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	<title>Torture Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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	<title>Torture Archives | Amnesty International Luxembourg</title>
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		<title>Soudan. Trois ans après le début du conflit, les parties belligérantes intensifient leur violente guerre contre les civil·e·s</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 07:02:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Soudan. Trois ans après le début du conflit, les parties belligérantes intensifient leur violente guerre contre les civil·e·s Le violent conflit qui oppose depuis trois ans les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces d’appui rapide (FAR) et leurs alliés respectifs au Soudan continue de s’intensifier et d’infliger des préjudices dévastateurs aux civil·e·s, a déclaré [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Soudan. Trois ans après le début du conflit, les parties belligérantes intensifient leur violente guerre contre les civil·e·s</h2>



<p>Le violent conflit qui oppose depuis trois ans les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces d’appui rapide (FAR) et leurs alliés respectifs au Soudan continue de s’intensifier et d’infliger des préjudices dévastateurs aux civil·e·s, a déclaré Amnesty International le 14 avril 2026, la veille de la date anniversaire du début de la guerre le 15 avril.</p>



<p>Chaque déplacement des lignes de front a laissé un sillage de mort et de destruction, caractérisé par des attaques directes et menées sans discernement contre les civil·e·s, des pillages et des destructions d’infrastructures civiles, des violences sexuelles généralisées, des restrictions de l’acheminement de l’aide humanitaire et des attaques de représailles.</p>



<p>« Les parties au conflit ont, à maintes reprises, pris pour cible délibérément et sans discernement des civil·e·s, notamment pendant et après leur prise de contrôle de villes dans tout le pays. Elles continuent de bloquer l’acheminement de l’aide humanitaire vers les personnes qui en ont désespérément besoin », a déclaré la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard.</p>



<p>« Les réponses minimales, timorées et insuffisantes de l’Union africaine, du Conseil de sécurité des Nations unies et d’autres acteurs internationaux et régionaux n’ont fait qu’encourager les responsables de ces attaques à les poursuivre. Le monde doit désormais donner de toute urgence la priorité à la protection des civil·e·s au Soudan. »</p>



<p>Amnesty International appelle par ailleurs la communauté internationale, y compris l’Union africaine, l’Union européenne et l’ONU, à mettre au rang de ses priorités l’obligation de rendre des comptes pour les crimes de droit international et les autres graves atteintes aux droits humains commis au Soudan. Le Conseil de sécurité des Nations unies doit élargir la saisine de la Cour pénale internationale, qui ne concerne actuellement que le conflit au Darfour, afin qu’elle puisse aussi engager des enquêtes et des poursuites sur les crimes commis dans le reste du Soudan.</p>



<p>La communauté internationale doit également augmenter les financements et faire pression sur les parties belligérantes pour qu’elles garantissent un accès humanitaire sans entrave, afin que la population civile, et notamment les victimes de violences sexuelles, puisse bénéficier de services de santé vitaux dans le pays.</p>



<p>« Le conflit au Soudan n’est pas oublié : il est délibérément ignoré et négligé. Derrière cette négligence, ce sont d’innombrables êtres humains qui sont victimes de souffrances indicibles alors que le monde détourne le regard. Il faut que cela cesse », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une guerre contre les civil·e·s</h4>



<p>Depuis que le conflit armé a éclaté, Amnesty International a recueilli des informations sur les attaques systémiques contre les civil·e·s menées tant par les FAR que par les FAS.</p>



<p>Parmi les atteintes aux droits humains commises contre les civil·e·s figurent des homicides volontaires et illégaux, des viols, des viols collectifs, de l’esclavage sexuel et d’autres formes de violences sexuelles, des actes de torture, des disparitions forcées et des pillages généralisés ; des actes qui constituent tous des crimes de guerre, voire, pour certains, des crimes contre l’humanité.</p>



<p>Pendant et après une attaque de grande ampleur menée en avril 2025 contre le camp de Zamzam, le plus grand camp pour personnes déplacées à l’intérieur du pays au Darfour septentrional, les FAR et leurs forces alliées ont délibérément tué des civil·e·s, pillé et détruit des biens de caractère civil et pris des personnes en otage. Des combattants des FAR ont également délibérément incendié des habitations et des commerces, endommagé des infrastructures civiles essentielles et provoqué ainsi le déplacement de plus de 400 000 personnes.</p>



<p>Amnesty International a également recueilli des informations sur les atrocités généralisées commises par les FAR à El Fasher après leur prise de contrôle de la ville en octobre, à l’issue d’un siège de 18 mois.</p>



<p>Les FAS ont mené des frappes aériennes contre des zones civiles, notamment contre un marché bondé dans la ville de Kabkabiya, au Darfour septentrional, tuant des dizaines de civil·e·s. Les FAS et leurs alliés ont également mené des attaques de représailles contre des civil·e·s et des défenseur·e·s des droits humains qualifiés de collaborateurs des FAR.</p>



<p>Des membres du réseau soudanais nommé salles d’intervention d’urgence, des militant·e·s, des journalistes, des professionnel·le·s de santé, des travailleurs·euses humanitaires, des défenseur·e·s des droits humains et des citoyen·ne·s ordinaires opposés à la guerre ou des personnes perçues comme favorables à des forces adverses ont été la cible d’agressions, de harcèlement, de détentions arbitraires et d’homicides. Les affrontements qui se poursuivent dans l’État du Kordofan du Nord entre les FAS et les FAR ont également de lourdes répercussions sur la population civile. La ville d’El Obeid, dans le Kordofan du Nord, est actuellement assiégée.</p>



<p>« La fenêtre d’action pour éviter que les événements d’El Fasher se reproduisent à El Obeid et dans d’autres parties de l’État du Kordofan se referme rapidement. Sans une pression diplomatique rapide et coordonnée sur les deux parties, les atrocités de masse commises à El Fasher se reproduiront inévitablement », a déclaré Agnès Callamard.</p>



<p>« Depuis que le conflit a éclaté, les civil·e·s n’ont eu aucun répit et sont pris au piège d’un cycle sans fin de mort, de déplacement et de faim. »</p>



<p>Le conflit risque par ailleurs de s’étendre à d’autres zones, notamment à l’État du Nil Blanc.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Embargos sur les armes</h4>



<p>Amnesty International a déjà recueilli des informations montrant que des armes récemment fabriquées avaient été transférées au Soudan et dans ses environs, en violation flagrante de l’embargo sur les armes à destination de toutes les parties au conflit au Darfour. L’organisation a présenté des éléments de preuve attestant du soutien militaire apporté par les Émirats arabes unis aux FAR, en violation du droit international. Amnesty International a également révélé que des systèmes d’armement de fabrication française étaient utilisés sur le champ de bataille au Soudan, tout comme des armes provenant de Chine, de Russie et de Turquie.</p>



<p>Amnesty International appelle une nouvelle fois les autorités des Émirats arabes unis à mettre immédiatement un terme aux transferts d’armes aux FAR. Tant que les Émirats arabes unis continuent de transférer des armes aux FAR, les transferts d’armes internationaux vers le pays doivent également cesser.</p>



<p>Amnesty International appelle également le Conseil de sécurité de l’ONU à étendre l’embargo sur les armes en vigueur au Darfour au reste du Soudan.</p>



<p>« Tant que le flux et l’approvisionnement en armes à destination du Soudan ne sont pas interrompus, les civil·e·s continueront de souffrir sous les bombardements quotidiens. Il est temps que le Conseil de sécurité des Nations unies étende l’embargo sur les armes en vigueur au Darfour au reste du Soudan et amène tous les pays et entités l’ayant enfreint à rendre des comptes », a déclaré Agnès Callamard.</p>
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		<title>Malte. Sept années d’injustice : il faut abandonner les charges pesant sur les « Trois de l’El Hiblu »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Mar 2026 07:38:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
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		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Migrant·e·s et réfugié·e·s]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Malte. Sept années d’injustice : il faut abandonner les charges pesant sur les « Trois de l’El Hiblu » Ce samedi 28 mars marque le septième anniversaire de l&#8217;arrestation à Malte d&#8217;Amara Krumak, d&#8217;Abdalla Bari et de Kone Tiemoko Abdul Kader – alias les « Trois de l’El Hiblu » – pour s&#8217;être opposés à [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Malte. Sept années d’injustice : il faut abandonner les charges pesant sur les « Trois de l’El Hiblu »</h2>



<p>Ce samedi 28 mars marque le septième anniversaire de l&rsquo;arrestation à Malte d&rsquo;Amara Krumak, d&rsquo;Abdalla Bari et de Kone Tiemoko Abdul Kader – alias les « Trois de l’El Hiblu » – pour s&rsquo;être opposés à leur renvoi forcé vers la Libye, où ils risquaient d&rsquo;être victimes de persécutions, de tortures et de violations graves des droits humains. Pour cet acte de résistance, les autorités maltaises les ont inculpés d’« actes de terrorisme » et d’autres infractions.</p>



<p>« Il est inconcevable que les  » Trois de l’El Hiblu « , qui ont survécu à des violences en Libye, à un naufrage et à une tentative de renvoi illégal, risquent aujourd’hui la réclusion à perpétuité simplement pour avoir fait valoir leurs droits et tenté d’esquiver de nouvelles violences », a déclaré Dinushika Dissanayake, directrice régionale adjointe pour l’Europe à Amnesty International.</p>



<p>En mars 2019, les trois adolescents (alors âgés de 15, 16 et 19 ans) ont fui la Libye à bord d’un canot pneumatique surchargé, en compagnie de 108 personnes. Lorsque le canot a commencé à se dégonfler, ils ont été secourus par le cargo El Hiblu, sollicité par l’opération navale de l’Union européenne (UE) en Méditerranée pour porter secours à l’embarcation en détresse.</p>



<p>Après le sauvetage, le capitaine du navire a tenté de ramener les personnes à bord en Libye, ce qui aurait constitué une violation du droit international, qui exige que les personnes secourues soient conduites en lieu sûr. Lorsque les passagers ont compris ce qui se passait, ils ont cédé à la panique. Ils ont supplié le capitaine de l’El Hiblu, certains affirmant qu’ils préféraient mourir plutôt que retourner en Libye ; le navire a alors fait demi-tour et mis le cap sur Malte.</p>



<p>À l’arrivée, les autorités maltaises ont affirmé que les trois jeunes avaient pris le contrôle du navire par la force. Ils ont été inculpés de crimes graves passibles de la réclusion à perpétuité en vertu de la législation maltaise relative au terrorisme, et sont encore enlisés dans des procédures judiciaires qui n’auraient jamais dû être engagées.</p>



<p>« La Libye n’est pas un pays sûr. En s’opposant à leur renvoi, ils ont contribué à empêcher une grave violation du droit international qui aurait très probablement entraîné d’atroces souffrances pour eux-mêmes et beaucoup d’autres. Nul ne doit être sanctionné pour avoir sollicité une protection. Amnesty International exprime sa solidarité avec Amara, Abdalla et Kone, qui endurent depuis sept ans une terrible injustice. »</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une longue liste de manquements</h4>



<p>Au cours des sept dernières années, les autorités maltaises ont constamment manqué à leurs obligations envers ces trois jeunes hommes, dont deux étaient encore mineurs lorsqu’ils ont été arrêtés. Elles n’ont pas pris en compte leur intérêt supérieur en tant que mineurs, les ont placés en détention dans une prison pour adultes de haute sécurité et les ont soumis à une procédure judiciaire applicable aux adultes.</p>



<p>Par ailleurs, Amnesty International déplore les problèmes de procédure et les lacunes de l&rsquo;enquête qui ont compromis l&rsquo;équité du procès : par exemple, des témoins clés n&rsquo;ont jamais été convoqués, notamment des passagers qui avaient été secourus. Malgré l&rsquo;absence de preuves de violences, les autorités ont maintenu des accusations liées au terrorisme qui sont sans fondement.</p>



<p>« Malte a engrangé toute une série de manquements dans la gestion de cette affaire. Ces jeunes hommes n’ont pas bénéficié d’un procès équitable et ont été traités comme des adultes, passant sept années de leur jeunesse dans un trou noir juridique – au lieu de consacrer ce temps à leurs études, à leur travail et, tout simplement, à grandir sans menaces de poursuites judiciaires », a déclaré Dinushika Dissanayake.</p>



