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	<title>Défenseur·e·s des droits humains Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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	<title>Défenseur·e·s des droits humains Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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	<item>
		<title>Iran. Les architectes de la répression sanglante du mouvement «Femme, Vie, Liberté» identifiés</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 09:57:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=37031</guid>

					<description><![CDATA[<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/communiques-de-presse/iran-les-architectes-de-la-repression/">Iran. Les architectes de la répression sanglante du mouvement «Femme, Vie, Liberté» identifiés</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<section id="section-855fb66d" class="section wp-block-amnesty-core-section section--textBlack" style=""><div class="container">

<h1 class="wp-block-heading"><mark><strong>Iran. Les architectes de la répression sanglante du mouvement «Femme, Vie, Liberté» identifiés</strong>.</mark></h1>


<section id="section-fb49faad" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack" style=""><div class="container">

<ul class="wp-block-list">
<li><strong><em>Un nouveau rapport conclut que les autorités iraniennes ont commis des crimes contre l’humanité durant leur répression sanglante du soulèvement Femme, Vie, Liberté de 2022.</em>&nbsp;</strong></li>



<li><strong><em>Une enquête approfondie dévoile la chaîne de commandement responsable de la mise en œuvre d’une politique d’État consistant à utiliser la force meurtrière pour écraser les manifestations, et identifie 87 représentants des autorités qui devraient faire l’objet d’enquêtes pour crimes contre l’humanité.</em>&nbsp;</strong></li>



<li><strong><em>La répression meurtrière menée par les autorités iraniennes a visé de façon disproportionnée les populations kurdes et baloutches, qui ont été soumises à des actes de persécution constituant un crime contre l’humanité.</em>&nbsp;</strong></li>



<li><strong><em>L’Assemblée générale des Nations unies doit créer un mécanisme international de justice pénale pour combattre l’impunité dont jouissent les responsables des homicides de masse répétés de manifestant·e·s, qui ont atteint leur paroxysme avec les massacres de janvier 2026.</em>&nbsp;</strong></li>



<li><em><strong>Ce rapport paraît alors que des hostilités armées sont en cours depuis les attaques illégales menées par les États-Unis et Israël, soulignant la nécessité d’instaurer un cessez-le-feu durable et de demander des comptes pour les violations de la Charte des Nations unies et du droit international humanitaire.</strong></em></li>
</ul>

</div></section>


<p>Dans un nouveau rapport majeur marquant le quatrième anniversaire du début du soulèvement Femme, Vie, Liberté, Amnesty International alerte sur le fait que les responsables des crimes contre l’humanité commis dans le cadre de la répression violente des manifestations en 2022 contrôlent toujours l’appareil de répression meurtrier de l’État iranien.</p>



<p>Ce rapport de plus de 1 000 pages, intitulé Architects of Atrocities: State Machinery Orchestrating Crimes Against Humanity in Iran’s 2022 Woman Life Freedom Uprising, dont une synthèse est disponible en français sous le titre Les architectes des atrocités. Des crimes contre l’humanité orchestrés par l’appareil d’État pendant le soulèvement Femme, Vie, Liberté de 2022 en Iran, montre que les autorités iraniennes ont commis différents crimes contre l’humanité (meurtres, torture, disparitions forcées, emprisonnements, viols et persécution) pour des motifs politiques, ethniques, religieux et liés au genre, afin d’écraser le soulèvement. Il détaille également les opérations meurtrières de répression des manifestations et les structures de commandement, identifiant 87 membres des autorités qui devraient faire l’objet d’enquêtes pénales pour crimes contre l’humanité.</p>



<p>Amnesty International demande qu’un mécanisme international de justice pénale soit mis en place de toute urgence par l’Assemblée générale des Nations unies afin de réclamer des comptes aux autorités iraniennes responsables de crimes contre l’humanité et de les dissuader de commettre de nouvelles atrocités, comme les massacres de grande ampleur des 8 et 9 janvier 2026.</p>



<p>Au regard des hostilités qui sont en cours à la suite des attaques illégales menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, Amnesty International réitère aussi son appel à instaurer un cessez-le-feu durable et à mener des enquêtes indépendantes sur les attaques commises pendant ce conflit. L’organisation demande à l’ONU de réclamer des comptes pour les violations de la Charte des Nations unies et du droit international humanitaire, parmi lesquelles de possibles crimes de guerre.</p>


<section id="section-5fd37ca6" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack" style=""><div class="container">

<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:20% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="552" height="786" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran.png" alt="" class="wp-image-37037 size-full" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran.png 552w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-211x300.png 211w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-421x600.png 421w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-51x72.png 51w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-101x144.png 101w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-42x60.png 42w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-84x120.png 84w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-140x200.png 140w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-281x400.png 281w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-183x260.png 183w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-365x520.png 365w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-228x325.png 228w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-456x650.png 456w" sizes="(max-width: 552px) 100vw, 552px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center"><mark>LES ARCHITECTES DES ATROCITÉS</mark></h2>



<p class="has-text-align-center">Vous trouverez ici une synthèse de 49 pages qui résume le rapport complet d&rsquo;Amnesty International sur la répression d&rsquo;État meurtrière menée en 2022 par les autorités iraniennes contre les manifestant·e·x·s du mouvement «Femme, Vie, Liberté».</p>



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</div>
</div></div>

</div></section>


<p>« Les très nombreuses preuves recueillies et analysées dans notre rapport ne laissent aucun doute : les autorités iraniennes ont commis des crimes contre l’humanité pour écraser le soulèvement Femme, Vie, Liberté de 2022. Elles ont lancé une attaque généralisée et systématique dirigée contre une population civile qui réclamait la dignité, le respect des droits humains et un changement politique de fond, en application d’une politique d’État consistant à recourir à la force meurtrière pour réduire à néant toute dissidence, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« Notre rapport révèle également que les crimes contre l’humanité en Iran sont entretenus par une architecture de l’impunité intégrée aux cadres constitutionnel, législatif, politique et judiciaire du pays. Il en a résulté des cycles effroyables de massacres de plus en plus graves pendant des manifestations, qui ont atteint un paroxysme avec ceux de dizaines de milliers de manifestant·e·s en seulement 48 heures les 8 et 9 janvier 2026. L’Assemblée générale des Nations unies doit mettre un terme à la normalisation inadmissible des homicides de masse de manifestant·e·s en Iran et créer un mécanisme international de justice pénale destiné à poursuivre les personnes portant la plus lourde responsabilité dans les crimes contre l’humanité.</p>



<p>« À l’heure où paraît ce rapport, la population iranienne est aussi confrontée aux conséquences dévastatrices des attaques illégales menées par les États-Unis et Israël. Amnesty International s’oppose sans équivoque aux violations du droit international commises par toutes les parties et rejette toute tentative d’instrumentalisation de la souffrance des victimes de violations des droits humains en Iran pour justifier des attaques illégales qui provoquent de nouveaux préjudices civils.</p>



<p>« Depuis des années, les Iraniens et Iraniennes sont confrontés à une violente répression et à des persécutions de la part de leurs propres autorités, qui agissent en toute impunité. Aujourd’hui, nombre d’entre eux subissent aussi le coût humain de l’action militaire illégale menée par les États-Unis et Israël. Pour apporter une réponse fondée sur des principes, il est indispensable de s’opposer à la fois à l’impunité pour les crimes contre l’humanité et au recours illégal à la force. La communauté internationale doit suivre des stratégies diplomatiques centrées sur la population, qui accordent une place centrale à la protection des civil·e·s, à la prévention des atrocités, à la justice et à l’obligation de rendre des comptes. Après plus de six mois de frappes aériennes qui ont tué et blessé des civil·e·s, porté atteinte à l’environnement et causé des dégâts importants aux infrastructures civiles, un cessez-le-feu durable est nécessaire de toute urgence, parallèlement à des enquêtes indépendantes et des mesures de l’Assemblée générale de l’ONU visant à demander des comptes pour les violations de la Charte des Nations unies et du droit international humanitaire et les possibles crimes de guerre commis par toutes les parties au conflit. »</p>



<p>Le rapport d’Amnesty International, qui paraît quatre ans après le début des manifestations déclenchées à l’échelle nationale par la mort en détention de Zhina Mahsa Amini aux mains de la police « des mœurs », montre comment les autorités iraniennes ont mobilisé des forces de sécurité équipées d’armes à feu de type militaire et de fusils à plombs et ont donné des ordres favorisant les homicides illégaux de centaines de manifestant·e·s et de passant·e·s, dont plusieurs dizaines d’enfants. Les crimes contre l’humanité ont aussi pris la forme d’arrestations arbitraires, de disparitions forcées, d’actes de torture ou d’autres mauvais traitements visant des hommes, des femmes et des enfants, ainsi que de manœuvres de persécution à l’encontre de proches endeuillés.</p>



<p>Outre ce rapport, Amnesty International publie également Lives Cut Brutally Short: Victims of Crimes Against Humanity During Iran’s 2022 Woman Life Freedom Uprising, un document qui établit une liste de 377 manifestant·e·s et passant·e·s ayant trouvé la mort, dont 56 mineur·e·s, en s’appuyant sur les informations et preuves recueillies par l’organisation dans le cadre de son enquête sur la pratique généralisée des homicides par les forces de sécurité dans tout le pays. Ce document contient des photos des victimes et de leur sépulture lorsqu’elles sont disponibles.</p>



<p>En plus d’appeler l’Assemblée générale des Nations unies à mettre en place un mécanisme international de justice pénale compte tenu de l’impasse politique au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, de la gravité et de l’ampleur des crimes commis, ainsi que du risque élevé qu’ils se reproduisent, Amnesty International demande également aux États d’engager le Conseil de sécurité à saisir le Bureau du procureur de la Cour pénale internationale de la situation en Iran.</p>



<p>Elle appelle en outre les parquets du monde entier à diligenter des enquêtes, au titre de la compétence universelle ou d’autres formes de compétence extraterritoriale, sur les représentants des autorités iraniennes présumés responsables de crimes contre l’humanité, notamment ceux cités dans son rapport, et à décerner des mandats d’arrêt à leur encontre lorsqu’il existe suffisamment de preuves.</p>



<p>Pendant ses années d’enquête pour ce rapport, Amnesty International s’est notamment entretenue avec 270 personnes, parmi lesquelles des manifestant·e·s, des personnes ayant été détenues, des proches de personnes tuées ou détenues, des témoins, des avocat·e·s, des défenseur·e·s des droits humains, des journalistes et des membres du corps médical. Elle a aussi analysé plus de 2 000 vidéos et un vaste corpus d’éléments de preuve, tels que des déclarations officielles, des documents officiels divulgués à la suite de fuites, des dossiers judiciaires, des verdicts de tribunaux et des rapports médicolégaux.</p>



<p>L’organisation a écrit au Guide suprême et à de hauts responsables iraniens pour leur faire part de ses conclusions et afin d’informer les 87 représentants des autorités désignés nommément dans son rapport. Au moment de la publication, elle n’avait reçu aucune réponse.</p>


<section id="section-4999fe9d" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack" style=""><div class="container">

<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile" style="grid-template-columns:20% auto"><figure class="wp-block-media-text__media"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="552" height="786" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran.png" alt="" class="wp-image-37037 size-full" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran.png 552w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-211x300.png 211w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-421x600.png 421w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-51x72.png 51w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-101x144.png 101w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-42x60.png 42w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-84x120.png 84w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-140x200.png 140w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-281x400.png 281w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-183x260.png 183w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-365x520.png 365w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-228x325.png 228w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/couverture-rapport-iran-456x650.png 456w" sizes="(max-width: 552px) 100vw, 552px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center"><mark>LES ARCHITECTES DES ATROCITÉS</mark></h2>



<p class="has-text-align-center">Vous trouverez ici une synthèse de 49 pages qui résume le rapport complet d&rsquo;Amnesty International sur la répression d&rsquo;État meurtrière menée en 2022 par les autorités iraniennes contre les manifestant·e·x·s du mouvement «Femme, Vie, Liberté».</p>



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</div></section>


<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une attaque à l’échelle nationale menée en application d’une politique d’État</strong></h2>



<p>L’enquête d’Amnesty International sur les crimes contre l’humanité commis pour écraser le soulèvement Femme, Vie, Liberté de 2022 montre que deux principales forces de sécurité, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et la Police de la République islamique d’Iran (désignée par son acronyme en persan FARAJA), ont procédé aux dispersions mortelles des manifestations, en application d’une politique d’État élaborée par l’intermédiaire du Conseil suprême de sécurité nationale, du Conseil de sûreté de l’État et des conseils de sécurité provinciaux et départementaux.</p>



<p>Les agents de la FARAJA et du CGRI ont à maintes reprises tiré sur des foules au moyen de fusils d’assaut de type militaire, d’armes de poing et de fusils à plombs. En outre, ils ont poursuivi des manifestant·e·s et des passant·e·s qui s’enfuyaient, se rapprochant de victimes non armées qui ne constituaient une menace pour personne, y compris les membres des forces de sécurité, et les abattant à bout portant.</p>



<p>Parmi les branches de la FARAJA impliquées figuraient la Police de prévention, dont ses Unités d’assistance, ainsi que les Unités spéciales. Les branches du CGRI qui ont participé étaient notamment les divisions opérationnelles, les Unités de sécurité provinciales et plusieurs bataillons de la Force de mobilisation de la résistance (Bassidj), comme les bataillons Imam Ali et les bataillons Beit Al Moghaddas. Ces branches du CGRI ont agi sous la direction de leurs corps provinciaux respectifs, eux-mêmes supervisés par les quartiers généraux régionaux du CGRI.</p>



<p>Les déclarations officielles et les documents divulgués à la suite de fuites analysés dans le rapport révèlent une politique d’État, qui transparaît dans les réunions stratégiques, les ordres donnés, les plans de déploiement, l’allocation de moyens financiers et d’armes, et les instructions en faveur d’une réponse « ferme et sévère ». Une des instructions divulguées ordonnait aux forces de sécurité de « répondre sans pitié et aller jusqu’à donner la mort ».</p>



<p>Les témoins ont à maintes reprises décrit des rues qui ressemblaient à des champs de bataille en raison des tirs incessants des forces de sécurité. Mahshid, qui a manifesté à Mahabad, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental, a déclaré à Amnesty International : « Je n’avais jamais vu de telles scènes […] C’était très effrayant, on aurait dit une zone de guerre. Les forces de sécurité n’arrêtaient pas de tirer. »</p>



<p>La plupart des 377 manifestant·e·s et passant·e·s figurant sur la liste des personnes décédées établie par Amnesty International ont été tués par les forces de sécurité lors d’opérations de dispersion des manifestations entre septembre et décembre 2022. Les autres sont morts en détention, après leur libération ou dans des circonstances suspectes laissant supposer une responsabilité de l’État.</p>



<p>Fidèles à leur posture habituelle consistant à nier et à couvrir les faits, les autorités n’ont reconnu que 202 décès et ont attribué de façon mensongère la plupart d’entre eux à des acteurs non gouvernementaux, des « émeutiers » ou des « terroristes armés », malgré la multitude d’éléments prouvant le contraire. Loin de prendre des mesures pour faire cesser les crimes à mesure que les preuves se multipliaient, les hauts responsables ont régulièrement félicité les forces de sécurité et ordonné la poursuite des opérations.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un total de 87 responsables identifiés comme devant faire l’objet d’une enquête pénale</strong></h2>



<p>À partir des informations détaillées recueillies sur les forces de sécurité impliquées et d’une analyse approfondie de leurs structures de commandement, Amnesty International a identifié 87 responsables iraniens qui devraient faire l’objet d’une enquête pénale pour crimes contre l’humanité.</p>



<p>Cette liste, bien que non exhaustive, s’étend du plus haut niveau de l’appareil de sécurité iranien à des niveaux plus locaux (provinces et départements).</p>



<p>Parmi les 87 personnes citées figurent 62 commandants des forces de sécurité (dont 33 commandants du CGRI et 27 commandants de la FARAJA) et 25 fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, dont des gouverneurs provinciaux et départementaux. Dix sont de hauts responsables nationaux et 77 de hauts responsables régionaux, provinciaux ou départementaux exerçant des responsabilités liées aux 17 départements des provinces du Kurdistan, de Kermanchah et de l’Azerbaïdjan occidental sur lesquels Amnesty International a mené des recherches approfondies.</p>



<p>Parmi les personnes identifiées figurent l’ancien Guide suprême et commandant en chef de toutes les forces armées, Ali Khamenei, et l’ancien chef d’état-major des forces armées, Mohammad Bagheri. Tous deux ont été tués en février 2026 dans des frappes aériennes menées pendant l’attaque militaire des États-Unis et d’Israël contre la République islamique d’Iran. Amnesty International cite également le ministre de l’Intérieur de l’époque, Ahmad Vahidi, qui est depuis devenu commandant général du CGRI, et Majid Mir Ahmadi, qui était à l’époque vice-ministre de l’Intérieur chargé de la police et de la sécurité.</p>



<p>« Cette enquête révèle les différents niveaux de commandement et la coordination qui ont été à la base de la répression meurtrière des manifestations par les autorités iraniennes. Les agents déployés dans les rues ont agi dans le cadre d’une chaîne de commandement hiérarchique et coordonnée les reliant à des responsables qui ont ordonné, permis, facilité et soutenu les crimes perpétrés à grande échelle, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Les représentants des autorités cités restent à l’abri de la justice en Iran. La plupart occupent toujours des postes depuis lesquels ils peuvent lancer une nouvelle répression meurtrière, et certains ont même monté dans la hiérarchie de la chaîne de commandement après les crimes contre l’humanité de 2022. Cette impunité persistante a des conséquences dévastatrices. Il est plus que temps de mettre en place un mécanisme international de justice pénale pour l’Iran avant que des manifestant·e·s ne soient de nouveau massacrés. »</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un terrible bilan pour les populations kurdes et baloutches</strong></h2>



