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	<title>Torture Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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	<title>Torture Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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		<title>Israel/ TPO. Craintes de plus en plus vives pour le médecin palestinien Hussam Abu Safiya, en détention, dont la vie serait en danger imminent</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2026 09:35:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Israel/ TPO. Craintes de plus en plus vives pour le médecin palestinien Hussam Abu Safiya, en détention, dont la vie serait en danger imminent Les autorités israéliennes doivent libérer immédiatement Hussam Abu Safiya, pédiatre palestinien et directeur de l&#8217;hôpital Kamal Adwan, détenu de manière arbitraire, a déclaré Amnesty International le 6 juillet 2026 : l’avocat [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Israel/ TPO. Craintes de plus en plus vives pour le médecin palestinien Hussam Abu Safiya, en détention, dont la vie serait en danger imminent</h2>



<p>Les autorités israéliennes doivent libérer immédiatement Hussam Abu Safiya, pédiatre palestinien et directeur de l&rsquo;hôpital Kamal Adwan, détenu de manière arbitraire, a déclaré Amnesty International le 6 juillet 2026 : l’avocat qui lui a rendu visite a indiqué que sa vie est en grave péril en raison des actes de torture et des mauvais traitements qu&rsquo;il subit depuis son placement en détention.</p>



<p>Hussam Abu Safiya est détenu arbitrairement dans les prisons israéliennes, sans inculpation ni procès, depuis plus de 18 mois, depuis le 27 décembre 2024, lorsqu’il a été interpellé pendant son service à l’hôpital Kamal Adwan, dans la ville de Gaza.</p>



<p>« Les informations qui nous parviennent concernant la détérioration des conditions de détention d’Hussam Abu Safiya font froid dans le dos. Les déclarations de son avocat, selon lesquelles sa vie est en danger imminent alors qu’il est toujours détenu illégalement, ne font qu’aviver nos inquiétudes à son sujet. Il est inadmissible qu’un pédiatre, qui a consacré sa vie à sauver celle des autres dans la bande de Gaza occupée, soit soumis à la torture et aux mauvais traitements – notamment de graves violences physiques et psychologiques et un placement à l’isolement prolongé – alors qu’il est incarcéré sans aucune justification, a déclaré Erika Guevara Rosas, directrice générale des recherches, du plaidoyer, des politiques et des campagnes à Amnesty International.</p>



<p>« Les autorités israéliennes doivent libérer Hussam Abu Safiya immédiatement et sans condition. Dans l’intervalle, les Services pénitentiaires israéliens doivent veiller à ce qu’il soit pleinement protégé contre les mauvais traitements, bénéficie de soins médicaux adéquats et puisse rencontrer sans délai des observateurs indépendants, notamment le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui doit pouvoir entrer en contact avec tous les autres détenu·e·s palestiniens. »</p>



<p>En violation flagrante de ses obligations découlant du droit international, Israël refuse depuis octobre 2023 que le CICR rende visite aux prisonniers·ères et détenu·e·s palestiniens. C’est à la suite d’une visite effectuée le 2 juillet 2026 par un avocat de Médecins pour les droits humains &#8211; Israël que l’on a appris la détérioration de l’état de santé d’Hussam Abu Safiya et les graves sévices qu’il endure aux mains des Services pénitentiaires israéliens. Selon cet avocat, Nasser Odeh, depuis qu’Hussam Abu Safiya a été transféré dans la partie souterraine du centre de détention de Rakefet, il subit quotidiennement coups, menaces et autres formes de mauvais traitements.</p>



<p>Nasser Odeh a déclaré avoir observé des ecchymoses récentes et des traces de torture sur la tête et le corps d’Hussam Abu Safiya, à tel point qu’il était méconnaissable. Il a ajouté qu’il s&rsquo;était présenté à leur rencontre les mains et les pieds entravés. Dans son récit inquiétant, Nasser Odeh l’a décrit comme affaibli et sur le point de perdre connaissance. Il a en outre rapporté les propos d’Hussam Abu Safiya : « C’est la dernière fois que tu me vois… Ils m’ont amené ici pour me tuer. »</p>



<p>« Le témoignage de cet avocat doit servir d’alerte pour les États du monde entier, en particulier les alliés d’Israël. Il est tout à fait répréhensible qu’un médecin qui a refusé d’abandonner ses patients et est devenu une voix influente dénonçant la destruction du système de santé de Gaza soit maintenu en détention arbitraire et illégale au motif qu’il serait, selon la qualification infondée d’Israël, un  » combattant illégal « . Il est toujours privé de ses droits les plus fondamentaux, notamment les droits d’être protégé contre la torture et les mauvais traitements, et de bénéficier d’un procès équitable et d’une procédure régulière, a déclaré Erika Guevara Rosas.</p>



<p>« Le traitement inhumain infligé par Israël aux professionnel·le·s de santé palestiniens à Gaza, notamment les détentions arbitraires et la torture, est favorisé par l’inaction délibérée des États face à la destruction du système de santé de Gaza et aux agressions visant les professionnels de santé palestiniens. Ces agissements s’inscrivent dans le cadre des leviers constituant le génocide mené par Israël à l’encontre des Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza. Se contenter d’exprimer son inquiétude est une mascarade destinée à masquer l’inaction face aux violations flagrantes des droits des Palestinien·ne·s commises par Israël. Amnesty International, aux côtés d’autres organisations de défense des droits humains, ne réclame pas seulement la libération immédiate d’Hussam Abu Safiya. Il s’agit d’un appel à une intervention urgente et efficace pour lui sauver la vie. »</p>



<p>Le fils d’Hussam Abu Safiya, Elias, qui s’exprime au nom de la famille, a confié à Amnesty International :</p>



<p>« [Mon père] vit actuellement des moments critiques, entre la vie et la mort… [Son] état de santé et sa situation s’aggravent de jour en jour. Nous appelons la communauté internationale, les organisations de défense des droits humains, les médias et toutes les personnes de conscience à prendre des mesures immédiates et urgentes pour réclamer que cessent la torture et toutes les violations infligées à mon père, demander des soins médicaux d’urgence et la possibilité de surveiller son état de santé par le biais d’instances juridiques et humanitaires indépendantes, ainsi que la garantie qu’il sera protégé et que ses droits fondamentaux seront respectés.</p>



<p>« Le silence du monde aujourd’hui pourrait coûter la vie à un innocent. Le temps presse, et nous vous prions instamment d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Hussam Abu Safiya est détenu arbitrairement par les autorités israéliennes depuis décembre 2024, à la suite d&rsquo;une descente effectuée par l&rsquo;armée israélienne à l&rsquo;hôpital Kamal Adwan, dans le gouvernorat de Gaza-Nord. Depuis, il est détenu sans inculpation ni jugement en vertu de la Loi sur l’incarcération des combattants illégaux, un texte cruel et abusif, qui autorise l&rsquo;armée à émettre des ordres de détention indéfiniment renouvelables à l&rsquo;encontre de toute personne originaire de Gaza soupçonnée de représenter une menace pour la sécurité de l&rsquo;État ou de se livrer à des activités hostiles, sur la base d&rsquo;éléments de preuve classifiés et sans obligation de présenter un acte d’accusation.</p>



<p>Le 16 juin 2026, la Cour suprême israélienne a rejeté le recours déposé par Hussam Abu Safiya en faveur de sa libération et a confirmé son maintien en détention au moins jusqu’en octobre prochain. L’organisation Médecins pour les droits humains &#8211; Israël estime que la recrudescence des attaques dont il fait l’objet est liée à ce recours et à ses démarches visant à contester sa détention devant les tribunaux.</p>



<p>Hussam Abu Safiya est incarcéré au centre de Rakefet, une section souterraine située sous le complexe pénitentiaire d’Ayalon, où les détenus, pour la plupart des Palestiniens originaires de la bande de Gaza, sont soumis à des actes de torture systématiques et à des traitements inhumains. Fermé en 1985 en raison de ses conditions de détention inhumaines, ce centre a été rouvert pendant le génocide.</p>




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		<title>Soudan. Les atrocités commises par les Forces d’appui rapide à El Fasher viennent « entacher la conscience de l’humanité »</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/soudan-les-atrocites-commises-par-les-forces-dappui-rapide-a-el-fasher-viennent-entacher-la-conscience-de-lhumanite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 03:10:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Soudan. Les atrocités commises par les Forces d’appui rapide à El Fasher viennent « entacher la conscience de l’humanité » Au Soudan, les Forces d’appui rapide (FAR) ont commis des crimes contre l’humanité et un nettoyage ethnique pendant leur campagne visant à prendre le contrôle de la ville d’El Fasher, dans l’État du Darfour septentrional, [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Soudan. Les atrocités commises par les Forces d’appui rapide à El Fasher viennent « entacher la conscience de l’humanité »</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Les FAR se sont rendues coupables de crimes contre l’humanité et de nettoyage ethnique</strong></li>



<li><strong>Des enfants ont été délibérément pris pour cible par les combattants des FAR pendant les attaques</strong></li>



<li><strong>Il est urgent d’instaurer un cessez-le-feu et de déployer une force internationale de protection</strong></li>
</ul>



<p>Au Soudan, les Forces d’appui rapide (FAR) ont commis des crimes contre l’humanité et un nettoyage ethnique pendant leur campagne visant à prendre le contrôle de la ville d’El Fasher, dans l’État du Darfour septentrional, conclut Amnesty International dans un nouveau rapport de première importance. L’organisation appelle maintenant à un cessez-le-feu immédiat au Soudan, ainsi qu’au déploiement de toute urgence d’une force internationale pour protéger les civil·e·s.</p>



<p>Intitulé <em><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/AFR5411162026FR.pdf"><span style="text-decoration: underline;">Ville assiégée, enfants attaqués. Les crimes contre l’humanité des Forces d’appui rapide dans le Darfour septentrional</span></a></em>, ce rapport décrit comment, à El Fasher et dans ses environs, des civil·e·s ont été tués, blessés, frappés, torturés et détenus entre début 2024 et octobre 2025 durant les affrontements qui ont opposé les FAR aux Forces armées soudanaises (FAS) et aux forces conjointes qui leur sont alliées, dans le cadre d’une guerre qui a dévasté le Darfour septentrional. Les FAR ont notamment commis les crimes de meurtre, de transfert forcé, d’emprisonnement, de torture, de viol, d’esclavage sexuel, d’autres formes de violence sexuelle, d’asservissement, d’extermination et de persécution.</p>



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</div>



<p>Des centaines de milliers d’enfants ont été déplacés et beaucoup ont été exposés de façon répétée au risque de mort et de blessure au cours des attaques ou pendant leur fuite. Un nombre incalculable d’entre eux ont été rendus orphelin·e·s. Les personnes en situation de handicap et les personnes âgées ont été confrontées à des risques considérables, tels que des attaques ciblées, l’abandon et l’impossibilité de bénéficier de l’aide essentielle dont elles avaient besoin.</p>



<p>Au fil de leurs attaques dans le Darfour septentrional, les combattants des FAR ont couramment utilisé des termes comme falangay (falangayat au pluriel), évoquant l’esclavage ou la servitude, lorsqu’ils s’en prenaient à des civil·e·s appartenant à des groupes ethniques non arabes.</p>



<p>« La guerre au Soudan est une guerre contre les populations civiles. Le monde a été alerté des horreurs que subissaient les civil·e·s à El Fasher tandis que les FAR assiégeaient la ville. Ces atrocités viennent entacher la conscience de l’humanité, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.</p>



<p>« Les enfants n’ont pas seulement été les dommages collatéraux de cette violence : ils ont souvent été visés de façon délibérée et ont énormément souffert. Ils ont été massivement tués, blessés, violés, enlevés et recrutés de force.</p>



<p>« Un cessez-le-feu immédiat est nécessaire à l’échelle nationale. Une force internationale indépendante et dotée de moyens suffisants doit être déployée au Soudan afin de protéger les populations civiles des crimes commis par toutes les parties au conflit. Si la communauté internationale n’agit pas sans délai, les attaques contre les civil·e·s – et les immenses souffrances et traumatismes infligés aux enfants – vont se poursuivre sans entrave. »</p>



<p>Amnesty International a interrogé pour ce rapport 247 personnes qui avaient subi des exactions liées au conflit ou en avaient été témoin, dont 208 victimes (169 adultes et 39 mineur·e·s). Elle s’est aussi appuyée sur l’analyse d’informations en accès libre, notamment 89 vidéos et l’examen approfondi d’images satellite du Darfour septentrional.</p>