<p>Kone Tiemoko Abdul Kader est actuellement détenu dans un centre pour migrants au Royaume-Uni et risque d&rsquo;être extradé vers Malte. Amnesty International s&rsquo;oppose à son extradition, car il serait alors renvoyé vers des procédures qui n&rsquo;auraient jamais dû être intentées.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Une injustice de plus en plus admise</h4>



<p>Amnesty International salue les récentes déclarations de quatre expert·e·s indépendants des Nations unies qui, en janvier, ont vivement critiqué la manière dont Malte a géré cette affaire et ont demandé l’abandon des poursuites. Ils ont notamment fait part de leur inquiétude quant aux accusations de « terrorisme », qui « ne semblent pas reposer sur des actes criminels violents ou coercitifs », ainsi qu&rsquo;à la violation du droit à un procès équitable et au non-respect des droits de l&rsquo;enfant.</p>



<p>Ces experts ont également rappelé que l&rsquo;opération navale de l&rsquo;UE en Méditerranée avait donné l’ordre au navire El Hiblu, au nom des garde-côtes libyens, de ramener les personnes secourues en Libye, ordonnant ainsi un renvoi forcé illégal (pushback). Ce qui fait écho à la coopération persistante de l&rsquo;UE avec la Libye, où les droits des réfugié·e·s et des migrant·e·s sont bafoués de manière systématique et généralisée en toute impunité. Les informations selon lesquelles l&rsquo;Union européenne chercherait à étendre sa coopération en matière de migration et de contrôle des frontières avec les Forces armées arabes libyennes (FAAL), groupe armé qui fait autorité de facto dans l&rsquo;est et le sud de la Libye, sont très préoccupantes, compte tenu des antécédents des FAAL en matière de crimes de guerre et de violations du droit international.</p>



<p>« Comme l’a dit Amnesty International dès le début, cette affaire illustre parfaitement ce qui pose problème dans la politique migratoire de l’UE en Méditerranée centrale. Il est de plus en plus largement admis que ces accusations sont injustifiées et profondément iniques.</p>



<p>« Criminaliser des personnes pour avoir sollicité une protection ne fait que prolonger leur souffrance et aggraver leur traumatisme. Au bout de sept ans, ces jeunes hommes ont suffisamment subi. Malte doit abandonner les poursuites et classer l’affaire sans suite », a déclaré Dinushika Dissanayake.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Le 22 janvier 2025, la Cour d’appel de La Valette a estimé que Malte était compétente pour juger l’affaire, qui doit donc continuer d’être entendue par le tribunal correctionnel de Malte. Les audiences préliminaires sont en cours.</p>
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		<title>Israël /TPO. Abandon des poursuites contre des soldats accusés d’atteintes aux droits humains dans une prison militaire israélienne : une décision scandaleuse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 07:57:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Israël /TPO. Abandon des poursuites contre des soldats accusés d’atteintes aux droits humains dans une prison militaire israélienne : une décision scandaleuse En réaction à la décision du procureur général militaire israélien d&#8217;abandonner les poursuites contre cinq soldats israéliens accusés d&#8217;avoir bafoué les droits humains et agressé sexuellement des détenus palestinienss à la prison militaire [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Israël /TPO. Abandon des poursuites contre des soldats accusés d’atteintes aux droits humains dans une prison militaire israélienne : une décision scandaleuse</h2>



<p>En réaction à la décision du procureur général militaire israélien d&rsquo;abandonner les poursuites contre cinq soldats israéliens accusés d&rsquo;avoir bafoué les droits humains et agressé sexuellement des détenus palestinienss à la prison militaire de Sde Teiman, Erika Guevara Rosas, directrice générale chargée de la recherche, du plaidoyer et de la politique à Amnesty International, a déclaré :</p>



<p>« Cette décision marque un nouveau chapitre honteux dans la longue histoire du système judiciaire israélien s’agissant d’accorder l&rsquo;impunité aux auteurs de crimes graves contre des Palestinien·ne·s. Cette décision, et l&rsquo;accueil favorable que lui a réservé le Premier ministre Benjamin Netanyahou, illustrent “ la réticence ou l&rsquo;incapacité ” du système israélien à engager des poursuites pour les crimes relevant du droit international, et soulignent la nécessité de faire appel à la justice internationale, dernier recours des Palestinien·ne·s. »</p>



<p>Depuis le début du génocide perpétré par Israël contre les Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza occupée, et malgré des preuves accablantes de tortures et de violations généralisées, dont des violences sexuelles, commis à l’encontre des Palestinien·ne·s dans les centres de détention israéliens, un seul soldat israélien a jusqu’à présent été condamné pour avoir torturé un détenu palestinien. On sait qu&rsquo;au moins 98 Palestiniens sont décédés pendant leur détention par Israël depuis octobre 2023, et aucune enquête indépendante, transparente et impartiale n’a été menée sur l&rsquo;un de ces cas, tandis que les observateurs indépendants, notamment le CICR, n’ont toujours pas le droit de rendre visite aux détenus palestiniens.</p>



<p>« Alors que les tensions régionales montent d’un cran, le monde ne saurait détourner le regard pendant que les Palestinien·ne·s sont privés de tout semblant de justice. Les États parties au Statut de Rome doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour appuyer l&rsquo;enquête de la CPI sur les crimes commis en Palestine et en Israël. »</p>



<p>Selon l&rsquo;ONG israélienne HaMoked, 9 446 Palestinien·ne·s sont actuellement détenus dans les prisons israéliennes. Amnesty International a déjà rapporté que des Palestiniens et Palestiniennes détenus à Sde Teiman ont été gardés au secret et soumis à la torture et à d&rsquo;autres mauvais traitements.</p>
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		<title>Éthiopie. Les autorités doivent enquêter sur les violences sexuelles, exécutions sommaires et actes de torture perpétrés par des combattants de l’Armée de libération oromo</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/ethiopie-les-autorites-doivent-enqueter-sur-les-violences-sexuelles-executions-sommaires-et-actes-de-torture-perpetres-par-des-combattants-de-larmee-de-liberation-oromo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 16:52:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualite]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Rapports]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=35936</guid>

					<description><![CDATA[<p>Éthiopie. Les autorités doivent enquêter sur les violences sexuelles, exécutions sommaires et actes de torture perpétrés par des combattants de l’Armée de libération oromo Avertissement : ce communiqué de presse contient des descriptions de violences sexuelles et d’actes de torture. Des membres de l’Armée de libération oromo, en Éthiopie, ont soumis des femmes et des [&#8230;]</p>
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]]></description>
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<h2 class="wp-block-heading">Éthiopie. Les autorités doivent enquêter sur les violences sexuelles, exécutions sommaires et actes de torture perpétrés par des combattants de l’Armée de libération oromo</h2>



<p><strong><mark style="background-color:#000" class="has-inline-color has-white-color">Avertissement : ce communiqué de presse contient des descriptions de violences sexuelles et d’actes de torture.</mark></strong></p>



<p>Des membres de l’Armée de libération oromo, en Éthiopie, ont soumis des femmes et des filles à des violences sexuelles, se rendant coupables de viols, de viols en réunion, d’esclavage sexuel, d’exécutions sommaires et de destructions de biens civils, agissements susceptibles de constituer des crimes de guerre, dans le contexte du conflit ayant commencé dans la région Oromia en 2019, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse rendue publique vendredi 6 mars.</p>



<p>Ce document, intitulé <a href="https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/03/No-One-Came-to-My-Rescue_Formatted_FINAL_.pdf"><strong><em>No one came to my rescue: Gang rape, sexual slavery and mass displacement of women in Oromia, Ethiopia</em></strong></a>, fait état des atrocités commises contre des civil·e·s, en particulier des femmes et des filles, par le groupe armé de l’Armée de libération oromo dans les districts de Sayo et Anfillo de la zone de Kellem Wallaga, entre 2020 et 2024. « Cela fait sept ans que dans un climat de secret permis par le blocage des communications et des médias, des combattants causent d’immenses souffrances aux civil·e·s dans l’Oromia. Non seulement ces violations répétées sont épouvantables, mais il est en outre possible qu’elles constituent des crimes de guerre », a déclaré Tigere Chagutah, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnesty International. « Les organismes de suivi des droits humains, à l’échelle internationale et africaine, continuent à détourner le regard. Ils doivent demander que les autorités éthiopiennes diligentent immédiatement des enquêtes impartiales et rigoureuses sur ces atrocités, dans le but d’amener tous les responsables à rendre des comptes, et de fournir aux victimes une possibilité d’obtenir justice et réparations. »</p>



<p>« L’Armée de libération oromo doit immédiatement adresser à tous ses combattants l’ordre de respecter le droit international humanitaire et le droit international relatif aux droits humains. Elle doit aussi désarmer et démobiliser les combattants et/ou unités s’étant rendus coupables de violences sexuelles, d’autres formes de torture, d’homicides, de déplacements forcés et d’autres crimes au regard du droit international. »</p>



<p>Des affrontements opposant l’Armée de libération oromo (OLA) &#8211; l’ancienne aile militaire du Front de libération oromo (FLO) -, les Forces de défense nationale éthiopiennes (ENDF) et les forces régionales de sécurité de l’Oromia alliées, ont éclaté en 2019, et ce conflit continue à avoir de très lourdes répercussions sur la population civile.</p>



<p>Pour cette synthèse, Amnesty International a recueilli les propos de 10 victimes de viols en réunion, dont sept étaient mineures au moment des agressions. L’organisation a également reçu les témoignages de prestataires de santé, et ont examiné les dossiers médicaux des victimes.</p>



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<h4 class="wp-block-heading">« Ils nous violaient tous les jours, deux fois par jour »</h4>



<p>Sur les 10 victimes ayant parlé à Amnesty International, cinq ont également connu l’esclavage sexuel. Neuf ont été agressées par des combattants de l’Armée de libération oromo (OLA), tandis qu’une a subi des violences de la part de soldats des Forces de défense nationale éthiopiennes et de membres de l&rsquo;OLA.</p>



<p>Deux des victimes sont tombées enceintes des suites de ces viols.</p>



<p>Ces femmes ont décrit avec de nombreux détails déchirants des agressions brutales ayant duré des jours, voire des semaines.</p>



<p>Lalistu* et sa fille Sebontu*, alors âgée de 12 ans, ont été retenues captives pendant trois semaines dans une grotte avec les mains attachées à un arbre, et ont été violées par plusieurs membres de l’OLA.</p>



<p>« Ils nous violaient tous les jours, deux fois par jour. Vers 11 heures et 18 heures. Je commençais à avoir peur quand ces moments approchaient chaque jour. Ils me disaient : « Tu vas mourir. Tu ne rentreras jamais chez toi » », a déclaré Sebontu*, maintenant âgée de 17 ans.</p>



<p>« Pendant trois semaines, 15 hommes m’ont violée et ont violé mon enfant. Ils le faisaient à tour de rôle », a déclaré Lalistu à Amnesty International.</p>



<p>Une autre victime, Anisa*, qui était enceinte au moment de l’entretien (des suites de ces violences sexuelles), a en outre été réduite en esclavage sexuel par des combattants de l’OLA fin 2024. Elle a déclaré à Amnesty International que les combattants venaient régulièrement la chercher chez elle et l’amenaient dans la brousse, où ils lui faisaient subir des viols en réunion. C’est seulement après qu’elle a eu des problèmes de santé que les combattants ont cessé ces violations.</p>



<p>Plusieurs victimes ont déclaré à Amnesty International que des combattants de l’OLA les avaient violées à titre de représailles, car leur mari, frère ou père travaillait au sein des forces gouvernementales. Elles ont également dit à Amnesty qu’elles ont été forcées à quitter leur domicile après ces violences sexuelles ; lorsque certaines ont refusé de partir, leur maison a été incendiée.</p>



