intergénérationnels, des habitats participatifs, des coopératives de logement, et d’autres. Il faudrait étudier ces différents modèles et s’assurer qu’ils bénéficient de soutiens, mais aussi d’un encadrement adéquat. De plus, il existe des pistes pour augmenter à court terme l’offre de logements de qualité, comme par exemple la réaffectation de surfaces construites ou de terrains, la mise en œuvre de certains plans d’aménagement particuliers, et d’autres.</p>



<p>La démarche initiée par<strong> Amnesty International Luxembourg</strong> et de <strong>Solidaritéit mat den Heescherten</strong> a donc donné lieu à cette « Déclaration pour le droit à un toit » qui est actuellement ouverte à signature auprès de la société civile et qui a déjà récolté le soutien de plusieurs autres organisations ou associations : <strong>ASTI, CELL, Frères des Hommes Luxembourg, Friddens- a Solidaritéitsplattform asbl, Innocence en Danger Luxembourg, Passerell, UNICEF Luxembourg ainsi que d’une trentaine de personnalités.</strong></p>



<p><strong>Organisations signataires* : </strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Amnesty International Luxembourg</li>



<li>Asociación Manos Abiertas</li>



<li>ASK AVOCATS</li>



<li>ASTI</li>



<li>CELL</li>



<li>Eritrean Community Association in Luxembourg (ECAL)</li>



<li>Frères des Hommes Luxembourg</li>



<li>Friddens- a Solidaritéitsplattform asbl</li>



<li>Global Sumud Luxembourg</li>



<li>Innocence en Danger Luxembourg</li>



<li>Le Soleil dans la Main A.S.B.L.</li>



<li>LIFE ASBL</li>



<li>Passerell asbl</li>



<li>Premier secours de l&rsquo;Ordre de Malte asbl</li>



<li>RYSE asbl</li>



<li>SINGA Luxembourg</li>



<li>Solidaritéit mat den Heescherten</li>



<li>UNICEF Luxembourg</li>
</ul>



<p><strong>Signataires individuels* :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Abrahaley Yonas</li>



<li>Baldanza Roberto</li>



<li>Bednarz Lucie</li>



<li>Bellardinelli Anna Maria</li>



<li>Berhe Yordanos</li>



<li>Bertrand Coralie</li>



<li>Binsfeld Françoise</li>



<li>Bonato Sophie</li>



<li>Burggraff Marc</li>



<li>Cabral Mauro A.</li>



<li>Delvingt Bernard</li>



<li>Diderich Gary</li>



<li>Dupret François-Xavier</li>



<li>Ehlinger Aude</li>



<li>El Gazi Faiza</li>



<li>Faramelli Marc</li>



<li>Feghoul Ouahab</li>



<li>Pregno Gilbert</li>



<li>Flammang Manou</li>



<li>Gannard Julien</li>



<li>Genet Michel</li>



<li>Groos Camille</li>



<li>Hempel Gilles</li>



<li>Hoelpes Claudine</li>



<li>Hoffmann David</li>



<li>Kollwelter Serge</li>



<li>Lambotte Morgan</li>



<li>Lefèvre Elisabeth</li>



<li>Margue Charles</li>



<li>Marques André</li>



<li>Messembourg Olivier</li>



<li>Messelmani Farah</li>



<li>Mineiro Tiago</li>



<li>Nawaz Naheeda</li>



<li>Oé Julie</li>



<li>Paccoud Antoine</li>



<li>Perraudeau Stéphane</li>



<li>Pinto Lara</li>



<li>Pregno Gilbert</li>



<li>Rees Tom</li>



<li>Reichling Letty</li>



<li>Reuter André</li>



<li>Ries Marie-Christine</li>



<li>Shaikh Memouna</li>



<li>Schon Marie Jeanne</li>



<li>Si Abdallah Shana</li>



<li>Thoma Carole</li>



<li>Thomas Guy</li>



<li>Tonnar Serge</li>



<li>Turquin Xavier</li>



<li>Uyttebrouck Constance</li>



<li>Wagener Yolande</li>



<li>Wies Frank</li>



<li>Winandy Chantal</li>



<li>Zogo Alice</li>



<li>Zuccoli Laura</li>
</ul>



<p><strong><mark>Il est encore possible de signer la déclaration, à titre individuel ou d&rsquo;une organisation, jusqu&rsquo;au 31/08/2026 : </mark></strong></p>



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</div>



<p class="has-text-align-right"><em> * Dernère mise à jour le 15/07/2026 à 16:17</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Cambodge. Des éléments montrent que les centres d’escroquerie ont perduré malgré la « répression » médiatisée</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/cambodge-des-elements-montrent-que-les-centres-descroquerie-ont-perdure-malgre-la-repression-mediatisee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 08:24:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cambodge. Des éléments montrent que les centres d’escroquerie ont perduré malgré la « répression » médiatisée La répression médiatisée qu’a menée le gouvernement cambodgien contre les centres d’escroquerie n’a pas permis de démanteler l’immense majorité de ces sites dans le pays, ni de protéger et de soutenir les milliers de personnes soumises à la traite [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Cambodge. Des éléments montrent que les centres d’escroquerie ont perduré malgré la « répression » médiatisée</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les recherches d’Amnesty International contredisent le discours de l’État sur une répression massive des escroqueries</li>



<li>Une collusion entre des policiers et des gangs aide ces centres à éviter les perquisitions</li>



<li>Amnesty International a interrogé 73 survivant·e·s qui n’ont été ni détectés, ni reconnus comme victimes de traite</li>
</ul>



<p>La répression médiatisée qu’a menée le gouvernement cambodgien contre les centres d’escroquerie n’a pas permis de démanteler l’immense majorité de ces sites dans le pays, ni de protéger et de soutenir les milliers de personnes soumises à la traite des êtres humains, à la torture et à l’esclavage, indique Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public lundi 8 juin.</p>



<p>Intitulé <em><strong><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/Final_Falling-Through-the-Cracks.pdf">Falling Through the Cracks: Cambodia’s “Crackdown” on Scamming Compounds</a></strong></em>, ce rapport montre que, dans la majorité des cas, les autorités n’ont ni identifié les victimes de la traite, ni amené les responsables présumés à rendre des comptes. Amnesty International révèle que plusieurs centres changent régulièrement de place pour échapper à la répression et relate de multiples témoignages faisant état de viols commis à l’intérieur de ces sites.</p>



<p>« Les autorités cambodgiennes ont soigné l’image de leur campagne de répression contre les centres d’escroquerie, mais derrière chaque gros titre sur une descente ou des arrestations dans un centre, ce sont des victimes d’esclavage, de torture et de viol qui se retrouvent quasiment sans aucune aide, a déclaré Montse Ferrer, codirectrice régionale d’Amnesty International.</p>



<p>« Cette fameuse offensive contre la criminalité n’a pas été suffisante pour mettre fin à la souffrance des personnes piégées dans les centres d’escroquerie. Plus de 70 % des centres identifiés par Amnesty International semblent être passés entre les mailles du filet, tandis que les interventions policières inefficaces menées dans les autres centres sont passées à côté de victimes et les ont laissées seules face à des atrocités. Pendant ce temps-là, tout le gouvernement se félicite de son travail. »</p>



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<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/Final_Falling-Through-the-Cracks.pdf">lire le rapport (en)</a></div>
</div>



<h4 class="wp-block-heading">La police est « venue ramasser des corps » </h4>



<p>Dans un rapport publié en juin 2025, Amnesty International révélait que plus de 50 complexes d’escroquerie à travers le Cambodge étaient le théâtre d’esclavage généralisé, de traite d’êtres humains, de travail forcé et de torture, fonctionnant comme des établissements carcéraux contrôlés par des bandes criminelles organisées.</p>



<p>Le nouveau rapport de 150 pages publié lundi 8 juin identifie 33 centres d’escroquerie supplémentaires et inclut les témoignages de 73 autres survivant·e·s, originaires de 16 pays différents, qui ont été enfermés dans ces centres pendant la campagne de répression. Toutes ces personnes ont décrit les mêmes atteintes graves et systématiques aux droits humains que celles déjà relevées dans le précédent rapport d’Amnesty International.</p>



<p>À la suite de la publication de ce dernier, le Cambodge avait lancé en juillet 2025 sa plus grande campagne de répression contre les escroqueries, en promettant d’éradiquer les réseaux criminels responsables de la fraude à grande échelle ayant fait de nombreuses victimes à travers le monde. Plusieurs chefs de gang très en vue ont depuis été arrêtés et les autorités ont affirmé avoir fermé plus de 200 centres d’escroquerie.</p>



<p>Cependant, les conclusions d’Amnesty International jettent un sérieux doute sur l’impact de la répression. Sur un total de 86 centres identifiés par l’organisation, seulement 24 avaient vraisemblablement fait l’objet d’une intervention des autorités. Amnesty International a obtenu des informations faisant état de libérations et d’évasions massives dans sept autres centres.</p>



<p>Même dans les cas où des interventions ont eu lieu, l’organisation a constaté qu’elles avaient souvent été inefficaces, mises à mal par une collusion manifeste entre les gestionnaires de centres et la police, ou menées uniquement pour répondre à une forme de pression du public. Dans trois cas distincts, la police est intervenue dans des centres mais Amnesty International s’est entretenue avec des victimes ayant subi des atteintes aux droits humains sur place par la suite.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des victimes traitées comme des criminels</h4>



<p>Les survivant·e·s interrogés dans le rapport d’Amnesty International venaient de différentes régions du monde, notamment d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, ce qui souligne la nature transnationale de l’industrie de l’escroquerie. Une survivante, Winta, qui a été attirée à des fins de traite depuis l’Afrique de l’Est à l’âge de 16 ans après avoir reçu une offre d’emploi fictive pour travailler sur un navire de croisière, a raconté avoir été déplacée d’un centre à l’autre pendant la campagne de répression pour échapper à la police.</p>



<p>« Ils m’ont attachée à une chaise avec des menottes et m’ont laissée debout pendant deux jours. Ensuite, ils nous ont frappés puis nous ont mis dans la voiture », a-t-elle déclaré.</p>



<p>Elle a finalement été abandonnée en pleine nuit avec d’autres victimes. Quand des policiers sont arrivés, ils l’ont menacée de la ramener au centre d’escroquerie au lieu de lui proposer de l’aide, selon elle. N’ayant nulle part où aller, elle s’est tournée vers des habitant·e·s qui l’ont aidée à partir de cette zone. Son histoire illustre une situation récurrente dans laquelle les autorités n’ont pas mis fin aux activités d’escroquerie et ont en outre mis les survivant·e·s encore plus en danger.</p>



<p>Aucun des 73 survivant·e·s interrogés par Amnesty International n’avait été reconnu comme victime de traite des êtres humains, alors que l’organisation a conclu qu’ils répondaient tous à la définition internationale de la traite.</p>



<p>De nombreuses personnes qui avaient été relâchées ou s’étaient échappées de centres d’escroquerie ont dû dormir dans la rue ou ont été placées dans des lieux de détention surpeuplés des services de l’immigration. Dans certains cas, des policiers ont racketté et menacé des victimes de traite des êtres humains. Par ailleurs, les survivant·e·s n’ont pas bénéficié d’une assistance adaptée de leurs ambassades ou consulats.</p>



<h4 class="wp-block-heading">« Nous avons essayé de la réveiller, mais elle était déjà morte »</h4>



<p>Le rapport montre que la collusion entre la police et les gestionnaires des centres d’escroquerie a nui à l’efficacité de la répression. De nombreux survivant·e·s ont indiqué à Amnesty International que des policiers venaient régulièrement dans un centre à Prey Veng (PV01), notamment pour venir ramasser des corps et boire des cafés avec les gestionnaires, mais n’avaient procédé à aucune arrestation sur place pendant la campagne de répression.</p>



<p>Elise, une jeune femme originaire du Kenya, a raconté avoir été battue et avoir vu une femme mourir au centre PV01. « Nous avons essayé de la réveiller, mais elle était déjà morte [&#8230;]. La police est venue chercher le corps », a-t-elle déclaré, en ajoutant que ni elle, ni aucune autre personne enfermée dans le centre n’avait été libérée par les policiers.</p>



<p>Des témoignages laissent penser que des gestionnaires ont été informés d’interventions policières avant qu’elles n’aient lieu et ont pu fuir et s’installer ailleurs, ce qui indique une coordination ou une collusion.</p>



<p>« Ils ont dit que la police arrivait et nous ont fait monter dans un bus avant de nous conduire dans les montagnes », s’est souvenue une personne interrogée par Amnesty International.</p>



<p>Les témoignages recueillis par l’organisation comportent également plusieurs récits de violence sexuelle à l’intérieur des centres, dont ceux de six femmes ayant subi des viols et d’autres mauvais traitements. Cinq ont indiqué avoir été violées par des gestionnaires ou des chefs d’équipe – dont deux sont tombées enceintes – et une Brésilienne, Cecilia, a raconté qu’un gestionnaire avait invité un groupe d’escrocs ayant de bons résultats à la violer.</p>



<p>« C’était comme une récompense pour avoir bien travaillé. J’étais comme un “cadeau” », a-t-elle déclaré. Cecilia a montré de nombreuses ecchymoses sur son corps, causées selon elle par une batte de baseball utilisée par un gestionnaire qui avait découvert que son père avait contacté la police.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Manque de transparence</h4>