<p>Le 10 juin 2026, Amnesty International a écrit au général Mohamed Hamdan Dagalo, qui dirige les FAR, pour lui faire part des conclusions de son rapport. Au moment de la publication de celui-ci, elle n’avait pas reçu de réponse.</p>



<p>L’analyse des éléments de preuve recueillis à propos de la zone géographique et de la période examinées dans le rapport permet de conclure – sans aucune réserve – à l’existence de persécutions fondées sur l’identité ethnique. Amnesty International pense que les actes dont il est fait état dans ce rapport, ainsi que d’autres crimes présumés sur lesquels elle enquête parallèlement, pourraient être constitutifs du crime de génocide. Son enquête à ce sujet est encore en cours à l’heure de la publication du rapport.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Le siège d’El Fasher</h4>



<p>En novembre 2023, les FAR contrôlaient quatre des cinq capitales régionales du Darfour. El Fasher, capitale du Darfour septentrional, était la seule à résister. À partir de 2024, les FAR ont attaqué de façon systématique les villages, les villes et les camps de personnes déplacées aux alentours d’El Fasher, infligeant violences et pillages aux habitant·e·s et incendiant des infrastructures civiles.</p>



<p>Beaucoup de ces localités étaient peuplées majoritairement de membres du groupe ethnique zaghawa. Lors de ces attaques, les combattants des FAR ont incendié des habitations longtemps après la fuite des habitant·e·s, ce qui tend à indiquer qu’ils cherchaient à rendre ces zones inhabitables. Ces actes, associés au fait que les FAR continuent de contrôler ces régions, ce qui empêche les populations déplacées d’y retourner, semblent révélateurs d’une volonté de procéder au nettoyage ethnique des alentours d’El Fasher en en chassant les Zaghawas.</p>



<p>Yagoub*, adolescent zaghawa de 17 ans, se trouvait dans la ferme familiale près de la ville d’Abu Zerega, à 35 kilomètres au sud d’El Fasher, quand les FAR ont attaqué en décembre 2024. Il a essayé de s’enfuir mais a été capturé par les FAR. Il a déclaré à Amnesty International : « Ils m’ont ligoté et frappé avec des bâtons et la crosse d’un AK-47. Ensuite, l’un d’eux s’est approché à dos de dromadaire et a dit : “C’est un fils de falangay” [&#8230;] puis il m’a tiré dans la jambe. »</p>



<p>Yagoub marche aujourd’hui avec des béquilles. Huit de ses cousin·e·s, dont quatre garçons âgés de 11 à 17 ans, ont été tués pendant cette même attaque.</p>



<p>Une fois les habitant·e·s déplacés des villages autour d’El Fasher, les FAR ont soumis la capitale régionale à un siège cruel entre mai 2024 et octobre 2025, limitant les entrées de denrées alimentaires et humanitaires et bombardant la ville presque quotidiennement. La famine s’est propagée, contraignant la population à se nourrir d’ambaz, un sous-produit issu de la production d’huile d’arachide qui sert habituellement à nourrir les animaux. Tous les civil·e·s – mais plus particulièrement encore les enfants, chez qui la maladie et la malnutrition peuvent avoir des effets irréversibles – ont été durement touchés par cette famine délibérément induite.</p>



<p>Des femmes ont raconté avoir accouché dans un contexte de grave privation et de stress élevé : dans des abris antiaériens souterrains étouffants, dans des hôpitaux pilonnés, ou pendant qu’elles fuyaient les violences. Dans l’impossibilité de se procurer pour elles-mêmes une alimentation suffisante, elles n’ont souvent pas eu assez de lait pour nourrir leurs nouveau-nés. Sans autres solutions sûres, beaucoup de femmes ont vu leur bébé dépérir.</p>



<p>Rashida*, une femme de 39 ans, a perdu son dernier né, l’un de ses jumeaux âgés d’un an, en août 2025. Elle a raconté : « [Mon fils] s’affaiblissait beaucoup [et] ne prenait pas le lait. Il est devenu très maigre. »</p>



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</div>



<h4 class="wp-block-heading">La prise d’El Fasher</h4>



<p>Le 26 octobre 2025, les FAR ont lancé leur offensive finale contre El Fasher. Quand les civil·e·s ont tenté de fuir, ils se sont heurtés à un réseau de 57 kilomètres de berme (remblais de terre). Il s’en est suivi un massacre : plusieurs centaines de personnes ont été exécutées, et de nombreuses autres ont été torturées ou emmenées en détention.</p>



<p>Amnesty International a mené des entretiens avec 70 rescapé·e·s, et quasiment toutes ces personnes avaient été témoins d’exécutions, de viols, d’actes de torture ou de prises d’otages. Une femme de 58 ans a estimé avoir vu plus d’un millier de cadavres : « Les personnes qui ont été tuées par balles ont été jetées dans la berme [&#8230;] [Les FAR] ont affirmé qu’elles rempliraient la berme des corps. »</p>



<p>Parmi les personnes tuées à la berme figuraient de nombreux enfants. Taiseer*, une femme zaghawa de 68 ans qui fuyait avec ses cinq petits-enfants, a vu les FAR tuer par balles un garçon de 12 ans qui les accompagnait.</p>



<p>Zubeida*, une adolescente de 15 ans, a survécu au massacre d’environ 25 personnes à la berme uniquement car elle s’était présentée comme étant à moitié arabe et avait menti en affirmant que son père faisait partie des FAR. Elle a été témoin de l’exécution d’hommes et de garçons, du meurtre de femmes qui résistaient au viol et de la mort par balles de jeunes enfants. « Je suis la seule survivante. », a-t-elle déclaré.</p>



<p>Les personnes restées à El Fasher ont été témoins d’exactions effroyables. Amnesty International a interrogé 18 personnes qui se trouvaient à l’intérieur de la maternité saoudienne, dont des membres du personnel, des patient·e·s et des proches de patient·e·s, et qui ont vu les FAR y tuer des dizaines de personnes. L’attaque contre cet hôpital, infrastructure protégée aux termes du droit international, est un crime de guerre.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Violences sexuelles, prises d’otages et enrôlement d’enfants</h4>



<p>Les FAR ont commis des viols et d’autres formes de violence sexuelle à très grande échelle et dans de nombreux lieux. Amnesty International a interrogé 26 victimes de violences sexuelles. Parmi elles figuraient 20 femmes victimes de viol, dont trois filles de moins de 18 ans et une jeune femme qui avait 17 ans quand elle avait été violée. Les victimes ont raconté qu’elles avaient subi de graves humiliations et violences ayant entraîné des préjudices physiques et psychologiques durables.</p>



<p>Tasneem*, une fille zaghawa de 13 ans, a été enlevée début avril 2025 quand les FAR ont attaqué son village à l’ouest d’El Fasher. Elle gardait le troupeau de sa famille avec son père lorsque des combattants des FAR se sont approchés. Elle les a vu abattre son père, puis elle a été capturée et emmenée à El Daein, à environ 350 kilomètres.</p>



<p>Elle a raconté à Amnesty International : « [La première fois que j’ai été violée] c’était par trois personnes. J’avais les yeux bandés […] Ils m’ont immobilisée [&#8230;] Ils m’ont dit : “on te fait ça car tes gars nous ont combattus, des gars qui font partie des falangayat”. »</p>



<p>Les FAR ont aussi maintenu illégalement des civil·e·s en détention ; beaucoup ont été retenus en otage dans le but d’obtenir une rançon, souvent dans des conditions abominables. Amnesty International a mené des entretiens avec 45 personnes, dont huit mineur·e·s, qui avaient été détenues illégalement par les FAR entre juillet 2024 et janvier 2026.</p>



<p>Leurs conditions de détention avaient été violentes et dégradantes. Les personnes interrogées, parmi lesquelles des garçons dont certains n’avaient que 13 ans, ont expliqué avoir reçu des coups et subi des insultes à caractère ethnique proférées par des combattants des FAR pendant leur captivité. Ces personnes n’avaient pas assez à manger ni à boire, et étaient détenues dans des pièces étouffantes et surpeuplées. Des maladies se sont propagées : nombre de détenu·e·s ont vu des dizaines, voire des centaines, de personnes mourir de déshydratation ou de maladie.</p>



<p>Amnesty International a réalisé des entretiens avec neuf hommes qui avaient été détenus dans le centre de détention de Mina Al Bari, dans la banlieue est d’El Fasher, pendant des périodes allant jusqu’à cinq mois, entre mi-2024 et début 2026. Ils ont raconté avoir été enfermés dans des conteneurs, qui étaient fermés la plupart du temps. La chaleur étouffante et la mauvaise ventilation faisaient qu’il était difficile de respirer.</p>



<p>Un de ces hommes a déclaré : « On ne pouvait pas étendre nos jambes […] On ne pouvait pas dormir longtemps […] [Les FAR] m’ont dit : “on s’en fiche si tu meurs”. »</p>



<p>Un autre homme détenu lui aussi à Mina Al Bari a raconté avoir été privé d’eau et de nourriture : « Mon corps [s’asséchait] complètement, [nous] avons perdu connaissance. [Les FAR] pensaient qu’on était morts, alors ils nous ont juste jetés hors du conteneur. Au bout d’un moment, ils ont compris qu’on était encore vivants. Ils nous ont torturés à nouveau et nous ont remis dans le conteneur. »</p>



<p>Amnesty International a aussi recueilli des informations faisant état de l’enrôlement et de l’utilisation généralisés de garçons mineurs par les FAR, soit recrutés auprès de groupes ethniques arabes alliés, soit enlevés dans des groupes non arabes au cours d’attaques contre des villages et des camps de personnes déplacées. Ces enfants et adolescents accomplissaient différentes missions pour le groupe, notamment combattre, collecter des renseignements et garder du bétail.</p>



<p>Rashid* a été enlevé par les FAR dans son village vers juillet 2024, à l’âge d’environ 17 ans. Pendant près de neuf mois, il a été retenu dans une zone rurale et forcé à garder des chèvres. Il était surveillé par trois garçons armés, eux-mêmes des recrues des FAR, qui lui ont fait subir ainsi qu’à d’autres personnes détenues des humiliations et des passages à tabac, et qui l’ont privé de nourriture et d’eau. Il a témoigné : « Ils m’observaient et, si j’essayais de me reposer, ils tiraient dans ma direction […] Ils m’ont frappé sur tout le corps. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des commandants identifiés</h4>



<p>Amnesty International a identifié des commandants des FAR responsables de graves violations du droit international.</p>



<p>Des membres des FAR ont filmé et diffusé publiquement des vidéos d’exécutions de masse. Amnesty International a collecté et authentifié 19 vidéos faisant état d’un massacre de grande ampleur près de la berme, à une douzaine de kilomètres au nord-ouest d’El Fasher. Neuf de ces vidéos montrent le commandant des FAR Al Fateh Abdullah Idris, plus connu sous le nom d’« Abu Lulu », en train d’exécuter des prisonniers en tenue civile.</p>



<p>Parmi les hauts responsables du centre de détention de Mina Al Bari figuraient le général de division Gedo Hamdan Ahmed Mohamed (dit « Abu Shouk »), qui a mené des interrogatoires et participé à des actes de torture, et le lieutenant-colonel Abbas Khater Bakhit, qui a été vu en train de donner l’ordre de torturer des prisonniers et d’arranger le versement de rançons.</p>



<p>Ces violations ont été commises de façon répétée et à grande échelle, ce qui laisse à penser que les responsables hiérarchiques étaient au courant de ce qu’il se passait, ou auraient dû l’être, et n’ont rien fait pour l’empêcher ou pour demander des comptes à quiconque.</p>



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</div>



<h4 class="wp-block-heading">Recommandations</h4>



<p>« La communauté internationale doit faire plus que déclarer sa préoccupation et doit prendre des mesures concrètes pour protéger les civil·e·s, de manière à briser le cycle de l’impunité, a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Le Soudan est durement touché par les coupes dans le financement de l’aide humanitaire, qui ont exacerbé la crise déjà catastrophique en matière de droits humains pour ces populations qui ont tout perdu. Tous les partenaires internationaux du Soudan doivent veiller à ce qu’une aide suffisante parvienne aux personnes réfugiées et déplacées, notamment des services destinés aux enfants, afin d’aider à atténuer la crise.</p>



<p>« Il faut en outre renforcer l’obligation de rendre des comptes en apportant un soutien suffisant à tous les mécanismes existants en matière d’obligation de rendre des comptes pour le Soudan, notamment la Cour pénale internationale, ainsi que les missions d’établissement des faits soutenues par les Nations unies et l’Union africaine. Les commandants identifiés dans le rapport doivent faire l’objet d’une enquête et, s’il existe suffisamment de preuves recevables, être traduits en justice. »</p>