<p>Deux victimes ont déclaré que des combattants ont aussi tué des hommes de leur famille, notamment le mari de Lalistu, exécuté pour avoir essayé de la protéger, ainsi que leur fille de 12 ans.</p>



<p>« Ils lui ont tiré dessus [et l’ont abattu] lorsque nous avons atteint la forêt. Je ne me suis même pas retournée pour le regarder après qu’ils l’ont tué », a déclaré Lalistu*.</p>



<h4 class="wp-block-heading">Réduites au silence</h4>



<p>Ces 10 victimes et l’enfant d’une personne rescapée, qui a subi des passages à tabac, ont dit continuer à souffrir des traumatismes physiques causés par les violences qui leur ont été infligées. Ces personnes redoutaient cependant de solliciter une aide médicale, par exemple pour une interruption de grossesse et un dépistage d’infections sexuellement transmissibles, par crainte de représailles de la part des combattants de l’OLA et des autorités, et de la réprobation sociale associée aux violences sexuelles.</p>



<p>Les victimes ont réclamé que ces violations prennent fin, que justice soit rendue et que l’obligation de rendre des comptes soit respectée. L’une d’elles a déclaré : « S’il est possible de les retrouver, j’espère que justice sera faite, afin que ce qui nous est arrivé, à moi et à d’autres, puisse cesser. »</p>



<p>Du fait des restrictions imposées par les gouvernements au niveau fédéral et régional en Éthiopie, il est presque impossible pour des acteurs nationaux ou internationaux de déterminer l’étendue véritable des violations commises contre les civil·e·s depuis que le conflit a éclaté en Oromia.</p>



<p>« Ces actes lâches ont été en partie permis par un blocage des communications, qui a dissimulé au reste du monde les atrocités persistantes commises contre les civil·e·s. Ce n’est pas la première fois que les autorités éthiopiennes recourent à la censure en temps de crise. Il est probable que le tableau complet de la situation soit encore plus affligeant », a déclaré Tigere Chagutah.</p>



<p>« Les atrocités recensées par Amnesty International en Oromia ont été perpétrées dans un climat d’impunité, sans susciter la moindre réaction si ce n’est le silence des partenaires et voisins de l’Éthiopie. Cette synthèse devrait alerter sur le fait que le silence ne mène à rien d’autre que la souffrance des civil·e·s. Le cycle des violences contre les civil·e·s, en particulier les femmes et les filles, doit cesser. »</p>



<p class="has-text-align-right"><em>*Les noms ont été modifiés pour protéger l’identité des victimes.</em></p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/ethiopie-les-autorites-doivent-enqueter-sur-les-violences-sexuelles-executions-sommaires-et-actes-de-torture-perpetres-par-des-combattants-de-larmee-de-liberation-oromo/">Éthiopie. Les autorités doivent enquêter sur les violences sexuelles, exécutions sommaires et actes de torture perpétrés par des combattants de l’Armée de libération oromo</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>Afghanistan. De nouvelles règles pénales prennent les femmes et les minorités pour cible et prévoient des sanctions toujours plus lourdes</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/afghanistan-de-nouvelles-regles-penales-prennent-les-femmes-et-les-minorites-pour-cible-et-prevoient-des-sanctions-toujours-plus-lourdes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Mar 2026 16:28:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Genre et sexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Afghanistan. De nouvelles règles pénales prennent les femmes et les minorités pour cible et prévoient des sanctions toujours plus lourdes La nouvelle réglementation pénale récemment promulguée par le chef des talibans consacrera encore davantage les violences et les discriminations contre les femmes, écrit Amnesty International dans une nouvelle analyse juridique faisant état de l’impact rétrograde [&#8230;]</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Afghanistan. De nouvelles règles pénales prennent les femmes et les minorités pour cible et prévoient des sanctions toujours plus lourdes</h2>



<p>La nouvelle réglementation pénale récemment promulguée par le chef des talibans consacrera encore davantage les violences et les discriminations contre les femmes, écrit Amnesty International dans une nouvelle analyse juridique faisant état de l’impact rétrograde et de grande ampleur de ces règles sur le terrain des droits humains.</p>



<p>La « Réglementation de procédure pénale des tribunaux », qui dresse la liste des sanctions et des peines pour un ensemble d’infractions définies en termes vagues et d’une trop grande portée, criminalisent les violences domestiques uniquement dans les cas où une femme présente une fracture ou des blessures visibles. Ce décret prévoit aussi une condamnation à trois mois de prison pour toute femme rendant régulièrement visite à des membres de sa famille sans la permission de son mari et refusant d’obéir à une décision de justice lui ordonnant de rentrer chez elle.</p>



<p>Cette réglementation prévoit par ailleurs de lourds châtiments pour non-respect de la religion, ainsi que des sanctions plus graves pour les personnes de statut social inférieur, et reconnaît l’esclavage. D’autres dispositions autorisent la destruction de biens privés comme forme de châtiment, entérinent la torture et d’autres formes de mauvais traitements par le biais de châtiments corporels, et permettent l’application de la peine de mort pour un nombre accru d’infractions.</p>



<p>« La réglementation rend un système de justice déjà répressif encore plus draconien. Les femmes et les filles sont bien entendu parmi les plus affectées, le nouvel ensemble de règles normalisant la violence domestique et restreignant encore davantage leur capacité à se déplacer et leur autonomie », a déclaré Smriti Singh, directrice régionale pour l’Asie du Sud.</p>



<p>« Des dispositions relatives à des pratiques religieuses strictes et au renforcement des sanctions en fonction de la classe sociale consacreront les discriminations et prendront pour cible les personnes les plus marginalisées et désavantagées sur le plan économique. »</p>



<p>« Nous demandons aux talibans d’abroger ou de réviser immédiatement cette réglementation répressive, et de la mettre en conformité avec les normes internationales relatives aux droits humains. Nous encourageons aussi la communauté internationale à condamner sans équivoque cette réglementation, et à faire pression sur les talibans afin de les inciter à mettre fin à leurs violations persistantes, systématiques et étendues des droits humains.</p>



<p>L’analyse met l’accent sur certaines des principales dispositions draconiennes de la réglementation et les problèmes qu’elles posent, ainsi que sur la manière dont elles affecteront les droits humains dans au moins sept domaines. Ces domaines, et certains des problèmes centraux examinés, sont répertoriés ci-après :</p>



<p><strong>Droits des femmes</strong> : La suppression, par le biais des changements décrits ci-dessus, de mécanismes de sécurité essentiels pour les victimes de violations des droits humains.</p>



<p><strong>Liberté de religion, de conviction, de pensée et d’expression </strong>: L’impact sur les minorités religieuses de l’imposition de nouvelles sanctions lourdes contre les pratiques s’écartant des préceptes de l’école hanafite de l’islam sunnite, à laquelle les talibans affirment adhérer, et le fait de qualifier d’hérétiques les convictions contraires à la branche sunnite de l’islam.</p>



<p>T<strong>orture et autres mauvais traitements :</strong> La manière dont des dispositions de la réglementation prévoient l’application de la torture et d’autres formes de mauvais traitements, au moyen de la flagellation, pour un large éventail d’infractions.</p>



<p><strong>Peine de mort </strong>: L’application de la peine de mort pour de nombreuses infractions, parmi lesquelles la « pratique habituelle de la sodomie », sur la base d’un jugement prononcé de manière discrétionnaire par un imam, dans l’« intérêt du public ».</p>



<p><strong>Normes internationales d’équité des procès </strong>: Comment les définitions vagues de certaines infractions permettent aux autorités et aux juges talibans de les interpréter et de les appliquer de manière arbitraire, ce qui affaiblira le processus judiciaire.</p>



<p><strong>Égalité devant la loi : </strong>Répartition des accusés dans quatre catégories déterminant la sévérité des sanctions, en fonction de leur position sociale.</p>



<p><strong>Esclavage </strong>: La formulation de plusieurs dispositions semble reconnaître que certaines personnes sont la propriété d’autres, tandis que l’esclavage est explicitement reconnu.</p>


<section id="section-29613c38" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack" style=""><div class="container">

<h4 class="wp-block-heading">Complément d’information</h4>



<p>Le 5 janvier, le chef des talibans a promulgué cette réglementation et a ordonné sa publication au Journal Officiel, dans lequel paraissent lois et autres textes législatifs, ce qui garantit la possibilité pour le public d’en avoir connaissance et de les consulter. Le 8 janvier, le secrétariat de la Cour suprême des talibans (Dar al Insha) a transmis la réglementation aux membres de la Cour suprême, aux directions nationales et aux tribunaux, pour application. Si le texte n’a pas encore paru au Journal officiel, les talibans ont déclaré le 23 janvier que cela aurait lieu sous peu. Amnesty International a contacté les autorités talibanes de facto le 19 février, afin d’obtenir un exemplaire officiel de la réglementation et des documents susceptibles de l’accompagner, dans le but de les analyser et de déterminer si elle a déjà été mise en œuvre, mais l’organisation n’a reçu aucune réponse.</p>



<p>Le 15 février, un média a signalé que l’entrée en vigueur des nouvelles règles avait mené à l’inculpation d’une personne dans la province de Baghdis pour outrage au chef des talibans.</p>

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		<title>Algérie. Un procès équitable, sans recours à la peine capitale, doit être garanti à plusieurs dizaines de personnes accusées de violences en Kabylie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Feb 2026 08:45:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Algérie. Un procès équitable, sans recours à la peine capitale, doit être garanti à plusieurs dizaines de personnes accusées de violences en Kabylie Les autorités algériennes doivent faire en sorte que le nouveau procès imminent de 94 personnes, en relation avec les événements survenus en août 2021 dans la région de Kabylie (nord-est de l’Algérie), [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/algerie-un-proces-equitable-sans-recours-a-la-peine-capitale-doit-etre-garanti-a-plusieurs-dizaines-de-personnes-accusees-de-violences-en-kabylie/">Algérie. Un procès équitable, sans recours à la peine capitale, doit être garanti à plusieurs dizaines de personnes accusées de violences en Kabylie</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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<h3 class="wp-block-heading">Algérie. Un procès équitable, sans recours à la peine capitale, doit être garanti à plusieurs dizaines de personnes accusées de violences en Kabylie</h3>



<p>Les autorités algériennes doivent faire en sorte que le nouveau procès imminent de 94 personnes, en relation avec les événements survenus en août 2021 dans la région de Kabylie (nord-est de l’Algérie), adhère strictement aux normes internationales d’équité des procès, et notamment que la peine de mort ne soit pas requise et que les déclarations entachées de torture ne soient pas retenues à titre de preuve, a déclaré Amnesty International vendredi 27 février.</p>



<p>Le 1er mars 2026, 94 personnes seront de nouveau jugées devant la cour d’appel d’Alger, après que la Cour suprême a annulé un précédent jugement en appel lié au lynchage d’un militant, à des incendies dévastateurs et à d’autres violences commises en Kabylie en août 2021. Le 24 novembre 2022, 56 personnes ont été déclarées coupables de participation à diverses infractions &#8211; appartenance à une organisation commettant des actes de sabotage, meurtre avec préméditation, torture et incendie volontaire, entre autres. Elles ont été condamnées à mort dans le cadre d’une procédure marquée par des accusations à caractère politique et des allégations de torture n’ayant donné lieu à aucune enquête. Au cours du procès initial, au moins cinq accusés ont dit avoir été soumis à la torture et d’autres formes de mauvais traitements en détention, notamment à des décharges électriques, des simulacres de noyade et des menaces de viol, le but étant de leur extorquer des déclarations sous la contrainte, qui ont été utilisées pour les condamner. Malgré cela, le tribunal n’a pas enquêté sur ces allégations, et des juges ont même indiqué aux accusés que c’était à eux que revenait la responsabilité de porter plainte.</p>



<p>« L’enquête entachée d’irrégularités et le procès manifestement inique ayant mené à ces condamnations à mort ternissent le système judiciaire algérien. Ce nouveau procès représente une occasion importante pour les autorités algériennes de mettre fin à cette parodie de justice, d’accorder des réparations et de garantir l’obligation de rendre des comptes sans recourir à la peine de mort », a déclaré Diana Eltahawy, directrice adjointe pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à Amnesty International.</p>