<p>Bien que les autorités cambodgiennes se soient vantées du succès de la campagne de répression, elles n’ont publié aucune information détaillée sur les lieux ayant fait l’objet d’enquêtes et aucune preuve des fermetures alléguées. Le gouvernement n’a pas répondu aux questions envoyées par Amnesty International à la suite de son enquête. Dans le même temps, des journalistes et des sauveteurs ont fait l’objet d’arrestations et d’actes d’intimidation, ce qui a nui encore davantage au contrôle indépendant de l’action des autorités.</p>



<p>« Le manque total de transparence du gouvernement cambodgien empêche de vérifier ses affirmations et met à mal la confiance dans l’ensemble de la démarche. On ne peut éviter de conclure que beaucoup de personnes aux commandes des centres où ont été commises le plus d’atteintes aux droits humains n’ont pas été traduites en justice, a déclaré Montse Ferrer.</p>



<p>« La répression a abouti à la libération massive de milliers de personnes réduites en esclavage, mais ce succès est miné par l’échec du gouvernement à traiter les victimes avec dignité. »</p>



<p>Une enquête menée par Amnesty International en avril a révélé qu’une douzaine de casinos liés à des complexes d’escroquerie avaient été approuvés par les autorités pendant la campagne de répression. Le nouveau rapport d’Amnesty International identifie quatre casinos supplémentaires ayant présenté des projets montrant qu’ils possédaient des bâtiments abritant des centres d’escroquerie.</p>



<p>« Si le gouvernement cambodgien veut vraiment mettre fin à l’esclavage et à la torture dans l’industrie de l’escroquerie, il doit enquêter sur tous les centres et les casinos liés, identifier et aider comme il se doit toutes les victimes de traite des êtres humains et d’autres graves atteintes aux droits humains, et traiter les manquements qui ont empêché cette répression de porter ses fruits, a déclaré Montse Ferrer.</p>



<p>« La communauté internationale peut également s’impliquer davantage. La pression d’autres dirigeant·e·s mondiaux a probablement été l’un des principaux déclencheurs du lancement de cette campagne de répression, mais nos conclusions montrent que le travail n’est pas complet du tout, que la pression doit être redoublée et qu’il faut plus de moyens financiers pour aider les victimes. »</p>



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</div>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Amnesty International s’est entretenue avec 73 survivant·e·s de centres d’escroquerie originaires du Bangladesh, du Brésil, de Chine, de Colombie, de l’Équateur, d’Érythrée, d’Éthiopie, du Ghana, d’Indonésie, du Kenya, du Liberia, de Madagascar, du Maroc, du Niger, d’Ouganda et du Venezuela, entre juillet 2025 et avril 2026, pour rédiger ce rapport.</p>



<p>Selon le droit international, le Cambodge est tenu d’identifier les victimes de traite et de garantir leur sécurité. Il doit également leur fournir un hébergement, des soins et une aide juridique, et s’abstenir de les poursuivre pour des infractions commises dans le cadre de leur exploitation.</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/cambodge-des-elements-montrent-que-les-centres-descroquerie-ont-perdure-malgre-la-repression-mediatisee/">Cambodge. Des éléments montrent que les centres d’escroquerie ont perduré malgré la « répression » médiatisée</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>Monde. Les énormes pipelines de données qui alimentent les principaux systèmes d’IA générative reposent intrinsèquement sur des intrusions massives dans la vie privée</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/monde-les-enormes-pipelines-de-donnees-qui-alimentent-les-principaux-systemes-dia-generative-reposent-intrinsequement-sur-des-intrusions-massives-dans-la-vie-privee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 16:26:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
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		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Responsabilité des entreprises]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=36476</guid>

					<description><![CDATA[<p>Monde. Les énormes pipelines de données qui alimentent les principaux systèmes d’IA générative reposent intrinsèquement sur des intrusions massives dans la vie privée Des entreprises extraient des quantités astronomiques de précieuses données en ligne en moissonnant illégalement le web pour élaborer leurs produits d’intelligence artificielle (IA) générative, ce d’une manière qui permet des intrusions massives [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/monde-les-enormes-pipelines-de-donnees-qui-alimentent-les-principaux-systemes-dia-generative-reposent-intrinsequement-sur-des-intrusions-massives-dans-la-vie-privee/">Monde. Les énormes pipelines de données qui alimentent les principaux systèmes d’IA générative reposent intrinsèquement sur des intrusions massives dans la vie privée</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Monde. Les énormes pipelines de données qui alimentent les principaux systèmes d’IA générative reposent intrinsèquement sur des intrusions massives dans la vie privée</h2>



<p>Des entreprises extraient des quantités astronomiques de précieuses données en ligne en moissonnant illégalement le web pour élaborer leurs produits d’intelligence artificielle (IA) générative, ce d’une manière qui permet des intrusions massives dans la vie privée, rendant ces systèmes illégaux par leur conception même, a déclaré Amnesty International dans un nouveau rapport ce jeudi 28 mai.</p>



<p>Ce rapport, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/POL-40_0996_2026-English.pdf"><span style="text-decoration: underline;"><em><strong>Unlawful by Design: Exposing the Human Rights Costs of Generative AI</strong></em></span></a>, fait état des graves risques liés au moissonnage et au traitement de données à grande échelle qui servent à mettre au point et entraîner ces systèmes, notamment les atteintes au droit à la vie privée inhérentes à la conception des outils concernés et les conséquences négatives pour l’environnement et les populations marginalisées de longue date.</p>



<p>« Des entreprises du monde entier proposent des produits d’IA générative mais, derrière l’image d’efficacité et de modernité qui est mise en avant, ces systèmes perpétuent les intrusions massives dans la vie privée par le moissonnage illégal de données sur le web – processus automatisé qui consiste à extraire des données, y compris personnelles, à partir de sites Internet, notamment des images et des traces laissées par les activités sur les réseaux sociaux, pour entraîner les modèles d’IA, a déclaré Likhita Banerji, responsable de l’Algorithmic Accountability Lab (Laboratoire pour la reddition de comptes quant à l’utilisation des algorithmes).</p>



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<p>« Les pipelines de données d’extraction, les choix inhérents à la conception faits par les entreprises technologiques et les chaînes d’approvisionnement reposant sur l’exploitation qui servent à élaborer les systèmes d’IA générative ont permis la création d’un modèle de développement technologique qui s’accompagne d’un risque d’atteintes massives aux droits humains. »</p>



<p>Amnesty International a mené des recherches sur les modèles qui alimentent certains des outils autonomes d’IA générative les plus prisés du grand public, dont GPT 3 (OpenAI), Gemini (Google), Llam (Meta), DeepSeek et les outils mis au point par Midjourney et Stable Diffusion.</p>



<p>Ces systèmes reposent sur l’extraction d’informations issues de milliards de messages et d’images publics en ligne, souvent sans le consentement explicite des personnes qui apparaissent dans ces contenus ou en sont à l’origine. Non seulement cela porte intrinsèquement atteinte au droit à la vie privée mais, à mesure que les ensembles de données alimentant les modèles d’IA se développent, les contenus haineux et discriminatoires qui figurent dans leurs résultats s’en trouvent également amplifiés, de même que les stéréotypes et les préjugés négatifs, en particulier ceux fondés sur la race ou le genre.</p>



<p>Les biais liés à la race, au genre et à la culture sont des caractéristiques récurrentes des systèmes d’IA générative ; ils découlent du fait que les données d’entraînement sont extraites en grande partie du web et sont par conséquent polluées par les préjugés réels que subissent les populations marginalisées de longue date. En outre, les systèmes d’IA générative comportent des risques pour le droit à la liberté de pensée car ils sont capables d’influencer les opinions des utilisateurs·trices et de façonner leurs convictions personnelles au moyen de suggestions prédictives. Cela est d’autant plus vrai pour les modèles de grande ampleur, qui reposent sur un énorme volume de données d’entraînement.</p>



<p>« Ces choix ne sont pas une fatalité. Nous devons remettre en cause les choix de conception faits par les entreprises qui élaborent des systèmes d’IA générative à partir de données d’entraînement, notamment de données personnelles, qui sont extraites sans le consentement des personnes intéressées et à grande échelle, a déclaré Likhita Banerji.</p>



<p>« Il s’agit de l’une des pratiques les plus scandaleuses des entreprises d’IA qui agissent au mépris des droits humains, et ce problème doit être pris à bras-le-corps sans tarder. Il est encore possible d’impulser une autre trajectoire au développement technologique si les autorités prennent de toute urgence des mesures correctives. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Un coût environnemental élevé</h4>



<p>Le développement des entreprises d’IA générative s’amplifie et s’accélère, de même que les besoins en matière d’infrastructures et les coûts environnementaux qui en découlent.</p>



<p>Pour fonctionner, les modèles à grande échelle ont des besoins de traitement élevés qui nécessitent des puces à plus forte concentration d’énergie, des centres de données de plus grande envergure et, par conséquent, davantage d’énergie et d’eau. La production d’IA générative a souvent des conséquences néfastes pour les populations marginalisées de longue date étant donné que les terres et les ressources qui leur appartiennent sont exploitées pour construire des centres de données et satisfaire les besoins de traitement.</p>



<p>Le rapport sur la durabilité publié par l’entreprise Google elle-même en 2024 indiquait une hausse stupéfiante de 48 % de ses émissions de gaz à effet de serre depuis 2019, imputable aux centres de données et aux chaînes d’approvisionnement. De même, les émissions de Microsoft ont augmenté de 29 % entre 2020 et 2024 du fait des processus opérés par les centres de données à l’appui de l’IA.</p>



<p>L’utilisation intensive de ressources pour la production d’IA générative a amené plusieurs communautés, de Cerrillos (Chili) à Querétaro (Mexique), en passant par l’Arizona (États-Unis d’Amérique), à s’opposer à l’installation de centres de données dans des zones déjà gravement touchées par des sécheresses et des pénuries d’électricité.</p>



<p>Dans le cadre de son processus de recherche, Amnesty International a écrit à Google, OpenAI, Meta, Stability AI, Midjourney et DeepSeek pour que ces entreprises puissent exercer leur droit de réponse face aux conclusions du rapport de recherche, selon lequel leurs modèles reposent sur le moissonnage illégal de données en ligne, outre de nombreuses autres préoccupations quant aux droits humains.</p>



<p>Amnesty International a également écrit à Intel et VMware à propos des risques de discrimination et à Google, Microsoft et Amazon au sujet des préjudices environnementaux associés à leurs systèmes d’IA générative et aux infrastructures sur lesquelles ils s’appuient. Au moment de la publication du rapport, seuls Microsoft, Amazon, Intel, OpenAI et Meta avaient répondu à Amnesty International. Leurs réponses sont résumées dans le rapport.</p>



<p>Amnesty International appelle les États à interdire les systèmes autonomes d’IA générative dont la création repose sur le moissonnage illégal de données en ligne – activité qui consiste à collecter en bloc et à grande échelle des données d’entraînement sur Internet. Les entreprises doivent cesser sans délai de moissonner illégalement et sans le consentement des personnes concernées des données personnelles sur le web aux fins de l’entraînement de l’IA, et les États doivent amener les entreprises à répondre de leur participation à de quelconques atteintes aux droits humains liées à leurs choix de conception et leur modèle d’activité.</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Le rapport fournit une analyse, sous l’angle des droits humains, des pipelines de données qui alimentent les produits d’IA générative, notamment les étapes de collecte, d’analyse et de traitement des données, qui sont cruciales pour le fonctionnement général de ces systèmes. Plus particulièrement, il décrit dans le détail les paramètres et les incidences des choix de conception liés aux données d’entraînement des modèles d’IA générative, en mettant l’accent sur les méthodes et les sources concernant la collecte et le traitement des données, la transposition du modèle à plus grande échelle et les résultats issus des données.</p>



<p>Amnesty International entend par outils autonomes d’IA générative les produits conçus, déployés et commercialisés exclusivement et spécifiquement dans l’optique de leurs capacités d’IA générative, comme les robots conversationnels, les générateurs d’image/de vidéo/d’audio/de texte, etc. Elle n’y inclut pas les suites de produits dans lesquelles l’IA générative n’est qu’une caractéristique ou une fonctionnalité additionnelle, telles que les logiciels de traitement de texte comprenant une option d’IA générative.</p>
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		<title>Sri Lanka. Les Malaiyaha Tamils employés dans les plantations de thé privées subissent de graves violations des droits du travail</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/sri-lanka-les-malaiyaha-tamils-employes-dans-les-plantations-de-the-privees-subissent-de-graves-violations-des-droits-du-travail/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 16:35:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Responsabilité des entreprises]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=36481</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sri Lanka. Les Malaiyaha Tamils employés dans les plantations de thé privées subissent de graves violations des droits du travail &#8211; Nouveau rapport Les Malaiyaha Tamils, ou membres de la communauté tamoule Malaiyaha, qui travaillent dans des plantations de thé privées et des petites exploitations au Sri Lanka sont victimes d’atteintes aux droits humains qui [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Sri Lanka. Les Malaiyaha Tamils employés dans les plantations de thé privées subissent de graves violations des droits du travail &#8211; Nouveau rapport</h2>



<p>Les Malaiyaha Tamils, ou membres de la communauté tamoule Malaiyaha, qui travaillent dans des plantations de thé privées et des petites exploitations au Sri Lanka sont victimes d’atteintes aux droits humains qui répondent à de nombreux critères de l’Organisation internationale du travail (OIT) relatifs au travail forcé, et n’ont pas accès aux protections strictes prévues par la législation sri lankaise du travail, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport.</p>