<p>Les manifestant·e·s issus des populations baloutches et kurdes – des groupes persécutés en Iran – ont payé un lourd tribut à la répression meurtrière. Ils représentent 62 % du nombre total de victimes enregistrées, alors qu’ils ne constituent, respectivement, que 5 % et 10 à 15 % de la population du pays.</p>



<p>Amnesty International a recensé 106 manifestant·e·s et passant·e·s baloutches (dont 20 enfants) tués illégalement par les forces de sécurité de la province du Sistan-et-Baloutchistan (soit 33 % des victimes enregistrées par l’organisation). Durant la seule journée du 30 septembre 2022, 87 ont été victimes d’homicides illégaux lorsque les forces de sécurité ont ouvert le feu après les prières du vendredi à Zahedan (une répression connue sous le nom de « Vendredi sanglant »).</p>



<p>L’organisation a aussi recueilli des informations sur les circonstances entourant les homicides illégaux de 95 manifestant·e·s et passant·e·s kurdes, dont 13 mineur·e·s, tués lors de la dispersion de manifestations ou dans des zones où les forces de sécurité exerçaient une présence militarisée, à proximité de manifestations en cours ou récemment terminées, dans 17 départements des provinces du Kurdistan, de Kermanchah et de l’Azerbaïdjan occidental (29 % des victimes enregistrées par l’organisation). La plupart de ces personnes ont été tuées par balle ; d’autres ont été battues à mort, touchées par des grenades lacrymogènes ou écrasées délibérément par des véhicules des forces de sécurité.</p>



<p>Iman, témoin originaire de Sanandadj, dans la province du Kurdistan, a déclaré : « Les agents tiraient à vue, sans se soucier de savoir s’ils visaient des femmes, des enfants, des passants ou des manifestants. »</p>



<p>Amnesty International a constaté que, dans les provinces de Kermanchah, du Kurdistan et de l’Azerbaïdjan occidental, les forces de sécurité avaient systématiquement déployé des fusils de précision, des fusils d’assaut, des pistolets-mitrailleurs et des mitrailleuses lourdes montées sur des pick-ups.</p>



<p>L’organisation a conclu que des meurtres et des actes de torture avaient été commis contre des manifestant·e·s kurdes et baloutches avec une intention discriminatoire fondée sur des motifs politiques et ethniques, et que les critères constitutifs du crime contre l’humanité de persécution étaient remplis pour ces groupes pris pour cible.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une impunité intentionnelle</strong></h2>



<p>En Iran, l’impunité pour les crimes de droit international et les autres graves violations des droits humains est systémique et intentionnelle.&nbsp;</p>



<p>La Constitution iranienne place le système judiciaire sous le contrôle direct du Guide suprême, qui est non seulement le commandant en chef des forces de sécurité, mais aussi celui qui nomme le responsable du pouvoir judiciaire, qui à son tour nomme les principaux juges et procureurs. Les affaires concernant les graves violations des droits humains commises par des membres des forces de sécurité sont gérées par les parquets et tribunaux militaires, dont les juges et magistrats peuvent être eux-mêmes issus des forces de sécurité et s’appuient souvent sur les versions des faits fournies par les organes de sécurité – ceux-là mêmes qui sont impliqués dans les crimes.&nbsp;</p>



<p>La Loi iranienne sur le recours aux armes à feu par les forces armées en cas de force majeure autorise l’utilisation d’armes à feu pour disperser des manifestations, en violation flagrante du droit international, qui ne permet cette utilisation qu’en dernier recours face à une menace imminente de mort ou de blessure grave. Cette loi exempte aussi généralement les agents de l’État de toute responsabilité civile et pénale.&nbsp;</p>



<p>« Les victimes et leurs familles en Iran sont piégées dans un système où les institutions qui sont censées rendre justice sont contrôlées par les autorités qui ont du sang sur les mains. Les familles qui cherchent à obtenir vérité et justice sont persécutées, a déclaré Agnès Callamard.&nbsp;</p>



<p>« Il n’est pas réaliste d’adresser des appels au respect de l’obligation de rendre des comptes aux autorités judiciaires iraniennes, qui sont complices des crimes contre l’humanité. La communauté internationale doit proposer dès maintenant des voies internationales pour que justice soit faite. L’Assemblée générale des Nations unies doit combattre la crise de l’impunité qui expose la population iranienne à des massacres récurrents et de plus en plus graves de manifestant·e·s. »</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><div style="position:relative"><img decoding="async" width="1024" height="712" src="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-1024x712.jpg" alt="" class="aiic-ignore wp-image-37048" srcset="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-1024x712.jpg 1024w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-300x209.jpg 300w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-768x534.jpg 768w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-1536x1068.jpg 1536w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-863x600.jpg 863w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-734x510.jpg 734w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-104x72.jpg 104w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-207x144.jpg 207w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-60x42.jpg 60w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-120x83.jpg 120w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-200x139.jpg 200w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-400x278.jpg 400w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-260x181.jpg 260w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-520x362.jpg 520w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-325x226.jpg 325w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-650x452.jpg 650w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153-600x417.jpg 600w, https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/319153.jpg 2000w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><div class="image-metadata is-image"></div></div><figcaption class="wp-element-caption">TEHRAN, IRAN &#8211; SEPTEMBER 19: People gather during a protest for Mahsa Amini, who died after being arrested by morality police allegedly not complying with strict dress code in Tehran, Iran on September 19, 2022. (Photo by Stringer/Anadolu Agency via Getty Images)</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Complément d&rsquo;information</h2>



<p>Amnesty International publie ce rapport à un moment où la population iranienne est confrontée à un double risque de subir des crimes de droit international. D’un côté, elle est exposée à des violations du droit international humanitaire depuis que les États-Unis et Israël ont attaqué illégalement l’Iran en violation de la Charte des Nations unies, le 28 février 2026.</p>



<p>De l’autre, elle risque d’être victime de nouveaux crimes contre l’humanité dans le contexte de la répression de manifestations. Les autorités iraniennes ont invoqué la « situation de guerre » pour justifier une intensification de la répression intérieure, renforçant la militarisation des espaces publics, menaçant ouvertement de tuer massivement les manifestant·e·s et les dissident·e·s, et multipliant les exécutions arbitraires motivées par des considérations politiques.</p>



<p>Depuis décembre 2017, l’Iran est le théâtre de vagues successives de manifestations contre le régime. Des manifestant·e·s sont descendus dans la rue à plusieurs reprises pour réclamer le respect des droits humains, la dignité, la liberté, la fin du système de la République islamique et son remplacement par un nouveau système de gouvernance respectueux des droits. Les recherches approfondies d’Amnesty International sur la réponse des autorités à ces vagues successives de manifestations en décembre 2017-janvier 2018, novembre 2019, septembre-décembre 2022 et janvier 2026 révèlent une pratique récurrente des homicides illégaux de masse, de la torture, des disparitions forcées et d’autres crimes de droit international.</p>

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		<title>Russie. Le recrutement d’étrangers pour combattre en Ukraine relève de la traite des êtres humains</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/russie-le-recrutement-detrangers-pour-combattre-en-ukraine-releve-de-la-traite-des-etres-humains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Sep 2026 14:54:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Russie. Le recrutement d’étrangers pour combattre en Ukraine relève de la traite des êtres humains La Russie a employé des pratiques trompeuses, coercitives et fondées sur l’exploitation, dans le but de recruter des étrangers pour qu’ils rejoignent ses forces armées, et de les envoyer combattre en Ukraine, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse rendue [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Russie. Le recrutement d’étrangers pour combattre en Ukraine relève de la traite des êtres humains</h2>



<p>La Russie a employé des pratiques trompeuses, coercitives et fondées sur l’exploitation, dans le but de recruter des étrangers pour qu’ils rejoignent ses forces armées, et de les envoyer combattre en Ukraine, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse rendue publique jeudi 10 septembre. Dans de nombreux cas, cela constitue une violation des droits humains et relève de la traite des personnes, qui reste étendue en Russie et dont la communauté internationale doit se préoccuper en urgence.</p>



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<p>Les recherches effectuées décrivent comment des recruteurs ont attiré sous des prétextes fallacieux au sein des forces armées russes des individus venant de l’étranger, et ont exploité la situation précaire de migrants et de réfugiés déjà présents en Russie. Les personnes prises pour cible sont majoritairement issues de pays à faible revenu du sud global.</p>



<p>« Les recherches effectuées par Amnesty montrent que l’armée russe renforce ses rangs avec des étrangers vulnérables sur le plan économique, et les utilise comme chair à canon dans la guerre d’agression contre l’Ukraine. Le niveau d’exploitation et de coercition que cela implique nous a amenés à conclure que dans de nombreux cas, cela relève de la traite des êtres humains, ainsi que la définit le Protocole de Palerme », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« S’appuyant sur des voies migratoires pré-existantes caractérisées par l’exploitation et des pratiques abusives à l’égard des migrant·e·s et des réfugié·e·s en Russie, des recruteurs ont établi un système de coercition, de fraude et de tromperie, notamment des promesses creuses faisant miroiter des emplois civils ou non-combattants, afin d’engager des étrangers dans l’armée. Une fois que les victimes ont signé les documents qu’on leur présente, souvent dans une langue qu’elles ne comprennent pas, des commandants militaires restreignent leurs mouvements, les déploient en première ligne avec une préparation minimale, et menacent ceux qui cherchent à s’en extraire. »</p>



<p>La synthèse s’appuie sur les témoignages de personnes originaires du Brésil, de Colombie, de Cuba, d’Égypte, de Sierra Leone, du Sri Lanka, de Somalie et d’Afrique du Sud, recueillis dans deux camps ukrainiens de prisonniers de guerre entre 2024 et 2026, et sur des conversations avec des étrangers servant actuellement au sein des forces russes, ainsi que des membres de leur famille, des avocat·e·s, des défenseur·e·s des droits humains et des journalistes.</p>



<p>Parmi leurs principaux outils pour recruter des étrangers, les autorités russes ont tiré parti de la situation irrégulière de personnes restées sur le territoire au-delà de la durée de leur visa de travail, ainsi que de la situation précaire d’étrangers accusés d’infractions pénales, leur présentant un engagement au sein de l’armée comme une solution préférable à une arrestation et une expulsion.</p>



<p>Amnesty International a recueilli les propos de deux Sri-Lankais recrutés après avoir dépassé la durée de leur visa de travail, ainsi que de personnes originaires de Cuba et d’Égypte, incarcérées pour détention présumée de stupéfiants, qui se sont vu proposer la possibilité de signer des contrats militaires au lieu de purger ou terminer leur peine de prison. L’organisation a également reçu le témoignage d’un réfugié originaire d’Afrique centrale qui a été placé en détention après l’expiration de son statut de protection temporaire, et qui a été menacé d’expulsion à moins qu’il ne s’engage au sein des forces armées de la Russie.</p>



<p>Passer sous silence ou présenter sous un faux jour les risques encourus et la nature spécifique du travail proposé est devenu un élément clé du recrutement de migrants par l’armée russe. Le service militaire est généralement présenté comme une fonction de soutien non-combattante, comme le fait de travailler dans une cantine militaire ou comme chauffeur loin de la première ligne des combats. Les deux Sri-Lankais interrogés ont déclaré qu’on leur avait fait croire qu’ils travailleraient comme cuisiniers, mais ont en fait été envoyés se battre en première ligne. Ils ont été capturés au bout de quelques semaines par les forces ukrainiennes. « L’ampleur des combats est inimaginable. On ne voit pas de soldats ukrainiens, seulement des drones. Des drones partout », a dit l’un d’eux. « Jamais je n’y retournerais. »</p>



<p>Des agents locaux et des offres d’emploi trompeuses sur Internet ont joué un rôle central dans le système visant à duper des étrangers au sein même de leur pays. Des personnes originaires du Brésil, de Colombie, de Sierra Leone, de Somalie, d’Afrique du Sud et du Sri Lanka, recrutées hors de Russie, ont déclaré qu’on leur avait fait de fausses promesses d’emplois civils dans les secteurs de la sécurité, de la logistique, de la construction, de l’informatique, entre autres, souvent avec l’assurance qu’elles percevraient des salaires élevés et bénéficieraient d’une procédure accélérée d’obtention de la nationalité russe &#8211; pour se retrouver finalement engagées de manière frauduleuse dans les forces armées à leur arrivée.</p>



<p>Un Sud-Africain qui avait postulé en ligne pour un emploi de chauffeur en Pologne a reçu de la part d’un agent sur WhatsApp des instructions lui demandant de prendre un vol pour Moscou afin d’aller récupérer un camion qu’il devait ensuite conduire jusqu’en Pologne, a déclaré son épouse à Amnesty International. « À son arrivée à Moscou, on lui a tout pris [&#8230;] On lui a dit qu’il n’irait pas en Pologne et qu’il allait devenir soldat. »</p>



<p>De nombreuses recrues ont reçu des promesses de salaires lucratifs et de bonus d’embauche qui ne se sont pas concrétisées. Si certaines ont perçu des paiements partiels avant d’être capturées, beaucoup ont indiqué n’avoir rien reçu du tout. Au-delà de la rémunération, toutes les personnes interrogées ont dit avoir été particulièrement motivées par les promesses concernant les procédures d’obtention de la nationalité russe.</p>



<p>Toutes ont signalé que leur liberté de mouvement avait fait l’objet de lourdes restrictions après qu’elles ont signé les contrats militaires. Des recrues venues du Brésil et du Sri Lanka ont déclaré que leurs passeports et téléphones portables leur ont été confisqués durant leur entraînement ou avant leur déploiement en première ligne. D’autres ont signalé qu’elles ne pouvaient pas quitter les centres où elles ont été conduites après la signature des papiers, et que les divers trajets s’effectuaient dans le secret et de manière strictement contrôlée.</p>



<p>Pedro, un informaticien brésilien, recruté après avoir signé ce qu’il pensait être un contrat pour un emploi bien rémunéré dans le domaine de la technologie en Russie, a déclaré qu’il avait dit à son commandant qu’il voulait partir, mais que celui-ci lui avait répondu : « Si vous essayez de vous enfuir, soit vous irez en prison soit nous vous tuerons. »</p>



<p>Le manque d’expérience militaire semble ne constituer aucun obstacle au recrutement, et la plupart des engagés sont déployés dans des zones de combat actif au bout d’à peine deux semaines d’entraînement. Un grand nombre ont signalé un manque de préparation, des équipements insuffisants, et une communication limitée avec les commandants en raison de la barrière de la langue. Cela suggère que le recrutement d’étrangers est nourri par la volonté des troupes russes d’augmenter le nombre de soldats en première ligne, sans guère se soucier de leur aptitude au combat et en affichant un mépris manifeste pour la vie humaine.</p>



<p>Les pratiques recensées dans le cadre de ces recherches suscitent de graves inquiétudes, tant la Russie a bafoué ses obligations en vertu du droit international, notamment en se livrant semble-t-il à la traite des êtres humains, et en s’abstenant : de poursuivre et combattre cette traite ; de mener des enquêtes efficaces dans les meilleurs délais sur tous les signalements de crimes et de violations graves des droits humains ; d‘identifier et de protéger les victimes et les rescapés ; et d’obliger les personnes soupçonnées d’être responsables ou complices de telles pratiques à rendre des comptes.</p>



<p>Amnesty International demande à la Russie de mettre immédiatement fin à toutes les pratiques abusives impliquant le recrutement militaire d’étrangers, et au traitement qui leur est réservé dans des camps d’entraînement et en première ligne des combats. Cela inclut : le fait de les recruter en usant de moyens coercitifs, de déclarations trompeuses et de campagnes de désinformation ; l’exploitation de vulnérabilités &#8211; sur les plans économique, juridique ou autre &#8211; d’étrangers en Russie et de personnes issues de communautés défavorisées dans le reste du monde ; et la restriction de leurs mouvements une fois en Russie ou sur les territoires ukrainiens occupés par la Russie.</p>



<p>Les États dont des ressortissants sont en danger ou ont été affectés par ce genre de pratiques devraient prendre des mesures préventives de protection, notamment en diffusant publiquement des mises en garde claires et des consignes sur les risques relatifs à des programmes de recrutement trompeurs ou frauduleux pour des emplois en Russie ou dans un pays tiers. Ils doivent aussi prendre des mesures concrètes, au niveau national, régional et mondial pour éradiquer la traite des êtres humains, et exiger que les responsables présumés rendent des comptes, et que les personnes victimes de coercition, d’exploitation ou de violations bénéficient de recours utiles.</p>



<p>La synthèse contient aussi une série d’appels aux autorités ukrainiennes, notamment concernant les ressortissants de pays tiers détenus comme prisonniers de guerre.</p>



<p>« Les souffrances humaines causées par la traite d’étrangers à laquelle se livrent la Russie ou ceux qu’elle habilite ou encourage, ne sont pas limitées au combat en première ligne en Ukraine. Ces réseaux de recrutement ont une vaste portée, et s’étendent jusqu’à des communautés vulnérables à travers le monde, laissant dans leur sillage exploitation, deuils et souffrances, bien au-delà de l’Ukraine ravagée par la guerre », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Si la Russie refuse de mettre fin à la traite des personnes et continue à exploiter des populations vulnérables dans le monde, d’autres États doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faire cesser ce crime. Les responsabilités de toutes les personnes directement impliquées et de tous les complices présumés doivent être pleinement établies, qu’il s’agisse de recruteurs ou d’intermédiaires, de fonctionnaires ou de commandants militaires. Lorsqu’un cas de traite est avéré, les victimes et les rescapés doivent être identifiés et pris en charge en temps que tels, et tous les éléments de preuve disponibles doivent être recueillis et préservés afin que les responsables présumés puissent être poursuivis. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Contexte</h4>