<p>« Rendre justice pour les terribles violences ayant caractérisé les événements d’août 2021 doit passer par un procès équitable, pleinement conforme aux normes internationales. Toutes les allégations de torture et d’autres formes de mauvais traitements doivent donner lieu à une enquête rigoureuse, impartiale, transparente et efficace, et les « aveux » forcés obtenus sous la torture ou la contrainte doivent être exclus des éléments de preuve. Les personnes détenues uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux doivent être immédiatement libérées et les poursuites engagées contre elles abandonnées. »</p>



<p>Amnesty International a analysé la décision de justice initiale et a recueilli les propos de trois avocats et quatre proches ayant demandé à garder l’anonymat. Selon les informations recueillies, les poursuites engagées contre au moins 10 accusés condamnés à mort semblent s’appuyer uniquement sur leur affiliation politique ou leurs liens présumés avec le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), un groupe d’opposition politique désigné comme organisation « terroriste » par les autorités algériennes. Aucun élément présenté par le parquet n’a prouvé qu’ils étaient présents sur la scène du crime ou ont pris part à des actes de violence. Quatre de ces 10 accusés se trouvaient hors du pays lors de ces événements.</p>



<p>Le tribunal n’a en outre pas permis aux avocats de la défense de procéder au contre-interrogatoire des témoins à charge, parmi lesquels des policiers, s’appuyant plutôt sur des déclarations écrites. En août 2021, des chaînes télévisées algériennes ont diffusé des séquences vidéo dans lesquelles 12 des accusés semblaient « avouer » leur participation au lynchage ou leurs liens avec le MAK, ce qui a bafoué leur droit à la présomption d’innocence et leur droit de ne pas contribuer à leur propre incrimination.</p>



<p>Amnesty International demande aux autorités algériennes de garantir le droit à un procès équitable, notamment le droit à des audiences équitables et publiques, le droit à une défense adéquate et le droit de faire interroger les témoins à charge.</p>


<section id="section-166fd312" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack" style=""><div class="container">

<h5 class="wp-block-heading">Contexte</h5>



<p>L’Algérie n’a procédé à aucune exécution depuis 1993. Amnesty International s’oppose catégoriquement à la peine de mort dans tous les cas et en toutes circonstances. L’application de la peine de mort à l’issue de procédures iniques rend le recours à ce châtiment arbitraire au regard du droit international.</p>



<p>Depuis avril 2021, les autorités algériennes ont amplement invoqué l’Article 87 bis du Code pénal, ainsi que des charges de terrorisme d’une trop grande portée, dans le but de poursuivre militant·e·s, défenseur·e·s des droits humains et journalistes. Un grand nombre de ces personnes ont été prises pour cibles pour avoir réclamé des changements politiques ou pour leurs liens présumés avec le MAK ou Rachad, deux groupes d’opposition désignés comme « terroristes » en 2022 par le biais d’une procédure contraire aux normes relatives aux droits humains.</p>



<p>L’affaire en cours concerne le lynchage, en août 2021, du militant Djamel Ben Smail à Larbaa Nath Irathen, ainsi que les incendies qui se sont propagés à travers la Kabylie, faisant au moins 90 morts. Le 24 novembre 2022, ainsi que le bureau du procureur général près la cour d’Alger l’a indiqué, un tribunal d’Alger a condamné à mort 49 personnes après les avoir déclarées coupables de terrorisme, de meurtre et d’incendie volontaire, entre autres. Sept autres personnes ont été condamnées à la peine capitale par contumace. Le tribunal a prononcé des condamnations allant de deux à 10 ans de prison contre 28 autres accusés. Dix-sept personnes ont été acquittées. Si la cour d’appel d’Alger a maintenu 38 condamnations à mort en octobre 2023, confirmé des peines de prison pour 30 personnes et acquitté 26 autres, la Cour suprême a annulé ce jugement, rendant un arrêt de cassation le 28 novembre 2024, et a ordonné la tenue d’un nouveau procès. Parmi les accusés, 52 sont actuellement en détention.</p>

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		<title>Russie. Deux ans après la mort d’Alexeï Navalny, les autorités continuent d’échapper à la justice et de harceler ses sympathisant·e·s</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/russie-deux-ans-apres-la-mort-dalexei-navalny-les-autorites-continuent-dechapper-a-la-justice-et-de-harceler-ses-sympathisant%c2%b7e%c2%b7s/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Feb 2026 08:55:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=35747</guid>

					<description><![CDATA[<p>Russie. Deux ans après la mort d’Alexeï Navalny, les autorités continuent d’échapper à la justice et de harceler ses sympathisant·e·s À l’occasion du deuxième anniversaire de la mort en détention de l’opposant politique et prisonnier d’opinion russe Alexeï Navalny, Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, a déclaré : « Deux années se sont écoulées depuis [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-heading-2-font-size"><strong>Russie. Deux ans après la mort d’Alexeï Navalny, les autorités continuent d’échapper à la justice et de harceler ses sympathisant·e·s</strong></p>



<p>À l’occasion du deuxième anniversaire de la mort en détention de l’opposant politique et prisonnier d’opinion russe Alexeï Navalny, Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, a déclaré :</p>



<p>« Deux années se sont écoulées depuis qu’Alexeï Navalny, prisonnier d’opinion et l’une des voix les plus courageuses qui dénonçait la corruption et la répression d’État en Russie, a perdu la vie dans une colonie pénitentiaire isolée dans le Cercle arctique. Si les autorités russes continuent d’échapper à toute obligation de rendre des comptes, la vérité n’a cependant pas été étouffée. Au contraire, les dernières informations indiquant que la mort d’Alexeï Navalny a été causée par de l’épibatidine, une substance très toxique, montrent que les tentatives de dissimuler les circonstances de sa mort ont échoué. »</p>



<p>« Ces découvertes ont été rendues possibles grâce non seulement à une coopération internationale, mais également au courage, à la détermination et à l’engagement des personnes en Russie ayant veillé à ce que des éléments de preuve essentiels soient préservés et transmis à des fins d’examens médicolégaux. Courant d’énormes risques, des ami·e·s et collègues d’Alexeï Navalny ont obtenu les éléments nécessaires pour mettre au jour la vérité alors que Vladimir Poutine essayait de l’étouffer.</p>



<p>« Cette même détermination explique pourquoi les autorités russes poursuivent leur répression. Elles s’efforcent de détruire le mouvement qu’Alexeï Navalny a créé, en criminalisant sa Fondation anticorruption (FBK), en poursuivant ses sympathisant·e·s en justice et en sanctionnant même les plus petites manifestations de commémoration et de solidarité.</p>



<p>« Au cours de l’année dernière, les avocats d’Alexeï Navalny – Alexeï Liptser, Vadim Kobzev et Igor Sergounine – ainsi que quatre collaborateurs, les professionnel·le·s des médias Antonina Favorskaïa, Sergueï Kareline, Konstantine Gabov et Artiom Kriguer, ont tous été condamnés à de lourdes peines de prison pour avoir simplement exercé de manière pacifique leurs droits fondamentaux. Ils doivent être libérés immédiatement et sans condition et leurs déclarations de culpabilité injustes doivent être annulées.</p>



<p>« Ces poursuites s’inscrivent dans le cadre d’une vague de répression beaucoup plus large : plus de 100 procédures pénales ont été intentées pour des dons présumés à la Fondation anticorruption (FBK), arbitrairement qualifiée d’organisation “extrémiste” et, plus récemment, d’organisation “terroriste”. Cette persécution généralisée et systématique des sympathisant·e·s d’Alexeï Navalny prend chaque année de l’ampleur et gagne en intensité. En vertu de la nouvelle classification comme organisation “terroriste”, ils pourraient faire l’objet de sanctions encore plus sévères, pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité.</p>



<p>« Les autorités russes doivent libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes emprisonnées uniquement en raison de leurs liens avec Alexeï Navalny ou de leur travail, et annuler leurs condamnations iniques. La Russie doit cesser d’instrumentaliser les lois sur l’“extrémisme” et le “terrorisme” pour poursuivre les détracteurs et détractrices pacifiques du pouvoir. En outre, les États et les organisations internationales doivent faire connaître les cas individuels, appuyer les initiatives internationales de surveillance et d’obligation de rendre des comptes, et fournir une protection internationale, y compris l’asile, aux sympathisant·e·s d’Alexeï Navalny qui risquent de faire l’objet de poursuites pénales pour des motifs politiques en Russie. »</p>


<section id="section-a6206239" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack section--bgOrigin-center" style=""><div class="container">

<h2 class="wp-block-heading has-heading-3-font-size">Complément d’information</h2>



<p>Le 14 février 2026, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède ont publié une déclaration conjointe annonçant, sur la base d’une enquête s’appuyant sur plusieurs sources, qu’Alexeï Navalny avait été empoisonné avec de l’épibatidine, une substance extrêmement toxique qui aurait été détectée dans des échantillons biologiques prélevés avant l’inhumation, et que “seul le gouvernement russe avait les moyens, le mobile et l’occasion d’utiliser cette toxine”. Le Royaume-Uni a déclaré qu’il renverrait l’affaire devant l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, indiquant que la production et l’utilisation de telles toxines étaient interdites au titre de la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction et de la Convention sur l&rsquo;interdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques) ou à toxines, toutes deux contraignantes pour la Russie.</p>



<p>En décembre 2025, le tribunal municipal de Moscou a confirmé les peines de cinq ans et demi de prison prononcées à l’encontre d’Antonina Favorskaïa et d’Artiom Kriguer, journalistes du média en ligne SotaVision qui couvraient l’actualité d’Alexeï Navalny et de la Fondation anticorruption (FBK), ainsi que de Sergueï Kareline et Konstantine Gabov, qui travaillent en freelance pour la chaîne YouTube Navalny Live. En septembre 2025, un tribunal a également confirmé les peines prononcées en janvier 2025 à l’encontre des avocats d’Alexeï Navalny : Vadim Kobzev (cinq ans et demi), Alexeï Liptser (cinq ans) et Igor Sergounine (trois ans et demi).</p>



<p>Pour la seule année 2025, les tribunaux russes ont examiné au moins 79 dossiers pénaux concernant des dons faits à la FBK. Ce qui représente une forte augmentation par</p>



<p>rapport aux années précédentes, qui comptabilisaient deux affaires ouvertes en 2022, quatre en 2023 et 27 en 2024. Au moins 96 personnes ont été poursuivies en justice en 2025, souvent pour des dons allant de 100 à 14 000 roubles (1 à 150 euros). Les tribunaux ont prononcé des peines d’emprisonnement allant de trois mois à cinq ans dans huit affaires, et une peine de 12 ans de prison dans une affaire. Le nombre réel de cas est probablement plus élevé, car aucune statistique officielle n’est publiée et les données judiciaires demeurent incomplètes.</p>

</div></section><p>The post <a href="https://www.amnesty.lu/actualites/russie-deux-ans-apres-la-mort-dalexei-navalny-les-autorites-continuent-dechapper-a-la-justice-et-de-harceler-ses-sympathisant%c2%b7e%c2%b7s/">Russie. Deux ans après la mort d’Alexeï Navalny, les autorités continuent d’échapper à la justice et de harceler ses sympathisant·e·s</a> appeared first on <a href="https://www.amnesty.lu">Amnesty International Luxembourg</a>.</p>
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		<title>Corée du Nord. Alors que des personnes ont été « exécutées pour avoir regardé la télévision sud-coréenne », les pots-de-vin pour échapper aux sanctions sont répandus</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/coree-du-nord-alors-que-des-personnes-ont-ete-executees-pour-avoir-regarde-la-television-sud-coreenne-les-pots-de-vin-pour-echapper-aux-sanctions-sont-repandus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 02:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d’expression]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=35363</guid>