<p>Portant sur la terrible situation des travailleurs·euses dans la province du Sud au Sri Lanka, cette étude révèle que les membres de la communauté tamoule marginalisée Malaiyaha subissent de multiples formes de violations généralisées, notamment des actes d’intimidation et des menaces, des violences physiques et du harcèlement, la servitude pour dettes, des restrictions de la liberté de mouvement, ainsi que de mauvaises conditions de travail et de vie.</p>



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<p>Ce rapport met en évidence le fait que l’État, qui se montre incapable de remédier à ces violations des droits du travail, manque à son devoir de garantir aux travailleurs·euses les droits de bénéficier de la sécurité sociale, de se syndiquer et d’accéder à la justice. En tant que membre de l’OIT partie à 44 de ses conventions, ainsi qu’à des traités des Nations unies relatifs aux droits humains tels que le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), le Sri Lanka est tenu de veiller à ce que les travailleurs soient protégés contre la discrimination et les violations des droits du travail et des droits fondamentaux.</p>



<p>« Les plantations de thé privées au Sri Lanka violent systématiquement la législation relative au travail dans la façon dont elles traitent les Malaiyaha Tamils, sans avoir à rendre de comptes. Sur l’ensemble des sites visités, les travailleurs ont fait état d’une pratique récurrente marquée par les discriminations et les abus, notamment des violences, la servitude pour dettes, les salaires non payés et les mauvaises conditions de vie et de travail, ce qui laisse supposer une situation de travail forcé. La persistance de ces atteintes, malgré les garanties juridiques en vigueur, témoigne d&rsquo;un grave manquement de l&rsquo;État à son devoir de faire respecter la législation du travail et de garantir les droits des travailleurs, a déclaré Smriti Singh, directrice régionale pour l’Asie du Sud à Amnesty International.</p>



<p>« L&rsquo;obligation qui incombe au Sri Lanka d&rsquo;éradiquer le recours au travail forcé est sans équivoque, tant en vertu du droit national que du droit international, notamment en tant que membre de l&rsquo;OIT. Il faut sans délai accorder la priorité à l’inspection de ces plantations afin de déterminer l&rsquo;ampleur des violations des droits du travail, en vue de mener des enquêtes approfondies, d’intenter des poursuites à l&rsquo;encontre des responsables présumés et d’accorder des réparations aux victimes. »</p>



<p>Ce rapport s&rsquo;appuie sur des recherches menées entre janvier 2024 et janvier 2026. Amnesty International s&rsquo;est rendue dans 45 plantations des districts de Galle et de Matara, dans la province du Sud au Sri Lanka, et a mené 159 entretiens avec des travailleurs·euses, ainsi qu’avec deux propriétaires de plantations et trois responsables. Enfin, elle a organisé 15 groupes de discussion avec 65 travailleurs·euses.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Vives inquiétudes quant au recours au travail forcé et à d’autres atteintes aux droits humains</h4>



<p>Descendants de travailleurs amenés au Sri Lanka depuis le sud de l&rsquo;Inde par l’Empire britannique au début du XIXe siècle comme main d’œuvre dans les plantations de thé, les Tamouls Malaiyaha sont depuis longtemps victimes d&rsquo;une discrimination raciale et d&rsquo;une exclusion systémiques et structurelles, qui les exposent au travail forcé.</p>



<p>Aujourd’hui, ils dépendent fortement de leurs employeurs pour leurs moyens de subsistance, leur logement et leur santé, ce qui les empêche de dénoncer les mauvaises conditions de vie et de travail, ainsi que les violations du droit du travail.</p>



<p>Dans les 45 plantations visitées, ils ont déclaré qu’ils dépendent de leur employeur pour se loger et vivent dans la crainte d’une expulsion forcée.</p>



<p>Des employé·e·s de 15 plantations ont déclaré à Amnesty International avoir été victimes ou témoins de violences verbales ou physiques de la part des directeurs des domaines au motif qu’ils étaient arrivés en retard, s’étaient enquis de leurs salaires impayés ou autres.</p>



<p>L’un d’entre eux a déclaré : « Si vous ne travaillez pas [et n’atteignez pas les objectifs], ils ont tendance à vous frapper… Avec leurs mains et leurs jambes, et à coups de bâtons. Ils ont battu certaines personnes si violemment que c’était insoutenable. Et cela continue de se produire. »</p>



<p>D’après les recherches menées, les directeurs des domaines invoquent souvent des motifs fallacieux pour ne pas verser les salaires, en se basant fréquemment sur des objectifs irréalistes ; les travailleurs sont alors obligés de recourir à des avances sur salaire et à des prêts pour subvenir à leurs besoins fondamentaux, ce qui les plonge dans l’endettement.</p>



<p>Sur les 45 plantations visitées, 27 auraient exigé une récolte de plus de 25 kilos de thé par jour. Si ces objectifs irréalistes ne sont pas atteints, le modeste salaire ne dépassant parfois pas 1 000 roupies sri lankaises (2,50 euros) par jour est retenu ou retardé.</p>



<p>Un travailleur, Subramaniam, a déclaré : « Si nous ne terminons pas les tâches qui nous sont assignées, ils comptabilisent trois jours de travail comme un seul jour. Si nous terminons, ils nous paient 1 000 roupies sri lankaises (2,50 euros). »</p>



<p>De telles pratiques entraînent un cycle d&rsquo;endettement croissant vis-à-vis des propriétaires fonciers, qui peut s’apparenter à la servitude pour dettes &#8211; une forme de travail forcé qui se traduit parfois par le fait que les travailleurs sont liés à leurs employeurs de génération en génération.</p>



<p>Dans au moins 22 plantations, les travailleurs ont évoqué les restrictions de leur liberté de déplacement, notamment des couvre-feux et l&rsquo;obligation d&rsquo;obtenir une autorisation pour voyager. En outre, leurs conditions de vie ne répondent pas aux critères essentiels du droit à un logement convenable : absence de sécurité légale d’occupation, espace insuffisant et installations sanitaires inadéquates.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Absence de mesures de protection du travail</h4>



<p>À ces violations s’ajoutent le non-respect par l&rsquo;État des protections du travail inscrites dans la législation nationale, qui restent hors de portée des membres de la communauté tamoule Malaiyaha employés dans les plantations de thé.</p>



<p>Les employeurs des domaines privés et des petites propriétés les classent de manière abusive dans la catégorie des « travailleurs·euses journaliers », les privant ainsi de tous leurs droits juridiques relatifs au travail et des prestations sociales de base. Rares sont ceux qui bénéficient de prestations maternité, d’une retraite ou de congés maladie.</p>



<p>Les employé·e·s tamouls Malaiyaha rencontrent des difficultés pour accéder à la justice, notamment pour déposer des recours en cas d&rsquo;abus et de mauvaises conditions de travail : citons la barrière linguistique, les autorités publiques susceptibles de leur offrir une protection parlant rarement le tamoul Malaiyaha, le traitement discriminatoire de la part des fonctionnaires et l&rsquo;absence de papiers de travail. La représentation syndicale est souvent inexistante ou interdite par les employeurs : les domaines visités dans le cadre des recherches ne comptaient aucun syndicat en activité.</p>



<p>Ce rapport met également en évidence de graves lacunes au niveau des inspections du travail et de l&rsquo;application des normes d&#8217;emploi dans les plantations de thé des districts de Matara et de Galle.</p>



<p>« L&rsquo;exploitation des Malaiyaha Tamils est favorisée par une discrimination enracinée, une très forte marginalisation et une classification systématiquement erronée de leur statut, qui les prive de la protection de la loi, a déclaré Smriti Singh.</p>



<p>« Nous engageons les autorités sri lankaises à appliquer pleinement la loi, à lever les obstacles qui empêchent la communauté tamoule Malaiyaha d&rsquo;exercer ses droits, à renforcer la protection des travailleurs·euses et à mettre en œuvre l’obligation de rendre des comptes dans l&rsquo;ensemble des plantations de thé privées. »</p>



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		<title>Israël et territoire palestinien occupé. Le génocide perpétré par Israël à Gaza inflige des préjudices exacerbés aux femmes et aux filles.</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/israel-et-territoire-palestinien-occupe-le-genocide-perpetre-par-israel-a-gaza-inflige-des-prejudices-exacerbes-aux-femmes-et-aux-filles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2026 16:15:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=35931</guid>

					<description><![CDATA[<p>Israël et territoire palestinien occupé. Le génocide perpétré par Israël à Gaza inflige des préjudices exacerbés aux femmes et aux filles. Au cours des 29 derniers mois, les conséquences dévastatrices et multiples du génocide perpétré par Israël ont poussé les femmes et les filles dans la bande de Gaza occupée au bord du précipice, a [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/israel-et-territoire-palestinien-occupe-le-genocide-perpetre-par-israel-a-gaza-inflige-des-prejudices-exacerbes-aux-femmes-et-aux-filles/">Israël et territoire palestinien occupé. Le génocide perpétré par Israël à Gaza inflige des préjudices exacerbés aux femmes et aux filles.</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Israël et territoire palestinien occupé. Le génocide perpétré par Israël à Gaza inflige des préjudices exacerbés aux femmes et aux filles.</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Les femmes et les filles sont les premières victimes de l’effondrement du système de santé et des déplacements de masse</strong></li>



<li><strong>Le personnel médical fait état d’une hausse exponentielle des pathologies maternelles et néonatales</strong></li>



<li><strong>Les traitements pour les femmes atteintes de cancers ou d’autres maladies mettant leur vie en danger sont interrompus ou inaccessibles</strong></li>



<li><strong>Les fermetures répétées du point de passage de Rafah restreignent encore davantage l’acheminement déjà limité de l’aide humanitaire et les évacuations médicales</strong></li>
</ul>



<p>Au cours des 29 derniers mois, les conséquences dévastatrices et multiples du génocide perpétré par Israël ont poussé les femmes et les filles dans la bande de Gaza occupée au bord du précipice, a déclaré Amnesty International le 10 mars 2026.</p>



<p>Alors qu’Israël impose délibérément des conditions de vie destinées à entraîner la destruction physique des Palestiniens et Palestiniennes à Gaza, les femmes palestiniennes subissent des conséquences aggravées et potentiellement mortelles, notamment des déplacements de masse, l’effondrement des soins de santé reproductive, maternelle et néonatale, des interruptions des traitements de maladies chroniques comme le cancer, une exposition accrue aux maladies et des conditions de vie dangereuses et indignes, ainsi que des préjudices physiques et psychologiques.</p>



<p>Ces préjudices sont exacerbés par les restrictions qu’Israël continue d’imposer à l’acheminement vers Gaza de produits indispensables à la survie de la population civile, notamment une nourriture suffisante, des médicaments, du matériel médical et des dispositifs d’assistance, des matériaux pour les abris et des équipements nécessaires à l’assainissement de l’eau et à l’évacuation des décombres, des munitions non explosées et des déchets. Israël maintient ces restrictions alors que les retards des évacuations médicales mettent des vies en danger et que des organisations humanitaires internationales fournissant des services essentiels à des femmes et des filles ont vu leur agrément suspendu.</p>



<p>Des femmes ont été contraintes d’accoucher sans soins médicaux adaptés, de passer leur grossesse et leur convalescence post-partum dans un contexte de déplacement dans des sites surpeuplés et insalubres, et d’affronter la faim, la maladie et le traumatisme dans un contexte d’intimité et de protection limitées et de restriction de l’accès à des services essentiels, souvent tout en s’occupant d’autres personnes.</p>



<p>« Alors que les tensions au Moyen-Orient s’intensifient gravement au lendemain des attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, nous ne devons pas oublier le génocide qui se poursuit à Gaza et le lourd tribut que paient les femmes et les filles. Pour les femmes enceintes et allaitantes, pour les mères de nourrissons et de jeunes enfants, pour les femmes souffrant de maladies chroniques, en situation de handicap ou se remettant de blessures irrémédiables, pour les veuves et les nombreuses femmes ayant perdu des proches, pour les femmes ayant été déplacées à plusieurs reprises, pour les femmes en période de règles, pour les femmes ayant perdu leur emploi et leur accès à l’éducation, la vie est devenue une lutte quotidienne pour survivre face à des catastrophes en cascade incessantes », a déclaré la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard.</p>



<p>« Les femmes à Gaza sont privées des conditions nécessaires pour vivre et donner la vie en toute sécurité. Cette érosion systématique de leurs droits à la santé, à la sécurité, à la dignité et à un avenir n’est pas une simple conséquence malencontreuse de la guerre : c’est un acte de guerre délibéré visant les femmes et les filles. C’est également la conséquence prévisible de l’imposition par Israël de politiques et pratiques délibérées de déplacements de masse à répétition, de restrictions intentionnelles de l’accès à des biens de première nécessité et de l’aide humanitaire, et de deux années de bombardements incessants qui ont dévasté le système de santé de Gaza et décimé des familles entières. »</p>



<p>Dans son rapport de mars 2025, la Commission chargée d’enquêter dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et en Israël concluait que les autorités israéliennes avaient systématiquement et délibérément détruit le système de santé sexuelle et reproductive à Gaza, ce qui s’apparente à deux types d’actes interdits par la Convention sur le génocide : l’imposition de conditions de vie destinées à entraîner la destruction physique des Palestiniens et Palestiniennes et l’imposition de mesures destinées à empêcher les naissances.</p>