<p>En mai 2025, les autorités russes ont officiellement déclaré la présence d’Amnesty International illégale en Russie et criminalisé ses activités sur place, et lui ont refusé la possibilité de recueillir ouvertement des informations en Russie ou auprès de la Russie. Cela a empêché l’organisation d’enquêter librement sur les témoignages de personnes qui, selon les médias contrôlés par le gouvernement russe, ont affirmé que des recruteurs ukrainiens ont également essayé d’engager des étrangers par des moyens trompeurs ou cherchant à exploiter une situation vulnérable.</p>
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		<title>Hongrie. Meta n’a pas fait barrage aux contenus anti-LGBTI sur Facebook</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/hongrie-meta-na-pas-fait-barrage-aux-contenus-anti-lgbti-sur-facebook/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 07:35:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
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		<category><![CDATA[Genre et sexualite]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Responsabilité des entreprises]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hongrie. Meta n’a pas fait barrage aux contenus anti-LGBTI sur Facebook Ce Communiqué de presse contient des informations susceptibles de heurter la sensibilité de certains lectrices et lecteurs Meta n&#8217;a pas fait barrage aux propos préjudiciables tenus sur Facebook à l&#8217;encontre de la communauté LGBTI en Hongrie, du fait d&#8217;une application défaillante de ses propres [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Hongrie. Meta n’a pas fait barrage aux contenus anti-LGBTI sur Facebook</h2>



<p><strong><em>Ce Communiqué de presse contient des informations susceptibles de heurter la sensibilité de certains lectrices et lecteurs</em></strong></p>



<p>Meta n&rsquo;a pas fait barrage aux propos préjudiciables tenus sur Facebook à l&rsquo;encontre de la communauté LGBTI en Hongrie, du fait d&rsquo;une application défaillante de ses propres règles de modération, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse.</p>



<p>Dans ce document intitulé <strong><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/EUR2713792026ENGLISH.pdf">‘It erodes my soul’: Meta’s contribution to anti-LGBTI discourse in Hungary</a>,</strong> il apparaît clairement que les décisions de Meta en matière de politique, notamment l&rsquo;affaiblissement des garanties pour les groupes exposés à des risques en janvier 2025 et la nette baisse de la modération proactive des contenus, ont des effets néfastes sur la communauté LGBTI en Hongrie.</p>



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<p>« Meta a contribué à des répercussions négatives sur les droits des personnes LGBTI en Hongrie par le biais de ses décisions en matière de stratégie, et n’a pas pris les mesures adéquates afin de prévenir les préjudices qui en découlent. Les risques encourus par les personnes LGBTI en Hongrie étaient prévisibles et bien documentés, mais Meta n’a pas dûment réagi face à cette situation », a déclaré Daniela Schnidrig, responsable par intérim de la stratégie et du plaidoyer, équipe Responsabilité des géants technologiques à Amnesty International.</p>



<p>Entre autres défaillances, Meta n’a pas évalué correctement les risques que les changements apportés à ses politiques au niveau mondial faisaient peser sur la communauté LGBTI hongroise. Lors même qu&rsquo;elle avait connaissance du climat politique hostile, des restrictions légales imposées aux rassemblements en lien avec les personnes LGBTI, dont la marche des fiertés, ainsi que des discours anti-LGBTI, notamment de la part du gouvernement et d&rsquo;acteurs proches de celui-ci.</p>



<p>Facebook occupe une place particulièrement influente dans le paysage informatif hongrois, puisqu’il touche plus de la moitié de la population.</p>



<p>D’après les personnes LGBTI interrogées dans le cadre de cette recherche, l’exposition répétée à des contenus anti-LGBTI sur Facebook était source d’anxiété et de frustration, et nourrissait un sentiment d’impuissance, y compris dans les cas où elles ont signalé ces contenus préjudiciables.</p>



<p>« Facebook n’est qu’un élément de plus qui alimente mon anxiété… Pour eux (Meta), les utilisateurs·trices ne sont pas des personnes, ce ne sont que des chiffres », a déclaré l’une des personnes interrogées.</p>



<p>Certaines se sont temporairement retirées de la plateforme et ont cessé de participer aux débats publics afin de protéger leur santé mentale. D’autres ont pratiqué l’autocensure, craignant des réactions négatives si elles exprimaient ouvertement leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur soutien aux droits des personnes LGBTI sur la plateforme.</p>



<p>Face à ces situations, on ne peut que se demander si Facebook a manqué à son devoir de protéger les droits à la liberté d’expression et à la non-discrimination, en fragilisant la capacité des personnes LGBTI à participer à la vie publique et civique sur un pied d’égalité avec les autres.</p>



<p>« Depuis 10 ans, les membres de la communauté LGBTI hongroise sont en butte à de violentes campagnes de dénigrement et à des lois répressives mises en place par le gouvernement de Viktor Orbán. En outre, ils n’ont pas pu s’exprimer librement sur les plateformes de Meta, ce qui a fortement exacerbé leur désespoir », a déclaré Eszter Mihály, responsable des questions LGBTI à Amnesty International Hongrie.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le rôle central de Facebook dans les débats</h4>



<p>Dans le cadre de cette recherche, Amnesty International a mené une étude de veille des débats publics sur les questions LGBTI sur diverses plateformes de réseaux sociaux.</p>



<p>Nous avons constaté que les discussions concernant les personnes LGBTI étaient émaillées de propos alarmistes, de désinformation et de discours dénigrants, Facebook servant de forum central à ces débats. Des représentants de Háttér Society, une organisation hongroise qui soutient et défend les droits des personnes LGBTI, ont communiqué à Amnesty International des exemples de contenus préjudiciables sur Facebook recensés entre janvier 2023 et décembre 2024. Il s’agissait notamment de commentaires appelant à la violence physique envers les personnes LGBTI, par exemple : « Battez-les à mort immédiatement », « Je tirerais sur ça », « Jetez-les du haut d’un pont » et « Mort à ces vermines extrêmes genderfluid ».</p>



<p>D&rsquo;autres commentaires employaient un langage déshumanisant, qualifiant les personnes LGBTI de « rats », « mutants », « vers de terre » ou « racaille », tandis que certains prônaient explicitement l&rsquo;éradication des personnes transgenres.</p>



<p>Plusieurs exemples relayaient des discours présentant les personnes LGBTI comme une menace pour les enfants, la morale publique ou l’ordre social.</p>



<p>Certains contenus préjudiciables sont restés accessibles pendant un certain temps après avoir été signalés, parfois encore visibles lors d’une vérification effectuée en mars 2026. Le fait que ces contenus demeurent accessibles témoigne de lacunes persistantes dans la cohérence et l&rsquo;efficacité des systèmes de modération de Meta.</p>



<p>Des personnes interrogées ont été confrontées à plusieurs reprises à des contenus hostiles aux LGBTI, alors qu’elles s’efforçaient activement de les éviter en bloquant des comptes, en les signalant et en faisant part de leur désintérêt à Facebook.</p>



<p>Ádám Kanicsár, militant LGBTI et journaliste, a déclaré : « Mon fil d’actualité est désormais vraiment malsain. Il ne s’agit pas seulement d’une ou deux vidéos : c’est toute une série de vidéos. Je ne vois plus que ça. Les contenus postés par mes ami·e·s se font rares. »</p>



<p>D’autres personnes interrogées ont ajouté qu’on leur présentait des contenus qui ne les intéressaient pas.</p>



<p>« Pris dans leur ensemble, ces résultats amènent à se demander si la conception de Facebook a pu accroître l’exposition des utilisateurs·trices à des contenus anti-LGBTI nocifs. Ces conclusions laissent à penser que les systèmes qui visent à maximiser le temps d’utilisation peuvent contribuer à une exposition répétée à des contenus préjudiciables et clivants », a déclaré Alia Al Ghussain, responsable de l’équipe Responsabilité des géants technologiques d’Amnesty International. En vertu de la législation sur les services numériques de l&rsquo;Union européenne, Meta est tenue d&rsquo;identifier et de prévenir les risques systémiques liés à la conception de sa plateforme afin que ses produits ne causent pas d’atteintes aux droits humains et n’y contribuent pas. L&rsquo;entreprise doit réévaluer les répercussions de ses changements de politique opérés en janvier 2025 dans différents contextes, et renforcer la modération des contenus ainsi que l&rsquo;application de ses règles. Pour ce faire, elle doit mettre en place un mécanisme de plainte efficace, améliorer la transparence au niveau de l’application et de l’efficacité de ses politiques, et proposer des recours utiles aux personnes ayant subi un préjudice quelconque. La Commission européenne doit appliquer avec rigueur la législation sur les services numériques et enquêter sur le respect par Meta de ses obligations.</p>



<p>Amnesty International a écrit à Meta le 28 juillet en exposant ses conclusions. Le 11 août, Meta répondait en indiquant que, compte tenu de l&rsquo;ampleur et du niveau de détail des conclusions présentées, elle ne serait pas en mesure de fournir une réponse dans les délais impartis.</p>



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</div>



<h4 class="wp-block-heading">Contexte</h4>



<p>Cette recherche a été menée dans un contexte de détérioration de la situation des droits des personnes LGBTI en Hongrie. Sous l’ancien Premier ministre Viktor Orbán, le gouvernement a adopté des lois et des politiques discriminatoires, tandis que des acteurs et entités en accord avec ses idées présentaient les personnes LGBTI comme une menace pour les enfants, les familles et les valeurs hongroises. Cette tendance s’est durcie en 2025 et 2026, de nouvelles lois restreignant les rassemblements en lien avec les personnes LGBTI, notamment les marches des fiertés.</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/hongrie-meta-na-pas-fait-barrage-aux-contenus-anti-lgbti-sur-facebook/">Hongrie. Meta n’a pas fait barrage aux contenus anti-LGBTI sur Facebook</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>Namibie. Des Angolais·e·s déplacés par la sécheresse sont victimes de violations des droits humains</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/namibie-des-angolais%c2%b7e%c2%b7s-deplaces-par-la-secheresse-sont-victimes-de-violations-des-droits-humains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Sep 2026 09:43:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Changement climatique]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=37000</guid>

					<description><![CDATA[<p>Namibie. Des Angolais·e·s déplacés par la sécheresse sont victimes de violations des droits humains Des femmes et des enfants angolais déplacés en Namibie par la sécheresse sont exposés à de graves violations des droits fondamentaux, découlant de l’absence de voies de migration légales pour les personnes contraintes à franchir les frontières par des catastrophes naturelles, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Namibie. Des Angolais·e·s déplacés par la sécheresse sont victimes de violations des droits humains</h2>



<p>Des femmes et des enfants angolais déplacés en Namibie par la sécheresse sont exposés à de graves violations des droits fondamentaux, découlant de l’absence de voies de migration légales pour les personnes contraintes à franchir les frontières par des catastrophes naturelles, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport.</p>



<p>Ce document, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/09/AFR4213902026ENGLISH.pdf"><strong>The Drier it Gets, the Longer You Have to Walk: The Human Rights Impacts of Drought-Induced Displacement on Angolan Women and Children in Namibia</strong></a>, fait état des conséquences dévastatrices des sécheresses récurrentes dans le sud de l’Angola, et des impacts sur les droits fondamentaux des personnes déplacées en Namibie, notamment la crainte persistante d’être arrêtées, détenues et expulsées, ce qui influe sur leurs décisions quotidiennes concernant l’obtention de soins de santé ou d’autres services.</p>



<p>« Les autorités namibiennes doivent adopter une démarche fondée sur les droits face à la migration, afin de garantir que les personnes déplacées par la sécheresse et d’autres catastrophes naturelles puissent exercer leurs droits fondamentaux, notamment la possibilité de se faire enregistrer et d’obtenir des papiers », a déclaré Tigere Chagutah, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnesty International.</p>



<p>« La protection d’Angolais·e·s déjà marginalisés, obligés de se rendre en Namibie à la recherche de moyens de subsistance, n’est pas qu’une question humanitaire. Il s’agit d’une crise des droits humains exigeant une solidarité internationale, notamment une protection juridique contre le « refoulement » », a déclaré Tigere Chagutah.</p>



<p>Entre mai 2024 et mai 2026, Amnesty International a recueilli les propos d’au moins 167 personnes, parmi lesquelles des personnes déplacées, des responsables communautaires, des représentant·e·s du gouvernement, des représentant·e·s d’organisations de la société civile, des universitaires et des membres de l’équipe pays des Nations unies.</p>



<p>Au moment de la publication de ce communiqué, le gouvernement namibien n’avait pas répondu aux demandes de commentaires d’Amnesty International.</p>



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<h4 class="wp-block-heading">« Plus il fait sec, plus il faut marcher longtemps, plus il faut creuser profond »</h4>



<p>Le sud de l’Angola, en particulier les provinces de Cunene, Huíla et Namibe, est une des régions les plus durement touchées par des sécheresses à répétition, situation exacerbée par El Niño.</p>



<p>Ces conditions, associées à des défaillances structurelles de longue date, ont fragilisé les systèmes pastoraux et agricoles traditionnels, miné la résilience des personnes et contraint celles-ci à migrer vers la Namibie afin d’y chercher sécurité, nourriture, eau, travail et services essentiels.</p>



<p>Touchés de manière disproportionnée, femmes et enfants entreprennent souvent ces périples alors que ceux-ci sont très risqués.</p>



<p>Un jeune militant en faveur du climat a déclaré à Amnesty International que les déplacements induits par la sécheresse ne sont pas simplement l’histoire de personnes « fuyant la sécheresse », mais une réaction rationnelle face à des systèmes en plein effondrement. « Plus il fait sec, plus il faut marcher longtemps, plus il faut creuser profond », a-t-il dit.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La réaction namibienne face au déplacement d’Angolais·e·s</h4>



<p>Le rapport indique que les moyens dont disposent les Angolais·e·s déplacés par la sécheresse pour faire régulariser leur séjour en Namibie sont limités, car les lois en vigueur relatives à l’immigration et la protection ne reflètent pas les réalités des déplacements causés par le changement climatique. Cela a poussé de nombreuses personnes à passer la frontière de manière irrégulière à la recherche de nourriture, d’eau, de pâturages, de soins de santé, de soutien familial et de travail, à la suite de sécheresses qui anéantissent les cultures, le bétail et les moyens de subsistance.</p>



<p>En 2026, le programme de contrôle de la migration du ministère namibien de l’Intérieur a annoncé que plus de 1 000 ressortissant·e·s angolais avaient été renvoyés en Angola, après qu’il a été établi que leur présence dans le pays était irrégulière au regard de la législation relative à l’immigration.</p>



<p>Le 4 juin 2025, Amnesty International a vu les autorités namibiennes réunir une quarantaine d’Angolais·e·s, parmi lesquels des femmes et des enfants, dans un centre associatif d’Opuwo, et les conduire le jour même à la frontière, à Ruacana, à plus de 100 kilomètres &#8211; pour les remettre aux autorités angolaises, sans leur proposer d’évaluation individuelle, d’informations sur l’asile ou de possibilités de protection, ni avoir effectué d’évaluation des risques à leur retour. L’absence d’examen individuel soulève de graves inquiétudes, compte tenu de l’interdiction des expulsions collectives et du principe de « non-refoulement ».</p>



<p>Dans d’autres cas, des mineur·e·s angolais ont en outre été soumis à des retours forcés sous l’égide du gouvernement, sans que les informations disponibles ne permettent d’établir si les garanties requises ont été respectées.</p>



<p>Le rapport indique que le cadre juridique en vigueur en Namibie en matière d’immigration ne répond pas de manière adéquate aux besoins des personnes déplacées au-delà des frontières de leur pays par la sécheresse. Si les personnes détentrices d’un passeport angolais peuvent entrer sur le territoire namibien sans visa, en passant par des postes frontières officiels pour des durées limitées, cela ne prévoit pas le droit de travailler, un séjour plus long, ni une procédure dédiée pour l’obtention d’une protection.</p>



<p>De nombreuses personnes issues de communautés frontalières touchées par la sécheresse ne possèdent par ailleurs pas de passeport ni d’autres documents d’identité, et empruntent des points de passage informels. Une fois arrivées en Namibie sans statut régulier, les possibilités pour régulariser leur séjour sont limitées. Des milliers d’Angolais·e·s vivent ainsi dans la crainte d’être arrêtés, placés en détention et expulsés, une peur qui influe sur leurs décisions quotidiennes, notamment sur l’opportunité de chercher à obtenir soins de santé et autres services.</p>



<p>Amnesty International a constaté que pour les personnes vivant déjà dans le nord de la Namibie, les conditions de logement, d’accès à l’eau et d’assainissement étaient très insuffisantes au regard du droit international et des normes internationales. De nombreuses familles vivent dans des abris de fortune, construits à partir de branches, de plastique et de carton, dans des conditions de grande promiscuité ou, dans certains cas, sans aucun abri.</p>



<p>Le rapport explique en détail comment les Angolais·e·s sans papiers se voyaient facturer des frais plus élevés que les Namibien·ne·s à l’hôpital, ce qui les poussait à retarder leur prise en charge jusqu’à ce que la maladie s’aggrave, voire à éviter complètement les cliniques par crainte que les établissements de santé ne soient liés aux services de contrôle de l’immigration.</p>



<p>« Nous n’y allons que lorsque la douleur est insupportable ; sinon, nous restons allongés et nous attendons », a déclaré une femme.</p>



<p>Amnesty International exhorte les autorités namibiennes à respecter leurs obligations en vertu du droit international et régional, en veillant à ce que les Angolais·e·s déplacés puissent bénéficier de protections juridiques, notamment de l’enregistrement et de documents nécessaires pour faire valoir leurs droits. Les autorités publiques doivent procéder à des évaluations individuelles avant les expulsions, et prendre en compte les risques liés au retour pour la sécurité des personnes.</p>



<p>Les États à revenus élevés, historiquement grands émetteurs, ont des obligations accrues en matière d’action climatique, tandis que les États qui en ont la possibilité doivent apporter leur coopération et leur aide au niveau international, notamment par un financement climatique adéquat, en fonction de leurs capacités, afin de soutenir des pays tels que l’Angola et la Namibie dans leurs efforts d’adaptation, de préparation à la sécheresse, de renforcement de la résilience, et de gestion des pertes et préjudices.</p>