					<description><![CDATA[<p>Des personnes ayant fui la Corée du Nord décrivent un système brutal imposant des châtiments arbitraires contre des personnes ayant regardé la télévision sud-coréenne Les personnes aisées peuvent se soustraire aux sanctions les plus lourdes en payant des fonctionnaires corrompus Des mineur·e·s ont été « forcés à regarder » des exécutions publiques, à titre de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list"><li><strong>Des personnes ayant fui la Corée du Nord décrivent un système brutal imposant des châtiments arbitraires contre des personnes ayant regardé la télévision sud-coréenne</strong></li><li><strong>Les personnes aisées peuvent se soustraire aux sanctions les plus lourdes en payant des fonctionnaires corrompus</strong></li><li><strong>Des mineur·e·s ont été « forcés à regarder » des exécutions publiques, à titre de mise en garde contre la consommation de contenus étrangers</strong></li></ul>



<p>Des Nord-Coréen·ne·s surpris en train de regarder des émissions télévisées sud-coréennes encourent des humiliations publiques, des années dans des camps de travail, voire des exécutions. Les sanctions les plus lourdes sont réservées à celles et ceux qui n’ont pas les moyens de verser des pots-de-vin, selon des témoignages accordés à Amnesty International.</p>



<p>Des Nord-Coréen·ne·s ayant fui le pays ont parlé à Amnesty International d’un système arbitraire et corrompu, où le visionnage secret d’émissions télévisées sud-coréennes est monnaie courante, mais où les sanctions prévues pour les atteintes à des lois vagues relatives à la « culture », qui interdisent les médias étrangers, sont largement déterminées par la situation financière et l’entregent.</p>



<p>Un grand nombre des personnes interrogées ont raconté avoir vécu dans la peur constante d’être visées par des raids et des détentions arbitraires, tandis que certaines ont déclaré avoir été forcées à assister à des exécutions publiques lorsqu’elles étaient à l’école, dans le cadre de leur « éducation idéologique ».</p>



<p>« Ces témoignages montrent que la Corée du Nord applique des lois orwelliennes, en vertu desquelles regarder une série télévisée sud-coréenne peut vous coûter la vie &#8211; à moins que vous ne puissiez payer », a déclaré Sarah Brooks, directrice régionale adjointe à Amnesty International.</p>



<p>« Les autorités criminalisent l’accès à l’information, en violation du droit international, puis permettent à des fonctionnaires de tirer parti de la situation des personnes craignant des sanctions. Cette répression mêlée de corruption dévaste tout particulièrement les personnes n’ayant ni fortune, ni réseaux. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">Lois criminalisant la liberté d’expression</h3>



<p>En 2025, Amnesty International a réalisé 25 entretiens approfondis avec des personnes ayant fui la Corée du Nord. Ce groupe comprenait 11 personnes ayant quitté la Corée du Nord entre 2019 et 2020, le départ le plus récent ayant eu lieu en juin 2020. La plupart avaient entre 15 et 25 ans au moment de leur fuite. Du fait de la fermeture de la frontière au moment de la pandémie de Covid-19, il est devenu extrêmement rare que des personnes parvienne à la franchir.</p>



<p>La Corée du Nord maintient de longue date un des environnements les plus restrictifs au monde en terme de circulation de l’information. Les témoignages recueillis par Amnesty International expliquent que le fait d’accéder à une culture étrangère ou à des informations provenant de l’extérieur était activement puni, parfois d’une exécution, du moins avant 2020.</p>



<p>L’introduction de la Loi de 2020 contre les pensées et cultures réactionnaires, qui qualifie les contenus sud-coréens d’« idéologie corrompue qui paralyse le sens révolutionnaire de la population », permet à ces sanctions très sévères de perdurer. Cette nouvelle loi prévoit entre cinq et 15 ans de travaux forcés pour visionnage ou possession de séries, de films ou de musique sud-coréens, et prévoit de lourdes peines, notamment la peine de mort, pour la distribution de « larges quantités » de contenus ou pour l’organisation de visionnages en groupe.</p>



<p>Malgré les risques élevés, les personnes interrogées ont décrit une société dans laquelle la consommation de contenus provenant de Corée du Sud et d’autres pays est généralisée. Il est fréquent que des séries et des films entrent clandestinement dans le pays sur des clés USB en provenance de Chine, que les jeunes Nord-Coréen·ne·s regardent sur des « notetels » &#8211; des ordinateurs portables avec télévision intégrée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Des gens vendent leur maison pour sortir des camps »</h3>



<p>Des Nord-Coréen·ne·s ayant fui le pays entre 2012 et 2020 ont déclaré à Amnesty International que les gens regardaient fréquemment la télévision sud-coréenne en sachant qu’ils risquaient des sanctions extrêmes, mais aussi qu’il était possible d’échapper aux pires châtiments s’ils étaient en mesure de payer.</p>



<p>« Des gens sont arrêtés pour le même motif, mais la peine dépend entièrement de leurs finances », a déclaré Choi Suvin, 39 ans, qui a fui la Corée du Nord en 2019. « Ceux qui n’ont pas d’argent vendent leur maison afin de réunir 5 000 ou 10 000 dollars des États-Unis pour sortir des camps de rééducation. »</p>



<p>Kim Joonsik, 28 ans, a été surpris en train de regarder des séries sud-coréennes à trois reprises avant de quitter le pays en 2019, mais a échappé à une condamnation parce que sa famille connaît des représentants de l’État.</p>



<p>« En général, lorsque des lycéens se font prendre, si leur famille a de l’argent, ils ont seulement droit à un avertissement », a-t-il expliqué. « C’est grâce à des relations que je n’ai pas été sanctionné. »</p>



<p>Il a toutefois déclaré que trois camarades de lycée de ses sœurs ont été condamnés à des peines de plusieurs années dans des camps de travail à la fin des années 2010 parce qu’ils avaient regardé des séries sud-coréennes. Leurs familles étaient dans l’incapacité de verser des pots-de-vin. Lorsque la propre sœur de Kim Joonsik a été arrêtée, la famille a déboursé 9 000 dollars des États-Unis pour obtenir sa libération avant que des charges ne soient officiellement retenues.</p>



<p>Les montants évoqués par Choi Suvin et Kim Joonsik &#8211; entre 5 000 et 10 000 dollars &#8211; représentent plusieurs années de salaire pour la plupart des familles nord-coréennes, ce que seuls les plus riches peuvent se permettre.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Tout le monde sait que tout le monde regarde »</h3>



<p>Depuis des décennies, le gouvernement nord-coréen aurait déployé une unité chargée de l’application des lois spécialisée dans la répression de la consommation de contenus étrangers. Connue sous le nom de « Groupe 109 », cette unité mène, sans présenter de mandat, des fouilles dans les sacs et les téléphones portables des gens, à leur domicile et dans la rue. Quinze des personnes interrogées, originaires de différentes régions, ont mentionné le Groupe 109 à Amnesty International, ce qui indique une application systématique et nationale de ces lois restrictives.</p>



<p>Ces personnes ont déclaré que des membres des forces de sécurité réclament des pots-de-vin aux personnes arrêtées pour avoir regardé des vidéos étrangères, ainsi qu’à leur famille. Une d’entre elles, accusée d’avoir regardé des vidéos étrangères, a cité des membres du Groupe 109, qui lui ont dit : « Nous ne voulons pas vous punir sévèrement, mais nous avons besoin de payer nos supérieurs pour sauver nos propres vies. »</p>



<p>L’application des lois est systématiquement arbitraire et discriminatoire. Des fonctionnaires qui consomment eux-mêmes très probablement des contenus sud-coréens arrêtent et poursuivent d’autres personnes pour des comportements identiques. Une des personnes interviewées a décrit dans les termes suivants ce qui n’est un secret pour personne : « Les travailleurs regardent ouvertement, les fonctionnaires du parti regardent avec fierté, les agents de la sûreté regardent en secret, et la police regarde en sécurité. Tout le monde sait que tout le monde regarde, même ceux qui sont chargés de mener la répression. »</p>



<p>Il semble cependant que des opérations répressives régulières ont temporairement perturbé le fonctionnement habituel de ce système d’extorsion. Kim Gayoung, 32 ans, qui a quitté la Corée du Nord en juin 2020, a expliqué que Kim Jong Un, le président nord-coréen, avait commencé à lancer des campagnes de « répression intensive » à la fin des années 2010. Durant ces périodes, les autorités ont fait pression sur les fonctionnaires concernant les résultats de l’application des lois, ce qui a réduit l’efficacité des pots-de-vin même pour les familles aisées ou ayant des relations haut-placées.</p>



<p>« Mon cousin travaillait au Comité populaire [l’organe administratif du gouvernement local]. Il disait que quand quelqu’un se faisait prendre, personne ne voulait l’aider. Même avec les pots-de-vin ou en faisant jouer ses réseaux, il n’existait aucune garantie qu’on puisse obtenir de l’aide, la répression étant devenu extrêmement sévère », a-t-elle déclaré.</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Des dizaines de milliers de personnes rassemblées pour regarder des exécutions »</h3>



<p>Les personnes dont Amnesty International a recueilli les propos ont expliqué que la Corée du Nord utilise les exécutions publiques afin de contraindre des populations entières à l’obéissance au moyen de la terreur. « En 2017 ou 2018 » à Sinuiju, dans la province du Pyongan du Nord, Choi Suvin a assisté à l’exécution publique d’une personne accusée d’avoir diffusé des vidéos étrangères.</p>



<p>« Les autorités ont dit à tout le monde d’y aller, et des dizaines de milliers d’habitant·e·s de Sinuiju se sont rassemblés pour regarder », a-t-elle dit. « Ils exécutent des gens pour nous laver le cerveau et nous éduquer. »</p>



<p>Certaines des personnes ayant parlé à l’organisation ont décrit des écoles forçant systématiquement les élèves à assister à des exécutions publiques au nom de l’« éducation idéologique ». Les autorités procédaient à ces exécutions par peloton d’exécution &#8211; dans un des cas décrits, un groupe de 10 personnes a tiré une trentaine de balles sur la personne condamnée. Dans certains cas, les autorités plaçaient une substance dans la bouche des victimes afin de les empêcher de s’exprimer avant l’exécution.</p>



<p>« Quand nous avions 16 ou 17 ans, au lycée, ils nous amenaient voir des exécutions et nous montraient tout », a déclaré Kim Eunju, 40 ans, qui a fui en 2019. « Des gens ont été exécutés pour avoir regardé ou distribué des vidéos sud-coréennes. C’est de l’éducation idéologique : si vous regardez la même chose, cela vous arrivera aussi. »</p>



<p>Une personne ayant quitté le pays en 2017 a déclaré qu’on ordonnait aux élèves de « tous » les collèges et lycées de Chongjin, dans la province du nord-est du pays, de regarder les exécutions. « Le message est le suivant : voilà ce qui se passe [quand vous regardez des séries sud-coréennes]. J’ai vu deux exécutions, les deux fois au collège. »</p>



<p>Les écoles sont aussi le lieu d’humiliations publiques. Kim Yerim, 26 ans, qui s’est échappée en 2019, a vu 10 élèves de terminale être soumis à des séances de « critiques publiques », longues de plusieurs heures, pour avoir regardé des émissions étrangères.</p>



<p>« Les autorités rassemblaient des élèves du primaire et du secondaire afin de leur montrer ce qui arrive quand on désobéit », a-t-elle déclaré. « Pendant plusieurs heures, des fonctionnaires de la Ligue de la jeunesse et d’autres organisations du parti critiquaient les accusés, leur disant « votre esprit est corrompu », « vous manquez de préparation idéologique ». »</p>



<p>Les écoles mènent régulièrement des séances d’éducation idéologique sur les dangers représentés par les médias étrangers. Kim Gayoung a évoqué des séances hebdomadaires d’« éducation idéologique » durant lesquelles les « enseignants expliquent les lois et les nouvelles règles », tandis que d’autres séances consistent à assister à des procès.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un système fondé sur la corruption et la peur</h3>



<p>Amnesty International demande au gouvernement nord-coréen de respecter et de protéger la liberté d’expression, notamment le droit d’accéder à des informations, ainsi que d’abroger de toute urgence les lois érigeant injustement en infraction l’accès à l’information, notamment la Loi de 2020 contre les pensées et cultures réactionnaires. Il doit abolir la peine de mort pour toutes les infractions, et instaurer en urgence à titre de première étape un moratoire officiel sur l’ensemble des exécutions, notamment les exécutions publiques. Les mineur·e·s, en particulier, doivent être protégés contre l’exposition aux exécutions publiques.</p>



