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	<title>Défenseur·e·s des droits humains Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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	<title>Défenseur·e·s des droits humains Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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		<title>Iran. Il faut mettre un terme à la campagne d’exécutions et de condamnations à mort arbitraires de manifestant·e·s</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 12:56:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Iran. Il faut mettre un terme à la campagne d’exécutions et de condamnations à mort arbitraires de manifestant·e·s L’exécution publique de deux manifestants mardi 28 juillet 2026, après celle d’au moins trois autres la semaine précédente, marque une nouvelle escalade dans le recours à la peine capitale par les autorités pour étouffer la dissidence, a [&#8230;]</p>
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<h4 class="wp-block-heading">Iran. Il faut mettre un terme à la campagne d’exécutions et de condamnations à mort arbitraires de manifestant·e·s</h4>



<p>L’exécution publique de deux manifestants mardi 28 juillet 2026, après celle d’au moins trois autres la semaine précédente, marque une nouvelle escalade dans le recours à la peine capitale par les autorités pour étouffer la dissidence, a déclaré Amnesty International. L’organisation craint qu’au moins 60 autres personnes, dont trois arrêtées alors qu’elles étaient mineures, soient sous la menace d’une exécution après leur condamnation à mort, tandis que de nombreuses autres font encore l’objet de poursuites pour des infractions passibles de la peine capitale en lien avec les manifestations.</p>



<p>Durant le premier semestre de 2026, les autorités iraniennes ont de plus en plus utilisé des accusations liées à la sécurité nationale formulées en des termes vagues, telles que l’espionnage et la collaboration avec des États hostiles, pour condamner à mort des personnes arrêtées dans le contexte des manifestations de janvier 2026. Depuis le début de l’année, elles ont exécuté arbitrairement au moins 26 personnes déclarées coupables d’infractions en lien avec ces manifestations, à l’issue de procès manifestement iniques, entachés de torture, tenus devant des tribunaux révolutionnaires. Outre les personnes prises pour cible dans le contexte des manifestations, les autorités ont exécuté arbitrairement au moins 26 autres personnes pour des motifs politiques, tout en continuant de procéder à des centaines d’exécutions pour des infractions à la législation sur les stupéfiants et d’autres crimes.</p>



<p>« Les autorités iraniennes ont déclenché une vague effroyable d’exécutions et de condamnations à mort pour punir et réprimer la dissidence et donner une image de force et de contrôle absolu à la suite du soulèvement populaire de janvier et sur fond d’attaques des forces états-uniennes et israéliennes, a déclaré Heba Morayef, directrice régionale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.</p>



<p>« Le silence de la communauté internationale encourage les autorités iraniennes à poursuivre leur massacre. Les États membres de l’ONU doivent prendre de toute urgence des mesures diplomatiques coordonnées pour faire pression sur elles afin que les exécutions cessent. Ils doivent considérer la résolution de la crise des droits humains et de l’impunité en Iran comme une priorité, soutenir la création d’un mécanisme indépendant de justice internationale pour l’Iran et exhorter le Conseil de sécurité de l’ONU à saisir la Cour pénale internationale de la situation dans ce pays. »</p>



<p>Amnesty International s’est entretenue avec 10 sources bien informées, dont des familles de victimes en dehors de l’Iran et des avocat·e·s à l’intérieur du pays. Elle a aussi examiné des déclarations officielles des autorités iraniennes, ainsi que des informations parues dans les médias d’État et des rapports d’organisations de défense des droits humains basées à l’étranger.</p>



<p>Dans les affaires que l’organisation a étudiées, les personnes arbitrairement exécutées ou condamnées à mort ont été déclarées coupables des chefs d’accusation vagues et excessivement larges d’« inimitié à l&rsquo;égard de Dieu » (mohareb) et de « corruption sur terre » (ifsad fil arz). Parmi ces personnes figurent des individus exécutés pour leur participation présumée à des incendies volontaires, des atteintes aux biens, des blocages de routes ou des troubles à l’ordre public – autant d’actes n’entrant pas dans la catégorie des « crimes les plus graves » selon les termes du droit international et des normes connexes concernant l’application de la peine capitale, qui limitent le recours à ce châtiment aux seuls actes impliquant un homicide volontaire.</p>



<p>D’autres ont été poursuivis en vertu de la Loi visant à alourdir les peines pour les activités d’espionnage et de collaboration avec le régime sioniste et les États hostiles au détriment de la sécurité et des intérêts nationaux (loi sur l’espionnage), adoptée à la suite de la guerre de 12 jours de juin 2025. Cette loi érige en infractions des actes protégés par le droit international relatif aux droits humains, tels que la participation pacifique à des manifestations et la communication d’informations aux médias.</p>



<p>Étant donné que des milliers de personnes ont été arrêtées dans le contexte des manifestations de janvier 2026 et que les familles s’abstiennent généralement de signaler les condamnations à mort par crainte des représailles, Amnesty International est convaincue que de nombreux autres manifestant·e·s risquent de subir ce châtiment.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Exécutions arbitraires liées aux manifestations de janvier 2026</h4>



<p>Depuis les attaques illégales menées par Israël et les États-Unis contre l’Iran le 28 février 2026, les autorités iraniennes ont intensifié le recours à la peine de mort contre les personnes arrêtées dans le contexte du soulèvement de janvier 2026. </p>



<p>Le 28 juillet 2026, les autorités ont exécuté  arbitrairement Amir Hossein Safari et Abolfazl Sepahi en public. Tous deux avaient été arrêtés pendant les manifestations à Ispahan le 8 janvier 2026 et condamnés à mort à l’issue d’un procès collectif manifestement inéquitable concernant des dizaines d’accusé·e·s. Ce procès collectif portait sur la mort de quatre policiers tués pendant les manifestations de la place Alikhani à Ispahan, ainsi que sur des accusations de détention d’armes, de dommages à des biens publics et d’incendies volontaires de bâtiments. Ces mises à mort font suite à l’exécution arbitraire, le 19 juillet 2026, de deux autres manifestants condamnés dans la même affaire : Erfan Esfandiari et Gol-Mohammad Mohammadi. Selon l’agence de presse Mizan, ces hommes ont été condamnés sur la base de leurs « aveux » faits en détention.</p>



<p>Huit autres personnes condamnées à mort dans la même affaire risquent d’être exécutées à tout moment : Ali Dashti, Alireza Raisi, Abolfazl Ebrahimi, Alireza Sepahi, Amirhossein Ebrahimi, Amirhossein Maleki, Ghaem Hosseini et Shervin Bagherian. Une source bien informée a dit à Amnesty International que l’un de ces jeunes hommes, Shervin Bagherian, avait été soumis à une disparition forcée pendant 21 jours ainsi qu’à la torture et à d’autres mauvais traitements, dont des coups. Ses « aveux » forcés ont été diffusés dans une vidéo de propagande le 25 janvier 2026, avant le procès, et il n’a pas eu le droit de consulter un·e avocat·e pendant toute la phase d’enquête.</p>



<p>Mehdi Khaneki, Mohammad Amini Dehaghani, Javad Zamani, Abolfazl Saedi, Ashkan Maleki et Mehrdad Mohammadinia font partie de ceux qui ont été arbitrairement exécutés à la suite de condamnations pour des actes n’impliquant aucun « homicide volontaire », en violation du droit international et des normes connexes. </p>



<p>Mizan, l’agence de presse du pouvoir judiciaire, a annoncé l’exécution de Mehdi Khaneki à Karadj, dans la province d’Alborz, le 22 juillet 2026. Elle a indiqué que cet homme avait été condamné à mort en vertu de la loi sur l’espionnage après avoir été déclaré coupable sur la base des « aveux » qu’il avait faits en détention. Il avait été accusé d’entretenir des liens avec un groupe armé d’opposition interdit, de détenir des armes et des explosifs, et d’avoir mené des « actions opérationnelles » pour Israël, les États-Unis et des « groupes hostiles ». </p>



<p>Le 15 juillet 2026, les autorités ont exécuté arbitrairement Mohammad Amini Dehaghani après sa condamnation par un tribunal révolutionnaire de la province d’Ispahan pour « inimitié à l’égard de Dieu » (mohareb) et « corruption sur terre » (ifsad fil arz) en lien avec les manifestations du 9 janvier 2026 dans la ville d’Ispahan. L’agence de presse Mizan a indiqué que cet homme avait aussi été condamné sur la base des « aveux » qu’il avait faits en détention. Elle a précisé que la condamnation à mort avait été prononcée pour de nombreux actes, tels que le fait d’avoir « perturbé l’opinion publique », « cherché à entrer en contact avec des comptes en ligne affiliés à des groupes contre-révolutionnaires », bloqué des routes et endommagé des biens publics. </p>



<p>Le 16 juin 2026, les autorités ont exécuté arbitrairement Javad Zamani et Abolfazl Saedi, accusés de s’être rendus coupables d’« inimitié à l’égard de Dieu » (mohareb) et de « corruption sur terre » (ifsad fil arz) en participant à des « troubles à l’ordre public », à « un rassemblement et une collusion contre la sécurité nationale » et à des incendies volontaires en lien avec les manifestations à Shahroud, dans la province de Semnan. Le pouvoir judiciaire a diffusé leurs « aveux » forcés le jour de leur exécution.</p>



<p>Ashkan Maleki et Mehrdad Mohammadinia, membres de la minorité kurde opprimée d’Iran, ont été exécutés arbitrairement en secret le 1er juin 2026 dans la province d’Alborz, sans que leurs familles et leurs avocat·e·s n’aient été préalablement prévenus. La 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran les avait condamnés à la peine capitale pour « inimitié à l’égard de Dieu » (mohareb), les accusant d’avoir incendié une mosquée et un séminaire à Téhéran. Selon l’agence de presse Mizan, ils avaient été déclarés coupables et condamnés à mort en vertu de la loi sur l’espionnage, notamment sur la base de leurs « aveux » en détention, qui ont été diffusés à la télévision d’État avant leur procès, en violation du droit à la présomption d’innocence.</p>



<p>Leur coaccusé, Arman Marefati, risque d’être exécuté d’un moment à l’autre à la prison de Ghezel Hesar, située à Karadj, dans la province d’Alborz. Le pouvoir judiciaire et les médias d’État qualifient régulièrement les manifestants exécutés de « fantassins de l’ennemi », « assassins maniant l’épée à la solde du Mossad » et « agents de l’ennemi se faisant passer pour des manifestants ».</p>



<h4 class="wp-block-heading">Multiplication des condamnations à mort arbitraires liées aux manifestations de janvier 2026</h4>



<p>Depuis que l’accès à Internet a été rétabli en Iran le 26 mai 2026, après une coupure nationale qui a duré trois mois, Amnesty International a enregistré une escalade dans le recours à la peine capitale en lien avec les manifestations de janvier 2026. Il a été fait état d’au moins 15 condamnations à mort prononcées par des tribunaux révolutionnaires et 13 confirmées par la Cour suprême dans les provinces d’Alborz, d’Ispahan, du Fars, de Hamedan, de Qazvin, de Markazi, de Semnan, de Téhéran et de Yazd.</p>



<p>Amnesty International pense que le nombre réel de sentences capitales prononcées en lien avec les manifestations de janvier 2026 est bien plus élevé. Selon Iran Human Rights, une organisation de défense des droits humains basée en dehors d’Iran, plus de 70 personnes arrêtées en lien avec ces manifestations ont été condamnées à mort rien que dans une seule prison de la province d’Ispahan.</p>



<p>L’augmentation du recours à la peine capitale s’accompagne d’une multiplication des déclarations officielles et des messages dans les médias d’État décrivant systématiquement les manifestations de janvier 2026 comme une « conspiration terroriste américano-sioniste » ou un « coup d’État ». De hauts responsables du pouvoir judiciaire et d’autres membres des autorités continuent de promettre publiquement des procédures accélérées et l’imposition de peines très lourdes contre les manifestant·e·s. </p>



<p>Selon les informations recueillies par Amnesty International, des manifestant·e·s ont été condamnés à mort à l’issue de procès manifestement iniques tenus à huis clos, marqués par des disparitions forcées, des actes de torture et d’autres mauvais traitements, l’interdiction de consulter un·e avocat·e pendant la phase d’enquête, la privation du droit d’être défendu·e par l’avocat·e de son choix pendant le procès, et l’utilisation d’« aveux » forcés, en violation du droit à la présomption d’innocence, du droit d’être protégé·e de la torture et des autres mauvais traitements, du droit de ne pas être obligé·e de s’accuser soi-même et du droit de ne pas être privé·e arbitrairement de la vie. La Cour suprême a aussi confirmé des condamnations à mort sans réel réexamen des dossiers, privant les accusé·e·s de leur droit à un recours équitable et effectif.</p>



<p>Les autorités ont en outre créé un climat de peur en utilisant de plus en plus la loi sur l’espionnage. Ce texte érige en infractions des activités pacifiques protégées par le droit international relatif aux droits humains, comme le fait de transmettre des informations sur les manifestations et les violations des droits humains à des médias étrangers lorsque les autorités jugent ce comportement contraire à la sécurité nationale, et prévoit la peine capitale pour des actes qualifiés d’« activités de renseignement » ou d’espionnage à la solde d’Israël, des États-Unis ou d’un autre État ou groupe désigné comme « hostile ». Dans une nouvelle escalade, le ministère du Renseignement a publié le 14 juillet 2026 une liste de plus de 400 personnes et entités, dont des organisations de défense des droits humains et des médias indépendants basés en dehors du pays, considérées comme « hostiles » en vertu de la loi sur l’espionnage. Les personnes en Iran qui communiquent avec les individus ou entités de cette liste risquent des poursuites et pourraient être condamnées à mort si les autorités qualifiaient cette conduite d’« activité de renseignement » ou d’espionnage.</p>



<p>Parmi les personnes menacées d’exécution figure Benyamin Naghdi, athlète spécialiste des arts martiaux, qui a été arrêté le 3 janvier 2026 pendant les manifestations à Shiraz, dans la province du Fars, et accusé d’avoir lancé un extincteur sur les forces de sécurité. Il a fait l’objet d’une disparition forcée pendant plus de 50 jours et ses « aveux » forcés ont été diffusés à la télévision d’État le lendemain de son arrestation et avant son procès. Selon les informations recueillies par Amnesty International, la première chambre du tribunal révolutionnaire de Shiraz l’a condamné à mort pour « corruption sur terre » (ifsad fil arz) en mai 2026 à l’issue d’un procès d’une iniquité flagrante, mais il n’a été informé de sa peine qu’en juillet 2026.</p>