<p>« Cette réalité souligne la nécessité pour la communauté internationale de reconnaître l’injustice à laquelle ces communautés sont confrontées et d’y répondre par une coopération et un soutien solides. Cela ne peut pas attendre », a déclaré Tigere Chagutah.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le manquement de l’Angola au devoir d’investir dans l’adaptation et la préparation</h4>



<p>Les investissements de l’Angola dans l’adaptation au changement climatique, la préparation à la sécheresse et la protection des moyens de subsistance sont restés inégaux en raison de financements limités, d’une faible capacité institutionnelle, d’infrastructures de surveillance climatique inadéquates et d’une dépendance persistante vis-à-vis des programmes d’urgence et de résilience soutenus par les donateurs.</p>



<p>Le rapport montre que les lacunes dans les systèmes d’alerte précoce, les infrastructures hydrauliques, le soutien vétérinaire et les mécanismes de protection sociale ont contribué à l’érosion progressive des systèmes pastoraux et d’agriculture de subsistance.</p>



<p>« La sécheresse et les risques croissants liés au changement climatique ne peuvent dispenser le gouvernement de son obligation légale de protéger les droits des personnes à la vie, à l’alimentation, à l’eau, à la santé, à un environnement sain et à un niveau de vie adéquat », a déclaré Tigere Chagutah.</p>



<p>« Les autorités angolaises doivent prendre des mesures d’urgence afin d’honorer leurs obligations légales, en mettant en place des mesures de protection destinées aux personnes touchées par la sécheresse, grâce à des mécanismes de préparation à la sécheresse et d’adaptation au changement climatique, et pour protéger les communautés menacées de déplacement. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Contexte</h4>



<p>Entre janvier et juillet 2021, plus de 7 000 Angolais·e·s, principalement des femmes, notamment des femmes enceintes et allaitantes, ainsi que des enfants et des personnes âgées, ont franchi la frontière pour se rendre dans le nord de la Namibie, après plusieurs années consécutives de sécheresse et d’insécurité alimentaire graves dans le sud de l’Angola. La sécheresse et l’insécurité alimentaire ont continué à contribuer aux mouvements transfrontaliers au cours des années suivantes, notamment lors de nouvelles périodes de sécheresse grave en 2023 et 2024. L’ampleur réelle des déplacements liés à la sécheresse au cours de cette période reste toutefois inconnue, du fait de l’absence de systèmes complets d’accueil, d’enregistrement ou de collecte de données.</p>




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		<title>Palestine. Le Hamas doit mettre fin aux exécutions extrajudiciaires et garantir la justice pour les victimes</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/palestine-le-hamas-doit-mettre-fin-aux-executions-extrajudiciaires-et-garantir-la-justice-pour-les-victimes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Aug 2026 07:24:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Peine de mort]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Palestine. Le Hamas doit mettre fin aux exécutions extrajudiciaires et garantir la justice pour les victimes Les autorités du Hamas et les forces qui lui sont affiliées dans la bande de Gaza occupée doivent mettre fin aux exécutions extrajudiciaires de personnes soupçonnées de collaborer avec Israël, qui sont perpétrées en l’absence de toute procédure judiciaire, [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Palestine. Le Hamas doit mettre fin aux exécutions extrajudiciaires et garantir la justice pour les victimes</h2>



<p>Les autorités du Hamas et les forces qui lui sont affiliées dans la bande de Gaza occupée doivent mettre fin aux exécutions extrajudiciaires de personnes soupçonnées de collaborer avec Israël, qui sont perpétrées en l’absence de toute procédure judiciaire, a déclaré Amnesty International le 21&nbsp;août. Le mois dernier, des responsables de la sécurité au sein de la branche militaire du Hamas, les Brigades al&nbsp;Qassam, ont annoncé publiquement l’exécution sommaire d’un homme accusé&nbsp;de collaboration avec&nbsp;Israël, et leur intention d’exécuter un autre «&nbsp;informateur&nbsp;» les jours suivants, dans le cadre de ce qu’ils ont qualifié de campagne de sécurité à grande échelle.</p>



<p>Un rapport de l’ONU datant de juin 2026 a recensé 249&nbsp;cas d’exécutions extrajudiciaires et de violences physiques graves commises à Gaza entre août 2024 et début 2026, les&nbsp;<a href="https://news.un.org/en/story/2026/06/1167682"></a><a></a>forces&nbsp;affiliées au Hamas étant impliquées dans au moins 60 de ces cas.&nbsp;Amnesty International a enquêté et réuni des informations sur neuf exécutions extrajudiciaires et homicides illégaux perpétrés par des forces affiliées au Hamas immédiatement après l’annonce du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, en octobre 2025.</p>



<p>Bien que les responsables du Hamas aient déclaré avoir ouvert des enquêtes internes préliminaires sur ces faits, à la connaissance d’Amnesty International, aucun des responsables de ces homicides n’a jusqu’à présent eu à rendre de comptes.&nbsp;Ces dernières semaines, l’effondrement de l’ordre et de l’état de droit à Gaza, ainsi que le dénuement extrême provoqué par le génocide qu’Israël continue de commettre, ont alimenté des tensions sociales, y compris des luttes internes parmi certaines familles.</p>



<p>«&nbsp;Près de trois ans se sont écoulés depuis le début du&nbsp;<a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/11/israels-genocide-against-palestinians-in-gaza-continues-unabated-despite-ceasefire/"></a><a></a>génocide toujours en coursauquel se livre Israël contre les&nbsp;Palestinien·ne·s&nbsp;dans la bande de Gaza occupée. La population civile, qui est traumatisée et qui a déjà enduré des souffrances inimaginables, n’a pas à subir de nouveaux homicides et de nouveaux actes de cruauté. Les autorités du Hamas doivent immédiatement mettre fin à tous les homicides illégaux, aux actes de justice privée et aux arrestations arbitraires. Le rétablissement de l’ordre public ne doit en aucun cas servir de prétexte pour commettre des violations graves des&nbsp;droits humains, mener des représailles ou punir collectivement des familles entières, a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice&nbsp;générale de la recherche, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnesty International.</p>



<p>«&nbsp;Les individus qui ont ordonné et perpétré des exécutions extrajudiciaires ainsi que des arrestations arbitraires, des actes de torture et d’autres mauvais traitements doivent être amenés à rendre des comptes. Malgré l’annonce de la dissolution du comité du Hamas administrant la bande de Gaza, le Hamas demeure pleinement responsable de la prévention des violations graves commises par ses agences et les individus sous son contrôle, notamment les Brigades al&nbsp;Qassam et le&nbsp;“Système de sécurité de la résistance”. La nouvelle direction du bureau politique du Hamas doit mettre fin à l’impunité de longue date pour les violences commises par ses forces et ses affiliés, et prendre des mesures concrètes et urgentes afin que la vérité soit révélée et que justice soit rendue pour les victimes et leurs familles.&nbsp;»</p>



<p>Un membre haut placé non identifié du «&nbsp;Système de sécurité de la résistance&nbsp;», un groupe secret de sécurité et de renseignement opérant sous l’égide des branches militaires du Hamas et d’autres groupes armés palestiniens, a également annoncé sur la plateforme officielle du groupe sur Telegram, Al&nbsp;Hares, que l’exécution extrajudiciaire du 1<sup>er&nbsp;</sup>juillet marquait le début d’une «&nbsp;campagne de sécurité à grande échelle&nbsp;» et que «&nbsp;les prochains jours verraient l’exécution d’autres personnes impliquées dans des faits de collaboration avec l’occupant&nbsp;».</p>



<p>Depuis le début du génocide, des organisations palestiniennes de défense des droits humains, notamment&nbsp;<a href="https://www.mezan.org/en/post/46788/Al-Mezan-Condemns-the-Extrajudicial-Execution-of-Palestinians-in-Gaza-and-Calls-for-Respect-for-the-Rule-of-Law"></a><a></a>Al&nbsp;Mezan&nbsp;et la&nbsp;<a href="https://www.ichr.ps/public/page/125166"></a><a></a>Commission indépendante pour les droits humains, ont condamné à plusieurs reprises les exécutions extrajudiciaires et les autres homicides illégaux commis à Gaza, notamment ceux perpétrés par des groupes armés non identifiés, et ont appelé les autorités à enquêter sur les responsables et à garantir la reddition de comptes.</p>



<p>Un&nbsp;<a href="https://www.un.org/unispal/document/report-commission-of-inquiry-opt-israel-a-hrc-62-22/"></a><a></a>rapport&nbsp;récent de la Commission internationale indépendante des Nations unies chargée d’enquêter dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et en Israël, a recensé 249&nbsp;cas d’exécutions extrajudiciaires et de violences physiques graves commises à Gaza entre août 2024 et janvier 2026 qui ont entraîné au moins 108&nbsp;décès. Au moins 60 de ces cas impliquaient des forces affiliées au Hamas. Certaines de ces exécutions ont été menées en public, filmées et diffusées sur des pages affiliées au Hamas, principalement sur des chaînes Telegram.</p>



<p>Par exemple, le 21&nbsp;septembre 2025, au plus fort de la campagne israélienne de déplacements forcés massifs dans la ville de Gaza, un groupe se présentant comme la «&nbsp;Salle d’opérations conjointes de la résistance&nbsp;»&nbsp;<a href="https://www.reuters.com/business/media-telecom/hamas-led-authorities-execute-alleged-collaborators-gaza-official-says-2025-09-22/"></a><a></a>a revendiqué&nbsp;l’exécution publique, dans une rue de la ville, de trois hommes accusés d’avoir collaboré avec Israël.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Dans le cadre de son enquête, Amnesty International a recensé neuf exécutions extrajudiciaires et un homicide illégal qui ont tous, sauf dans un cas, eu lieu immédiatement après le prétendu cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, en octobre 2025. Les éléments de preuve réunis montrent qu’en octobre 2025, le Hamas et les forces qui lui sont affiliées ont procédé à l’exécution sommaire et publique de huit&nbsp;membres de la famille Dughmush du quartier de Sabra, à Gaza, après les avoir accusés de collaboration avec Israël. Des informations ont également été réunies faisant état d’une autre exécution qui a eu lieu le 1<sup>er&nbsp;</sup>juillet 2026.</p>



<p>L’organisation a en outre rassemblé des informations au sujet de l’homicide illégal d’un homme qui a eu lieu en octobre 2025 lors d’une apparente opération d’arrestation menée dans le camp de personnes réfugiées d’Al&nbsp;Bureij, près de la rue Salaheddine, par des hommes armés et masqués.</p>



<p>Amnesty International a vérifié des photos et des vidéos, recueilli les témoignages de 11&nbsp;proches de personnes tuées et de deux membres du personnel médical, et analysé les déclarations des autorités du Hamas ainsi que les comptes Telegram de sa branche militaire et des groupes armés qui lui sont affiliés.</p>



<p>Amnesty International a transmis un résumé de ses conclusions à la direction du Hamas en novembre 2025 et a envoyé une demande d’informations complémentaires en juillet de cette année. Dans leur réponse de novembre 2025, les autorités du Hamas ont déclaré avoir ouvert des enquêtes sur ces faits, sans donner plus de précisions. Aucune réponse n’avait été reçue au moment de la publication du document cette année.</p>



<p>Depuis le 7&nbsp;octobre 2023, les forces et les autorités du Hamas à Gaza ont mis en place des forces parallèles agissant presque totalement en dehors de tout cadre juridique, appliquant régulièrement et de façon sommaire des châtiments –&nbsp;souvent filmées&nbsp;– contre des&nbsp;Palestinien·ne·s, y compris de présumés pillards, interrogeant des dissidents et des personnes soupçonnées d’infractions dans des lieux civils, effectuant des descentes dans des&nbsp;<a></a><a></a><a></a><a></a><a></a><a></a><a></a><a></a>logements&nbsp;civils et menaçant les proches de leurs opposants. Les éléments de preuve recueillis par Amnesty International concordent avec les conclusions du rapport de la Commission d’enquête des Nations unies.</p>



<p>Le Hamas justifie ce qu’il qualifie de «&nbsp;mesures exceptionnelles&nbsp;» en invoquant le «&nbsp;principe de l’état de nécessité&nbsp;», arguant de la destruction des institutions judiciaires et de sécurité par les forces israéliennes et de la nécessité de faire face au chaos et aux «&nbsp;bandes criminelles&nbsp;».</p>



<p>«&nbsp;Les homicides illégaux ne peuvent en aucun cas être justifiés. Les droits à la vie, de ne pas être soumis à la torture, à un procès équitable et à une procédure régulière doivent être respectés en toutes circonstances, y compris dans les situations d’urgence et même lorsque le système judiciaire s’est effondré à la suite d’hostilités militaires actives. Toute personne soupçonnée d’une infraction pénale, y compris de faits de trahison ou de collaboration, doit se voir accorder le plein respect des droits humains, notamment des droits à la vie, à la sécurité de la personne et à un procès équitable, sans recours à la peine de mort&nbsp;», a souligné Erika Guevara-Rosas.</p>



<p><strong>Les exécutions sommaires de juillet 2026</strong></p>



<p>Le 1<sup>er</sup>&nbsp;juillet, la «&nbsp;Sécurité de la résistance&nbsp;»&nbsp;<a></a>a<a href="https://www.aljazeera.net/news/2026/7/1/%D8%A3%D9%85%D9%86-%D8%A7%D9%84%D9%85%D9%82%D8%A7%D9%88%D9%85%D8%A9-%D8%A8%D8%BA%D8%B2%D8%A9-%D9%8A%D8%B9%D9%84%D9%86-%D8%A5%D8%B9%D8%AF%D8%A7%D9%85-%D8%B9%D9%85%D9%8A%D9%84-%D8%AA%D8%B3%D8%A8%D8%A8">&nbsp;annoncé</a>&nbsp;l’exécution publique, dans la ville de Gaza, d’un homme désigné par ses initiales qu’elle&nbsp;accusait&nbsp;de collaboration avec&nbsp;Israël. Après son exécution, le nom complet et les données personnelles de cet homme ont été diffusés sur les réseaux sociaux (cette pratique consistant à divulguer les données personnelles étant appelée «&nbsp;doxxing&nbsp;»), dans un premier temps par des comptes affiliés au Hamas, ce qui a gravement mis en danger sa famille, y compris ses enfants.</p>



<p>L’homme était accusé d’avoir révélé aux forces israéliennes le lieu où se trouvaient de hauts responsables des Brigades al&nbsp;Qassam, notamment leur commandant militaire,&nbsp;Ezziddine&nbsp;al Haddad. Le groupe l’a accusé d’avoir transmis aux autorités israéliennes des informations ayant conduit aux homicides commis par Israël d’Ezziddine&nbsp;al Haddad et de nombreux&nbsp;civil·e·s&nbsp;palestiniens. Il a affirmé avoir procédé à cette exécution après avoir épuisé ce qu’il a qualifié de «&nbsp;procédures révolutionnaires&nbsp;» et mené des enquêtes internes.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Quelques jours plus tard, des chaînes Telegram associées aux Brigades al&nbsp;Qassam ont annoncé que la «&nbsp;Sécurité de la résistance&nbsp;» avait arrêté et interrogé un autre informateur présumé, sans donner plus de détails, et qu’elle avait l’intention de l’exécuter «&nbsp;sous quelques jours&nbsp;».</p>



<p>Cette déclaration a été faite après qu’un responsable de la «&nbsp;Sécurité de la résistance&nbsp;» eut déclaré que l’exécution du 1<sup>er&nbsp;</sup>juillet n’était qu’un début, ce qui fait craindre que d’autres exécutions sommaires ne suivent.</p>



<p><strong>Exécution extrajudiciaire de huit membres de la famille Dughmush</strong></p>



<p>En octobre 2025, des affrontements entre le Hamas et des membres de la famille Dughmush ont éclaté aux alentours du 10&nbsp;octobre 2025, juste après l’annonce du cessez-le-feu avec Israël. Ils ont commencé lorsque des forces affiliées au Hamas ont tenté de chasser des membres de cette famille d’un hôpital de campagne non loin d’Al Sabra, dans la ville de Gaza, où ils s’étaient réfugiés pour échapper aux frappes israéliennes, les accusant d’avoir pillé l’hôpital et de l’utiliser pour stocker des armes et des explosifs.</p>



<p>Au cours des affrontements avec des membres armés de la famille Dughmush, les forces du Hamas ont encerclé le quartier de la famille à Al Sabra pendant une semaine, et au moins quatre membres de la famille Dughmush et au moins un membre du Hamas ont été tués. Pendant le siège du quartier de Sabra, les forces du Hamas et leurs alliés ont également pillé, incendié et vandalisé des habitations dans ce quartier. Amnesty International a reçu des séquences vidéo montrant les conséquences des déprédations dans deux habitations du quartier.</p>



<p>Parallèlement à ces affrontements, le 13&nbsp;octobre 2025, huit membres non armés de la famille Dughmush ont été exécutés de façon extrajudiciaire et en public en raison d’accusations de faits de collaboration avec Israël.</p>



<p>Une vidéo diffusée sur des comptes de réseaux sociaux affiliés au Hamas et vérifiée par Amnesty International montre huit hommes aux yeux bandés et entravés, dont certains n’étaient que partiellement vêtus et semblaient présenter des traces de blessures antérieures, traînés par des hommes armés et masqués vers un espace ouvert de la rue Al&nbsp;Thalathini, une artère principale de la ville de Gaza. Les huit hommes ont été abattus à bout portant.</p>



<p>Parmi ces huit hommes exécutés de façon extrajudiciaire figuraient des proches d’une Palestinienne qui s’est entretenue avec Amnesty International et dont le nom n’est pas divulgué pour des raisons de sécurité.</p>



<p>«&nbsp;Les huit hommes s’étaient rendus parce qu’on leur avait promis un procès équitable, mais ils ont été exécutés en public deux heures plus tard&nbsp;», a-t-elle déclaré.</p>