<p>Tous les pays doivent cesser immédiatement de fournir des armes et des munitions à toutes les parties au conflit au Soudan. Ils doivent en particulier arrêter de livrer des armes aux Émirats arabes unis – principal soutien des FAR – jusqu’à ce que ce pays respecte l’embargo des Nations unies. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit par ailleurs élargir au reste du pays l’embargo actuel sur les armes concernant le Darfour.</p>



<p class="has-text-align-right has-x-small-font-size"><em>*Les prénoms ont été modifiés.</em></p>




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		<title>RDC. Il faut que les autorités cessent de soutenir un groupe armé soupçonné de crimes de guerre</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/rdc-il-faut-que-les-autorites-cessent-de-soutenir-un-groupe-arme-soupconne-de-crimes-de-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 11:44:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>RDC. Il faut que les autorités cessent de soutenir un groupe armé soupçonné de crimes de guerre Un groupe armé soutenu par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a tué et torturé des civil·e·s, pillé des biens et enlevé des femmes, les réduisant à l’état d’esclaves sexuelles dans le territoire de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">RDC. Il faut que les autorités cessent de soutenir un groupe armé soupçonné de crimes de guerre</h2>



<p>Un groupe armé soutenu par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a tué et torturé des civil·e·s, pillé des biens et enlevé des femmes, les réduisant à l’état d’esclaves sexuelles dans le territoire de Rutshuru, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a déclaré Amnesty International ce 25 juin.</p>



<p>Le Collectif des mouvements pour le changement-Forces de défense du peuple (CMC-FDP) fait partie des Wazalendo (« patriotes », en swahili), une coalition peu structurée de groupes armés que l’armée congolaise utilise comme forces supplétives dans son combat actuel contre le Mouvement du 23 mars (M23), soutenu par le Rwanda. Le CMC-FDP opère principalement dans le groupement de Bukombo (Rutshuru), contrôlé en ce moment par le M23.</p>



<p>Il conserve des bases isolées à Bukombo et prend pour cible des civil·e·s, souvent de nuit ou dans des zones où les combattants du M23 sont moins nombreux. Après des affrontements avec le M23, des combattants du CMC-FDP se sont vengés sur des personnes qui auraient des liens familiaux avec des membres du M23. Ces atteintes aux droits humains visant des civil·e·s bafouent le droit international humanitaire et pourraient constituer des crimes de guerre.</p>



<p>« Les civil·e·s qui vivent à Bukombo ou aux alentours sont pris au piège, entre la brutalité du M23 et celle du CMC-FDP. Ce qu’ils sont contraints à endurer au quotidien est terrible, en particulier dans les zones isolées où le CMC-FDP agit en toute impunité, a déclaré Tigere Chagutah, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnesty International.</p>



<p>« Les autorités de la RDC condamnent souvent les violences du M23, comme il se doit, mais ignorent la violence et les atteintes aux droits humains du même ordre commises par les Wazalendo, y compris le CMC-FDP. En réalité, elles cautionnent ces crimes et s’exonèrent de leur obligation de protéger les civil·e·s et de traduire en justice les combattants wazalendo. La communauté internationale doit faire pression sur le gouvernement de la RDC pour qu’il cesse immédiatement de soutenir ces groupes armés. »</p>



<p>Entre mars et avril 2026, Amnesty International a mené des entretiens à distance, réalisés au moyen d’applications téléphoniques sécurisées, avec 16 victimes, survivantes de viols et agressions sexuelles, et membres de la famille de civil·e·s tués, violés, torturés, enlevés ou soumis à des mauvais traitements par des combattants du CMC-FDP entre juin et décembre 2025. Amnesty International a également reçu des informations crédibles de défenseurs des droits humains faisant état de violences similaires imputables à ce groupe dans la région, notamment d’exécutions sommaires et d’incendies d’habitations.</p>



<p>Le 8 juin 2026, Amnesty International a écrit au CMC-FDP pour faire part de ses constatations et demander des informations sur le comportement des commandants et combattants du groupe à l’égard des civil·e·s dans les régions qu’il contrôle. Le porte-parole du CMC-FDP, Héritier Donald Gashegu, a répondu par écrit le 16 juin 2026. Dans ce courrier, le CMC-FDP nie toute responsabilité concernant les atteintes aux droits humains recensées ici et affirme qu’il « demeure attaché au respect des Droits Humains et à la discipline de ses combattants ».</p>



<h4 class="wp-block-heading">Viols et autres violences sexuelles contre les femmes</h4>



<p>Une femme âgée d’une petite vingtaine d’années a expliqué à Amnesty International que, après que son mari avait rejoint le M23 en mai 2025, des combattants du CMC-FDP l’avaient enlevée à son domicile et maintenue en captivité pendant trois mois. « Ils m’ont donné le choix : soit je partais avec eux, soit ils me tuaient », a-t-elle indiqué.</p>



<p>Elle a déclaré que des combattants du CMC-FDP l’avaient détenue dans une maison sur leur camp et lui avaient présenté un commandant qui allait devenir son « mari ». Chaque jour, les combattants lui donnaient à manger une tasse de taro et de maïs. Elle a ajouté qu’elle avait vu deux autres femmes détenues dans le camp, mais que les combattants avaient menacé de lui tirer dessus si elle leur parlait. Elle a précisé que le commandant l’avait violée à maintes reprises. « Je pensais qu’il me tuerait si je refusais. Il venait tous les soirs [pour avoir des relations sexuelles]. » Cette femme a fui lorsque le M23 a attaqué le camp du CMC-FDP.</p>



<p>Amnesty International s’est également entretenue avec une femme de 22 ans qui a déclaré que des combattants du CMC-FDP l’avaient enlevée en juin 2025, après que son mari avait rejoint le M23. Ils l’avaient emmenée sur leur base de Mudugudu, à Bukombo, où elle a été forcée à devenir la « femme » d’un commandant. « Il a dit : “Si tu ne couches pas avec moi, je te tue.” » Elle a déclaré qu’il y avait quatre autres femmes dans le camp, également forcées à être les « épouses » de combattants.</p>



<p>Elle a ajouté qu’elle avait aussi vu des civil·e·s détenus et maltraités dans le camp. « Ils prenaient des gens et les emmenaient sur la base. Si vous n’aviez rien de valeur, ils vous frappaient. Si vous aviez de la chance, ils vous laissaient tranquilles. Ils mettaient les gens dans des [cellules de détention souterraines]. Ils ont détenu des gens pour gagner de l’argent. » Ces actes s’apparentent au crime de guerre de prise d’otage.</p>



<p>Cette femme a fui en octobre 2025, après que le M23 a attaqué le camp.</p>



<p>Les deux victimes de violences sexuelles avec lesquelles Amnesty International s’est entretenue ont été détenues dans des conditions qui s’apparentent à de l’esclavage sexuel. Elles ont déclaré avoir contracté des infections sexuellement transmissibles à la suite des viols, ce qui leur a causé des douleurs et des souffrances. Ces deux femmes ont été traitées dans des centres de santé, mais de nombreuses victimes de violences sexuelles commises par des groupes armés wazalendo n’ont pas accès à des soins médicaux ou psychologiques adéquats.</p>



<p>L’esclavage sexuel et les autres formes de violences sexuelles perpétrés dans le cadre d’un conflit armé constituent de graves violations du droit international humanitaire qui s’apparentent à des crimes de guerre. Ils bafouent également plusieurs droits humains, notamment le droit à l’égalité et à la non-discrimination, le droit à l’intégrité physique et le droit de ne pas être victime de torture ni d’autres formes de mauvais traitements.</p>



<p>Le CMC-FDP a déclaré qu’il « rejette catégoriquement » les allégations selon lesquelles ses combattants auraient violé, réduit en esclavage sexuel ou forcé des femmes à « épouser » ses commandants. « Aucune plainte, aucun signalement officiel ni aucune saisine n’ont été portés à la connaissance de nos instances disciplinaires ou judiciaires internes concernant les faits évoqués. »</p>



<p>Les dirigeants du CMC-FDP auraient dû avoir connaissance des violences perpétrées par ses commandants. Ils pourraient en être considérés comme complices s’ils savaient que ces violences étaient perpétrées et n’agissaient pas pour les prévenir ou y mettre fin.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Mauvais traitements et autres violences faites aux femmes</h4>



<p>Le 20 novembre 2025, huit personnes, dont une femme enceinte et son mari, se sont réfugiées dans une bananeraie à Mashango, un village de Bukombo, lors d’un échange de tirs entre le M23 et des groupes armés locaux, dont probablement le CMC-FDP.</p>



<p>Des combattants armés les ont retrouvées et leur ont demandé de l’huile de cuisson. « Nous leur avons dit que nous n’avions plus d’huile. Ils ont [alors] pillé tout ce qui se trouvait chez nous et ont brûlé nos maisons. L’un [des combattants] a eu pitié de moi. Il a dit : “Cette femme est enceinte et va bientôt accoucher, nous devons l’épargner.” »</p>



<p>Celle-ci a précisé qu’il s’agissait de combattants du CMC-FDP parce que le groupe disposait d’une base à Mashango, dans le groupement de Bukombo, une région qu’il contrôlait.</p>



<p>Les combattants ont emmené son mari et l’ont tué. « Ils l’ont découpé à la machette. Tout le monde a été tué à la machette. Je suis [ensuite] allée à la recherche des corps… quand nous avons retrouvé les corps, ils étaient déjà en décomposition. » Cette femme a donné naissance à un petit garçon, seule dans la forêt, à 17 h 30 ce jour-là.</p>



<p>Une autre femme victime a expliqué à Amnesty International que son mari avait rejoint le M23 en juin 2025 et que des combattants du CMC-FDP étaient venus chez elle le mois suivant. « Quatre d’entre eux [sont arrivés] à midi, a-t-elle indiqué. Deux avaient des pistolets, les deux autres des fouets. Je leur ai demandé d’avoir pitié de moi parce que j’étais enceinte. Ils ont répondu : “Ta grossesse, ce n’est pas notre problème ; on veut voir ton mari.” Ils m’ont rouée de coups. Ils m’ont frappée et blessée avec un couteau. Le lendemain, j’ai fait une fausse couche. »</p>



<p>Le CMC-FDP a nié l’allégation selon laquelle ils auraient pillé et incendié des maisons.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Homicides motivés par la vengeance et exécutions sommaires</h4>



<p>Neuf victimes et survivantes ont indiqué à Amnesty International que des combattants du CMC-FDP avaient tué leurs maris ou les avaient enlevées parce que leurs fils ou leurs maris avaient rejoint le M23.</p>



<p>Une femme de 35 ans a déclaré qu’un commandant et six combattants du CMC-FDP étaient venus chez elle à Kyahemba, un village du groupement de Bukombo, en novembre 2025. Elle a expliqué que le commandant était entré dans la maison et lui avait demandé : « As-tu laissé [le M23] recruter ton enfant ? » Cette femme a indiqué que son fils de 15 ans était parti sans prévenir au début du mois pour rejoindre le M23. « J’ai répondu que je ne savais pas comment il avait été recruté. À ce moment-là, il a commencé à tirer sur mon mari. » Elle a précisé que son mari avait reçu trois balles dans la poitrine sous les yeux de leurs enfants de huit et six ans. Elle a été informée par la suite que son fils était mort alors qu’il faisait partie du M23.</p>



<p>Selon quatre victimes et les informations communiquées par un défenseur des droits humains, un commandant du CMC-FDP basé à Kyahemba était impliqué dans la détention ou l’homicide de leurs proches.</p>



<p>Une autre femme, Elisabeth*, a déclaré que six combattants du CMC-FDP, dont quatre étaient d’anciens voisins, étaient venus chez elle en novembre 2025, à la recherche de son mari. « Ils nous ont dit de quitter la maison. Ils ont dit : “Vous collaborez avec le [M23]…” Ils se sont comportés comme si [mon mari] était de mèche avec le M23. Ils lui ont tiré à trois reprises dans la poitrine et dans les parties génitales. Après l’avoir abattu, ils ont pillé la maison. Ils sont repartis avec quatre chèvres, des vêtements et des marmites. »</p>



<p>Dans sa réponse à Amnesty International, le CMC-FDP n’a pas précisé les mesures qu’il a prises pour enquêter sur les allégations selon lesquelles ses combattants auraient tué des civils. Il a affirmé qu’il ne disposait pas de suffisamment d’informations pour mener des enquêtes.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Extorsion et menaces</h4>