<p>Peyman Ganji est aussi menacé d’exécution. Les forces de sécurité l’ont arrêté à Téhéran au début de février 2026. La 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran l’a condamné à mort en mai 2026, et il a été officiellement informé du verdict le 26 juillet 2026. Il a été déclaré coupable d’« inimitié à l’égard de Dieu » (mohareb) pour son implication présumée dans l’incendie d’une mosquée et pour avoir fabriqué des cocktails Molotov – des accusations qu’il a toujours niées. Selon une source bien informée, il a « avoué » sous la torture et d’autres mauvais traitements et est revenu sur ses « aveux » pendant le procès.</p>



<p>Ni Benyamin Naghdi, ni Peyman Gaji n’ont été accusés d’avoir été impliqués dans la mort de membres des forces de sécurité.</p>



<p>Au moins trois personnes qui étaient mineures lors de l’infraction présumée – Erfan Amiri, Mansour Jafari et Matin Mohammadi – risquent aussi d’être exécutées. Le droit international relatif aux droits humains interdit formellement de recourir à la peine de mort contre une personne qui était âgée de moins de 18 ans au moment des faits qui lui sont reprochés.</p>



<p>Les autorités iraniennes doivent immédiatement renoncer à toutes les mises à mort programmées et instaurer un moratoire officiel sur toutes les exécutions en vue d’abolir totalement la peine de mort.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Les autorités iraniennes ont réagi aux manifestations qui ont éclaté dans tout le pays le 28 décembre 2025 par une répression militarisée sans précédent. Elles ont utilisé massivement des armes à feu et d’autres formes de force létale en violation du droit international, tuant des milliers de manifestant·e·s et de passant·e·s les 8 et 9 janvier 2026 et arrêtant des dizaines de milliers de personnes. À la suite des attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février 2026, l’État a intensifié la répression dans le pays au prétexte de la « situation de guerre », exécutant au moins 52 personnes pour des motifs politiques, dont des manifestant·e·s et des dissident·e·s.</p>



<p>Amnesty International s’oppose catégoriquement à la peine de mort dans tous les cas et en toutes circonstances. Ce châtiment viole le droit à la vie et est le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit.</p>




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		<title>Europe/TPO : Les États membres de l&#8217;UE qui autorisent la vente d&#8217;« Israel Bonds » en Europe risquent de se rendre complices du génocide en cours à Gaza</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jul 2026 22:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Europe/TPO : Les États membres de l&#8217;UE qui autorisent la vente d&#8217;« Israel Bonds » en Europe risquent de se rendre complices du génocide en cours à Gaza Le Luxembourg, l&#8217;Irlande et tous les États membres de l&#8217;Union européenne (UE) doivent mettre fin à la vente des « Israel Bonds » au sein de l&#8217;UE, [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Europe/TPO : Les États membres de l&rsquo;UE qui autorisent la vente d&rsquo;« Israel Bonds » en Europe risquent de se rendre complices du génocide en cours à Gaza</h2>



<p>Le Luxembourg, l&rsquo;Irlande et tous les États membres de l&rsquo;Union européenne (UE) doivent mettre fin à la vente des « Israel Bonds » au sein de l&rsquo;UE, sous peine de se rendre complices du génocide que commet actuellement Israël à l&rsquo;encontre des Palestinien·ne·s de la bande de Gaza, a déclaré Amnesty International dans un communiqué publié aujourd&rsquo;hui.</p>



<p>« Israël dépend de plus en plus des investissements étrangers pour financer son génocide, son régime d’apartheid et son occupation illégale, ainsi que pour financer ses crimes contre les Palestinien·ne·s. Les « Israel Bonds » augmentent les fonds dont dispose le gouvernement et contribuent ainsi à financer le génocide perpétré par Israël contre les Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza occupée, qui a anéanti des familles entières, rasé des infrastructures civiles, notamment des hôpitaux et des écoles, et contraint 90 % de la population à se déplacer, leurs maisons étant en ruines », a déclaré Steve Cockburn, directeur régional pour l’Europe à Amnesty International.&nbsp;</p>



<p>« Autoriser la vente de ces obligations sur les marchés de l&rsquo;UE entraîne un coût éthique et juridique considérable. Le droit international est clair : tous les États ont l&rsquo;obligation de ne pas aider ni contribuer à un génocide, et l&rsquo;obligation de le prévenir. »</p>



<p>Selon le gouvernement israélien, Israël a considérablement accru, depuis le 7 octobre 2023, l’émission d’« Israel Bonds », un instrument financier émis par l’État pour lever des fonds auprès des particuliers et des petits investisseurs, « en raison de la situation sécuritaire d’Israël » dans la bande de Gaza. Le produit de ces obligations est versé au budget général de l’État israélien et, comme l’annoncent les autorités, contribue à maintenir sa capacité militaire.</p>



<p>L&rsquo;autorisation accordée par un État membre de l&rsquo;UE de commercialiser les « Israel Bonds » sur le marché financier européen constitue un exemple manifeste de facilitation financière, ce qui pourrait équivaloir, au regard du droit international, à un manquement à l&rsquo;obligation de prévenir un génocide et comporte même le risque de contribuer ou de faciliter un génocide.</p>



<p>Pour négocier ces obligations en Europe, Israël doit s’appuyer sur un État membre de l’UE qui serve de « pays d’accueil » au programme. Depuis 2021, après la sortie du Royaume-Uni de l’UE, la Banque centrale d’Irlande jouait le rôle de « pays d’accueil », permettant ainsi à Israël d’accéder au marché européen. En 2025, en Irlande, à la suite d’une pression publique et de manifestations contre le génocide perpétré par Israël à l’encontre des Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza, Israël a demandé le transfert de ces obligations vers le Luxembourg, qui a approuvé le prospectus, c’est-à-dire le document juridique autorisant la vente de ces obligations aux résident·e·s de l’UE pour une année supplémentaire.</p>



<p>Depuis septembre 2025, les « Israel Bonds » sont donc réglementés dans l&rsquo;Union européenne par l&rsquo;autorité de régulation financière luxembourgeoise, la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF), et proposés au public en Autriche, en France, en Allemagne, au Luxembourg et aux Pays-Bas.</p>



<p>Le 31 août, le prospectus du Luxembourg arrivera à échéance. Amnesty International appelle l’État luxembourgeois à rejeter tout nouveau prospectus concernant les « Israel Bonds ». En tant qu’État membre de l’UE hôte de ces obligations, l’Irlande devrait également refuser le transfert et rejeter l’approbation d’un nouveau prospectus. L’organisation appelle également tous les États membres de l’UE à s’abstenir d’accepter le transfert ou d’approuver un nouveau prospectus.</p>



<p>« Autoriser la vente de ces obligations en Europe relève d’un choix politique. L’un des moyens les plus évidents et les plus efficaces de mettre fin au génocide perpétré par Israël contre les Palestinien·ne·s de la bande de Gaza consiste à cesser de le financer. En continuant à faciliter la vente de ces obligations, les États membres de l’UE s’exposent à une complicité dans les crimes internationaux commis par Israël à l’encontre des Palestinien·ne·s », a déclaré Steve Cockburn.</p>



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</div>



<p><strong>Complément d’information&nbsp;</strong></p>



<p>De 2022 à 2024, le budget militaire israélien est passé de 4,2 % à 8,3 % de son produit intérieur brut (PIB), les « Israel Bonds » ayant permis de lever en moyenne 2,4 milliards de dollars par an entre 2023 et 2025. Après le 7 octobre 2023, le gouvernement israélien a augmenté le financement de ses activités militaires. Les « Israel Bonds » ont été proposés en 2023 comme un moyen de « soutenir Israël en guerre ».</p>



<p>En janvier 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) a estimé qu’il existait un risque plausible de génocide à l’encontre des Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza occupée, et a ordonné à Israël de prendre des mesures efficaces pour l’empêcher. La CIJ a ensuite rendu des ordonnances provisoires en mars et en mai 2024, réaffirmant notamment ces mesures. À la lumière de la décision de la CIJ, tous les États parties à la Convention sur le génocide sont soumis à des obligations renforcées, ce qui impose à tout acteur de l’UE – ou à tout autre État partie – qui facilite les flux financiers permettant de renforcer la capacité militaire d’Israël d’évaluer son rôle au regard de l’obligation de prévenir le génocide.  Depuis que le Luxembourg a autorisé la négociation des « Israel Bonds » en 2025, la société civile ainsi que des experts juridiques se sont mobilisés contre cette mesure et ont publié des études pour étayer leur appel aux autorités visant à y mettre&nbsp;fin. </p>
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		<title>Déclaration urgente sur la permacrise du logement au Luxembourg : « Déclaration pour le droit à un toit »</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/declaration-urgente-sur-la-permacrise-du-logement-au-luxembourg-declaration-pour-le-droit-a-un-toit/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 09:32:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Luxembourg]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Déclaration urgente sur la permacrise du logement au Luxembourg : « Déclaration pour le droit à un toit » Le Luxembourg, pays le plus riche d’Europe, est confronté à une réalité choquante : une permacrise du logement. Si la question figure, sur le papier, parmi les priorités affichées par le Gouvernement, les difficultés d&#8217;accès à [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Déclaration urgente sur la permacrise du logement au Luxembourg : « Déclaration pour le droit à un toit »</h2>



<p><strong>Le Luxembourg, pays le plus riche d’Europe, est confronté à une réalité choquante : une permacrise du logement. Si la question figure, sur le papier, parmi les priorités affichées par le Gouvernement, les difficultés d&rsquo;accès à un logement social/abordable demeurent une réalité quotidienne pour une part croissante de la population. Un contexte suffisant pour qualifier ce problème de « permacrise » et pour attirer l’attention de nombreuses associations du pays.</strong></p>



<p>Depuis novembre 2025, à l’initiative d’Amnesty International Luxembourg et de Solidaritéit mat den Heescherten, un groupe d’ONGs et d’associations de terrain se sont réunies régulièrement afin de discuter des thématiques de la pauvreté et de l’exclusion au Luxembourg. Dès la première rencontre de ce groupe, le logement a été identifié comme une thématique cruciale. La <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/07/Declaration-pour-le-droit-a-un-toit-3.pdf">« Déclaration pour le droit à un toit »</a> s’inscrit donc dans le cadre des travaux de ce groupe et elle est un document rappelant le contexte de la crise du logement, l’importance de garantir le droit au logement pour toutes et tous, et proposant 10 recommandations concrètes à destination des pouvoirs publics pour aider à garantir à chacun·e un logement digne et abordable.</p>



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</div>



<p>Le logement est un droit humain, indissociable de la dignité et de la sécurité de chaque individu. Celui-ci est largement corrélé avec les thématiques de la lutte contre la pauvreté, des droits à la santé ou à l’éducation par exemple. Entre la croissance de la population, plus importante que celle du nombre de logements, et l’augmentation des loyers, la permacrise du logement tend à renforcer les inégalités existantes et à affecter davantage les personnes étant dans une situation vulnérable, comme par exemple les familles monoparentales, les enfants et les jeunes, les personnes issues de pays tiers, ou encore les sans-abris.</p>



<p>Les recommandations de la déclaration soutiennent d’abord la création de nouveaux logements, notamment via le développement d’un véritable parc locatif public et abordable. En effet, le Luxembourg se situe largement en dessous des autres pays européens en matière de logement social, à peine 2% du parc résidentiel y étant consacré. La création de nouveaux logements pourrait également se faire via des dispositifs d’imposition foncière progressive et d’imposition sur la succession en ligne directe pour dissuader la rétention de terres constructibles et financer le logement public.</p>



<p>Le deuxième volet des recommandations de cette déclaration concerne le marché locatif existant et la protection des ménages. Il s’agit d’abord d’assurer un plafonnement effectif et juste des loyers pour éviter la surchauffe spéculative. Il faut également développer davantage de structures d’hébergement d’urgence et renforcer la protection des locataires, en étant particulièrement attentif aux plus vulnérables, face aux expulsions et hausses de loyer. Une autre mesure clé pour mobiliser le parc immobilier existant consiste à réduire le nombre de logements vacants, via un inventaire précis, des soutiens à la rénovation, et d’éventuelles mesures dissuadant les propriétaires à laisser leurs logements vacants.</p>



<p>Ensuite, le manque de données en matière de logement, et un accès à l’information limité ont été identifiés comme des facteurs importants. À l’heure actuelle, les données sur les logements vacants, les nouveaux ménages, ou encore les nouveaux logements font défaut. Il faut urgemment lancer un recensement complet afin d’optimiser les politiques sur le logement. La déclaration propose également de simplifier l’accès aux subventions de loyer pour réduire le non-recours, ainsi que de renforcer la connaissance générale de la population sur le droit au logement et l&rsquo;accès à l&rsquo;assistance judiciaire.</p>



<p>Enfin, de nombreuses solutions innovantes pourraient faire avancer la question du logement. Il s’agit notamment des logements intergénérationnels, des habitats participatifs, des coopératives de logement, et d’autres. Il faudrait étudier ces différents modèles et s’assurer qu’ils bénéficient de soutiens, mais aussi d’un encadrement adéquat. De plus, il existe des pistes pour augmenter à court terme l’offre de logements de qualité, comme par exemple la réaffectation de surfaces construites ou de terrains, la mise en œuvre de certains plans d’aménagement particuliers, et d’autres.</p>



<p>La démarche initiée par<strong> Amnesty International Luxembourg</strong> et de <strong>Solidaritéit mat den Heescherten</strong> a donc donné lieu à cette « Déclaration pour le droit à un toit » qui est actuellement ouverte à signature auprès de la société civile et qui a déjà récolté le soutien de plusieurs autres organisations ou associations : <strong>ASTI, CELL, Frères des Hommes Luxembourg, Friddens- a Solidaritéitsplattform asbl, Innocence en Danger Luxembourg, Passerell, UNICEF Luxembourg ainsi que d’une trentaine de personnalités.</strong></p>



<p><strong>Organisations signataires* : </strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Amnesty International Luxembourg</li>



<li>Asociación Manos Abiertas</li>



<li>ASK AVOCATS</li>



<li>ASTI</li>



<li>CELL</li>



<li>Eritrean Community Association in Luxembourg (ECAL)</li>



<li>Frères des Hommes Luxembourg</li>



<li>Friddens- a Solidaritéitsplattform asbl</li>



<li>Global Sumud Luxembourg</li>



<li>Innocence en Danger Luxembourg</li>



<li>Le Soleil dans la Main A.S.B.L.</li>



<li>LIFE ASBL</li>



<li>Passerell asbl</li>



<li>Premier secours de l&rsquo;Ordre de Malte asbl</li>



<li>RYSE asbl</li>



<li>SINGA Luxembourg</li>



<li>Solidaritéit mat den Heescherten</li>



<li>UNICEF Luxembourg</li>
</ul>



<p><strong>Signataires individuels* :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Abrahaley Yonas</li>