<p>Le gouvernement doit aussi mettre fin au recours aux détentions arbitraires et cesser les traitements discriminatoires sur la base de la situation financière ou du statut social. Les autorités doivent garantir une application égale de la loi et garantir les droits relatifs à un procès équitable pour toutes les personnes accusées de crimes, conformément aux normes internationales.</p>



<p>« La peur qu’inspire l’information à ce gouvernement enferme la population entière dans une cage idéologique, étouffant son accès aux opinions et pensées d’autres humains. Celles et ceux qui essaient d’en savoir plus sur le monde en dehors du pays, ou qui cherchent de simples divertissements en provenance de l’étranger, risquent de très lourdes sanctions », a déclaré Sarah Brooks.</p>



<p>« Ce système complètement arbitraire, fondé sur la peur et la corruption, viole des principes fondamentaux relatifs à la justice et des droits fondamentaux reconnus par le droit international. Il doit être démantelé, afin que les Nord-Coréen·ne·s puissent oser exercer les libertés auxquelles ils ont droit. »</p>


<section id="section-a91f2b1b" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack section--small" style=""><div class="container">

<h3 class="wp-block-heading">Complément d’information</h3>



<p>La fermeture des frontières entre 2020 et 2023 du fait de la pandémie de Covid-19 a largement empêché les Nord-Coréen·ne·s de quitter leur pays, les arrivées en Corée du Sud passant de 1 047 en 2019 à 224 en 2025. Le processus par lequel des personnes peuvent s’échapper prend généralement des mois, voire des années, période durant laquelle ces personnes risquent de subir des violations des droits humains. Ce parcours traumatisant signifie que les personnes qui arrivent à fuir ont souvent besoin de temps avant de pouvoir témoigner. À leur arrivée en Corée du Sud, elles doivent fournir un compte-rendu complet aux autorités sud-coréennes et aux services chargés de leur réinstallation.</p>



<p>Amnesty International fait régulièrement état du recours à des exécutions publiques en Corée du Nord, ainsi qu’à d’autres pratiques alarmantes, mais en raison de graves restrictions à l’accès à l’information, l’organisation n’a pas été en mesure de confirmer indépendamment le recours étendu à la peine de mort en Corée du Nord. L’adoption de la Loi de 2020 contre les pensées et cultures réactionnaires a donné lieu à la codification de certains de ces châtiments.</p>



<p>Les expériences partagées par des personnes ayant fui la Corée du Nord avant 2020 semblent correspondre à des pratiques prévues par des lois et politiques nord-coréennes plus récemment. Elles mettent aussi en évidence une cohérence interne entre différentes périodes et régions, et correspondent aux conclusions d’organes des Nations unies, notamment le Haut-commissariat aux droits de l’homme.</p>



<p>Les témoignages enregistrés par Amnesty International en 2025 indiquent que la consommation de contenus étrangers a donné lieu à des inculpations, des poursuites et des sanctions, notamment la peine de mort, avant que la loi de 2020 n’entre en vigueur. Des propos recueillis dans le cadre d’autres recherches, ou relayés par les médias, ont également indiqué que des exécutions extrajudiciaires ont été menées sans enquête, procès ni condamnation</p>



<p>Amnesty International n’a cependant pas pu déterminer si d’autres lois ont été invoquées pour condamner des personnes dans ces affaires, et si oui, lesquelles, ou si les mises à mort dont les personnes interrogées ont été témoins étaient des exécutions extrajudiciaires.</p>



<p>L’organisation s’oppose catégoriquement à la peine de mort dans tous les cas et en toutes circonstances.</p>



<p>Les lois et pratiques nord-coréennes sont contraires au droit international relatif aux droits humains, notamment au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, que la Corée du Nord a ratifié en 1981. Le fait de systématiquement forcer des mineur·e·s à assister à des exécutions publiques porte gravement atteinte à diverses lois, et enfreint par ailleurs les droits des mineur·e·s en vertu de la Convention relative aux droits de l’enfant, que la Corée du Nord a ratifiée en 1990.</p>



<p>Depuis l’armistice de 1953 qui a institué une pause dans la guerre de Corée, mais n’y a pas officiellement mis fin, la Corée du Nord et la Corée du Sud sont techniquement toujours en guerre, et les deux pays restent profondément divisés.</p>



<p>Amnesty International a écrit au gouvernement de la République populaire démocratique de Corée afin de partager les résultats de ces recherches, et l’a invité à réagir aux allégations que nous avons recueillies. À ce jour, l’organisation n’a reçu aucune réponse.</p>



<p class="has-text-align-right has-small-font-size"><em>*Tous les noms sont des pseudonymes, afin de protéger les personnes interrogées</em></p>

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		<item>
		<title>Que s’est-il passé lors des manifestations en Iran ?</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/que-sest-il-passe-lors-des-manifestations-en-iran/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 13:53:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Article]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Justice internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des manifestations ont éclaté le 28 décembre 2025. À travers le pays, des personnes révoltées par des décennies de répression ont réclamé des changements en profondeur et un système politique qui respecte les droits humains et la dignité. Les autorités iraniennes ont réagi en menant une répression meurtrière sans précédent et, depuis le 8 janvier [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<section class="wp-block-amnesty-core-hero aimc-ignore is-aligned-left has-dark-background" style="aiic:ignore;background-image:url('https://www.amnesty.lu/wp-content/uploads/2026/01/314419-1444x710.jpg')"><div class="container"><div class="hero-contentWrapper"><h1 class="hero-title"><span>QUE S’EST-IL PASSÉ LORS<br>DES MANIFESTATIONS EN IRAN ?</span></h1></div></div><div class="image-metadata is-image"><span class="image-metadataItem image-copyright" aria-hidden="true">Anonymous/Getty Images</span></div></section>


<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Des manifestations ont éclaté le 28 décembre 2025. À travers le pays, des personnes révoltées par des décennies de répression ont réclamé des changements en profondeur et un système politique qui respecte les droits humains et la dignité. Les autorités iraniennes ont réagi en menant une répression meurtrière sans précédent et, depuis le 8 janvier 2026, ont intégralement coupé l’accès à Internet pour cacher leurs crimes. Les forces de sécurité ont recouru à une force ilégale, à des armes à feu et à d’autres armes interdites contre des manifestant·e·s, ce qui s’est soldé par des homicides de masse et des blessures graves.</p>



<p>Des vidéos authentifiées et des témoignages recueillis par Amnesty International montrent que des membres des forces de sécurité postés dans les rues et sur les toits d’immeubles, de maisons, de mosquées et de postes de police, notamment, ont tiré de manière répétée sur des manifestant·e·s avec des fusils et des fusils à pompe chargés de projectiles métalliques, visant fréquemment la tête et le torse. D’après des éléments rassemblés par Amnesty International, les forces de sécurité impliquées dans la répression meurtrière incluent le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), notamment ses bataillons de bassidjis, et diverses divisions de la police iranienne, connue sous l’acronyme persan FARAJA, ainsi que des policiers en civil.</p>



<p>Les autorités ont commis des massacres de manifestant·e·s, principalement les 8 et 9 janvier, quand le nombre de victimes a commencé à se chiffrer en milliers. Janvier 2026 marque la période de répression la plus meurtrière attribuée aux autorités iraniennes depuis qu’Amnesty International a entamé ses recherches sur le pays il y a des décennies.</p>



<p>L’impunité pour la commission répétée de crimes de droit international par les autorités iraniennes dans le cadre d’opérations répressives précédentes a alimenté cette série de violences la plus récente. Amnesty International a précédemment constaté que les forces iraniennes de sécurité ont employé une force illégale, notamment meurtrière, afin d’écraser le soulèvement Femme Vie Liberté de 2022, ainsi que les manifestations nationales de novembre 2019.</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi les gens manifestent-ils en Iran ?</strong></h3>



<p>Les manifestations ont débuté le 28 décembre 2025 après l’effondrement brutal de la monnaie nationale. Cela est survenu dans un contexte de forte augmentation de l’inflation, de mauvaise gestion chronique de services essentiels par l’État et de dégradation des conditions de vie. Le mouvement de protestation a commencé lorsque des marchands du grand bazar de Téhéran ont entamé des grèves et fermé leurs boutiques.</p>



<p>De plus en plus de personnes se sont jointes à ces actions de protestation, qui ont ensuite pris la forme de manifestations de rue à grande échelle appelant à la chute du régime de la République islamique. Les manifestant·e·s réclamaient un changement de fond et la transition vers un nouveau système de gouvernement respectant les droits fondamentaux et la dignité humaine.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment la crise du coût de la vie en Iran impacte-t-elle les droits humains, en particulier les droits économiques, sociaux et culturels ?</strong></h3>



<p>Cela fait longtemps que les autorités iraniennes effectuent une mauvaise gestion de l’accès à certains services essentiels, et qu’elles ne respectent pas les droits économiques, sociaux et culturels de la population, ce qui se traduit par des conditions de vie qui se détériorent et une inflation qui s’envole.</p>



<p>En 2025, des régions d’Iran ont été confrontées à des pénuries d’eau et des coupures d’électricité graves et prolongées ayant donné lieu à la fermeture d’écoles et d’entreprises. Au lieu de trouver des solutions à ce problème, les autorités ont ignoré des défaillances systématiques, blâmant même la sécheresse et la surconsommation, et laissant la population avec un accès encore plus restreint à des services censés répondre à des besoins humains fondamentaux, tels que l’eau et l’énergie. Cette situation se traduit par la fragilisation du droit à un niveau de vie suffisant et du droit de vivre dans la dignité.</p>



<p>Les autorités iraniennes manquent par ailleurs à leur devoir consistant à agir face aux dégradations de l’environnement, ce qui creuse des inégalités existantes et affecte de manière disproportionnée des communautés marginalisées. Cette dégradation de l’environnement est caractérisée par :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>la perte de lacs, de rivières et de zones humides ;</li>



<li>l&rsquo;épuisement de la nappe phréatique ;</li>



<li>la pollution de l’eau provoquée par le déversement d’eaux usées dans des sources d’approvisionnement en eau des villes ; la déforestation ;</li>



<li>les affaissements de terrain ;</li>



<li>le déclin des réserves d’eau et de la santé des sols ;</li>



<li>et la pollution de l’air, en partie due à l’utilisation industrielle de combustibles de mauvaise qualité, qui a contribué à des milliers de décès en 2025.</li>
</ul>



<p>Les autorités iraniennes continuent par ailleurs à s’abstenir d’investir suffisamment dans des régions où vivent des minorités ethniques, telles que les Kurdes et les Baloutches. La pauvreté et la marginalisation de ces groupes s’en trouvent accrues.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Quelle est l’ampleur des manifestations actuellement ?</strong></h3>



<p>Peu après le début des actions de protestation des commerçants du bazar de Téhéran, celles-ci se sont rapidement muées en manifestations de rue dans diverses villes du pays. Certaines des provinces ayant été le théâtre d’actions de grande ampleur, et d’une répression meurtrière, ont inclus celles d’Alborz, de Kermanshah, de Téhéran et de Khorassan-e Razavi. Selon la mission d’établissement des faits sur l’Iran des Nations unies, des manifestations ont eu lieu dans l’ensemble des 31 provinces du pays.</p>



<p>Au lendemain du massacre de milliers de personnes par les forces de sécurité les 8 et 9 janvier, des milliers d’autres ont été arrêtées et un couvre-feu nocturne a été décrété dans des grandes villes, tandis que des membres des forces de sécurité lourdement armés effectuaient des patrouilles dans les rues. Alors que la répression militarisée s’installe, il semble que les manifestations de masse n’ont plus lieu, mais les doléances et demandes exprimées par les manifestant·e·s, notamment en faveur de la fin du système de la République islamique, demeurent.</p>