<p>Avant l’arrivée du M23 dans la région, le CMC-FDP prélevait de l’argent auprès des habitant·e·s, une forme d’impôt appelée lala salama (« dormir paisiblement », en swahili). Ces « impôts » sont prétendument destinés à financer la protection des civil·e·s. Une victime a déclaré que son mari avait rejoint le M23 parce qu’il en avait assez de ces extorsions.</p>



<p>Innocent*, qui travaillait à Kyahemba, a indiqué que des combattants du CMC-FDP l’avaient approché à trois reprises depuis que son fils avait rejoint le M23 en août 2025 et lui avaient demandé de l’argent pour ce motif. Il leur a donné 300 dollars des États-Unis. « À chaque fois, ils me disaient de faire en sorte que mon fils rejoigne leur groupe. J’ai dit que ce n’était pas moi qui l’avais emmené là-bas. Comment j’allais le retrouver ? À chaque fois qu’ils venaient, ils me frappaient. Ils ont brûlé trois maisons, la mienne et deux autres. Ils ont dit qu’ils me tueraient si je ne leur donnais pas d’argent. »</p>



<p>Justine*, une femme de 20 ans, a déclaré que son mari avait fui en juillet ou août de l’année dernière, sans prévenir. En septembre, des combattants du CMC-FDP sont venus chez elle. « Je ressemble à une Tutsi. [Les combattants du CMC-FDP] ont forcé la porte, sont entrés et m’ont fouettée une fois dans le dos et une fois sur la poitrine. Ils m’ont attaché les mains. Ils m’ont dit : “Dis-nous où est ton mari.” » Lorsqu’elle a répondu qu’elle l’ignorait, ils lui ont expliqué qu’ils allaient la conduire à l’un des commandants militaires du CMC-FDP et ont laissé entendre que celui-ci l’obligerait à révéler où se trouvait son mari.</p>



<p>Sur le chemin, l’un des combattants l’a aidée à s’échapper. « Je portais un enfant et le combattant a eu pitié du bébé. Il a dit : “Si tu passes par ici, ils vont te tuer.” »</p>



<p>Justine pensait que la peur avait poussé son mari à rejoindre le M23. Elle a expliqué que, en juillet ou août, le M23 avait menacé son mari en ces termes : « [Tu] es un Tutsi du Rwanda, et tous les Tutsis qui ne rejoignent pas le M23 seront décapités. »</p>



<p>Le CMC-FDP a écrit qu’il n’avait « ni politique ni pratique consistant à exiger des rançons ou des paiements auprès des proches de ceux là ayant rejoint le M23 ou d’un quelconque autre mouvement ennemi. Si des cas isolés de comportements contraires à nos principes existaient, nous serions les premiers intéressés à en connaître les auteurs afin que les mesures appropriées soient prises conformément aux règles de discipline et aux exigences de la justice. »</p>



<p>Les dirigeants du CMC-FDP auraient dû savoir que des pratiques d’extorsion et de rançon se déroulaient, et avaient la responsabilité d’enquêter à leur sujet ainsi que d’amener les combattants impliqués à rendre des comptes. S’ils savaient que ces actions avaient lieu et n’ont pas fait le nécessaire pour y mettre fin, ils pourraient en être considérés comme complices.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Appui de l’armée congolaise au CMC-FDP </h4>



<p>En mai 2023, la RDC a adopté une loi portant création de la Réserve armée de la défense qui prévoyait l’intégration de certains groupes armés locaux, dont le CMC-FDP, dans l’armée congolaise, formant ainsi une force supplétive pour combattre le M23.</p>



<p>Les FARDC aident les groupes armés financièrement et en leur fournissant armes et munitions. En décembre 2025, le ministre des Finances de la RDC a indiqué à la Commission Défense et sécurité de l’Assemblée nationale que l’État versait aux groupes wazalendo 4 millions de dollars des États-Unis par mois. </p>



<p>Selon un document interne du gouvernement militaire du Nord-Kivu obtenu par Ebuteli, un groupe de recherche congolais, le CMC-FDP a reçu plus de 100 000 cartouches de munitions et plus de 100 roquettes de 40 millimètres de la part des FARDC fin 2023 et début 2024. </p>



<p>En juillet 2024, l’Union européenne a sanctionné le commandant en chef du CMC-FDP, Dominique « Domi » Kamanzi Ndaruhutse, pour avoir « commis des actes qui constituent de graves violations des droits humains et atteintes à ces droits ». Cet homme a combattu au sein de différents groupes nyatura (« frapper fort », en kinyarwanda) pendant plus de 10 ans et a, selon le Groupe d’experts des Nations unies sur la RDC, collaboré avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), en particulier dans le groupement de Bwito (territoire de Rutshuru). Les FDLR sont un groupe armé d’opposition opérant dans l’est de la RDC et composé de combattants rwandais et congolais. Elles comptent dans leurs rangs d’anciens membres des Interahamwe et d’anciens soldats rwandais responsables du génocide de 1994, ainsi que des combattants qui n’ont pas participé au génocide.</p>



<p>« Il est inacceptable que l’armée congolaise continue à soutenir les combattants du CMC-FDP en dépit des terribles atteintes aux droits humains qu’ils infligent aux civil·e·s, a déclaré Tigere Chagutah. Le groupe se livre à des violences effrénées depuis des années. Il faut que les autorités congolaises mettent fin immédiatement à la collaboration avec le CMC-FDP et les autres groupes wazalendo commettant des exactions, ainsi qu’à l’appui qu’elles leur prêtent, et qu’elles les amènent à rendre des comptes. »</p>



<p class="has-text-align-right has-x-small-font-size"><em>* Des pseudonymes sont utilisés afin de protéger l’identité des personnes interrogées, pour des raisons de sécurité et de confidentialité</em></p>
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		<title>Cambodge. Des éléments montrent que les centres d’escroquerie ont perduré malgré la « répression » médiatisée</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/cambodge-des-elements-montrent-que-les-centres-descroquerie-ont-perdure-malgre-la-repression-mediatisee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 08:24:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté et droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cambodge. Des éléments montrent que les centres d’escroquerie ont perduré malgré la « répression » médiatisée La répression médiatisée qu’a menée le gouvernement cambodgien contre les centres d’escroquerie n’a pas permis de démanteler l’immense majorité de ces sites dans le pays, ni de protéger et de soutenir les milliers de personnes soumises à la traite [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Cambodge. Des éléments montrent que les centres d’escroquerie ont perduré malgré la « répression » médiatisée</h2>



<ul class="wp-block-list">
<li>Les recherches d’Amnesty International contredisent le discours de l’État sur une répression massive des escroqueries</li>



<li>Une collusion entre des policiers et des gangs aide ces centres à éviter les perquisitions</li>



<li>Amnesty International a interrogé 73 survivant·e·s qui n’ont été ni détectés, ni reconnus comme victimes de traite</li>
</ul>



<p>La répression médiatisée qu’a menée le gouvernement cambodgien contre les centres d’escroquerie n’a pas permis de démanteler l’immense majorité de ces sites dans le pays, ni de protéger et de soutenir les milliers de personnes soumises à la traite des êtres humains, à la torture et à l’esclavage, indique Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public lundi 8 juin.</p>



<p>Intitulé <em><strong><a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/Final_Falling-Through-the-Cracks.pdf">Falling Through the Cracks: Cambodia’s “Crackdown” on Scamming Compounds</a></strong></em>, ce rapport montre que, dans la majorité des cas, les autorités n’ont ni identifié les victimes de la traite, ni amené les responsables présumés à rendre des comptes. Amnesty International révèle que plusieurs centres changent régulièrement de place pour échapper à la répression et relate de multiples témoignages faisant état de viols commis à l’intérieur de ces sites.</p>



<p>« Les autorités cambodgiennes ont soigné l’image de leur campagne de répression contre les centres d’escroquerie, mais derrière chaque gros titre sur une descente ou des arrestations dans un centre, ce sont des victimes d’esclavage, de torture et de viol qui se retrouvent quasiment sans aucune aide, a déclaré Montse Ferrer, codirectrice régionale d’Amnesty International.</p>



<p>« Cette fameuse offensive contre la criminalité n’a pas été suffisante pour mettre fin à la souffrance des personnes piégées dans les centres d’escroquerie. Plus de 70 % des centres identifiés par Amnesty International semblent être passés entre les mailles du filet, tandis que les interventions policières inefficaces menées dans les autres centres sont passées à côté de victimes et les ont laissées seules face à des atrocités. Pendant ce temps-là, tout le gouvernement se félicite de son travail. »</p>



<div class="wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex">
<div class="wp-block-button"><a class="wp-block-button__link wp-element-button" href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/Final_Falling-Through-the-Cracks.pdf">lire le rapport (en)</a></div>
</div>



<h4 class="wp-block-heading">La police est « venue ramasser des corps » </h4>



<p>Dans un rapport publié en juin 2025, Amnesty International révélait que plus de 50 complexes d’escroquerie à travers le Cambodge étaient le théâtre d’esclavage généralisé, de traite d’êtres humains, de travail forcé et de torture, fonctionnant comme des établissements carcéraux contrôlés par des bandes criminelles organisées.</p>



<p>Le nouveau rapport de 150 pages publié lundi 8 juin identifie 33 centres d’escroquerie supplémentaires et inclut les témoignages de 73 autres survivant·e·s, originaires de 16 pays différents, qui ont été enfermés dans ces centres pendant la campagne de répression. Toutes ces personnes ont décrit les mêmes atteintes graves et systématiques aux droits humains que celles déjà relevées dans le précédent rapport d’Amnesty International.</p>



<p>À la suite de la publication de ce dernier, le Cambodge avait lancé en juillet 2025 sa plus grande campagne de répression contre les escroqueries, en promettant d’éradiquer les réseaux criminels responsables de la fraude à grande échelle ayant fait de nombreuses victimes à travers le monde. Plusieurs chefs de gang très en vue ont depuis été arrêtés et les autorités ont affirmé avoir fermé plus de 200 centres d’escroquerie.</p>



<p>Cependant, les conclusions d’Amnesty International jettent un sérieux doute sur l’impact de la répression. Sur un total de 86 centres identifiés par l’organisation, seulement 24 avaient vraisemblablement fait l’objet d’une intervention des autorités. Amnesty International a obtenu des informations faisant état de libérations et d’évasions massives dans sept autres centres.</p>



<p>Même dans les cas où des interventions ont eu lieu, l’organisation a constaté qu’elles avaient souvent été inefficaces, mises à mal par une collusion manifeste entre les gestionnaires de centres et la police, ou menées uniquement pour répondre à une forme de pression du public. Dans trois cas distincts, la police est intervenue dans des centres mais Amnesty International s’est entretenue avec des victimes ayant subi des atteintes aux droits humains sur place par la suite.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des victimes traitées comme des criminels</h4>



<p>Les survivant·e·s interrogés dans le rapport d’Amnesty International venaient de différentes régions du monde, notamment d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, ce qui souligne la nature transnationale de l’industrie de l’escroquerie. Une survivante, Winta, qui a été attirée à des fins de traite depuis l’Afrique de l’Est à l’âge de 16 ans après avoir reçu une offre d’emploi fictive pour travailler sur un navire de croisière, a raconté avoir été déplacée d’un centre à l’autre pendant la campagne de répression pour échapper à la police.</p>



<p>« Ils m’ont attachée à une chaise avec des menottes et m’ont laissée debout pendant deux jours. Ensuite, ils nous ont frappés puis nous ont mis dans la voiture », a-t-elle déclaré.</p>



<p>Elle a finalement été abandonnée en pleine nuit avec d’autres victimes. Quand des policiers sont arrivés, ils l’ont menacée de la ramener au centre d’escroquerie au lieu de lui proposer de l’aide, selon elle. N’ayant nulle part où aller, elle s’est tournée vers des habitant·e·s qui l’ont aidée à partir de cette zone. Son histoire illustre une situation récurrente dans laquelle les autorités n’ont pas mis fin aux activités d’escroquerie et ont en outre mis les survivant·e·s encore plus en danger.</p>



<p>Aucun des 73 survivant·e·s interrogés par Amnesty International n’avait été reconnu comme victime de traite des êtres humains, alors que l’organisation a conclu qu’ils répondaient tous à la définition internationale de la traite.</p>