<p>Son témoignage concorde avec les informations fournies à Amnesty International par deux autres habitants interrogés séparément, qui ont indiqué que la décision de livrer ces huit hommes avait été prise pour mettre fin aux combats, et parce qu’on les avait assurés qu’il ne leur serait fait aucun mal.</p>



<p>L’épouse de l’une des victimes a dit que son mari l’avait appelée la veille de son exécution pour lui demander de veiller sur leurs filles. Elle a déclaré&nbsp;:</p>



<p>«&nbsp;Mon mari et mon fils ont tous&nbsp;les deux été&nbsp;exécutés. Mon fils a été torturé avant son exécution, on lui a cassé les ongles […] Mon mari était un homme bon et honorable qui a toujours résisté à l’occupation israélienne […] Je veux que tout le monde sache qu’il n’y a pas de collaborateurs dans notre famille, et ceux qui ont ordonné leur assassinat doivent être traduits en justice.&nbsp;»</p>



<p>Des membres de la famille qui ont assisté à l’enterrement des huit victimes ont déclaré à Amnesty International que les corps portaient des traces visibles de torture.</p>



<p>Certains proches ont par la suite dit avoir reçu des appels de responsables du Hamas qui leur ont présenté des excuses et qui ont laissé entendre que certaines personnes avaient été tuées par erreur.</p>



<p>Dans sa réponse à Amnesty International, le chef du Département des relations internationales du Hamas, Mousa Abu Marzouk, a déclaré qu’une enquête préliminaire interne avait été ouverte sur les faits concernant la famille Dughmush, affirmant que les forces de sécurité avaient «&nbsp;réagi sur le coup, sans en référer aux autorités supérieures&nbsp;».</p>



<p>À la connaissance de l’organisation, aucune des personnes impliquées dans ces homicides et dans les autres exécutions extrajudiciaires commises au cours des trois dernières années n’a fait l’objet d’une enquête et aucune n’a&nbsp;<em>a fortiori&nbsp;</em>été amenée à&nbsp;rendre des comptes. Cela englobe les homicides de&nbsp;civil·e·s&nbsp;commis par des hommes armés affiliés au Hamas à la suite d’une «&nbsp;erreur sur l’identité&nbsp;».</p>



<p>Cas notable, l’homicide d’Islam Hijazi, une travailleuse humanitaire palestinienne dont la voiture a été touchée par 90&nbsp;balles, à Khan Younès, en septembre 2024. La famille a par la suite appris que cette femme avait été tuée en raison d’une erreur d’identification, mais à la connaissance de l’organisation, aucune enquête n’a été menée au sujet des individus qui ont tiré les coups de feu et ordonné l’embuscade.</p>



<p><strong>Homicide illégal d’Hisham al&nbsp;</strong><strong>Saftawi</strong></p>



<p>Amnesty International a également rassemblé des informations sur l’homicide illégal d’Hisham al&nbsp;Saftawi, alors âgé de 57&nbsp;ans, survenu le 17&nbsp;octobre 2025 dans le camp de personnes réfugiées d’Al&nbsp;Bureij. Son épouse, Najah, a vu faire irruption chez eux, peu après la prière de l’aube, une trentaine d’hommes armés et masqués, qui se sont présentés comme appartenant aux Brigades al&nbsp;Qassam. Comme Hisham al Saftawi a refusé de se laisser arrêter, l’un des hommes lui a tiré dans le dos.</p>



<p>Son épouse a entendu un homme qui semblait être le commandant du groupe demander à celui qui avait tiré&nbsp;: «&nbsp;Qui t’a ordonné de tirer&nbsp;?&nbsp;» Hisham al Saftawi est mort des suites de ses blessures le lendemain, à l’hôpital.</p>



<p>Son frère, Saïd al Saftawi, a expliqué que la famille n’a guère confiance dans l’enquête menée par le Hamas&nbsp;: «&nbsp;On ne peut pas se fier au bourreau pour enquêter sur lui-même. Nous demandons une enquête indépendante, et ceux qui ont tiré sur mon frère ainsi que ceux qui ont ordonné son arrestation doivent rendre des comptes.&nbsp;»</p>



<p>Dans sa réponse à Amnesty International, le Hamas a confirmé l’ouverture d’une enquête officielle sur l’homicide d’Hisham al&nbsp;Saftawi, affirmant qu’il avait été «&nbsp;abattu accidentellement&nbsp;» alors qu’il tentait de s’enfuir et qu’il était recherché pour des infractions pénales. À la connaissance de l’organisation, les autorités du Hamas n’ont pas informé la famille des résultats de cette enquête présumée, et aucun des individus impliqués dans l’homicide d’Hisham al&nbsp;Saftawi&nbsp;n’a eu à rendre de comptes. Les autorités du Hamas n’ont pas précisé si elles avaient l’intention d’accorder des réparations pour cet homicide.</p>



<p>«&nbsp;Des enquêtes indépendantes et impartiales doivent être menées sur tous les homicides survenus dans le cadre des affrontements armés entre le Hamas et la famille Dughmush, y compris ceux qui semblent avoir été commis en dehors de tout échange de tirs, ainsi que sur l’exécution en public des huit membres de la famille Dughmush. La famille d’Hisham al&nbsp;Saftawi&nbsp;doit également obtenir justice pour l’homicide illégal de cet homme&nbsp;», a déclaré Erika Guevara-Rosas.</p>



<p><strong>Complément d’information</strong></p>



<p>Depuis le 7&nbsp;octobre 2023, Israël soumet les&nbsp;Palestinien·ne·s&nbsp;dans la bande de Gaza à des conditions de vie qui ont contribué à l’effondrement de l’ordre public, à la destruction du tissu social à Gaza et à la montée du chaos et de l’anarchie. Les forces&nbsp;israéliennes&nbsp;ont pris pour cible les structures traditionnelles chargées de l’application des lois et du système judiciaire et manifestement aussi des membres de la police et des forces de sécurité –&nbsp;tout en&nbsp;<a href="https://www.i24news.tv/en/news/israel-at-war/artc-israel-is-supporting-new-militias-in-gaza-fighting-against-hamas-report"></a><a></a>armant et en soutenant&nbsp;des milices locales opposées au Hamas, qui opèrent dans des secteurs où les forces israéliennes sont pleinement déployées. Ces milices se sont également livrées à des atteintes aux droits humains et à des violations du droit international, notamment des homicides, commis en public et s’apparentant à des exécutions, de membres présumés du Hamas.</p>



<p>Depuis leur prise de contrôle de la bande de Gaza en 2007, les autorités du Hamas n’ont pas mené d’enquêtes indépendantes sur les violations et les exactions présumées commises par leurs membres et leurs forces. Les tribunaux de Gaza placés sous l’autorité du Hamas ont, jusqu’au début du génocide perpétré par Israël, prononcé et appliqué des peines de mort pour des crimes tels que des homicides et des faits de collaboration et de trahison, souvent à l’issue de procès entachés de graves irrégularités.</p>



<p>Au cours des précédentes offensives israéliennes contre la bande de Gaza occupée et à la suite de ces offensives, des forces affiliées au Hamas se sont également livrées à plusieurs reprises à des exécutions sommaires et publiques de personnes soupçonnées de faits de collaboration, en dehors de tout cadre judiciaire et en toute impunité, notamment dans des&nbsp;<a href="https://www.amnesty.org/fr/documents/mde21/1643/2015/fr/"></a><a></a>cas&nbsp;sur lesquels Amnesty International a réuni des informations lors de l’offensive de 2014.</p>



<p>Amnesty International réunit des informations depuis de nombreuses années sur les violations commises par le Hamas et ses affiliés, notamment sur l’<a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2015/05/gaza-palestinians-tortured-summarily-killed-by-hamas-forces-during-2014-conflict/"></a><a></a>exécution extrajudiciaire&nbsp;de personnes soupçonnées de faits de collaboration, sur des châtiments sommaires,&nbsp;<a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/05/palestine-hamas-security-services-must-stop-targeting-protesters-in-reprisal-and-respect-freedom-of-peaceful-assembly-in-gaza/"></a><a></a>des restrictions de la liberté d’expression&nbsp;et la répression de la dissidence pacifique, notamment au moyen de menaces, du doxxing, de&nbsp;<a href="https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2019/03/gaza-hamas-must-end-brutal-crackdown-against-protesters-and-rights-defenders-2/"></a><a></a>manœuvres d’intimidation&nbsp;et de la torture et d’autres formes de mauvais traitements.</p>



<p>Amnesty International, qui continue de recueillir des informations sur ces violations, réitère les appels qu’elle a lancés à Israël pour qu’il mette fin au génocide, à l’apartheid et à l’occupation illégale du Territoire palestinien et pour qu’il respecte les obligations qui lui incombent en tant que puissance occupante, notamment en veillant à ce que l’aide et les biens et services essentiels puissent parvenir dans toutes les parties de la bande de Gaza et en permettant aux&nbsp;Palestinien·ne·s&nbsp;déplacés de regagner leurs foyers en toute sécurité.</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/palestine-le-hamas-doit-mettre-fin-aux-executions-extrajudiciaires-et-garantir-la-justice-pour-les-victimes/">Palestine. Le Hamas doit mettre fin aux exécutions extrajudiciaires et garantir la justice pour les victimes</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>Italie. L’accord migratoire désastreux conclu avec l’Albanie doit servir de « signal d’alerte » pour mettre fin aux plans cruels de l’UE en matière de migration</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/italie-laccord-migratoire-desastreux-conclu-avec-lalbanie-doit-servir-de-signal-dalerte-pour-mettre-fin-aux-plans-cruels-de-lue-en-matiere-de-migrati/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Aug 2026 09:06:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Italie. L’accord migratoire désastreux conclu avec l’Albanie doit servir de « signal d’alerte » pour mettre fin aux plans cruels de l’UE en matière de migration La délocalisation du traitement des demandes d&#8217;asile de personnes migrantes ou demandeuses d’asile dans le cadre de l’accord conclu entre l’Italie et l’Albanie met en péril la sécurité, la [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Italie. L’accord migratoire désastreux conclu avec l’Albanie doit servir de « signal d’alerte » pour mettre fin aux plans cruels de l’UE en matière de migration</h2>



<p>La délocalisation du traitement des demandes d&rsquo;asile de personnes migrantes ou demandeuses d’asile dans le cadre de l’accord conclu entre l’Italie et l’Albanie met en péril la sécurité, la liberté et les droits humains de ces personnes, souligne Amnesty International dans un rapport publié quelques semaines seulement après les événements de Ceuta qui ont mis en lumière les dangers des politiques migratoires de l’Union européenne (UE) axées de longue date sur l’exclusion et le confinement.</p>



<p>Le rapport intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/08/EUR3013652026ENGLISH.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Italy: Extraterritorial migration detention and human rights obligations</a> se penche sur l’accord de 2023, portant sur la création en Albanie de deux centres de détention gérés par les autorités italiennes, qui a conduit au transfert forcé de plusieurs centaines de personnes devant subir une détention, nombre d’entre elles n’ayant pas la possibilité de bénéficier d’une assistance juridique. Les conditions de vie sur place et le coût humain désastreux des politiques de délocalisation migratoire de l’Italie ont poussé plusieurs personnes à s’automutiler ou à tenter de se suicider.</p>



<p>« La délocalisation de la détention vise en définitive à dissuader et à tenter de se soustraire à la fois aux responsabilités liées à la prise en charge des personnes migrantes et à l’obligation d’accorder l’asile à celles qui en ont besoin. L’accord conclu entre l’Italie et l’Albanie montre une fois de plus le coût inévitable de cette approche en ce qui concerne les droits humains, a déclaré Eve Geddie, directrice du Bureau d’Amnesty International auprès des institutions européennes.</p>



<p>« Juste avant l’entrée en vigueur de l’accord, Amnesty International avait tiré la sonnette d’alarme quant aux conséquences néfastes qu’il aurait inévitablement sur les droits des personnes en détresse en mer et de celles transférées en Albanie. De toute évidence, ces craintes se sont concrétisées. »</p>



<p>Amnesty International estime que ses conclusions doivent servir d’avertissement à l’UE quant aux conséquences désastreuses des politiques migratoires qui cherchent à s’appuyer de plus en plus sur des pays situés en dehors de ses frontières pour gérer les migrations, au détriment de la mise en place de voies sûres et légales.</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Une cruauté inutile</h4>



<p>Entre octobre 2024 et janvier 2025, l’Italie a mené trois opérations en mer et a procédé au transfert forcé de 73 personnes directement depuis les eaux internationales vers l’Albanie, en vertu de cet accord. À la suite de nombreuses décisions de la justice italienne annulant les mandats de placement en détention visant ces personnes, l’Italie a mis fin aux transferts vers l’Albanie depuis la haute mer.</p>



<p>Cependant, en mars 2025, le gouvernement italien a modifié l’accord afin d’autoriser la détention en Albanie d’hommes faisant l’objet d’une décision d’expulsion en Italie. En conséquence, au cours des 15 derniers mois, plusieurs centaines d’hommes (plus de 500 selon certaines sources), pour la plupart racisés, ont été transférés de force vers le centre de détention albanais de Gjadër.</p>



<p>Entre le 11 avril et le 16 mai 2025, 42 faits graves ont été recensés au centre de Gjadër, dont au moins deux tentatives de pendaison, une manifestation au cours de laquelle trois personnes ont été blessées par des éclats de verre, ainsi que divers cas d’automutilation.</p>



<p>Le gouvernement italien a fait obstacle au suivi indépendant de la mise en œuvre de l’accord, notamment en restreignant le contrôle parlementaire et en contournant les procédures législatives ordinaires. Comme l’accès et le contrôle des observateurs·trices indépendants des droits humains sont limités, on ignore en grande partie ce qui se passe dans les centres de détention albanais.</p>



<p>Bien que les personnes détenues en Albanie relèvent de la juridiction italienne, leur éloignement géographique de l’Italie, associé à un accès limité à des avocat·e·s, aux tribunaux et à d’autres garanties, compromet considérablement l’exercice des droits de solliciter l’asile et d’accéder à la justice.</p>



<p>Un avocat interrogé par Amnesty International a expliqué qu’il n’avait pas pu rencontrer son client avant l’audience et qu’il n’avait pas eu le temps de préparer correctement sa défense. Selon lui, les procès-verbaux des audiences d’asile montrant que des personnes interrogées répondaient par monosyllabes indiquaient qu’elles avaient été intimidées.</p>



<p>« Les personnes détenues en Albanie sont traumatisées, ce qui est tout à fait compréhensible. Certaines ont peut-être traversé le désert, été arrêtées et maltraitées en Libye, survécu à la traversée en mer à bord d’embarcations impropres à la navigation, puis, après avoir été interceptées par les autorités italiennes, ont passé plusieurs jours à effectuer le trajet jusqu’en Albanie. D’autres, transférées depuis des centres de détention en Italie, sont arrachées à leur vie, laissant derrière elles leur entourage et leurs réseaux de soutien, et doivent soudainement faire face à un nouvel environnement et à de nouveaux contrôles et formalités administratives, le tout dans une situation d’isolement. Ce qu’ils sont contraints de subir est intolérable et inutilement cruel », a déclaré Eve Geddie.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Atteintes à l’état de droit</h4>



<p>Les tribunaux italiens et la Cour de justice de l’UE ont estimé que les règles et pratiques italiennes relatives aux demandes d’asile déposées par des ressortissant·e·s de pays désignés par l’Italie comme « sûrs » (ce qui entraîne un traitement accéléré de ces demandes) étaient incompatibles avec le droit applicable de l’UE et ne prévoyaient pas de garanties suffisantes pour les demandeurs·euses.</p>



<p>Malgré les décisions répétées des tribunaux italiens ordonnant la libération des personnes placées en détention en Albanie, le gouvernement italien a poursuivi la mise en œuvre de l’accord. Il a tenté de limiter le contrôle des tribunaux quant à la désignation des « pays sûrs » en recourant à des dispositions de la législation destinées aux situations d’urgence, sans justifier les atteintes à l’état de droit.</p>



<p>Des personnes faisant l’objet d’une décision d’expulsion en Italie et déjà détenues dans ce pays ont également été soumises à des transferts extraterritoriaux illégaux, en dehors du cadre prévu par le droit national et européen.</p>



<p>« Il est absolument clair que le modèle italo-albanais est impossible à mettre en œuvre dans le respect des obligations de l’Italie en matière de droits humains. Cela doit servir de signal d’alerte afin que l’UE gèle définitivement tout projet visant à étendre le recours à la délocalisation de la détention et à d’autres outils d’externalisation », a déclaré Eve Geddie.</p>



<p>« Les autorités italiennes doivent immédiatement mettre fin à l’accord avec l’Albanie, mettre en œuvre des solutions autres que la détention des personnes migrantes qui, aux termes du droit international, doit rester une mesure de dernier recours, et garantir à toutes les personnes en quête de protection internationale l’accès à une procédure d’asile efficace et non discriminatoire ainsi qu’à un accueil digne sur le territoire italien. Tous les réfugié·e·s et migrant·e·s devraient pouvoir bénéficier de garanties juridiques efficaces et d’un contrôle indépendant. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>L’accord entre l’Italie et l’Albanie est entré en vigueur le 23 février 2024 pour une durée de cinq ans au terme de laquelle il sera automatiquement renouvelé. Le gouvernement italien aurait alloué plus de 670 millions d’euros à son fonctionnement jusqu’en 2028.</p>