<p>Entre le 5 et le 24 février 2026, Amnesty International s’est entretenue avec 41 femmes, toutes déplacées à l’intérieur du pays, dont huit femmes atteintes de cancers, quatre femmes enceintes et 14 femmes ayant accouché après le « cessez-le-feu ». L’organisation s’est également entretenue avec 26 professionnel·le·s de la santé de six établissements médicaux des municipalités de Gaza et Deir al Balah, ainsi qu’avec quatre membres du personnel d’organisations internationales.</p>



<p>La catastrophe dans la bande de Gaza a des conséquences multiples et est exacerbée par les cataclysmes incessants : les déplacements continus et les frappes aériennes constantes, le système de santé détruit et manquant de ressources et l’effondrement total de l’économie. Le ministère de la Santé de Gaza fait état de 630 mort·e·s palestiniens, dont 202 enfants, 89 femmes et 339 hommes, entre la signature du « cessez-le-feu » en octobre 2025 et fin février 2026, qui s’ajoutent aux plus de 72 000 personnes tuées depuis le 7 octobre 2023. Bien que la menace imminente de famine se soit éloignée, la faim reste critique et la malnutrition persiste, ce qui a des conséquences désastreuses à long terme. Les habitations ayant été pour la plupart détruites ou gravement endommagées, et compte tenu du fait que 60 % de la bande de Gaza se trouve à l&rsquo;est de la « ligne jaune », zone physiquement contrôlée par les autorités israéliennes et des milices locales soutenues par Israël, la majeure partie de la population palestinienne de Gaza reste déplacée et n’a plus accès aux zones agricoles de production alimentaire.</p>



<p>Le 27 février, la Cour suprême israélienne a temporairement suspendu la mise en œuvre d’une décision du gouvernement d’interrompre les activités de 37 organisations internationales d’aide humanitaire travaillant dans le territoire palestinien occupé et dont la licence n’a pas été renouvelée. Cependant, les restrictions et l’incertitude quant à l’acheminement de l’aide humanitaire persistent, ce qui a des conséquences dévastatrices pour la population palestinienne, particulièrement les femmes palestiniennes, à Gaza.</p>



<p>Le 28 février, après avoir lancé son attaque conjointe avec les États-Unis contre l’Iran, Israël a fermé les trois points de passage permettant d’accéder à la bande de Gaza. La fermeture a interrompu l’acheminement déjà limité d’aide humanitaire et de produits commerciaux, ainsi que les évacuations médicales hors de la bande de Gaza. Le 3 mars, Israël a rouvert le point de passage de Kerem Shalom/Karem Abu Salem, autorisant « l’entrée progressive d’aide humanitaire ». Le point de passage de Rafah, entre Gaza et l’Égypte, qui n’avait été que partiellement rouvert début février, reste fermé. Cela intervient alors que les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza, comme le pilonnage, les démolitions militarisées et les frappes aériennes, se sont poursuivies depuis l’accord de cessez-le-feu, infligeant de nouvelles souffrances humaines et endommageant davantage les infrastructures civiles.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Effondrement des services de santé maternelle et néonatale</h4>



<p>Tout au long du génocide, l’accès des femmes aux soins de santé sexuelle et reproductive a été gravement entravé du fait des bombardements, des déplacements, de la destruction des services de santé reproductive et maternelle et des restrictions de l’acheminement de colis vitaux d’aide humanitaire et de produits d’hygiène imposés par Israël, dans un contexte de destruction des systèmes d’eau et d’assainissement de Gaza.</p>



<p>D’après l’OMS et le Groupe sectoriel pour la santé, près de 60 % de tous les points de service de santé sont hors d’usage, ce qui impose une pression considérable aux rares qui restent fonctionnels et à ceux, encore plus rares, qui fournissent des soins obstétricaux d’urgence.</p>



<p>Même après le « cessez-le-feu » et l’amélioration des flux d’aide, environ 46 % des médicaments essentiels sont en rupture de stock, notamment des médicaments pour le déclenchement/la gestion des contractions, le travail et les hémorragies du post-partum, l’anesthésie et la gestion de la douleur, les infections et les problèmes respiratoires, d’après les dernières informations du ministère de la Santé. Depuis le « cessez-le-feu », le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) et ses partenaires ont livré des quantités considérables de médicaments et de fournitures pour la santé maternelle et reproductive. Cependant, les besoins restent immenses et ne sont que partiellement satisfaits. D’après les dernières projections du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire, 37 000 femmes enceintes et allaitantes souffriront par ailleurs de malnutrition aiguë et auront besoin de traitements avant mi-octobre 2026.</p>



<p>Les professionnel·le·s de la santé avec qui Amnesty International s’est entretenue ont déclaré que même après le « cessez-le-feu », les femmes qui ont accouché ont été confrontées à de graves pénuries de nourriture, de médicaments et de compléments nutritionnels pendant une grande partie de leur grossesse et de leur convalescence post-partum. Ils ont déclaré que la plupart des femmes qui venaient accoucher dans des hôpitaux souffraient d’anémie due à la malnutrition et de maladies transmises par l’eau, de vaginites et d’autres infections dues aux eaux polluées et à d’autres situations insalubres. Ils ne peuvent souvent pas mener les dépistages nécessaires pour les femmes en raison du manque d’équipements et ont parfois dû utiliser des médicaments anesthésiques périmés.</p>



<p>D’après des professionnel·le·s de la santé avec qui l’organisation s’est entretenue, le génocide perpétré par Israël a provoqué une augmentation exponentielle des problèmes de santé maternelle et néonatale au cours des 29 derniers mois. Parmi ces problèmes de santé figurent les accouchements prématurés, le faible poids à la naissance, la perte de poids et la malnutrition de femmes enceintes et allaitantes, le stress prénatal et la dépression post-partum, les problèmes respiratoires pendant la grossesse liés à l’exposition au froid et à une pollution accrue, les problèmes respiratoires chez les nouveau-nés liés, entre autres, à des accouchements avant terme, à un développement pulmonaire insuffisant, à des problèmes de santé de la mère pendant la grossesse et aux mauvaises conditions de vie après la naissance, particulièrement pendant les périodes de froid.</p>



<p>Nasser Bulbol, médecin spécialiste de néonatologie du service obstétrique d’al Helou, a déclaré que le nombre de grossesses à haut risque prises en charge par le service avait considérablement augmenté, car les systèmes immunitaires des mères ont été mis à mal par la malnutrition : « Les conditions de déplacement ont causé des maladies infectieuses et la plupart des femmes qui viennent ici sont en situation de stress, de traumatisme et d’incertitude, car elles ont été déplacées à plusieurs reprises, ont perdu des proches et ne parviennent pas à se procurer des aliments adaptés à leurs besoins nutritionnels. »</p>



<p>L’hôpital dispose de 12 couveuses, dont six destinées aux soins intensifs néonatals, mais aucune n’est équipée des moniteurs cardiorespiratoires nécessaires.</p>



<p>Partout à Gaza, les unités de soins néonatals sont confrontées à des difficultés similaires. Le responsable des soins infirmiers du service de soins intensifs et néonatologie de l’hôpital Shuhada Al Aqsa, à Deir al Balah, qui dispose de 24 couveuses en état de fonctionnement, a notamment déclaré à Amnesty qu’ils avaient dû réutiliser des fournitures médicales à usage unique, notamment des tubes ondulés pour les ventilateurs mécaniques.</p>



<p>D’après le FNUAP, dans l’ensemble de la bande de Gaza, les unités néonatales fonctionnent à 150-170 % de leurs capacités, avec des couveuses parfois partagées par trois nouveau-nés.</p>



<p>L’obstruction et la possible suspension des activités d’organisations humanitaires internationales auront des conséquences dévastatrices pour les soins de santé reproductive et néonatale. Médecins Sans Frontières, l’une des organisations humanitaires concernées, a par exemple fourni aux services de maternité et de néonatologie en milieu hospitalier un soutien et des services essentiels en matière de soins prénataux et post-partum ambulatoires dont ont bénéficié des dizaines de milliers de femmes et de nourrissons depuis le début du génocide, ainsi qu’une aide nutritionnelle à de nombreuses femmes souffrant de malnutrition, et des traitements et un soutien à des victimes de violences liées au genre. Medical Aid for Palestinians fournit des soins néonatals, des soins néonatals intensifs, des soins de santé reproductive et obstétriques et des soins de suivi dans deux hôpitaux de la ville de Gaza (al Sahaba et Patient Friends Benevolent Society) et à l’hôpital al Nasser, à Khan Younès. L’organisation offre également un service de soutien psychologique et d’aide aux victimes de violences fondées sur le genre. Il sera très difficile pour le système de santé déjà anéanti de prendre en charge les services essentiels fournis par des organisations humanitaires, ce qui aura des conséquences pour des dizaines de milliers de femmes qui risquent d’en souffrir et de voir la continuité et la qualité des soins qu’elles reçoivent se dégrader encore davantage.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Les rêves de maternité sûre et digne anéantis</h4>



<p>Amnesty International s’est entretenue avec des femmes enceintes et allaitantes vivant dans des sites pour personnes déplacées dans la ville de Gaza, à al Mawasi, dans la ville de Deir al Balah et dans le camp de Nuseirat. Si l’accès à la nourriture et aux produits d’hygiène personnelle, comme les serviettes hygiéniques, le shampoing et le savon, s’est amélioré dans une certaine mesure depuis janvier 2026, certaines femmes n’ont toujours pas les moyens de se procurer ces produits. Leur accès à de l’eau potable ou à l’eau courante est également très limité.</p>



<p>La plupart des jeunes mères avec lesquelles Amnesty International s’est entretenue ont déclaré qu’elles avaient activement cherché à obtenir des compléments nutritionnels pendant la grossesse, mais avaient eu du mal à se les procurer. Nombre d’entre elles avaient perdu beaucoup de poids, certaines ayant reçu un diagnostic de malnutrition et/ou d’anémie.</p>



<p>Hind*, 22 ans, qui vivait dans le camp pour personnes réfugiées de Jabalia, aujourd’hui presque entièrement détruit, et se trouve actuellement déplacée à al Mawasi, a donné naissance à un garçon le 19 janvier 2026. Elle a déclaré à l’organisation : « J’ai perdu beaucoup de poids. Je pesais seulement 43 kilos et à l’hôpital de campagne où j’ai accouché, ils m’ont dit que je souffrais de malnutrition. Mon bébé est né avec une double infection pulmonaire, il a passé plusieurs jours dans l’unité de soins intensifs et va maintenant un peu mieux, mais il ne peut toujours pas respirer correctement tout seul et est dans une couveuse. J’ai peur qu’il tombe encore plus malade parce que je vis dans une tente près de la mer et il a fait très froid et il n’y a pas de moyen de le garder au chaud. J’ai aussi un bébé de 18 mois qui a également été malade à cause du froid. »</p>



<p>Mariam*, une femme de 22 ans également déplacée à Deir al Balah, est une jeune mère en insuffisance pondérale souffrant de malnutrition et d’anémie, qui a accouché de son premier fils prématuré en décembre 2025. Elle ne produit pas suffisamment de lait pour allaiter et lutte maintenant pour pouvoir acheter du lait maternisé et garder son bébé au chaud dans une tente sans chauffage.</p>



<p>Toutes les femmes enceintes avec qui Amnesty International s’est entretenue ont déclaré qu’elles n’avaient reçu des soins prénataux que de manière sporadique et nombre d’entre elles n’avaient pas été en mesure de se protéger et de protéger leur nouveau-né du froid exceptionnellement rude et des pluies torrentielles de ces derniers mois d’hiver. La plupart des femmes ont également déclaré que, pendant leur grossesse, elles avaient été exposées à des niveaux élevés de pollution, et particulièrement à une fumée très polluante provenant de l’incinération de plastique et d’autres matériaux, car elles ne disposaient pas d’autres combustibles pour cuisiner ou faire chauffer de l’eau pour se laver. Pendant les derniers mois de leur grossesse et après leur accouchement, elles ont eu des difficultés à supporter les toilettes de fortune surpeuplées et insalubres des camps de personnes déplacées où elles s’abritent.</p>



<p>Une infirmière diplômée de 24 ans enceinte de huit mois a déclaré à Amnesty International que, bien qu’étant anémiée, elle n’avait pas pu obtenir l’infusion de fer dont elle avait besoin ou se procurer des aliments riches en fer ou d’autres vitamines pendant sa grossesse. Elle a déclaré que, mi-2024, elle avait perdu son bébé, mort d’une infection car il n’avait pas obtenu de traitement médical adapté, et que son mari avait été tué dans une attaque près de leur domicile juste avant qu’elle n’apprenne sa grossesse actuelle. Elle a décrit la souffrance de vivre sa grossesse dans une tente, d’être constamment malade à cause du froid et de lutter pour accéder aux toilettes. Elle craint de ne pas pouvoir protéger le bébé des virus dans sa tente pleine de sable et d’insectes et de ne pas avoir les moyens d’acheter des couches, des vêtements pour bébé et des serviettes hygiéniques pour elle-même après l’accouchement.</p>



<p>Maysoun Abu Bureik, une sage-femme expérimentée de l’hôpital al Awda, a également évoqué les conséquences psychologiques pour les jeunes mères :</p>



<p>« Le pire, c’est quand on doit aider une mère qui a perdu son mari ou sa famille. Rien que l’on puisse dire ou faire ne peut l’aider. Elle doit gérer son foyer, elle doit assurer le soutien émotionnel de son bébé alors qu’elle en a elle-même désespérément besoin, et elle n’a généralement pas de logement auquel retourner. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Interruptions des traitements contre le cancer et des évacuations médicales</h4>