<p>Compte tenu de la coupure d’Internet imposée par les autorités iraniennes depuis le 8 janvier, il est difficile d’obtenir des informations à jour depuis le terrain.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment les autorités ont-elles réagi à ces manifestations ?</strong></h3>



<p>De hauts responsables de l’État iranien ont qualifié les manifestant·e·s d’« émeutiers » et promis une réponse « ferme ». Le 3 janvier 2026, le Guide suprême de la République d’Iran, Ali Khamenei, a déclaré qu’il fallait « remettre les émeutiers à leur place ».</p>



<p>Les forces de sécurité ont réagi en employant une force meurtrière pour disperser les manifestant·e·s, en recourant illégalement à la force, à des armes à feu et à d’autres armes interdites, ainsi qu’en menant des arrestations de masse, notamment de mineurs ayant à peine 14 ans. Elles soumettent par ailleurs un grand nombre de détenu·e·s à des disparitions forcées et à des détentions au secret, les exposant ainsi à un risque accru de torture et de mauvais traitements. Depuis le 8 janvier, les autorités ont suspendu l’accès à Internet, afin de masquer leurs crimes et d’empêcher la population iranienne de transmettre des informations au monde extérieur.</p>



<p>Malgré les restrictions, Amnesty International a établi la véracité d’éléments montrant que les autorités se sont rendues coupables d’homicides illégaux de masse à une échelle sans précédent, sur fond de blocage de l’accès à Internet. Des membres des forces de sécurité lourdement armés mènent des patrouilles et établissent des postes de contrôle à travers le pays. Les autorités ont déployé des unités armées dans la rue afin de faire respecter des couvre-feux nocturnes depuis le 9 janvier, envoyant un message selon lequel quiconque se rassemble ou s’aventure dehors après le couvre-feu s’exposera à une force meurtrière.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Quelles sont les règles de maintien de l’ordre lors de manifestations ?</strong></h3>



<p>Il existe des normes claires et bien établies relatives aux droits humains dans le cadre du maintien de l’ordre, notamment : </p>



<ul class="wp-block-list">
<li>les principes de base des Nations unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois</li>



<li>le Code de conduite pour les responsables de l’application des lois</li>



<li>le protocole type à l’intention des forces de l’ordre sur la promotion et la protection des droits de l’homme dans le contexte des manifestations pacifiques. </li>
</ul>



<p>Ces normes formulent des principes clés en matière de légalité, de nécessité et de proportionnalité, de non-discrimination, de précaution et d’obligation de rendre des comptes. Elles portent sur l’obligation des États de respecter et de garantir le droit à la vie, le droit de ne pas être soumis à la torture et à d’autres formes de traitements cruels et inhumains, et le droit de réunion pacifique. Elles fixent en outre des règles interdisant le recours à des armes à feu et à d’autres armes inadaptées afin de disperser les manifestant·e·s.</p>



<p>Amnesty International a recueilli des éléments montrant de manière incontestable que les autorités iraniennes portent systématiquement atteinte au droit relatif aux droits humains et aux normes associées sur le recours à la force et aux armes à feu, signe d’un mépris manifeste et dangereux pour les droits humains.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Que s’est-il passé à Kahrizak ?</strong></h3>



<p>D’après des éléments de preuve provenant de vidéos et de récits de témoins oculaires vérifiés, les forces de sécurité ont commis des homicides illégaux de masse à travers la province de Téhéran.</p>



<p>Le 10 janvier, des images perturbantes ont commencé à circuler, montrant une morgue improvisée dans une annexe de l’Organisation iranienne de médecine légale, institution médicolégale étatique, à Kahrizak, une ville proche de Téhéran, en raison de l&rsquo;engorgement de la morgue officielle de l’établissement. Des vidéos montrent des familles désemparées tentant d’identifier leurs proches décédés parmi des housses mortuaires. L’analyse menée par Amnesty International sur ces éléments a permis de dénombrer au moins 205 housses mortuaires sur ce site.</p>



<p>Le lendemain, on a pu voir dans de nouvelles séquences vidéo un écran à l&rsquo;intérieur du bâtiment qui affiche des photos des défunt·e·s, avec en légende un décompte qui évolue en temps réel. Dans cet enregistrement, le compteur atteint 250.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Combien de personnes ont été tuées ou blessées par les forces de sécurité ?</strong></h3>



<p>Le 17 janvier, dans un discours public, Ali Khamenei, le Guide suprême, a déclaré que des « milliers de personnes » ont été tuées. Depuis lors, le 21 janvier 2026, le Conseil suprême de la sécurité nationale en Iran a publié une déclaration selon laquelle 3 117 personnes ont perdu la vie pendant le soulèvement. Toutefois, le 16 janvier, la rapporteuse spéciale de l’ONU sur l’Iran, Mai Sato, a indiqué lors d’une interview accordée aux médias que le bilan s’élève à au moins 5 000 morts, ajoutant que selon des informations fournies par des sources médicales, ce chiffre pourrait atteindre jusqu’à 20 000 personnes. En raison du blocage actuel de l’accès à Internet, l’ampleur des tueries ayant eu lieu et la pratique employée de longue date par les autorités iraniennes consistant à exercer des représailles contre les familles de victimes qui s’expriment, le nombre réel est certainement plus élevé.</p>



<p>La coupure actuelle d’Internet empêche les citoyen·ne·s iraniens de communiquer avec le monde extérieur. Cela rend difficiles la collecte et la confirmation des informations. Les vidéos et les témoignages authentifiés qu’Amnesty International a pu obtenir et passer en revue, révèlent que les forces de sécurité ont commis des homicides illégaux de masse d’une ampleur sans précédent, sur fond de blocage de l’accès à Internet.</p>



<p>Après les massacres des 8 et 9 janvier, les établissements médicaux ont été submergés de blessé·e·s, tandis que des familles désemparées se sont rassemblées dans des hôpitaux et des morgues bondées à la recherche de leurs proches manquant à l’appel.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Pourquoi les autorités iraniennes ont-elles imposé un blocage de l’accès à Internet ?</strong></h3>



<p>Les autorités iraniennes ont intégralement coupé l’accès à Internet et aux télécommunications depuis le 8 janvier afin de dissimuler leurs crimes. Une fois le blocage en place, les forces de sécurité se sont livrées à des massacres contre des manifestant·e·s. Du fait de cette coupure, les victimes, les journalistes et les organisations des droits humains éprouvent de grandes difficultés à mener des interviews approfondies, à recenser les violations et à conserver des éléments de preuve. Les médias d’État, notamment ceux qui sont affiliés au Corps des gardiens de la révolution islamique et à l’appareil judiciaire, ainsi que des représentants de l’État tels que le Responsable du pouvoir judiciaire, ont toujours accès à Internet et publient sur leurs réseaux sociaux des messages de propagande visant à susciter la peur au sein de la population.</p>



<p>Des fermetures généralisés de l’accès à Internet, telles que celle que connaît actuellement l’Iran, sont parfois utilisées par certains États pour cacher des violations des droits humains. Elles constituent elles-mêmes des violations de ces droits. La connexion à Internet est un droit fondamental et indispensable, en particulier en période de contestation.</p>



<p>Ce n’est pas la première fois que les autorités iraniennes ont recours à des coupures d’Internet pour étouffer les communications et l’accès à l&rsquo;information. En novembre 2019, les forces de sécurité ont tué de manière illégale des centaines de manifestant·e·s et de passant·e·s au cours de cinq jours de manifestations, tandis que les autorités imposaient une coupure quasi totale d&rsquo;Internet. Les autorités ont récidivé lors du soulèvement Femme Vie Liberté, de septembre à décembre 2022, lorsque les forces de sécurité ont commis des homicides illégaux contre des centaines de manifestant·e·s et de passant·e·s. Le blocage actuel est le plus long jamais imposé par les autorités.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Combien de manifestant·e·s ont été arrêtés ?</strong></h3>



<p>D’après des informations diffusées le 16 janvier par des médias contrôlés par l’État, les autorités ont procédé à des milliers d’arrestations en lien avec les manifestations. Selon des informations indépendantes et d’autres informations reçues par Amnesty International, des dizaines de milliers de personnes, y compris des mineur·e·s, ont été interpellées de manière arbitraire.</p>



<p>Ces derniers jours, une vague d’arrestations a déferlé sur tout le pays : interpellations aux domiciles lors de raids nocturnes, à des postes de contrôle, sur le lieu de travail et dans des hôpitaux. Outre des manifestant·e·s, les personnes arrêtées incluent des étudiant·e·s, des défenseur·e·s des droits humains, des avocat·e·s, des journalistes et des membres de minorités ethniques et religieuses.</p>



<p>Des familles de personnes détenues, des militant·e·s et des journalistes ont déclaré à Amnesty International que les autorités refusent généralement de révéler le sort réservé à la plupart des personnes arrêtées, ainsi que le lieu où elles se trouvent, leur faisant ainsi subir une disparition forcée, et les exposant à un risque élevé de torture et d’autres formes de mauvais traitements.</p>



<p>Des sources bien informées ont signalé que les forces de sécurité soumettent des détenu·e·s à des actes de torture et des mauvais traitements lors de leur arrestation et pendant leur détention, notamment : des passages à tabac, des violences sexuelles, des menaces d’exécution sommaire et des privations délibérées de nourriture, d’eau et de soins médicaux adaptés.</p>



<p>Les autorités ont par ailleurs diffusé les « aveux forcés » de dizaines de détenus sur les médias d’État.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Quel est le contexte plus large derrière ces manifestations ?</strong></h3>



<p>Amnesty International fait état depuis longtemps du recours systématique des forces iraniennes de sécurité à une force illégale, notamment meurtrière, et à des arrestations arbitraires pour étouffer la protestation. Ces recherches mettent en évidence des schémas bien établis de violations des droits humains et d’impunité, notamment en relation avec les manifestations de décembre 2017-janvier 2018, de novembre 2019, de juillet 2021, de novembre 2021, mai 2022 et du soulèvement Femme Vie Liberté de 2022.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Que s’est-il passé lors du soulèvement <em>Femme Vie Liberté</em> de 2022 ?</strong></h3>



<p>En septembre 2022, Jina Mahsa Amini, une jeune femme de 22 ans, est morte en détention. Elle avait été arrêtée par la « police des mœurs » iranienne (gasht-e ershad), pour n’avoir pas respecté les lois du pays sur le port obligatoire du voile. Sa mort a déclenché des manifestations nationales qui se sont heurtées à des violations des droits humains de grande ampleur commises par les autorités iraniennes. Ces violations ont inclus des homicides illégaux, des exécutions, des arrestations de masse, des actes de torture, notamment le viol de détenu·e·s, et des actes de harcèlement visant des familles de victimes qui réclamaient vérité et justice.</p>



<p>Plusieurs années plus tard, il n’y a toujours pas eu de véritables enquêtes impartiales et indépendantes, ni, à plus forte raison, de poursuites en relation avec les crimes commis par les autorités durant ces manifestations, ce qui exacerbe une impunité déjà endémique.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment l’Iran utilise-t-il la peine de mort pour étouffer l’opposition ?</strong></h3>



<p>Depuis le soulèvement Femme Vie Liberté en 2022, les autorités iraniennes instrumentalisent de plus en plus la peine de mort dans le but de répandre la peur au sein de la population, d’écraser la contestation et de punir les communautés marginalisées. En 2025, les exécutions ont atteint un niveau inédit dans le pays depuis 1989.</p>



<p>Les autorités ont exécuté au moins 11 personnes en relation avec le soulèvement Femme Vie Liberté, notamment Mojahed (Abbas) Kourkouri en juin 2025, après des procès manifestement iniques, tandis que plusieurs autres personnes sont toujours sous le coup d’une sentence capitale.</p>



<p>Concernant la répression actuelle, il est à craindre que les autorités recourent à des procès expéditifs et à des exécutions arbitraires, sous le prétexte de dissuader l’opposition. Le 5 janvier 2026, le responsable du pouvoir judiciaire a ordonné aux procureurs de ne faire preuve d’« aucune indulgence » vis-à-vis des manifestant·e·s et d’accélérer leurs procès. Cela accentue les craintes pour la vie des manifestant·e·s et d’autres opposant·e·s en détention à travers le pays.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Que fait Amnesty International face à cette situation ?</strong></h3>