<li>Baldanza Roberto</li>



<li>Bednarz Lucie</li>



<li>Bellardinelli Anna Maria</li>



<li>Berhe Yordanos</li>



<li>Bertrand Coralie</li>



<li>Binsfeld Françoise</li>



<li>Bonato Sophie</li>



<li>Burggraff Marc</li>



<li>Delvingt Bernard</li>



<li>Diderich Gary</li>



<li>Dupret François-Xavier</li>



<li>Ehlinger Aude</li>



<li>El Gazi Faiza</li>



<li>Feghoul Ouahab</li>



<li>Pregno Gilbert</li>



<li>Flammang Manou</li>



<li>Gannard Julien</li>



<li>Genet Michel</li>



<li>Groos Camille</li>



<li>Hempel Gilles</li>



<li>Hoelpes Claudine</li>



<li>Hoffmann David</li>



<li>Kollwelter Serge</li>



<li>Lambotte Morgan</li>



<li>Lefèvre Elisabeth</li>



<li>Margue Charles</li>



<li>Marques André</li>



<li>Messembourg Olivier</li>



<li>Messelmani Farah</li>



<li>Mineiro Tiago</li>



<li>Nawaz Naheeda</li>



<li>Oé Julie</li>



<li>Paccoud Antoine</li>



<li>Perraudeau Stéphane</li>



<li>Pinto Lara</li>



<li>Pregno Gilbert</li>



<li>Rees Tom</li>



<li>Reichling Letty</li>



<li>Reuter André</li>



<li>Ries Marie-Christine</li>



<li>Shaikh Memouna</li>



<li>Schon Marie Jeanne</li>



<li>Si Abdallah Shana</li>



<li>Thoma Carole</li>



<li>Thomas Guy</li>



<li>Tonnar Serge</li>



<li>Turquin Xavier</li>



<li>Uyttebrouck Constance</li>



<li>Wagener Yolande</li>



<li>Wies Frank</li>



<li>Winandy Chantal</li>



<li>Zogo Alice</li>



<li>Zuccoli Laura</li>
</ul>



<p><strong><mark>Il est encore possible de signer la déclaration, à titre individuel ou d&rsquo;une organisation, jusqu&rsquo;au 31/08/2026 : </mark></strong></p>



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<p class="has-text-align-right"><em> * Dernère mise à jour le 15/07/2026 à 16:17</em></p>
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		<title>Israel/ TPO. Craintes de plus en plus vives pour le médecin palestinien Hussam Abu Safiya, en détention, dont la vie serait en danger imminent</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/israel-tpo-craintes-de-plus-en-plus-vives-pour-le-medecin-palestinien-hussam-abu-safiya-en-detention-dont-la-vie-serait-en-danger-imminent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 09:35:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Israel/ TPO. Craintes de plus en plus vives pour le médecin palestinien Hussam Abu Safiya, en détention, dont la vie serait en danger imminent Les autorités israéliennes doivent libérer immédiatement Hussam Abu Safiya, pédiatre palestinien et directeur de l&#8217;hôpital Kamal Adwan, détenu de manière arbitraire, a déclaré Amnesty International le 6 juillet 2026 : l’avocat [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Israel/ TPO. Craintes de plus en plus vives pour le médecin palestinien Hussam Abu Safiya, en détention, dont la vie serait en danger imminent</h2>



<p>Les autorités israéliennes doivent libérer immédiatement Hussam Abu Safiya, pédiatre palestinien et directeur de l&rsquo;hôpital Kamal Adwan, détenu de manière arbitraire, a déclaré Amnesty International le 6 juillet 2026 : l’avocat qui lui a rendu visite a indiqué que sa vie est en grave péril en raison des actes de torture et des mauvais traitements qu&rsquo;il subit depuis son placement en détention.</p>



<p>Hussam Abu Safiya est détenu arbitrairement dans les prisons israéliennes, sans inculpation ni procès, depuis plus de 18 mois, depuis le 27 décembre 2024, lorsqu’il a été interpellé pendant son service à l’hôpital Kamal Adwan, dans la ville de Gaza.</p>



<p>« Les informations qui nous parviennent concernant la détérioration des conditions de détention d’Hussam Abu Safiya font froid dans le dos. Les déclarations de son avocat, selon lesquelles sa vie est en danger imminent alors qu’il est toujours détenu illégalement, ne font qu’aviver nos inquiétudes à son sujet. Il est inadmissible qu’un pédiatre, qui a consacré sa vie à sauver celle des autres dans la bande de Gaza occupée, soit soumis à la torture et aux mauvais traitements – notamment de graves violences physiques et psychologiques et un placement à l’isolement prolongé – alors qu’il est incarcéré sans aucune justification, a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice générale des recherches, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnesty International.</p>



<p>« Les autorités israéliennes doivent libérer Hussam Abu Safiya immédiatement et sans condition. Dans l’intervalle, les Services pénitentiaires israéliens doivent veiller à ce qu’il soit pleinement protégé contre les mauvais traitements, bénéficie de soins médicaux adéquats et puisse rencontrer sans délai des observateurs indépendants, notamment le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui doit pouvoir entrer en contact avec tous les autres détenu·e·s palestiniens. »</p>



<p>En violation flagrante de ses obligations découlant du droit international, Israël refuse depuis octobre 2023 que le CICR rende visite aux prisonniers·ères et détenu·e·s palestiniens. C’est à la suite d’une visite effectuée le 2 juillet 2026 par un avocat de Médecins pour les droits humains &#8211; Israël que l’on a appris la détérioration de l’état de santé d’Hussam Abu Safiya et les graves sévices qu’il endure aux mains des Services pénitentiaires israéliens. Selon cet avocat, Nasser Odeh, depuis qu’Hussam Abu Safiya a été transféré dans la partie souterraine du centre de détention de Rakefet, il subit quotidiennement coups, menaces et autres formes de mauvais traitements.</p>



<p>Nasser Odeh a déclaré avoir observé des ecchymoses récentes et des traces de torture sur la tête et le corps d’Hussam Abu Safiya, à tel point qu’il était méconnaissable. Il a ajouté qu’il s&rsquo;était présenté à leur rencontre les mains et les pieds entravés. Dans son récit inquiétant, Nasser Odeh l’a décrit comme affaibli et sur le point de perdre connaissance. Il a en outre rapporté les propos d’Hussam Abu Safiya : « C’est la dernière fois que tu me vois… Ils m’ont amené ici pour me tuer. »</p>



<p>« Le témoignage de cet avocat doit servir d’alerte pour les États du monde entier, en particulier les alliés d’Israël. Il est tout à fait répréhensible qu’un médecin qui a refusé d’abandonner ses patients et est devenu une voix influente dénonçant la destruction du système de santé de Gaza soit maintenu en détention arbitraire et illégale au motif qu’il serait, selon la qualification infondée d’Israël, un  » combattant illégal « . Il est toujours privé de ses droits les plus fondamentaux, notamment les droits d’être protégé contre la torture et les mauvais traitements, et de bénéficier d’un procès équitable et d’une procédure régulière, a déclaré Erika Guevara Rosas.</p>



<p>« Le traitement inhumain infligé par Israël aux professionnel·le·s de santé palestiniens à Gaza, notamment les détentions arbitraires et la torture, est favorisé par l’inaction délibérée des États face à la destruction du système de santé de Gaza et aux agressions visant les professionnels de santé palestiniens. Ces agissements s’inscrivent dans le cadre des leviers constituant le génocide mené par Israël à l’encontre des Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza. Se contenter d’exprimer son inquiétude est une mascarade destinée à masquer l’inaction face aux violations flagrantes des droits des Palestinien·ne·s commises par Israël. Amnesty International, aux côtés d’autres organisations de défense des droits humains, ne réclame pas seulement la libération immédiate d’Hussam Abu Safiya. Il s’agit d’un appel à une intervention urgente et efficace pour lui sauver la vie. »</p>



<p>Le fils d’Hussam Abu Safiya, Elias, qui s’exprime au nom de la famille, a confié à Amnesty International :</p>



<p>« [Mon père] vit actuellement des moments critiques, entre la vie et la mort… [Son] état de santé et sa situation s’aggravent de jour en jour. Nous appelons la communauté internationale, les organisations de défense des droits humains, les médias et toutes les personnes de conscience à prendre des mesures immédiates et urgentes pour réclamer que cessent la torture et toutes les violations infligées à mon père, demander des soins médicaux d’urgence et la possibilité de surveiller son état de santé par le biais d’instances juridiques et humanitaires indépendantes, ainsi que la garantie qu’il sera protégé et que ses droits fondamentaux seront respectés.</p>



<p>« Le silence du monde aujourd’hui pourrait coûter la vie à un innocent. Le temps presse, et nous vous prions instamment d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Hussam Abu Safiya est détenu arbitrairement par les autorités israéliennes depuis décembre 2024, à la suite d&rsquo;une descente effectuée par l&rsquo;armée israélienne à l&rsquo;hôpital Kamal Adwan, dans le gouvernorat de Gaza-Nord. Depuis, il est détenu sans inculpation ni jugement en vertu de la Loi sur l’incarcération des combattants illégaux, un texte cruel et abusif, qui autorise l&rsquo;armée à émettre des ordres de détention indéfiniment renouvelables à l&rsquo;encontre de toute personne originaire de Gaza soupçonnée de représenter une menace pour la sécurité de l&rsquo;État ou de se livrer à des activités hostiles, sur la base d&rsquo;éléments de preuve classifiés et sans obligation de présenter un acte d’accusation.</p>



<p>Le 16 juin 2026, la Cour suprême israélienne a rejeté le recours déposé par Hussam Abu Safiya en faveur de sa libération et a confirmé son maintien en détention au moins jusqu’en octobre prochain. L’organisation Médecins pour les droits humains &#8211; Israël estime que la recrudescence des attaques dont il fait l’objet est liée à ce recours et à ses démarches visant à contester sa détention devant les tribunaux.</p>



<p>Hussam Abu Safiya est incarcéré au centre de Rakefet, une section souterraine située sous le complexe pénitentiaire d’Ayalon, où les détenus, pour la plupart des Palestiniens originaires de la bande de Gaza, sont soumis à des actes de torture systématiques et à des traitements inhumains. Fermé en 1985 en raison de ses conditions de détention inhumaines, ce centre a été rouvert pendant le génocide.</p>




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		<title>Arabie saoudite. Des personnes voyageant en Arabie saoudite emprisonnées en raison de publications sur les médias sociaux</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/arabie-saoudite-des-personnes-voyageant-en-arabie-saoudite-emprisonnees-en-raison-de-publications-sur-les-medias-sociaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jun 2026 11:48:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Arabie saoudite. Des personnes voyageant en Arabie saoudite emprisonnées en raison de publications sur les médias sociaux Les personnes qui se rendent en Arabie saoudite, notamment pour le tourisme ou pour des pèlerinages religieux tels que le Hadj et l’Omra, risquent d’être placées en détention, de faire l’objet de procès iniques et d’être condamnées à [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Arabie saoudite. Des personnes voyageant en Arabie saoudite emprisonnées en raison de publications sur les médias sociaux</h2>



<p>Les personnes qui se rendent en Arabie saoudite, notamment pour le tourisme ou pour des pèlerinages religieux tels que le Hadj et l’Omra, risquent d’être placées en détention, de faire l’objet de procès iniques et d’être condamnées à de longues peines d’emprisonnement en raison de leurs activités sur les médias sociaux, y compris pour des publications datant d’avant leur entrée dans le pays, ont déclaré aujourd’hui Amnesty International et ALQST.</p>



<p>Amnesty International et ALQST ont réuni des informations sur neuf cas de personnes, originaires pour la plupart de pays du Sud mondial et du Moyen-Orient, qui ont été arrêtées en Arabie saoudite lors de séjours effectués entre juillet 2022 et fin 2025 en raison de leurs publications sur les médias sociaux. Quatre de ces neuf personnes s’y étaient rendues pour le pèlerinage du Hadj ou de l’Omra, et les cinq autres pour du tourisme ou pour une visite familiale.</p>



<p>Les autorités saoudiennes ont arrêté certains visiteurs.euses peu après leur arrivée dans le pays, d’autres pendant leur séjour et d’autres encore alors qu’ils allaient repartir. Dans les cas étudiés, les autorités saoudiennes ont interrogé les visiteurs·euses au sujet de leurs publications sur les médias sociaux et les ont soumis à une détention arbitraire prolongée, à un procès inique et à un accès retardé à l’assistance consulaire. Dans deux cas, les autorités saoudiennes ont empêché les personnes détenues de communiquer des informations à leurs proches à l’étranger.</p>



<p>« Alors que l’Arabie saoudite se positionne comme une destination touristique internationale et investit massivement dans le tourisme dans le cadre de son programme Vision 2030, elle procède en parallèle à l’arrestation et à la condamnation à de lourdes peines d’emprisonnement de visiteurs·euses qui n’ont pourtant fait qu’exercer leur droit à la liberté d’expression. Des personnes qui se rendent en Arabie saoudite pour un pèlerinage religieux qu’elles n’effectueront qu’une fois dans leur vie ou pour rendre visite à des proches se retrouvent soudainement, sans que rien n&rsquo;ait pu le présager, dans une situation cauchemardesque et arrachées à leur famille, et tout cela uniquement en raison de publications sur les médias sociaux », a déclaré Bissan Fakih, chargée de campagne sur la région MENA à Amnesty International.</p>



<p>« La répression de longue date exercée par les autorités saoudiennes contre la liberté d’expression de leurs propres citoyen·ne·s et résident·e·s s’étend désormais aux visiteurs·euses étrangers. Derrière l’image soigneusement construite par le gouvernement saoudien d’un pays ouvert sur le monde, un climat de peur règne, entretenu par une répression sévère à l’intérieur du pays », a déclaré Nadyeen Abdulaziz, chargée de la surveillance et du plaidoyer à ALQST.</p>



<p>Amnesty International et ALQST appellent les États à faire pression sur l’Arabie saoudite pour qu’elle mette fin à la répression de la liberté d’expression exercée contre celles et ceux qui visitent le pays et qui y vivent, et pour qu’elle libère immédiatement les personnes détenues uniquement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression. Les ministères des Affaires étrangères devraient également veiller à ce que leurs conseils aux voyageurs·euses concernant l’Arabie saoudite soient mis à jour, afin que les voyageurs·euses soient conscients des risques liés à leur activité sur les médias sociaux s’ils se rendent dans le pays, particulièrement alors que celui-ci attire les touristes et se prépare à accueillir l’exposition universelle de 2030 et la Coupe du monde de 2034.</p>