<p>De nombreuses personnes qui avaient été relâchées ou s’étaient échappées de centres d’escroquerie ont dû dormir dans la rue ou ont été placées dans des lieux de détention surpeuplés des services de l’immigration. Dans certains cas, des policiers ont racketté et menacé des victimes de traite des êtres humains. Par ailleurs, les survivant·e·s n’ont pas bénéficié d’une assistance adaptée de leurs ambassades ou consulats.</p>



<h4 class="wp-block-heading">« Nous avons essayé de la réveiller, mais elle était déjà morte »</h4>



<p>Le rapport montre que la collusion entre la police et les gestionnaires des centres d’escroquerie a nui à l’efficacité de la répression. De nombreux survivant·e·s ont indiqué à Amnesty International que des policiers venaient régulièrement dans un centre à Prey Veng (PV01), notamment pour venir ramasser des corps et boire des cafés avec les gestionnaires, mais n’avaient procédé à aucune arrestation sur place pendant la campagne de répression.</p>



<p>Elise, une jeune femme originaire du Kenya, a raconté avoir été battue et avoir vu une femme mourir au centre PV01. « Nous avons essayé de la réveiller, mais elle était déjà morte [&#8230;]. La police est venue chercher le corps », a-t-elle déclaré, en ajoutant que ni elle, ni aucune autre personne enfermée dans le centre n’avait été libérée par les policiers.</p>



<p>Des témoignages laissent penser que des gestionnaires ont été informés d’interventions policières avant qu’elles n’aient lieu et ont pu fuir et s’installer ailleurs, ce qui indique une coordination ou une collusion.</p>



<p>« Ils ont dit que la police arrivait et nous ont fait monter dans un bus avant de nous conduire dans les montagnes », s’est souvenue une personne interrogée par Amnesty International.</p>



<p>Les témoignages recueillis par l’organisation comportent également plusieurs récits de violence sexuelle à l’intérieur des centres, dont ceux de six femmes ayant subi des viols et d’autres mauvais traitements. Cinq ont indiqué avoir été violées par des gestionnaires ou des chefs d’équipe – dont deux sont tombées enceintes – et une Brésilienne, Cecilia, a raconté qu’un gestionnaire avait invité un groupe d’escrocs ayant de bons résultats à la violer.</p>



<p>« C’était comme une récompense pour avoir bien travaillé. J’étais comme un “cadeau” », a-t-elle déclaré. Cecilia a montré de nombreuses ecchymoses sur son corps, causées selon elle par une batte de baseball utilisée par un gestionnaire qui avait découvert que son père avait contacté la police.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Manque de transparence</h4>



<p>Bien que les autorités cambodgiennes se soient vantées du succès de la campagne de répression, elles n’ont publié aucune information détaillée sur les lieux ayant fait l’objet d’enquêtes et aucune preuve des fermetures alléguées. Le gouvernement n’a pas répondu aux questions envoyées par Amnesty International à la suite de son enquête. Dans le même temps, des journalistes et des sauveteurs ont fait l’objet d’arrestations et d’actes d’intimidation, ce qui a nui encore davantage au contrôle indépendant de l’action des autorités.</p>



<p>« Le manque total de transparence du gouvernement cambodgien empêche de vérifier ses affirmations et met à mal la confiance dans l’ensemble de la démarche. On ne peut éviter de conclure que beaucoup de personnes aux commandes des centres où ont été commises le plus d’atteintes aux droits humains n’ont pas été traduites en justice, a déclaré Montse Ferrer.</p>



<p>« La répression a abouti à la libération massive de milliers de personnes réduites en esclavage, mais ce succès est miné par l’échec du gouvernement à traiter les victimes avec dignité. »</p>



<p>Une enquête menée par Amnesty International en avril a révélé qu’une douzaine de casinos liés à des complexes d’escroquerie avaient été approuvés par les autorités pendant la campagne de répression. Le nouveau rapport d’Amnesty International identifie quatre casinos supplémentaires ayant présenté des projets montrant qu’ils possédaient des bâtiments abritant des centres d’escroquerie.</p>



<p>« Si le gouvernement cambodgien veut vraiment mettre fin à l’esclavage et à la torture dans l’industrie de l’escroquerie, il doit enquêter sur tous les centres et les casinos liés, identifier et aider comme il se doit toutes les victimes de traite des êtres humains et d’autres graves atteintes aux droits humains, et traiter les manquements qui ont empêché cette répression de porter ses fruits, a déclaré Montse Ferrer.</p>



<p>« La communauté internationale peut également s’impliquer davantage. La pression d’autres dirigeant·e·s mondiaux a probablement été l’un des principaux déclencheurs du lancement de cette campagne de répression, mais nos conclusions montrent que le travail n’est pas complet du tout, que la pression doit être redoublée et qu’il faut plus de moyens financiers pour aider les victimes. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Amnesty International s’est entretenue avec 73 survivant·e·s de centres d’escroquerie originaires du Bangladesh, du Brésil, de Chine, de Colombie, de l’Équateur, d’Érythrée, d’Éthiopie, du Ghana, d’Indonésie, du Kenya, du Liberia, de Madagascar, du Maroc, du Niger, d’Ouganda et du Venezuela, entre juillet 2025 et avril 2026, pour rédiger ce rapport.</p>



<p>Selon le droit international, le Cambodge est tenu d’identifier les victimes de traite et de garantir leur sécurité. Il doit également leur fournir un hébergement, des soins et une aide juridique, et s’abstenir de les poursuivre pour des infractions commises dans le cadre de leur exploitation.</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/cambodge-des-elements-montrent-que-les-centres-descroquerie-ont-perdure-malgre-la-repression-mediatisee/">Cambodge. Des éléments montrent que les centres d’escroquerie ont perduré malgré la « répression » médiatisée</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>Grèce. Des méthodes de maintien de l’ordre violentes ont transformé les manifestations pacifiques en champs de bataille</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/grece-des-methodes-de-maintien-de-lordre-violentes-ont-transforme-les-manifestations-pacifiques-en-champs-de-bataille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jun 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=36485</guid>

					<description><![CDATA[<p>Grèce. Des méthodes de maintien de l’ordre violentes ont transformé les manifestations pacifiques en champs de bataille La police grecque a fréquemment recours à une force injustifiée ou excessive contre des manifestant·e·s pacifiques et des journalistes, qui entraîne de graves séquelles physiques et psychologiques, indique Amnesty International dans un rapport rendu public jeudi 4 juin [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/grece-des-methodes-de-maintien-de-lordre-violentes-ont-transforme-les-manifestations-pacifiques-en-champs-de-bataille/">Grèce. Des méthodes de maintien de l’ordre violentes ont transformé les manifestations pacifiques en champs de bataille</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
]]></description>
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<h2 class="wp-block-heading">Grèce. Des méthodes de maintien de l’ordre violentes ont transformé les manifestations pacifiques en champs de bataille</h2>



<p>La police grecque a fréquemment recours à une force injustifiée ou excessive contre des manifestant·e·s pacifiques et des journalistes, qui entraîne de graves séquelles physiques et psychologiques, indique Amnesty International dans un rapport rendu public jeudi 4 juin . L’organisation demande que l’utilisation de grenades incapacitantes dans les opérations de maintien de l’ordre lors de manifestations soit interdite à l’échelle mondiale.</p>



<p>Dans son nouveau rapport intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/06/eur2510122026eng.pdf"><strong><span style="text-decoration: underline;"><em>Protests are not battlefields: Patterns of unlawful use of force by police and impunity in Greece</em></span></strong>,</a> elle révèle que ces atteintes aux droits humains très préoccupantes sont sous-tendues par une législation relative aux manifestations qui n’est pas conforme aux normes internationales et régionales, ainsi que par une culture de l’impunité qui persiste pour les violations commises par les forces de l’ordre au cours de manifestations.</p>



<p>« Le droit à la liberté de réunion pacifique est bafoué de façon flagrante dans la loi et dans la pratique en Grèce, où des manifestant·e·s pacifiques sont détenus arbitrairement, criminalisés et soumis à un usage illégal de la force par la police, a déclaré Kondylia Gogou, chercheuse régionale pour l’Europe à Amnesty International.</p>



<p>« Les vidéos et témoignages que nous avons étudiés montrent un recours régulier et dangereux aux grenades incapacitantes et une utilisation abusive des matraques et d’autres armes à létalité réduite qui ont provoqué diverses blessures, dont les journalistes sont également victimes. Ces méthodes, associées à l’impunité généralisée pour les violations commises par des policiers, paralysent l’exercice du droit de manifester pacifiquement. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Recours illégal à la force et culture de l’impunité</h4>



<p>Ce rapport, qui s’appuie sur deux années de recherches et d’entretiens avec plus de 100 personnes (des manifestant·e·s, des journalistes et des avocat·e·s, notamment) ainsi que sur la vérification de nombreuses vidéos et l’analyse de multiples rassemblements de différents types, met au jour la persistance du recours injustifié ou excessif à la force par la police lors des manifestations.</p>



<p>Parmi les 67 personnes interrogées au sujet du recours illégal à la force lors des opérations de maintien de l’ordre au cours de manifestations, 30 ont indiqué que des policiers avaient lancé des grenades incapacitantes directement vers des manifestant·e·s pacifiques et des journalistes, au-dessus de leur tête ou à leurs pieds et/ou dans des foules denses.</p>



<p>Le photojournaliste Marios Lolos a subi une perte auditive et une blessure à la tête après avoir été touché par une grenade incapacitante lancée par un policier le 26 janvier 2025 alors qu’il couvrait une manifestation commémorant la catastrophe ferroviaire de Tempi. Il a décrit la scène à Amnesty International : « Je tenais mon appareil photo et il était évident que j’étais un journaliste. Je pense que le policier antiémeutes a jeté la grenade incapacitante sur moi volontairement […]. Elle a touché le côté gauche de ma tête et a explosé près de moi. Si elle avait explosé devant ma tête et non un court instant après, je ne serais pas en train de vous parler en ce moment. » Une vidéo vérifiée par Amnesty International corrobore le témoignage de Mario Lolos et semble montrer qu’il a été délibérément pris pour cible. En mai 2022, Giorgos Mavros, un étudiant, a eu un tympan percé, une perte auditive, une blessure à la tête ainsi que des plaies et des brûlures à la main, au bras et à l’épaule droits après que la police a utilisé des grenades incapacitantes lors d’une manifestation pacifique d’étudiant·e·s à Thessalonique. Il a déclaré : « J’avais l’impression d’avoir été frappé à l’aide d’une grande barre de fer. »</p>



<p>Sur des vidéos vérifiées, on voit des policiers utiliser illégalement des grenades incapacitantes à proximité d’un café où des personnes étaient assises en terrasse après la dispersion d’une manifestation en octobre 2025 à Athènes et des passant·e·s pris dans le chaos. Le rapport dénonce également une utilisation illégale des matraques, notamment par des policiers qui frappent des manifestant·e·s pacifiques, poursuivent des protestataires lors de « charges » et portent des coups à des personnes qui étaient déjà maîtrisées par la police. Amnesty International a par ailleurs relevé une série de cas d’utilisation abusive de substances chimiques irritantes et de canons à eau, un usage illégal de la force lors d’arrestations et/ou en détention et un recours illégal à la force par des unités de police motorisées.</p>



<p>La comédienne et metteuse en scène Anastasia Politi a raconté à Amnesty International que deux policiers sur une moto, dont l’un tenait une matraque, étaient passés en roulant à travers une foule qui participait à une manifestation de solidarité avec le peuple palestinien le 7 octobre 2025.</p>



<p>« J’ai réussi à me réfugier sur le trottoir juste à temps pour que la moto ne me renverse pas [&#8230;] mais je l’ai quand même sentie passer tout près derrière moi et j’ai reçu un coup très fort dans le dos », a-t-elle déclaré. Elle est alors « tombée par terre comme une pastèque », et cette chute a causé des ecchymoses, une fracture du bras, une côte cassée, des blessures légères au visage et des plaies au genou gauche et au menton.</p>



<p>Les victimes de recours illégal à la force par des policiers rencontrent souvent des difficultés pour obtenir justice. Des enquêtes disciplinaires défaillantes, des enquêtes pénales ne permettant pas d’identifier les auteurs des faits, certaines décisions de justice risquant de légitimer l’usage illégal de la force et l’absence de numéros d’identification portés par les policiers chargés de maintenir l’ordre public entravent la possibilité de faire respecter l’obligation de rendre des comptes. Parallèlement, le mécanisme de surveillance de la police grecque (EMIDIPA) n’est pas doté de moyens suffisants en termes de personnel et de ressources pour mener davantage d’enquêtes.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Des pouvoirs policiers étendus, des méthodes radicales et des lois restrictives</h4>



