Belgique
« J’avais honte.. »
Juliette n’a pas osé dire que son
compagnon la battait. « On se sent sale… On essaie de
le défendre, on a pitié de lui… J’avais
peur d’être rejetée et j’avais honte, alors
je me suis coupée du monde. J’ai raconté à
mon médecin que j’avais été agressée
dans la rue. »
« Nous nous sommes rencontrés en octobre
2000. Il était très jaloux et me questionnait sans
arrêt pour savoir où j’étais, avec qui,
etc. En mars 2001, il a commencé à me frapper. Fin
novembre, c’était devenu insupportable. Un soir, il
m’a battue, j’étais à bout. Je suis partie
de chez moi, j’ai roulé jusqu’au poste de police.
Il me suivait. »
Juliette a été dirigée vers
un foyer de Bruxelles où elle a porté plainte contre
son compagnon. Deux mois après son arrivée, son ami
est venu jusqu’au foyer, espérant se réconcilier
avec elle. Juliette a de nouveau appelé la police. Malgré
ses plaintes, aucune mesure ne semble avoir été prise
pour l’instant à l’encontre de son agresseur.
Juliette a trouvé réconfort et soutien auprès
de son médecin et de ses collègues de travail. Mais
elle a, à de nombreuses reprises, eu affaire à des
personnes de son entourage, qui, la voyant avec un bleu sur le visage,
lui disaient en riant « toi, ton mec te bat » et trouve
ce genre de blagues inacceptables.
Juliette a été aussi la victime d’un cycle
indépendant de sa volonté - son compagnon et agresseur
a subi de graves violences lorsqu’il était enfant.
Son père frappait également sa mère, et sa
sœur est battue par son mari.
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