<p>L’Arabie saoudite a pour objectif d’accueillir 150 millions de touristes d’ici 2030 dans le cadre de son programme phare Vision 2030, qui vise à diversifier l’économie du pays, à favoriser une société « dynamique » et à positionner le royaume en tant que destination touristique à l’échelle mondiale. Pourtant, l’Arabie saoudite conserve un cadre législatif extrêmement restrictif qui réprime pénalement avec de lourdes peines des formes d’expression protégées par le droit international relatif aux droits humains. La juridiction antiterroriste saoudienne, le Tribunal pénal spécial, utilise régulièrement des dispositions vagues des lois contre la cybercriminalité et contre le terrorisme qui assimilent des formes d’expression légitimes à du « terrorisme ».</p>



<h4 class="wp-block-heading">Arrestations liées aux médias sociaux, détention provisoire prolongée et procès iniques </h4>



<p>Le Britannique Ahmed al Doush purge une peine de cinq ans d’emprisonnement prononcée contre lui à l’issue d’un procès inéquitable pour des chefs d’accusation basés sur son utilisation des médias sociaux, en violation de son droit à la liberté d’expression. Les autorités saoudiennes ont arrêté Ahmed al Doush, qui était alors analyste commercial senior à la Bank of America, le 31 août 2024 à l’aéroport de Riyad alors qu’il retournait au Royaume-Uni après avoir effectué une visite en Arabie saoudite avec son épouse enceinte et ses deux enfants, en raison de messages qu’il avait publiés sur les réseaux sociaux avant son arrivée en Arabie saoudite. Le 12 mai 2025, le Tribunal pénal spécial l’a condamné à 10 ans d’emprisonnement, cette peine ayant été réduite à cinq ans en appel en avril 2026. Les autorités saoudiennes n’ont pas communiqué à sa famille ni à son avocat britannique les documents judiciaires, notamment les jugements de première instance et d’appel, malgré des demandes répétées. Amr Abdelfattah, un Français père de trois enfants, a été arrêté le 16 juin 2024 alors qu’il se trouvait en Arabie saoudite pour le pèlerinage du Hadj. Amr Abdelfattah a été maintenu en détention pendant plus de 11 mois avant d’être finalement traduit en justice en mai 2025 en lien avec l’expression en ligne d’opinion et un problème de visa, ce dernier donnant généralement lieu à des sanctions sous forme d’amende et d’expulsion du pays. Les autorités ont déclaré que ses propos en ligne « insultaient le gouvernement » et « faisaient l’éloge de personnes poursuivies en justice ».</p>



<p>Les personnes arrêtées ont été victimes de multiples violations des garanties procédurales et des droits liés à la détention. Dans certains cas, des détenus qui ne comprenaient pas l’arabe ont été forcés à signer des documents rédigés en arabe, sans rien savoir de leur teneur. Certains de ceux qui ont finalement été libérés ont déclaré ne pas avoir reçu de vêtements adéquats et avoir été privés d’effets personnels. Dans les cas d’au moins deux des étrangers sur lesquels Amnesty International et ALQST ont rassemblé des informations, les autorités saoudiennes ont restreint les contacts avec leurs proches vivant à l’étranger.</p>



<p>Durant toute sa détention, Amr Abdelfattah s’est vu refuser à plusieurs reprises l’accès à un avocat et à des visites de sa famille, et les représentant·e·s du consulat français se sont vu refuser l’accès au procès. De septembre 2024 au 5 août 2025, il a été autorisé à passer des appels téléphoniques hebdomadaires de 15 minutes à son épouse, mais ces appels étaient coupés dès qu’il tentait de parler de la façon dont il était traité en prison ou de l’avancée de son procès. Les contacts avec sa famille ont été interrompus jusqu’à une date récente et depuis, les communications hebdomadaires sont de nouveau permises. Il n’est pas autorisé à parler en français avec sa famille, mais uniquement en arabe afin que les agents pénitentiaires puissent surveiller la conversation. ALQST a su qu’il avait aussi été violemment frappé par des gardiens de prison.</p>



<p>Les communications entre Ahmed al Doush et sa famille ont également été fortement limitées. En avril 2025, il a dit à son épouse que les autorités pénitentiaires lui avaient ordonné de ne demander des nouvelles que d’elle et de ses enfants lors des appels, et indiqué que s’il abordait le sujet de ses conditions de détention, de sa santé ou de la procédure judiciaire et des chefs d’accusation retenus contre lui, l’appel serait alors coupé et il serait puni. Sa famille a dit qu’il avait récemment été privé de tout contact avec elle pendant près de trois semaines parce qu’il avait utilisé l’anglais pour parler à ses enfants.</p>



<p>Le bien-être et la santé mentale d’Ahmed al Doush et d’Amr Abdelfattah se sont considérablement dégradés au cours de leur détention. De même, les autorités saoudiennes ont arrêté Fahd Ramadhan, ressortissant néerlando-yéménite, le 20 novembre 2023 et l’ont maintenu en détention arbitraire pendant 18 mois. Fahd Ramadhan n’a jamais été officiellement inculpé, mais il a déclaré aux représentant·e·s de l’ambassade des Pays-Bas à Riyad qu’il pensait que sa détention était due à des publications en ligne dans lesquelles il avait exprimé sa sympathie à l’égard d’un détracteur de la famille royale saoudienne. Au cours de sa détention provisoire, les enquêteurs lui avaient demandé de signer un document recensant quatre de ses publications sur X. Il a été libéré en juin 2025.</p>



<p>Un autre homme, dont le nom n’a pas été divulgué pour des raisons de sécurité, a été arrêté à La Mecque alors qu’il effectuait le pèlerinage de l’Omra, quatre heures seulement après avoir partagé sur les médias sociaux une publication critiquant les autorités saoudiennes, qu’il avait supprimée deux heures plus tard. Il a été détenu pendant un an et huit mois sans jugement et a depuis été libéré.</p>



<p>En 2023, les autorités saoudiennes ont arrêté une autre personne effectuant le pèlerinage de l’Oumra parce qu’elle avait montré un bout de papier appelant à la libération d’un prisonnier politique détenu dans un autre pays, sans lien avec l’Arabie saoudite, et elles l’ont maintenue en détention pendant un an. L’Arabie saoudite l’a libérée près d’un an plus tard.</p>



<p>Haidar Slim, de nationalité libanaise, a été placé en détention en 2022 après avoir accompli le pèlerinage du Hadj. Il s’était filmé en train de chanter un chant religieux chiite pendant le pèlerinage, et cette vidéo avait par la suite circulé en ligne. Il a ensuite été poursuivi au titre de la loi sur la cybercriminalité pour « publication de contenus portant atteinte à l’ordre public et aux valeurs religieuses », et condamné à cinq ans d’emprisonnement et à une amende de 10 000 riyals saoudiens. Il a été libéré en mars 2025 à la suite d’une intervention diplomatique, après avoir purgé près de trois ans de sa peine.</p>



<p>Compte tenu du climat de peur et du manque de transparence qui règnent dans le pays, l’ampleur réelle des arrestations liées à l’expression d’opinions est probablement plus importante, certaines informations n’étant révélées qu’après la libération des détenu·e·s et leur départ du pays.</p>



<p>Outre les neuf cas sur lesquels des informations ont été rassemblées, qui comprennent le cas d’un États-Unien détenu pendant deux mois sans inculpation fin 2025 après avoir publié une vidéo TikTok sur son expérience dans le pays, et un Canadien arrêté en avril 2023 et interrogé au sujet de publications et de « likes » sur les réseaux sociaux, Amnesty International et ALQST ont connaissance d’un certain nombre d’autres cas de touristes arrêtés pendant leur séjour en Arabie saoudite en raison de leurs activités sur les médias sociaux, notamment de cas sur lesquels les organisations n’ont pas été en mesure d’enquêter. Parmi les cas signalés par les médias figure celui d’un homme arrêté pendant le pèlerinage du Hadj après avoir critiqué la négligence présumée des autorités saoudiennes à la suite du décès de 1 301 pèlerins lors du Hadj de 2024, décès que le ministère saoudien de la Santé a par la suite attribué principalement au stress thermique.</p>



<p>« Les gouvernements étrangers devraient utiliser les moyens à leur disposition pour protéger les droits de leurs ressortissant·e·s qui voyagent ou vivent à l’étranger, notamment en leur fournissant une assistance consulaire et en suivant le déroulement des procès. Les gouvernements qui se disent attachés aux droits humains universels devraient plaider en faveur de la libération de toutes les personnes détenues arbitrairement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression », a déclaré Nadyeen Abdulaziz.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Amnesty International et ALQST ont réuni des informations sur plusieurs dizaines de cas de Saoudien·ne·s détenus en raison de leurs publications sur les médias sociaux, notamment sur les cas d’Abdulrahman al Sadhan, employé du Croissant-Rouge, qui purge une peine de 20 ans d’emprisonnement et qui est actuellement soumis à une disparition forcée après avoir publié des messages satiriques sur X, et de Manahel al Otaibi, influenceuse dans le domaine du fitness et défenseure des droits des femmes, qui purge une peine de cinq ans d’emprisonnement pour avoir twitté en faveur des droits des femmes, notamment sous le hashtag #EndMaleGuardianship, et publié en ligne une photo d’elle-même dans un centre commercial où elle ne portait pas l’abaya (tunique traditionnelle à manches longues et à la coupe ample). Amnesty International a également observé que les autorités des États du Golfe, notamment en Arabie saoudite, ont intensifié la répression du droit à la liberté d’expression après la guerre américano-israélienne contre l&rsquo;Iran.</p>




<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/arabie-saoudite-des-personnes-voyageant-en-arabie-saoudite-emprisonnees-en-raison-de-publications-sur-les-medias-sociaux/">Arabie saoudite. Des personnes voyageant en Arabie saoudite emprisonnées en raison de publications sur les médias sociaux</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>Libye/UE. Les autorités rivales intensifient la répression xénophobe et raciste visant les personnes réfugiées et migrantes en Libye alors que l’UE cherche à renforcer les liens</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jun 2026 11:34:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Libye/UE. Les autorités rivales intensifient la répression xénophobe et raciste visant les personnes réfugiées et migrantes en Libye alors que l’UE cherche à renforcer les liens L’Union européenne cherche à étendre sa coopération avec les autorités libyennes rivales et leurs groupes armés alliés, alors même que ces acteurs mènent une campagne d’une intensité croissante, alimentée [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Libye/UE. Les autorités rivales intensifient la répression xénophobe et raciste visant les personnes réfugiées et migrantes en Libye alors que l’UE cherche à renforcer les liens</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Les autorités libyennes rivales intensifient leur répression raciste, procédant à des milliers d’arrestations, de détentions arbitraires et d’expulsions collectives de personnes réfugiées et migrantes.</strong></li>



<li><strong>Le discours xénophobe de responsables politiques alimente les violences, la multiplication des manifestations hostiles aux migrant·e·s et le recours à l’autodéfense.</strong></li>



<li><strong>L’UE cherche à renforcer la coopération en matière de migration avec ces acteurs en dépit de leur bilan de graves violations des droits humains.</strong></li>
</ul>



<p>L’Union européenne cherche à étendre sa coopération avec les autorités libyennes rivales et leurs groupes armés alliés, alors même que ces acteurs mènent une campagne d’une intensité croissante, alimentée par un discours xénophobe, d’arrestations de masse, de détentions arbitraires et d’expulsions collectives illégales, toutes discriminatoires sur le plan racial, visant les personnes réfugiées, demandeuses d’asile ou migrantes, a déclaré Amnesty International le 23 juin 2026.</p>



<p>Au cours du mois écoulé, le gouvernement d’unité nationale (GUN) basé à Tripoli et le « gouvernement libyen », son rival dans l’est du pays, allié au groupe armé nommé Forces armées arabes libyennes (FAAL), contrôlant de facto l’est et le sud du pays, ont lancé une nouvelle répression contre les personnes étrangères, procédant à des milliers d’arrestations. Les déclarations xénophobes et racistes de responsables politiques ont alimenté une multiplication des manifestations hostiles aux personnes migrantes, le recours à des groupes d’« autodéfense » anti-migrants et les discours de haine en ligne. Dans le même temps, l’Union européenne (UE) cherche activement à étendre sa coopération en matière de migration avec ces mêmes acteurs, afin de retenir les personnes réfugiées et migrantes en Libye, notamment dans l’est du pays, contrôlé par les FAAL, en dépit de leur bilan largement attesté de crimes de droit international et de graves atteintes aux droits humains.</p>



<p>« Il est scandaleux que les autorités libyennes rivales s’unissent dans les atteintes aux droits humains des personnes réfugiées et migrantes, les discours racistes, le refus des demandes d’asile et l’arrestation arbitraire de milliers de personnes, qui sont ensuite expulsées, parfois collectivement, aux frontières terrestres. Le gouvernement d’unité nationale et ses rivaux de l’est du pays doivent mettre un terme immédiatement à ces violences », a déclaré Diana Elahawy, directrice adjointe pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à Amnesty International.</p>



<p>« L’UE finance depuis longtemps le contrôle des mouvements migratoires en Libye par son soutien aux garde-côtes libyens, ce qui la rend déjà complice de terribles atteintes aux droits humains et violences. Étendre cette coopération aux groupes armés basés dans l’est du pays connus pour commettre des crimes de guerre et d’autres atteintes aux droits humains en toute impunité reflète un mépris choquant non seulement pour le droit international mais également pour la vie et la dignité humaines. L’UE et ses États membres ne peuvent échapper à leurs responsabilités à l’égard de ces violences qui se poursuivent. Ils doivent mettre un terme à leur complicité dans les crimes de droit international et suspendre leurs politiques visant à retenir les personnes réfugiées en Libye, à cause desquelles ces personnes sont prises au piège dans des cycles de violence. »</p>



<p>Le gouvernement d’unité nationale et ses rivaux de l’est du pays doivent immédiatement mettre un terme à leur discours raciste et xénophobe et exiger que l’ensemble de leurs entités et groupes armés alliés mettent fin à la détention arbitraire de masse et aux expulsions illégales de personnes réfugiées et migrantes et les protègent de la torture et des autres violences dont se rendent responsables des acteurs étatiques et non étatiques.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Arrestations de masse suivies d’expulsions collectives et sommaires</h4>



<p>Dans le cadre de la répression, des milliers de personnes réfugiées, demandeuses d’asile et migrantes ont été arrêtées dans tout le pays, notamment à Ajdabiyah, Al Bayda, Benghazi, Derna, Sabratha, Sebha, Syrte, Tripoli et Tobrouk.</p>