<p>Les autorités israéliennes continuent de contrôler et de sévèrement entraver le processus d’évacuation médicale alors même que plus de 18 500 Palestiniens et Palestiniennes à Gaza ont besoin de traitements urgents qui n’y sont pas disponibles, en raison principalement de la destruction du système de santé par Israël. Les évacuations médicales vers la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, sont presque complètement interdites depuis le 7 octobre 2023.</p>



<p>Depuis la réouverture partielle du point de passage de Rafah le 2 février 2026, l’ONU et des partenaires avaient contribué à l’évacuation médicale de 289 Palestiniens et Palestiniennes, accompagnés de leur famille, par les points de passage de Rafah et de Kerem Shalom. Si une masse de facteurs bureaucratiques et procéduraux peuvent ralentir le processus d’évacuation médicale, les sévères restrictions et délais imposés par les autorités israéliennes en restent des causes majeures, notamment le processus d’approbation arbitraire, vague et long, qui a entraîné des morts évitables et causé des souffrances énormes. Ce processus est complètement arrêté depuis le début de l’offensive conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.</p>



<p>Les femmes atteintes de cancers sont parmi les plus gravement affectées par l’obstruction des évacuations médicales. Les huit femmes atteintes de cancers avec qui Amnesty International s’est entretenue ont déclaré que leur traitement avait été affecté par des pénuries de fournitures médicales, notamment de médicaments de chimiothérapie. Pendant les périodes de bombardements intenses, les hôpitaux ont par ailleurs dû traiter en priorité les lésions traumatiques urgentes.</p>



<p>Une infirmière a déclaré à Amnesty International : « Aucun hôpital de Gaza n’offre actuellement de radiothérapie. Nous subissons également de graves pénuries d’équipement de diagnostic. Il n’y a pas une seule machine d’IRM en état de marche sur le territoire de Gaza. En l’absence de diagnostic initial, nous sommes par ailleurs contraints de continuer de deviner, ce qui met en danger la vie des patients et réduit l’efficacité de nos traitements. »</p>



<p>Dans son analyse de la réponse humanitaire, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a confirmé que certains des équipements de laboratoire et produits nécessaires aux diagnostics et à l’imagerie avaient été considérés comme des biens « à double usage » et interdits par les autorités israéliennes.</p>



<p>Une personne travaillant pour l’une des 37 organisations internationales d’aide humanitaire ayant été radiées a déclaré à Amnesty International fin février 2026 que plus de 1 000 patient·e·s souffrant de maladies non contagieuses, comme des cancers, n’avaient pas pu être traités, car l’organisation n’avait pas été autorisée à faire entrer de fournitures médicales à Gaza depuis le début de l’année.</p>



<p>Iman*, une femme recevant un traitement contre le cancer à l’hôpital al Helou, dans la ville de Gaza, a déclaré que ses séances de chimiothérapie avaient été repoussées à deux reprises, car les médicaments nécessaires n’étaient pas disponibles : « Lorsque j’ai la chance de recevoir la chimiothérapie, je dors ici un ou deux jours pour me rétablir, mais après, je dois retourner dans ma tente, où je dois boire de l’eau qui n’est pas propre, me laver avec de l’eau qui n’est pas propre, mais surtout, où je ne peux ni dormir ni me reposer. J’ai appris l’année dernière que je souffrais d’un cancer du sein et depuis, j’ai été déplacée à quatre reprises. Je pouvais à peine bouger, mais je devais aussi porter mes enfants. Le déplacement associé à la maladie vous tue. Je suis inscrite sur la liste des personnes attendant une évacuation médicale, donc j’attends. »</p>



<p>Nisrine, 49 ans, mère de sept enfants souffrant d’une tumeur du lobe frontal, a expliqué à Amnesty International qu’en plus d’avoir reçu un diagnostic de cancer, elle avait perdu sa mère et ses frères, tués par une frappe aérienne israélienne, et que son logement à Shuja&rsquo;iya avait été détruit : « J’ai sombré dans une grave dépression. Les déplacements constants vous vident de toute vie, cela vous épuise. Le plus difficile est de recommencer à zéro à chaque fois. Pour nous, c’est encore pire, car nous sommes déjà physiquement vidés. »</p>



<p>Hani Ayyash, ancien directeur du service de consultations externes de l’Hôpital de l’amitié turco-palestinienne, dans la ville de Gaza, qui était le seul établissement de toute la bande de Gaza spécialisé dans le traitement du cancer, a été obligé de quitter son hôpital en octobre 2023 après des bombardements intenses. L’armée israélienne a ensuite utilisé cet hôpital comme base militaire et a fait exploser une partie de ses infrastructures en mars 2025.</p>



<p>« Perdre l’Hôpital de l’amitié turco-palestinienne a été très dur pour nous, car c’était de loin le centre de traitement du cancer le plus avancé de Gaza. Nous n’avons par ailleurs pu récupérer aucun des équipements de l’hôpital », a déclaré Hani Ayyash.</p>



<p>Les autorités israéliennes doivent lever les restrictions illégales et arbitraires qu’elles imposent à l’aide humanitaire, notamment aux médicaments et aux équipements médicaux, aux biens et aux services de première nécessité, et cesser leur obstruction des évacuations médicales. Elles doivent veiller à ce qu’une voie d’évacuation efficace et fiable vers d’autres parties du territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et vers Israël soit en place. Le gouvernement israélien doit en outre lever les restrictions des évacuations médicales hors du TPO, le cas échéant, et garantir la possibilité pour les personnes évacuées de revenir après avoir terminé leur traitement si elles le souhaitent. Il doit également autoriser l’entrée immédiate de fournitures et équipements d’imagerie diagnostique et de laboratoire, particulièrement ceux nécessaires pour le dépistage précoce de cancers et d’autres maladies.</p>



<p>« Les femmes à Gaza maintiennent les familles et communautés à flot dans des conditions conçues pour les détruire. Elles sont les enseignantes fournissant une éducation aux enfants dans des tentes, les médecins et les infirmières travaillant dans des hôpitaux de campagne sans être payées, et les garde-malades luttant sans relâche pour garder espoir dans ce contexte de génocide. Leur courage impose un immense respect et est une source d’inspiration pour toute l’humanité », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Cette catastrophe d’origine humaine, que nous avons toutes et tous vue se dérouler sur nos écrans, a causé des souffrances énormes. Notre action et notre soutien n’ont que trop tardé ! Nous devons afficher une solidarité sans faille avec les femmes et les filles palestiniennes à Gaza et appeler de nouveau les États à prendre des mesures concrètes pour mettre fin au génocide perpétré par Israël et à l’occupation illégale imposée par le pays, notamment en veillant à ce que les femmes et les filles puissent bénéficier de leurs droits fondamentaux et en assurant un avenir dans lequel tous les Palestiniens et Palestiniennes peuvent vivre dans la dignité. »</p>



<p>Les États doivent prendre des mesures pratiques pour exercer une pression diplomatique et économique afin de pousser Israël à mettre un terme à ses attaques, à lever entièrement son blocus illégal et à autoriser les organisations humanitaires à mener leurs activités librement et en toute sécurité. Ils doivent assurer l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive essentiels et renforcer le soutien et les financements accordés aux services de protection des droits économiques et sociaux des femmes et aux organisations dirigées par des femmes à Gaza.<br></p>



<p class="has-text-align-right"><em>*Les noms de certaines des femmes ont été remplacés par des pseudonymes à leur demande</em></p>




<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/israel-et-territoire-palestinien-occupe-le-genocide-perpetre-par-israel-a-gaza-inflige-des-prejudices-exacerbes-aux-femmes-et-aux-filles/">Israël et territoire palestinien occupé. Le génocide perpétré par Israël à Gaza inflige des préjudices exacerbés aux femmes et aux filles.</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Appel urgent à protéger les civil·e·s et à respecter le droit international face à l’escalade du conflit régional faisant suite aux attaques des États-Unis et d’Israël contre l’Iran</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/appel-urgent-a-proteger-les-civil%c2%b7e%c2%b7s-et-a-respecter-le-droit-international-face-a-lescalade-du-conflit-regional-faisant-suite-aux-attaques-des-etats-unis-et-disrael-contre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Mar 2026 16:13:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=35860</guid>

					<description><![CDATA[<p>Appel urgent à protéger les civil·e·s et à respecter le droit international face à l’escalade du conflit régional faisant suite aux attaques des États-Unis et d’Israël contre l’Iran Face à la propagation rapide des hostilités régionales au Moyen-Orient faisant suite aux attaques menées conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran et à la vague [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/appel-urgent-a-proteger-les-civil%c2%b7e%c2%b7s-et-a-respecter-le-droit-international-face-a-lescalade-du-conflit-regional-faisant-suite-aux-attaques-des-etats-unis-et-disrael-contre/">Appel urgent à protéger les civil·e·s et à respecter le droit international face à l’escalade du conflit régional faisant suite aux attaques des États-Unis et d’Israël contre l’Iran</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div style="height:40px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading">Appel urgent à protéger les civil·e·s et à respecter le droit international face à l’escalade du conflit régional faisant suite aux attaques des États-Unis et d’Israël contre l’Iran</h3>



<p>Face à la propagation rapide des hostilités régionales au Moyen-Orient faisant suite aux attaques menées conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran et à la vague de représailles iraniennes dans la région, Amnesty International lance un appel urgent à toutes les parties pour qu’elles protègent les civil·e·s et respectent le droit international humanitaire, en particulier en cessant leurs attaques illégales, notamment les attaques délibérées, aveugles ou disproportionnées contre les populations et les infrastructures civiles.</p>



<p>Les opérations militaires se sont propagées à travers la région et concernent maintenant plus de 10 pays. Elles ont déjà fait de nombreuses victimes civiles et détruit des biens de caractère civil. Israël a renforcé ses attaques contre le Liban ces dernières 24 heures en réponse aux attaques du Hezbollah. Les États-Unis ont déclaré que « les frappes les plus dures rest[ai]ent à venir ». L’Iran a prévenu que toute la région allait connaître une intensification du conflit et une hausse de l’insécurité à la suite de l’assassinat du Guide suprême et commandant en chef iranien, Ali Khamenei.</p>



<p>« Les civil·e·s ne doivent pas payer le prix des actes illégaux et irresponsables commis par les parties au conflit, qui réduisent à néant les principes d’humanité et de distinction figurant au cœur du droit international humanitaire et menacent les fondements mêmes de la paix et de la sécurité internationales. Les enjeux n’ont jamais été aussi forts. Les populations civiles de la région ont déjà enduré des cycles successifs de conflits et de violations massives, ainsi que des crimes de droit international. Leur protection doit maintenant être la première des priorités. Or, elles sont au contraire confrontées à encore plus de violence mortelle et de répression gratuites », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« Les parties au conflit doivent immédiatement cesser de commettre des attaques illégales, qu’il s’agisse d’attaques directes contre des civil·e·s, d’attaques aveugles ou d’attaques menées de façon disproportionnée, ou encore de l’utilisation d’armes explosives à large rayon d’impact dans des zones densément peuplées. Elles doivent prendre toutes les précautions possibles pour éviter les dommages civils.</p>



<p>« Face à la menace croissante d’un conflit international de longue durée, le respect du droit international humanitaire et relatif aux droits humains est plus urgent que jamais. Le non-respect de ces obligations ne fera qu’aggraver le bilan humain déjà très lourd et entraîner la région vers une nouvelle catastrophe sur le plan humanitaire et relatif aux droits humains. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Attaques contre l’Iran et riposte iranienne</h4>



<p>La Société du Croissant-Rouge iranien a indiqué le 3 mars 2026 que 787 personnes avaient été tuées en Iran depuis le début des attaques. Le 28 février, selon les autorités iraniennes, 165 personnes, dont environ 150 écolières, ont été tuées par une frappe qui a touché une école de la ville de Minab, dans le sud du pays (province du Hormozgan). L’UNESCO a qualifié le bombardement de cette école de « grave violation du droit humanitaire » et a alerté sur le fait que les attaques contre des établissements scolaires mettaient en danger les élèves et les enseignant·e·s et nuisaient aux protections garanties par le droit international humanitaire. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a réclamé une enquête rapide, impartiale et approfondie sur cette « horrible » tragédie.</p>



<p>Amnesty International a vérifié six vidéos enregistrées à la suite de cette frappe contre une école. Celles-ci montrent une fumée noire qui s’élève au-dessus du bâtiment partiellement effondré et des sauveteurs équipés de pelleteuses recherchant des victimes dans les ruines. Les images filmées depuis l’entrée de l’école montrent les murs d’enceinte entourant la cour et le bâtiment, tandis que de la fumée est visible en arrière-plan, dans la direction d’un complexe des gardiens de la révolution situé à proximité.</p>



<p>Selon le responsable du Conseil médical d’Iran, 10 établissements de santé ont été endommagés par les attaques israéliennes et états-uniennes. Les hôpitaux iraniens avaient déjà été la cible d’opérations militaires des forces de sécurité iraniennes, qui ont commis des violations généralisées des droits humains contre des manifestant·e·s blessés et du personnel médical pendant et après les massacres perpétrés en réponse aux manifestations de janvier 2026.</p>