<p>Amnesty International enquête sur les violations des droits humains perpétrées par les forces iraniennes. Nous avons vérifié et analysé des vidéos et des photos disponibles en accès libre et directement envoyées à l’organisation par des personnes se trouvant en Iran. Nous recueillons aussi les propos de témoins et de personnes disposant d’informations directes sur les manifestations.</p>



<p>Nous effectuons par ailleurs un travail de plaidoyer dans le but de mettre fin à l’impunité et aux massacres en Iran, notamment en demandant aux États membres des Nations unies de saisir la Cour pénale internationale de la situation dans le pays.</p>



<p>Ce travail relève d’un engagement sur le long terme en matière de collecte d’éléments de preuve, dans le but de trouver au niveau international des moyens d’obliger des représentants de l’État iranien à rendre des comptes. Depuis les manifestations d’ampleur nationale de décembre 2017-janvier 2018, nous dénonçons régulièrement les crimes de droit international et les violations graves des droits humains imputables aux autorités iraniennes dans le cadre de la répression des manifestations. Notre équipe est déterminée à amplifier les appels lancés par des personnes en quête de vérité et de justice en Iran.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment puis-je aider ?</strong></h3>



<p>Amnesty International exhorte la communauté internationale à reconnaître l’impunité systémique et persistante pour les crimes commis par les autorités iraniennes, et à trouver des solutions à l’échelle internationale afin d’obtenir des comptes, notamment en ouvrant des enquêtes en vertu du principe de compétence universelle, dans le but d’émettre des mandats d’arrêt contre les responsables présumés.</p>



<p>Il est urgent de déployer une action diplomatique. Aidez-nous à mettre fin aux massacres et à obtenir des comptes, non seulement dans le contexte de la répression en cours mais aussi pour tous les crimes perpétrés lors des mouvements de protestation précédents.</p>


<section id="section-f24a1601" class="section wp-block-amnesty-core-section section--textBlack" style=""><div class="container">
<div class="callToAction" role="note" aria-label="Faites cesser les massacres de manifestant·e·s en Iran - Amnesty International">
				<h2 class="callToAction-preHeading"></h2>
				<h2 class="callToAction-heading">Faites cesser les massacres de manifestant·e·s en Iran &#8211; Amnesty International</h2>
				<p class="callToAction-content">Signez la pétition, afin d’appeler les États membres de l’ONU à faire pression sur les autorités iraniennes pour que cesse immédiatement le carnage en cours en Iran, et à les amener à rendre des comptes.</p>
        		<div className="innerBlocksContainer">
					

<a href="https://www.amnesty.lu/nos-petitions/stop-massacres-de-manifestants-en-iran/" class="btn"><span>je signe la pétition</span></a>


        		</div>
      		</div>
</div></section>



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			</item>
		<item>
		<title>Cambodge. La crise humanitaire s&#8217;aggrave, alors que les victimes qui se sont échappées des complexes d’escroquerie racontent les meurtres, les viols et les tortures</title>
		<link>https://www.amnesty.lu/actualites/cambodge-la-crise-humanitaire-saggrave-alors-que-les-victimes-qui-se-sont-echappees-des-complexes-descroquerie-racontent-les-meurtres-les-viols-et-les-tortures/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[mgury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 10:18:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqués de presse]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits armés]]></category>
		<category><![CDATA[Défenseur·e·s des droits humains]]></category>
		<category><![CDATA[Torture]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.amnesty.lu/?p=35318</guid>

					<description><![CDATA[<p>Des milliers d’étrangers bloqués sans ressources ont besoin d’une assistance consulaire de toute urgence Des victimes enceintes dénoncent les viols commis par les chefs de ces centres « Nous avons dû sortir de force » &#8211; une victime Des milliers de personnes qui se sont récemment échappées ou ont été libérées de « centres d’escroquerie [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<ul class="wp-block-list"><li><strong>Des milliers d’étrangers bloqués sans ressources ont besoin d’une assistance consulaire de toute urgence</strong></li><li><strong>Des victimes enceintes dénoncent les viols commis par les chefs de ces centres</strong></li><li><strong>« Nous avons dû sortir de force » &#8211; une victime</strong></li></ul>



<p>Des milliers de personnes qui se sont récemment échappées ou ont été libérées de « centres d’escroquerie » au Cambodge, où elles ont subi de graves atteintes aux droits humains, notamment des viols et des actes de torture, se retrouvent aujourd&rsquo;hui abandonnées et ont besoin d’urgence d&rsquo;une aide humanitaire, a déclaré Amnesty International après avoir recueilli les témoignages poignants de victimes.</p>



<p>Les entretiens menés avec des personnes récemment réduites en esclavage – presque toutes des étrangers·ères – ont révélé une situation chaotique et dangereuse : elles se retrouvent sans passeport, sans argent, sans soins médicaux et sans aucun moyen d&rsquo;assurer leur sécurité après avoir quitté les complexes gérés par des gangs criminels. Amnesty International s’est entretenue avec 35 victimes, qui ont été libérées ou se sont échappées au cours des six dernières semaines, dont au moins 11 la semaine dernière.</p>



<p>Elles racontent des violences terribles. Plusieurs ont déclaré avoir été victimes d&rsquo;agressions sexuelles de la part des chefs des complexes, dont au moins deux femmes tombées enceintes à la suite de ces sévices. Parmi les punitions rapportées, un homme a eu le doigt coupé et un autre la gorge tranchée.</p>



<p>« Cette sortie massive des centres d’escroquerie engendre une crise humanitaire dans les rues auquel le gouvernement cambodgien ne fait pas face. Au milieu des scènes de chaos et de souffrance, des milliers de victimes traumatisées sont livrées à elles-mêmes, sans aucun soutien de l&rsquo;État, a déclaré Montse Ferrer, directrice régionale des recherches à Amnesty International.</p>



<p>« Il s&rsquo;agit d&rsquo;une crise internationale sur le sol cambodgien. Nos chercheurs ont rencontré des personnes originaires d&rsquo;Asie, d&rsquo;Afrique, d&rsquo;Europe et des Amériques. Elles ont besoin d&rsquo;une assistance consulaire urgente afin de rentrer chez elles et de se mettre en sécurité. »</p>



<h3 class="wp-block-heading">« De nombreux morts »</h3>



<p>Amnesty International estime que des milliers de personnes ont été libérées ou se sont échappées d&rsquo;au moins 17 centres d’escroquerie à travers le Cambodge au cours des dernières semaines. Les témoignages recueillis semblent confirmer les évasions et libérations massives observées dans plus de 25 vidéos géolocalisées par Amnesty International début janvier. La plupart se retrouvent bloquées dans la capitale, Phnom Penh, et ont désespérément besoin d&rsquo;aide. Amnesty s’est entretenue avec des victimes originaires de pays tels que le Brésil, l&rsquo;Indonésie, le Myanmar, le Nigeria, la Sierra Leone, le Liberia, l&rsquo;Ouganda, le Kenya, le Bangladesh, l&rsquo;Inde, les Philippines et Madagascar.</p>



<p>Les personnes interrogées ont déclaré n&rsquo;avoir vu aucune présence policière ou militaire pendant ou depuis leur évasion ou leur libération, indiquant un manque d&rsquo;implication des autorités cambodgiennes suite à l&rsquo;exode de ces centres. Certaines ont raconté avoir été rouées de coups par les gardes lorsqu&rsquo;elles ont tenté de partir, tandis que d&rsquo;autres ont pu partir librement.</p>



<p>Deux femmes enceintes ont raconté avoir été violées par des chefs de centres, tandis que plusieurs victimes ont signalé des agressions sexuelles commises par des responsables. La plupart ont affirmé avoir été témoins de décès dans les centres, principalement du fait de l’absence de soins médicaux, que les chefs avaient empêchés. D&rsquo;autres ont dit avoir été témoins d’actes de tortures ou de traitements cruels, inhumains ou dégradants ; un homme a par exemple eu le doigt coupé à titre de punition.</p>



<p>Une victime a déclaré avoir été témoin de l’homicide d&rsquo;un homme qui s&rsquo;est fait trancher la gorge par un responsable de centre qui l’a surpris en train de tenter de s&rsquo;évader. D’après 10 autres témoignages, la police se rendait régulièrement dans leurs centres, notamment pour retirer les cadavres, mais ne prenait aucune mesure à l&rsquo;encontre des responsables.</p>



<p>Une autre victime, *Delilah*, qui s&rsquo;est échappée d&rsquo;un camp situé près de Phnom Penh, dans la province de Prey Veng, a déclaré : « De nombreuses personnes sont mortes. Nous essayons même de réunir de l&rsquo;argent pour aider à rapatrier les corps. Les gens tombaient malades, mais personne ne nous aidait. Je leur ai dit que je ne pouvais plus respirer. Lorsque nous avons forcé la sortie, un garde a tiré en l&rsquo;air avec son arme. Nous avons dû sortir de force parce qu&rsquo;un homme était malade et qu&rsquo;il ne voulait pas mourir. »</p>



<p>Dans d&rsquo;autres cas, les responsables auraient abandonné les centres, laissant les gens libres de partir.</p>



<p>Mehi, une victime, a déclaré : « Je me trouvais dans le complexe depuis 12 mois, craignant pour ma vie. Mais un jour, nous nous sommes réveillés et avons réalisé que les responsables du centre avaient quitté les lieux et que les gardes étaient partis. Les portes et les portails étaient ouverts et nous sommes sortis. »</p>



<p>Selon des organisations de lutte contre la traite des êtres humains dans la région, le gouvernement cambodgien ne protège pas et n&rsquo;identifie pas correctement les victimes de la traite, les laissant sans soutien et exposées à l&rsquo;exploitation par les bandes criminelles organisées actives dans la région.</p>



<p>« Les personnes à qui nous avons parlé sont terrifiées. Elles veulent rentrer chez elles, mais beaucoup n&rsquo;ont ni passeport ni argent, et encore moins les moyens de s&rsquo;acheter un billet d&rsquo;avion pour quitter le pays, a déclaré Montse Ferrer.</p>



<p>« Les autorités cambodgiennes ne font pas grand chose pour les aider, et le soutien des ONG est insuffisant, en particulier depuis les coupes budgétaires massives de l’an dernier au niveau de l&rsquo;aide humanitaire. Les victimes ont besoin de toute urgence que leur gouvernement intervienne et leur vienne en aide. »</p>


<section id="section-a7ebdfde" class="section wp-block-amnesty-core-section section--tinted section--textBlack section--small" style=""><div class="container">

<h3 class="wp-block-heading">Complément d’information</h3>



<p>Amnesty International a déjà interrogé plus d&rsquo;une centaine de victimes de l&rsquo;industrie de l&rsquo;escroquerie, qui sont souvent soumises à la traite des êtres humains et envoyées au Cambodge dans ces centres, où elles sont réduites en esclavage, contraintes d&rsquo;escroquer ou de recruter d&rsquo;autres personnes, privées de leur liberté et torturées si elles n’obéissent pas aux ordres de leurs chefs. </p>



<p>En juillet 2025, le gouvernement cambodgien a annoncé une campagne nationale de répression contre les complexes d&rsquo;escroquerie dans le pays. Il a ensuite déclaré avoir libéré plus de 3 000 victimes de la traite des êtres humains. </p>



<p>Dans un rapport publié en juin 2025, Amnesty International révélait que plus de 50 complexes d’escroquerie à travers le Cambodge étaient le théâtre d&rsquo;esclavage généralisé, de traite d&rsquo;êtres humains, de travail forcé, de torture et d&rsquo;autres violations des droits humains, fonctionnant comme des établissements carcéraux contrôlés par des bandes criminelles organisées. Elle concluait que les autorités cambodgiennes n&rsquo;étaient pas parvenues à prévenir ni lutter contre ces violations, les éléments recueillis pointant la complicité ou l’inaction délibérée de l&rsquo;État, ce qui a permis à cette industrie de prospérer.</p>

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