<p>Dans l’ouest du pays, le directeur adjoint de la Direction de la lutte contre la migration illégale (DCIM), le colonel Ali Daw, a annoncé que la DCIM avait arrêté et expulsé de force des dizaines de personnes migrantes, dont des enfants, de camps informels du secteur d’al Serraj, à Tripoli, le 18 mai 2026. La branche de l’est de Tripoli de la DCIM s’est également félicitée d’avoir expulsé sommairement plus de 800 « migrant·e·s illégaux », notamment des ressortissant·e·s soudanais, depuis l’aéroport de Mitiga, à Tripoli, depuis début mai. Les personnes expulsées n’ont pas eu la possibilité de contester leur expulsion ni de demander l’asile. </p>



<p>La branche de l’est de la DCIM a annoncé le 24 mai qu’entre 7 000 et 8 000 personnes migrantes avaient été arrêtées dans l’est et le sud du pays dans l’attente de leur expulsion, dont 4 500 personnes d’origine étrangère, notamment des Soudanais·es ayant été arrêtés depuis mai. Dans une autre déclaration datant du 2 avril, la branche de l’est de la DCIM a annoncé avoir prévenu des représentant·e·s de l’UE que la Libye n’était pas une « terre de réinstallation pour les Africains », ce qui illustre le rejet spécifique des personnes migrantes noires originaires d’Afrique subsaharienne, qualifiées d’« Africains ». </p>



<p>Le 3 juin, un représentant de la DCIM a déclaré que quiconque entrait sur le territoire sans papiers était un « migrant illégal » qui serait « simplement expulsé » et que la DCIM « ne reconnaît absolument pas les cartes de réfugiés ».</p>



<p>Amnesty International s’est entretenue avec un demandeur d’asile soudanais qui a été arrêté le 2 juin par la DCIM dans la ville de Tobrouk, dans l’est du pays, contrôlé par les FAAL, avec des dizaines d’autres personnes soudanaises, sur la base d’un profilage racial. Il a déclaré à Amnesty International qu’il avait été détenu pendant deux jours dans un hangar gravement surpeuplé du centre d’accueil et d’expulsion de Bab al Zaytoun à Tobrouk, avant d’obtenir sa libération. Il a déclaré avoir été détenu dans le hangar avec au moins 1 000 personnes, dont des ressortissant·e·s soudanais, égyptiens et bangladais, ainsi que 200 personnes qui avaient été interceptées en mer.</p>



<p>Les gardiens ont refusé de lui fournir de l’insuline et de lui permettre de solliciter l’asile. Il a vu des responsables évacuer 400 personnes du centre de détention. Il a ensuite appris d’une autre personne demandeuse d’asile soudanaise, qui l’a contacté depuis Port-Soudan (nord-est du Soudan), que ces personnes avaient été forcées à embarquer dans un avion à Benghazi et expulsées.</p>



<p>Amnesty International s’est entretenue avec un Sierra-Léonais noir vivant à Tripoli qui avait été arrêté et détenu deux fois au cours des deux semaines précédentes. Le 2 juin, la DCIM l’a arrêté avec d’autres personnes migrantes noires dans une rue de Tripoli, avant de le transférer vers un centre de détention dans l’ouest de la Libye sous contrôle des forces armées de la zone militaire des montagnes de l’Ouest. Des gardes l’ont frappé tous les jours pendant quatre jours jusqu’à ce que des ami·e·s l’aident à payer une rançon pour obtenir sa libération. Il a déclaré que des milliers de personnes étaient détenues dans ce centre, y compris des personnes soudanaises, égyptiennes, pakistanaises, algériennes et tunisiennes. Le 11 juin, la DCIM l’a arrêté alors qu’il se trouvait dans un taxi à Tripoli, puis l’a transféré vers un lieu non identifié à Tripoli, où il a été détenu pendant deux jours et frappé, jusqu’à ce qu’il paie une autre rançon. </p>



<p>Les recherches effectuées par le passé sur les arrestations de personnes migrantes indiquent que les milices, les groupes armés et les forces de sécurité en Libye, motivés par la xénophobie et le racisme, ont particulièrement pris pour cible les personnes noires et racisées, qui représentent la majorité de la population migrante en Libye.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le racisme officiellement approuvé encourage les mouvements de manifestations hostiles aux personnes migrantes </h4>



<p>Entre le 1er et le 10 juin 2026, une série de déclarations et de décisions rejetant la « réinstallation » de personnes migrantes en Libye ont été publiées par le ministère des Affaires étrangères du gouvernement d’unité nationale, la Chambre des représentants, le Parlement libyen allié aux autorités basées dans l’est du pays, ainsi que le « gouvernement de stabilité nationale » (GNS) basé dans l’est du pays et les FAAL.</p>



<p>La Chambre des représentants a souligné la nécessité de protéger l’« identité démographique et culturelle » de la Libye et a évoqué la Loi n° 24 d’août 2023, qui impose l’emprisonnement et l’expulsion de toute personne cherchant à se « réinstaller » en Libye, que ce soit par des moyens légaux ou illégaux. Saddam Haftar, numéro deux des FAAL, a annoncé une vaste campagne d’expulsions. Amnesty International a déjà recueilli des informations sur les expulsions collectives de personnes migrantes et réfugiées, ainsi que sur les homicides illégaux, les actes de torture et autres mauvais traitements, les viols et les violences sexuelles dont s’est rendu responsable le groupe armé Tariq Ben Zeyad (TBZ), alors sous le contrôle de facto de Saddam Haftar. </p>



<p>Le 8 juin, le ministre de l’Intérieur du gouvernement d’unité nationale Emad al Trabelsi a déclaré que les autorités mettaient en œuvre un programme national d’expulsions dans le cadre duquel des milliers de personnes avaient déjà été sommairement expulsées. Emad Al Trabelsi était auparavant à la tête de la tristement célèbre milice de l’Agence de sécurité publique, qui a été impliquée dans des crimes contre des migrant·e·s et des réfugié·e·s et a également participé à la répression actuelle.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mouvement « Pas de réinstallation »</h4>



<p>La nouvelle répression des autorités s’inscrit dans un contexte d’intensification des manifestations xénophobes à Tripoli portant le slogan « Pas de réinstallation » et de publications xénophobes et racistes sur les réseaux sociaux.</p>



<p>Depuis avril, des centaines de manifestant·e·s se réunissent chaque semaine dans le quartier de Janzour, dans l’ouest de Tripoli, où se trouvent des locaux de l’ONU. Reprochant aux personnes migrantes, qualifiées d’« infiltrés », les problèmes économiques de la Libye, ils exigent l’expulsion de Libye du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, tout en exprimant leur opposition à la coopération en matière de migration avec l’UE destinée à maintenir les personnes étrangères en Libye. Avec la DCIM et des municipalités locales, des manifestant·e·s hostiles aux personnes migrantes ont appelé les Libyen·ne·s employant ou hébergeant des personnes migrantes en situation irrégulière à les licencier et les expulser et à dénoncer toute personne qui ne l’aurait pas fait. </p>



<p>Le 4 juin, lors d’une manifestation devant les locaux du HCR à Tripoli, des manifestant·e·s ont déposé des monticules de sable devant les entrées et ont franchi le portail extérieur du complexe voisin de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), qui a fait part de sa préoccupation quant à la diffusion de mésinformation et de désinformation concernant le travail de l’ONU en Libye. Les forces de sécurité libyennes présentes sur place ne sont pas intervenues. Le 8 juin, Emad al Trabelsi, ministre de l’Intérieur du gouvernement d’unité nationale, a rencontré des militant·e·s du mouvement « Non à la réinstallation » et a publiquement fait part de son soutien à leurs revendications. </p>



<p>Depuis le 15 mai, des vidéos publiées en ligne montrent des personnes noires pourchassées, provoquées, frappées et agressées physiquement par des personnes libyennes, notamment à Tripoli , Zintan et Zliten, ce qui démontre que le discours hostile aux migrant·e·s porté par des acteurs étatiques et non étatiques a entraîné une intensification des violences racistes commises en toute impunité.</p>



<h4 class="wp-block-heading">L’UE complice d’atteintes aux droits humains systémiques </h4>



<p>Des documents divulgués, des informations des médias, ainsi que plusieurs publications sur les réseaux sociaux des FAAL, de l’opération navale de l’UE Eunavfor Med Irini et de la délégation de l’UE en Libye datant de mai confirment que le bloc cherche à étendre sa coopération en matière de migration avec la Libye, notamment en créant un centre de coordination des sauvetages maritimes à Benghazi, la deuxième plus grande ville de Libye, sous le contrôle de FAAL.</p>



<p>Cela intervient après que les garde-côtes libyens ont ouvert le feu sur un navire de secours de l’ONG Sea-Watch le 11 mai, dans les eaux internationales au nord de Tripoli. Il s’agissait de la troisième fois que de tels agissements se produisaient depuis août 2025. Les autorités libyennes n’ont pas publié d’informations sur de quelconques enquêtes. Le 6 mai, la Médiatrice européenne a ouvert une enquête sur la non-publication par la Commission européenne de documents liés à l’un de ces événements.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information </h4>



<p>La crise actuelle est le prolongement des atteintes généralisées et systématiques aux droits humains de personnes réfugiées et migrantes, largement attestées, qui se poursuivent en Libye, et que la coopération avec l’UE et ses États membres a activement favorisées.</p>




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		<title>Géorgie. Les autorités ont construit un système coordonné afin d’étouffer l’opposition et de consolider le pouvoir</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/georgie-les-autorites-ont-construit-un-systeme-coordonne-afin-detouffer-lopposition-et-de-consolider-le-pouvoir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jun 2026 12:49:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Géorgie. Les autorités ont construit un système coordonné afin d’étouffer l’opposition et de consolider le pouvoir La Géorgie connaît l’une des plus graves érosions de la situation des droits humains depuis son indépendance, alors que le parti au pouvoir recourt de plus en plus souvent à des pratiques autoritaires pour conserver sa mainmise sur le [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Géorgie. Les autorités ont construit un système coordonné afin d’étouffer l’opposition et de consolider le pouvoir</h2>



<p>La Géorgie connaît l’une des plus graves érosions de la situation des droits humains depuis son indépendance, alors que le parti au pouvoir recourt de plus en plus souvent à des pratiques autoritaires pour conserver sa mainmise sur le pouvoir, dans un contexte de mécontentement croissant de la population face à son attitude concernant l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie et les relations de la Géorgie avec l’Union européenne, a déclaré Amnesty International lundi 15 juin.</p>



<p>Un nouveau rapport, intitulé <strong><em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/EUR-5611152026-1.pdf">Anatomy of Repression &#8211; Georgia: 500 Days of Protest, Crackdown and Resilience</a></em></strong>, décrit comment le gouvernement dirigé par le parti Rêve géorgien a utilisé la désinformation comme une arme pour justifier la répression et discréditer celles et ceux qui le critiquent, a abusé de sa majorité parlementaire pour faire adopter à la hâte des lois répressives, a instrumentalisé les tribunaux et la police pour poursuivre ses opposant·e·s, et a brutalement réprimé les manifestations dans le cadre de son offensive généralisée contre l’exercice des droits humains. Ces vastes mesures ont eu pour effet d’ériger en infraction l’opposition pacifique.</p>



<p>« Ce qui s’est passé en Géorgie ces trois dernières années illustre la rapidité avec laquelle des gouvernements peuvent transformer les institutions de l’État en puissants outils de répression afin de renforcer leur propre pouvoir », a déclaré Denis Krivosheev, directeur adjoint pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale à Amnesty International.</p>



<p>« Les autorités géorgiennes se sont servies de la désinformation, d’une législation abusive, de violences policières et de l’injustice des tribunaux comme d’armes pour se protéger des menaces potentielles pesant sur leur pouvoir. Elles ont dans les faits créé un système dans lequel l’opposition pacifique est traitée comme un crime, la société civile est considérée comme un ennemi national, les journalistes indépendants sont harcelés, poursuivis en justice et réduits au mode de survie, et où les victimes de violences policières sont privées de justice et persécutées. Les droits humains et l’espace civique ont subi l’un des revers les plus graves depuis que la Géorgie a retrouvé son indépendance. »</p>



<div class="wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/EUR-5611152026-1.pdf">lire le rapport (en)</a></div>
</div>



<h4 class="wp-block-heading">Diabolisation des détracteurs et lois répressives</h4>



<p>Depuis 2022, le gouvernement réagit avec agressivité face à la multiplication des manifestations et des critiques du public concernant son approche de la guerre d’agression menée par la Russie en Ukraine et de la perspective d’une adhésion de la Géorgie à l’UE.</p>



<p>Les personnes formulant des critiques qui sont issues de l’opposition politique, de la société civile et des médias ont été présentées comme des agents de l’« État profond » soutenus par l’étranger, des « traîtres » et des « radicaux » cherchant à porter atteinte à la souveraineté de la Géorgie. Parallèlement, une série de lois a été adoptée afin de soumettre les personnes et les entités recevant des financements étrangers et impliquées dans des « activités politiques », à la définition très large, à des conditions d’enregistrement plus strictes et à une surveillance intrusive, ainsi qu’au risque de gel des avoirs, d’enquêtes pénales et d’emprisonnement.</p>



<p>Parmi les principales mesures figurent la Loi de mai 2024 relative à la transparence de l’influence étrangère, la Loi d’avril 2025 sur l’enregistrement des agents étrangers, ainsi que des modifications apportées à la Loi relatives aux subventions, au Code des infractions administratives et à la Loi sur les associations politiques.</p>



<p>Des dizaines d’organisations de la société civile ont alors été contraintes de réduire leurs effectifs, de suspendre leurs activités ou de fonctionner en mode de survie. Tamta Mikeladze, directrice du Centre pour la justice sociale, dont les comptes ont été gelés, a déclaré : « Ils ont tué notre organisation, notre institution, et ça a été une catastrophe, pour être honnête. À l’heure actuelle, nous poursuivons notre travail sur une base bénévole.</p>



<p>Des journalistes critiques envers le gouvernement ont subi des pressions similaires. Mariam Nikuradze a déclaré à Amnesty International : « Il n’a jamais été aussi dangereux d’être journaliste en Géorgie […] Les difficultés viennent de toutes parts : sécurité physique, législation restrictive, sécurité numérique, poursuites pénales, campagnes de dénigrement menées par le gouvernement, instabilité financière et rétrécissement de l’espace dédié à notre travail. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Répression implacable en réponse aux manifestations en cours</h4>



<p>La réintroduction en avril 2024 de la Loi relative à la transparence de l’influence étrangère, une loi qui étoufferait les organisations de la société civile, a suscité des manifestations de masse qui ont été réprimées avec brutalité : des manifestant·e·s pacifiques ont été frappés, aspergés de gaz lacrymogène et de canons à eau, et visés illégalement par des balles en caoutchouc, souvent sans avertissement ni voies de dispersion sûres.</p>