<p>L’utilisation des pouvoirs excessivement larges qui autorisent la police à interpeller des manifestant·e·s et à les emmener aux postes de police pour contrôler leur identité a empêché des personnes de participer à des manifestations, souvent sans qu’il existe de soupçons raisonnables d’acte répréhensible.</p>



<p>Des manifestant·e·s, des journalistes et des avocat·e·s qui ont parlé avec Amnesty International ont été soumis à une privation arbitraire de liberté et ont fait état de fouilles corporelles injustifiées et/ou dégradantes, d’un recours illégal à la force lors de leur interpellation et/ou arrestation et d’une privation d’assistance médicale. Ils ont également évoqué le non-respect de leur droit de prévenir quelqu’un à l’extérieur et déclaré que les policiers ne leur avaient rien donné à manger pendant leur détention.</p>



<p>Anny Paparoussou, une avocate qui fournissait une assistance juridique à des manifestant·e·s pacifiques, et Marina Meintani, une journaliste qui couvrait une manifestation, ont été privées de leur liberté par des policiers sous couvert d’un contrôle d’identité. Elles ont toutes deux souligné l’illégalité de leur interpellation, et Marina Meintani a parlé de son humiliation lorsqu’elle avait été soumise à une fouille corporelle partielle.</p>



<p>Le rapport met également en évidence la criminalisation des manifestant·e·s pacifiques, notamment des personnes poursuivies uniquement pour avoir participé à des manifestations ou à des actions de désobéissance civile. Amnesty International a dénoncé l’arrestation de deux de ses militant·e·s après la dispersion d’une manifestation à Athènes en 2022, lors de laquelle ils ont déclaré avoir subi un recours injustifié et excessif à la force par la police.</p>



<p>La législation grecque réglementant les manifestations n’est pas conforme au droit international et régional relatif aux droits humains, ni aux obligations de la Grèce découlant des traités auxquels ce pays est partie. Pourtant, les autorités grecques ont tenté de restreindre encore davantage le droit à la liberté de réunion pacifique, notamment en adoptant en 2025 des dispositions instaurant une interdiction totale de manifester dans certaines zones de la place Syntagma, à Athènes.</p>



<p>« Le fait de participer à des manifestations pacifiques ou de les couvrir journalistiquement ne doit pas supposer de se faire rouer de coups ou de risquer sa vie. Les autorités grecques doivent de toute urgence réformer la législation en matière de manifestations, mettre fin aux pratiques abusives de maintien de l’ordre, protéger les personnes qui exercent leurs droits et briser le cycle d’impunité qui permet à ces violations de continuer, a déclaré Kondylia Gogou.</p>



<p>« Elles doivent également mettre fin au schéma inquiétant de recours illégal à la force contre les manifestant·e·s et les journalistes par la police et interdire l’utilisation de grenades incapacitantes pour le maintien de l’ordre lors de rassemblements. Les équipements militaires n’ont pas leur place dans le maintien de l’ordre lors des manifestations, en Grèce comme partout dans le monde. »</p>



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<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Selon l’ONG Greek Helsinki Monitor, des enquêtes judiciaires ont été ouvertes sur 181 cas de violations des droits humains et d’autres infractions graves commises par des responsables de l’application des lois entre 2019 et novembre 2025, mais elles ont abouti à seulement sept condamnations. Sur les 60 dossiers concernant des allégations de torture aux mains de responsables de l’application des lois pendant la même période, seulement quatre ont donné lieu à un procès et un seul à une condamnation.</p>



<p>Amnesty International et ses partenaires de la société civile membres du Réseau sur le traité contre le commerce des instruments de torture appellent les gouvernements du monde entier à soutenir l’adoption d’un traité contre le commerce des instruments de torture aux Nations unies pour réglementer les ventes de matériel de maintien de l’ordre.</p>



<p>Amnesty International enquête et alerte sur les pratiques de maintien de l’ordre lors des manifestations en Grèce depuis de nombreuses années. L’organisation a notamment publié des rapports en 2012 et 2021 à ce sujet.</p>
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		<title>Soudan. Trois ans après le début du conflit, les parties belligérantes intensifient leur violente guerre contre les civil·e·s</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/soudan-trois-ans-apres-le-debut-du-conflit-les-parties-belligerantes-intensifient-leur-violente-guerre-contre-les-civil%c2%b7e%c2%b7s/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 07:02:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Soudan. Trois ans après le début du conflit, les parties belligérantes intensifient leur violente guerre contre les civil·e·s Le violent conflit qui oppose depuis trois ans les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces d’appui rapide (FAR) et leurs alliés respectifs au Soudan continue de s’intensifier et d’infliger des préjudices dévastateurs aux civil·e·s, a déclaré [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Soudan. Trois ans après le début du conflit, les parties belligérantes intensifient leur violente guerre contre les civil·e·s</h2>



<p>Le violent conflit qui oppose depuis trois ans les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces d’appui rapide (FAR) et leurs alliés respectifs au Soudan continue de s’intensifier et d’infliger des préjudices dévastateurs aux civil·e·s, a déclaré Amnesty International le 14 avril 2026, la veille de la date anniversaire du début de la guerre le 15 avril.</p>



<p>Chaque déplacement des lignes de front a laissé un sillage de mort et de destruction, caractérisé par des attaques directes et menées sans discernement contre les civil·e·s, des pillages et des destructions d’infrastructures civiles, des violences sexuelles généralisées, des restrictions de l’acheminement de l’aide humanitaire et des attaques de représailles.</p>



<p>« Les parties au conflit ont, à maintes reprises, pris pour cible délibérément et sans discernement des civil·e·s, notamment pendant et après leur prise de contrôle de villes dans tout le pays. Elles continuent de bloquer l’acheminement de l’aide humanitaire vers les personnes qui en ont désespérément besoin », a déclaré la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard.</p>



<p>« Les réponses minimales, timorées et insuffisantes de l’Union africaine, du Conseil de sécurité des Nations unies et d’autres acteurs internationaux et régionaux n’ont fait qu’encourager les responsables de ces attaques à les poursuivre. Le monde doit désormais donner de toute urgence la priorité à la protection des civil·e·s au Soudan. »</p>



<p>Amnesty International appelle par ailleurs la communauté internationale, y compris l’Union africaine, l’Union européenne et l’ONU, à mettre au rang de ses priorités l’obligation de rendre des comptes pour les crimes de droit international et les autres graves atteintes aux droits humains commis au Soudan. Le Conseil de sécurité des Nations unies doit élargir la saisine de la Cour pénale internationale, qui ne concerne actuellement que le conflit au Darfour, afin qu’elle puisse aussi engager des enquêtes et des poursuites sur les crimes commis dans le reste du Soudan.</p>



<p>La communauté internationale doit également augmenter les financements et faire pression sur les parties belligérantes pour qu’elles garantissent un accès humanitaire sans entrave, afin que la population civile, et notamment les victimes de violences sexuelles, puisse bénéficier de services de santé vitaux dans le pays.</p>



<p>« Le conflit au Soudan n’est pas oublié : il est délibérément ignoré et négligé. Derrière cette négligence, ce sont d’innombrables êtres humains qui sont victimes de souffrances indicibles alors que le monde détourne le regard. Il faut que cela cesse », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une guerre contre les civil·e·s</h4>



<p>Depuis que le conflit armé a éclaté, Amnesty International a recueilli des informations sur les attaques systémiques contre les civil·e·s menées tant par les FAR que par les FAS.</p>



<p>Parmi les atteintes aux droits humains commises contre les civil·e·s figurent des homicides volontaires et illégaux, des viols, des viols collectifs, de l’esclavage sexuel et d’autres formes de violences sexuelles, des actes de torture, des disparitions forcées et des pillages généralisés ; des actes qui constituent tous des crimes de guerre, voire, pour certains, des crimes contre l’humanité.</p>



<p>Pendant et après une attaque de grande ampleur menée en avril 2025 contre le camp de Zamzam, le plus grand camp pour personnes déplacées à l’intérieur du pays au Darfour septentrional, les FAR et leurs forces alliées ont délibérément tué des civil·e·s, pillé et détruit des biens de caractère civil et pris des personnes en otage. Des combattants des FAR ont également délibérément incendié des habitations et des commerces, endommagé des infrastructures civiles essentielles et provoqué ainsi le déplacement de plus de 400 000 personnes.</p>



<p>Amnesty International a également recueilli des informations sur les atrocités généralisées commises par les FAR à El Fasher après leur prise de contrôle de la ville en octobre, à l’issue d’un siège de 18 mois.</p>



<p>Les FAS ont mené des frappes aériennes contre des zones civiles, notamment contre un marché bondé dans la ville de Kabkabiya, au Darfour septentrional, tuant des dizaines de civil·e·s. Les FAS et leurs alliés ont également mené des attaques de représailles contre des civil·e·s et des défenseur·e·s des droits humains qualifiés de collaborateurs des FAR.</p>



<p>Des membres du réseau soudanais nommé salles d’intervention d’urgence, des militant·e·s, des journalistes, des professionnel·le·s de santé, des travailleurs·euses humanitaires, des défenseur·e·s des droits humains et des citoyen·ne·s ordinaires opposés à la guerre ou des personnes perçues comme favorables à des forces adverses ont été la cible d’agressions, de harcèlement, de détentions arbitraires et d’homicides. Les affrontements qui se poursuivent dans l’État du Kordofan du Nord entre les FAS et les FAR ont également de lourdes répercussions sur la population civile. La ville d’El Obeid, dans le Kordofan du Nord, est actuellement assiégée.</p>



<p>« La fenêtre d’action pour éviter que les événements d’El Fasher se reproduisent à El Obeid et dans d’autres parties de l’État du Kordofan se referme rapidement. Sans une pression diplomatique rapide et coordonnée sur les deux parties, les atrocités de masse commises à El Fasher se reproduiront inévitablement », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Depuis que le conflit a éclaté, les civil·e·s n’ont eu aucun répit et sont pris au piège d’un cycle sans fin de mort, de déplacement et de faim. »</p>



<p>Le conflit risque par ailleurs de s’étendre à d’autres zones, notamment à l’État du Nil Blanc.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Embargos sur les armes</h4>



<p>Amnesty International a déjà recueilli des informations montrant que des armes récemment fabriquées avaient été transférées au Soudan et dans ses environs, en violation flagrante de l’embargo sur les armes à destination de toutes les parties au conflit au Darfour. L’organisation a présenté des éléments de preuve attestant du soutien militaire apporté par les Émirats arabes unis aux FAR, en violation du droit international. Amnesty International a également révélé que des systèmes d’armement de fabrication française étaient utilisés sur le champ de bataille au Soudan, tout comme des armes provenant de Chine, de Russie et de Turquie.</p>



<p>Amnesty International appelle une nouvelle fois les autorités des Émirats arabes unis à mettre immédiatement un terme aux transferts d’armes aux FAR. Tant que les Émirats arabes unis continuent de transférer des armes aux FAR, les transferts d’armes internationaux vers le pays doivent également cesser.</p>



<p>Amnesty International appelle également le Conseil de sécurité de l’ONU à étendre l’embargo sur les armes en vigueur au Darfour au reste du Soudan.</p>



<p>« Tant que le flux et l’approvisionnement en armes à destination du Soudan ne sont pas interrompus, les civil·e·s continueront de souffrir sous les bombardements quotidiens. Il est temps que le Conseil de sécurité des Nations unies étende l’embargo sur les armes en vigueur au Darfour au reste du Soudan et amène tous les pays et entités l’ayant enfreint à rendre des comptes », a déclaré Agnès Callamard.</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/soudan-trois-ans-apres-le-debut-du-conflit-les-parties-belligerantes-intensifient-leur-violente-guerre-contre-les-civil%c2%b7e%c2%b7s/">Soudan. Trois ans après le début du conflit, les parties belligérantes intensifient leur violente guerre contre les civil·e·s</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>Malte. Sept années d’injustice : il faut abandonner les charges pesant sur les « Trois de l’El Hiblu »</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/malte-sept-annees-dinjustice-il-faut-abandonner-les-charges-pesant-sur-les-trois-de-lel-hiblu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Mar 2026 07:38:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=36027</guid>

