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Amnesty a publié au mois de
mai dernier un rapport accablant sur le Kosovo et sur le trafic
de femmes et de jeunes filles qui s’y déroule.
A cette occasion, et considérant les liens privilégiés
du Grand Duché de Luxembourg avec le Kosovo, AI Luxembourg
a publié le communiqué de presse ci-dessous.
Depuis le déploiement d’une
force internationale de maintien de la Paix en 1999 (KFOR)
et l’établissement d’une Mission Intérimaire
des Nations Unies pour l’Administration du Kosovo (MINUK),
le Kosovo est devenu un haut lieu de trafic et de prostitution.
Des femmes et des jeunes filles sont vendues
comme esclaves, en majorité en provenance de Moldavie,
Roumanie, Bulgarie et Ukraine, transitant par la Serbie. Elles
sont ensuite menacées, battues, violées et enfermées
par ceux qui les ont achetées. Selon certaines sources,
plus de 200 établissements du Kosovo abritent aujourd’hui
des femmes contraintes à la prostitution. Il y en avait
18 en 1999. Il semble par ailleurs que de plus en plus de
femmes kosovars soient aussi victimes de ce trafic, à
l’intérieur, comme à l’extérieur
du pays.
On estime que 20% des personnes profitant
des services de ces réseaux de prostitution sont des
membres de la communauté internationale, qui serait
ainsi à l’origine d’une partie substantielle
des revenus de cette industrie. Puisque des soldats et des
policiers de la force internationale font partie de leurs
« clients », les femmes et les jeunes filles ont
souvent trop peur pour s’enfuir et les autorités
ne leur apportent aucune aide.
« Considérant les liens
« privilégiés » du Luxembourg avec
le Kosovo, il est fondamental que le gouvernement agisse,
dans ses relations bilatérales comme au sein de l’Union
Européenne, pour mettre un terme à cette pratique
révoltante » estime Dominique du Fays, président
d’AI Luxembourg, en ajoutant : « le rapport
d’AI indique que les réseaux de trafiquants ont
des ramifications en Italie, au Pays Bas et au Royaume Uni
entre autres. Qu’en est-il du Luxembourg ? »
Il est fondamental que les Etats membres
de l’Union, y compris le Grand Duché, prennent
des mesures spécifiques pour prévenir le trafic
en aidant les pays d’où sont originaires les
victimes à lutter contre ce fléau, en contribuant
au développement de la législation européenne
particulièrement sur la protection des droits des victimes
de trafic et en faisant évoluer les lois nationales
afin qu’elles leur offrent une protection maximale.
Encadré
De nombreuses protestations ont eu lieu, suite à
la parution de ce rapport, notamment de la part des Etats
Majors des militaires stationnés au Kosovo, dénonçant
les informations d’AI et rejetant notamment les accusations
de « complicité de trafic ». Le mouvement
international a bien entendu réagit, rappelant que
le document avait fait l’objet d’une enquête
précise et détaillée et que les informations
diffusées avaient été largement vérifiées.
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