<p>Le ministère italien de l’Intérieur ayant rejeté à plusieurs reprises les demandes d’accès pour Amnesty International à ces centres de détention en Albanie, invoquant des raisons de sécurité et d’ordre public, nos recherches s’appuient sur la correspondance échangée avec le ministère de l’Intérieur, l’examen de documents judiciaires, les informations échangées au sein du réseau de la société civile Tavolo Asilo e Immigrazione, les rapports de parlementaires et de médiateurs·trices, et sur des entretiens menés avec des agences des Nations unies et deux avocats représentant des personnes détenues à Gjadër.</p>
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		<title>Argentine. Le déploiement incontrôlé de la surveillance basée sur l’IA renforce une infrastructure techno-autoritaire de contrôle social</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/argentine-le-deploiement-incontrole-de-la-surveillance-basee-sur-lia-renforce-une-infrastructure-techno-autoritaire-de-controle-social/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Aug 2026 10:02:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Responsabilité des entreprises]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Argentine. Le déploiement incontrôlé de la surveillance basée sur l’IA renforce une infrastructure techno-autoritaire de contrôle social En Argentine, au cours des deux premières années du mandat de Javier Milei, le recours croissant aux technologies de surveillance a contribué à élargir les capacités de surveillance de l’État, le profilage et les représailles dans le pays, [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Argentine. Le déploiement incontrôlé de la surveillance basée sur l’IA renforce une infrastructure techno-autoritaire de contrôle social</h2>



<p>En Argentine, au cours des deux premières années du mandat de Javier Milei, le recours croissant aux technologies de surveillance a contribué à élargir les capacités de surveillance de l’État, le profilage et les représailles dans le pays, avec pour conséquence un effet dissuasif sur l’exercice des droits au respect de la vie privée et à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association, souligne Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public le 19 août.</p>



<p>Le report, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/08/AMR-13_1104_2026_ENG.pdf">Sensing the Surveillance State</a>, montre que le gouvernement a mis en œuvre des réformes institutionnelles de grande envergure afin d’élargir ses capacités dans le domaine du renseignement et, par conséquent, ses mécanismes de surveillance, avec des décrets et des résolutions pris par l’exécutif. Entre 2024 et 2025, il a également acquis des technologies d’une valeur d’au moins 1,2 million de dollars des États-Unis incluant notamment des outils de surveillance des réseaux sociaux, de reconnaissance faciale et de surveillance aérienne. Prises dans leur ensemble, ces politiques et ces technologies constituent un système de surveillance de masse.</p>



<p>« La population en Argentine est soumise à une surveillance généralisée, tant dans l’espace physique que dans l’espace numérique, avec des conséquences dévastatrices. Ces technologies font désormais partie intégrante de l’infrastructure de contrôle étatique, prenant pour cible la dissidence, dissuadant les mouvements de protestation et harcelant les populations marginalisées, entre autres pratiques autoritaires, a déclaré Matt Mahmoudi, chercheur et conseiller sur l’intelligence artificielle et les droits humains à Amnesty International.</p>



<p>« Quand celles et ceux qui détiennent le pouvoir ne veulent pas rendre de comptes, ils s’en prennent alors aux gens qui posent des questions et utilisent pour cela tous les moyens à leur disposition pour surveiller, contrôler et réprimer. »</p>



<p>Ce rapport s’appuie sur des entretiens menés auprès de 21 personnes, notamment des journalistes, des militant·e·s, des retraité·e·s, des jeunes et des défenseur·e·s des droits humains ; sur l’analyse de plusieurs dizaines de documents relatifs à des marchés publics et de données concernant les technologies de surveillance acquises ; ainsi que sur des informations obtenues en utilisant le système de demande d’accès aux données administratives.</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Une infrastructure de surveillance en pleine expansion</h4>



<p>Le gouvernement argentin s’est doté de diverses technologies de surveillance, notamment de plateformes de renseignement en source ouverte conçues pour la collecte, le recoupement et la visualisation de grands volumes de données provenant des réseaux sociaux, des sites Internet, de l’Internet clandestin, des données personnelles, des infrastructures techniques et d’autres bases de données publiques.</p>



<p>Il a également acheté des licences pour des logiciels de reconnaissance faciale à des entreprises connues pour leur exploitation massive de données biométriques sans justification juridique suffisante, et aussi des drones et des stations de contrôle au sol, avec des capacités de suivi automatisé, des caméras thermiques et une transmission d’images en temps réel.</p>



<p>« Nous sommes tous complètement identifiés depuis longtemps déjà […] Parfois, quand vous vous rendez à pied [à une certaine destination] soudain, vous voyez le drone planer juste au-dessus de votre tête. Parfois à moins de deux mètres. Pourquoi si près ? Pourquoi est-ce si intrusif ? », a déclaré Ana Tapia, membre du collectif des Retraités insurgés (Jubilados Insurgentes).</p>



<p>À Buenos Aires, les retraité·e·s défilent tous les mercredis jusqu’au Congrès national pour protester contre les coupes dans les retraites décidées par le gouvernement national.</p>



<p>Le rapport présente des informations sur les effets que ces capacités de surveillance ont directement sur divers groupes de la société, notamment les journalistes, les militant·e·s et les migrant·e·s. Il montre que certaines personnes ont pratiqué l’autocensure sur les réseaux sociaux et dans les espaces publics, réduit leur participation à des mouvements de protestation par crainte d’être identifiées et prises pour cible, et redoublé de prudence dans la planification de leurs activités publiques.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une vague mondiale d’autoritarisme numérique</h4>



<p>Amnesty International a réuni des informations sur des cas d’utilisation abusive et de détournement de ces technologies à l’échelle mondiale. L’acquisition et l’utilisation croissante par les autorités argentines de systèmes de surveillance basées sur l’IA reflètent une tendance mondiale qui voit l’emploi de ces produits par l’État inciter les entreprises à se lancer dans des activités commerciales axées sur la surveillance à grande échelle. Ces éléments pris conjointement aggravent les risques pesant sur des droits tels que les droits au respect de la vie privée, à l’égalité, à la non-discrimination et à la liberté d’expression et de réunion pacifique, tout en entravant la transparence et la liberté d’information.</p>



<p>« Ce à quoi on assiste en Argentine ne constitue pas un cas isolé. Partout dans le monde, les États qui se livrent à des pratiques autoritaires intensifient leur recours aux technologies de surveillance contre les défenseur·e·s des droits humains, les jeunes, les migrant·e·s, les populations marginalisées ou déplacées, et les dissident·e·s. Trop souvent, cela va de pair avec un manque de contrôle, de transparence et de reddition de comptes », a déclaré Matt Mahmoudi.</p>



<p>Amnesty International appelle les autorités argentines à interdire la conception, la production, la vente et l’utilisation des technologies de reconnaissance biométrique à distance à des fins de surveillance discriminatoire de masse et ciblée, ainsi qu’à interdire leur utilisation illégale par tous les acteurs publics et privés.</p>



<p>Les autorités doivent également mettre en place des mesures réglementaires appropriées concernant l’acquisition, la conception, la production, la vente, l’importation et l’exportation des technologies de surveillance, ainsi que des cadres politiques spécifiques régissant leur utilisation.</p>



<p>« L’Argentine doit faire la preuve de sa détermination à protéger les droits humains en veillant à ce que l’utilisation des systèmes de surveillance basés sur l’IA ne soit pas incontrôlée, et à ce que les responsables des atteintes aux droits fondamentaux perpétrées à cause de ces systèmes rendent des comptes », a déclaré Matt Mahmoudi.</p>



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		<title>Irak. Le gouvernement doit prendre un nouveau cap en mettant fin à l’impunité et en garantissant le respect des droits humains</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/irak-le-gouvernement-doit-prendre-un-nouveau-cap-en-mettant-fin-a-limpunite-et-en-garantissant-le-respect-des-droits-humains/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Aug 2026 13:24:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Irak. Le gouvernement doit prendre un nouveau cap en mettant fin à l’impunité et en garantissant le respect des droits humains Le gouvernement irakien doit honorer ses engagements en matière de droits humains en mettant un terme à l’impunité systémique concernant les droits fondamentaux, en respectant les droits des femmes et des filles et en [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Irak. Le gouvernement doit prendre un nouveau cap en mettant fin à l’impunité et en garantissant le respect des droits humains</h2>



<p>Le gouvernement irakien doit honorer ses engagements en matière de droits humains en mettant un terme à l’impunité systémique concernant les droits fondamentaux, en respectant les droits des femmes et des filles et en garantissant les libertés fondamentales, a déclaré Amnesty International le 17 août dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre irakien, Ali Al Zaidi, près de 100 jours après l’adoption d’un nouveau programme ministériel.</p>



<p>Trois mois se sont ainsi écoulés depuis le lancement, le 14 mai 2026, du programme ministériel 2026-2029 du gouvernement, mais la mise en œuvre des promesses visant à renforcer les droits humains, à donner aux femmes le pouvoir d’exercer leurs droits et à soutenir une société civile indépendante n’a guère progressé.</p>



<p>Malgré les engagements qui ont été pris visant à lutter contre le fléau de la violence contre les femmes et les filles, les mesures de réparation et de protection restent très insuffisantes, notamment en ce qui concerne les féminicides, car le projet de loi sur la violence au foyer – présenté il y a plus d’une décennie – reste bloqué au niveau du Parlement irakien. De plus, les modifications du Code du statut personnel adoptées en août 2025 – qui sont fondées sur la jurisprudence jafarite (école juridique chiite) – continuent de porter atteinte à l’égalité devant la loi des femmes et des filles par rapport aux hommes.</p>



<p>Les militant·e·s de la société civile indépendante, les journalistes et les défenseur·e·s des droits humains se heurtent à des manœuvres d’intimidation, un harcèlement judiciaire et des violences physiques quand ils exercent leur droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Les manifestant·e·s pacifiques qui réclament le respect des droits fondamentaux, comme ce fut le cas lors des manifestations de juin et juillet 2026 contre les coupures d’électricité dans la ville d’Al Kut, dans le sud du pays, continuent d’être en butte à des arrestations et à un recours illégal à la force de la part des forces de sécurité.</p>



<p>« Ce gouvernement doit prendre un nouveau cap pour l’Irak, en particulier pour celles et ceux dont les droits humains sont depuis trop longtemps bafoués en toute impunité : les femmes et les filles, les personnes placées en détention, les victimes de disparitions forcées et leurs proches, les défenseur·e·s des droits humains, les militant·e·s et les professionnel·le·s des médias, a déclaré Razaw Salihy, chercheuse sur l’Irak à Amnesty International.</p>



<p>« Le Premier ministre doit donner la priorité à l’adoption de dispositions exhaustives contre les violences liées au genre, garantir des enquêtes rapides et impartiales sur les attaques commises contre des militant·e·s, mettre fin aux campagnes de “morale publique” qui portent atteinte à la liberté d’expression et à la dissidence pacifique, et lever les restrictions et toutes les formes d’ingérence qui frappent les médias indépendants. »</p>



<p>Les défenseur·e·s des droits humains, en particulier celles et ceux qui défendent les droits des femmes, les journalistes et les militant·e·s, continuent d’être la cible d’attaques, de manœuvres d’intimidations et d’un harcèlement judiciaire persistants simplement parce qu’ils font leur travail. Le premier semestre de 2026 a été marqué par une escalade des attaques, avec notamment l’assassinat, le 2 mars, de la militante Yanar Mohammed, à Bagdad, la capitale du pays. Des enquêtes ont été annoncées, mais aucune information n’a été rendue publique quant à leur avancement. Un autre militant a survécu à une tentative d’assassinat, le 21 avril, dans le gouvernorat de Babel. Au lieu de veiller à ce que les responsables de ces attaques ciblées répondent de leurs actes, les autorités irakiennes restreignent activement l’espace civique en appliquant des règles vagues relatives aux « contenus indécents », en imposant des restrictions punitives aux médias indépendants, en recourant à des « mandats d’arrêt dormants » pour semer la peur, et en faisant usage d’une force illégale contre des manifestant·e·s pacifiques.</p>



<p>Dans les prisons partout en Irak, la surpopulation, l’insalubrité et le manque alarmant d’accès aux soins de santé rendent les conditions de détention cruelles et inhumaines. Les familles des personnes détenues font régulièrement état de mauvais traitements infligés à leurs proches, ainsi que de la privation de soins médicaux ou de retards dans l’accès à ces soins. De plus, malgré la mise en évidence de violations du droit à un procès équitable, des milliers de personnes, principalement condamnées pour des infractions liées au terrorisme, restent exposées au risque d’être exécutées.</p>



<p>« Ce gouvernement doit démontrer qu’il est fermement déterminé à mettre fin au déni de vérité et de justice dont souffrent depuis longtemps les familles des milliers de victimes de disparitions forcées, en révélant ce qu’il leur est advenu de ces personnes et en accordant des réparations adéquates pour le préjudice subi, a déclaré Razaw Salihy.</p>



<p>« Le Premier ministre irakien doit également rompre avec le passé en instaurant immédiatement un moratoire officiel sur toutes les exécutions et en faisant le nécessaire afin que justice soit rendue pour les victimes de la torture, qui doit être éradiquée sans plus tarder. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Cette impunité systémique persistante trouve ses racines dans les violations commises depuis des années par l’État et dans les violations du passé qui sont restées impunies, partout dans le pays. Les autorités ont invariablement manqué à leur devoir de traduire en justice les responsables de la répression violente des manifestations qui ont eu lieu dans tout le pays en 2019, connues sous le nom de mouvement Tishreen, ce qui a privé les victimes et leurs proches de mesures de réparation. De même, la justice continue d’être systématiquement refusée aux familles de milliers d’hommes et de garçons qui</p>



<p>ont été arbitrairement arrêtés ou enlevés et qui ont fait l’objet de disparitions forcées à la suite d’opérations militaires menées contre le groupe armé État islamique ; au moins 643 d’entre eux ont ainsi été enlevés dans la région de Saqlawiya, dans le gouvernorat d’Anbar, il y a dix ans, en 2016, et on ignore toujours ce qu’il est advenu d’eux.</p>




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		<title>Liban. L’attaque israélienne qui a coûté la vie à la journaliste Amal Khalil doit faire l’objet d’une enquête pour crime de guerre</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/liban-lattaque-israelienne-qui-a-coute-la-vie-a-la-journaliste-amal-khalil-doit-faire-lobjet-dune-enquete-pour-crime-de-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Aug 2026 08:50:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Liban. L’attaque israélienne qui a coûté la vie à la journaliste Amal Khalil doit faire l’objet d’une enquête pour crime de guerre L’attaque israélienne qui a coûté la vie à la journaliste libanaise Amal Khalil et grièvement blessé la caméraman Zeinab Faraj dans le sud du Liban le 22 avril dernier constituait une attaque directe [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Liban. L’attaque israélienne qui a coûté la vie à la journaliste Amal Khalil doit faire l’objet d’une enquête pour crime de guerre</h2>



<p>L’attaque israélienne qui a coûté la vie à la journaliste libanaise Amal Khalil et grièvement blessé la caméraman Zeinab Faraj dans le sud du Liban le 22 avril dernier constituait une attaque directe contre des civil·e·s, qui doit faire l’objet d’une enquête pour crime de guerre, a déclaré Amnesty International le 6 août 2026.</p>



<p>D’après les témoignages de l’unique survivante et de secouristes, corroborés par des documents audiovisuels, des rapports de coordination et des comptes rendus externes, les deux journalistes, toutes deux des civiles, s’étaient mises à l’abri car une frappe aérienne visant la voiture qui les précédait avait tué deux hommes. Au cours des deux heures qui ont suivi, alors que des drones survolaient la zone à faible altitude, deux autres frappes ont d’abord touché leur voiture garée à proximité, puis le bâtiment où elles s’étaient réfugiées.</p>



<p>« L&rsquo;enquête d’Amnesty International dresse un sombre tableau d&rsquo;une attaque directe contre deux civiles qui avaient tenté de se mettre à l’abri pour échapper aux frappes israéliennes. La première frappe ayant éliminé la cible désignée par l&rsquo;armée et deux drones survolant la zone à basse altitude, l&rsquo;armée israélienne savait, ou aurait dû savoir, que deux femmes civiles s&rsquo;étaient réfugiées dans ce bâtiment. Pourtant, elle a poursuivi ce que nous avons des motifs raisonnables de considérer comme une attaque directe contre des civils, faisant ainsi preuve d&rsquo;un mépris flagrant pour le droit international humanitaire, a déclaré Heba Morayef, directrice régionale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.</p>



<p>« Le fait que les deux journalistes se trouvaient dans ce qu’Israël a désigné comme une  » zone d’interdiction de retour  » ne faisait pas d’elles des cibles légitimes. Toutes les parties à un conflit sont clairement tenues, en toutes circonstances, de faire la distinction entre civil·e·s et cibles militaires, et de ne diriger leurs attaques que sur des objectifs militaires. Rien ne peut justifier de s’en prendre à des civiles qui cherchaient à se mettre en sécurité. Cette attaque doit faire dans les meilleurs délais l’objet d’une enquête indépendante et impartiale pour crime de guerre. »</p>



<p>Le 22 avril, l’armée israélienne a effectué trois frappes dans le village d’al Tiri, situé dans le gouvernorat de Nabatiyé, dans un secteur qu’elle a unilatéralement désigné comme zone de « défense avancée » et où elle a interdit aux civils de revenir. La première frappe a touché une voiture à 14h25, tuant deux hommes. Les deux journalistes, qui les suivaient à bord d’un deuxième véhicule, sont sorties et se sont réfugiées dans un bâtiment voisin, parce que deux drones survolaient la zone et qu’elles craignaient une nouvelle frappe.</p>



<p>Environ une heure plus tard, une deuxième frappe a visé leur véhicule garé à proximité, et elles ont été blessées dans l&rsquo;explosion. Environ une heure plus tard, une troisième frappe a touché le bâtiment où elles s&rsquo;étaient réfugiées, entraînant la mort d&rsquo;Amal Khalil, journaliste au quotidien libanais Al Akhbar (« Les Nouvelles »), et blessant grièvement Zeinab Faraj.</p>



<p>Pendant les deux heures qu’a duré l’attaque, deux drones survolaient le secteur. Zeinab Faraj a déclaré à Amnesty International :</p>



<p>« Les drones sont passés à travers le toit effondré et se sont approchés très près. À moins d’un mètre de nous. Je me couvrais le visage, en repensant à une vidéo que j’avais vue où un drone avait tué quelqu’un de cette manière. Je croyais qu’il allait exploser juste devant moi. Les drones ne transportaient pas d’explosifs visibles, mais faisaient du surplace, semant constamment la peur. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Cibles désignées par l’armée israélienne</h4>