					<description><![CDATA[<p>Malte. Sept années d’injustice : il faut abandonner les charges pesant sur les « Trois de l’El Hiblu » Ce samedi 28 mars marque le septième anniversaire de l&#8217;arrestation à Malte d&#8217;Amara Krumak, d&#8217;Abdalla Bari et de Kone Tiemoko Abdul Kader – alias les « Trois de l’El Hiblu » – pour s&#8217;être opposés à [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/malte-sept-annees-dinjustice-il-faut-abandonner-les-charges-pesant-sur-les-trois-de-lel-hiblu/">Malte. Sept années d’injustice : il faut abandonner les charges pesant sur les « Trois de l’El Hiblu »</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Malte. Sept années d’injustice : il faut abandonner les charges pesant sur les « Trois de l’El Hiblu »</h2>



<p>Ce samedi 28 mars marque le septième anniversaire de l&rsquo;arrestation à Malte d&rsquo;Amara Krumak, d&rsquo;Abdalla Bari et de Kone Tiemoko Abdul Kader – alias les « Trois de l’El Hiblu » – pour s&rsquo;être opposés à leur renvoi forcé vers la Libye, où ils risquaient d&rsquo;être victimes de persécutions, de tortures et de violations graves des droits humains. Pour cet acte de résistance, les autorités maltaises les ont inculpés d’« actes de terrorisme » et d’autres infractions.</p>



<p>« Il est inconcevable que les  » Trois de l’El Hiblu « , qui ont survécu à des violences en Libye, à un naufrage et à une tentative de renvoi illégal, risquent aujourd’hui la réclusion à perpétuité simplement pour avoir fait valoir leurs droits et tenté d’esquiver de nouvelles violences », a déclaré Dinushika Dissanayake, directrice régionale adjointe pour l’Europe à Amnesty International.</p>



<p>En mars 2019, les trois adolescents (alors âgés de 15, 16 et 19 ans) ont fui la Libye à bord d’un canot pneumatique surchargé, en compagnie de 108 personnes. Lorsque le canot a commencé à se dégonfler, ils ont été secourus par le cargo El Hiblu, sollicité par l’opération navale de l’Union européenne (UE) en Méditerranée pour porter secours à l’embarcation en détresse.</p>



<p>Après le sauvetage, le capitaine du navire a tenté de ramener les personnes à bord en Libye, ce qui aurait constitué une violation du droit international, qui exige que les personnes secourues soient conduites en lieu sûr. Lorsque les passagers ont compris ce qui se passait, ils ont cédé à la panique. Ils ont supplié le capitaine de l’El Hiblu, certains affirmant qu’ils préféraient mourir plutôt que retourner en Libye ; le navire a alors fait demi-tour et mis le cap sur Malte.</p>



<p>À l’arrivée, les autorités maltaises ont affirmé que les trois jeunes avaient pris le contrôle du navire par la force. Ils ont été inculpés de crimes graves passibles de la réclusion à perpétuité en vertu de la législation maltaise relative au terrorisme, et sont encore enlisés dans des procédures judiciaires qui n’auraient jamais dû être engagées.</p>



<p>« La Libye n’est pas un pays sûr. En s’opposant à leur renvoi, ils ont contribué à empêcher une grave violation du droit international qui aurait très probablement entraîné d’atroces souffrances pour eux-mêmes et beaucoup d’autres. Nul ne doit être sanctionné pour avoir sollicité une protection. Amnesty International exprime sa solidarité avec Amara, Abdalla et Kone, qui endurent depuis sept ans une terrible injustice. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une longue liste de manquements</h4>



<p>Au cours des sept dernières années, les autorités maltaises ont constamment manqué à leurs obligations envers ces trois jeunes hommes, dont deux étaient encore mineurs lorsqu’ils ont été arrêtés. Elles n’ont pas pris en compte leur intérêt supérieur en tant que mineurs, les ont placés en détention dans une prison pour adultes de haute sécurité et les ont soumis à une procédure judiciaire applicable aux adultes.</p>



<p>Par ailleurs, Amnesty International déplore les problèmes de procédure et les lacunes de l&rsquo;enquête qui ont compromis l&rsquo;équité du procès : par exemple, des témoins clés n&rsquo;ont jamais été convoqués, notamment des passagers qui avaient été secourus. Malgré l&rsquo;absence de preuves de violences, les autorités ont maintenu des accusations liées au terrorisme qui sont sans fondement.</p>



<p>« Malte a engrangé toute une série de manquements dans la gestion de cette affaire. Ces jeunes hommes n’ont pas bénéficié d’un procès équitable et ont été traités comme des adultes, passant sept années de leur jeunesse dans un trou noir juridique – au lieu de consacrer ce temps à leurs études, à leur travail et, tout simplement, à grandir sans menaces de poursuites judiciaires », a déclaré Dinushika Dissanayake.</p>



<p>Kone Tiemoko Abdul Kader est actuellement détenu dans un centre pour migrants au Royaume-Uni et risque d&rsquo;être extradé vers Malte. Amnesty International s&rsquo;oppose à son extradition, car il serait alors renvoyé vers des procédures qui n&rsquo;auraient jamais dû être intentées.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une injustice de plus en plus admise</h4>



<p>Amnesty International salue les récentes déclarations de quatre expert·e·s indépendants des Nations unies qui, en janvier, ont vivement critiqué la manière dont Malte a géré cette affaire et ont demandé l’abandon des poursuites. Ils ont notamment fait part de leur inquiétude quant aux accusations de « terrorisme », qui « ne semblent pas reposer sur des actes criminels violents ou coercitifs », ainsi qu&rsquo;à la violation du droit à un procès équitable et au non-respect des droits de l&rsquo;enfant.</p>



<p>Ces experts ont également rappelé que l&rsquo;opération navale de l&rsquo;UE en Méditerranée avait donné l’ordre au navire El Hiblu, au nom des garde-côtes libyens, de ramener les personnes secourues en Libye, ordonnant ainsi un renvoi forcé illégal (pushback). Ce qui fait écho à la coopération persistante de l&rsquo;UE avec la Libye, où les droits des réfugié·e·s et des migrant·e·s sont bafoués de manière systématique et généralisée en toute impunité. Les informations selon lesquelles l&rsquo;Union européenne chercherait à étendre sa coopération en matière de migration et de contrôle des frontières avec les Forces armées arabes libyennes (FAAL), groupe armé qui fait autorité de facto dans l&rsquo;est et le sud de la Libye, sont très préoccupantes, compte tenu des antécédents des FAAL en matière de crimes de guerre et de violations du droit international.</p>



<p>« Comme l’a dit Amnesty International dès le début, cette affaire illustre parfaitement ce qui pose problème dans la politique migratoire de l’UE en Méditerranée centrale. Il est de plus en plus largement admis que ces accusations sont injustifiées et profondément iniques.</p>



<p>« Criminaliser des personnes pour avoir sollicité une protection ne fait que prolonger leur souffrance et aggraver leur traumatisme. Au bout de sept ans, ces jeunes hommes ont suffisamment subi. Malte doit abandonner les poursuites et classer l’affaire sans suite », a déclaré Dinushika Dissanayake.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Le 22 janvier 2025, la Cour d’appel de La Valette a estimé que Malte était compétente pour juger l’affaire, qui doit donc continuer d’être entendue par le tribunal correctionnel de Malte. Les audiences préliminaires sont en cours.</p>
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		<title>Israël /TPO. Abandon des poursuites contre des soldats accusés d’atteintes aux droits humains dans une prison militaire israélienne : une décision scandaleuse</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/israel-tpo-abandon-des-poursuites-contre-des-soldats-accuses-datteintes-aux-droits-humains-dans-une-prison-militaire-israelienne-une-decision-scandaleuse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 07:57:57 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Israël /TPO. Abandon des poursuites contre des soldats accusés d’atteintes aux droits humains dans une prison militaire israélienne : une décision scandaleuse En réaction à la décision du procureur général militaire israélien d&#8217;abandonner les poursuites contre cinq soldats israéliens accusés d&#8217;avoir bafoué les droits humains et agressé sexuellement des détenus palestinienss à la prison militaire [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Israël /TPO. Abandon des poursuites contre des soldats accusés d’atteintes aux droits humains dans une prison militaire israélienne : une décision scandaleuse</h2>



<p>En réaction à la décision du procureur général militaire israélien d&rsquo;abandonner les poursuites contre cinq soldats israéliens accusés d&rsquo;avoir bafoué les droits humains et agressé sexuellement des détenus palestinienss à la prison militaire de Sde Teiman, Erika Guevara Rosas, directrice générale chargée de la recherche, du plaidoyer et de la politique à Amnesty International, a déclaré :</p>



<p>« Cette décision marque un nouveau chapitre honteux dans la longue histoire du système judiciaire israélien s’agissant d’accorder l&rsquo;impunité aux auteurs de crimes graves contre des Palestinien·ne·s. Cette décision, et l&rsquo;accueil favorable que lui a réservé le Premier ministre Benjamin Netanyahou, illustrent “ la réticence ou l&rsquo;incapacité ” du système israélien à engager des poursuites pour les crimes relevant du droit international, et soulignent la nécessité de faire appel à la justice internationale, dernier recours des Palestinien·ne·s. »</p>



<p>Depuis le début du génocide perpétré par Israël contre les Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza occupée, et malgré des preuves accablantes de tortures et de violations généralisées, dont des violences sexuelles, commis à l’encontre des Palestinien·ne·s dans les centres de détention israéliens, un seul soldat israélien a jusqu’à présent été condamné pour avoir torturé un détenu palestinien. On sait qu&rsquo;au moins 98 Palestiniens sont décédés pendant leur détention par Israël depuis octobre 2023, et aucune enquête indépendante, transparente et impartiale n’a été menée sur l&rsquo;un de ces cas, tandis que les observateurs indépendants, notamment le CICR, n’ont toujours pas le droit de rendre visite aux détenus palestiniens.</p>



<p>« Alors que les tensions régionales montent d’un cran, le monde ne saurait détourner le regard pendant que les Palestinien·ne·s sont privés de tout semblant de justice. Les États parties au Statut de Rome doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour appuyer l&rsquo;enquête de la CPI sur les crimes commis en Palestine et en Israël. »</p>



<p>Selon l&rsquo;ONG israélienne HaMoked, 9 446 Palestinien·ne·s sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes. Amnesty International a déjà rapporté que des Palestiniens et Palestiniennes détenus à Sde Teiman ont été gardés au secret et soumis à la torture et à d&rsquo;autres mauvais traitements.</p>
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		<title>Éthiopie. Les autorités doivent enquêter sur les violences sexuelles, exécutions sommaires et actes de torture perpétrés par des combattants de l’Armée de libération oromo</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/ethiopie-les-autorites-doivent-enqueter-sur-les-violences-sexuelles-executions-sommaires-et-actes-de-torture-perpetres-par-des-combattants-de-larmee-de-liberation-oromo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 16:52:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualite]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Éthiopie. Les autorités doivent enquêter sur les violences sexuelles, exécutions sommaires et actes de torture perpétrés par des combattants de l’Armée de libération oromo Avertissement : ce communiqué de presse contient des descriptions de violences sexuelles et d’actes de torture. Des membres de l’Armée de libération oromo, en Éthiopie, ont soumis des femmes et des [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Éthiopie. Les autorités doivent enquêter sur les violences sexuelles, exécutions sommaires et actes de torture perpétrés par des combattants de l’Armée de libération oromo</h2>



<p><strong><mark style="background-color:#000" class="has-inline-color has-white-color">Avertissement : ce communiqué de presse contient des descriptions de violences sexuelles et d’actes de torture.</mark></strong></p>



<p>Des membres de l’Armée de libération oromo, en Éthiopie, ont soumis des femmes et des filles à des violences sexuelles, se rendant coupables de viols, de viols en réunion, d’esclavage sexuel, d’exécutions sommaires et de destructions de biens civils, agissements susceptibles de constituer des crimes de guerre, dans le contexte du conflit ayant commencé dans la région Oromia en 2019, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse rendue publique vendredi 6 mars.</p>



<p>Ce document, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/03/No-One-Came-to-My-Rescue_Formatted_FINAL_.pdf"><strong><em>No one came to my rescue: Gang rape, sexual slavery and mass displacement of women in Oromia, Ethiopia</em></strong></a>, fait état des atrocités commises contre des civil·e·s, en particulier des femmes et des filles, par le groupe armé de l’Armée de libération oromo dans les districts de Sayo et Anfillo de la zone de Kellem Wallaga, entre 2020 et 2024. « Cela fait sept ans que dans un climat de secret permis par le blocage des communications et des médias, des combattants causent d’immenses souffrances aux civil·e·s dans l’Oromia. Non seulement ces violations répétées sont épouvantables, mais il est en outre possible qu’elles constituent des crimes de guerre », a déclaré Tigere Chagutah, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnesty International. « Les organismes de suivi des droits humains, à l’échelle internationale et africaine, continuent à détourner le regard. Ils doivent demander que les autorités éthiopiennes diligentent immédiatement des enquêtes impartiales et rigoureuses sur ces atrocités, dans le but d’amener tous les responsables à rendre des comptes, et de fournir aux victimes une possibilité d’obtenir justice et réparations. »</p>