<p>D’autres manifestations ont éclaté après les résultats contestés des élections législatives d’octobre 2024 et l’annonce par le parti au pouvoir, en novembre 2024, d’une « pause » de quatre ans dans les négociations d’adhésion à l’UE. Des manifestant·e·s ont été victimes d’arrestations arbitraires, d’un recours illégal à la force, de coups violents et d’autres actes de torture ou de mauvais traitements. Beaucoup ont dit avoir été pris au piège par des cordons de police, exposés à des agents chimiques irritants, contraints de passer un par un par des « couloirs de passage à tabac » et roués de coups pendant leur détention et à l’intérieur des véhicules de police.</p>



<p>Le 3 décembre 2024, Aleksandre Tirkia a été touché à la tête par une grenade lacrymogène lors d’une manifestation à Tbilissi. Alors âgé de 22 ans, il a souffert de fractures au crâne et au visage, de lésions cérébrales et de graves blessures à l’œil gauche.</p>



<p>« C’était un tir destiné à tuer. Ils nous ont visés avec du gaz lacrymogène. Mes yeux brûlaient terriblement, et il est devenu très difficile de respirer. J’ai essayé de partir, mais nous étions encerclés. Nous étions bloqués de tous les côtés &#8211; devant, derrière, même dans les petites rues sur le côté. C’est là que la grenade m’a touché. J’ai commencé à ressentir une douleur insupportable à la tête. Cette souffrance était si intense que ce moment a disparu de ma mémoire », a-t-il déclaré à Amnesty International.</p>



<p>Les données du Bureau du défenseur des droits montrent que 78 à 88 % des personnes arrêtées par les forces de sécurité ont signalé avoir subi des mauvais traitements pendant leur détention en 2024-2025. Au seul mois de novembre 2024, plus de 300 manifestant·e·s placés en détention ont signalé de graves violences physiques, et plus de 80 d’entre eux ont dû être hospitalisés pour des commotions cérébrales, des fractures et des fêlures. La police a aussi beaucoup recouru à la violence fondée sur le genre, notamment à des insultes sexistes, des menaces de violences sexuelles et des fouilles à nu illégales et dégradantes, en particulier contre des femmes participant aux manifestations, dans le cadre d’une campagne plus large visant à intimider et à punir les manifestant·e·s pacifiques.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Procès iniques pour les manifestant·e·s et impunité pour la police</h4>



<p>Les tribunaux géorgiens ont été cooptés par le gouvernement pour approuver systématiquement les requêtes de procureurs contre des manifestant·e·s et appliquer des lois qui bafouent les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Des juges ont arbitrairement imposé des amendes d’un montant exorbitant, des détentions administratives et des peines de prison dans des affaires liées aux manifestations, à l’issue de procès iniques, et 150 personnes sont injustement maintenues en détention.</p>



<p>En décembre 2024, des manifestant·e·s ont été visés par de lourdes amendes parce qu’ils s’étais tenus sur la chaussée lors d’une manifestation &#8211; environ 1 800 dollars des États-Unis, soit plus du double du salaire mensuel moyen national. Au mois de décembre 2025, ils avaient également été sanctionnés pour s’être tenus sur le trottoir.</p>



<p>Gota Chanturia, enseignante et militante, risque d’être condamnée à des amendes totalisant environ 130 000 dollars des États-Unis, pour avoir simplement participé à des manifestations pacifiques. Elle a déclaré à Amnesty International : « Je n’ai aucun moyen de les payer. C’est simplement leur manière de nous terroriser et d’essayer de nous empêcher de manifester […] Mes comptes bancaires sont gelés, je ne peux pas gagner ma vie, et à tout moment, ils pourraient m’arrêter et saisir notre maison. »</p>



<p>Les autorités ont systématiquement manqué à leur devoir de demander des comptes à la police pour les violations des droits humains commises dans le cadre de la répression de l’opposition. Des centaines de manifestant·e·s ont comparu devant les juges avec des blessures visibles et ont dénoncé des actes de torture ou d’autres mauvais traitements infligés par des responsables de l’application des lois, sans aucun résultat. Dans le seul cas de ce type à ce jour, cinq policiers ont été inculpés en mai 2026 d’abus de pouvoir pour avoir agressé des manifestant·e·s, après que leurs infractions présumées ont été révélées par un reportage télévisé indépendant.</p>



<p>Amnesty International appelle l’État géorgien et les autorités locales, ainsi que le Parlement et le pouvoir judiciaire, les acteurs internationaux et privés, à prendre des mesures urgentes pour mettre fin au recours à des pratiques autoritaires visant à réduire au silence l’opposition, à affaiblir l’espace civique, l’état de droit et les droits humains.</p>



<p>Les autorités géorgiennes doivent abroger les lois qui restreignent indûment les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, libérer toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits humains, faire respecter l’état de droit et l’indépendance du pouvoir judiciaire, et garantir des nouveaux procès équitables dans toutes les affaires en cours liées aux manifestations.</p>



<p>Les autorités doivent également diligenter dans les meilleurs délais des enquêtes indépendantes et efficaces sur toutes les allégations de torture, d’autres mauvais traitements et de recours illégal à la force par les forces de l’ordre et les groupes affiliés à l’État, et accorder des réparations adéquates à toutes les personnes lésées. La communauté internationale doit veiller à ce que les violations des droits humains et crimes relevant du droit international commis en Géorgie, soient recensées, et qu’elles donnent lieu à des enquêtes et des poursuites, notamment en explorant différentes possibilités aux niveaux national, régional et international.</p>



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		<title>Afghanistan. Le nouveau code autorisant le mariage des enfants aggrave la situation déjà désastreuse des droits des femmes et des filles</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/afghanistan-le-nouveau-code-autorisant-le-mariage-des-enfants-aggrave-la-situation-deja-desastreuse-des-droits-des-femmes-et-des-filles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 14:28:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Afghanistan. Le nouveau code autorisant le mariage des enfants aggrave la situation déjà désastreuse des droits des femmes et des filles Le nouveau décret des talibans autorisant le mariage des enfants constitue la dernière salve en date de l’offensive menée contre les droits des femmes et des filles en Afghanistan, écrit Amnesty International dans sa [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Afghanistan. Le nouveau code autorisant le mariage des enfants aggrave la situation déjà désastreuse des droits des femmes et des filles</h2>



<p>Le nouveau décret des talibans autorisant le mariage des enfants constitue la dernière salve en date de l’offensive menée contre les droits des femmes et des filles en Afghanistan, écrit Amnesty International dans sa nouvelle analyse juridique.</p>



<p>Publié au Journal officiel par les talibans le 14 mai 2026, le décret n° 18 intitulé « Code sur la séparation judiciaire des époux » définit les conditions dans lesquelles les femmes et les filles peuvent demander la dissolution d’un mariage. Il comprend des dispositions qui entérinent les mariages arrangés pendant l’enfance et restreignent la capacité des femmes et des filles à contester ce type d’unions ou à y mettre un terme.</p>



<p>« Ce code aggrave encore la situation déjà désastreuse des droits des femmes et des filles en Afghanistan. Il les prive de toute autonomie en supprimant toute notion de consentement, en accordant aux hommes de la famille le contrôle sur les arrangements matrimoniaux et en offrant très peu de recours pour contester les mariages forcés. Ses dispositions, prises dans leur globalité, institutionnalisent et normalisent le mariage des enfants », a déclaré Isabelle Lassee, directrice régionale adjointe pour l’Asie du Sud à Amnesty International.</p>



<p>Avant la publication de ce code, il n&rsquo;existait pas de loi talibane codifiée régissant spécifiquement la séparation des époux. Les conflits conjugaux et les séparations étaient traités par le biais d&rsquo;une combinaison de décrets religieux talibans, d&rsquo;interprétations de la jurisprudence hanafite (issue de la charia) et de pratiques judiciaires informelles ou très discrétionnaires, sous le contrôle des juges talibans.</p>



<p>Ce code instaure des critères très problématiques en matière de consentement au mariage : par exemple, le silence d’une fille ayant atteint l’âge de la puberté est interprété comme un consentement. De tels critères augmentent le risque de contrainte et d’intimidation, ce qui conduit à des mariages forcés. Les pouvoirs étendus accordés aux pères et aux grands-pères pour arranger les mariages de mineures favorisent le mariage des enfants, et les mariages arrangés par des parents plus éloignés sont également reconnus comme juridiquement valides sous certaines conditions.</p>



<p>« Ce code renforce un système de tutelle masculine qui centralise l’autorité sur la vie personnelle des femmes, en violation de leur statut de détentrices de droits à part entière », a déclaré Isabelle Lassee.</p>



<p>Ce décret n&rsquo;est pas conforme au droit international relatif aux droits humains, qui garantit la protection contre les mariages d’enfants et les mariages forcés, l’égalité dans le mariage et exige un consentement clair, libre et mutuel.</p>



<p>Par ailleurs, les filles qui souhaitent contester leur mariage se heurtent à d&rsquo;importants obstacles juridiques et procéduraux, puisqu’il leur faut obtenir l&rsquo;accord d’un tribunal et ce uniquement lorsqu’elles ont atteint l’âge de la puberté. Ce décret reflète une discrimination flagrante liée au genre, car les hommes ne sont pas soumis à de tels écueils lorsqu&rsquo;ils souhaitent dissoudre leur mariage. Ils peuvent généralement divorcer de manière unilatérale sans avoir besoin de témoins, de confirmation judiciaire ni de démarches complexes.</p>



<p>Amnesty International s’est entretenue avec cinq spécialistes du droit afghan au sujet de ce code.</p>



<p>Najla Rahil, vice-présidente du Barreau indépendant d’Afghanistan (AIBA) en exil et fondatrice de l’Organisation pour l’identité des femmes, a déclaré : « Il s’agit d’une loi ouvertement misogyne qui porte gravement atteinte aux droits fondamentaux des femmes, en particulier celles qui sont confrontées à des difficultés familiales […] Ces dispositions restreignent la liberté des femmes de choisir leur conjoint, confient aux hommes le pouvoir de décider de l’adéquation du mariage et créent des obstacles insurmontables lorsque le mari est absent ou porté disparu. »</p>



<p>Un avocat de la défense basé en Afghanistan, qui a souhaité conserver l&rsquo;anonymat, a déclaré : « Les talibans démontrent une nouvelle fois qu’ils fondent leur approche envers les femmes et les enfants sur le fait de restreindre les libertés, de rogner les droits fondamentaux et de renforcer les structures patriarcales traditionnelles. Ces réglementations reflètent une volonté de normaliser et de légitimer des pratiques qui limitent l&rsquo;indépendance, l&rsquo;autonomie et la dignité humaine des femmes et des filles. »</p>



<p>Amnesty International engage la communauté internationale à prendre des mesures immédiates, par le biais de pressions diplomatiques et d’un engagement fondé sur des principes avec les autorités talibanes de facto, afin d’exiger qu’elles abrogent les lois et décrets restrictifs, rétablissent un système judiciaire officiel, restaurent l’état de droit et protègent les droits humains en Afghanistan.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Avant août 2021, le Code civil afghan fixait l&rsquo;âge légal du mariage pour les filles à 16 ans, tandis que les mariages impliquant des filles de moins de 15 ans étaient érigés en infraction pénale en vertu de la loi de 2009 relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes. L&rsquo;Afghanistan disposait également de mécanismes juridiques et institutionnels visant à lutter contre la violence et la discrimination à l&rsquo;égard des femmes et des filles, notamment des tribunaux aux affaires familiales, des unités spécialisées au sein du bureau du procureur général et du ministère de l&rsquo;Intérieur, ainsi qu’une commission de haut niveau chargée de traiter les violences faites aux femmes, les mariages d’enfants et les questions de séparation des familles.</p>



<p>Ces mesures de protection étaient souvent appliquées de manière chaotique et des problèmes majeurs subsistaient ; elles offraient néanmoins aux femmes et aux filles des recours juridiques pour se protéger et avoir accès à la justice. Aujourd’hui, les talibans ont démantelé ces lois et ces structures institutionnelles au profit de systèmes profondément discriminatoires et répressifs qui aggravent encore les inégalités de genre et restreignent les droits et l’autonomie des femmes.</p>



<p>Ces dispositions s&rsquo;inscrivent dans un contexte général marqué par la multiplication des restrictions des droits des femmes et des filles, notamment en matière d&rsquo;accès à l&rsquo;éducation, d’emploi et de participation à la vie publique.</p>



<p>En Afghanistan, le système judiciaire officiel s&rsquo;est effondré après le retour au pouvoir des talibans et, en novembre 2022, le chef suprême des talibans a donné l&rsquo;ordre de mettre pleinement la charia en œuvre dans le pays. Selon des informations relayées par les médias et s&rsquo;appuyant sur des rapports de l&rsquo;ONU, depuis leur retour au pouvoir en août 2021, les talibans ont publié plus de 470 décrets, directives et ordonnances, dont 79 visaient spécifiquement les femmes et les filles.</p>
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		<title>L’accélération du nettoyage ethnique commis par Israël contre la population palestinienne doit inciter la communauté internationale à réagir contre l’annexion de la Cisjordanie</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/lacceleration-du-nettoyage-ethnique-commis-par-israel-contre-la-population-palestinienne-doit-inciter-la-communaute-internationale-a-reagir-contre-lannexion-de-la-cisjordanie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 09:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’accélération du nettoyage ethnique commis par Israël contre la population palestinienne doit inciter la communauté internationale à réagir contre l’annexion de la Cisjordanie Le soutien tacite ou implicite de la communauté internationale aux crimes commis par Israël, dont le génocide et l’apartheid, ou son absence d’action ferme pour y mettre un terme, ont encouragé les [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">L’accélération du nettoyage ethnique commis par Israël contre la population palestinienne doit inciter la communauté internationale à réagir contre l’annexion de la Cisjordanie</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><em>La politique d’annexion du gouvernement israélien actuel s’accélère et s’amplifie fortement</em></li>



<li><em>La campagne de nettoyage ethnique est menée et soutenue par l’État, et non par des colons « voyous » ou des ministres « extrémistes »</em></li>



<li><em>On constate une augmentation exponentielle de la violence perpétrée par des colons qui, avec le soutien de l’État, terrorisent et expulsent des milliers de Palestinien·ne·s pour annexer leurs terres</em></li>



<li><em>Des populations sont encore exposées à un grave risque de déplacement, et il faut protéger les personnes qui ont été déracinées</em></li>



<li><em>Les États doivent mettre un terme aux relations commerciales, de coopération et d’investissement qui permettent l’occupation illégale, l’apartheid et le nettoyage ethnique, et imposer des sanctions aux responsables impliqués</em></li>
</ul>