<p>La présence de drones israéliens de surveillance survolant la zone à faible altitude, dès la fin de la première frappe aérienne et pendant environ deux heures, signifie que l&rsquo;armée israélienne savait, ou aurait dû savoir, que les deux individus qu’elle a déclaré cibler en raison de leur implication présumée dans les activités militaires du Hezbollah avaient été tués sur le coup. À ce moment-là, les cibles visées ayant été éliminées et des drones israéliens survolant le lieu où se trouvaient les deux femmes non armées en tenue civile, les forces israéliennes auraient dû annuler les frappes et permettre aux journalistes de se mettre à l&rsquo;abri. Dans une déclaration publiée en arabe sur le compte X de son porte-parole à 20h22 heure de Beyrouth, l’armée israélienne a indiqué :</p>



<p>« Les Forces de défense d&rsquo;Israël (FDI) dans le sud du Liban ont repéré deux véhicules sortant d’un bâtiment militaire utilisé par le groupe terroriste Hezbollah. Ces vandales ont franchi la ligne de défense avancée et se sont approchés d’une manière qui constituait une menace immédiate. Après avoir établi qu’ils enfreignaient l’accord de cessez-le-feu, l’armée de l’air a frappé l’un des véhicules, puis visé un bâtiment où les infiltrés s’étaient réfugiés. Selon certaines informations, deux journalistes auraient été blessés lors de ces frappes, et les FDI n’empêchent pas, à ce stade, l’accès des équipes de secours sur le site. Les détails de ce qui s’est passé sont actuellement examinés. Il convient de noter qu’une carte de la ligne de défense avancée a été publiée et que la zone a été évacuée. Les FDI ne prennent en aucun cas pour cible les journalistes et s’efforcent autant que possible de réduire les risques auxquels ils pourraient être exposés, tout en assurant la sécurité de nos forces. »</p>



<p>En réponse à une lettre d’Amnesty International adressée le 12 juin dans le cadre de son enquête sur cette attaque, l’armée israélienne a répondu le 22 juin, assurant que la frappe du 22 avril, « au cours de laquelle une journaliste a été tuée…, s&rsquo;est produite dans le cadre d&rsquo;une série d&rsquo;opérations qui ciblait et a permis d’éliminer deux combattants du Hezbollah, Ali Nabil Bazi et Mohammad Al Khourani. »</p>



<p>L&rsquo;armée israélienne a ajouté que « l&rsquo;incident avait fait l&rsquo;objet d&rsquo;un examen préliminaire et que les enseignements tirés avaient été mis en œuvre en conséquence », précisant qu’elle « regrette tout préjudice causé aux journalistes. Elle respecte la liberté de la presse et ne les prend pas pour cibles de manière intentionnelle. Il convient de souligner qu’avant chaque frappe, les circonstances opérationnelles sont évaluées sur le moment, notamment la nature de la cible, son usage militaire, les renseignements disponibles en temps réel, les dommages accidentels anticipés et les précautions pouvant être prises pour les atténuer. » Le communiqué précise que des avertissements préalables sont émis lorsque cela est possible d’un point de vue opérationnel.</p>



<p>En vertu du droit international humanitaire, les civils ne peuvent pas être pris pour cibles, sauf s’ils participent directement aux hostilités et pendant la durée de cette participation. Il incombe à la partie attaquante de tout mettre en œuvre pour vérifier si une personne est un combattant pouvant être attaqué. En cas de doute, il faut la considérer comme un civil.</p>



<p>Les attaques directes contre des civil·e·s et les biens de caractère civil sont interdites et constituent des crimes de guerre. En vertu du droit international humanitaire, les journalistes sont des civil·e·s et doivent donc être protégés.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le lieu de l’attaque – la zone de « défense avancée »</h4>



<p>L&rsquo;attaque s&rsquo;est déroulée dans le village d&rsquo;al Tiri, à environ sept kilomètres de la frontière israélienne, dans le district de Bint Jbeil, dans le sud du Liban, qui se trouve dans la « zone de défense avancée » couvrant 6 % du territoire libanais. L’armée israélienne, déployée dans cette zone interdite au retour, y procède à de nombreuses destructions.</p>



<p>« Le fait d’interdire une zone aux civils n’exonère pas Israël de ses obligations découlant du droit international humanitaire, et ne lui donne certainement pas le droit de traiter ces zones comme des zones de tir, où tout civil resté sur place ou revenu sur les lieux est considéré comme une cible militaire », a déclaré Heba Morayef.</p>



<p>À tout moment et en tout lieu, y compris dans les zones interdites, l&rsquo;armée israélienne doit faire la distinction entre civils et combattants, ainsi qu&rsquo;entre biens de caractère civil et objectifs militaires, et faire tout son possible pour vérifier si la cible visée est un objectif militaire ou un combattant. Lorsqu&rsquo;elle frappe une cible militaire, elle doit prendre toutes les précautions possibles en vue d’éviter ou de réduire au minimum les dommages qui pourraient être causés incidemment aux civils.</p>



<p>Depuis octobre 2023, Amnesty International a constaté un recours accru aux frappes aériennes illégales menées par Israël au Liban, dont des attaques directes contre des civils et des biens de caractère civil, y compris des journalistes et du personnel de santé, ainsi que des attaques aveugles. Elle a demandé que ces faits fassent l&rsquo;objet d&rsquo;enquêtes pour crimes de guerre et averti à plusieurs reprises que l&rsquo;impunité persistante pour de telles violations encourage les forces israéliennes à poursuivre leurs attaques illégales sans craindre d&rsquo;avoir à rendre des comptes.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La première frappe a touché deux hommes dans un véhicule en marche</h4>



<p>Les journalistes Amal Khalil (42 ans) et Zeinab Faraj (21 ans) faisaient des reportages dans le sud du Liban sur les répercussions du conflit armé. Ayant appris que l&rsquo;armée israélienne s&rsquo;était retirée du village d’al Tiri, elles se sont rendues sur place pour vérifier cette information ; elles suivaient un autre véhicule transportant Ali Nabil Bazzi, le moukhtar (maire local) de Bint Jbeil, et Mohammed Hourani, son ami et un habitant déplacé, qui souhaitait lui aussi confirmer en direct le retrait israélien d’al Tiri, selon Zeinab Faraj.</p>



<p>Vers 14h25, juste après son entrée dans al Tiri, le véhicule transportant Ali Bazzi et Mohammed Hourani a été touché ; la Croix-Rouge libanaise a reçu le premier appel d&rsquo;urgence à 14h38. Dans sa réponse à Amnesty International, l&rsquo;armée israélienne a décrit Ali Bazzi et Mohammed Hourani comme « deux membres militaires du Hezbollah » qui ont été « visés et éliminés ».</p>



<p>Zeinab Faraj a indiqué à Amnesty International qu’elle se trouvait avec Amal Khalil dans la voiture d’Amal, derrière, lorsque la frappe a eu lieu. Elles ont vu le tir provoquer l’explosion de la voiture devant elles, projetant les hommes hors du véhicule et y mettant le feu.</p>



<p>Amal Khalil a tout de suite appelé Moussa Chaalan, secouriste de la Défense civile libanaise, à 14h36, pour signaler la frappe. Selon le témoignage de Moussa Chaalan, Amal Khalil lui a dit que « deux hommes [avaient] été touchés devant moi à al Tiri » il a immédiatement commencé à appeler ses collègues de la Défense civile et de la Croix-Rouge libanaise, ainsi que des membres de l’armée libanaise chargés de coordonner les demandes de désescalade par le biais du mécanisme de surveillance. Alors qu&rsquo;il se rendait sur les lieux, Moussa Chaalan a été contraint de s&rsquo;arrêter à un poste de contrôle militaire libanais, à l&rsquo;entrée d&rsquo;al Tiri, tandis que les secouristes attendaient l&rsquo;autorisation de l&rsquo;armée israélienne dans le cadre du mécanisme de surveillance pour entrer dans le village en toute sécurité.</p>



<p>L&rsquo;autorisation d&rsquo;accéder aux villages situés à l&rsquo;intérieur de la zone dite de « défense avancée » est coordonnée par le Comité technique militaire pour le Liban (MTC4L), couramment appelé mécanisme de mise en œuvre et de surveillance du cessez-le-feu, qui comprend la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), chargée de surveiller et de mettre en œuvre l’accord de cessez-le-feu de novembre 2024 entre le Liban et Israël – notamment en coordonnant les itinéraires sécurisés pour les équipes de secours une fois que l’armée israélienne accepte de cesser le feu. Selon les investigations du Washington Post : « Un représentant de la FINUL a déclaré que la Croix-Rouge avait contacté l’agence pour lui communiquer l’itinéraire prévu peu avant 15 heures. La FINUL, qui facilite le passage sécurisé des équipes de secours, a immédiatement transmis l’information, y compris la localisation des journalistes, à l’armée israélienne. À peu près au même moment, l’armée libanaise a contacté un comité international appelé  » mécanisme de surveillance du cessez-le-feu « . La direction de la Croix-Rouge a indiqué que ses véhicules s’étaient mis en route peu avant 17 heures, lorsque la FINUL a confirmé un itinéraire sûr. Les Forces de défense d&rsquo;Israël (FDI) ont validé cette demande à peu près à ce moment-là, selon le porte-parole de la FINUL, mais n&rsquo;avaient pas encore accordé un passage sécurisé aux secouristes. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">La deuxième frappe a touché la voiture des journalistes, près de l’endroit où elles s’étaient mises à l’abri</h4>



<p>En attendant l’arrivée de la Défense civile, tandis que des drones survolaient la zone, les deux journalistes sont sorties de leur voiture et se sont réfugiées contre un muret près d’un bâtiment désert du village abritant un magasin au rez-de-chaussée, sous un toit de tôle abîmé.</p>



<p>Le Laboratoire de preuves du programme Réaction aux crises d’Amnesty International a vérifié les images prises par Zeinab Faraj entre 14h35 et 14h49 ; on peut voir la voiture des journalistes garée sur le bord de la route, à environ cinq mètres du véhicule détruit. L’une de ces images montre également le toit sous lequel elles attendaient l’arrivée des secours.</p>



<p>Lors d’un entretien avec Amnesty International 10 jours après l&rsquo;attaque, Zeinab Faraj a raconté que des drones avaient survolé la zone juste après la première frappe sur la voiture ; elle se souvenait clairement que « les drones étaient passés à travers le toit et étaient très près, à moins d&rsquo;un mètre de mon visage et de celui d’Amal ».</p>



<p>Les drones de surveillance ayant survolé la zone d’aussi près, l’armée israélienne savait, ou aurait dû savoir à ce moment-là, que les deux hommes qu’elle affirmait avoir visés en raison de leur affiliation présumée au Hezbollah n’avaient pas survécu à la première frappe. Compte tenu de la proximité à laquelle volaient les drones, elle aurait dû être en mesure d’identifier les deux femmes journalistes comme des civiles.</p>



<p>Le secouriste de la Défense civile, Moussa Chaalan, qui se trouvait toujours au poste de contrôle, a appelé Amal Khalil à 15h31 pour lui dire de remonter dans la voiture et de quitter les lieux, car il n&rsquo;avait pas encore reçu l&rsquo;autorisation du mécanisme de surveillance pour entrer dans le village, et n&rsquo;avait donc aucune garantie que l&rsquo;armée israélienne ne frapperait pas à nouveau.</p>



<p>Vers 15h40, une deuxième frappe a touché le véhicule garé des deux journalistes, non loin de l’endroit où elles s’étaient abritées.</p>



<p>À 15h48, Amal Khalil a rappelé Moussa Chaalan pour lui dire qu’elle avait été blessée lors de la deuxième frappe sur sa voiture : « Je ne peux rien faire. Moussa, viens me chercher. »</p>



<p>Les deux femmes ont été blessées par l’explosion, qui a projeté une portière de voiture dans leur direction ; Zeinab Faraj s’en est servie pour les protéger des flammes. Elle a expliqué :</p>



<p>« Des éclats de verre et des débris sont arrivés vers nous. J’ai eu l’impression que mon oreille allait éclater. Elle [Amal Khalil] saignait abondamment du nez et de la tête, et était blessée par des éclats d’obus au bras et à la cuisse ; elle ne pouvait plus bouger la jambe. »</p>



<p>Alors que l’incendie faisait rage, les deux femmes ont réussi à ramper à l’intérieur du bâtiment, à se glisser sous le volet roulant endommagé, et se sont cachées dans une petite pièce.</p>



<p>À l&rsquo;intérieur, Amal Khalil a continué de passer des appels pour demander de l&rsquo;aide. Cependant, Zeinab Faraj a déclaré que toutes les personnes contactées répondaient qu&rsquo;elles ne pouvaient pas venir jusqu’à elles car « elles attendaient l&rsquo;autorisation » du mécanisme de surveillance. Dans la pratique, cette autorisation signifie que l&rsquo;armée israélienne accepte de cesser le feu pour permettre aux équipes de secours d&rsquo;intervenir.</p>



<p>Moussa Chaalan a déclaré à Amnesty International :</p>



<p>« J’ai dit au militaire au poste de contrôle que j’allais entrer, malgré les risques. Mais il m’a convaincu de ne pas le faire :  » Et si tu es touché avant d’arriver jusqu’à elle ? Tu ferais mieux d’attendre l’autorisation, pour son bien comme pour le tien.  » »</p>



<p>Finalement, Amal Khalil est devenue très faible, a déclaré Zeinab Faraj : « Je l’ai vue s’éteindre peu à peu… Puis j’ai perdu connaissance. »</p>



<p>Le dernier appel d’Amal Khalil, à 16h22, fut pour sa sœur.</p>



<h4 class="wp-block-heading">La troisième frappe a touché le bâtiment où elles s’étaient mises à l’abri</h4>



<p>Vers 16h25, une troisième frappe a touché le bâtiment de trois étages où les journalistes s’étaient réfugiées et il s’est effondré. Les deux femmes ont été ensevelies sous les décombres. « Lorsque j’ai repris [connaissance], j’avais beaucoup de mal à respirer », se souvient Zeinab Faraj.</p>



<p>D’après le témoignage de Moussa Chaalan, depuis le lieu où il se trouvait, à environ deux kilomètres de là, il a vu une frappe aérienne à cette heure-là :</p>



<p>« J’ai vu l’avion de l’armée de l’air s’élever et tirer. J’ai compris qu’elles étaient la cible. J’ai rappelé Amal, pas de réponse. Je me suis dit :  » Elles sont mortes.  » »</p>



<p>Un expert en armements d’Amnesty International a examiné des vidéos prises sur le site de la frappe et a conclu que les dégâts correspondaient à ceux causés par une frappe aérienne. Sur des images satellites datant du 24 avril, on voit également une nouvelle trace d’incendie à l’emplacement du bâtiment, un phénomène couramment observé dans les zones où l’armée israélienne effectue des frappes aériennes.</p>



<p>Peu après 17 heures, l’autorisation d’accéder à la zone a été accordée, mais uniquement à la Croix-Rouge libanaise. Les secouristes ont sorti Zeinab Faraj, grièvement blessée : fracture du crâne, graves lésions à la jambe droite et à l’œil, main écrasée. Ils n’ont pas pu atteindre Amal Khalil, toujours sous les décombres.</p>



<p>Peu avant 18 heures, les bénévoles de la Croix-Rouge libanaise présents sur place ont déclaré qu’ils ont dû se retirer, craignant de nouvelles attaques. Ils ont emmené avec eux Zeinab Faraj, blessée, et les corps des deux hommes tués lors de la première frappe.</p>



<p>À la suite d’une nouvelle série d’appels émanant des autorités libanaises, notamment du Bureau du président, du bureau du Premier ministre et d’organismes internationaux, l’autorisation a de nouveau été accordée à 19h20 pour permettre aux secouristes de la Croix-Rouge, à une ambulance et à un petit bulldozer de retourner sur le lieu de l’effondrement. Les secouristes avaient besoin d’un matériel plus lourd pour déblayer les décombres des trois étages. Les opérations, à l’aide d’une pelleteuse, ont débuté vers 21 heures.</p>



<p>Moussa Chaalan a déclaré qu’ils ont retrouvé Amal Khalil enterrée sous une colonne et un mur : « Elle était totalement écrasée. Je l’ai sortie de mes propres mains. »</p>



<p>Sur son certificat de décès, le médecin légiste a noté l’heure de sa mort, 19 heures, et indiqué que la cause était « un arrêt cardiaque résultant d’un traumatisme crânien et d’une grave hémorragie ».</p>



<h4 class="wp-block-heading">Impunité des forces israéliennes</h4>



<p>Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits humains et des journalistes ont condamné à plusieurs reprises les homicides de journalistes commis en toute impunité par les forces israéliennes, au Liban et dans la bande de Gaza occupée. En 2023, Amnesty International a publié une enquête approfondie sur l’homicide du journaliste de Reuters Issam Abdallah, concluant que la frappe aérienne de l’armée israélienne qui l’avait tué et blessé six autres journalistes s’apparentait à une attaque directe sur des civil·e·s et demandant qu’elle fasse l’objet d’une enquête pour crime de guerre.</p>



<p>« L’impunité dont bénéficient les forces israéliennes pour les homicides de journalistes et d’autres civil·e·s au Liban depuis trois ans a permis à l’armée israélienne de poursuivre ses frappes aériennes illégales, y compris des attaques directes contre des civil·e·s. L’homicide d’Amal Khalil doit faire l’objet d’une enquête indépendante et impartiale. Il est grand temps que la communauté internationale impose à Israël un embargo total sur les armes, a déclaré Heba Morayef.</p>