<p>« L’Armée de libération oromo doit immédiatement adresser à tous ses combattants l’ordre de respecter le droit international humanitaire et le droit international relatif aux droits humains. Elle doit aussi désarmer et démobiliser les combattants et/ou unités s’étant rendus coupables de violences sexuelles, d’autres formes de torture, d’homicides, de déplacements forcés et d’autres crimes au regard du droit international. »</p>



<p>Des affrontements opposant l’Armée de libération oromo (OLA) &#8211; l’ancienne aile militaire du Front de libération oromo (FLO) -, les Forces de défense nationale éthiopiennes (ENDF) et les forces régionales de sécurité de l’Oromia alliées, ont éclaté en 2019, et ce conflit continue à avoir de très lourdes répercussions sur la population civile.</p>



<p>Pour cette synthèse, Amnesty International a recueilli les propos de 10 victimes de viols en réunion, dont sept étaient mineures au moment des agressions. L’organisation a également reçu les témoignages de prestataires de santé, et ont examiné les dossiers médicaux des victimes.</p>



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</div>



<h4 class="wp-block-heading">« Ils nous violaient tous les jours, deux fois par jour »</h4>



<p>Sur les 10 victimes ayant parlé à Amnesty International, cinq ont également connu l’esclavage sexuel. Neuf ont été agressées par des combattants de l’Armée de libération oromo (OLA), tandis qu’une a subi des violences de la part de soldats des Forces de défense nationale éthiopiennes et de membres de l&rsquo;OLA.</p>



<p>Deux des victimes sont tombées enceintes des suites de ces viols.</p>



<p>Ces femmes ont décrit avec de nombreux détails déchirants des agressions brutales ayant duré des jours, voire des semaines.</p>



<p>Lalistu* et sa fille Sebontu*, alors âgée de 12 ans, ont été retenues captives pendant trois semaines dans une grotte avec les mains attachées à un arbre, et ont été violées par plusieurs membres de l’OLA.</p>



<p>« Ils nous violaient tous les jours, deux fois par jour. Vers 11 heures et 18 heures. Je commençais à avoir peur quand ces moments approchaient chaque jour. Ils me disaient : « Tu vas mourir. Tu ne rentreras jamais chez toi » », a déclaré Sebontu*, maintenant âgée de 17 ans.</p>



<p>« Pendant trois semaines, 15 hommes m’ont violée et ont violé mon enfant. Ils le faisaient à tour de rôle », a déclaré Lalistu à Amnesty International.</p>



<p>Une autre victime, Anisa*, qui était enceinte au moment de l’entretien (des suites de ces violences sexuelles), a en outre été réduite en esclavage sexuel par des combattants de l’OLA fin 2024. Elle a déclaré à Amnesty International que les combattants venaient régulièrement la chercher chez elle et l’amenaient dans la brousse, où ils lui faisaient subir des viols en réunion. C’est seulement après qu’elle a eu des problèmes de santé que les combattants ont cessé ces violations.</p>



<p>Plusieurs victimes ont déclaré à Amnesty International que des combattants de l’OLA les avaient violées à titre de représailles, car leur mari, frère ou père travaillait au sein des forces gouvernementales. Elles ont également dit à Amnesty qu’elles ont été forcées à quitter leur domicile après ces violences sexuelles ; lorsque certaines ont refusé de partir, leur maison a été incendiée.</p>



<p>Deux victimes ont déclaré que des combattants ont aussi tué des hommes de leur famille, notamment le mari de Lalistu, exécuté pour avoir essayé de la protéger, ainsi que leur fille de 12 ans.</p>



<p>« Ils lui ont tiré dessus [et l’ont abattu] lorsque nous avons atteint la forêt. Je ne me suis même pas retournée pour le regarder après qu’ils l’ont tué », a déclaré Lalistu*.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Réduites au silence</h4>



<p>Ces 10 victimes et l’enfant d’une personne rescapée, qui a subi des passages à tabac, ont dit continuer à souffrir des traumatismes physiques causés par les violences qui leur ont été infligées. Ces personnes redoutaient cependant de solliciter une aide médicale, par exemple pour une interruption de grossesse et un dépistage d’infections sexuellement transmissibles, par crainte de représailles de la part des combattants de l’OLA et des autorités, et de la réprobation sociale associée aux violences sexuelles.</p>



<p>Les victimes ont réclamé que ces violations prennent fin, que justice soit rendue et que l’obligation de rendre des comptes soit respectée. L’une d’elles a déclaré : « S’il est possible de les retrouver, j’espère que justice sera faite, afin que ce qui nous est arrivé, à moi et à d’autres, puisse cesser. »</p>



<p>Du fait des restrictions imposées par les gouvernements au niveau fédéral et régional en Éthiopie, il est presque impossible pour des acteurs nationaux ou internationaux de déterminer l’étendue véritable des violations commises contre les civil·e·s depuis que le conflit a éclaté en Oromia.</p>



<p>« Ces actes lâches ont été en partie permis par un blocage des communications, qui a dissimulé au reste du monde les atrocités persistantes commises contre les civil·e·s. Ce n’est pas la première fois que les autorités éthiopiennes recourent à la censure en temps de crise. Il est probable que le tableau complet de la situation soit encore plus affligeant », a déclaré Tigere Chagutah.</p>



<p>« Les atrocités recensées par Amnesty International en Oromia ont été perpétrées dans un climat d’impunité, sans susciter la moindre réaction si ce n’est le silence des partenaires et voisins de l’Éthiopie. Cette synthèse devrait alerter sur le fait que le silence ne mène à rien d’autre que la souffrance des civil·e·s. Le cycle des violences contre les civil·e·s, en particulier les femmes et les filles, doit cesser. »</p>



<p class="has-text-align-right"><em>*Les noms ont été modifiés pour protéger l’identité des victimes.</em></p>
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		<title>Afghanistan. De nouvelles règles pénales prennent les femmes et les minorités pour cible et prévoient des sanctions toujours plus lourdes</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/afghanistan-de-nouvelles-regles-penales-prennent-les-femmes-et-les-minorites-pour-cible-et-prevoient-des-sanctions-toujours-plus-lourdes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 16:28:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Afghanistan. De nouvelles règles pénales prennent les femmes et les minorités pour cible et prévoient des sanctions toujours plus lourdes La nouvelle réglementation pénale récemment promulguée par le chef des talibans consacrera encore davantage les violences et les discriminations contre les femmes, écrit Amnesty International dans une nouvelle analyse juridique faisant état de l’impact rétrograde [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Afghanistan. De nouvelles règles pénales prennent les femmes et les minorités pour cible et prévoient des sanctions toujours plus lourdes</h2>



<p>La nouvelle réglementation pénale récemment promulguée par le chef des talibans consacrera encore davantage les violences et les discriminations contre les femmes, écrit Amnesty International dans une nouvelle analyse juridique faisant état de l’impact rétrograde et de grande ampleur de ces règles sur le terrain des droits humains.</p>



<p>La « Réglementation de procédure pénale des tribunaux », qui dresse la liste des sanctions et des peines pour un ensemble d’infractions définies en termes vagues et d’une trop grande portée, criminalisent les violences domestiques uniquement dans les cas où une femme présente une fracture ou des blessures visibles. Ce décret prévoit aussi une condamnation à trois mois de prison pour toute femme rendant régulièrement visite à des membres de sa famille sans la permission de son mari et refusant d’obéir à une décision de justice lui ordonnant de rentrer chez elle.</p>



<p>Cette réglementation prévoit par ailleurs de lourds châtiments pour non-respect de la religion, ainsi que des sanctions plus graves pour les personnes de statut social inférieur, et reconnaît l’esclavage. D’autres dispositions autorisent la destruction de biens privés comme forme de châtiment, entérinent la torture et d’autres formes de mauvais traitements par le biais de châtiments corporels, et permettent l’application de la peine de mort pour un nombre accru d’infractions.</p>



<p>« La réglementation rend un système de justice déjà répressif encore plus draconien. Les femmes et les filles sont bien entendu parmi les plus affectées, le nouvel ensemble de règles normalisant la violence domestique et restreignant encore davantage leur capacité à se déplacer et leur autonomie », a déclaré Smriti Singh, directrice régionale pour l’Asie du Sud.</p>



<p>« Des dispositions relatives à des pratiques religieuses strictes et au renforcement des sanctions en fonction de la classe sociale consacreront les discriminations et prendront pour cible les personnes les plus marginalisées et désavantagées sur le plan économique. »</p>



<p>« Nous demandons aux talibans d’abroger ou de réviser immédiatement cette réglementation répressive, et de la mettre en conformité avec les normes internationales relatives aux droits humains. Nous encourageons aussi la communauté internationale à condamner sans équivoque cette réglementation, et à faire pression sur les talibans afin de les inciter à mettre fin à leurs violations persistantes, systématiques et étendues des droits humains.</p>



<p>L’analyse met l’accent sur certaines des principales dispositions draconiennes de la réglementation et les problèmes qu’elles posent, ainsi que sur la manière dont elles affecteront les droits humains dans au moins sept domaines. Ces domaines, et certains des problèmes centraux examinés, sont répertoriés ci-après :</p>



<p><strong>Droits des femmes</strong> : La suppression, par le biais des changements décrits ci-dessus, de mécanismes de sécurité essentiels pour les victimes de violations des droits humains.</p>



<p><strong>Liberté de religion, de conviction, de pensée et d’expression </strong>: L’impact sur les minorités religieuses de l’imposition de nouvelles sanctions lourdes contre les pratiques s’écartant des préceptes de l’école hanafite de l’islam sunnite, à laquelle les talibans affirment adhérer, et le fait de qualifier d’hérétiques les convictions contraires à la branche sunnite de l’islam.</p>



<p>T<strong>orture et autres mauvais traitements :</strong> La manière dont des dispositions de la réglementation prévoient l’application de la torture et d’autres formes de mauvais traitements, au moyen de la flagellation, pour un large éventail d’infractions.</p>



<p><strong>Peine de mort </strong>: L’application de la peine de mort pour de nombreuses infractions, parmi lesquelles la « pratique habituelle de la sodomie », sur la base d’un jugement prononcé de manière discrétionnaire par un imam, dans l’« intérêt du public ».</p>



<p><strong>Normes internationales d’équité des procès </strong>: Comment les définitions vagues de certaines infractions permettent aux autorités et aux juges talibans de les interpréter et de les appliquer de manière arbitraire, ce qui affaiblira le processus judiciaire.</p>



<p><strong>Égalité devant la loi : </strong>Répartition des accusés dans quatre catégories déterminant la sévérité des sanctions, en fonction de leur position sociale.</p>



<p><strong>Esclavage </strong>: La formulation de plusieurs dispositions semble reconnaître que certaines personnes sont la propriété d’autres, tandis que l’esclavage est explicitement reconnu.</p>


<section id="section-9945da54" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack" style=""><div class="container">

<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Le 5 janvier, le chef des talibans a promulgué cette réglementation et a ordonné sa publication au Journal Officiel, dans lequel paraissent lois et autres textes législatifs, ce qui garantit la possibilité pour le public d’en avoir connaissance et de les consulter. Le 8 janvier, le secrétariat de la Cour suprême des talibans (Dar al Insha) a transmis la réglementation aux membres de la Cour suprême, aux directions nationales et aux tribunaux, pour application. Si le texte n’a pas encore paru au Journal officiel, les talibans ont déclaré le 23 janvier que cela aurait lieu sous peu. Amnesty International a contacté les autorités talibanes de facto le 19 février, afin d’obtenir un exemplaire officiel de la réglementation et des documents susceptibles de l’accompagner, dans le but de les analyser et de déterminer si elle a déjà été mise en œuvre, mais l’organisation n’a reçu aucune réponse.</p>



<p>Le 15 février, un média a signalé que l’entrée en vigueur des nouvelles règles avait mené à l’inculpation d’une personne dans la province de Baghdis pour outrage au chef des talibans.</p>

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