<p>Le soutien tacite ou implicite de la communauté internationale aux crimes commis par Israël, dont le génocide et l’apartheid, ou son absence d’action ferme pour y mettre un terme, ont encouragé les autorités israéliennes à accentuer leur violente campagne de déplacement forcé de la population palestinienne et à étendre leur contrôle sur les territoires de Cisjordanie, a déclaré Amnesty International. Dans un nouveau rapport, l’organisation décrit comment les autorités israéliennes accélèrent l’annexion en menant une campagne de nettoyage ethnique visant les communautés bédouines et pastorales palestiniennes de la zone C de la Cisjordanie occupée, tout en commettant le crime contre l’humanité de transfert forcé.</p>



<p>Ce rapport, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/Final-report-Erasing-anything-Palestinian-final-formatted-high-res-imagery.pdf"><strong><em>Éradiquer toute présence palestinienne : le nettoyage ethnique des communautés bédouines et pastorales de Cisjordanie par Israël</em></strong></a>, dénonce le fait que le gouvernement israélien ait fait de l’annexion officielle un objectif politique explicite. Ce gouvernement applique le programme religieux et nationaliste du mouvement des colons. Il a accéléré l’extension des colonies et les saisies de terres, augmenté l’aide financière et logistique aux colonies, et armé les colons, permettant ainsi une campagne brutale – cautionnée par l’État – de violences commises par des colons et de déplacement forcé des Palestinien·ne·s de la zone C. Cette zone couvre plus de 60 % de la Cisjordanie occupée, et est depuis longtemps au cœur des efforts israéliens de contrôle des territoires et de la démographie, compte tenu de ses ressources naturelles, de ses pâturages et terres agricoles vitaux et de la relativement faible densité de sa population palestinienne.</p>



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</div>



<p>« Depuis trois ans et demi, les autorités israéliennes accélèrent la campagne de nettoyage ethnique soutenue par l’État en Cisjordanie, déracinant, expropriant et transférant de force la population palestinienne. Cette campagne n’est pas l’œuvre de “voyous” ni de colons, d’organisations ou d’un ou deux ministres « extrémistes », comme se plaît à le répéter la communauté internationale. Nous assistons au contraire à une annexion délibérée, menée par l’État, en totale violation du droit international, qui se déroule sous les yeux du monde entier », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« Notre rapport révèle que ces violences ne sont pas le fait de quelques “brebis galeuses”. Les violences commises par des colons sont un élément central d’une campagne de nettoyage ethnique cautionnée par l’État, essentielle pour maintenir le système d’apartheid israélien. »</p>



<p>Les recherches d’Amnesty International montrent que les Palestinien·ne·s sont chassés de force de leurs terres ancestrales, privés de leurs moyens de subsistance et terrorisés au point qu’ils doivent fuir leurs habitations face à une vague sans précédent d’attaques de colons, ouvertement cautionnées et activement soutenues par un gouvernement israélien qui revendique son intention d’annexer officiellement de vastes parties du territoire palestinien.</p>



<p>Les populations de la vallée du Jourdain et des collines du sud d’Hébron menacées de déplacement continuent de résister, déterminées à rester sur les terres qu’elles habitent depuis des générations. Amnesty International appelle la communauté internationale à agir de toute urgence pour les protéger.</p>



<p>Or, bien que les États aient clairement l’obligation, aux termes du droit international, de mettre un terme à l’occupation illégale et au système d’apartheid israéliens, la communauté internationale s’est abstenue à maintes reprises de prendre des mesures.</p>



<p>« La communauté internationale a été soit complice, soit bien trop passive face aux violations flagrantes et répétées du droit international commises par Israël, et face au mépris avec lequel il traite les résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle doit affirmer clairement que le temps du consentement tacite au nettoyage ethnique et à l’annexion perpétrés par Israël est terminé », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>Au moins 117 villages palestiniens à majorité bédouine et pastorale ont connu un déplacement total ou partiel entre janvier 2023 et avril 2026, selon le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). À la fin du mois d’avril 2026, 5 910 personnes au moins avaient été déplacées, d’après les données de l’ONU.</p>



<p>Ces déplacements ont eu lieu sur fond d’intensification sans précédent des actes de violence commis par des colons, avec le soutien de l’État. L’ONG Peace Now a indiqué que, à la fin avril 2026, les colons israélien·ne·s avaient établi 363 avant-postes en Cisjordanie occupée, dont 212 depuis 2023. Les autorités israéliennes encouragent activement la création de ces avant-postes et ne prennent quasiment aucune mesure pour les démanteler, alors qu’ils sont illégaux aux termes du droit israélien comme du droit international. Parmi eux figurent des dizaines d’avant-postes pastoraux, qui sont utilisés par les colons pour s’emparer de vaste zones palestiniennes en y faisant pâturer leurs troupeaux. Cela vient s’ajouter aux saisies de terres par le gouvernement israélien. Près de 58 % des terres de la zone C ne sont pas enregistrées et, en février 2026, les autorités israéliennes avaient déjà saisi la moitié de ces terres non enregistrées en les déclarant comme terrains publics.</p>



<p>« Le rapport d’Amnesty International doit sonner comme un signal d’alarme pour les dirigeant·e·s mondiaux qui considèrent l’annexion et les violences des colons comme des actes isolés relevant de la responsabilité de quelques colons ou ministres “extrémistes” et qui n’ont pris que des sanctions limitées contre quelques personnes ou organisations : ces mesures sont terriblement insuffisantes pour répondre à la campagne gouvernementale de nettoyage ethnique et aux violations systémiques qui s’amplifient rapidement sous les yeux de la communauté internationale », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Nous nous adressons aux dirigeant·e·s mondiaux qui ne cessent d’affirmer qu’ils sont opposés à l’annexion mais ne font rien pour l’empêcher : sachez que votre inaction alimente directement des crimes contre l’humanité et a des conséquences mondiales qui érodent encore davantage l’ordre international fondé sur des règles.</p>



<p>« Les États, en particulier ceux qui ont de l’influence sur Israël, comme les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, ainsi que l’Italie et les autres membres de l’Union européenne et les pays arabes, doivent immédiatement interdire tout commerce, tout investissement et toute forme de coopération ou d’aide financière contribuant à l’occupation illégale, au système d’apartheid et au nettoyage ethnique des Palestinien·ne·s commis par Israël.</p>



<p>« Par ailleurs, tous les pays doivent imposer des sanctions ciblées, telles que des interdictions de voyager et des gels d’avoirs, aux responsables israéliens qui sont directement impliqués dans ces actes, parmi lesquels le Premier Ministre Benjamin Netanyahou, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir, la ministre des Colonies et des Missions nationales Orit Strock et le ministre de la Défense Israël Katz.</p>



<p>Amnesty International a mené des recherches sur 27 communautés bédouines et pastorales de la zone C qui ont été déplacées de force entre 2023 et 2025 ou sont menacées de déplacement.</p>



<p>L’équipe de recherche a interrogé 45 Palestinien·ne·s issus de 12 communautés, qui étaient soient déplacés, soit menacés de l’être, ainsi que 19 avocat·e·s, militant·e·s ayant été témoins de violences commises par des colons, journalistes et représentant·e·s d’ONG israéliennes et palestiniennes. L’organisation a aussi vérifié plus de 420 vidéos et photos, et analysé des déclarations gouvernementales officielles, des accords, des lois, des changements de gouvernance, des dossiers judiciaires, des cartes, des images satellite, des rapports de l’ONU et de la société civile, et d’autres informations en accès libre.</p>



<p>Amnesty International a transmis ses conclusions aux autorités israéliennes le 13 mai. Le ministère de la Défense a répondu le 23 mai en affirmant que ses forces réagissaient aux violences commises par des colons, arrêtaient les suspects si nécessaire, et enquêtaient sur les cas où les forces armées n’auraient pas respecté les ordres ou ne seraient pas intervenues pour arrêter ces violences. Les éléments de preuve recueillis par Amnesty International témoignent d’une réalité bien différente.</p>



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</div>



<h4 class="wp-block-heading">Preuves de l’intention d’Israël de nettoyer ethniquement et d’annexer la zone C</h4>



<p>Depuis l’occupation de 1967, les gouvernements israéliens successifs mettent en œuvre – avec différents degrés d’intensité et de transparence – des politiques de judaïsation visant à maximiser le contrôle juif sur les territoires de Cisjordanie tout en réduisant autant que possible la présence palestinienne.</p>



<p>Le 37e gouvernement israélien, formé fin 2022 et dirigé par le Likoud, parti de Benjamin Netanyahou, en coalition avec le parti de la Force juive d’Itamar Ben-Gvir et le Parti sioniste religieux de Bezalel Smotrich, cherche ouvertement et délibérément à annexer officiellement la zone C et à transférer de force ses habitant·e·s palestiniens.</p>



<p>Les accords de coalition gouvernementale légitiment et intègrent à la politique de l’État la vision du « Grand Israël » portée par le mouvement des colons, idéologie qui considère l’intégralité du Territoire palestinien occupé comme faisant partie intégrante d’Israël. Cela se fait au mépris éhonté de nombreuses résolutions de l’ONU ainsi que de l’avis consultatif de 2024 de la Cour internationale de justice, qui déclare illégale l’occupation du territoire palestinien par Israël.</p>



<p>L’intention de chasser les Palestinien·ne·s de la zone C de la Cisjordanie et d’en annexer les terres est prouvée par les appels explicites des autorités israéliennes à étendre les colonies, l’élargissement de la souveraineté israélienne sur le territoire occupé, les mesures destinées à réduire autant que possible la présence palestinienne dans cette zone et le soutien public apporté aux colons par des ministres clés, dont certain·e·s sont eux-mêmes des colons. Elle est également manifeste au vu des lois favorables à l’annexion qui ont été adoptées et des mesures transférant les pouvoirs en Cisjordanie des autorités militaires aux autorités civiles, en violation du droit international humanitaire.</p>



<p>L’intention étatique apparaît aussi clairement dans la multiplication des classements en terrains publics, la simplification des procédures d’autorisation des colonies, l’accélération de l’extension des colonies, la légalisation rétroactive des avant-postes, et l’augmentation du soutien financier et politique aux infrastructures des colons, parallèlement à la destruction de biens palestiniens et aux restrictions systématiques des déplacements et de l’accès aux terres et à l’eau des Palestinien·ne·s.</p>



<p>Dans les trois premières années de ce gouvernement, le budget annuel du ministère des Colonies et des Missions nationales a augmenté de 122 %, atteignant 764 millions de nouveaux shekels israéliens (254,5 millions de dollars des États-Unis) en 2026.</p>



<p>Selon Peace Now, le gouvernement a présenté des projets de construction de 50 785 logements dans des colonies entre 2023 et 2025. Rien qu’en 2025, le Conseil supérieur de l’urbanisme a approuvé la construction de 27 941 logement, ce qui constitue le chiffre annuel le plus élevé jamais enregistré.</p>



<p>Au 30 avril 2026, le nombre total de nouvelles colonies déclarées par ce gouvernement atteignait 102, soit de loin le nombre le plus important de nouvelles colonies autorisées par un gouvernement de toute l’histoire d’Israël.</p>



<p>Parallèlement, les autorités israéliennes ont détruit 3 407 habitations et structures palestiniennes dans la zone C entre janvier 2023 et avril 2026, ce qui a conduit au déplacement de 2 996 Palestinien·ne·s, d’après l’OCHA.</p>



<p>Dans le même temps, souvent avec le soutien direct de l’État ou la participation directe de l’armée israélienne, les colons ont soumis les communautés bédouines et pastorales palestiniennes à une litanie de mesures coercitives et répressives, ce qui fait que beaucoup n’ont pas eu d’autre choix que d’abandonner les terres où elles vivaient et pratiquaient l’élevage depuis des générations. Ces populations subissent des violences persistantes de la part des colons, avec l’aval de l’État. Associées à la multiplication des démolitions et aux privations de services de base imposées de longue date par les autorités israéliennes, ces violences rendent de fait leurs terres inhabitables.</p>



<p>L’association de toutes ces mesures coercitives révèle une stratégie étatique délibérée et coordonnée visant à étendre le contrôle israélien sur la zone C tout en forçant au départ les populations palestiniennes.</p>



<p>L’un des cas emblématiques est celui de Khirbet Zanuta (aussi appelé Zanuta), village de la zone C, en Cisjordanie, où vivaient environ 250 Bédouin·e·s palestiniens présents depuis des générations. En 2021, un groupe de colons a créé un avant-poste illégal, appelé Meitarim Farm, à seulement un kilomètre de Zanuta, et a lancé une campagne soutenue de harcèlement, de menaces et d’attaques violentes contre la population palestinienne, bloquant notamment l’accès aux terres agricoles et aux zones de pâture. À force, les habitant·e·s du village ont été contraints d’abandonner leurs maisons et leurs moyens de subsistance. Ils ont tous et toutes été déplacés à la suite d’une série d’attaques violentes perpétrées par des colons, qui se sont intensifiées après le 7 octobre 2023. Ce village, entouré de colonies et d’avant-postes, avait longtemps été confronté à des ordres de démolition et des politiques d’urbanisation restrictives qui rendaient presque impossible toute construction légale.</p>



<p>Malgré deux arrêts rendus par la Cour suprême israélienne en juillet 2024 et février 2025, qui ordonnaient aux autorités de faciliter le retour des habitant·e·s et de les protéger de la violence des colons, les Palestinien·ne·s n’ont pas pu revenir en raison des attaques constantes des colons et de la destruction d’infrastructure essentielles. Adel al-Till, ancien habitant de Zanuta, a déclaré : « Les colons étaient armés et nous attaquaient sans cesse. […] Nous avions peur, c’était la terreur. »</p>



<p>Les images satellite, les témoignages recueillis et les preuves vidéo montrent qu’aujourd’hui le village de Zanuta n’existe plus ; il a été en grande partie détruit et totalement vidé de sa population.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Augmentation exponentielle des violences exercées par les colons avec le soutien de l’État</h4>



<p>La campagne de violence menée depuis longtemps par les colons contre les Palestinien·ne·s en Cisjordanie s’est fortement intensifiée sous l’actuel gouvernement israélien, donnant lieu à un nombre record d’homicides et de blessures, de déplacements, de destructions de biens et d’appropriations illégales de terres. Les colons israélien·ne·s ont adopté des tactiques de plus en plus agressives pour déplacer de force les populations palestiniennes. Ils ont attaqué leurs logements et leurs biens, les ont soumis à un harcèlement, des menaces et des agressions physiques incessants, et s’en sont pris de façon systématique à leurs moyens de subsistance en restreignant leur accès aux pâturages et aux sources d’eau, en volant ou tuant leur bétail, et en détruisant les champs et les récoltes. Selon l’OCHA, les attaques de colons contre des communautés bédouines et pastorales palestiniennes ayant fait des morts et/ou des blessés ont été multipliées par presque sept entre 2020 et 2024.</p>