<p>« Enfin, nous engageons le gouvernement libanais à accepter la compétence de la Cour pénale internationale pour les crimes commis sur son territoire depuis octobre 2023 et à diligenter des enquêtes nationales sur les crimes de guerre. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Le 8 octobre 2023, le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël, ce qui a donné lieu à des opérations militaires israéliennes qui se sont intensifiées en septembre 2024. Malgré la conclusion d’un accord de « cessez-le-feu » le 27 novembre 2024, les hostilités se sont poursuivies le long de la frontière. Elles sont montées d’un cran le 2 mars 2026 et perdurent malgré de nouvelles annonces de cessez-le-feu.</p>



<p>Le 20 avril 2026, l&rsquo;armée israélienne a délimité ce qu&rsquo;elle appelle une « zone de défense avancée », s&rsquo;étendant sur 8 à 12 kilomètres à l&rsquo;intérieur du Liban (soit une surface d’environ 600 km²), restreignant ainsi l&rsquo;accès à des dizaines de villages et de secteurs situés au sud d’éléments géographiques clés, comme le fleuve Litani.</p>



<p>Depuis le 2 mars, 4 333 personnes ont été tuées au Liban, selon le ministère de la Santé publique, qui ne fait pas de distinction dans ses chiffres entre civils et combattants. Les frappes du Hezbollah contre Israël ont fait au moins deux victimes civiles en Israël, tandis que les médias israéliens font état d’au moins 39 soldats israéliens tués dans le sud du Liban.</p>




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		<title>Iran. Il faut mettre un terme à la campagne d’exécutions et de condamnations à mort arbitraires de manifestant·e·s</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/iran-il-faut-mettre-un-terme-a-la-campagne-dexecutions-et-de-condamnations-a-mort-arbitraires-de-manifestant%c2%b7e%c2%b7s/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 12:56:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Peine de mort]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Iran. Il faut mettre un terme à la campagne d’exécutions et de condamnations à mort arbitraires de manifestant·e·s L’exécution publique de deux manifestants mardi 28 juillet 2026, après celle d’au moins trois autres la semaine précédente, marque une nouvelle escalade dans le recours à la peine capitale par les autorités pour étouffer la dissidence, a [&#8230;]</p>
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<h4 class="wp-block-heading">Iran. Il faut mettre un terme à la campagne d’exécutions et de condamnations à mort arbitraires de manifestant·e·s</h4>



<p>L’exécution publique de deux manifestants mardi 28 juillet 2026, après celle d’au moins trois autres la semaine précédente, marque une nouvelle escalade dans le recours à la peine capitale par les autorités pour étouffer la dissidence, a déclaré Amnesty International. L’organisation craint qu’au moins 60 autres personnes, dont trois arrêtées alors qu’elles étaient mineures, soient sous la menace d’une exécution après leur condamnation à mort, tandis que de nombreuses autres font encore l’objet de poursuites pour des infractions passibles de la peine capitale en lien avec les manifestations.</p>



<p>Durant le premier semestre de 2026, les autorités iraniennes ont de plus en plus utilisé des accusations liées à la sécurité nationale formulées en des termes vagues, telles que l’espionnage et la collaboration avec des États hostiles, pour condamner à mort des personnes arrêtées dans le contexte des manifestations de janvier 2026. Depuis le début de l’année, elles ont exécuté arbitrairement au moins 26 personnes déclarées coupables d’infractions en lien avec ces manifestations, à l’issue de procès manifestement iniques, entachés de torture, tenus devant des tribunaux révolutionnaires. Outre les personnes prises pour cible dans le contexte des manifestations, les autorités ont exécuté arbitrairement au moins 26 autres personnes pour des motifs politiques, tout en continuant de procéder à des centaines d’exécutions pour des infractions à la législation sur les stupéfiants et d’autres crimes.</p>



<p>« Les autorités iraniennes ont déclenché une vague effroyable d’exécutions et de condamnations à mort pour punir et réprimer la dissidence et donner une image de force et de contrôle absolu à la suite du soulèvement populaire de janvier et sur fond d’attaques des forces états-uniennes et israéliennes, a déclaré Heba Morayef, directrice régionale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.</p>



<p>« Le silence de la communauté internationale encourage les autorités iraniennes à poursuivre leur massacre. Les États membres de l’ONU doivent prendre de toute urgence des mesures diplomatiques coordonnées pour faire pression sur elles afin que les exécutions cessent. Ils doivent considérer la résolution de la crise des droits humains et de l’impunité en Iran comme une priorité, soutenir la création d’un mécanisme indépendant de justice internationale pour l’Iran et exhorter le Conseil de sécurité de l’ONU à saisir la Cour pénale internationale de la situation dans ce pays. »</p>



<p>Amnesty International s’est entretenue avec 10 sources bien informées, dont des familles de victimes en dehors de l’Iran et des avocat·e·s à l’intérieur du pays. Elle a aussi examiné des déclarations officielles des autorités iraniennes, ainsi que des informations parues dans les médias d’État et des rapports d’organisations de défense des droits humains basées à l’étranger.</p>



<p>Dans les affaires que l’organisation a étudiées, les personnes arbitrairement exécutées ou condamnées à mort ont été déclarées coupables des chefs d’accusation vagues et excessivement larges d’« inimitié à l&rsquo;égard de Dieu » (mohareb) et de « corruption sur terre » (ifsad fil arz). Parmi ces personnes figurent des individus exécutés pour leur participation présumée à des incendies volontaires, des atteintes aux biens, des blocages de routes ou des troubles à l’ordre public – autant d’actes n’entrant pas dans la catégorie des « crimes les plus graves » selon les termes du droit international et des normes connexes concernant l’application de la peine capitale, qui limitent le recours à ce châtiment aux seuls actes impliquant un homicide volontaire.</p>



<p>D’autres ont été poursuivis en vertu de la Loi visant à alourdir les peines pour les activités d’espionnage et de collaboration avec le régime sioniste et les États hostiles au détriment de la sécurité et des intérêts nationaux (loi sur l’espionnage), adoptée à la suite de la guerre de 12 jours de juin 2025. Cette loi érige en infractions des actes protégés par le droit international relatif aux droits humains, tels que la participation pacifique à des manifestations et la communication d’informations aux médias.</p>



<p>Étant donné que des milliers de personnes ont été arrêtées dans le contexte des manifestations de janvier 2026 et que les familles s’abstiennent généralement de signaler les condamnations à mort par crainte des représailles, Amnesty International est convaincue que de nombreux autres manifestant·e·s risquent de subir ce châtiment.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Exécutions arbitraires liées aux manifestations de janvier 2026</h4>



<p>Depuis les attaques illégales menées par Israël et les États-Unis contre l’Iran le 28 février 2026, les autorités iraniennes ont intensifié le recours à la peine de mort contre les personnes arrêtées dans le contexte du soulèvement de janvier 2026. </p>



<p>Le 28 juillet 2026, les autorités ont exécuté  arbitrairement Amir Hossein Safari et Abolfazl Sepahi en public. Tous deux avaient été arrêtés pendant les manifestations à Ispahan le 8 janvier 2026 et condamnés à mort à l’issue d’un procès collectif manifestement inéquitable concernant des dizaines d’accusé·e·s. Ce procès collectif portait sur la mort de quatre policiers tués pendant les manifestations de la place Alikhani à Ispahan, ainsi que sur des accusations de détention d’armes, de dommages à des biens publics et d’incendies volontaires de bâtiments. Ces mises à mort font suite à l’exécution arbitraire, le 19 juillet 2026, de deux autres manifestants condamnés dans la même affaire : Erfan Esfandiari et Gol-Mohammad Mohammadi. Selon l’agence de presse Mizan, ces hommes ont été condamnés sur la base de leurs « aveux » faits en détention.</p>



<p>Huit autres personnes condamnées à mort dans la même affaire risquent d’être exécutées à tout moment : Ali Dashti, Alireza Raisi, Abolfazl Ebrahimi, Alireza Sepahi, Amirhossein Ebrahimi, Amirhossein Maleki, Ghaem Hosseini et Shervin Bagherian. Une source bien informée a dit à Amnesty International que l’un de ces jeunes hommes, Shervin Bagherian, avait été soumis à une disparition forcée pendant 21 jours ainsi qu’à la torture et à d’autres mauvais traitements, dont des coups. Ses « aveux » forcés ont été diffusés dans une vidéo de propagande le 25 janvier 2026, avant le procès, et il n’a pas eu le droit de consulter un·e avocat·e pendant toute la phase d’enquête.</p>



<p>Mehdi Khaneki, Mohammad Amini Dehaghani, Javad Zamani, Abolfazl Saedi, Ashkan Maleki et Mehrdad Mohammadinia font partie de ceux qui ont été arbitrairement exécutés à la suite de condamnations pour des actes n’impliquant aucun « homicide volontaire », en violation du droit international et des normes connexes. </p>



<p>Mizan, l’agence de presse du pouvoir judiciaire, a annoncé l’exécution de Mehdi Khaneki à Karadj, dans la province d’Alborz, le 22 juillet 2026. Elle a indiqué que cet homme avait été condamné à mort en vertu de la loi sur l’espionnage après avoir été déclaré coupable sur la base des « aveux » qu’il avait faits en détention. Il avait été accusé d’entretenir des liens avec un groupe armé d’opposition interdit, de détenir des armes et des explosifs, et d’avoir mené des « actions opérationnelles » pour Israël, les États-Unis et des « groupes hostiles ». </p>



<p>Le 15 juillet 2026, les autorités ont exécuté arbitrairement Mohammad Amini Dehaghani après sa condamnation par un tribunal révolutionnaire de la province d’Ispahan pour « inimitié à l’égard de Dieu » (mohareb) et « corruption sur terre » (ifsad fil arz) en lien avec les manifestations du 9 janvier 2026 dans la ville d’Ispahan. L’agence de presse Mizan a indiqué que cet homme avait aussi été condamné sur la base des « aveux » qu’il avait faits en détention. Elle a précisé que la condamnation à mort avait été prononcée pour de nombreux actes, tels que le fait d’avoir « perturbé l’opinion publique », « cherché à entrer en contact avec des comptes en ligne affiliés à des groupes contre-révolutionnaires », bloqué des routes et endommagé des biens publics. </p>



<p>Le 16 juin 2026, les autorités ont exécuté arbitrairement Javad Zamani et Abolfazl Saedi, accusés de s’être rendus coupables d’« inimitié à l’égard de Dieu » (mohareb) et de « corruption sur terre » (ifsad fil arz) en participant à des « troubles à l’ordre public », à « un rassemblement et une collusion contre la sécurité nationale » et à des incendies volontaires en lien avec les manifestations à Shahroud, dans la province de Semnan. Le pouvoir judiciaire a diffusé leurs « aveux » forcés le jour de leur exécution.</p>



<p>Ashkan Maleki et Mehrdad Mohammadinia, membres de la minorité kurde opprimée d’Iran, ont été exécutés arbitrairement en secret le 1er juin 2026 dans la province d’Alborz, sans que leurs familles et leurs avocat·e·s n’aient été préalablement prévenus. La 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran les avait condamnés à la peine capitale pour « inimitié à l’égard de Dieu » (mohareb), les accusant d’avoir incendié une mosquée et un séminaire à Téhéran. Selon l’agence de presse Mizan, ils avaient été déclarés coupables et condamnés à mort en vertu de la loi sur l’espionnage, notamment sur la base de leurs « aveux » en détention, qui ont été diffusés à la télévision d’État avant leur procès, en violation du droit à la présomption d’innocence.</p>



<p>Leur coaccusé, Arman Marefati, risque d’être exécuté d’un moment à l’autre à la prison de Ghezel Hesar, située à Karadj, dans la province d’Alborz. Le pouvoir judiciaire et les médias d’État qualifient régulièrement les manifestants exécutés de « fantassins de l’ennemi », « assassins maniant l’épée à la solde du Mossad » et « agents de l’ennemi se faisant passer pour des manifestants ».</p>



<h4 class="wp-block-heading">Multiplication des condamnations à mort arbitraires liées aux manifestations de janvier 2026</h4>



<p>Depuis que l’accès à Internet a été rétabli en Iran le 26 mai 2026, après une coupure nationale qui a duré trois mois, Amnesty International a enregistré une escalade dans le recours à la peine capitale en lien avec les manifestations de janvier 2026. Il a été fait état d’au moins 15 condamnations à mort prononcées par des tribunaux révolutionnaires et 13 confirmées par la Cour suprême dans les provinces d’Alborz, d’Ispahan, du Fars, de Hamedan, de Qazvin, de Markazi, de Semnan, de Téhéran et de Yazd.</p>



<p>Amnesty International pense que le nombre réel de sentences capitales prononcées en lien avec les manifestations de janvier 2026 est bien plus élevé. Selon Iran Human Rights, une organisation de défense des droits humains basée en dehors d’Iran, plus de 70 personnes arrêtées en lien avec ces manifestations ont été condamnées à mort rien que dans une seule prison de la province d’Ispahan.</p>



<p>L’augmentation du recours à la peine capitale s’accompagne d’une multiplication des déclarations officielles et des messages dans les médias d’État décrivant systématiquement les manifestations de janvier 2026 comme une « conspiration terroriste américano-sioniste » ou un « coup d’État ». De hauts responsables du pouvoir judiciaire et d’autres membres des autorités continuent de promettre publiquement des procédures accélérées et l’imposition de peines très lourdes contre les manifestant·e·s. </p>



<p>Selon les informations recueillies par Amnesty International, des manifestant·e·s ont été condamnés à mort à l’issue de procès manifestement iniques tenus à huis clos, marqués par des disparitions forcées, des actes de torture et d’autres mauvais traitements, l’interdiction de consulter un·e avocat·e pendant la phase d’enquête, la privation du droit d’être défendu·e par l’avocat·e de son choix pendant le procès, et l’utilisation d’« aveux » forcés, en violation du droit à la présomption d’innocence, du droit d’être protégé·e de la torture et des autres mauvais traitements, du droit de ne pas être obligé·e de s’accuser soi-même et du droit de ne pas être privé·e arbitrairement de la vie. La Cour suprême a aussi confirmé des condamnations à mort sans réel réexamen des dossiers, privant les accusé·e·s de leur droit à un recours équitable et effectif.</p>



<p>Les autorités ont en outre créé un climat de peur en utilisant de plus en plus la loi sur l’espionnage. Ce texte érige en infractions des activités pacifiques protégées par le droit international relatif aux droits humains, comme le fait de transmettre des informations sur les manifestations et les violations des droits humains à des médias étrangers lorsque les autorités jugent ce comportement contraire à la sécurité nationale, et prévoit la peine capitale pour des actes qualifiés d’« activités de renseignement » ou d’espionnage à la solde d’Israël, des États-Unis ou d’un autre État ou groupe désigné comme « hostile ». Dans une nouvelle escalade, le ministère du Renseignement a publié le 14 juillet 2026 une liste de plus de 400 personnes et entités, dont des organisations de défense des droits humains et des médias indépendants basés en dehors du pays, considérées comme « hostiles » en vertu de la loi sur l’espionnage. Les personnes en Iran qui communiquent avec les individus ou entités de cette liste risquent des poursuites et pourraient être condamnées à mort si les autorités qualifiaient cette conduite d’« activité de renseignement » ou d’espionnage.</p>



<p>Parmi les personnes menacées d’exécution figure Benyamin Naghdi, athlète spécialiste des arts martiaux, qui a été arrêté le 3 janvier 2026 pendant les manifestations à Shiraz, dans la province du Fars, et accusé d’avoir lancé un extincteur sur les forces de sécurité. Il a fait l’objet d’une disparition forcée pendant plus de 50 jours et ses « aveux » forcés ont été diffusés à la télévision d’État le lendemain de son arrestation et avant son procès. Selon les informations recueillies par Amnesty International, la première chambre du tribunal révolutionnaire de Shiraz l’a condamné à mort pour « corruption sur terre » (ifsad fil arz) en mai 2026 à l’issue d’un procès d’une iniquité flagrante, mais il n’a été informé de sa peine qu’en juillet 2026.</p>



<p>Peyman Ganji est aussi menacé d’exécution. Les forces de sécurité l’ont arrêté à Téhéran au début de février 2026. La 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran l’a condamné à mort en mai 2026, et il a été officiellement informé du verdict le 26 juillet 2026. Il a été déclaré coupable d’« inimitié à l’égard de Dieu » (mohareb) pour son implication présumée dans l’incendie d’une mosquée et pour avoir fabriqué des cocktails Molotov – des accusations qu’il a toujours niées. Selon une source bien informée, il a « avoué » sous la torture et d’autres mauvais traitements et est revenu sur ses « aveux » pendant le procès.</p>



<p>Ni Benyamin Naghdi, ni Peyman Gaji n’ont été accusés d’avoir été impliqués dans la mort de membres des forces de sécurité.</p>



<p>Au moins trois personnes qui étaient mineures lors de l’infraction présumée – Erfan Amiri, Mansour Jafari et Matin Mohammadi – risquent aussi d’être exécutées. Le droit international relatif aux droits humains interdit formellement de recourir à la peine de mort contre une personne qui était âgée de moins de 18 ans au moment des faits qui lui sont reprochés.</p>



<p>Les autorités iraniennes doivent immédiatement renoncer à toutes les mises à mort programmées et instaurer un moratoire officiel sur toutes les exécutions en vue d’abolir totalement la peine de mort.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Les autorités iraniennes ont réagi aux manifestations qui ont éclaté dans tout le pays le 28 décembre 2025 par une répression militarisée sans précédent. Elles ont utilisé massivement des armes à feu et d’autres formes de force létale en violation du droit international, tuant des milliers de manifestant·e·s et de passant·e·s les 8 et 9 janvier 2026 et arrêtant des dizaines de milliers de personnes. À la suite des attaques menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février 2026, l’État a intensifié la répression dans le pays au prétexte de la « situation de guerre », exécutant au moins 52 personnes pour des motifs politiques, dont des manifestant·e·s et des dissident·e·s.</p>



<p>Amnesty International s’oppose catégoriquement à la peine de mort dans tous les cas et en toutes circonstances. Ce châtiment viole le droit à la vie et est le plus cruel, le plus inhumain et le plus dégradant qui soit.</p>




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