<p>Les autorités iraniennes ont de nouveau coupé l’accès à Internet le 28 février, empêchant des millions de personnes d’obtenir des informations essentielles sur les hostilités armées et de communiquer avec leurs proches dans le pays et à l’étranger, et interrompant le flux d’informations sur les violations du droit international humanitaire et relatif aux droits humains.</p>



<p>Le conflit armé a accru les inquiétudes quant au sort et à la sécurité des prisonniers et prisonnières en Iran, dont les milliers de manifestant·e·s et de dissident·e·s arrêtés en lien avec le soulèvement de janvier 2026. En effet, des défenseur·e·s des droits humains ont fait état d’explosions à proximité de prisons et d’autres lieux où des personnes sont détenues, comme lors de la guerre des 12 jours quand Israël avait frappé la prison d’Evin, à Téhéran.</p>



<p>Ces défenseur·e·s s’inquiètent également du fait que les autorités iraniennes prennent souvent les conflits armés comme prétexte pour soumettre les opposant·e·s à encore plus de torture et d’autres mauvais traitements, ainsi qu’à des exécutions sommaires, arbitraires ou extrajudiciaires. Amnesty International appelle les autorités iraniennes à libérer immédiatement toutes les personnes détenues arbitrairement et à prendre des mesures efficaces pour garantir la sécurité de tous les autres prisonniers·ères, notamment en procédant à des remises en liberté provisoire à titre humanitaire. Les inquiétudes pour les droits de la population iranienne sont d’autant plus fortes qu’il est largement établi que les autorités iraniennes ont commis par le passé, à maintes reprises, des crimes de droit international et d’autres graves violations des droits humains, notamment durant des vagues successives de répression mortelle de la dissidence. Les 8 et 9 janvier, elles ont perpétré un massacre sans précédent, tuant des milliers de manifestant·e·s et de passant·e·s pendant des manifestations contre le régime qui appelaient à la fin de la République islamique.</p>



<p>Les autorités iraniennes ont riposté aux attaques états-uniennes et israéliennes par des tirs de missiles et des attaques de drones contre Israël et dans toute la région du Golfe, notamment aux Émirats arabes unis, au Qatar, à Bahreïn, au Koweït, à Oman et en Arabie saoudite.</p>



<p>Selon des médias et des déclarations gouvernementales officielles, certaines de ces attaques ont provoqué des morts, des blessés et des dommages aux infrastructures civiles, dus entre autres à des chutes de débris de missiles ou de drones interceptés. D’après les autorités d’Abou Dhabi, un drone iranien qui visait l’aéroport international Zayed a été intercepté et, en tombant, ses débris ont tué une personne et en ont blessé sept autres. Le 2 mars, les autorités du Qatar et celles d’Arabie saoudite ont affirmé que leurs infrastructures pétrolières avaient été visées par l’Iran, et une déclaration du Conseil de coopération du Golfe a condamné « les attaques aveugles et irresponsables de missiles et de drones ».</p>



<p>En Israël, selon les médias et les services de secours, les attaques iraniennes ont fait au moins 10 morts et plusieurs dizaines de blessés. Parmi ces victimes, neuf ont été tuées et plus de 20 autres blessées par une frappe de missile balistique iranienne à Beit Shemesh, et une femme a été mortellement touchée par la chute d’un éclat d’obus dans la région de Tel-Aviv. Les frappes iraniennes ont aussi endommagé au moins 40 bâtiments à Tel-Aviv, d’après les autorités locales.</p>



<p>Israël a encore durci les sévères restrictions de la liberté de mouvement dans le Territoire palestinien occupé (TPO), bloquant de facto tout déplacement entre les villages et villes de la Cisjordanie occupée, dont Jérusalem-Est. Les autorités ont aussi fermé tous les points de passage extérieurs permettant d’entrer dans le TPO ou d’en sortir, notamment ceux de Kerem Shalom/Karem Abu Salem et de Rafah, empêchant l’acheminement d’une aide vitale et plaçant de fait toute la Bande de Gaza en état de siège. Le point de passage de Kerem Shalom/Karem Abu Salem a été rouvert le 3 mars.</p>



<p>Ces mesures arbitraires exacerbent gravement les souffrances des Palestinien·ne·s qui vivent sous l’occupation illégale et l’apartheid imposés par Israël, et ne font qu’aggraver encore davantage la crise humanitaire multidimensionnelle à Gaza, où la population palestinienne subit toujours le génocide israélien en cours.</p>



<p>En Irak, une faction (Saraya Awliya Al Dam) de la coalition de milices pro-iraniennes autoproclamée Résistance islamique a revendiqué plusieurs attaques de drones contre Erbil, dans la région du Kurdistan irakien, puis contre la capitale, Bagdad. Ces frappes visaient principalement des installations militaires états-uniennes. Des groupes d’opposition kurdes d’Iran ont par ailleurs indiqué que leurs positions au Kurdistan irakien avaient été visées par des drones à la suite d’avertissements émis par le Corps des gardiens de la révolution islamique.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Escalade entre le Hezbollah et Israël au Liban</h4>



<p>Après des tirs de roquette menés dans le nord d’Israël par le Hezbollah, selon lui en représailles de la mort d’Ali Khamenei, l’armée israélienne a fortement intensifié ses attaques au Liban, y compris dans la banlieue de Beyrouth, dans la nuit du 2 mars. Au 3 mars, les frappes aériennes israéliennes avaient fait au moins 40 morts et 246 blessés, d’après les autorités libanaises. Avant la récente escalade et depuis l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024, Israël procédait presque quotidiennement à des attaques dans le sud du Liban. Celles-ci ont tué plus de 380 personnes, dont 127 civil·e·s.</p>



<p>Un nouvel ordre d’« évacuation » massive émis par les autorités israéliennes le 2 mars après minuit a de nouveau déplacé des centaines de milliers de civil·e·s au Liban. L’avertissement, vague et excessivement large, concernait plus de 50 villages du sud et de l’est du pays et a créé un mouvement de panique et des embouteillages monstres, tandis que de nombreux habitant·e·s étaient confrontés à un énième déplacement. D’autres avis d’évacuation de grande ampleur ont été émis le matin du 3 mars. Ils ont élargi la zone menacée en ordonnant aux habitant·e·s de dizaines de villages supplémentaires du sud du Liban de partir de chez eux.</p>



<p>Le 2 mars, l’armée israélienne a annoncé qu’elle allait frapper des institutions financières affiliées au Hezbollah à divers endroits du Liban, ce qu’elle a fait. Israël avait déjà pris pour cible des succursales d’une institution financière affiliée au Hezbollah en octobre 2024. Amnesty International avait alors qualifié ces attaques de possibles violations du droit international humanitaire, demandant l’ouverture d’une enquête pour crimes de guerre.</p>



<p>Le droit international humanitaire interdit strictement les attaques directes contre la population civile et des biens de caractère civil, les frappes aveugles qui n’opèrent pas de distinction entre les personnes et biens civils et les combattants et objectifs militaires, ainsi que les attaques menées de façon disproportionnée. Les frappes aériennes touchant des écoles, des établissements médicaux ou des bâtiments résidentiels, ainsi que les tirs de missiles balistiques et d’autres armes explosives à large rayon d’impact dans des zones densément peuplées, sont source de graves préoccupations car elles peuvent donner lieu à des violations du droit international humanitaire.</p>



<p>Amnesty International suit attentivement la situation et appelle toutes les parties à respecter le droit international humanitaire. Chaque fois que des civil·e·s sont tués ou blessés ou des infrastructures civiles endommagées, les parties doivent ouvrir immédiatement une enquête et demander des comptes à toute personne responsable de violations du droit international.</p>



<p>« L’escalade de la crise au Moyen-Orient constitue une grave menace pour le multilatéralisme et pour l’intégrité de l’ordre juridique international. Non seulement les actes illégaux commis par les parties au conflit, et en particulier par des États influents, mettent en danger les civil·e·s dans de nombreux pays, mais ils accélèrent aussi l’érosion des normes internationales, qui sont indispensables pour la protection des droits humains ainsi que pour la paix et la sécurité mondiales, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Il est impératif que l’ensemble des parties prennent de toute urgence des mesures pour protéger les populations et les infrastructures civiles, notamment les aéroports, les hôpitaux, les immeubles d’habitation, les établissements scolaires et les prisons. Elles doivent aussi garantir l’acheminement en toute sécurité et sans entraves de l’aide humanitaire dans toutes les zones touchées et permettre une surveillance internationale indépendante.</p>



<p>« Nous appelons la communauté internationale à intensifier ses efforts diplomatiques pour empêcher une nouvelle escalade militaire, éviter de nouvelles pertes civiles et faire cesser les crimes de droit international contre des populations qui ont déjà subi des décennies de répression. Conformément au droit international, les États doivent faire preuve de la plus grande modération, s’abstenir de tout comportement susceptible d’alimenter de nouvelles violations, et ne pas oublier qu’ils ont l’obligation claire de ne pas soutenir ou contribuer à des actes illégaux, ainsi que le devoir de coopérer pour faire cesser ces violations. »</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/appel-urgent-a-proteger-les-civil%c2%b7e%c2%b7s-et-a-respecter-le-droit-international-face-a-lescalade-du-conflit-regional-faisant-suite-aux-attaques-des-etats-unis-et-disrael-contre/">Appel urgent à protéger les civil·e·s et à respecter le droit international face à l’escalade du conflit régional faisant suite aux attaques des États-Unis et d’Israël contre l’Iran</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>Liban. Les victimes de crimes de guerre doivent obtenir justice, vérité et réparations</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/liban-les-victimes-de-crimes-de-guerre-doivent-obtenir-justice-verite-et-reparations/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 08:55:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Liban. Les victimes de crimes de guerre doivent obtenir justice, vérité et réparations Lettre ouverte au ministre de la Justice et au vice-Premier ministre du Liban Le gouvernement libanais doit prendre des mesures immédiates et concrètes afin de garantir l’accès à la justice, à la vérité et à des réparations pour les milliers de civil·e·s [&#8230;]</p>
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<div style="height:40px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading">Liban. Les victimes de crimes de guerre doivent obtenir justice, vérité et réparations</h3>



<h5 class="wp-block-heading"><em>Lettre ouverte au ministre de la Justice et au vice-Premier ministre du Liban</em></h5>



<p>Le gouvernement libanais doit prendre des mesures immédiates et concrètes afin de garantir l’accès à la justice, à la vérité et à des réparations pour les milliers de civil·e·s victimes d’atteintes aux droits humains commises dans le cadre du conflit armé avec Israël, ont déclaré le 25 février 2026 cinq organisations libanaises et internationales de défense des droits humains dans une lettre adressée au ministre de la Justice et au vice-Premier ministre du Liban, qui préside le Comité national pour le droit international humanitaire.</p>



<p>Ces cinq organisations sont Amnesty International, Human Rights Watch, Legal Agenda, le Syndicat des journalistes du Liban et Reporters sans frontières.</p>



<p>Un an après la date limite fixée pour le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban, les attaques israéliennes qui se poursuivent et la destruction massive des infrastructures empêchent des dizaines de milliers de personnes de rentrer chez elles ou de reconstruire leur vie. Depuis l&rsquo;entrée en vigueur de l&rsquo;accord de cessez-le-feu, Israël a mené des attaques quasi quotidiennes au Liban, tuant plus de 380 personnes, dont au moins 127 civil·e·s. L&rsquo;armée israélienne reste présente dans certaines zones du territoire libanais et poursuit la destruction massive des infrastructures civiles le long de la frontière, laissant des villages entiers aux prises avec le néant et la perte.</p>



<p>Le gouvernement libanais fait fi d’un ensemble concret de mesures judiciaires qu&rsquo;il aurait pu prendre au cours de l&rsquo;année écoulée, à savoir diligenter des enquêtes nationales et accepter la compétence de la Cour pénale internationale (CPI) sur les crimes internationaux commis au Liban. Il doit désormais agir de toute urgence.</p>



<p>Israël doit permettre le retour en toute sécurité des Libanais·e·s qui ont dû fuir leurs villages et accorder des réparations complètes, effectives et adéquates pour toutes les graves violations du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits humains imputables à son armée. Pour des milliers de familles, « l&rsquo;après-cessez-le-feu » n&rsquo;est pas synonyme de sécurité ni de stabilité, mais de déplacement prolongé, de moyens de subsistance dévastés et d&rsquo;angoisse liée à l&rsquo;incertitude, sans aucune perspective d’obligation de rendre des comptes ni d’octroi de réparations.</p>



<p>Les organisations engagent le gouvernement libanais à explorer tous les recours légaux disponibles, tant au niveau national qu&rsquo;international, en vue de garantir que les crimes relevant du droit international donnent lieu à des enquêtes et des poursuites. Il pourrait dès à présent prendre une mesure cruciale et déposer une déclaration auprès de la CPI reconnaissant sa compétence en vertu de l&rsquo;article 12(3) du traité de la Cour, le Statut de Rome, afin d’enquêter et d’engager des poursuites pour les crimes relevant du droit international commis sur le territoire libanais depuis au moins le 7 octobre 2023. Il doit aussi envisager de ratifier le Statut de Rome.</p>



<p>Le gouvernement doit soutenir la mise en place d&rsquo;enquêtes judiciaires nationales rapides, approfondies, indépendantes et impartiales sur les crimes de guerre commis sur le territoire libanais, ont déclaré les organisations. Cela implique de doter les enquêteurs judiciaires des pouvoirs, de la protection et des ressources nécessaires pour mener à bien leur travail de manière efficace et impartiale. Afin de fournir un cadre législatif à ces initiatives, il doit présenter d&rsquo;urgence au Parlement une loi érigeant en infractions les crimes de guerre et les actes constituant des crimes de droit international.</p>