<p>Des vidéos et des photos vérifiées par Amnesty International montrent des incursions, des incendies volontaires et un vandalisme généralisé visant des habitations, des écoles, des véhicules et des biens agricoles, ainsi que la destruction de sources d’eau, de panneaux solaires et de réserves de nourriture. Les personnes interrogées ont aussi fait état de nombreuses violences physiques, dont des coups de bâton et de crosse de fusil, des jets de pierres, des coups de couteau et d’autres attaques.</p>



<p>Bien qu’Israël ait l’obligation, en tant que puissance occupante, de protéger la vie et les moyens de subsistance de la population occupée, d’empêcher les violences commises par des colons et d’enquêter à leur sujet, les autorités israéliennes facilitent activement ces attaques, non seulement en armant les colons et en permettant à l’armée et à la police de soutenir les attaques contre des Palestinien·ne·s ou d’y participer, mais aussi en accordant à leurs auteurs une impunité quasi totale.</p>



<p>Après les attaques menées par le Hamas le 7 octobre 2023, les autorités israéliennes ont assoupli les critères pour obtenir un permis de port d’arme à titre individuel, équipant des milliers de colons d’armes à feu et d’uniformes, ce qui fait qu’il est devenu difficile pour les Palestinien·ne·s de distinguer les soldats des colons. En janvier 2026, plus de 240 000 citoyen·ne·s israéliens avaient obtenu un permis de port d’arme, soit une multiplication par 15 par rapport aux 8 000 permis par an accordés en moyenne avant le changement de politique. Ces mesures ont entraîné une forte hausse des attaques de colons armés.</p>



<p>Le rapport d’Amnesty International montre comment la violence des colons israélien·ne·s a été utilisée délibérément comme outil de déplacement forcé à trois endroits emblématiques de la zone C : Zanuta dans les collines du sud d’Hébron et Ein Samia dans le centre de la vallée du Jourdain (tous deux entièrement déplacés en 2023), ainsi que Ein al Hilweh, Makhoul et Al Farisiya, un regroupement de petits villages du nord de la vallée du Jourdain, qui restent confrontés à un risque réel de déplacement.</p>



<p>Dans le nord de la vallée du Jourdain, au moins 38 villages (où vivent environ 7 000 personnes) sont menacés de déplacement. Près de 90 % de la zone est classée terrain public, zone de tir militaire, réserve naturelle ou site archéologique – autant d’outils utilisés par Israël pour restreindre l’accès de la population palestinienne aux pâturages et aux sources d’eau et la contraindre au déplacement.</p>



<p>Najiyyah Bisharat, de la communauté pastorale de Makhoul, a déclaré : « Nous sommes constamment harcelés par les colons, mais nous ne baisserons pas les bras. C’est une question d’amour de notre terre et de notre travail. La terre est notre identité et, si nous en sommes chassés, nous mourrons. Comme un poisson qu’on sortirait de l’eau. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une impunité généralisée</h4>



<p>En facilitant activement la violence des colons et en ne faisant rien pour l’empêcher, et notamment en s’abstenant de demander des comptes aux responsables, les autorités israéliennes ont délibérément créé un environnement d’impunité généralisée, qui vient alimenter cette violence. Dans plusieurs cas sur lesquels Amnesty International a recueilli des informations, les Palestinien·ne·s qui ont signalé des violences perpétrées par des colons ont été eux-mêmes interrogés, soumis à une amende ou arrêtés par les autorités israéliennes, qui ont pourtant l’obligation de les protéger en vertu du droit international.</p>



<p>Les colons et les organisations de colons sont enhardis par l’impunité dont ils jouissent depuis des décennies. Même si quelques colons ou groupes de colons ont été sanctionnés par des États étrangers, ils n’ont subi aucune conséquence ou presque de leurs actes en Israël.</p>



<p>Par exemple, Yinon Levi, colon impliqué dans une série avérée d’attaques violentes contre des Palestinien·ne·s, qui a été sanctionné par le Royaume-Uni et l’Union européenne, a été filmé en train de tuer par arme à feu un enseignant et défenseur des droits humains qui n’était pas armé, Awdan al Hathaleen, à Umm al Khair le 28 juillet 2025.</p>



<p>Arrêté brièvement pour « homicide involontaire », Yinon Levi a été libéré le lendemain et assigné à résidence pendant seulement trois jours. Il a ensuite pu librement retourner harceler des Palestinien·ne·s et travailler à l’installation d’un nouvel avant-poste à Umm al Khair. Près d’un an après cette attaque, Yinon Levi n’a toujours pas été inculpé.</p>



<p>« Si l’obligation de rendre des comptes n’est pas mise en œuvre, la population palestinienne de Cisjordanie va disparaître sous nos yeux. Cela fait trop longtemps que le monde ignore l’immense souffrance, dépassant l’entendement, des Palestinien·ne·s déracinés et chassés des terres qu’ils habitent depuis des générations. Les États doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre un terme à la campagne israélienne de nettoyage ethnique et d’annexion de la zone C de la Cisjordanie. Ils doivent faire pression sur les autorités israéliennes pour qu’elles démantèlent immédiatement tous les avant-postes et colonies israéliens et permettent à tous les Palestinien·ne·s déplacés de rentrer chez eux », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Tous les pays doivent soutenir et coopérer avec l’enquête de la Cour pénale internationale sur la situation dans l’État de Palestine, ainsi qu’ouvrir leurs propres enquêtes sur les crimes de droit international commis dans le Territoire palestinien occupé. Le message adressé à Israël doit être sans équivoque : c’en est fini de son impunité de longue date, il ne peut pas y avoir de relations normales avec lui tant que l’apartheid, le nettoyage ethnique et l’occupation illégale se poursuivent. »</p>



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		<title>Libye. Il faut libérer les militant·e·s humanitaires détenus pour avoir tenté d’acheminer de l’aide à Gaza</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Jun 2026 13:13:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Libye. Il faut libérer les militant·e·s humanitaires détenus pour avoir tenté d’acheminer de l’aide à Gaza Les Forces armées arabes libyennes (FAAL) doivent veiller à libérer immédiatement 10 membres du convoi terrestre mondial Sumud détenus arbitrairement depuis plus de deux semaines dans l’est de la Libye, uniquement pour avoir tenté d’acheminer de l’aide à Gaza, [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Libye. Il faut libérer les militant·e·s humanitaires détenus pour avoir tenté d’acheminer de l’aide à Gaza</h2>



<p>Les Forces armées arabes libyennes (FAAL) doivent veiller à libérer immédiatement 10 membres du convoi terrestre mondial Sumud détenus arbitrairement depuis plus de deux semaines dans l’est de la Libye, uniquement pour avoir tenté d’acheminer de l’aide à Gaza, alors qu’Israël poursuit son génocide, a déclaré Amnesty International le 9 juin 2026.</p>



<p>Le 24 mai 2026, un groupe armé affilié aux Forces armées arabes libyennes (FAAL) autoproclamées, les autorités qui règnent de facto sur l&rsquo;est et le sud de la Libye, a procédé à l&rsquo;arrestation arbitraire de 10 militant·e·s humanitaires originaires de huit pays différents. Ces quatre hommes et six femmes ont été arrêtés alors qu&rsquo;ils se rendaient à Syrte pour négocier avec les autorités locales le passage du convoi.</p>



<p>Après avoir été victimes de disparitions forcées pendant deux à neuf jours, le parquet les a interrogés, avant d’ordonner leur placement en détention provisoire dans l&rsquo;attente d&rsquo;une enquête pour « rassemblement non autorisé ». S&rsquo;ils sont reconnus coupables, ils encourent jusqu&rsquo;à six mois de prison assortis d’une amende.</p>



<p>« Alors que les Palestinien·ne·s de la bande de Gaza sont confrontés au génocide perpétré par Israël et à une situation humanitaire catastrophique, il est scandaleux que des personnes tentant d’acheminer de l’aide humanitaire et de briser le blocus illégal imposé par Israël soient victimes de détentions arbitraires, de disparitions forcées et de poursuites judiciaires sur la base de fausses accusations en Libye, a déclaré Mahmoud Shalaby, chercheur sur la région à Amnesty International.</p>



<p>« Nul ne devrait être sanctionné pour avoir mené une action humanitaire pacifique et tenté de mettre fin à des violations des droits humains. Les Forces armées arabes libyennes (FAAL) doivent veiller à la libération immédiate et inconditionnelle de ces militant·e·s et, dans l’intervalle, garantir qu’ils puissent communiquer rapidement et régulièrement avec leurs familles, des représentants consulaires et leurs avocats, et bénéficier de tous les soins médicaux dont ils ont besoin. »</p>



<p>Du 1er au 4 juin au moins, les détenu·e·s, âgés de 30 à 70 ans et originaires d&rsquo;Argentine, d&rsquo;Espagne, des États-Unis, d&rsquo;Italie, de Pologne, du Portugal, de Tunisie et d&rsquo;Uruguay, ont observé une grève de la faim pour protester contre leur détention et le fait qu&rsquo;on leur refuse la possibilité de contacter leurs avocats et leurs familles.</p>



<p>Afin d&rsquo;enquêter sur l&rsquo;arrestation et la détention des membres du convoi terrestre mondial Sumud, Amnesty International a interrogé un membre de l&rsquo;équipe juridique de la flottille mondiale Sumud qui était resté en contact avec eux jusqu&rsquo;à leur arrestation, un membre d&rsquo;une organisation internationale présente en Libye disposant d&rsquo;informations sur cette affaire et une personne ayant reçu un appel téléphonique d&rsquo;un détenu le 4 juin 2026.</p>



<p>Le 17 mai, le convoi, composé de plus de 200 participant·e·s qui avaient l&rsquo;intention de se rendre à Gaza par la route, a interrompu son périple et établi un campement sur un site à environ 9 km de Syrte, en raison de craintes pour la sécurité du fait de la présence de nombreux hommes armés aux alentours. Une semaine plus tard, le 24 mai, une délégation de 10 participant·e·s au convoi s&rsquo;est rendue à Syrte afin d’obtenir des autorités locales la permission de poursuivre leur route. Un groupe armé affilié aux Forces armées arabes libyennes (FAAL) les a interpellés à un poste de contrôle près de Syrte, sans les informer des motifs de cette arrestation.</p>



<p>Ces 10 personnes ont ensuite été escortées dans des fourgons blancs banalisés et embarquées de force dans un avion à destination de Benghazi, où elles ont été détenues dans un centre inconnu, sans pouvoir contacter leurs avocats ni leurs familles. Les autorités de l&rsquo;est de la Libye ont dissimulé le sort exact et le lieu de détention de huit d&rsquo;entre elles depuis leur arrestation le 24 mai jusqu&rsquo;au 2 juin, ce qui équivaut à une disparition forcée. Les deux autres ont été victimes d’une disparition forcée pendant deux jours avant qu&rsquo;un diplomate ne parvienne à leur rendre visite le 27 mai.</p>



<p>La mission du convoi mondial Sumud s’est achevée le 25 mai lorsque des hommes armés non identifiés ont dispersé le campement et contraint ses membres à retourner à Tripoli. Ce jour-là, le ministère des Affaires étrangères du « gouvernement libyen » basé à Benghazi, allié aux Forces armées arabes libyennes (FAAL), a déclaré dans un communiqué que le convoi était entré en Libye pour se rendre à Gaza sans avoir accompli les formalités légales requises ni obtenu les autorisations nécessaires pour entrer et circuler dans le pays.</p>



<p>Selon un membre de l&rsquo;équipe juridique de la flottille mondiale Sumud, le groupe a passé des mois à se coordonner avec les autorités compétentes et avait obtenu des garanties assurant le passage du convoi en toute sécurité. Sur une vidéo diffusée par des médias locaux le 2 juin, on peut suivre le transfert des détenu·e·s à bord de véhicules de police jusqu’au bureau du procureur de Benghazi. Les médias locaux ont rapporté que les autorités avaient transféré les 10 militant·e·s vers un centre de détention « illégal » pour migrants lorsque le parquet a ordonné leur détention.</p>



<p>Le 3 juin, ces 10 personnes accusées de « rassemblement non autorisé » ont été interrogées, en présence d’un avocat. Le parquet a ordonné leur placement en détention provisoire pendant 10 jours. À l’issue de l’interrogatoire, elles ont été transférées au siège de l’Agence de sûreté intérieure à Benghazi. Pour la première fois depuis leur arrestation, elles ont été autorisées à appeler leurs familles.</p>



<p>Depuis le début de leur grève de la faim, plusieurs souffrent de complications de santé. Malgré cela, elles ne reçoivent que peu, voire aucun, soin médical dans un centre de détention géré par l’Agence de sûreté intérieure à Benghazi, un groupe armé opérant sous l’autorité de facto des Forces armées arabes libyennes (FAAL) et dont l’implication dans des détentions arbitraires, des actes de torture et mauvais traitements, ainsi que des disparitions forcées est attestée par de nombreux éléments. Au 4 juin, l’Agence de sûreté intérieure refusait toujours à une personne détenue l&rsquo;accès régulier à ses médicaments contre le diabète. Plusieurs ont souffert d&rsquo;hypoglycémie, certaines se sont évanouies, tandis qu’une a eu une attaque.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Le convoi terrestre mondial Sumud est une mission humanitaire civile qui a quitté la Mauritanie le 25 avril 2026 dans le but de briser le siège illégal imposé à Gaza, d&rsquo;acheminer une aide humanitaire vitale et de soutenir les efforts de reconstruction.</p>



<p>Depuis 2014, la Libye est divisée entre deux entités et institutions parallèles qui se disputent la légitimité et le contrôle du territoire. Le gouvernement d&rsquo;union nationale basé à Tripoli, mis en place en mars 2021 à l&rsquo;issue d&rsquo;un processus de médiation mené par l&rsquo;ONU, peine à exercer un contrôle effectif sur le territoire libyen. Son rival, le « gouvernement libyen » basé à Benghazi, est allié aux Forces armées arabes libyennes (FAAL), qui contrôlent et exercent des fonctions similaires à celles d’un gouvernement à Benghazi, la deuxième plus grande ville du pays, et dans de vastes régions de l&rsquo;est et du sud de la Libye, y compris le district de Syrte. Là où des autorités de facto, comme les FAAL, contrôlent le territoire et exercent des fonctions gouvernementales, elles sont tenues de respecter leurs obligations en matière de droits humains.</p>
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