<p>Le gouvernement libanais doit mettre en place un registre afin de consigner tous les homicides, blessures et autres dommages causés aux civils, et inviter le le rapporteur spécial des Nations unies sur la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition à se rendre au Liban, afin qu’il préconise des mesures permettant de défendre les droits des victimes et engage Israël, le Hezbollah et le gouvernement à les appliquer.</p>



<p>Le gouvernement libanais a l&rsquo;occasion de prendre des mesures historiques pour mettre un terme à l&rsquo;impunité bien ancrée qui a caractérisé les précédents conflits armés dans le pays. Ce qui lui offre la possibilité de commencer à jeter les bases permettant aux victimes et aux communautés touchées d’exercer pleinement leurs droits à la justice, à la vérité et à des réparations, et de reconstruire leur vie.</p>



<p>Les autres pays, en particulier les États-Unis, doivent suspendre immédiatement tous les transferts d&rsquo;armes et toute autre forme d&rsquo;aide militaire à Israël, en raison du risque élevé que ces armes soient utilisées pour commettre ou faciliter de graves violations du droit international.</p>



<p>Les forces israéliennes sont coutumières de la pratique qui consiste à commettre des violations graves du droit international humanitaire au Liban et ailleurs ; les pays tiers doivent donc redoubler d’efforts pour garantir l’obligation de rendre des comptes, notamment en exerçant leur compétence universelle ou d&rsquo;autres formes de compétence extraterritoriale afin d&rsquo;enquêter sur les violations constituant de graves crimes internationaux et, lorsque des preuves suffisantes existent, d&rsquo;engager des poursuites. Le gouvernement libanais se doit de coopérer pleinement à ces efforts.</p>


<section id="section-cfc740c8" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack" style=""><div class="container">

<h4 class="wp-block-heading">Contexte</h4>



<p>L&rsquo;accord de cessez-le-feu conclu entre le Liban et Israël est entré en vigueur en novembre 2024 et prévoyait le retrait de l&rsquo;armée israélienne du sud du Liban dans un délai de 60 jours. Cependant, le 18 février 2025, Israël a annoncé qu&rsquo;il maintiendrait une présence militaire et contrôlerait temporairement cinq « points stratégiques » dans le sud du Liban.</p>



<p>Le 27 février, le ministre de la Défense a indiqué que les forces israéliennes resteraient « indéfiniment » dans la zone tampon à la frontière libanaise. En août, le Premier ministre israélien a conditionné la « réduction progressive » des troupes au désarmement du Hezbollah.</p>



<p>Des organisations libanaises et internationales de défense des droits humains ont déjà fait état des conséquences dévastatrices des hostilités entre Israël et le Hezbollah sur la population civile, notamment l&rsquo;utilisation par l&rsquo;armée israélienne de phosphore blanc, les explosions de masse simultanées et aveugles par l’intermédiaire d’appareils électroniques, ainsi que les attaques contre des journalistes, des établissements de santé, des ambulances et des secouristes.</p>



<p>D&rsquo;autres informations ont fait état de frappes aériennes illégales contre des civil·e·s et des biens à caractère civil, de la destruction massive et continue de villages frontaliers au Liban, même après le cessez-le-feu, ainsi que de salves répétées de roquettes non guidées tirées par le Hezbollah sur des zones civiles densément peuplées en Israël.</p>

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		<title>Liban. L’effondrement meurtrier d’un immeuble à Tripoli appelle des mesures concrètes du gouvernement en termes de prévention et d&#8217;indemnisation</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/liban-leffondrement-meurtrier-dun-immeuble-a-tripoli-appelle-des-mesures-concretes-du-gouvernement-en-termes-de-prevention-et-dindemnisation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Feb 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après l&#8217;effondrement d&#8217;un immeuble résidentiel à Bab al Tabbaneh, à Tripoli, le 8 février, qui a fait 14 morts et huit blessés, le gouvernement doit prendre des mesures afin d’indemniser ceux qui ont perdu leur logement et de protéger ceux qui vivent encore dans des bâtiments dangereux, a déclaré Amnesty International le 10 février 2026. [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Après l&rsquo;effondrement d&rsquo;un immeuble résidentiel à Bab al Tabbaneh, à Tripoli, le 8 février, qui a fait 14 morts et huit blessés, le gouvernement doit prendre des mesures afin d’indemniser ceux qui ont perdu leur logement et de protéger ceux qui vivent encore dans des bâtiments dangereux, a déclaré Amnesty International le 10 février 2026. Cet immeuble est le dernier d&rsquo;une série d&rsquo;au moins quatre bâtiments qui se sont effondrés au cours des cinq premières semaines de l&rsquo;année 2026.</p>



<p>« Cet effondrement mortel d&rsquo;un immeuble à Tripoli est une tragédie qui aurait pu être évitée et qui résulte directement d&rsquo;années de mauvaise gestion de la part de l&rsquo;État, de la corruption endémique et de l&rsquo;absence de protection sociale efficace, lors même qu’une crise économique dévastatrice a accentué la pauvreté dans le pays, a déclaré Sahar Mandour, chercheuse sur le Liban à Amnesty International.</p>



<p>« Le gouvernement doit passer à l’action et mettre en œuvre ses promesses, à savoir protéger la vie et les droits au logement de ceux qui vivent dans des bâtiments dangereux : il doit notamment garantir le versement en temps voulu des allocations logement, rénover les logements endommagés et reloger ceux qui n’arrivent pas trouver un abri sûr, en lançant un processus de consultation les impliquant. Il doit instaurer et étendre ces mesures afin qu&rsquo;aucune autre vie ne soit mise en péril. »</p>



<p>À la suite de l&rsquo;effondrement du 8 février, le conseil municipal de Tripoli a présenté sa démission au ministre de l&rsquo;Intérieur. Le président du conseil, Abdel Hamid Karimeh, a déclaré la ville « zone sinistrée », invoquant une négligence chronique, la détérioration des infrastructures et l&rsquo;incapacité de la municipalité à gérer la crise.</p>



<p>Face aux récents effondrements de bâtiments à Tripoli, les autorités ont réagi rapidement et promis des enquêtes nationales, le versement d&rsquo;allocations logement et des solutions de relogement.</p>



<p>À l’issue d’une réunion d&rsquo;urgence le 9 février, le gouvernement a annoncé des mesures pour faire face à la crise des effondrements d’immeubles à Tripoli, notamment l&rsquo;évacuation de 114 bâtiments dangereux dans un délai d&rsquo;un mois et la prise en charge des frais de logement temporaire. Il a déclaré que des abris d&rsquo;urgence étaient prêts, que d&rsquo;autres seraient ouverts si nécessaire, et que le ministère des Affaires sociales inscrirait les familles touchées au programme d&rsquo;aide sociale Aman. Il s&rsquo;est également engagé à ce que le ministère de la Santé publique réponde aux besoins médicaux et à ce que la Haute Commission de secours renforce les structures pouvant être réhabilitées, démolisse celles qui présentent un risque imminent et collabore avec les organismes d&rsquo;ingénierie en vue de réaliser un inventaire des bâtiments et des infrastructures essentielles.</p>



<p>Toutefois, un an après les tremblements de terre qui ont frappé la Turquie, la Syrie et le nord du Liban en février 2023, des familles habitant des immeubles à haut risque ont déclaré à Amnesty International que les plans d&rsquo;urgence du gouvernement n&rsquo;avaient pas été concrétisés et n&rsquo;étaient guère plus que des paroles en l&rsquo;air. Elles continuent de vivre dans des structures officiellement classées comme présentant un risque d&rsquo;effondrement, car elles n&rsquo;ont pas les moyens de financer des réparations ni de se reloger.</p>



<p>Le gouvernement actuel a promis à plusieurs reprises des réformes et des recours afin de remédier aux violations persistantes des droits socio-économiques. Ses récents engagements s’agissant d’évacuer les bâtiments dangereux, de fournir des logements temporaires et une aide médicale, et de commencer à renforcer les structures à risque sont des mesures importantes en ce sens. Cependant, ses prédécesseurs avaient fait les mêmes promesses, sans les traduire en actions concrètes. Des années de programmes non réalisés, le manque chronique d&rsquo;investissements dans la sécurité publique et l&rsquo;absence de stratégie nationale pour les bâtiments risquant de s’effondrer exposent les habitant·e·s aux mêmes risques structurels et à des violations de leurs droits.</p>



<p>Le Liban est tenu, en vertu du droit international relatif aux droits humains, notamment de l&rsquo;article 11 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC), de garantir l&rsquo;accès à un logement sûr, sécurisé et convenable, et de prendre des mesures efficaces afin de parer aux menaces prévisibles qui pèsent sur la vie et le bien-être des habitant·e·s. Dans un rapport publié en 2024, Amnesty International démontrait que les manquements des autorités libanaises ont contraint les Tripolitain·e·s à continuer de vivre dans des logements dangereux, risquant de s&rsquo;effondrer au lendemain des séismes qui ont frappé la Turquie, la Syrie et le nord du Liban en février 2023.</p>
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		<title>Israël et Territoire palestinien occupé. Une crise sanitaire négligée touche les personnes âgées à Gaza dans le contexte du blocus maintenu par Israël sur l’aide et les médicaments</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/israel-et-territoire-palestinien-occupe-une-crise-sanitaire-negligee-touche-les-personnes-agees-a-gaza-dans-le-contexte-du-blocus-maintenu-par-israel-sur-laide-et-les-medicaments/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une enquête de HelpAge International révèle l’impact sur la santé physique et mentale des personnes âgées Une grave pénurie d’aliments nutritifs, de médicaments et d’hébergements contribue à des conditions de vie inhumaines « Les droits et les besoins des personnes âgées à Gaza ne doivent pas être ignorés » – Erika Guevara-Rosas À Gaza, les [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list"><li><strong>Une enquête de HelpAge International révèle l’impact sur la santé physique et mentale des personnes âgées</strong></li><li><strong>Une grave pénurie d’aliments nutritifs, de médicaments et d’hébergements contribue à des conditions de vie inhumaines</strong></li><li><strong>« Les droits et les besoins des personnes âgées à Gaza ne doivent pas être ignorés » – Erika Guevara-Rosas</strong></li></ul>



<p>À Gaza, les personnes âgées subissent une crise négligée concernant leur santé physique et mentale dans le contexte du blocus maintenu par Israël sur l’aide et les médicaments essentiels et de la récente interdiction de certaines organisations humanitaires, révèlent les recherches de HelpAge International et d’Amnesty International.</p>



<p>Lors d<a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/02/Pushed-Beyond-Their-Limits-The-survival-of-older-people-in-Gaza.pdf">’une enquête</a> sur la santé menée par HelpAge International, des personnes âgées ont déclaré que la pénurie de nourriture les avait amenées à sauter des repas, notamment pour que d’autres membres de leur famille puissent manger, et d’autres ont indiqué devoir rationner leurs médicaments pour de graves problèmes médicaux car elles ne pouvaient pas s’en procurer suffisamment.</p>



<p>Des personnes âgées déplacées ont par ailleurs expliqué à Amnesty International que leurs difficultés d’accès à des aliments nutritifs, à un hébergement adapté et aux soins médicaux en raison du blocus maintenu par les autorités israéliennes avaient de très graves conséquences. Les personnes interrogées par l’organisation avaient été déplacées à de multiples reprises depuis octobre 2023.</p>



<p>« Pendant les conflits armés, les besoins des personnes âgées sont souvent négligés. À Gaza, elles subissent une dégradation sans précédent de leur état de santé physique et mentale directement liée aux conditions de vie qui leur sont délibérément imposées par Israël pour aboutir à la destruction physique de la population palestinienne sur ce territoire, a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice générale de la recherche, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnesty International.</p>



<p>« L’enquête de HelpAge International révèle que les restrictions illégales, cruelles et inhumaines qu’Israël maintient à l’entrée de l’aide vitale ont un impact sur la capacité des personnes âgées à obtenir des soins et des médicaments essentiels pour elles et limitent leur accès à des aliments nutritifs et des hébergements adaptés.</p>



<p>« Les droits et les besoins des personnes âgées à Gaza ne doivent pas être ignorés. Beaucoup continuent d’endurer des conditions de vie dégradantes et une situation humanitaire dramatique à la suite de la destruction de leurs logements et des déplacements répétés. Les autorités israéliennes doivent lever leur blocus immédiatement et sans condition pour permettre d’acheminer librement des produits essentiels, y compris des médicaments et des matériaux pour construire des abris.</p>



<p>Durant les mois d’hiver, les Palestinien·ne·s de Gaza – qui vivent pour la plupart dans des tentes délabrées ou des abris de fortune – ont également subi des débordements d’eaux usées et d’eaux de pluie tout en étant exposés à des vents violents. Israël a en outre suspendu les autorisations de 37 ONG présentes à Gaza et en Cisjordanie à partir du 1er janvier, en leur ordonnant de cesser leurs activités sous 60 jours.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Conclusions de l’enquête de HelpAge International</h3>



<p>HelpAge International a interrogé 416 personnes âgées à Gaza et publié ses conclusions le 5 février dans un nouveau rapport intitulé<em><span style="text-decoration: underline"><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/02/Pushed-Beyond-Their-Limits-The-survival-of-older-people-in-Gaza.pdf"> Pushed Beyond Their Limits: The survival of older people in Gaza</a></span></em>. Dans un contexte de grave privation alimentaire et d’effondrement des services essentiels, les personnes âgées sont confrontées à des risques spécifiques et souvent négligés. Leurs besoins demeurent majoritairement invisibles. Parmi les principales conclusions du rapport figurent les suivantes :</p>



<ul class="wp-block-list"><li><strong>Les personnes âgées vivent dans des conditions extrêmes de privation de logement :</strong></li></ul>



<p>76 % de celles interrogées vivaient dans des tentes, qui étaient souvent gravement surpeuplées, et 84 % ont déclaré que leurs conditions de vie actuelles nuisaient à leur santé et à leur intimité.</p>



<ul class="wp-block-list"><li><strong>Les déplacements sont incessants et déstabilisants :</strong></li></ul>



<p>79 % ont été déplacées plus de trois fois depuis octobre 2023, ce qui a perturbé le soutien apporté par leur famille et augmenté leur isolement.</p>



<ul class="wp-block-list"><li><strong>Les problèmes de santé sont courants et majoritairement non pris en charge :</strong></li></ul>



<p>Malgré la prévalence élevée des douleurs et maladies chroniques, l’accès aux médicaments était extrêmement limité ; 42 % des personnes interrogées parvenaient à s’en procurer « parfois » et 18 % « rarement », tandis que 68 % avaient réduit ou arrêté leur traitement en raison du manque de stock. L’accès aux soins en général restait à un niveau très bas ; seulement 17 % des personnes ont fait état d’une pleine disponibilité des soins médicaux, et la prise en charge des maladies chroniques était le service qui manquait le plus souvent (dans 31 % des cas).</p>



<ul class="wp-block-list"><li><strong>L’insécurité alimentaire est élevée et peut mettre leur vie en danger :</strong></li></ul>



<p>La moitié des personnes interrogées ont déclaré que l’accès à l’aide était plus facile depuis le cessez-le-feu, mais encore 11 % n’avaient pas mangé au cours des dernières 24 heures et 48 % avaient réduit leur ration pour que d’autres personnes puissent manger.</p>



<ul class="wp-block-list"><li><strong>La santé mentale est mise à rude épreuve et a des effets directs sur l’alimentation :</strong></li></ul>



<p>77 % des personnes ont déclaré que la tristesse, l’anxiété, la solitude ou les insomnies avaient diminué leur appétit et nui à leur bien-être.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« La vie est devenue encore plus difficile. »</h3>



<p>Ces conclusions ont été corroborées par les recherches d’Amnesty International, qui s’est entretenue avec 12 personnes âgées originaires de plusieurs régions de la bande de Gaza occupée vivant toujours dans des tentes au sein de camps pour personnes déplacées à proximité de la ville de Zawaida, où les conditions de vie sont extrêmement dures. Dans la plupart des cas, un membre de leur famille a facilité la communication avec la personne âgée, beaucoup d’entre elles ayant un handicap ou nécessitant une aide pour utiliser un smartphone.</p>



<p>Les personnes interrogées ont déclaré avoir été contraintes d’arrêter ou de rationner leurs médicaments pour des maladies chroniques, car soit ils étaient devenus indisponibles, soit leur prix avait triplé voire quadruplé. D’après l’Organisation mondiale de la santé, au mois d’octobre 2025, moins de 14 des 36 hôpitaux de Gaza fonctionnaient partiellement et moins d’un tiers des services de rééducation étaient ouverts, ce qui limitait fortement l’accès aux soins des personnes âgées.</p>



<p>Certaines personnes âgées avaient perdu beaucoup de poids et la plupart étaient dépendantes des cantines communautaires, qui ne fournissaient pas toujours des aliments adaptés à leurs besoins nutritionnels. Le terrain des camps pour personnes déplacées, souvent irrégulier et sablonneux, empêchait les personnes utilisant des fauteuils roulants ou des déambulateurs de se déplacer librement, ce qui les rendait totalement dépendantes de leurs proches.</p>



<p>Mohammed Bili, 61 ans, a été déplacé sept fois depuis octobre 2023. Il a besoin d’une dialyse trois fois par semaine. Cependant, la structure où il se rendait auparavant a été détruite et il ne reçoit plus que deux dialyses par semaine, qui durent moins longtemps. Il peine à circuler en fauteuil roulant dans le camp et a perdu près de 20 kilos.</p>



<p>Il a déclaré à Amnesty International : « Je souffre de raideur extrême dans les bras et de faiblesse musculaire en raison du fait que je ne peux pas accéder à la dialyse aussi fréquemment qu’il le faudrait. »</p>



<p>Samira Al Shawa, 88 ans, utilisait un déambulateur pour se déplacer de manière autonome. Elle vit aujourd’hui dans un camp pour personnes déplacées, où elle ne peut plus marcher du tout sur le terrain sablonneux. Elle passe la plupart du temps allongée sur un lit improvisé dans sa tente. Des cantines communautaires fournissent de la nourriture à sa famille, mais celle-ci est insuffisante et ne couvre pas ses besoins nutritionnels. Elle a perdu une vingtaine de kilos depuis octobre 2023.</p>



<p>Sadiqa Al Barrawi, environ 90 ans, a été déplacée trois fois depuis octobre 2023. Elle vit actuellement dans une tente au sein du camp pour personnes déplacées d’Al Salam avec son fils, sa belle-fille et leurs quatre enfants. En allant aux toilettes une nuit de janvier 2025, elle est tombée et s’est blessée. À présent, elle ne peut plus se tenir debout ni marcher. Elle a déclaré à Amnesty International : « La vie est devenue encore plus difficile depuis. »</p>



<p>Sadiqa souffre de diabète et d’hypertension. Elle a perdu environ 25 kilos et dépend des cantines communautaires pour se nourrir. Elle a ajouté : « Nous sommes des paysans. Dans notre village, nous avions des terres et les meilleurs aliments frais – et maintenant nous n’avons plus rien. »</p>



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<section id="section-9de0b8ea" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack section--small" style=""><div class="container">

<h3 class="wp-block-heading">Complément d’information</h3>



<p>Les personnes de plus de 60 ans représentent environ 5 % de la population de Gaza. Selon le ministère palestinien de la Santé, début décembre 2025, 4 813 personnes âgées avaient été tuées à Gaza depuis octobre 2023, mais ce chiffre ne comprend pas les décès indirects, par exemple liés à la destruction d’infrastructures médicales. D’après un rapport de l’UNWRA, de nombreuses personnes âgées ont perdu le contact avec les personnes qui s’occupaient d’elles en raison des hostilités ou lors des déplacements. Amnesty International a constaté que les personnes âgées sont exposées à des risques accrus dans les situations de conflit armé et que leurs besoins humanitaires sont systématiquement ignorés.</p>



<p>En décembre 2024, Amnesty International a conclu qu’Israël était en train de commettre un génocide à Gaza, après avoir établi que cet État avait perpétré des actes interdits par la Convention sur le génocide avec l’intention spécifique de détruire la population palestinienne de Gaza, en perpétrant des homicides et des atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale ainsi qu’en soumettant délibérément cette population à des conditions de vie destinées à entraîner sa destruction physique.</p>



<p>Malgré une réduction de l’ampleur des attaques depuis l’accord de cessez-le-feu d’octobre 2025, on ne constate aucun changement significatif dans les conditions infligées par Israël aux Palestinien·ne·s à Gaza et rien n’indique que l’intention israélienne de commettre un génocide ait changé.</p>

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		<title>Un an après le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, des pratiques autoritaires érodent les droits humains</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/un-an-apres-le-retour-de-donald-trump-a-la-presidence-des-etats-unis-des-pratiques-autoritaires-erodent-les-droits-humains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Jan 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=35274</guid>

					<description><![CDATA[<p>À l’occasion du premier anniversaire du retour du président Trump à la tête des États-Unis, Amnesty International a sonné l’alarme face aux pratiques de plus en plus autoritaires employées dans le pays et à l’érosion dévastatrice des droits humains. Dans un nouveau rapport rendu public mardi 20 janvier, intitulé  Ringing the Alarm Bells: Rising Authoritarian [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>À l’occasion du premier anniversaire du retour du président Trump à la tête des États-Unis, Amnesty International a sonné l’alarme face aux pratiques de plus en plus autoritaires employées dans le pays et à l’érosion dévastatrice des droits humains.</p>



<p>Dans un nouveau rapport rendu public mardi 20 janvier, intitulé  <em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/01/Ringing-the-Alarm-Bells.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ringing the Alarm Bells: Rising Authoritarian Practices and Erosion of Human Rights in the United States</a></em>, Amnesty International indique que l’explosion des pratiques autoritaires sous l’administration Trump, notamment la fermeture de l’espace civique et les atteintes à l’état de droit, fragilise les droits humains aux États-Unis et au-delà.</p>



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<p>« Nous sommes tous témoins d’une dangereuse trajectoire ayant déjà mené à une urgence en matière de droits humains sous la présidence Trump », a déclaré Paul O’Brien, directeur exécutif à Amnesty International États-Unis. « En détruisant les normes et en concentrant les pouvoirs, l’administration essaie d’empêcher qui que ce soit de lui demander des comptes. Il ne fait aucun doute que les pratiques autoritaires de l’administration Trump fragilisent les droits humains et exacerbent les risques auxquels sont exposés les journalistes et les personnes qui s’expriment ou protestent, notamment les manifestant·e·s, les avocat·e·s, les étudiant·e·s et les défenseur·e·s des droits humains. »</p>



<p>Le rapport couvre 12 domaines interconnectés dans lesquels l’administration Trump fissure les pilliers d’une société libre, notamment les attaques contre la liberté de la presse et l’accès à l’information, la liberté d’expression et de réunion pacifique, les organisations de la société civile et les universités, les opposant·e·s politiques et les voix critiques, les juges, les avocat·e·s et le système judiciaire, ainsi que le droit à une procédure régulière. Le rapport recense aussi des attaques contre les droits des personnes réfugiées et migrantes, la désignation de certaines populations comme boucs émissaires et le recul de garanties de non-discrimination, le recours à l’armée sur le territoire national, le démantèlement de mesures de responsabilisation des entreprises et de lutte contre la corruption, et des tentatives d’affaiblissement de systèmes internationaux conçus pour protéger les droits humains.</p>



<p>Comme cela est expliqué dans le rapport, ces tactiques autoritaires se renforcent mutuellement : des étudiant·e·s sont arrêtés et maintenus en détention pour avoir manifesté sur des campus, des agglomérations entières sont envahies et terrorisées par des agents masqués du Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE), et la militarisation dans certaines villes à travers les États-Unis se banalise. Parallèlement, des manœuvres d’intimidation visant la presse compromettent sa capacité à dénoncer violations des droits humains et abus ; les représailles contre les manifestations dissuadent le public de s’exprimer ; l’amplification de la surveillance et de la militarisation alourdit le coût de l’opposition ; et les attaques visant les tribunaux, les avocat·e·s et les organes de suivi rendent l’établissement des responsabilités plus difficile. Ces tactiques portent clairement atteinte aux droits humains, notamment à la liberté d’expression et de réunion pacifique, à la liberté de la presse, à l’accès à l&rsquo;information, à l’égalité et la non-discrimination, au respect des garanties procédurales, à la liberté économique, au droit de ne pas être placé en détention arbitraire, au droit de demander l’asile, au droit à un procès équitable, et même au droit à la vie.</p>



<p>Amnesty International constate de longue date l’emploi systématique de pratiques similaires dans des pays du monde entier. Si les contextes diffèrent, ces gouvernements consolident les pouvoirs, contrôlent l’information, discréditent les voix critiques, sanctionnent l’opposition, réduisent l’espace civique, et affaiblissent des mécanismes censés garantir l’obligation de rendre des comptes.</p>



<p>« Les attaques contre l’espace civique et la primauté du droit, ainsi que l’érosion des droits humains aux États-Unis, reflètent des schémas observés et dénoncés ailleurs dans le monde depuis des décennies par Amnesty International », a déclaré Paul O’Brien. « Il est important de signaler que notre expérience montre que lorsqu’il devient manifeste que les pratiques autoritaires sont pleinement établies, les institutions censées limiter les abus de pouvoir ont déjà été fortement compromises. »</p>



<p>Dans le rapport, Amnesty International présente une liste exhaustive de recommandations – adressée à la branche exécutive des États-Unis, au Congrès, aux gouvernements des États et aux collectivités locales, ainsi qu’aux organes chargés de l’application des lois, à des acteurs internationaux et à d’autres gouvernements, à des entreprises, notamment du secteur des technologies, et au public &#8211; dans le but d’inverser cette tendance à l’acceptation des pratiques autoritaires et de prévenir la normalisation de la répression accrue et des violations des droits humains. L’organisation demande l’adoption en urgence de mesures visant à protéger l’espace civique, à rétablir des garanties relatives à l’état de droit, à renforcer l’obligation de rendre des comptes et à garantir que les violations des droits humains ne soient ni ignorées, ni considérées comme inévitables.</p>



<p>« Nous pouvons, et nous devons, nous forger un chemin différent », a déclaré Paul O’Brien. « Les pratiques autoritaires ne peuvent prendre racine que si on les laisse se banaliser. Nous ne pouvons laisser cela se produire aux États-Unis. Ensemble, nous avons tous et toutes la possibilité et le devoir de nous montrer à la hauteur de ce moment difficile de notre histoire et de protéger les droits humains. »</p>



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